[RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Imaginez vous-même l'évolution des relations entre les personnages ! Amour ? Amitié ? À vous de décider !

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Lyokophile à vie

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Message 03 Fév 2014, 22:50

[RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Bonjour tout le monde!

Nombre d'entre vous ne sont pas sans savoir que ma fic intitulée «Protocole Carthage » a été mise en avant dans la rubrique "Retour vers le passé" éditée par cl_xana. (N'allez pas imaginer que j'écris ça pour me vanter, c'est juste pour expliquer l'origine de cette réécriture.)

À cette occasion, j'avais procédé à une relecture intégrale de ma fic dans le but de corriger toutes les fautes d'orthographe et les quelques phrases incompréhensibles que j'avais disséminé au gré des chapitres (que j'ai aussi corrigé sur le site).

Pendant cette relecture, j'ai trouvé tellement de passages survolés, mal écris ou encore complètement à côté de la plaque que je me suis dit que je devrais peut-être lui faire subir une petite cure de jouvence. J'ai laissé passer quelques temps, puis l'idée faisant son chemin, je me suis petit à petit attelé à la tâche. Et cela a donné ce qui suit. Certes, je ne suis encore qu'à la réécriture du chapitre 12 mais ça suit son petit bonhomme de chemin.

Dans cette nouvelle version, vous devriez donc y trouver :
  • (énormément) moins de fautes d'orthographe et de phrases incompréhensibles,
  • des passages entièrement reformulés entièrement nouveaux,
  • des passages entièrement entièrement nouveaux,
  • et (au moins) un chapitre totalement inédit.

Quant au rythme de publication, je pars sur une base d'un chapitre toutes les deux semaines, ou bien un demi-chapitre si celui-ci est trop long (pour ne pas faire l'effet d'un pavé indigeste).

Sur ce, voici le premier chapitre. Bonne lecture.


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Chapitre 1 : En plein cœur (Prologue)

Neuf semaines. C'était le temps qui s'était écoulé depuis que le supercalculateur quantique avait été mis à l'arrêt. À présent, plus personne n'avait de raison de le maintenir allumé. En effet, XANA était enfin vaincu et Franz Hopper s'était sacrifié pour y parvenir. Pour cela, il avait fourni toute son énergie vitale au supercalculateur afin que l'antivirus de Jérémie puisse parvenir à l'éradiquer complètement. Mais après tous les coups fourrés de XANA, toujours plus tordus les uns que les autres, ils savaient bien que l'histoire ne se déroule jamais comme on l'aurait voulue. Cependant, et de l'avis de tous, il était impensable qu'ils aient besoin de le rallumer un jour tant il leur semblait impossible qu'une telle menace puisse se présenter à nouveau.

Collège Kadic, six heures cinquante-neuf. Le soleil encore rougeoyant était levé depuis une dizaine de minutes et rasait encore l'horizon. La journée s'annonçait radieuse. Brusquement, dans l'une des chambres de l'internat, une voix retentit.

« Wesh wesh yooooooh! Il est sept heures et vous écoutez Radio Cool, la plus cool des radios! Aujourd'hui, c'est mardi et vous aurez le droit à un méga beau temps toute la journée! Debout, bande de petits veinards! Le soleil chante, les oiseaux brillent! Heu... Non, c'est l'inverse... Enfin, bref, vous m'avez compris! Tout de suite, pour vous tirer du lit dans la joie et la bonne humeur, voici le dernier titre des Subdigitals! »

C'était le radio-réveil d'Ulrich qui venait de se mettre en marche. Le jeune homme pesta contre l'appareil qui avait mis fin à ce rêve qui lui avait paru si doux. Il sortit une main de sous sa couette pour tenter d'éteindre son radio-réveil, mais après quelques trop longues secondes de recherches à tâtons, il n'y parvint pas. Ulrich pesta de plus belle et se décida à sortir sa tête de sous son oreiller. Cette fois, son objectif fut atteint en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, après quoi il s'allongea de nouveau en fixant le plafond du regard.

« Fichu réveil! » pensa-t-il. « Pour une fois que je pouvais! Même si ça n'était qu'en rêve... »

Cette pensée lui fit échapper un soupir. Il tourna alors la tête pour porter son regard encore quelque peu embrumé sur l'autre lit de la pièce. Odd était encore en train de ronfler et, une fois de plus, il s'était mis dans une position improbable pendant son sommeil. Ulrich esquissa un léger sourire devant cette scène dont il avait pourtant l'habitude. Puis il se décida à sortir de son lit et s'assit sur le bord.

« Debout, Odd! Sinon on va finir par être en retard! » lança-t-il alors à son camarade toujours assoupi.

Le blondinet n'eut aucune réaction. Ulrich soupira à nouveau. Tous les matins, c'était la même histoire. Ulrich se levait en premier et essayait de réveiller Odd, mais sans succès, comme d'habitude. Et ce matin-ci n'échappait pas à la règle.

« Allez, réveille-toi, Odd! On n'aura plus d'eau chaude pour la douche. Et en plus on va être en retard en cours! » .

Rien à faire. Odd ronchonnait des mots que lui seul comprenait, ayant plongé son visage dans son oreiller pour tenter de rester encore un peu dans les bras de Morphée. Ulrich décida alors de le prendre par les sentiments pour parvenir à ses fins.

« Odd, lève-toi!! Y a Sam qui est entrée dans la cantine et elle a volé tous les croissants!! En plus, y a Rosa qui a rôti Kiwi à la broche!!
– NON!! PAS LES CROISSANTS!! » hurla Odd en se redressant brusquement.
« Ha bah enfin! T'es décidé à te lever! Kiwi appréciera...
– C'est malin, tiens!! Et laisse mon chien en dehors de tout ça!
– C'est vrai qu'entre toi et les croissants, c'est une histoire d'amour passionnée. Enfin, tellement plus qu'avec Kiwi... Le pauvre!
– Rhaaaaaaa!! Qu'est-ce que je viens de te dire!? » râla-t-il avant de se reprendre. « Mais au fait! Dis-moi... Où ça en est, entre toi et Yumi?? »

Ulrich ne répondit rien tant il était gêné par la question. Son visage avait viré au rouge écarlate. Fort heureusement, il avait tourné le dos à Odd avant d'entendre ce que lui avait dit son collègue de chambrée, ce qui lui permit d'éviter les vannes d'Odd à ce sujet. En fait, Ulrich lui-même ne connaissait pas la réponse à cette question. À vrai dire, même si depuis qu'ils s'étaient retrouvés seul à seul sur le banc, il savait que c'était bien plus que "copains et puis c'est tout" entre eux. Mais la situation n'avait franchement évolué depuis l'arrêt du supercalculateur. Du moins, pas autant qu'il l'aurait souhaité.

À cette pensée, Ulrich eut un léger pincement au cœur. Dans la chambre, on n'entendait plus qu'un remarquable silence après toute cette agitation. Odd avait bien compris la situation et n'avait pas plus envie que cela de mettre Ulrich dans l'embarras. Les deux jeunes hommes s'affairèrent pour partir à la douche.

Sept heures quinze, non loin de là. Jérémie s'éveillait péniblement dans sa chambre. Pour la énième fois, il s'était endormi sur le clavier de son ordinateur et, comme à chaque fois, son front s'en souvenait. Il y avait trois belles traces de touches disposées en triangle dessinées sur le haut du front. Il passait beaucoup de temps sur son ordinateur, mais toujours en présence d'Aelita. Tout ça pour essayer d'améliorer ses petits robots qu'il aimait toujours autant fabriquer et voir évoluer de façon autonome. Quant à Aelita, elle s'était endormie sur le lit du jeune homme, exténuée par leur travail. Jérémie, qui venait de s'étirer quelque peu bruyamment, s'approcha de la jeune fille et lui caressa la joue en lui murmurant délicatement à l'oreille :

« Aelita, réveille-toi, il est sept heures dix. »

Elle poussa alors un petit gémissement puis leva difficilement la tête. Elle ouvrit les yeux et vit Jérémie qui la regardait. Il la contemplait même. Il la trouvait tellement belle, surtout au réveil.

« Bonjour » lui susurra-t-elle.

Elle remarqua alors les traces de touches sur son front et ne put se retenir de rire.

« Ben, qu'est-ce qui te prend? » lui dit-il. « Pourquoi tu ris comme ça?
– C'est parce que t'as des traces de clavier sur ta tête!
– Ho, non! C'est pas vrai! Pas encore! Odd et Ulrich vont encore me chambrer...
– Il faut faire attention avant de t'endormir n'importe où!
– Je sais pas comment je dois le prendre, ça! Merci, Aelita! Bon, allez zou! À la douche sinon tu va arriver après Sissi et t'auras plus d'eau chaude!! Et après, bonjour la méga bonne humeur toute le journée!!
– Oui, t'as raison! Je me dépêche! »

Jérémie prit alors ses affaires de douche et les deux amoureux sortirent de sa chambre. Une fois arrivés au niveau des escaliers, Aelita se retourna vers Jérémie et ils s'échangèrent un sourire. Leurs joues se tintèrent légèrement de rouge, tous deux visiblement gênés.

« À tout à l'heure, Jérémie!
– OK, à tout à l'heure! »

Ils se séparèrent. Jérémie se dirigea vers les douches de l'étage tandis qu'Aelita se rendit à l'étage des filles. Elle pénétra dans sa chambre et prépara ses affaires pour aller à la douche. Soudain, elle entendit du bruit dans la chambre voisine. C'était signe que Sissi n'allait pas tarder à aller à la douche à son tour. Aelita mit alors les bouchées doubles afin d'arriver avant elle car elle ne connaissait que trop bien ce qui l'attendait si elle n'y parvenait pas : pas d'eau chaude et pas de croissants non plus.

Vers sept heures trente, nos quatre pensionnaires se retrouvèrent à la cantine pour prendre leur petit déjeuner. Ils occupaient leur table habituelle à coté de la fenêtre. Jérémie et Ulrich étaient assis l'un à côté de l'autre, tournant le dos à la porte d'entrée. Aelita faisait face au petit génie qu'elle affectionnait tant tandis qu'Odd offrait la primeur de ses bâfres à Ulrich. Yumi devait les rejoindre environ un quart d'heure plus tard. Quant à William, il traînait seulement de temps en temps avec eux. Il s'était fait d'autres amis dans sa classe avec qui il passait beaucoup de temps. Et puis, il avait aussi abandonné l'idée de séduire Yumi, la jeune femme lui ayant clairement signifié sa préférence pour Ulrich.

Les quatre internes profitaient de ce moment de tranquilité pour discuter de tout et n'importe quoi, des rêves qu'ils avaient fait pendant la nuit et autres petites choses sans importance, tout cela dans la bonne humeur habituelle. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas pris de petit déjeuner sans se préoccuper d'une éventuelle attaque de XANA. Et ils comptaient bien en profiter. Puis vint le moment où Odd lança :

« Au fait, beau gosse! Tu m'as toujours pas répondu... Vous en êtes où, toi et Yumi?
– Lâche-moi la grappe, tu veux! » tonna Ulrich. « Y a rien entre nous, je te l'ai déjà dit!
– Quoi?! Tu vas quand même pas essayer de nous faire croire qu'entre vous deux, c'est toujours "copains et puis c'est tout"?!
– Pourtant, faudra bien que tu t'y fasses, vu que c'est la réalité!
– Mais bien sûr! »

Ulrich se leva brusquement, tapa fermement du poing sur la table et répondit à Odd sur un ton sec et puissant :

« Comment faut que je te le dise pour que ça rentres dans ta petite tête?! Y a rien entre Yumi et moi!! Strictement rien!! »

La réaction d'Ulrich surprit tout le reste de la bande, Odd le premier. Il ne s'attendait pas à une telle virulence. Il voulait juste le titiller un peu mais pas l'énerver à ce point. Après quelques secondes de silence, Aelita remarqua l'arrivée discrète de la belle nippone. Elle se leva légèrement, lui fit signe de s'approcher et dit :

« Hé, Yumi! Tu va bien?
– Salut les amis, ça va bien! Et vous? »

Les trois autres se retournèrent vers elle et lui répondirent par l'affirmative tandis qu'Ulrich s'était rassis presque aussitôt.

« Oh non!! Pourvu qu'elle n'ait rien entendu! » pensa-t-il en se mordant la lèvre inférieure.

Yumi s'approcha du petit groupe et paraissait de bonne humeur. Mais ce n'était qu'en apparence car, quand bien même elle agissait comme si elle n'avait rien entendu, les faits étaient tout autres. En effet, à l'instant où le beau brun s'était emporté contre Odd, elle venait tout juste de franchir le seuil de la porte du réfectoire. Elle l'avait donc clairement entendu. Sur le coup, elle qui s'était fait une joie de se faire belle pour Ulrich, sentit son cœur se serrer atrocement et n'osa plus approcher. Elle avait même commencé à faire un pas en arrière pour s'éclipser discrètement mais Aelita l'avait aperçue avant qu'elle n'ait le temps de disparaître.

À présent, Yumi s'avançait vers le petit groupe. Elle n'avait pas vraiment eu le choix. Lorsqu'elle fut parvenue à leur hauteur, elle s'assit à la place libre juste à côté d'Ulrich qui avait l'air plutôt gêné. Elle souriait pour ne pas montrer au jeune homme que ce qu'il venait de dire l'avait blessée telle une flèche en plein cœur. La conversation reprit comme si de rien n'était et tous discutèrent jusqu'au moment où la sonnerie retentit dans tout l'établissement. C'était déjà l'heure de se séparer. La petite bande se leva donc pour aller en cours.

Au moment de sortir du réfectoire, Yumi attendit d'être légèrement en retrait reste de la bande avec Ulrich. Elle saisit alors la main droite du jeune homme.

« Ulrich, attends... » dit-elle, la voix presque vacillante.
« Qu'est-ce qu'il y a? » répondit-il, surpris par la démarche inhabituelle de celle qui occupait la moindre de ses pensées.
« Heu... Non, rien... On... On en parlera tout à l'heure.
– D'accord... »

Puis la demoiselle, rouge comme une pivoine, lâcha la main du jeune homme et s'éloigna à vive allure en direction de sa salle de cours. Sur le coup, Ulrich ne comprit pas la situation. Mais il était sûr d'une chose : il allait trouver les deux prochaines heures particulièrement longues, surtout la deuxième avec madame Hertz. De son côté, la jeune femme repensait à ce qui venait de se produire.

« Mais pourquoi j'ai pas eu le courage? Pourquoi? » se dit-elle. « C'était pourtant pas bien compliqué! Si c'était pour en arriver là, j'aurais mieux fait de ne rien faire. Maintenant, j'ai l'air d'une cruche! »

Elle regrettait tellement son geste qu'elle aurait voulu disparaître. À présent, elle arrivait aux escaliers qui la mèneraient vers son cours d'histoire, matière qu'elle affectionnait particulièrement. Maigre consolation.


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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

Qu'en pensez-vous? C'est mieux ou c'est pire qu'avant?
J'attends vos com's avec impatience. Merci d'avance.

À+.
Dernière édition par Ann O'Neemm le 05 Juin 2014, 00:25, édité 1 fois.
MES NOUVELLES FIC : Code Lyoko M.d.R. (Humour, quand tu nous tiens!) et Du cœur à l'ouvrage (Oh! Comme c'est mignon!)

VIENDEZ VOIR MES AUTRES FIC!!! Protocole Carthage (version 2), Je ne t'attends plus (terminée) et Sacré Jimbo! (one shot).

Non, je ne m'appelle pas Ann!!! Appelez-moi Vince. (Hé oui! Je suis un mec!!!)
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Jeune Lyokophile

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Message 03 Fév 2014, 23:16

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Je ne suis pas sûr d'avoir déjà lu Protocole Carthage, mais vu ton autre fic' et ce début (sans faute je crois ;) ), je vais me rattraper sur cette réécriture. jusqu'à maintenant, tes fic's ne m'ont pas déçu, tout le contraire ! :thumbleft:
Inspirations que vous pourriez aimer :
-Phaenomen d'Erik L'Homme
-Artemis Fowl d'Eoin Colfer
-CHERUB de Robert Muchamore
-Gone de Michael Grant
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Lyokophile à vie

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Message 15 Fév 2014, 02:34

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut tout le monde!

Merci XANA's heir. Ton commentaire m'a fait super plaisir. J'espère que la suite cette fic sera à la hauteur de tes espérances. (Et l'autre aussi, d'ailleurs).

Bien, maintenant passons au vif du sujet : la suite.
Je poste ici la moitié du second chapitre car celui-ci est un peu long à lire d'un bloc (9 pages...).

J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture!


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Chapitre 2 : Troubles

Une heure et quarante-cinq minutes s'étaient déjà écoulées depuis le début des cours. Ulrich avait de plus en plus de mal à tenir en place. Il n'avait plus qu'une seule idée en tête : retrouver Yumi au plus vite pour connaître la raison de son comportement étrange à la sortie du réfectoire. Odd avait bien remarqué les trépignements de son voisin de table sur sa chaise. Et comme rien n'énervait plus le blondinet que ce genre d'attitude, il se décida à crever l'abcès.

« Hé, Ulrich ! » chuchota-t-il. « Qu'est-ce qui t'arrive ? T'es monté sur ressorts ou quoi ?
– Ça va, c'est rien... » répondit l'intéressé.
« Comment ça, c'est rien ?! T'arrêtes pas de gigoter dans tous les sens depuis le début du cours et tu voudrais me faire croire que c'est rien ?
– C'est rien, je te dis !
– Non mais tu te fiches de moi ? C'est les œillades de Sissi qui te mettent dans cet état-là ?
– Ça va pas, la tête ? D'ailleurs, elle ferait mieux d'arrêter parce dans le genre discret, on a vu mieux. Si elle continue, elle va finir par me donner la nausée.
– Ben c'est quoi, alors ?
– Y a rien, j'te dis !
– Mais bien sûr !
– Odd ! !
– Alors si c'est rien, tu seras bien gentil d'arrêter de gigoter parce que ça m'énerve comme t'as pas idée !
– Désolé. »

Après quelques instants de réflexion, Odd eut une idée qu'il voulut vérifier aussitôt.

« Dis donc, ça ne serait pas en rapport avec une certaine Japonaise, par hasard ? » lança-t-il discrètement.
« Odd ! !
– Ho ho ! » jubila le taquin. « On dirait que j'ai vu juste !
– Odd ! Tais-toi !
– Et monsieur Stern veillera à faire de même ! » intervint madame Hertz. « Sans quoi ce sera quatre heures de colle samedi matin pour lui et monsieur Della Robia ! »

Les deux garçons se turent immédiatement. Les quelques minutes qui les séparaient de la fin du cours s'égrainèrent terriblement lentement au goût d'Ulrich. Encore un petit quart d'heure et ce serait la délivrance pour lui. Lorsqu'enfin la sonnerie se fit entendre, Sissi, qui était assise au premier rang, se leva et entreprit de se tourner une fois de plus vers celui qu'elle n'avait pas arrêté d'aguicher durant tout le cours pour lui adresser la parole.

« Hey, Ulr...
– Désolé, Sissi, j'ai pas le temps ! » interrompit-il net en passant juste sous le nez de la demoiselle.

Car Ulrich n'avait pas attendu qu'elle se mette en mouvement pour prendre la poudre d'escampette, laissant ainsi ses affaires en plan derrière lui. Sissi en parut presque outrée.

« Ben ?! Quelle mouche l'a piqué ? » fit-elle en s'approchant des trois autres.
« Tu sais, Sissi, c'est un grand sensible, notre Ulrich ! » répondit Odd. « Quand on le titille un peu trop, ça lui donne des envies pressentes ! Et vu comment t'as pas arrêté de lui faire de l'œil, ça doit urger sacrément ! !
– N'importe quoi ! » reprit Sissi. « T'es toujours aussi doué pour raconter des âneries ! Ça ne m'étonne pas t'aies des notes aussi pourries ! Tu ferais mieux de prendre exemple sur mon Ulrich chéri. Lui au moins, il est intelligent ! Et puis il est trop beau ! Haaaaan ! Comment j'en ai trop, de la chance ! »

Puis la jeune femme retourna à sa place pour ranger ses affaires. Odd et ses deux acolytes restèrent pantois face à ses déclarations. Pour une fois, c'était Sissi qui avait eu du répondant et pas Odd. Quelques instants plus tard, Sissi sortit enfin de la salle, laissant seuls les trois amis.

« Dites, j'ai pas rêvé ?! » fit Aelita. « Elle a bien dit qu'elle et Ulrich étaient ensemble ?
– Si c'est un rêve, alors t'es pas la seule à l'avoir fait. » rétorqua Odd.
« Notre nouvelle amie prend ses désirs pour des réalités, on dirait.
– Elle a complètement craqué, tu veux dire ! J'ai trop hâte de voir la tête d'Ulrich quand on va lui raconter ça !
– Moi aussi ! Et puis t'as vu sa technique de drague à deux balles ? J'ai cru que j'avais des hallucinations en la voyant !
– Carrément ! Je n'ai vu que ça de tout le cours ! C'est la discrétion incarnée, cette fille ! Pauvre Ulrich, j'aurais pas aimé être à sa place...
– Au fait, en parlant de lui ! Pourquoi il est parti sur les chapeaux de roues comme ça ?
– J'en sais rien, j'ai pas réussi à lui tirer les vers du nez. Mais j'ai comme l'impression que ça a un rapport avec Yumi.
– C'est peut-être lié avec ce qui s'est passé ce matin au petit déjeuner...
– C'est possible. En tout cas, ça avait l'air de le turlupiner vachement parce qu'il n'a pas arrêté de faire des bonds sur sa chaise pendant tout le cours ! Et puis de toute façon, on finira bien par le savoir. »

Pendant ce temps-là, Ulrich s'était empressé d'aller rejoindre Yumi. Il l'attendait impatiemment à l'entrée de la salle où son cours avait eu lieu. Quand il arriva, la porte était grande ouverte et quelques élèves étaient déjà sortis de la salle. Et alors que la pièce se vidait progressivement, Ulrich cherchait la jeune femme du regard. En vain. Comme à son habitude, William fut le dernier élève à sortir.

« Salut William. » lui dit Ulrich.
« Tiens, salut Ulrich ! » répondit l'intéressé.
« Dis, elle n'est pas là, Yumi ?
– Ben non, comme tu peux le voir.
– Ah... Et elle est partie depuis longtemps ?
– Partie ? Ça ne risque pas ! Elle n'est pas du tout venue en cours ce matin.
– Ah bon ? C'est bizarre, ça ne lui ressemble pas du tout.
– Oh, comme c'est mignon ! » ironisa William. « Tu t'inquiètes pour ta dulcinée !
– Oh, ça va, hein ! » rétorqua Ulrich. « Tu vas pas commencer à faire ton Odd ! ! J'en ai déjà bien assez d'un !
– Oh là ! Faut pas prendre la mouche comme ça ! Si ça se trouve, elle est restée chez elle, clouée au lit avec une fièvre de cheval. T'inquiètes donc pas pour elle. Tu la reverras sûrement demain.
– Ça m'étonnerait ! Elle était avec nous au p'tit dej' ce matin.
– Ha bon ? Alors elle a dû aller directement à l'infirmerie avant le début des cours. »

Ulrich resta perplexe un instant. Lorsqu'elle s'était enfuie devant le réfectoire, il l'avait suivi quelques instants du regard. Et il l'avait bien vue courir en direction de sa salle de cours, et pas vers l'infirmerie. Cela, il en était sûr, il ne l'avait pas rêvé. Mais d'un autre côté, l'hypothèse de William était loin d'être insensée. Ulrich se ravisa.

« T'as peut-être raison. » dit-il. « Ça pourrait expliquer son attitude.
– Ha ? Quelle attitude ? » demanda William, croyant y déceler une lueur d'espoir inespérée.
« Non, rien. C'est pas grave.
– Attends ! T'en as trop dis ou pas assez, là ! Je veux savoir, moi, maintenant.
– Y a rien à savoir ! » répondit Ulrich en détalant comme un lapin. « Au fait, merci pour le tuyau ! »

Quelques instants plus tard, Ulrich se tenait devant la porte de l'infirmerie contre laquelle il toqua. Après quelques secondes d'attente, Yolande vint lui ouvrir.

« Bonjour, Ulrich. » lui dit-elle. « Qu'est-ce qui t'amène ?
– Bonjour, je viens voir Yumi.
– Je suis navrée mais il n'y a personne qui réponde à ce nom ici.
– Ah ? » laissa-t-il échapper sous la surprise. « Désolé de vous avoir dérangée. Au revoir.
– Il n'y a pas de mal. N'hésite pas à revenir si tu en as besoin. » répondit Yolande en refermant la porte.

Ulrich prit alors la direction du banc où la bande avait pris l'habitude de s'asseoir pendant les intercours. La pause de dix heures allait bientôt toucher à sa fin lorsqu'Ulrich arriva auprès de ses amis. Il avait l'air visiblement perturbé.

« Tiens, voilà le beau gosse ! » lança Odd. « Alors, t'étais passé où ?
– Voir Yumi... » répondit-il en soupirant.
« Bingo ! J'en étais sûr !
– Odd ! !
– Comment ça se fait qu'elle ne soit pas avec toi ? » demanda Aelita.
« Je ne l'ai pas trouvée. Et je trouve ça étrange.
– T'inquiète, vieux frère ! » reprit Odd. « Elle est sans doute à l'infirmerie.
– Justement, j'en reviens. Et elle n'y était pas !
– Dans ce cas, je ne vois qu'une seule possibilité. » fit Odd. « Elle a dû succomber aux charmes de ton ennemi le plus redoutable : William Dunbar !
– Très drôle, Odd... » rétorqua Ulrich, exaspéré par les blagues vaseuses de son ami. « Et en parlant de lui, il m'a dit qu'elle n'était même pas venue en cours ce matin !
– T'y crois pas ! ! Yumi se met à sécher les cours, maintenant ?
– C'est ça qui m'inquiète.
– Effectivement. » déclara Aelita. « Ça ne lui ressemble pas du tout de faire ce genre de choses. »

Un silence s'installa dans la bande. L'absence soudaine de Yumi paraissait étrange aux yeux de tous. Mais, la connaissant, ils se dirent qu'il devait y avoir une bonne raison. Et leur amie n'allait pas sûrement tarder à les en informer. Brusquement, un détail revint à l'esprit d'Ulrich.

« C'est pas vrai ! » déclara-t-il. « Mais quel imbécile !
– On peut savoir de qui tu parles ? » interrogea Odd.
« Ce matin, à la cantine ! Elle m'a entendu, c'est sûr ! Elle est arrivée juste à ce moment-là. C'est pour ça qu'elle était toute bizarre, après.
– Comment ça, toute bizarre ? » demanda Aelita.
« En sortant de la cantine, elle a voulu me dire quelque chose mais elle est partie en courant avant de me le dire.
– Et tu penses qu'elle serait absente à cause de ça ? » questionna Jérémie. « Ça fait un peu beaucoup, non ?
– J'en sais rien. Moi aussi, je trouve ça un peu excessif comme réaction, surtout venant d'elle.
– Et t'as pensé à l'appeler sur son portable ?
– Quelle betterave ! » jura Ulrich. « C'était tellement évident que j'y ai même pas pensé ! Merci Einstein ! »

Ulrich eut à peine le temps de dégainer son portable de sa poche qu'il sentit deux mains se poser au niveau de sa taille et remonter progressivement jusqu'à ses épaules. Puis il sentit la douce étreinte du corps d'une jeune femme contre son dos. Et tandis qu'il restait figé sous la surprise, il sentit un doux frisson lui parcourir tout le corps. L'espace d'un instant, il pensa que Yumi était devenue bien entreprenante et cela n'allait visiblement pas pour lui déplaire. Après tout, elle s'était bien comportée de façon étrange quelques heures plus tôt. Alors pourquoi pas ?

« Oh, Ulrich ! Enfin je te retrouve. » déclara la demoiselle.

Le jeune homme sursauta et, dans son élan, se retourna pour lui faire face. Son secret espoir s'était évanoui à l'instant où il avait reconnu sa voix.

« Si... Sissi ?! » fit-il. « Mais qu'est-ce qui te prends ?
– Excuse-moi, mon chéri. » répondit-elle. « J'avais oublié à quel point tu étais pudique devant tes amis... »

Tous restèrent médusés devant l'attitude de Sissi, Ulrich le premier. Elle s'était montrée soudainement tellement intime avec lui. Et ses gestes avaient l'air si naturels. Presque habituels, même. Comment se faisait-il qu'elle se permette un tel comportement alors qu'auparavant, une telle chose ne lui aurait jamais traversé l'esprit ? Les quatre amis la fixèrent du regard, interloqués. Les secondes passaient dans le silence le plus total. Sissi commença à s'affoler devant le comportement étrange de ses camarades.

« Ben quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle. « Vous en faites, des drôles de têtes. Vous avez vu un fantôme ? »

Personne n'eut le temps de lui répondre que la sonnerie de reprise des cours mit fin à la récréation. Sissi attrapa alors Ulrich par le bras, lui déposa un langoureux baiser sur la bouche puis le tira avec elle.

« Dépêche-toi, mon chéri. » lui dit-elle. « On va être en retard et Jim va encore nous hurler dessus. »

Ulrich se laissa faire, complètement troublé par ce qui venait de se produire. Les trois autres n'en revenaient pas de ce que Sissi venait de faire.

« T'y crois pas... » lâcha Odd, effaré. « Vous avez vu ce que j'ai vu ?
– Je sais pas... » fit Aelita, toute aussi médusée. « Je crois que j'ai eu une hallucination...
– C'était tout ce qu'il y a de plus réel... » déclara Jérémie. « Elle lui a bien roulé une pelle !
– Et vous avez vu comment elle s'est jetée sur lui ? » reprit Odd. « Pire qu'une sangsue !
– C'est clair ! » répondit Aelita. « Je ne sais pas ce qu'elle a fumé mais, apparemment, ça défonce grave !
– C'est louche, tout ça. » reprit Jérémie. « D'abord Yumi qui est introuvable, et ensuite Sissi qui roule des galoches Ulrich comme si de rien n'était...
– Tu penses vraiment que les deux sont liés ? » demanda Aelita.
« J'en sais rien, je dis juste que la coïncidence est troublante.
– Dis donc, Einstein. » rétorqua Odd. « Tu ne deviendrais pas un peu parano, par hasard ? Je te rappelle qu'on a éteint le supercalculateur.
– Je sais bien, mais quand même...
– XANA te manque, c'est ça ?
– Alors là, tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'à l'épaule ! Il nous a trop fait suer pour que je puisse le regretter un jour ! N'empêche, je trouve que ça ressemble quand même beaucoup à un de ses coups tordus...
– C'est bien ce que je disais, t'es en train de virer parano...
– N'importe quoi ! » conclut Jérémie. « Allez, zou ! En cours sinon G.I. Jim va nous tomber dessus. Et j'ai autre chose à faire que de me taper des heures de colle samedi matin ! »

Les trois adolescents se mirent alors en marche vers le gymnase où Jim s'apprêtait à leur faire subir deux heures d'efforts intensifs, ce qui ne réjouissait pas particulièrement le cérébral de la bande. Quand ils arrivèrent à l'entrée de la salle de sports, ils trouvèrent leur professeur qui se tenait droit comme un "i", les bras croisés, au beau milieu de l'entrée.


-----------------------------------------------------------------------------------------------



Voilà, c'est tout pour cette fois-ci.

J'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à ma dire ce que vous en avez pensé.

La suite dans deux semaines!
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Message 15 Fév 2014, 11:29

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

rien à redire... ou presque. C'est une des rares fics' que je trouve ni trop longues ni trop courtes (du moins jusqu'à maintenant), un très bon style et des dialogues type roman qui sont plus complexes à écrire, les Majuscules :D ... bref, j'aime :thumbleft:

juste un truc minuscule, tout au début : «Une heure quarante-cinq s'étaient déjà écoulées [...]»
une seule heure quarante-cinq ! (mais bon, ça c'est du chipotage :roll: )

Et une faute de frappe, enfin j'espère ;) :«Alors là, tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'à l'épaule (dixit capitaine Haddock dans Tintin :sm6: ) ! Il nous a trop fait suer pour que je puisse le regrette un jour [...]»

et je crois que c'est tout :thumbleft: , on aimerait une bonne suite pour agrémenter nos vacances 8)
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Message 15 Fév 2014, 17:11

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

XANA's heir a écrit:rien à redire... ou presque. C'est une des rares fics' que je trouve ni trop longues ni trop courtes (du moins jusqu'à maintenant), un très bon style et des dialogues type roman qui sont plus complexes à écrire, les Majuscules :D ... bref, j'aime :thumbleft:
Merci beaucoup, ça me fait très plaisir. Pour ce qui est de la longueur, ça reste à voir... Parce que le nombre de pages subit une invariable inflation au fur et à mesure que j'avance dans ce travail de réécriture.

XANA's heir a écrit:Juste un truc minuscule, tout au début : «Une heure quarante-cinq s'étaient déjà écoulées [...]»
une seule heure quarante-cinq ! (mais bon, ça c'est du chipotage :roll: )
Une seule heure, certes, mais avec quarante-cinq minutes en plus qui font que l'heure en question n'est plus toute seule, donc pas du singulier! Enfin, c'est comme ça que je vois la chose. De toute façon, j'ai modifié la phrase pour qu'il n'y ait plus d'ambiguïté.

XANA's heir a écrit:Et une faute de frappe, enfin j'espère ;) :«Alors là, tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'à l'épaule (dixit capitaine Haddock dans Tintin :sm6: ) ! Il nous a trop fait suer pour que je puisse le regrette un jour [...]»
Bien vu! Et j'ai corrigé la faute de frappe.

XANA's heir a écrit:on aimerait une bonne suite pour agrémenter nos vacances 8)
Grand gourmand, va! Je vais voir ce que je peux faire. (la semaine prochaine, peut-être, si j'ai le temps? À voir.)
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Message 15 Fév 2014, 19:59

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Ann O'Neemm a écrit:Une seule heure, certes, mais avec quarante-cinq minutes en plus qui font que l'heure en question n'est plus toute seule, donc pas du singulier! Enfin, c'est comme ça que je vois la chose. De toute façon, j'ai modifié la phrase pour qu'il n'y ait plus d'ambiguïté.


Mettons ça au clair 8) :

Une heure quarante-cinq = singulier

Une heure et quarante-cinq minutes = pluriel

Encore une fois c'est du chipotage mais comme ça tout est clair :sm6:
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Message 24 Fév 2014, 00:55

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut, tout le monde !

XANA's heir : effectivement, après vérification, il se trouve que c'est toi qui a raison. Quand il s'agit d'une durée de plus d'une heure mais de moins de deux, (je cite) "la fraction est considérée comme accessoire". Je me coucherais moins bête.

Pour en revenir à la fic, je voulais poster la suite hier soir mais j'ai complètement zappé. L'oubli est maintenant corrigé.

Voici donc la fin du chapitre 2, j'espère que ça vous plaira.
Bonne lecture.

-----------------------------------------------------------------------------------------------


« Alors, les jeunes ! Où étiez-vous donc encore fourrés ? Vous avez intérêt à avoir une excuse en béton armé si vous ne voulez pas passer tout votre samedi matin en colle.
– Oh non, m'sieur Moralès ! » rétorqua Odd. « Vous pouvez pas nous faire ça !
– Tiens donc ! Alors dis-moi pourquoi vous êtes encore en retard, tous les trois ?
– Mais on n'est pas en retard, m'sieur ! » déclara Jérémie. « Vous n'avez même pas commencé votre cours !
– Ah... Heu... C'est pas faux. » avoua le mastodonte bedonnant avant de se reprendre. « Hé ! N'essayez pas de m'emberlificoter, vous deux ! Vous arrivez deux minutes après la sonnerie alors que tous les autres sont déjà en train de se changer ! Même Ulrich est déjà là, c'est dire si c'est louche !
– C'est pas de notre faute, m'sieur ! » répondit Odd. « On est allés aux toilettes pendant la récré et on est restés coincés dedans !
– Sans blague ! Et vous allez me dire que les toilettes vous retenaient en otages, qu'elles ont réclamé une rançon pour vous libérer, mais que vous avez réussi à vous échapper pendant qu'elles vous tournaient le dos, c'est ça ?
– Mais comment vous savez ça, vous ? » fit Odd, feignant l'étonnement. « Vous y étiez aussi ? À moins que vous soyez leur complice ?
– Allons, allons, Della Robia ! Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? Tiens, d'ailleurs, ça me rappelle l'époque où j'étais dans l'escadron paranormal de l'armée militaire. »

Les trois amis pouffèrent de rire. Jim n'y prêta pas la moindre attention et continua sur sa lancée :

« On nous appelait les chasseurs de l'ombre. On travaillait surtout la nuit. Et vous savez quoi ? Être chasseur de l'ombre, la nuit, c'est super dur ! Mais c'était la routine pour nous ! »

Cette fois, ils ne purent se retenir d'éclater de rire au moment où Jim avait prononcé cette phrase. Toutefois, cela n'empêcha pas ce dernier de poursuivre le récit de ses aventures.

« On enquêtait souvent sur ce genre de trucs. Mais on n'a jamais eu de preuves suffisantes pour dire ce que c'était. Jusqu'au jour où...
- Jusqu'au jour où ? » demanda Aelita.
« Heu... Je préfère ne pas en parler !
- Oh ben non, m'sieur ! On veut savoir, nous ! » clama Odd.
« Peut-être qu'un jour je vous le dirais. Mais en attendant, c'est secret-défense ! Alors... » conclut Jim, visiblement gêné par la tournure que la discussion avait pris.

Puis le quadragénaire libéra le passage et s'en retourna préparer le matériel nécessaire au cours. Les trois jeunes pénétrèrent alors dans le gymnase. Odd ne put s'empêcher de faire un commentaire à propos de lui.

« T'y crois pas ! L'armée MILITAIRE ! Trop fort, le Jimbo ! L'escadron paranormal en plus !
– Vu la lumière que c'est, j'aurais plutôt dit l'escadron "pas très normal" ! » ajouta Aelita.

Ils éclatèrent de rire. Puis ils se séparèrent pour aller aux vestiaires afin de changer de tenue. Les deux heures passèrent à des rythmes très variables selon le ressenti de chacun. Jérémie trouva le cours excessivement long et exténuant. Aelita et Odd, quant à eux, s'amusaient bien en regardant Ulrich essayer désespérément d'échapper à l'emprise de Sissi qui se comportait comme un vrai pot de colle avec lui. Ulrich leur lançait parfois des regards désespérés qui se voulaient être des appels à l'aide mais que les deux autres feignaient de ne pas comprendre afin de faire durer leur plaisir. Lorsque la sonnerie de fin des cours retentit enfin, Odd pointa le bout de son nez hors du vestiaire des garçons puis, après quelques secondes d'inspection visuelle, il se retourna.

« C'est bon, Ulrich. » dit-il discrètement. « Tu peux sortir, Super Glu n'est pas là.
– Enfin ! Je vais pouvoir respirer un peu ! » soupira le jeune homme en sortant du vestiaire des garçons, accompagné des deux autres.

Quelques instants plus tard, ils retrouvèrent Aelita qui les attendait à l'extérieur du gymnase. Mais la quiétude d'Ulrich fut de courte durée. Sissi surgit brusquement de nulle part derrière lui et vint discrètement lui cacher les yeux avec ses mains en disant :

« Devine qui c'est !
– Sissi ?! » lâcha le jeune homme en sursautant.

Il saisit alors les deux mains de la jeune femme pour s'en libérer puis se retourna vers elle.

« Mais à quoi tu joues, bon sang ? » interrogea-t-il. « Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu te sens bien ? T'es toute bizarre depuis ce matin.
– Ah ? Heu... Pardon, Ulrich. » répondit la jeune fille toute penaude. « Je pensais que ça t'amuserait. Je ne voulais pas t'énerver. »

Les quatre amis la regardaient avec le plus grand étonnement. Ils trouvaient son attitude vraiment surréaliste tant elle différait de l'ordinaire. Manifestement, elle semblait profiter de l'absence de la belle japonaise chère au cœur d'Ulrich pour le draguer lourdement. Et de l'avis de tous, elle n'était pas prête d'obtenir l'effet escompté. Soudain, Aelita remarqua un détail dans le regard de Sissi. Elle n'aurait su dire ce que c'était mais elle ne le voyait que quand Sissi regardait Ulrich, personne d'autre. Elle s'approcha discrètement de Jérémie.

« T'as raison, il y a quelque chose de troublant avec Sissi. » lui chuchota-elle.
– Qu'est-ce qui te fais dire ça » questionna Jérémie.
« Juste une intuition.
– Féminine, je suppose ? »

L'esquisse d'un sourire fut la seule réponse de la jeune femme. D'un coup, l'estomac d'Odd se manifesta bruyamment, ce qui fit se retourner tout le monde vers lui.

« Ben quoi ? » dit-il. « Aujourd'hui, c'est couscous-boulettes ! J'y peux rien si mon estomac en réclame !
– Sacré ventre à pattes ! » rétorqua Jérémie. « Allez, zou ! Tout le monde à la cantine ! »

Les quatre camarades se mirent alors en route vers la cantine. Sissi était restée sur place, comme désemparée.

« U... Ulrich. » fit-elle, pleine d'hésitation.
– Oui ? » répondit-il en se retournant vers elle.
« Est-ce que je peux manger avec toi ? »

Le beau brun se retourna vers ses amis tant la question le surprit. Puis il la regarda à nouveau.

« Oui, bien sûr. Quelle question ! » répondit-il.

À cette réponse, un léger sourire se dessina sur le visage de la jeune fille qui s'empressa de rejoindre le petit groupe. Puis tous se remirent en route vers la cantine. Jérémie glissa discrètement à l'oreille d'Aelita :

« Son comportement est vraiment de plus en plus troublant... »

La jeune femme lui retourna un clin d'œil discret. Deux minutes plus tard, la bande arriva devant l'entrée du réfectoire. Et, alors qu'ils s'apprêtaient à y pénétrer, William héla Ulrich qui l'attendit en compagnie de Sissi tandis que les trois autres avaient pris place dans la file d'attente.

« Alors ? » fit le nouvel arrivant. « T'as réussi à trouver Yumi ?
– Non. Apparemment, elle n'était plus à l'infirmerie quand j'y suis allé. » répondit Ulrich. « Mais pourquoi tu me demande ça ? Elle n'est pas retournée en cours ?
– Ben non. C'est bizarre, ça. Peut-être qu'elle est rentrée chez elle...
– Comme ça ? Sans nous prévenir ? Ce n'est pas du tout son genre de faire des trucs pareils.
– Dites. » intervint Sissi. « C'est... C'est qui, cette Yumi ? Elle est nouvelle ? C'est ta nouvelle petite copine, William ?

Les deux jeunes hommes se regardèrent un instant. Aucun d'eux n'osa répondre à cette surprenante interrogation. Qui plus est, Sissi était toujours très jalouse dès qu'une fille s'approchait d'Ulrich d'un peu trop près. Et devant le silence pesant de ses deux camarades, elle commença à s'affoler.

« Qu'est-ce qui se passe, à la fin ? » demanda-t-elle. « Vous m'inquiétez vachement, là ! Tu sors avec une autre fille dans mon dos, Ulrich ? C'est ça ? Ou alors vous me faites encore marcher, comme d'habitude ?
– Mais qu'est-ce que tu racontes, Sissi ? » répondit Ulrich. « Si je sortais avec une autre fille, tu serais la première à le savoir. Tu ne crois pas ? »

La jeune femme parut rassurée par les propos du beau brun. Elle le prit alors par le bras et l'enjoignit à retrouver les trois autres à l'intérieur de la cantine. William, qui les avait suivis, n'en crut pas ses yeux. Sissi se montrait soudainement si proche d'Ulrich. Il en était presque choqué tant cela tranchait de l'ordinaire. Mais ce qui l'avait le plus surpris, c'était qu'Ulrich se laisse faire par celle qu'il n'avait pas hésité à qualifier de pimbêche la veille au soir. De plus, la réponse apportée par Ulrich lui parut étrange. Lorsqu'ils arrivèrent auprès du reste de la bande, les autres n'avaient pas l'air dérangés outre mesure par cette situation étrange. William décida donc de faire comme si de rien n'était.

Le repas se déroula sans accroc. Les discussions allaient bon train et tout le monde y participait. Quelques éclats de rire fusaient de temps en temps. Cependant, Ulrich n'avait pas vraiment le cœur à la fête, troublé qu'il était par la subite absence de sa belle nippone. De son côté, William ne pouvait se retenir de jeter de temps en temps quelques coups d'œil du côté de Sissi et Ulrich tant il trouvait déconcertante la rapidité avec laquelle les relations qu'ils entretenaient avaient évolué.

Quand ils eurent fini leur repas, tous se levèrent et allèrent débarrasser leurs plateaux. Puis ils sortirent dans la cour et se rendirent sur leur banc favori. William et Odd étaient restés debout devant leurs amis tous les quatre assis. Ulrich sortit alors son téléphone de sa poche et remarqua qu'il avait reçu un appel pendant le cours de sport. Cependant, il ne reconnut pas le numéro de l'appelant et, comme il avait autre chose en tête, il décida de consulter son répondeur plus tard. Puis il commença à chercher le numéro de celle qui occupait la moindre de ses pensées. Curieusement, et après quelques minutes à manipuler l'appareil, il ne le trouva plus. Il décida donc de s'adresser à sa voisine de gauche.

« Aelita. » dit-il discrètement. « Tu peux me donner le numéro de Yumi, s'il te plaît ?
– Oui, bien sûr. » répondit la jeune fille. « Mais comment ça se fait que tu ne l'aies pas ?
– J'en sais rien, j'ai dû l'effacer par mégarde...
– Ha bah bravo, Ulrich ! Belle perf' ! » ironisa-t-elle. « Quand Yumi va savoir ça !
– Ouais, bon, ça va ! T'es pas la cousine d'Odd pour rien, toi ! Alors c'est quoi, son numéro ?
– C'est le 06 INSPIREE, avec deux "e" à la fin.
– Pardon ?! » lâcha Ulrich, étonné.
« 06 IN SP IR EE » répéta Aelita. « Inspirée, quoi ! C'est un moyen mnémotechnique que j'ai trouvé quand j'ai rentré son numéro de téléphone dans mon portable. Pratique, hein ?
– Pour le coup, c'est toi qui était bien inspirée ! » déclara William sur le ton de la plaisanterie.
« Ne rigole pas trop, toi ! » rétorqua la jeune femme. « Le tien, c'est 06 NO FUTURE !
– No future ?! » fit William, déconcerté.
– Hé ouais ! T'as aucun avenir, mon gars ! Même qu'il y a trois six d'affilée au début ! Six cent soixante-six ! Le nombre du démon !
– Ah ! » laissa échapper Sissi qui venait de prendre la conversation en cours. « Vends des rétros, sale tannasse ! » fit-elle en disposant en croix ses index en direction du jeune homme.

Le reste de la bande explosa de rire en l'entendant.

« Ben quoi ? » demanda Sissi. « Qu'est-ce que j'ai dit de drôle ?
– On dit vade retro, satanas ! » corrigea Jérémie alors que tout le monde recouvrait ses esprits.
« Ouais, bon ! » rétorqua-t-elle, boudeuse. « Ça arrive à tout le monde de se tromper, non ?
– Bon. » dit alors Ulrich en se levant du banc. « Vous m'excuserez mais j'ai un truc à faire.
– Ah ? » fit Sissi. « Tu vas où ?
– Hummm... Comment dire ? » répondit-il, gêné. « Quelque part où tu ne peux pas aller à ma place... »

Le visage de Sissi vira au rouge tomate tant cette réponse l'avait mise dans l'embarras. Puis Ulrich s'éloigna vers les sanitaires, accompagné par Odd. Évidemment, la seule envie pressante d'Ulrich n'était autre que de prendre le large par rapport à Sissi qui s'accrochait à lui comme une bernique à son rocher. C'était la seule excuse qu'il avait trouvé pour s'en séparer. Et force était de constater l'efficacité de la chose car Sissi était restée sur le banc avec les autres. Ulrich avait besoin d'air et Odd l'avait bien compris. Lorsqu'ils furent hors de portée des oreilles du groupe, le blondinet engagea la conversation.

« Alors, beau gosse ! On joue au bourreau des cœurs avec Sissi ? Il te les faut toutes, c'est ça ?
– Odd !
– Ça va, je plaisantais. Alors, c'est quoi le programme ?
– Déjà, souffler un peu. Parce que se coltiner Sissi comme ça pendant des heures, c'est pas de la tarte ! En plus, elle est toute chelou aujourd'hui. Elle n'arrête pas de me coller au train. Qu'est-ce qu'elle peut être étouffante, cette fille !
– T'en as de la chance d'avoir un tel fan club ! Je suis jaloux !
– Puisque tu la veux, je te la donne volontiers ! En attendant, j'espère que Yumi reviendra très vite, histoire que ça calme les ardeurs de Sissi.
– À propos de Yumi, je suppose que c'était pas innocent quand t'as demandé son numéro à Aelita.
– Exact. Je vais lui passer un coup de fil dès que Sissi ne nous pourra plus nous voir. »

Lorsqu'ils atteignirent leur destination, Ulrich vérifia qu'ils étaient bien hors de portée du regard de Sissi. Puis il ressortit son téléphone de sa poche, composa le numéro qu'Aelita lui avait donné et porta l'appareil à son oreille. Un court instant plus tard, il entendit une voix féminine lui dire sans ménagement :

« Le numéro que vous avez composé n'est pas attribué. Veuillez en composer un autre.
– Comment ça, pas attribué ?! » fit-il, étonné, en raccrochant. « Aelita se serait trompée ?
– Sans blague ? » rétorqua Odd. « C'est pas souvent que ça lui arrive, ça ! Attends, je vais te le passer, moi, le numéro de ta chère et tendre !
– Odd ! » pesta Ulrich une fois de plus.
« OK, OK, j'arrête. »

Ulrich retenta son appel en prenant grand soin de bien composer le numéro en question. Mais il obtint le même résultat.
Le blondinet, quant à lui, avait entrepris de rechercher ledit numéro dans le répertoire de son portable. Seulement, après plusieurs secondes, il dut se rendre à l'évidence.

« T'y crois pas ! » déclara-t-il. « Où est-ce qu'il est passé ? On me l'a effacé ou quoi ? »

Mais Ulrich ne prêta pas la moindre attention à ce que son ami venait de dire. Il était intrigué par le numéro qui avait cherché à le joindre pendant le cours de Jim.

« Quatorze ?! » fit-il. « Ça vient d'où, ça ?
– De quoi tu parles ? » interrogea Odd.
« Y a un numéro à quatorze chiffres qui m'a laissé un message.
– Quatorze chiffres ? C'est un numéro étranger, ça... T'y crois pas ! T'as la cote même à l'international ! C'est la méga-classe, mec ! Il te les faut vraiment toutes, ma parole !
– Odd ! T'avais dit que t'arrêtais avec ça !
– OK, cette fois j'arrête. Promis ! Maintenant, fais écouter le message. Je sens qu'on va bien s'amuser ! »

Ulrich appela alors son répondeur pour consulter le message et activa la fonction mains libres de son portable. La lecture commença. On pouvait y entendre la voix d'une jeune femme paniquée et parlant dans une autre langue qu'ils ne parvenaient pas à identifier.

« Ben dis donc ! » fit Odd, ironique. « Elle a l'air à peine stressée, celle-là !
– C'est clair. En plus, on ne comprend rien de ce qu'elle raconte ! »

Au même instant, la jeune femme parut se calmer un peu. Le sang des deux garçons se glaça immédiatement. Ils se regardèrent l'un l'autre, troublés par ce qu'ils entendaient.

« T'y crois pas... » lâcha Odd sous la surprise.
« Cette voix... » ajouta Ulrich. « Mais comment c'est possible ?! »


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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

J'espère que ça vous a plu. Comme d'hab, j'attends vos coms.
N'hésitez pas à en laisser pour me dire ce que vous avez aimé ou pas. Je ne vous mordrais pas, promis !

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a8s

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Message 24 Fév 2014, 15:39

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Youpi la suite ! Non je joke, on va éviter le côté classique/euphorique qui n'apporte pas grand chose à l'auteur. ^^
Dis donc, c'est un magnifique début que tu nous donnes là, peu (ou pas, faut dire que j'ai pas fait super attention non plus xD) de faute, ça change et ça fait du bien. ^^
Une histoire qui, au premier abord, semble étrange, puis tout commence à s'éclaircir petit à petit. Globalement c'est cohérent pour l'instant, 'fin je trouve. ^^
Mais vu qu'il me semble, si j'ai bon souvenir, que j'ai lu la première version de ta fanfic'. Et honnêtement, si je ne me trompe pas, tu t'es sacrément amélioré. :thumbleft:
Donc au vu de ce fait, je sens déjà ce qui va ce passer xD. (Comment ça je triche ? O.o) Non plus sérieusement, ça change pas mal, mais en mieux.
Toujours sous réserve de ne pas confondre (mais je crois pas ^^), je trouve qu'en plus d'une amélioration de la narration, tu prends plus ton temps pour détailler ton histoire et sincèrement, c'est pas plus mal, ça change de certaines histoires expédiées très rapidement avec de belles incohérences parfois ^^. Donc je te dis bravo pour ta progression, et bonne chance pour la suite. Et même si je ne commente pas, ou très rarement, sache que dans tous les cas j'attends la suite. ;)
(D'ailleurs, temps que je suis dans les coins, je tenais aussi à te dire que j'ai adoré Je ne t'attends plus et que je suis aussi Du cœur à l'ouvrage, magnifiques fanfics' au passage. =) Et aussi, j'ai bien rigolé en lisant Code Lyoko M.d.R. xD)
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Message 03 Mar 2014, 01:20

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut!

Tout d'abord, merci a8s pour ton commentaire. Et ravi d'apprendre que mes fics te plaisent.
De plus;je constate avec joie que tu remarques une grande amélioration au niveau de tous les défauts que j'ai trouvé à la première version de cette fic. Mon travail de réécriture n'aura donc pas été vain. :D (Concernant Code Lyoko M.d.R., c'est un peu la panne sèche niveau inspiration... La suite va donc être longue à venir. Désolé.)

Trêve de bavardages, voici la première moitié du chapitre 3
Bonne lecture.

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Chapitre 3 : À l'évidence

« Attends, Ulrich » déclara Odd. « On s'emballe peut-être un peu vite, là.
– Comment ça, on s'emballe un peu trop vite ? C'est évident, non ?
– Cette voix, c'est sûr, elle ressemble à celle de Yumi. Mais ça ne veut pas dire que c'est forcément elle !
– Avoue que c'est troublant, cette ressemblance, quand même.
– C'est vrai mais je trouve ça un peu gros ! Ce matin, elle était avec nous, ici, à Kadic. Et là, elle serait au Japon ? De l'autre côté de la Terre ? Le tout en moins de quatre heures, je te signale ! Alors tu peux me dire comment elle a fait ? Elle s'est téléportée, peut-être ? »

L'argument de Odd fit mouche auprès d'Ulrich. Un tel voyage en aussi peu de temps lui paraissait également impossible à réaliser. Pourtant la voix sur son répondeur ressemblait tellement à celle de l'élue de son cœur. Il l'aurait juré. Il en aurait même mis sa main à couper, s'il l'avait fallu.

« T'as peut-être raison. » reprit Ulrich. « Mais j'ai quand même un doute.
– Attends, c'est évident que j'ai raison ! » rétorqua Odd. « Et puis pourquoi elle te parlerait en japonais tout à coup ? Tu n'en parles pas un traître mot !
– J'en sais rien. Le choc émotionnel, peut-être ? En tout cas, faudrait faire écouter ce message aux autres pour voir ce qu'ils en pensent.
– Dis donc, Ulrich. Tu ne chercherais pas la petite bête, par hasard ? C'est XANA qui te manque, à toi aussi ?
– Mais non, c'est pas ça ! C'est juste que ça fait beaucoup de choses étranges en même temps, c'est tout.
– Comme quoi par exemple ?
– Ben d'abord Yumi qui est introuvable, ensuite Sissi qui me drague lourdement, et puis le numéro de Yumi qui s'efface mystérieusement. Et maintenant, il y a ce message incompréhensible.
– Moi, ce que je remarque surtout, c'est que c'est centré autour de toi, toute cette affaire ! Tu ne trouves pas ?
– Dis tout de suite que j'ai la grosse tête !
– Oh ! Tout de suite les grands mots ! Je dis juste que t'as pas vu Yumi depuis ce matin et que ça te chamboule, rien de plus. Mais ne t'inquiète pas, on ira voir Jean-Pierre pour lui demander de ses nouvelles.
– Jean-Pierre ? Ton tamagotchi ? Qu'est-ce qu'il vient faire dans cette histoire ? Je croyais qu'il avait été mystérieusement kidnappé.
– Je te parle pas de mon tamagotchi que tu m'as lâchement volé, je te parle de Delmas. Tu sais, ton futur beau-père !
– Odd !
– Promis, cette fois, j'arrête pour de bon. Allez, on retourne voir les autres sinon ils vont s'inquiéter. Surtout qui tu sais...
– M'en parles pas ! » fit Ulrich en grimaçant. « Rien que de penser à elle, ça me rend malade. »

Ulrich raccrocha son portable, qui était resté allumé durant toute la conversation, et le rangea dans sa poche. Dans la foulée, les deux compagnons de chambrée prirent la direction du banc où les attendaient les quatre autres. Ils n'eurent pas le temps de parvenir jusqu'à eux que la sonnerie signala la reprise des cours. Jérémie, Aelita et Sissi se levèrent tandis que William leur avait fait un signe de la main avant de partir vers sa salle de classe. Lorsque le reste de la petite troupe fut réuni, tous se mirent en ordre de marche pour aller en cours. En chemin et alors que Sissi était devant lui, Ulrich profita du fait que le petit génie de la bande soit à ses côtés pour lui glisser quelques mots.

« Hé, Einstein ! » dit-il. « Il faudra que je te fasse écouter un truc tout à l'heure.
– C'est quoi ? » demanda Jérémie. « Le dernier remix de Breakdance avec les Relous ?
– Alors là, t'y es pas du tout.
– Le nouveau morceau de Odd, alors ?
– Non plus. Je te rassure, ça n'a rien à voir avec les talents pseudo-musicaux de Odd. Cela dit, c'est bien plus troublant, tu verras.
– Si tu le dis. On verra ça à la récré. »

Pendant les deux heures qui suivirent, Ulrich n'eut pas une seule seconde la tête aux études. Son esprit était accaparé par la succession d'événements étranges de la matinée. Se pouvait-il qu'une catastrophe aussi irréversible qu'inconcevable ait eu lieu sans qu'ils s'en soient rendus compte ? Et puis que voulait lui dire Yumi ? À force de ressasser la chose dans tous les sens, Ulrich se mit à douter de ses propres certitudes sur le sujet et finit par trouver cela un peu trop farfelu et insensé. Au final, Odd avait peut-être bien raison. Il s'inquiétait sûrement pour rien et tout cela n'était sans doute qu'une intuition erronée de sa part.

Il eut à peine le temps de formuler cette pensée que la sonnerie retentit à nouveau. C'était déjà l'heure de la récréation. Il avait passé ces deux dernières heures à se triturer le cerveau sans voir le temps passer. Il ne prêta pas attention à la personne qui était assise à côté de lui. C'était Sissi. Et elle le regardait amoureusement. Tous les élèves rangeaient leurs affaires dans leurs sacs et quittaient progressivement la salle de classe. Sissi s'était levée de sa chaise et continuait à le regarder avec autant de passion dans le regard. Lui aussi venait de se mettre debout. Quand il se tourna vers elle, Sissi l'embrassa subitement et fougueusement sur la bouche. Ulrich, qui n'avait pas vu le coup venir, fut comme pétrifié. Il se laissa faire un instant puis se reprit et la repoussa fermement.

« Mais enfin, Sissi ?! Qu'est-ce qui te prends ? T'es pas un peu folle ? » lui dit-il en la regardant droit dans les yeux.

Sissi ne lui avait pas laissé le choix. Elle s'était littéralement jetée sur lui. Ce qui venait de se produire le mit fortement mal à l'aise. Sissi, quant à elle, ne comprit pas ce rejet si soudain de la part de celui qu'elle considérait comme son prince charmant. Elle le regardait dans les yeux, totalement déstabilisée par la réaction de celui qu'elle aimait du plus profond de son être depuis la première fois où elle l'avait aperçu. Ayant vu la scène de loin sans rien avoir entendu de ce qu'Ulrich avait dit à Sissi, Odd s'approcha d'eux.

« Ben dis donc ! Tu ne perds pas de temps, toi ! » lança-t-il à Ulrich. « Tu ne te prives pas quand Yumi n'est pas là ! Quand le chat n'est pas là, les souris dansent, on dirait !
– Oh, ça va ! Lâche-moi, toi ! » répondit sèchement la victime de ce sarcasme tandis qu'Odd avait éclaté de rire. « T'es franchement pas drôle, là ! Comment tu peux plaisanter avec ça ?
– Oh la la ! Si on ne peut plus rigoler... Bonjour l'ambiance ! J'ose même pas imaginer la joie de vivre de vos futurs enfants ! » conclut Odd qui s'éloignait du couple en ricanant.
« Odd ! Arrête ! » tonna Ulrich, laissant clairement paraître son agacement face aux propos du petit blond excentrique de la bande.

Puis il se retourna vers Sissi et lui dit sur un ton plus calme :

« Qu'est-ce qui t'arrive ? Sissi, je ne te reconnais plus ! Pourquoi tu m'embrasses comme ça ? Tu ne te souviens pas que je ne suis pas amoureux de toi ? »

Sissi parut soudain littéralement décontenancée par ces paroles.

« Quoi ? Tu ne m'aimes plus ? » lui dit-elle alors. « Mais c'est pas possible ! Tu ne peux pas me le dire comme ça ! Non ! Je veux pas que tu me quittes ! »

Elle fondit alors en larmes. Ulrich fut désarçonné par la réaction de son interlocutrice.

« Mais de quoi tu parles, Sissi ? Y a jamais rien eu entre nous, tu le sais très bien ! » lui dit-il.
« Alors pendant toutes ces années où on sortait ensemble, tu n'as jamais rien éprouvé pour moi ? » lui répondit-elle en sanglotant. « Et quand on partait en vacances l'été, toi chez moi puis moi chez toi, tu ne ressentais rien pour moi ? Et quand tu m'as embrassée pour la première fois à la sortie des cours en sixième, tu ne vas tout de même pas me dire que tu n'éprouvais rien non plus ? »

Ulrich ne sut quoi répondre. Elle continuait à lui parler et lui donnait beaucoup de détails sur sa propre vie privée alors que, d'autant qu'il s'en souvienne, il s'était bien gardé de les lui dire. Comment pouvait-elle savoir tout cela ? Et ce qu'elle racontait semblait ne pas être le simple fruit de son imagination. Tout semblait tellement réel et, surtout, parfaitement crédible. L'enchaînement des événements de la journée lui paraissait vraiment de plus en plus étrange. Soudain tout parut très clair dans son esprit. Certes, tout cela lui paraissait invraisemblable mais il ne pouvait y avoir qu'une seule cause possible à tout cela. Il se précipita alors à l'extérieur de la salle de cours pour retrouver ses amis à l'endroit habituel, laissant Sissi seule avec son désespoir.

La jeune femme pleurait à chaudes larmes. Elle était totalement perdue. Que faire quand la personne que l'on aimez et de qui l'on croit être aimé nous dit qu'en fait elle n'a jamais rien éprouvé pour nous ? Cette question lui taraudait l'esprit. Elle se sentait à la fois trahie et humiliée par celui qu'elle aimait plus que tout au monde. Ce monde, justement, Ulrich avait compris ce qui venait de s'y passer. Du moins, le pensait-il. Et plus il y pensait, plus cela lui paraissait clair comme de l'eau de roche. Après quelques secondes d'une course effrénée, il arriva à proximité du banc où s'étaient assis ses amis.

« Ah bah enfin ! » fit Aelita. « Sissi n'est pas avec toi ?
– Ben non, pourquoi ? » répondit-il, tout essoufflé. « Elle devrait ?
– Odd nous a raconté ce baiser passionné entre elle et toi ! » reprit-elle, avant d'ironiser. « Ça fait la deuxième fois aujourd'hui ! On va finir par s'imaginer des trucs, tu sais !
– Ha non ! Tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi ! C'est elle qui s'est jetée sur moi ! En plus, j'ai eu le droit à une belle scène de ménage ! Et puis, il faut que je vous dise ! Je crois avoir trouvé ce qui est arrivé à Yumi ! »

Ulrich leur exposa alors sa théorie sur les événements de la journée. Il leur déballa tout : l'absence injustifiée de Yumi, le comportement plus qu'étrange de Sissi, ce qu'elle lui avait raconté et le numéro de la belle nippone qui avait mystérieusement disparu de son portable. Et même un détail qui lui avait échappé : Sissi ne se rappelait même plus de celle qui était sa pire ennemie pendant leur conversation avec William le midi même à l'entrée du réfectoire. Il évoqua même l'absence d'Hiroki au collège. D'habitude il venait avec Johnny au moins une fois le matin taquiner sa sœur. Ils n'y avaient pas prêté attention, mais lui non plus n'était plus là. Il précisa même que le numéro que lui avait donné Aelita ne fonctionnait pas.

« Donc toi aussi, tu en arrives à cette conclusion. » lui dit alors Jérémie.
– Comment ça, moi aussi ? » fit Ulrich, quelque peu étonné.
« Ben, en fait, ça m'a occupé l'esprit tout l'après-midi. Il y a tellement de détails qui clochent. En même temps, ce ne sont que de petits détails alors c'est difficile d'y croire. Quelque part, ça me rassure un peu de savoir que je ne suis pas seul à y avoir pensé.
– Moi, y a un truc qui m'échappe. » déclara Odd. « D'après vous, il s'en est pris à Yumi. Mais pourquoi uniquement à elle et pas à un autre ? Et surtout comment ? »

Aucun d'eux ne sut répondre. Ulrich choisit alors ce moment pour évoquer le message mystérieux sur son répondeur. Une fois de plus, il dégaina son portable de sa poche pour faire écouter l'enregistrement à Jérémie et Aelita. En l'entendant, ces derniers eurent la même réaction que lui et Odd lorsqu'ils avaient écouté le message pour la première fois. Cela avait fini par achever de forger l'opinion d'Aelita, Ulrich et Jérémie. Odd, quant à lui, restait sceptique. Pour lui, il manquait l'essentiel à l'argumentaire de ses amis, la preuve irréfutable, celle qui rendrait leurs suppositions incontestables : sa signature. Afin de vérifier son hypothèse, Odd proposa d'aller voir le proviseur pour demander le motif de l'absence de Yumi. Le petit groupe prit alors la direction du bureau du proviseur.

« Bonjour madame. » fit Odd lorsque le petit groupe se présenta devant la secrétaire. « On vient voir Monsieur Delmas. Est-ce qu'il peut nous recevoir ? »

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Voilà, c'est tout pour cette semaine.
J'espère que ça vous a plu. J'attends vos coms avec impatience.

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Message 03 Mar 2014, 01:35

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

D'abord, désolé de ne pas avoir posté à la suite d'avant, mais comme je lis entre minuit et 3h du mat', j'ai parfois la flemme :?

Bon, ensuite, je trouve que cette idée d'envoyer Yumi ailleurs est une bonne idée, c'est original, d'autant que tu décris très bien et arrives à faire s'enchaîner les étapes avec fluidité, ta fic' a tout pour plaire. Et là pour Jim chapeau :hello1: ce gag surpasse ceux de mon prof :thumbleft:

C'est bon, en fait j'ai rien dit, merci d'avoir corrigé les fautes un quart d'heure après mon post :D

Mais j'ai pas fini, j'en ai repéré d'autres #OeilDeFaucon : «Le repas se déroula sans accrocs.» Vu qu'il n'y en a pas, pas de pluriel ! et juste après, une faute de frappe : «troublé qu'il était pas l'absence»
Voilà, j'ai épuisé mon stock :sm6:
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Message 10 Mar 2014, 02:28

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut tout le monde!

Me revoici avec la fin de ce chapitre! (mais ça, j'imagine que vous vous en doutiez...)

Tout d'abord, merci XANA's heir de m'avoir signalé ces nombreuses fautes d'orthographes qui ont échappé à ma vigilance.
Cependant, dans la phrase "sans qu'ils s'en soient rendus compte", le participe passé s'accorde bien, contrairement à ce que tu indiquais.
Pourquoi? parce que le verbe qui est conjugué ici au passé du subjonctif n'est pas "rendre" mais "SE rendre" (verbe pronominal).
Et ça change tout! (Cf ici, et puis aussi, et même là-bas.)
Au passage, ça m'a fait faire quelques révisions de ces lointains cours de français.

Bon, trêve de digressions orthographiques.
Voici enfin ce que vous attendez tous : la fin de ce chapitre.

Bonne lecture! (En espérant avoir fait moins de fautes cette fois-ci...)

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« Bonjour madame. » fit Odd lorsque le petit groupe se présenta devant la secrétaire. « On vient voir Monsieur Delmas. Est-ce qu'il peut nous recevoir ?
– Monsieur Delmas ? Le jardinier ? » répondit-elle, la mine étonnée et amusée à la fois. « Mais pourquoi vous me demandez ça ? Vous n'avez qu'à vous rendre dans sa remise, dans le parc. Vous verrez bien s'il est là-bas ! »

Tout le monde fut surpris par cette réponse. Jean-Pierre Delmas, le père de Sissi, jardinier ? Comment cela était-il possible ? Et depuis quand ? Cette fois, la chose était entendue. Ce n'était pas vraiment la preuve qu'ils espéraient. Mais quelqu'un ou quelque chose avait bel et bien altéré le monde dans lequel ils vivaient. Une pièce de plus venait de s'ajouter à ce puzzle qui s'annonçait d'une complexité encore inédite. Ils sortirent alors pour se rendre dans le parc afin de discuter loin des oreilles indiscrètes de la cour de récréation. Sissi, qui les avait aperçus de loin, trouva leur comportement bien inhabituel et les suivit discrètement pour mieux les épier. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, elle se cacha derrière un arbre. Cependant, elle était relativement éloignée d'eux, ce qui ne lui permit d'entendre qu'une partie de la conversation.

« Maintenant, c'est sûr ! » dit Jérémie. « Ce matin, il s'est passé un truc vraiment pas clair.
– Sans blague ! » ironisa Odd. « On n'avait pas remarqué, Einstein.
– Arrête, Odd. C'est pas le moment » coupa Aelita. « C'est peut-être pire que ce qu'on avait imaginé. C'est comme s'il avait encore frappé !
– Peut-être, mais pourtant, ça ne lui ressemble pas ! » reprit Odd. « Je persiste et je signe : il n'y a rien qui prouve que ce soit lui ! Et puis, depuis quand il sait faire un truc pareil ? »

Ulrich prit alors la parole. Mais comme Sissi se trouvait dans son dos, elle ne comprit rien de ce qu'il avait dit. Puis ils se remirent en marche pour retourner dans la cour du collège. Sissi entendit alors clairement la voix d'Ulrich :

« De toute façon, on n'a pas le choix. C'est la seule façon d'en être sûr. Et puis il faudra en finir une bonne fois pour toutes avec cette histoire.
– Mais je n'ai jamais dit le contraire. » déclara Odd. « Je dis juste que je doute que ce soit lui, c'est tout.
– Dans ce cas, on en rediscute au calme, ce soir. » proposa Jérémie. « Et là, on verra ce qu'on doit faire pour essayer de tirer tout ça au clair. »

Les trois autres acquiescèrent et le petit groupe se mit en route vers la sortie du parc. Sissi se fit alors aussi discrète que possible afin de ne pas se faire repérer. Elle resta quelques instants au pied de l'arbre. Les bribes de conversation qu'elle avait captées tant bien que mal ne semblaient avoir aucun sens. De plus, vu leurs airs graves et leur attitude étrange, leur sujet de discussion paraissait requérir la plus grande discrétion. De quoi avaient-ils bien pu parler ? Comment Ulrich avait-il pu lui cacher quelque chose, à elle qui pensait le connaître mieux que quiconque ? Et Pourquoi l'avait-il caché ? Et puis avec quoi devaient-ils en finir ? De tout cela, elle n'en savait rien et elle n'en était que déboussolée un peu plus.

Soudain, elle entendit la sonnerie retentir à nouveau. Elle n'avait pas vu le temps passer. Elle devait déjà retourner au collège où elle aurait à affronter la vision de celui qui l'avait rejetée si vertement quelques minutes auparavant. En y pensant, des larmes perlèrent puis se mirent à dévaler le long de ses joues si délicates.

« Courage, Sissi. » se dit-elle en s'essuyant le visage. « Tu dois être forte sinon tu ne t'en remettras jamais. Ne lui montre pas que tu souffres sinon il aura gagné. »

Sissi sortit alors de sa cachette pour regagner sa salle de classe. Cette fois, c'était un cours d'histoire, matière que bien peu de monde appréciait. Elle était assise à coté d'un certain Poilentouff ou Poloneuff, elle ne s'en souvenait pas exactement et, à vrai dire, elle s'en fichait éperdument. Comble de malchance, Ulrich se trouvait assis deux rangs devant elle. Le beau brun se trouvait donc en plein milieu de son champ de vision.

Plus le temps passait et plus elle sentait son cœur se serrer. Elle avait la sensation qu'un vide abyssal s'installait un peu plus profondément en elle chaque seconde. Malgré ce qu'elle s'était dit dans le parc, elle affichait un air déconfit. Elle était immobile, la bouche béante. Ses yeux n'arrivaient pas à quitter le dos de celui qui était tout pour elle et sans qui elle se sentait n'être plus rien. Ulrich n'était ni plus ni moins que le centre de son monde. Elle souffrait en silence. Le temps lui paraissait terriblement long. Monsieur Fumet, qui passait à côté d'elle, remarqua qu'elle ne suivait pas son cours.

« Alors, Élisabeth. On baille aux corneilles ? À moins qu'on gobe les mouches ? » questionna-t-il.

La classe entière se retourna vers elle en riant, y compris Ulrich. À cette vision, sa douleur n'en fut que démultipliée. C'en était devenu insupportable.

« Excusez-moi, monsieur. » répondit-elle en sanglotant. « Je... Je ne me sens pas très bien.
– Dans ce cas, Poliakoff, accompagnez votre voisine de table jusqu'à l'infirmerie. Et n'oubliez pas de revenir juste après, compris ? Cela ne servirait à rien de l'attendre et vous perdriez une occasion de vous instruire. Parce qu'à votre âge, on en a bien besoin. Surtout vous, jeune homme ! »

Le reste de la classe éclata de rire tandis que Nicolas s'était levé en même temps que Sissi pour l'accompagner. Il avait fortement rougi et semblait mal à l'aise avec elle. Tous deux sortirent de la classe sous le regards des autres élèves. Ulrich remarqua son état et ne put s'empêcher de se dire qu'il y était peut-être allé un peu trop fort avec elle quand il l'avait repoussée. La porte se referma et le cours reprit normalement.

Dans le couloir, les deux jeunes gens prirent la direction de l'infirmerie. Son esprit était submergé de questions sur cette fameuse Yumi dont ils avaient parlé. Elle n'en avait aucun souvenir et pourtant tous les autres semblaient connaître. Pour autant qu'elle s'en souvienne, ils passaient tout leur temps ensemble, y compris les week-ends. Et s'ils la connaissaient avant, elle s'en souviendrait. Tout aussi bien que le jour où Aelita était arrivée à Kadic. Elle se dit que si cette fille était au collège, alors peut-être les autres élèves en avaient-ils entendu parler, ou même la connaissaient-ils.

« Hé ! Dis, tu connaîtrait pas une fille qui s'appelle Yumi, par hasard ? » demanda-t-elle à Nicolas.

Le jeune homme, à qui elle n'avait jamais adressé la parole, se tourna vers elle. Il la regarda avec un air complètement abruti et contemplatif à la fois. Si elle ne l'avait jamais remarqué, lui par contre l'admirait en secret depuis longtemps. Et elle venait de lui parler. Il était resté bouche bée. Il en bavait presque, ce qui lui donnait un air plus imbécile encore. En le voyant ainsi, elle ne regretta pas de ne jamais lui avoir adressé la parole auparavant.

« Ohé ! C'est à toi que je parle ! » lui dit-elle, avant de lui tapoter sur le front « Y a quelqu'un dans le cerveau ?
– Hein ? C'est à moi que tu parles ? » répondit-il.
« Ben non, crétin ! » poursuivit-elle. « C'est à ton joli cartable que je parle !
– Ah bon ? » fit Nicolas, tout penaud. « C'est dommage, je l'ai laissé dans la classe. Tu veux que j'aille le chercher ?
– Mais non, crétin ! C'est à toi que je parle !
– Ah ! Et tu me disais quoi ?
– Je te demandais si tu connaissais une fille à Kadic qui s'appelle Yumi.
– Yumi ? C'est bizarre comme nom ! On aurait dit que c'est chinois, tu trouves pas ?
– Alors ? Tu la connais, oui ou non ?
– Heu... Ben non, j'ai jamais entendu parler de cette fille. »

Il s'agissait donc vraisemblablement d'une fille de l'extérieur. Comment cela se faisait-il qu'ils la connaissent ? Qui était donc cette mystérieuse Yumi ? Se pouvait-il qu'Ulrich lui ait menti et la trompe en secret avec elle ? Après tout, Sissi n'était pas avec lui dans sa chambre le soir, après qu'ils se soient couchés. Ulrich faisait-il donc le mur pour retrouver cette fille ? Toutes ces questions restaient sans réponses. Et cet état de fait la rendait de plus en plus malade. Le chemin jusqu'à l'infirmerie lui parut bien long, surtout accompagnée par cet abruti qui ne cessait de la dévisager sans la moindre discrétion.

Dans la salle de classe, le cours s'était déroulé sans autre incident, même si Nicolas avait mis plus de dix minutes à revenir. La sonnerie de fin de journée retentit enfin. Les quatre amis se dépêchèrent de ranger leurs affaires et sortirent rapidement de la classe. Puis ils se rendirent dans la chambre de Jérémie. La première chose que le maître des lieux fit en arrivant fut d'allumer son ordinateur et de tapoter quelques commandes dans un terminal.

« Qu'est-ce que tu fais, Einstein ? » interrogea Ulrich.
« J'essaie de me connecter au supercalculateur pour voir si quelqu'un ne l'aurait pas rallumé. » répondit le jeune homme à lunettes. « Mais ça risque de prendre du temps étant donné que le supercalculateur change régulièrement d'adresse dans le réseau.
– Et pourquoi on n'irait pas voir à l'usine directement ? » suggéra Odd. « Ça irait plus vite.
– Peut-être mais s'il y a bien quelqu'un au labo, ça sera risqué. On ne sait pas qui peut s'y trouver. Tandis que d'ici, je peux reprendre le contrôle du supercalculateur sans le moindre danger.
– Mais s'il est éteint, comment tu fais ? » demanda Aelita.
« Je n'en sais encore trop rien... » avoua Jérémie.
« On peut toujours aller chez Yumi, pour voir. » proposa Ulrich.
« Pourquoi pas... Ça pourrait nous être utile. »

L'affaire était donc entendue. Le petit groupe se répartit alors les rôles. Jérémie et Aelita resteraient à Kadic pour attendre les résultats de la vérification lancée par le petit génie quelques instants auparavant tandis qu'Ulrich et Odd iraient chez Yumi. Mais seulement après le dîner afin de profiter de l'obscurité naissance qui les aiderait à passer inaperçu pour se faire la belle. Une longue attente commença. Ulrich était fébrile. Il pensait sans cesse à sa belle nippone. Son absence se faisait cruellement ressentir en lui. Et le souvenir de la dernière fois qu'il l'avait vue n'allait pas en le soulageant. Il regrettait de ne pas avoir insisté pour savoir ce qu'elle voulait lui dire.

Le temps s'écoulait trop lentement au goût de tous. Ulrich était perdu dans ses pensées. Il n'avait pas le cœur à discuter avec les autres qui parlaient de choses et d'autres. De temps à autre, Jérémie jetait un œil sur l'écran de son ordinateur en espérant qu'un résultat lui parvienne plus rapidement que prévu. Mais il n'en fut rien.

L'estomac de Odd se mit à gargouiller, ce qui lui valut encore quelques moqueries. Il était déjà l'heure d'aller dîner. Tous sortirent de la chambre de Jérémie et se dirigèrent vers le réfectoire. Lorsqu'ils arrivèrent hors du bâtiment de l'internat, Ulrich remarqua que la nuit était déjà en train de tomber. Il ne pouvait plus tenir. Il fallait qu'il sache. Sa décision fut alors rapidement prise. Il s'éloigna du groupe en direction du parc.

« Allez-y sans moi. » déclara-t-il. « Je ne peux plus attendre.
– Où tu vas ? » demanda Odd.
« Chez Yumi. Il faut que je sache. »

Un dilemme venait de se poser à Odd. Devait-il suivre son ami ou bien remplir son estomac ? S'il allait avec Ulrich, il s'exposait au risque d'arriver trop tard à la cantine et de passer la nuit avec l'estomac complètement vide. Mais s'il allait le remplir, c'était comme s'il laissait tomber son meilleur ami. Que fallait-il qu'il fasse ? Il se frotta la tête un instant. Son choix s'imposa comme une évidence quand bien même c'était la solution qui lui plaisait le moins.

« Attends ! » lança-t-il en direction d'Ulrich. « Je viens avec toi. »

Le jeune homme s'arrêta pour l'attendre. Puis ils s'enfoncèrent dans la pénombre naissante du parc. Après une bonne dizaine de minutes de marches, ils arrivèrent vite devant chez Yumi. Du moins, ce qui était censé être sa maison. Quelle ne fut pas leur désarrois en voyant la maison toute délabrée avec un écriteau indiquant que la maison était à vendre. Elle avait l'air inoccupée depuis de très nombreuses années. Le jardin était en friche, envahi par les ronces qui débordaient quelque peu de la grille d'enceinte jusque dans la rue. Le portillon de l'entrée était entrouvert et un passage traversait le roncier entourant la maison pour mener jusqu'à la porte d'entrée.

Comment cela se pouvait-il, alors qu'ils avaient vu Yumi le matin même ? Le choc fut rude pour les deux amis. Jamais ils n'auraient cru une telle chose possible. Ulrich sentit monter en lui une oppressante sensation de mal-être. Il prenait enfin conscience qu'il avait peut-être perdu celle qui avait éveillé en lui ce sentiment si merveilleux. Odd, quant à lui, en resta sans voix. Cette vision avait achevé de le convaincre. Ils se regardèrent tous deux. Ulrich s'avançait vers le portail tandis que Odd s'apprêtait à prévenir Jérémie et Aelita par téléphone. Aucun d'eux n'avait remarqué la présence d'une jeune femme qui avait surgi de nulle part dans leur dos.

« Attends, Ulrich ! » dit-elle. « N'y vas pas ! »

Les deux jeunes hommes se retournèrent. Ils n'en croyaient pas leurs yeux. Que faisait-elle, ici, avec eux ?


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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

J'espère que ça vous a pu. Comme d'hab, j'attends vos coms avec impatience.

PS : le prochain chapitre est complètement inédit. Je n'en dis pas plus car il est impossible de le faire sans spoiler à mort...

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Message 10 Mar 2014, 09:14

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Ah oui désolé j'ai du me perdre dans mes souvenirs de Le Bled :roll:

Bon là, que dire... toujours le même très bon style, bonnes descriptions, mais il ne s'y passe pas tellement de choses, c'est plus de la mise en place (à part l'autre JP jardinier, ça m'a bien fait marrer de l'imaginer comme ça :lol: ).

J'ai pas vu de fautes. Applaudissements et congratulations ! :sm6: :thumbleft:
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Message 16 Mar 2014, 01:33

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut à tous.

Me revoici avec le chapitre 4. Cette fois, il s'agit d'un chapitre totalement inédit qui apporte son petit lot de réponses.
De plus, vous remarquerez le changement de point de vue dans la narration (uniquement pour ce chapitre).
J'espère que ça vous plaira.

Bonne lecture!

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Chapitre 4 : Te revoir

Quelques heures plus tôt.

Je me réveille à peine. J'ouvre à peine les yeux que je les referme immédiatement. La lumière du jour m'aveugle. Presque aussitôt, je ressens une douleur lancinante. Bon sang, quel mal de crâne! Qu'est-ce qui m'est arrivé? Je me prends la tête entre les mains. Au fait, où suis-je? J'ouvre à nouveau les yeux et je me relève un peu. Apparemment, je suis alitée à l'infirmerie. J'ai la tête qui tourne, je ne me sens vraiment pas bien. Je jette un coup d'œil à la pendule sur le mur en face de moi. Seize heures cinquante-deux. Il est déjà si tard?

J'entends la porte qui s'ouvre. Une femme entre dans la pièce. Je ne l'avais encore jamais vue ici. Et vu la blouse blanche qu'elle porte, ce doit être l'infirmière. Elle doit sûrement remplacer Yolande aujourd'hui. Elle pose quelques papiers sur son bureau puis s'approche de moi. Elle remarque que je suis réveillée.

« Ça va mieux, mademoiselle? » me fait-elle.
« J'ai mal à la tête. » lui réponds-je. « Et je me sens toute bizarre, aussi.
– Bien. Dans ce cas, je vais vous donner un peu d'aspirine. Vous devriez vous sentir mieux après ça. » dit-elle en retournant vers l'armoire contenant les médicaments. « Et sinon, vous arrive-t-il de consommer quelques substances illicites? »

Pardon?! Non mais c'est quoi, cette question? Est-ce que j'ai une tête de droguée? Elle est gonflée, la remplaçante! Je ne dis rien mais ce n'est pas l'envie qui m'en manque. Allez, reprends ton calme, ma grande.

« Non » lui fais-je, l'air innocente mais n'en pensant pas moins. « Pourquoi vous me demandez ça?
– C'est juste que le ministère nous a transmis une circulaire ce matin. » répond-elle. « Ils signalent une recrudescence de la consommation de drogue chez les lycéens. Et ils nous demandent d'y faire particulièrement attention. Alors je pose la question à tous les élèves qui passent ici.»

Alors ça, c'est fort! Elle ne s'imagine quand même pas que si on se drogue, on va le lui avouer comme ça? Il faudrait être complètement idiot pour ça. Je me demande si elle est bête ou si c'est pas de sa faute. En tout cas, elle arrive vers moi avec un verre d'eau dans lequel elle a plongé un cachet d'aspirine effervescent. Lorsqu'elle est assez proche de moi, elle me tend le verre. Je le prends mais je n'ai même pas le temps de le porter à ma bouche que quelqu'un frappe à la porte. L'infirmière s'empresse d'aller ouvrir.

« Excusez-nous, madame. » demande une fille. « On peut aller la voir?
– Vous avez de la chance, elle vient juste de se réveiller. » répond l'infirmière. « Allez-y, entrez. »

Elle laisse alors entrer une fille que je n'avais jamais vue auparavant. Elle est habillée d'un gilet beige avec un joli nœud pourpre sur le col et assorti à sa jupe. C'est classe comme tenue pour aller en cours. Elle me fait un grand sourire en s'approchant de moi.

« Salut, la grande blessée! » me dit-elle. « T'es enfin réveillée. Tu sais que tu nous a fichu une sacrée frousse, toi? »

Je la trouve bien familière avec moi. Je suis censée la connaître? Et alors qu'elle s'approche de moi, elle laisse apparaître derrière elle une autre fille. Elle est habillée de la même manière. Je la dévisage à son tour... Oh, mon dieu! Dites-moi que je rêve! Cette fille... C'est moi! C'est mon portrait craché! Une copie conforme, même! J'ai l'impression de me voir dans un miroir. Sauf qu'elle est bien réelle. J'en reste figée. Si elle, c'est moi, alors je suis qui, moi?

« Tu sais quoi, sœurette? » dit-elle avec un large sourire. « Y a le beau gosse du lycée qui nous a demandé de tes nouvelles! Il s'inquiète pour toi, tu te rends compte? Tu vas en faire, des jalouses! »

C'est quoi ce délire? Qu'est-ce qui se passe ici? Je rêve encore? Les deux filles me regardent bizarrement.

« Ben qu'est-ce que t'as? » me demande mon double. « T'es toute pâle. T'as vu un fantôme?
– Oui, c'est ça! » lui réponds-je. « C'est exactement ça! Sauf que c'est toi le fantôme! Depuis quand j'ai une sœur jumelle, moi?
– Qu'est-ce que tu racontes? T'es sûre que ça va bien? » dit-elle en m'attrapant la main.
« Lâche-moi! » fais-je en essayant de me défaire d'elle sans y parvenir.
« Mais qu'est-ce qui te prends?
– Lâche-moi, je te dis! »

Dans l'agitation, je remarque que je porte moi aussi les mêmes vêtements que ces deux filles. Et puis je ne reconnais rien autour de moi. Ni les filles ni l'endroit. Je sens la panique me submerger. Je ne comprends plus rien. Je suis complètement dépassée par les événements.

« Mais qu'est-ce qui se passe? » demandé-je, paniquée. « Où est-ce que je suis? Qu'est-ce que vous m'avez fait?
– Calme-toi. » me répond ma jumelle en me retenant. « T'es à l'infirmerie. T'as fais un malaise en arrivant en bas des escaliers.
– Et vous, vous êtes qui? » fais-je en me débattant encore plus fort.
– Calme-toi, s'il te plaît. Karen, aide-moi, vite. »

Sa copine lui vient en aide pour me maintenir en place. Je m'agite encore plus fort. Elles me sautent presque dessus pour me retenir. L'infirmière arrive et m'attrape l'avant-bras. Je regarde ce qu'elle fait. Elle a une seringue dans la main. Oh non, pas ça! Pas la piqûre! Pas la piqûre! Aïe! Trop tard. Je sens que mes forces commencent à m'abandonner. Je n'arrive déjà plus à bouger. Je me sens mollir petit à petit.

« Ne vous inquiétez pas, les filles. » dit alors l'infirmière. « Avec ce que je lui ai administré, elle va dormir un peu. Ça doit être le contrecoup de son malaise. »

Tiens? Il fait tout noir d'un coup. Où est-ce que je suis? Je suis toujours à l'infirmerie? Non, je reconnais cette douce odeur qui flotte dans l'air. Je suis à la maison, allongée dans ma chambre. La nuit est déjà tombée. Les lumières de la ville éclairent faiblement l'intérieur de ma chambre à travers la fenêtre. Je jette un rapide coup d'œil à la pièce dans la pénombre. Tout a l'air d'être à sa place. Je me tourne vers mon radio-réveil. Il est déjà dix-neuf heures sept. J'aurais donc rêvé tout ça? Je me sens toute vaseuse. Je referme alors les yeux et enfonce ma tête dans mon oreiller.

Je repense alors à mon beau brun. Si tu savais à quel point tu me manques, Ulrich. Pourquoi a-t-il fallu que tu aies ces mots si durs? Ah si seulement je pouvait revenir en arrière. Je ferais en sorte qu'au moment fatidique je t'embrasse tendrement. Et dans ma tête, je t'ordonnerais en secret de ne rien dire. Je le penserais si fort que tu ne le dirais pas. Notre baiser serait doux et envoûtant. Tu finirais par prendre le contrôle de la situation. Tu m'enlacerais délicatement de tes mains fermes et prolongerais notre baiser pour mon plus grand plaisir. Rien que d'y penser, ça me met dans tous mes états. J'en ai des frissons dans tout le corps. Ça me rend heureuse.

Soudain, un bruit sourd me réveille. Je suis bien fatiguée, aujourd'hui. Je n'ai pas senti le sommeil arriver et j'ai commencé à rêver d'Ulrich. Quand bien même ce rêve m'a paru trop court, j'en suis encore toute troublée. J'entends des bruits de pas dans le couloir. Puis on toque à ma porte. Je n'ai pas le temps de répondre que la porte s'ouvre brusquement et la lumière s'allume, m'éblouissant au passage. J'abrite mes yeux de la lumière avec une main pour voir qui est entré dans ma chambre.

« Alors, grande sœur. Il parait que t'es tournée maboule au lycée! C'est vrai? » me dit une jeune fille.

C'est qui, celle-là? On aurait dit le nain qui me sert de petit frère mais en fille et avec deux ou trois ans de plus. J'ai l'impression d'halluciner. J'en suis bouche bée. Je reste la fixer du regard. J'entends quelqu'un qui arrive derrière elle. C'est maman.

« Meg'! » dit-elle sur un ton sévère. « Arrête d'embêter ta sœur! Elle a besoin de se reposer.
– Mais, maman... » répond-elle.
« Y a pas de "mais" qui tiennent. Ça fait cinq minutes que je t'appelle pour venir à table.
– Mais...
– Qu'est-ce que je viens de dire? Laisse ta sœur tranquille et va manger sinon ça va refroidir! »

Alors là, j'en reste médusée. Cette fille, c'est le portrait craché de maman quand elle était plus jeune. J'ai donc une petite sœur?! Depuis quand? Maman rentre dans la chambre et vient s'asseoir auprès de moi.

« Ça va mieux, ma chérie? » me demande-t-elle avec son habituelle bienveillance.

Je me redresse alors et je remarque que j'ai toujours les mêmes vêtements. Je sens un grand mal-être s'installer en moi. j'ai les larmes aux yeux. Je me jette littéralement dans ses bras pour me blottir contre elle.

« Je... J'ai l'impression de devenir complètement folle. » lui dis-je en sanglotant. « Je ne comprends plus rien. Je suis totalement perdue. Qu'est-ce qui m'arrive?
– C'est rien, ma chérie. Ça va passer. » me répond-elle. « Repose-toi, je vais t'apporter à manger. »

Elle me sert encore quelques instants dans ses bras avant de sécher mes larmes. Puis elle se relève et sort de la chambre en éteignant la lumière. Je me rallonge alors. J'entends maman s'arrêter quelques mètres plus loin dans le couloir et toquer à une autre porte.

« J'ai dit "à table!" » fait-elle sur un ton peu conciliant.

Et là, j'entends quelqu'un lui répondre en bougonnant. C'est... C'est ma voix, ça! Sauf que ce n'est pas moi qui parle! Alors ça veut dire que je n'ai pas rêvé tout à l'heure! J'étais bien à l'infirmerie! Et donc j'ai bien une sœur jumelle?! Ça me fait deux sœurs d'un coup! Mais c'est quoi cette famille à rallonge? Il va en sortir combien, des comme ça?

-----------------------------------------------------------------------------------------------

Voilà, C'est tout pour aujourd'hui.

Dites-moi ce que vous en avez pensé et ce que vous avez aimé ou pas, etc.

Et avant que j'oublie :
XANA's heir a écrit:j'ai du me perdre dans mes souvenirs de Le Bled :roll:
OMG Qu'est-ce qu'il a pu me traumatiser, ce bouquin, quand j'étais à l'école primaire. Faut dire que j'étais une grosse brelle en orthographe à l'époque. Et à chaque fois qu'on avait des exos à faire dans ce livre, c'était une vraie tannée pour moi. Cela dit, on avait pire : on avait aussi le Braud (un bouquin des années 60 sûrement), le livre idéal pour les punitions tant les exercices étaient durs!

XANA's heir a écrit:J'ai pas vu de fautes. Applaudissements et congratulations ! :sm6: :thumbleft:
Comme quoi, je m'améliore encore à mon âge... :D

Et avant de finir, un conseil : si vous confondez les "K" et "M", je vous suggère de réviser votre alphabet avant d'entamer la seconde moitié de ce chapitre (le week-end prochain) pour ne pas vous emmêler les pinceaux. Je n'en dis pas plus.

À la semaine prochaine!
Dernière édition par Ann O'Neemm le 31 Mar 2014, 19:32, édité 1 fois.
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Message 24 Mar 2014, 01:25

Salut!

Voici la suite (et fin) du chapitre 4!
Faites bien attention aux "K" et aux "M" dans cette suite sinon vous risqueriez de ne rien comprendre à certains passages, ce qui pourrait être ennuyeux pour la suite.

Bonne lecture!

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J'entends alors du boucan dans les escaliers. Comme si un troupeau venait de les dévaler.

« Hé ! Oh ! Doucement dans les escaliers ! » rouspète maman. « C'est dangereux ! »

Même si maman s'est voulue rassurante avec moi, je suis toujours perturbée. J'ai même l'impression que ça ne va pas en s'améliorant. Je me recroqueville sur moi-même en attendant qu'elle m'apporte mon repas. J'ai l'impression de ne plus savoir qui je suis. Comme si j'étais en train de délirer. Et puis je me sens si faible. Si seulement Ulrich pouvait être à mes côtés. Lui seul saurait trouver les mots pour me réconforter. Je crois même que sa simple présence suffirait. Si peu de temps loin de lui et il me manque déjà terriblement.

Dans l'obscurité, j'aperçois le voyant de mon portable qui clignote. Et si je l'appelais ? Est-ce qu'il ferait le mur pour venir me voir ? J'ai tellement envie qu'il soit là, avec moi. Je me lève alors et j'allume la lumière. je m'approche de mon bureau et vois mon reflet dans la fenêtre. Je ne me suis toujours pas changée. J'ai toujours cet uniforme scolaire sur moi. D'ailleurs, comment ça se fait que j'en ai un ? Il ne me semble pas que je fréquente un établissement d'un tel standing. Et puis je me sens mal à l'aise là-dedans. Je le retire donc rapidement pour enfiler mon pyjama. Puis je prends mon portable, j'éteins la lumière et je retourne me coucher.

Je cherche le numéro d'Ulrich dans mon portable. C'est curieux, il y a plein de numéros que je ne connais pas dedans. Je continue de chercher. C'est bizarre, je ne le trouve pas. Je regarde bien si je ne l'ai pas raté à la première lecture. Non, rien à faire, il n'est plus là. Comment ça se fait ? S'il y a bien un numéro que je ne voudrais effacer pour rien au monde, c'est bien celui-là. Heureusement que je le connais par cœur. Je le compose puis je porte mon téléphone à l'oreille.

« Le numéro que vous avez composé n'est pas attribué. » me signale une voix féminine.

C'est étrange. Je regarde le numéro que j'ai entré. C'est pourtant le bon numéro. Soudain, je remarque un détail qui m'avait échappé : le nom de l'opérateur téléphonique. C'est pas celui-là, normalement ! Et puis je viens aussi de me rendre compte que les menus de mon portable sont écrits en kanji et pas en alphabet latin ! Bon sang ! Comment un truc aussi évident a-t-il pu m'échapper ?

D'un bond, je sors de mon futon et me précipite dans le noir jusqu'à la fenêtre. C'est pas du tout la vue que j'avais l'habitude de voir ! C'est quelle ville, ça ? Où suis-je ? Il y a même une voiture qui remonte la rue en roulant à gauche ! Mais alors... Ça voudrait dire qu'on est au Japon ?! Ça expliquerait l'uniforme et l'infirmière ! Non, reprends-toi, Yumi ! Un truc pareil, c'est impossible ! Ça ne peut pas arriver ! Je dois rêver. Oui, c'est ça ! Je suis en train de rêver ! Je ferme alors les yeux en espérant me réveiller bientôt. Mais ce serait bien trop beau. Et je ne peux pas m'empêcher d'y réfléchir quand même. Depuis quand ai-je deux sœurs ? Dont une jumelle, en plus ? Et Hiroki, il est passé où ? Je ne l'ai pas entendu depuis que je suis réveillée ! Que lui est-il arrivé ?

Attends un peu, ma grande. Ne cède pas à la panique. Si je suis au Japon ici, alors pour appeler Ulrich, je dois passer un appel... Depuis le Japon vers la France ?! Si j'ai raison, ça devrait marcher. J'aimerais tant avoir tort. Mais pour le savoir, il faut que j'essaie. J'entre le numéro modifié dans mon portable que je mets ensuite contre mon oreille. Après quelques secondes, ça sonne enfin. J'attends. Après environ quinze secondes, le répondeur se met en marche. C'est bien sa voix. Quel soulagement ! En même temps, j'aurais tellement aimé avoir eu tort. Et puis c'est bizarre, je ne comprends rien de ce qu'il raconte ! J'entends le bip de fin de l'annonce.

« Ulrich, c'est moi ! Je suis au Japon ! Je ne sais pas comment ça se fait ! Je vais devenir folle ici ! Aide-moi, s'il te plaît ! » dis-je d'une traite, sous l'effet du stress, avant de poursuivre plus calmement. « Tu me manques tellement. J'ai besoin de te revoir. Rappelle-moi, s'il te plaît. »

Je raccroche ensuite. J'espère qu'il va vite me rappeler... Non mais quelle cruche ! Comment j'ai fait pour ne pas m'en apercevoir ? Je parle japonais depuis le début, et lui, il parle français ! C'est pour ça que je n'ai rien compris de ce qu'il disait ! Qu'est-ce que je peux être bête quand je m'y mets ! En plus je lui ai laissé un message en japonais. Il ne va rien comprendre, c'est sûr ! Je me roule en boule sous ma couverture tellement j'ai honte. De toute façon, il se rendra bien compte que c'est moi. Il va forcément reconnaître ma voix. En même temps, je dis ça pour me rassurer mais est-ce que ce sera bien le cas ? Au fait, moi aussi je suis censée parler français. Alors pourquoi je n'ai rien compris de ce qu'il disait sur son répondeur ? J'ai quand même pas oublié cette langue ? Mon dieu, si ! J'ai beau réfléchir, je ne connais plus un seul mot de français !

Une drôle d'idée surgit dans ma tête. Et s'il m'avait oubliée comme j'ai oublié le français ? Si je compte bien, ça devrait faire plus de onze heures que j'ai disparu. Ils auraient dû s'en rendre compte, depuis le temps ! Pourquoi ils ne m'ont pas appelée ? Alors c'est ça ? Ils m'ont vraiment tous oubliés ? Je ne les reverrais donc plus jamais ? Non, c'est pas possible ! Je ne peux pas avoir été balayée de leurs souvenirs comme ça. Et Ulrich ? Il en aimerait une autre que moi ? Je sens mon cœur se flétrir à cette idée. Ça me rend malade rien que d'y penser. Je n'arrive plus à retenir mes larmes. Pourquoi moi ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un tel châtiment ?

Non, Yumi. Ne te laisse pas aller. Réfléchis calmement. Si moi, je me souviens d'eux, il n'y a pas de raison qu'ils m'aient oublié. Mais comment ça se fait que je sois au Japon ? Si j'ai atterri ici, il doit forcément y avoir un moyen de retourner là-bas. Il n'y a pas trente-six solutions. Je dois les recontacter au plus vite. Mais j'y pense. Si je n'ai plus le numéro d'Ulrich dans mon portable, alors je ne dois pas avoir ceux des autres non plus. Je vérifie rapidement dans mon téléphone. Effectivement, ils n'y sont plus ! Même pas celui de William ! C'est pas que je ne l'aime pas, mais bon...

Au fait, quelle heure est-il là-bas ? Si je me rappelle bien, on doit rajouter sept heures en été et huit en hiver. Heu... Mais non, ça c'est pour trouver l'heure qu'il est ici ! Donc on les retire. Sachant qu'on est en plein milieu du mois de mars, on est... Au printemps ! Zut ! Je dois retirer combien du coup ? Si mes souvenirs sont bon, on n'a pas encore changé d'heure donc ça doit être encore l'heure d'hiver. Je vais essayer avec huit heures alors. Donc si je compte bien, vu qu'il est dix-neuf heures trente-huit ici, là-bas il est... Onze heures trente-huit !

C'est pour ça qu'Ulrich ne m'a pas répondu ! Ils sont en plein cours ! Et c'est aussi pour ça qu'ils n'ont pas dû remarquer mon absence ! Vraiment, parfois ma bêtise m'épate ! Je vais le rappeler dans une heure environ. Normalement, il devrait être à la cantine à ce moment-là. Ou bien sur le banc avec les autres.

Soudain, j'entends qu'on chahute en bas. Puis j'entends quelqu'un courir dans le couloir de l'étage. Ça se rapproche. La porte de ma chambre s'ouvre brusquement, ce qui me fait sursauter.

« Yumi, cache-moi ! Y a l'autre folle de Yuki qui veut me faire la peau ! »

Mais... Cette voix ! C'est celle d'Hiroki ! Je me lève d'un bon et je me jette sur lui pour le serrer dans mes bras.

« Oh, Hiroki ! » lui dis-je, toute tremblante d'émotion. « Si tu savais comme je suis heureuse de te revoir ! Tu m'as tellement manqué, toi aussi !
– Hé ! Lâche-moi ! » fait-il, surpris par mon attitude. « Qu'est-ce qui te prends tout à coup ?
– Hein ? Ha... Heu... » bredouillé-je.
« L'autre tarée avait raison ! Je ne sais pas comment c'est possible mais t'es devenue encore plus cinglée qu'elle ! »

Oh ! Toujours aussi sympa, le frangin ! Si j'avais su... Au même instant, ma sœur jumelle fait irruption dans ma chambre et allume la lumière. Je ressens toujours cette sensation étrange lorsque je la vois. J'ai l'impression de voir mon corps de l'extérieur. Ça fait bizarre.

« Ha ha ! Te voilà, sale mioche ! » dit-elle. « Tu vas voir ce qu'il en coûte de t'en prendre à ta grand sœur !
– Non ! Pas ça ! » crie Hiroki.

Yuki barre la porte de la chambre et Hiroki cherche désespérément une hypothétique autre issue. Bon sang, ce qu'ils peuvent être bruyants tous les deux ! Après une dizaine de secondes, Yuki attrape enfin Hiroki qui se met à hurler comme un goret. Ça me refile un de ces maux de tête ! Je retourne me coucher.

« Qu'est-ce que c'est, tout ce raffut ?! » gronde maman qui vient d'arriver avec mon repas. « Je vous ai dit de laisser Yumi se reposer ! »

Les deux énervés se calment aussi sec. Ça fait du bien, un peu de silence. Ça me soulage, même.

« Vous êtes punis, tous les deux. » poursuit maman. « Vous êtes privés de télé ce soir. Hiroki, va prendre ton bain immédiatement. Ensuite, tu iras te coucher. Yuki, descends dans la cuisine. Tu vas faire la vaisselle, ça te passera tes envies de meurtre. Maintenant, vous sortez d'ici. Votre sœur a besoin de calme. »

C'est bien la première fois que je la vois dans cet état. Elle est sacrément remontée contre eux. Apparemment, ces deux-là doivent lui mener la vie dure. Dès qu'ils sont hors de la pièce, maman vient poser le plateau près de moi, avec mon repas dessus.

« Tiens, ma chérie. » me dit-elle. « Mange, il faut que tu reprennes des forces.
– Merci, maman. » lui retourné-je en me relevant.
« Comment tu te sens maintenant ?
– Je me sens toute bizarre. Et puis j'ai la tête qui tourne un peu.
– Si ça ne va pas mieux demain matin, tu n'iras pas au lycée.
– Oh la chance ! » lâche Yuki depuis la porte de la chambre.
« Dis donc, toi ! » réprimande maman en se tournant vers elle. « Qu'est-ce que je t'ai dit ?
– C'est bon, ça va. J'y vais. » fait alors Yuki, résignée.
« Je repasse tout à l'heure. » dit alors maman avant de sortir de ma chambre.

Puis elle referme la porte. Je regarde ce qu'elle m'a apporté. C'est un grand bol de soupe miso. Je porte le récipient jusqu'à ma bouche et je goûte son contenu. Hmmm ! Elle a toujours ce petit goût inimitable dont maman a le secret. Ça me réconforte un peu de savoir que certaines choses n'ont pas changé. Je me dépêche de finir de manger. Ce bol de soupe me suffira amplement, je n'ai pas très faim ce soir. Une fois le récipient vide, je le repose sur le plateau, j'éteins la lumière et je me roule en boule sous ma couverture. J'ai besoin de prendre du recul par rapport à tous ces événements. J'ai vraiment eu une journée de dingue. Peut-être bien que je le suis, après tout. Je ferme les yeux un instant puis je commence à me perdre dans mes pensées.

Aïe ! Y a un truc qui vient de me tomber sur la tête ! J'allume la lumière et je regarde ce que c'est. Un bras ?! Mais à qui il appartient ? Oh ! C'est celui de Yuki ! Elle est allongée dans un autre futon à côté de moi. Alors on dort dans la même chambre ? Depuis quand elle est là ? Je ne l'ai même pas entendue entrer.

Mais j'y pense, quelle heure est-il ? Je jette un coup d'œil en direction du radio-réveil. C'est pas vrai ! Déjà trois heures vingt-sept du matin ! Je me suis endormie en oubliant de téléphoner à Ulrich ! Normalement, là-bas, il doit être... Dix-neuf heures vingt-sept. C'est bon, je vais l'appeler tout de suite. Il devrait décrocher. Mais avant, il fait que je sorte de la chambre sinon je vais réveiller Yuki. Et puis je dois parler en anglais si je veux me faire comprendre.

Ô, Ulrich, si seulement tu savais à quel point tu me manques. Je ferais n'importe quoi pour te revoir ne serait-ce qu'une fois. C'est avec toi que j'ai toujours voulu être, pas avec un autre. Seulement, il y a cette phrase que tu as prononcée. Qu'est-ce que tu as voulu dire par là ? J'aurais dû te le demander, ce matin. Pourquoi je me suis débinée comme ça ? Au moins, j'en aurais eu le cœur net. Maintenant, je m'en mords les doigts.

Bon, il faut que j'arrête d'y penser. Je dois plutôt réfléchir à ce que je vais lui dire. Cet appel est très important. C'est peut-être mon avenir qui se joue maintenant.

-----------------------------------------------------------------------------------------------


C'est tout pour aujourd'hui. J'espère que ça vous a plu.

Je vous ai trouvés bien sages, cette semaine. Un peu trop, même, à mon goût. Au point que je n'ai aucune idée de ce que vous avez aimé ou pas dans ce chapitre, ni même si vous l'avez aimé. Dommage...

Dans le prochain chapitre, vous retrouverez le reste de la bande et l'intrigue principale de cette fic.

@+
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VIENDEZ VOIR MES AUTRES FIC!!! Protocole Carthage (version 2), Je ne t'attends plus (terminée) et Sacré Jimbo! (one shot).

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a8s

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Message 24 Mar 2014, 20:45

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Bon alors, un peu de temps libre donc un petit (très petit même x) ) commentaire =).

*Petit flash-back sur ma pensé*
J'avoue qu'au départ je ne saisissais pas totalement l'utilité de la réécriture de cette fanfic', hormis une amélioration de la forme je n'y voyais pas grand intérêt. Mais maintenant je comprends mieux, ou du moins j'en ai l'impression ^^.
*Fin du flash-back, place aux explications*

Grâce à ce chapitre on voit (plus ceux qui ont lu l'ancienne version ^^) plus concrètement les progrès et le changement du fond de l'histoire. Dans la version antérieur on n'avait pas la description de la 'vie' de Yumi dans cette situation particulière. Et par ailleurs, l'ajout (si je puis dire) de la psychologie des personnages est vraiment un plus à ta fic', surtout que tu la maîtrises plutôt bien je dois dire ^^. Même si j'ai du mal à imaginer Yumi si honnête envers elle-même sur ses sentiments, mais ça c'est plus une question de point de vue à mon sens. Cependant avec l'ajout du stress et de l'étrangeté de la situation dans laquelle elle se trouve, ça devient déjà plus plausible, donc c'est du bon boulot ^^.

Donc en résumé, bon chapitre, de la nouveauté, une belle histoire en somme. Et malgré le fait que je l'ai déjà lu, je ne m'en lasse pas pour autant.
Bonne continuation, et vivement la suite ! =)
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Jeune Lyokophile

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Message 24 Mar 2014, 21:21

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Soldat au rapport, mon colonel ! :sm6: Accusé de retard dans la lecture pour Neufbox défaillante et condamné pour cela à écrire un commentaire ! :sm27:

Bref, très bonne(s) suite(s) :? , au Japon où on voit Yumi perdue. ça nous éclaire un peu plus sur son cas. Mais malheureusement, comme je me suis déjà confondu en compliments et que j'en ai plus à revendre(surtout que a8s s'en est déjà occupé), j'ai juste à dire un truc qui me chiffonne (je comprends ça m'est arrivé aussi) : avant ces suites tu écrivais au passé simple (ironisa-t-il par exemple) et maintenant c'est au présent (bon c'est peut-être pour marquer la limite entre Yumi et les autres, mais n'empêche, ça fait bizarre... :?: )

Et bien sûr, c'est l'heure de l'Académie Française :D : Première suite :

- répétition d'"aussitôt" (d'accord c'est pas une faute, mais j'aurais plutôt mis "à ce moment") au début.
- faute de frappe «Il faut tout noir d'un coup.»

seconde suite : rien je crois...

Voilà c'est tout.
Ah non, un compliment que j'ai oublié : la famille "alternative" de Yumi me fait trop marrer :lol: ! Vraiment réussie, et les noms... Yuki Ishiyama, pour moi c'est la base de la montagne enneigée :roll: ... OK je sors. J'avais déjà pensé à ça, et j'avais choisi Yume, pour un prénom ressemblant, mais ça aussi c'est pas mal.
Inspirations que vous pourriez aimer :
-Phaenomen d'Erik L'Homme
-Artemis Fowl d'Eoin Colfer
-CHERUB de Robert Muchamore
-Gone de Michael Grant
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Lyokophile à vie

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Message 31 Mar 2014, 21:46

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut à tous!

Tout d'abord, merci à a8s et XANA's heir pour vos commentaires. Ça me fait toujours autant plaisir.

a8s a écrit:Grâce à ce chapitre on voit [...] plus concrètement les progrès et le changement du fond de l'histoire. Dans la version antérieur on n'avait pas la description de la 'vie' de Yumi dans cette situation particulière. Et par ailleurs, l'ajout (si je puis dire) de la psychologie des personnages est vraiment un plus à ta fic', surtout que tu la maîtrises plutôt bien je dois dire ^^.
Je ne pense pas que le fond de l'histoire ait changé. C'est juste le rythme des événements qui y est plus ralenti. Et comme je trouvais beaucoup de passages (très) mal écrits et/ou un peu trop rapides (pour ne pas dire survolés), j'en ai profité pour décrire plus en profondeur les ressentis des personnages (ou au moins ceux qui sont le plus concernés par l'action du moment).

À propos des sentiments de Yumi, je dirais plutôt qu'il faut y voir la manifestation de l'adage suivant : "un seul être vient à manquer et tout paraît dépeuplé." Et comme tu le dis toi-même, le stress de la situation contribue aussi grandement à ce que Yumi cesse de se voiler la face sur ses sentiments pour Ulrich.

XANA's heir a écrit:répétition d' "aussitôt" (d'accord c'est pas une faute, mais j'aurais plutôt mis "à ce moment") au début.
Merci de l'avoir signalé car cette répétition est parfaitement horrible. Et je constate qu'elle a échappé à ma vigilance sur ce genre de choses. Car, oui, je lutte en secret contre la prolifération excessive de ce genre de redondances (surtout les "alors", "puis" et "quelques instants/minutes/heures" avec ses variantes "Après..." et "...plus tard").

XANA's heir a écrit:la famille "alternative" de Yumi me fait trop marrer :lol: ! Vraiment réussie, et les noms...
Il faut dire que je me suis donné du mal pour que cette famille ne paraisse pas trop artificielle. Pour la sœur jumelle, c'était pas trop compliqué. Ce qui l'était, c'était plus la deuxième sœur ainsi que l'intégration des deux nouvelles filles dans la famille sans pour autant dénaturer les personnages préexistants. Pour les prénoms, Yuki s'est imposé comme une évidence pour moi. Par contre, pour les prénoms de la deuxième sœur et de la copine des jumelles, je voulais que cela ne fasse pas typiquement japonais, histoire d'entretenir un peu le doute.

Concernant le temps employé et le point de vue dans le chapitre précédent, c'était un choix volontaire de ma part. Et comme je l'avais indiqué deux posts plus haut, c'était uniquement pour le chapitre 4. Je trouvais qu'adopter le point de vue de Yumi mettait mieux en valeur ce qu'elle ressent face à cette situation bien étrange qu'elle subit de plein fouet. Et l'emploi du présent plutôt que le passé permet d'éviter ce qu'on pourrait qualifier d'effet "journal intime" qui n'était clairement pas le but recherché ici, tout en accentuant l'immédiateté des événements et la violence du choc que ça provoque en elle.

Bien, il est maintenant temps de passer à la suite : le chapitre 5. Il y a quelques grands moments de mise en pratique de l'anglais scolaire à la fin de ce chapitre dont certains pour lesquels je me suis permis de mettre la traduction entre parenthèses sur la ligne juste en dessous (pour ceux qui ne maîtriseraient pas ou peu la langue de Shakespear), les autres lignes sont intraduisibles mais parfaitement compréhensibles. Quoique, peut-être pas pour tout le monde... Je n'en dis pas plus.

Bonne lecture!

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Chapitre 5 : Confirmation

Aux environs de dix-neuf heures dix, devant la bâtisse délabrée.

« Attends, Ulrich ! » dit-elle. « N'y va pas ! »

Les deux jeunes hommes se retournèrent. Ils n'en croyaient pas leurs yeux. Que faisait-elle, ici, avec eux ? Ils ne s'attendaient pas à pareille compagnie en cet endroit. Ils étaient déjà abasourdis par le fait que la maison soit dans un tel état. Et voilà qu'il avaient été pris en filature depuis le début et sans qu'ils s'en aperçoivent.

« N'y va pas, je t'en prie ! » reprit-elle. « C'est plein de clodos et de drogués, là-dedans !
– Sissi ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Ulrich.
« Je... Je veux savoir ce que tu me caches... Ce que vous me cachez tous, toi et tes amis.
– Arrête ton délire, Sissi. On ne te cache rien du tout.
– Menteur ! Je suis sûre que vous cachez quelque chose. Depuis ce matin, vous êtes tous bizarres. Qu'est-ce qui t'arrive, Ulrich ? Je ne te reconnais plus. Pourquoi tu m'as plaquée alors que, hier encore, tu disais m'aimer plus que tout au monde ? Et pourquoi vous avez fait le mur pour aller jusqu'à cette ruine prête à s'effondrer ?
– Hé, la grande duduche ! » intervint Odd. « On est devant chez Yumi, je te signale !
– Justement ! » reprit Sissi. « C'est qui, cette Yumi ? Je vous entends parler d'elle depuis ce midi comme si vous la connaissiez depuis longtemps alors que j'ai jamais entendu son nom avant. Et personne ne la connaît à Kadic.
– T'y crois pas ! » lâcha Odd. « Tu ne se souviens vraiment plus de ta plus grande rivale ?
– Ma... Ma rivale ?! » bredouilla Sissi presque larmoyante. « Alors c'était ça ? Tu... Tu m'as trompée... Avec cette Yumi, c'est ça ? Pourtant tu m'as juré que tu ne m'avais pas trompée ! Espèce de salaud ! »

Ce cri venait du plus profond de son cœur. Ulrich ne sut quoi lui répondre. Sissi se sentait bafouée dans son honneur. Les larmes couraient le long de ses joues délicates. Elle s'acharnait à vouloir les arrêter mais n'y parvenait pas. À cet instant, son seul désir était qu'Ulrich lui revienne. Et la seule manière d'y parvenir était d'en découdre avec cette fille qui semblait débarquer de nulle part et dont elle ne connaissait rien. C'était un pari risqué mais elle n'avait désormais plus rien à perdre.

« C'est dans ce taudis qu'elle habite, ta Yumi ? » interrogea Sissi en s'avançant vers Ulrich.
« Oui... Non... Enfin, c'est compliqué... » répondit le jeune homme. « Mais qu'est-ce que tu lui veux, à Yumi ?
– Je veux savoir à quoi elle ressemble, cette pouff' ! Et au passage, je vais lui crêper le chignon ! Allez, viens avec moi, toi ! » déclara-t-elle en attrapant Ulrich par le bras pour le traîner avec elle.
« Hé ! » lâcha-t-il sous la surprise. « Ça ne se fait pas d'entrer chez les gens comme ça !
– C'est un squat, Ulrich ! Y a pas besoin d'autorisation pour rentrer là-dedans ! »

Ulrich se retourna vers Odd qui était resté en retrait.

« Pour le coup, elle n'a pas tort. » dit le blondinet en leur emboîtant le pas. « Et puis c'est pas comme si on n'avait que ça à faire de rester plantés devant cette baraque. On est là pour chercher des indices, je te rappelle. »

Ils s'avancèrent alors tous trois vers le portillon entrouvert. Sissi le poussa légèrement et le franchit, suivie de près par Ulrich et Odd. Puis ils empruntèrent le petit chemin bordé de hautes ronces aux piquants acérés et menant à la porte d'entrée. Plus ils avançaient et plus cela leur crevait le cœur des deux garçons de voir cette maison qu'ils connaissaient bien en si piteux état. Que pourraient-ils bien y trouver à présent ? Sûrement pas grand chose, vu son état.

Quand ils arrivèrent sur le perron, Sissi voulut faire demi-tour. Elle avait été comme prise de panique en se rendant compte que l'endroit était encore plus rebutant et inhospitalier que ce qu'elle avait imaginé. Pourtant, elle avait à peine entrevu ce qui se cachait derrière la porte d'entrée qui avait mal supporté les outrages du temps. Elle était bringuebalante et claquait aux quatre vents.

« Et si on faisait demi-tour ? » suggéra la demoiselle.
« Pas question ! » rétorqua Odd. « T'as voulu qu'on y aille alors tu assumes. Et puis c'est pas toi qui voulait crêper le chignon à Yumi ?
– Ah... Heu... Je... J'ai oublié ma panoplie de coiffure. C'est dommage, hein ?
– J'y vais. » déclara alors Ulrich, impatient de voir ce qu'était devenue la maison.
« Hein ? Mais... Mais... » fit Sissi. « Tu ne vas quand même pas rentrer là-dedans ?! Et si le plancher s'effondre sous tes pieds ?
– Ça risque pas, c'est une dalle en béton.
– Ha... Et si tu tombais nez à nez avec un fantôme ?
– Sissi, les fantômes, ça n'existe pas !
– Et si tu te faisais agresser par un squatteur ? T'y pense ?
– Je sais me défendre. Et puis on est deux avec Odd. »

Ulrich poussa alors la porte et pénétra dans la maison, suivi par Odd. Quant à Sissi, elle resta sur le perron les regarder s'enfoncer dans la pénombre.

« Arrêtez ! » clama la jeune fille toute tremblante. « Revenez... Revenez sinon...
– Sinon quoi ? » fit Ulrich en se retournant vers elle.
« Heu... Sinon je vous dénonce tous les deux à Jim !
– Ha ouais ? » rétorqua Odd. « Et quand il va te demander comment ça se fait que tu sais où on est, tu vas lui répondre quoi ? Que toi aussi tu as fait le mur pour nous suivre ?
– Ben oui. Et alors ?
– Alors tu vas avoir le droit à la même punition que nous !
– Ah oui ? Et pourquoi ?
– Parce que toi aussi t'as fait le mur, banane !
– Zut ! J'y avais pas pensé... » répondit-elle, toute penaude. « Hé, attendez-moi ! »

Puis elle s'élança vers les garçons et finit sa course toute tremblante et accrochée au bras d'Ulrich. Ils s'avancèrent tous trois plus profondément dans la maison. Mais il faisait déjà trop noir pour qu'ils puissent y distinguer quoi que ce soit. De plus, les fenêtres étaient toutes obturées, ce qui empêchait la moindre lueur de provenir des lampadaires qui s'étaient allumés depuis peu. Sissi sortit alors de sa poche une minuscule lampe torche qu'elle emportait tout le temps avec elle. L'ustensile éclairait tant bien que mal mais ils y voyaient déjà bien mieux qu'auparavant.

« Finalement, elle a de la ressource, la petite Delmas ! Qui l'eut cru ? » plaisanta Odd.

Ulrich esquissa un rire, contrairement à la cible de ce sarcasme qui n'appréciait que moyennement la plaisanterie. La visite continua dans le calme. Cuisine, salon, chambres, salle de bain, toutes les pièces y passèrent. Mais ils n'y trouvèrent pas la moindre trace de vie ni de passage de la famille Ishiyama. Ulrich était bouleversé tant par l'absence de signes de vie de sa bien aimée que par l'état de dégradation du lieu. Ils avaient vécu tant de choses ensemble, et là, plus rien. Comme si elle avait été effacée de ce monde. Il sentit son cœur se serrer atrocement mais ne le montra pas.

Après une vingtaine de minutes à inspecter l'endroit de fond en combles, force fut de constater qu'ils ne trouveraient rien. Ils se résignèrent donc à rentrer à Kadic. Et alors qu'ils étaient à peine sortis sur le perron tous les trois, Ulrich sentit son portable vibrer dans sa poche. Il n'attendait aucun appel. Il le sortit quand même et regarda le numéro de l'appelant. Son sang ne fit qu'un tour.

« Odd ! » s'exclama-t-il. « C'est elle ! C'est Yumi ! Qu'est-ce que je fais ?
– Ben, vas-y ! Réponds ! »

Ulrich s'exécuta.

« A... Allô... Yumi ? C'est toi ? » dit-il alors.
Oh, Ulrich ! » répondit-elle. « It's me ! Don't ring off the phone ! Help me, please ! »
(Traduction : « Oh, Ulrich ! C'est moi ! Ne raccroche pas ! Aide-moi, s'il te plaît ! » )

Ulrich resta sans voix pendant quelques secondes. Les quelques mots qu'avait prononcé sa correspondante le rassuraient, quand bien même il n'y avait strictement rien compris. Il était soulagé de l'entendre à nouveau. Il n'eut dès lors plus qu'une seule hâte : qu'elle soit à nouveau présente à ses côtés, et ce le plus rapidement possible. Il ferait tout ce qu'il pourrait pour y parvenir, peu importe ce qu'il lui en coûterait.

Elle le savait et elle aussi ferait tout pour être près de lui. Malgré la situation dans laquelle elle se trouvait, elle avait tiré quelques leçons sur elle-même. Elle s'était rendu compte à quel point elle ne pouvait pas se passer d'Ulrich. Pourquoi avait-elle douté d'elle-même alors que tout cela lui paraissait si évident à présent ? Elle ne s'en était pas vraiment aperçue auparavant, mais elle vivait pour lui. Et cela chaque jour un peu plus. Les sentiments qu'elle éprouvait envers lui étaient devenus si forts qu'elle ne pouvait plus se les cacher. Et elle se promit qu'elle les lui dévoilerait dès qu'elle le reverrait, quand bien même elle redoutait ce moment.

Odd, voyant le silence d'Ulrich, visiblement bouleversé par ce qu'il venait d'entendre, se demanda ce qu'elle pouvait bien lui dire pour qu'il reste là sans rien dire.

« Alors ? » questionna-t-il.
« Hein ? Heu... Quoi ? » lui répondit Ulrich, visiblement sorti précipitamment de ses pensées par son ami.
« Ben, alors ? Qu'est-ce qu'elle raconte ?
– Heu... Attends, je vais lui demander ! » déclara alors Ulrich.

Il s'adressa alors à sa correspondante au téléphone :

« Heu... Yumi, t'es où ?
What ? I don't understand any word of French ! Speak English, please ! »
(Traduction :« Quoi ? Je ne comprends pas un mot de français ! Parle anglais, s'il te plaît ! »)
– Elle... Elle parle anglais maintenant ! » dit-il alors à Odd, effaré.
« Et alors ? » rétorqua le blondinet. « T'y comprends déjà un peu plus que quand elle t'a laissé son message en japonais, non ?
– Qu'est-ce que je fais, alors ?
– Ben, réponds-lui ! Idiot ! »

Ce détail perturbait Ulrich au plus haut point. Pourquoi parlait-elle anglais maintenant alors qu'elle lui avait laissé un message en japonais quand elle l'avait appelé la première fois. Cet événement l'aurait-elle affectée au point de lui faire oublier le français ?

« But... Heu... I am... Heu... A big quiche... Heu... In English ! » lui répondit-il d'un ton peu rassuré.
« A quiche ?! What's that ? »

En entendant ces paroles, Sissi ne put s'empêcher d'éclater de rire. Odd, lui, était exaspéré par le niveau d'anglais de son ami et se contenta de pouffer de rire.

« Arrête le massacre et passe-la moi ! » dit-il en s'approchant de son ami. « Elle comprendra mieux si c'est moi qui lui parle. »

Ulrich décolla alors son portable de son oreille. Odd tendit sa main pour saisir l'appareil mais il ne fut pas assez rapide car Sissi s'en était brusquement emparé avant lui. Les garçons n'eurent pas le temps de réagir que la demoiselle avait déjà porté le téléphone à son oreille.

« Hey, you ! It's Sissi ! » dit-elle sèchement. « I will not laisse you voler my little friend comme ça ! Alors stop to drague my Ulrich chéri, pigède ?
– T'y crois pas ! » commenta discrètement Odd en portant sa main droite au visage. « Elle est encore plus nulle qu'Ulrich en anglais ! Comment c'est possible ?
– Hé ! Oh ! » rétorqua Ulrich. « Je t'ai entendu, je te signale ! Et puis c'est pas de ma faute si je suis pas doué pour les langues !
– Mouais... Ça dépend de quel genre de langue tu parles ! Parce que vu les galoches que t'as roulées à Sissi...
– Odd ! »

Sissi n'avait pas prêté la moindre attention aux chamailleries des deux garçons et avait poursuivi son monologue.

« If you continue, I will casse you the tête in two ! Comprendo ? » ajouta-t-elle.

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Voilà, c'est tout pour cette semaine.

J'espère que ça vous a plu. Comme d'habitude, j'attends vos avis sur cette suite avec grande impatience même si je ne réponds pas dans l'immédiat, comme vous aurez pu le constater.

@+.
Dernière édition par Ann O'Neemm le 01 Avr 2014, 23:00, édité 1 fois.
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Message 01 Avr 2014, 18:30

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Franchement, le passage avec l'anglais... :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:

Personnellement, j'avais pensé que la maison était rachetée, ç'aurait été marrant. enfin... ils peuvent toujours tomber sur un «squatteur» :sm6:
Encore une fois, on s'accroche au texte en le lisant comme à une branche en tombant (j'adore les métaphores :sm27: ), c'est fluide, il y a un bon équilibre entre discussions et descriptions...
mais je trouve que Odd est un peu direct : il dit à Sissi que Yumi était sa plus grande rivale... c'est un peu sadique comme "intervention". N'étaient-ils pas sensés garder le secret pour Yumi ?

Bon, aujourd'hui, je suis bardé de travail, donc je peux pas persécuter les mots écorchés de ce chapitre. peut-être demain ?

Ah si, un vite fait, déjà (vu que tu n'aimes pas les redondances) : «Ce point de détail perturbait Ulrich au plus haut point.»
Inspirations que vous pourriez aimer :
-Phaenomen d'Erik L'Homme
-Artemis Fowl d'Eoin Colfer
-CHERUB de Robert Muchamore
-Gone de Michael Grant

a8s

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Message 05 Avr 2014, 01:29

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Ann O'Neemm a écrit:Je ne pense pas que le fond de l'histoire ait changé. C'est juste le rythme des événements qui y est plus ralenti. Et comme je trouvais beaucoup de passages (très) mal écrits et/ou un peu trop rapides (pour ne pas dire survolés), j'en ai profité pour décrire plus en profondeur les ressentis des personnages (ou au moins ceux qui sont le plus concernés par l'action du moment).

Hmm oui, le fond n'a pas changé.. C'est moi qui me suis mélangée les pinceaux. x) En revanche, je me demandais si c'est la même 'famille' de Yumi que dans l'ancienne version, j'avais un doute avant de voir ce que tu dis plus bas.^^'
M'enfin c'est pas le plus important ça. ^^
Les descriptions plus approfondis, c'est limite la seule raison valable à la réécriture de cette fic'. Tu t'en sors super bien d'ailleurs. =)

En parlant de ressenti des personnages, une petite question de curiosité, c'est qui ton perso' préféré ? (T'es pas obligé de répondre hein, surtout parce que je trouve que tu t'en sors plutôt bien dans l'expression des sentiments de Yumi et Ulrich, du coup je voulais savoir qui c'est ton personnage préféré. Pour voir si c'est juste une impression ou pas, vu que tu dis "personnages [...] qui sont le plus concernés pas l'action[...]". J'ai un doute du coup. ^^)

Bon concernant ce chapitre, donc.
Comme d'hab' Sissi vient toujours enquiquiner son monde. ^^ Une vraie trouillarde en plus.. Remarque elle l'a toujours plus ou moins été. Elle est toujours aussi blonde.. (..D'oh, la comparaison à CLE O.o) et elle n'est vraisemblablement pas bilingue.... Je suis pas sûre qu'elle le soit un jour d'ailleurs. =P
(N'empêche le coup du "If you continue, I will casse you the tête in two ! Comprendo ?" ça m'a tué quoi xD)
Odd et la subtilité.. ça fait deux, non ? ^^
M'enfin je trouve quand même que tu t'en sors super bien niveau caractère des personnages, bien respecté et tout. Chapeau ! =)

Bon, ce fut un petit com' rapido, je repasserai peut-être au prochain chapitre, mais rien n'est moins sûr. ^^'

Allez, bonne nuit et bonne continuation. =)
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Message 07 Avr 2014, 02:10

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut à tous!

Tout d'abord, merci pour vos coms.
Et je suis ravi de constater que le passage "anglophone" de la première partie de ce cinquième chapitre a produit son petit effet.

XANA's heir a écrit:Personnellement, j'avais pensé que la maison était rachetée, ç'aurait été marrant. enfin...
J'y avais pas pensé, mais effectivement, ça aurait pu produire son petit effet.

XANA's heir a écrit:c'est fluide, il y a un bon équilibre entre discussions et descriptions...
c'est ce que je recherchais en réécrivant cette fic. Le trouvais que le rythme de la première version trop saccadé (un coup, ça va (trop ?) vite, un autre ça ralentit à fond...). Ce la dit, quand je pense à ce que j'ai fait pour les chapitres 11 et 12 (à venir), je me dis que je suis assez loin de mon objectif initial...

a8s a écrit:Odd et la subtilité.. ça fait deux, non ? ^^
XANA's heir a écrit:je trouve que Odd est un peu direct : il dit à Sissi que Yumi était sa plus grande rivale... c'est un peu sadique comme "intervention".
Je dirais plutôt que Odd n'a encore saisi toute l'ampleur de ce qui s'est produit. Les autres non plus, d'ailleurs. Mais ils devraient commencer à réaliser dans la suite ci-dessous.

XANA's heir a écrit:N'étaient-ils pas sensés garder le secret pour Yumi ? »
Un secret?? Y a un truc qui a dû m'échapper. Ou alors il y a un passage qui ne doit pas être clair.
PS : bien vu pour la redondance, XANA's heir. Elle était tellement grosse qu'elle m'a complètement échappé.

a8s a écrit: je me demandais si c'est la même 'famille' de Yumi que dans l'ancienne version, j'avais un doute avant de voir ce que tu dis plus bas.^^'
À priori, c'est bien la même famille. Cependant, je viens de me rendre compte qu'on n'a pas encore vu le père de Yumi. Et tant qu'on ne l'a pas vu, on ne peut que spéculer sur lui pour le moment. D'ailleurs, fera-t-il une apparition dans cette version de cette fic? Mystère!

a8s a écrit:une petite question de curiosité, c'est qui ton perso' préféré ? [...] Pour voir si c'est juste une impression ou pas, vu que tu dis "personnages [...] qui sont le plus concernés par l'action[...]". J'ai un doute du coup. ^^)
Ahaaaaa!! T'aimerais bien le savoir, hein? :twisted: Je crois surtout que tu as légèrement surinterprété ce que j'ai dit. (À moins que ce ne soit moi qui ait mal compris ce que tu voulais dire.)Je ne parlais pas de la fic dans sa globalité mais du "passage en cours". Et pour répondre à ta question, si tu as lu ma fic Du cœur à l'ouvrage, tu devrais avoir ta réponse. (Oui, j'ose m'auto-promouvoir. Et alors ? :P )

a8s a écrit:Comme d'hab' Sissi vient toujours enquiquiner son monde. ^^ Une vraie trouillarde en plus... Remarque elle l'a toujours plus ou moins été. Elle est toujours aussi blonde.. (..D'oh, la comparaison à CLE O.o)
Sissi?! blonde?! Ah!!!!!!!!!!!!!!!!! Quelle hérésie!!! Et tu compares avec CL-quoi ? Je connais pas. C'est quoi, ce truc?? ;)

Bon, trêve de bavardages. Voici ce que vous attendez tous avec impatience : la suite.
(PS : à un moment, il y a une note de bas de page. N'oubliez pas de la lire, même si elle est loin d'être indispensable.)

Bonne lecture.

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« Oh mon dieu ! Quelle horreur ! » s'exclama Odd. « On aura tout entendu ! Même de l'espagnol ! C'est pas humain de faire une soupe de langues pareille ! »

Il n'eut pas le temps de rire de son jeu de mots que Sissi lui avait subitement remis le téléphone d'Ulrich entre les mains. Puis elle tourna les talons tout aussi subitement et descendit du perron avant d'emprunter en sens inverse le petit chemin traversant le roncier devant la maison. Lorsqu'elle fut dans la rue, elle se mit à courir en direction du collège. Elle s'était enfuie afin qu'Ulrich ne voie pas l'état dans lequel elle était. En effet, des larmes de rage avaient perlé dans ses yeux et s'étaient mises à couler le long de ses joues.

Cette tentative de communication avec cette fameuse Yumi l'avait mise hors d'elle. Elle était en colère contre elle-même car elle se sentait impuissante face à cette situation, mais pas seulement. Elle en voulait aussi à Ulrich qui l'avait rejetée, ainsi qu'à cette fille dont elle n'avait entendu que des bribes de voix. Et puis si elle était restée, Ulrich lui aurait sûrement dit ces mots qu'elle ne voulait pas entendre, qu'elle ne voulait plus entendre.

Sur le perron, Ulrich et Odd restèrent cois face au comportement de Sissi. Les deux garçons se regardèrent un instant. Puis Odd porta le téléphone d'Ulrich à son oreille et entreprit de reprendre la conversation en anglais. Mais vu les deux énergumènes qui l'avaient précédé et ne connaissant pas le niveau de Yumi en anglais, il craignait que cela ne soit pas chose facile. Cependant, il n'hésita pas à se lancer et en profita pour faire une démonstration de ses talents de linguiste à son meilleur ami.

« Hey, Yumi ! C'est Odd. Tu vas bien ? » dit-il dans un anglais impeccable.
« Salut, Odd. » répondit-elle, soulagée de pouvoir enfin comprendre l'un de ses interlocuteurs. « Moi, ça va à peu près. Et vous ?
— Nous, ça va impecc', hormis Sissi qui prend ses désirs pour des réalités, comme t'as pu le constater.
— Ben justement, j'ai rien compris à son charabia. Qu'est-ce qu'elle a dit ?
— Oh, rien que des bêtises. Elle s'imagine qu'elle est en couple avec Ulrich et elle ne veut pas que tu le lui piques. Enfin tu vois le genre. Au fait, t'es où, là ?
— T'y croiras pas quand je te le dirais.
— Nooon... T'es quand même pas...
— Si, si. Au Japon ! Je suis même dans ma ville natale !
— T'y crois pas* ! Mais comment ça se fait que t'as atterri là-bas ?
— J'en sais rien. Je pensais que vous le saviez.
— Nous non plus, on n'en sait rien mais on y travaille.
— Dépêchez-vous parce que je crois que je vais devenir folle. Il y a tellement de choses qui ont changé, ici. Mais il n'y pas que la ville qui a changé. Il y a ma famille, et puis moi aussi. Je ne sais plus parler français ! J'ai pourtant essayé mais je n'y arrive pas. C'est un truc de dingue !
— Ne t'inquiète pas, Yumi. On va gérer tout ça et, en deux temps trois mouvements, tu seras rentrée chez toi, ni vue ni connue !
— En parlant de gérer, si je continue à vous appeler comme ça, je vais finir par exploser mon forfait. Tu peux demander à Jérémie de faire quelque chose pour ça ?
— C'est comme si c'était fait, très chère ! Mais j'y pense, quelle heure il est au Japon ?
— Trois heures et demi du matin, pourquoi ?
— T'y crois pas ! Il est si tard que ça ? Ici, il est à peine dix-neuf heures trente !
— Je ne m'étais donc pas trompée. Oh ! Il faut que je te laisse sinon je vais me faire attraper. Et ça va barder pour mon grade. Rassure tout le monde pour moi. À plus tard.
— C'est comme si c'était fait, miss globe-trotteuse. À plus dans le bus !


Puis tous deux mirent fin à cet appel.

« Alors ? » demanda Ulrich, impatient. « Qu'est-ce qu'elle a dit ?
— Elle a dit qu'elle était jalouse ! » répondit Odd avec un léger sourire en coin.
« Hein ?! Jalouse ?! Mais de qui ?
— De Sissi, pardi !
— Pourquoi donc?!
— Ben parce qu'elle sort avec toi, tiens !
— Oh... Très drôle.
— Détends-toi, mon vieux ! Ta chérie m'a dit qu'elle va bien. Même qu'elle t'embrasse !
— Odd !
— Oh la la ! Si on peut plus déconner... Et pendant que j'y pense, t'avais raison, ce midi. Yumi est bien au Japon. »

Ulrich en resta sans voix. Il aurait tant aimé s'être trompé au sujet de sa belle nippone. La nuit était à présent complètement tombée et les lampadaires étaient devenues la seule source d'éclairage aux abords de la maison en ruines. L'estomac de Odd se mit soudainement à gargouiller bruyamment.

« Allez, viens. » fit Odd. « On doit se dépêcher de rentrer à Kadic.
— T'as raison, on doit aller prévenir les autres. Et puis si on tarde trop, Jim va finir par nous tomber dessus en rentrant. Et j'ai pas super envie de me taper des heures de colle samedi matin.
— Peut-être mais le plus important, c'est que, si on ne se magne pas le train, il n'y aura plus rien à manger à la cantoche. Et mon petit estomac si fragile ne le supportera pas !
— Fragile, fragile... C'est pourtant toi qui a repris quatre fois du cassoulet la semaine dernière !
— Ben quoi ? Il est succulent, le cassoulet de Rosa ! Surtout les flageolets !
— Beurk ! Tu me dégoûtes ! »

Les deux amis descendirent du perron, regagnèrent la rue puis s'en allèrent en direction du collège. Sur le chemin, le sujet de conversation tourna autour de Sissi.

« Elle est vraiment incroyable, cette fille ! » lâcha Odd. « Elle prend vraiment ses désirs pour des réalités.
« Ne la blâme pas, Odd. » rétorqua Ulrich. « On ne sait pas ce que ça cache.
— T'y crois pas ! Depuis quand tu prends la défense de Sissi, toi ?
— Je ne prends pas sa défense ! C'est juste que... Oh, et puis laisse tomber !
— Oh oh! Ça cache quelque chose, ça !
— N'importe quoi, ça ne cache rien du tout. C'est juste que Sissi m'inquiète un peu. Qu'elle ne se souvienne pas de Yumi, à la limite, je peux comprendre. Mais qu'elle me dise qu'on était ensemble depuis l'école primaire... Là, elle délire grave ! En plus, elle a carrément changé dans son comportement. Elle est devenue gentille. T'y crois, toi ? Si seulement elle avait pu se montrer comme ça avant, on n'aurait pas été aussi vaches avec elle. Et puis ça me fait de la peine de lui faire ça. Elle avait l'air tellement triste quand je lui ai dit qu'il n'y avait rien entre nous.
— C'est vrai que c'est inquiétant. Elle a l'air d'y croire dur comme fer, à son délire ! Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est que t'as vraiment l'air de tomber amoureux d'elle !
— Non mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre, des fois ! J'vous jure ! » soupira Ulrich en levant les yeux au ciel.

Quelques minutes plus tard, les deux compères atteignirent l'entrée du réfectoire. Ils étaient parmi les derniers élèves à arriver. Lorsque ce fut leur tour de se faire servir, Odd découvrit le menu du soir.

« Chouette ! » dit-il. « De la langue de bœuf !
— Oh non, pas ça... » rétorqua Ulrich en grimaçant.
« Tiens, Odd. Tout ça, c'est pour toi. » déclara Rosa. « Je t'ai mis de côté une ration en plus, comme ça, tu seras moins maigrichon !
— Hé ! Combien de fois faudra que je vous le répète ? Je ne suis pas maigrichon, je suis svelte !
— Allons, allons ! Ne dis pas de bêtises et va manger tant que c'est chaud. C'est bon pour ce que tu as !
— Vous me décevez, Rosa. Vous me décevez ! » fit Odd en feignant de bouder. « Moi qui pensais que vous me compreniez ! »

Ulrich ne put s'empêcher d'éclater de rire alors que le maigrichon s'éloignait avec son plateau en direction de la table où les attendaient Aelita et Jérémie. Les garçons s'installèrent à côté de leurs deux amis.

« Alors ? Les nouvelles sont bonnes ? » demanda Jérémie.
« Pas du tout. » soupira Ulrich.
« Comment ça ? » s'inquiéta Aelita. « Vous n'avez pas retrouvé Yumi ?
— Si. Enfin, pas exactement. » répondit Odd. « Mais elle n'était pas chez elle. Enfin, si, elle était chez elle. Mais nous, on n'était pas chez elle.
— Heu... C'est normal si j'ai rien compris ?
— Oui, c'est normal. » déclara Ulrich. « C'est parce que c'est Odd qui explique !
— Hé ! C'est pas sympa, ça ! » rétorqua Odd, vexé.
« Si t'expliquais mieux, aussi ! Bon, je vous explique. On est allés voir chez Yumi. Et on a découvert sa maison en mauvais état.
— Comment ça, en mauvais état ? » interrogea Jérémie.
« En ruines. Un vrai taudis. Il n'y a plus rien de bon à l'intérieur. Sans parler du jardin qui est en friche. Y a des ronces partout.
— Nan... Tu déconnes, là ?!
— J'aurai bien aimé mais non. Et il y a plus étonnant encore : on n'a trouvé aucune trace de vie de Yumi et sa famille ! Comme s'ils avaient été effacés de la surface du globe !
— Hein ?! » s'exclama Aelita sous la surprise. « Mais je croyais que vous l'aviez retrouvée...
— Oui, on l'a bien retrouvée. » dit Odd, entre deux bouchées de langue de bœuf. « Enfin, c'est plutôt elle qui nous a retrouvés, pour être exact.
— Odd, arrête de parler par énigmes, s'il te plaît ! On ne comprend rien.
— C'est elle qui nous a téléphoné quand on était là-bas. » reprit Ulrich. « Et c'est bien elle qui m'a laissé le message, ce matin.
— Alors, ça voudrait dire que... » fit Jérémie, quelque peu incrédule.
« Oui, elle est au Japon en ce moment.
— Comment c'est possible, ça ?! » s'exclama Aelita, interloquée.

Les deux génies de la bande n'en revenaient pas. Comment une telle chose pouvait-elle s'être produite sans qu'ils s'en soient aperçus un seul instant ? Tous deux étaient abasourdis par cette nouvelle qui venait de leur tomber dessus. Tout ce qui au début leur avait paru n'être que des points de détail semblait à présent prendre une toute autre dimension. Cette fois, plus aucun doute n'était permis. La petite bande resta silencieuse quelques instants. William fit alors son apparition auprès d'eux.

« Salut tout le monde ! » dit-il. « Alors, vous avez des nouvelles de Yumi ?
— Oui, et c'est pas rassurant. » répondit Jérémie.
« À ce point-là ?
— Oui. Assieds-toi, on va tout te raconter. »

William ne se fit pas prier et vint s'asseoir à côté de Odd. Les quatre autres lui expliquèrent tout en détail. Il n'en crut pas ses oreilles. Lui aussi se demandait ce qui pouvait bien s'être passé. Le reste du repas se déroula dans ce climat d'interrogation. Une fois le dîner terminé, le petit groupe se rendit dans la chambre de Jérémie. En arrivant, ce dernier se précipita sur son ordinateur pour jeter un œil sur les résultats du test qu'il avait lancé après les cours.

« Apparemment, le supercalculateur n'a pas été rallumé. » annonça-t-il, presque déçu.
« Faut voir le bon côté des choses, Jérémie. » lui dit alors Aelita. « Au moins, on pourra l'utiliser à notre guise depuis le labo.
— Ouais, mais j'aurais préféré que quelqu'un l'ait rallumé. Ça aurait expliqué tout ce chambard. Seulement ça a l'air d'être plus compliqué.
— Alors il faut absolument qu'on trouve la cause de tout ça. » intervint Ulrich. « On doit le faire pour Yumi. On ne peut pas la laisser là-bas comme ça.
— Bien dit ! » ajouta William. « Mais il y a un truc que j'aimerais tirer au clair. À votre avis, est-ce que ça peut être un coup de XANA ?
— Ben, franchement, j'en suis pas convaincu. » répondit Ulrich. « Il n'y a pas eu de phénomènes du genre xanatification ou électrocution, alors j'en doute.
— Je suis d'accord. » ajouta Odd. « C'est clairement pas signé XANA.
— Peut-être. Il va falloir vérifier. » dit alors Jérémie. « Et pour ça, on va devoir faire un truc. Mais je ne peux pas le décider seul.
— Qu'est-ce que tu proposes, alors ? » demanda Aelita.
« Ben, c'est simple : il faut rallumer le supercalculateur. De toute façon, si c'est bien XANA, on a toujours l'antivirus !
— Ouais. Sauf que s'il a survécu à ton antivirus, alors il a eu tout son temps pour s'immuniser contre lui. » fit remarquer William.
« Et puis si XANA s'empare du supercalculateur avant que ton antivirus démarre, comment on fait ? » renchérit Ulrich. « Ça risque de recommencer comme avant, non ? Les attaques à toute heure du jour et de la nuit, les retours vers le passé, et j'en passe. Surtout que Yumi n'est plus là pour nous aider !
— Zut ! J'y avais pas pensé, à ça ! » déclara alors Jérémie. « Attendez, il faut que je réfléchisse deux minutes... »

Jérémie prit alors un crayon et un papier. Il écrivait, effaçait, gribouillait et raturait plein de choses. De temps en temps, Aelita lui suggérait quelques idées. Les trois autres ne comprenaient absolument rien de tout leur charabia. Au bout de dix minutes d'intense réflexion de la part du petit génie et de sa dulcinée, Jérémie s'écria :

« Ça y est ! La voilà la solution ! On va créer et installer un firewall adapté au supercalculateur ! Comme ça, vu qu'on en a chassé XANA, il ne pourra plus en prendre le contrôle ! Et après, on fait un scan de tout le réseau pour retrouver ses traces. Ensuite, on lui balance l'antivirus aux trousses et on l'élimine une bonne fois pour toutes ! »

Jérémie et Aelita affichaient tous deux un grand sourire aux lèvres. Odd, Ulrich et William, quant à eux, ne comprenaient rien et la solution qui leur était présentée les laissait quelque peu perplexes. Ulrich s'aventura alors à leur poser une question :

« Dis, Einstein. C'est quoi au juste un firewall ?
— T'es vraiment une biquette en informatique, toi ! » s'exclama Jérémie, écarquillant les yeux face à Ulrich.

Le petit génie se lança dans des explications qui n'avaient ni queue ni tête pour les trois garçons, et déjà ceux-ci ne l'écoutaient plus.

« Et sinon, en français, ça veut dire quoi ? » interrompit Odd.
« OK, je vois... » fit Jérémie. « Bon, vous connaissez la Grande Muraille de Chine ?
— Ben ouais ! » déclarèrent les trois garçons.
« Mais c'est quoi, le rapport ? » poursuivit Ulrich.
« C'est très simple ! » fit alors Aelita, venue soutenir son prince charmant. « La Grande Muraille de Chine a été construite pour empêcher les peuples barbares d'envahir et piller la Chine. Un firewall, c'est pareil ! Sauf que lui, il empêche les virus et les hackers de s'emparer du supercalculateur ! C'est tout simple !
— Si vous le dites, on veut bien vous croire ! En attendant, moi, j'ai rien pigé du tout. » répondit Odd.
« Mais pourquoi je suis pas étonné par cette réponse, moi ? » déclara Jérémie, exaspéré. « Alors là, si vous n'avez pas compris, je me demande ce qu'il vous faut de plus !
— T'inquiète, on te faisait marcher ! On a tout compris. » lança William.
« Forcément, quand c'est bien expliqué, on comprend plus vite ! » renchérit Odd.

Jérémie se mit à bouder dans son coin tandis que les quatre autres avaient éclaté de rire.

« Allez, Einstein. Fais pas cette tête-là ! » reprit Ulrich. « C'est pas la peine de bouder pour ça !
— Mouais, bon ! Ça va ! » répondit Jérémie. « Sinon, vous êtes tous d'accord pour qu'on rallume le supercalculateur ? »

Tous les quatre acquiescèrent. Cependant, Jérémie leur précisa que pour éviter tout risque inutile, ils ne le feraient pas tant que le firewall ne serait pas au point. Sans le supercalculateur, cela s'avérerait difficile mais il savait qu'avec l'aide d'Aelita, il y parviendrait.

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*: Même ça, il sait le dire en anglais ! Balèze, le maigrichon svelte !

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Voilà, c'est tout pour cette semaine.

Comme d'habitude, j'espère que ça vous a plu. Et j'attends vos retours avec grande impatience.
(Faudrait que je pense à innover un peu dans les messages de fin, parce que j'ai l'impression de me répéter à chaque fois...)

@+.
Dernière édition par Ann O'Neemm le 05 Juin 2014, 00:34, édité 2 fois.
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Message 15 Avr 2014, 23:46

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Bonjour/Bonsoir tout le monde!

Voici (avec un peu de retard) la suite que vous attendez tant.
Ce chapitre revient un peu "dans les clous" de la première version de cette fic, mais je suis sûr que vous l'apprécierez quand même. ;)

Bonne lecture.

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Chapitre 6 : L'ombre d'un XANA

Vendredi soir, aux environs de dix-neuf heures.

La semaine était passée avec des ressentis divers et variés selon chacun. Dans l'intensité de la réflexion et de l'élaboration, pour Aelita et Jérémie. Dans le doute et l'inquiétude, pour Odd et William. Dans la frustration et la douleur du manque, pour Ulrich. Heureusement pour lui, Odd avait transmis à Jérémie la requête de Yumi à propos des appels téléphoniques. Le petit génie ne tarda pas à remettre en service son petit programme adéquat, ce qui leur avait permis de l'appeler tous les jours pour prendre de ses nouvelles et la réconforter du mieux qu'ils pouvaient malgré la distance.

Dans la chambre du petit génie, toute la bande s'était réunie après les cours. Jérémie et Aelita s'affairaient sur l'ordinateur tandis que les trois autres garçons discutaient entre eux afin de passer le temps et tromper leur ennui. Le sujet du moment concernait le remue-ménage qu'avait provoqué la prétendue rupture entre Ulrich et Sissi. Cet événement avait été la source de bon nombre de rumeurs au sein de l'établissement, et avait même fait la une des Échos de Kadic. Odd en avait profité pour faire le plein d'idées de sarcasmes envers son compagnon de chambrée. Sissi, quant à elle, n'était pas venue en cours durant le reste de la semaine, et personne n'avait eu de ses nouvelles. À vrai dire, personne dans la bande n'avait cherché à en avoir non plus.

Soudain, alors qu'il était encore en train de se chamailler quelques secondes auparavant avec Aelita, Jérémie poussa un soupir de soulagement.

« Alors ? » demanda Ulrich.
« Ça y est ! » répondit le petit génie. « On a enfin fini de mettre au point le pare-feu.
— Mantenant, il n'y a plus qu'à l'installer sur le supercalculateur. » compléta Aelita.

Mais c'était sans compter sur l'estomac de Odd qui, une fois de plus, venait de se manifester sans la moindre discrétion.

« Ouais, mais ça, ce sera après le repas ! » déclara l'intéressé. « Parce que sinon, mon petit estomac si délicat ne le supportera pas !
— OK, ça me laisse le temps de graver le programme sur CD-ROM. » dit alors Jérémie. « Et puis si ça peut éviter à Odd de mourir, ça serait cool. On ne sait jamais, il pourrait encore nous être utile !
— Évidemment que je vais être utile ! Je suis indispensable, même ! » s'offusqua le maigrichon.

Une fois le dîner avalé, tous les cinq se rendirent à la bouche d'égout du parc. Ils soulevèrent la plaque et s'y engouffrèrent un à un. Ulrich, qui était passé en dernier, remit la plaque en place afin de ne pas éveille les soupçons. Puis la bande se rendit à la vieille usine désaffectée par le chemin habituel et avec leurs moyens de locomotion habituels. Sauf pour Jérémie qui constata que sa trottinette avait été remplacée par un skateboard.

« Alors, Einstein ? On se met au skate, maintenant ? » lui lança Odd.
« Heu... Ben faut croire que oui, dans ce monde-là ! Dites, quelqu'un peut m'aider ? » répondit-il.

Les quatre autres se mirent à rire. Aelita lui proposa alors de monter avec elle sur sa trottinette, ce qu'il accepta volontiers. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à l'usine. Ils descendirent le long des cordes et prirent place dans le vieux monte-charges, puis descendirent directement à la salle du supercalculateur. Jérémie s'en approcha. Il actionna le mécanisme de sortie du supercalculateur, ce qui fit s'ouvrir la trappe sous laquelle il était rangé. La machine s'éleva alors lentement du sol, libérant ainsi l'accès au levier de mise en marche. Jérémie et Aelita se dirigèrent vers celui-ci puis déconnectèrent quelques câbles de l'appareil. Ulrich et Odd, très surpris de voir ce que faisaient leurs deux amis, se demandaient s'ils devaient les en empêcher. Ulrich se risqua à poser une question.

« Mais qu'est-ce que vous faites ? Ça va pas ? On n'était pas censés mettre le supercalculateur en pièces !
— Rassure-toi. » lui répondit Jérémie. « On déconnecte juste le supercalculateur du réseau.
— On ne sait pas si XANA est ou non en embuscade dans le réseau. » ajouta Aelita. « Si c'est le cas, on veut s'assurer qu'il ne puisse pas s'emparer du supercalculateur avant qu'on ait le temps d'installer le firewall.
— T'inquiètes pas, on va le reconnecter après » reprit Jérémie.

Quand ils eurent fini, Jérémie actionna le levier d'allumage de l'engin, qui se mit à faire quelques bruits bizarres.

« Dis, Einstein. » fit Odd. « C'est normal, tout ce boucan ?
— Oui, c'est le groupe cryogénique qui se met en route pour refroidir le supercalculateur. » répondit Jérémie. « Il est refroidi à l'hélium liquide, alors faut bien ce qu'il faut pour liquéfier l'hélium. C'est normal que ça fasse un peu de bruit au début. Mais après, ça devrait s'arrêter. »

Tous remontèrent dans la salle de commande via le monte-charge. Jérémie s'installa à sa place habituelle. Le temps que le supercalculateur soit en condition de fonctionner correctement, ils avaient patienté un peu plus d'une dizaine de minutes. Quand le supercalculateur fut près, il commença par recréer Lyoko. Jérémie avait laissé en place le programme qui générait ce monde virtuel, au cas où il se serait avéré à nouveau utile un jour. Une fois fait, Jérémie inséra le CD-ROM contenant son programme dans le lecteur du supercalculateur. L'installation de la Grande Muraille commença. C'était Aelita qui avait baptisé le firewall ainsi, en référence à l'analogie qu'elle avait utilisé pour en expliquer le principe aux garçons. Cela prit plus d'une demi heure. Une fois l'installation terminée, Jérémie démarra l'application et lança une batterie de tests pour s'assurer qu'elle fonctionnait correctement. Il avait automatisé l'opération.

« Bon, c'est tout pour ce soir. » dit-il.
« Quoi ?! C'est tout ? » demanda Odd, perplexe. « Et le supercalculateur, on ne devait pas le rebrancher ?
— Pas ce soir. J'ai lancé toute une série de tests pour vérifier que le pare-feu marche correctement. Ça devrait prendre une bonne partie de la nuit, alors autant rentrer. Et puis j'ai quelque chose d'autre à finir avant.
— Et c'est quoi ? » interrogea Aelita, qui n'était visiblement pas au courant.
« Surprise ! Vous le saurez demain, normalement. Allez zou ! Tout le monde à Kadic ! Il est déjà presque vingt-et-une heures. Si Jim nous attrape, ça va chauffer pour notre grade ! »

Sur ces paroles, tout le monde remonta dans le monte charge puis retourna au collège par le chemin habituel. Quand ils furent arrivés dans l'établissement, ils se séparèrent et chacun regagna dans sa chambre respective. Odd s'était mis à écouter de la musique via son baladeur MP3 tandis qu'Ulrich s'était couché sans attendre. Il essayait de trouver le sommeil mais n'y parvenait pas. Il ne cessait de penser à sa belle japonaise qui lui manquait tant. Dans sa tête résonnaient toujours les mêmes questions. Pourquoi leur relation n'avait-elle pas avancé d'un pouce ? Pourquoi n'avait-il pas osé faire à nouveau le premier pas ? Et puis qu'avait-elle voulu lui dire avant de disparaître ? Il se tourmentait l'esprit encore et encore, mais jamais il ne trouvait de réponse satisfaisante à ses interrogations.

De son côté, Jérémie planchait ardemment sur son projet secret. Au bout d'une heure, il commença à rencontrer quelques sérieuses difficultés. Et comme il ne parvenait pas à s'en sortir, il se résolut à demander de l'aide. Dans sa chambre, Aelita était occupée à lire quelques revues spécialisées quand son téléphone se mit à sonner, ce qui la fit sursauter.

« Allô ? » fit-elle en décrochant.
« C'est Jérémie. Je cale sur un problème épineux.
— Ah ? Et de quoi s'agit-il ?
— Oh, une sombre histoire de parallélisation de processus sur plusieurs machines distantes... Tu peux m'aider ?
— OK, j'arrive. »

Aelita raccrocha, se leva de son lit où elle était allongée et rangea ses magazines. Puis elle se dirigea vers la porte de la chambre qu'elle ouvrit le plus discrètement possible. Elle vérifia que Jim n'était pas dans le couloir avant de sortir de sa chambre pour aller retrouver son prince charmant. Moins d'une minute plus tard, elle était parvenue jusqu'à lui sans encombre. La nuit s'annonçait longue pour tous les deux.

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Voilà, c'est tout pour cette semaine.
J'espère que ça vous plaît toujours autant.

À la semaine prochaine.
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Message 16 Avr 2014, 11:45

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Là il n' a pas trop de choses à dire, ils installent juste un firewall, et j'ai peu de temps, comme d'hab', donc pour approfondir, ce sera pendant les vac' ! 8)

N'empêche, j'ai adoré le passage avec les explications de Jérémie (juste en imaginant sa tête c'est déjà comique :lol: )


«-Mantenant, il n'y a plus qu'à l'installer»
Inspirations que vous pourriez aimer :
-Phaenomen d'Erik L'Homme
-Artemis Fowl d'Eoin Colfer
-CHERUB de Robert Muchamore
-Gone de Michael Grant
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Message 27 Avr 2014, 21:32

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut à toi, ami(e) lecteur/lectrice (identifié(e) ou non)!

Voici enfin la fin du chapitre 6 que vous attendiez tant, toi et ton insatiable boulimie de fanfics sans laquelle tu n'aurais jamais eu l'idée de venir jeter un œil sur cette page! Je sais que la semaine qui vient de s'écouler a été dure pour toi car tu n'as pas eu ta dose hebdomadaire de "Protocole Carthage". J'en suis désolé, mais sache que ce n'était aucunement volontaire de ma part car j'ai eu certaines obligations à remplir de manière impromptue.

XANA's heir a écrit:ils installent juste un firewall
Certes, ils ne font que ça ici. La seule chose que je peux te dire à ce stade, c'est que c'est un mal nécessaire pour la suite.

Maintenant, ami(e) lecteur/lectrice, voici de quoi ébaubir tes mirettes insatiables et étancher ton inextinguible soif de lectures lyokophilesques. Bref, régale-toi!

PS: certains caractères spéciaux sont susceptibles de mal s'afficher sur vos écrans. Ne vous inquiétez pas, c'est normal et cela ne changera en rien votre compréhension de l'histoire.

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Samedi matin, dix heures.

Jérémie s'affairait sur le pupitre de commande du supercalculateur depuis plus d'une heure déjà. Aelita se tenait à côté de lui et regardait ce qu'il faisait. Soudain, le bruit de l'ouverture de la porte du monte-charge se fit entendre. Tous deux se retournèrent machinalement pour voir qui les rejoignait.

« Salut, vous deux! » dit William.
« Vous êtes déjà au boulot à cette heure-ci? » fit Odd, sarcastique. « Vous êtes au courant qu'on est samedi, au moins?
— Très drôle, Odd... » répondit Jérémie, quelque peu blasé. « Tu sais bien qu'on n'a pas de temps à perdre. Au fait, Ulrich n'est pas avec vous?
— Non. Il a voulu faire la grasse mat', aujourd'hui. Il m'a dit qu'il avait mal dormi cette nuit.
— Ah, dommage. On avait une bonne nouvelle.
— Chouette! J'adore les bonnes nouvelle! Alors? C'est quoi?
— On vient de finir d'éplucher les résultats des tests de la Grande Muraille. » déclara Aelita. « Et elle est opérationnelle à cent pour cent! On enfin va pouvoir reconnecter le supercalculateur au réseau.
— Mais pour ça, on va devoir l'éteindre à nouveau avant de le redémarrerune fois de plus. » ajouta Jérémie en repositionnant ses lunettes.

Il se leva alors de son siège et se rendit dans le monte-charge, accompagné par Aelita. Puis ils descendirent à la salle du supercalculateur pour l'arrêter à nouveau. Odd et William étaient restés en haut. Les deux petits génies reconnectèrent tous les câbles qu'ils avaient débranchés auparavant. De temps en temps, comme ils étaient toujours l'un à côté de l'autre, il leur arrivait de s'échanger quelques timides regards amoureux entre deux branchements de câbles. Une fois terminé, ils rallumèrent le supercalculateur et remontèrent dans la salle des commandes en se tenant la main dans le monte-charges. Jérémie et Aelita étaient tout rouges. Ils se regardaient amoureusement dans les yeux. Lorsque la porte du monte-charges s'ouvrit, Odd les remarqua et s'écria :

« Un bisou! Un bisou! Un bisou! Un bisou!...
— Odd! Tais-toi! » rabrouèrent-ils simultanément.

Le taquin s'exécuta sans demander son reste tandis que les deux amoureux sortaient du monte-charge. Jérémie s'installa dans l'unique siège à côté duquel Aelita prit place. Le redémarrage du supercalculateur fut plus rapide que la fois précédente. Il vérifia alors que la Grande Muraille avait démarré automatiquement et qu'elle fonctionnait comme il l'avait prévue. Après avoir retiré du lecteur le CD-ROM d'installation du firewall, Jérémie y inséra un autre.

« Et c'est parti pour la mise à jour de l'Hyperscan! » dit-il, enthousiaste. « J'espère que ça ne prendra pas trop de temps.
— Excuse-moi, Einstein. » intervint Odd. « Tu ne voulais pas plutôt dire Superscan?
— Non non. Je ne me suis pas trompé. J'ai bien dit Hyperscan.
— Et c'est quoi, au juste, ce machin? » demanda William, tout aussi intrigué que Odd.
« C'est une version améliorée du Superscan. » répondit Aelita. « Comme on doit passer le réseau au peigne fin pour trouver des indices, on a dû le modifier pour augmenter son efficacité. »

Odd et William se regardèrent l'un l'autre. Ils n'en revenaient pas de l'ambition affichée par Aelita et Jérémie, ce qui ne manqua pas d'intriguer William.

« Rassure-moi : quand tu dis que vous allez passer le réseau au peigne fin, tu ne veux pas dire tout le réseau, quand même?
— Si. » répondit Jérémie avec un aplomb sans faille. « Le réseau tout entier jusque dans ses moindres recoins.
— Mais ça va prendre des siècles, vu la quantité de données qui s'y trouve! » s'exclama Odd.
« Justement! » rétorqua Aelita. « C'est là que Jérémie a eu une idée de génie : on va utiliser simultanément tous les supercalculateurs connectés au réseau à travers le monde. Tu vas voir, ça va nous faire gagner un temps fou!
— Si tu le dis... Mais il sera prêt quand, votre programme?
— Normalement, la compilation va encore prendre une demi-heure. Ensuite, les tests et les réglages devraient encore prendre une bonne demi-heure. Et ensuite, on pourra lancer le programme.
— Tu vois, Odd. On aura tout notre temps pour aller à la cantine. » fit William, ironique. « Pour une fois, tu ne pourras pas dire qu'on maltraite ton petit estomac si fragile!
— Très drôle... » répondit Odd, boudeur.
« Selon mes estimations, les premiers résultats devraient tomber au plus tôt demain matin. » précisa Jérémie.

Comme l'avait annoncé Aelita, l'opération dura encore un peu plus d'une heure. Vers onze heures et quart, ils retournèrent à Kadic. Là-bas, ils avaient informé Ulrich de l'avancée des choses, puis tous vaquèrent à leurs occupations.

Le lendemain matin, Jérémie se réveilla en premier. La veille, il avait reconnecté son ordinateur au supercalculateur afin de pouvoir consulter les résultats de l'Hyperscan sans avoir à retourner à l'usine. Il remarqua avec satisfaction que le programme en question avait fini son travail. Il ouvrit alors le fichier contenant les informations recueillies. Au même instant, les quatre autres entrèrent dans la chambre. Ils y trouvèrent Jérémie, penché sur l'écran de son ordinateur, qui parcourrait des yeux les résultats de l'Hyperscan.

« Alors, Einstein? Verdict? » demanda Odd.

Jérémie ne répondit rien. Puis il se redressa et dit :

« Ça alors! Si je m'y attendais! Qu'est-ce que ça veut dire?
— Qu'est-ce qui veut dire quoi? » lui demanda Ulrich.
« Je crois qu'on a un gros problème. » répondit Jérémie. « Énorme, même!
— Comment ça? Qu'est-ce qu'il y a? » s'inquiéta Aelita.
« L'Hyperscan n'a rien trouvé! » déclara-t-il. « Enfin, à première vue. Parce qu'il n'a détecté que des événements sans importance et qui n'ont visiblement rien à voir avec la "téléportation" de Yumi!
— C'est pas possible! Comment on va faire, alors? Et Yumi? Qu'est-ce qu'elle va devenir? » s'enquit Ulrich, peu rassuré par l'annonce de Jérémie.
« T'inquiète pas. » lui dit alors Odd en s'approchant de lui. « On va tout faire pour qu'elle revienne! On cherchera jour et nuit s'il le faut, mais on trouvera!
— Ça se voit que c'est pas toi qui passe tes nuits à chercher! » lança Jérémie.
« Forcément! Si on ne me donne rien à faire, je suis pas prêt de vous aider!
— Si t'étais meilleur en informatique, aussi...
— Hé! C'est pas de ma faute si j'y comprends rien!
— Ouais, bah c'est pas de la mienne non plus! »

Jérémie s'arrêta pour réfléchir quelques instants aux causes possibles de cet échec apparent. Que pouvait-il bien s'être passé? Comment se pouvait-il qu'il n'y ait aucune trace de ce qui s'était déroulé quelques jours plus tôt? Il lui vint alors une idée. Et s'il ne trouvait plus rien parce que le supercalculateur était éteint à ce moment-là? Il se pouvait aussi que les effets de cet événement aient disparu en se diluant progressivement dans le réseau.

Ou bien, à contrario, peut-être n'était-il pas trop tard car l'Hyperscan n'avait pas été réglé de façon à être suffisamment sensible pour détecter les quelques reliquats de cette version non-altérée du monde dans lequel ils vivaient auparavant. Il exposa alors sa théorie fraîchement élaborée aux autres. Aelita suggéra d'examiner quand même plus en profondeur les données du premier passage de l'Hyperscan dans le réseau, histoire d'être sûrs que rien ne leur ait échappé après cette première analyse un peu rapide de Jérémie. Peut-être que les événements qu'il avait qualifiés d'insignifiants étaient justement ces traces tant espérées.

Aussitôt leur douche prise et leur petit déjeuner avalé, Jérémie et Aelita se remirent au travail. Ils passèrent le reste de la journée à vérifier minutieusement toutes les données générées par l'Hyperscan. Pendant l'après midi, Les trois autres garçons avaient appelé Yumi. Ulrich, toujours aussi doué en anglais, tentait tant bien que mal de se faire comprendre de son amie. Odd lui soufflait parfois quelques phrases dans l'oreille, et lui les répétait sans chercher à les comprendre. Parfois, il pouvait constater au ton sur lequel Yumi lui répondait que le maigrichon lui soufflait de grosses, très grosses âneries qui ne faisaient rire que lui. Ulrich avait beau lui dire d'arrêter, Odd ne pouvait s'en empêcher et, à chaque fois, il était tordu de rire.

Ulrich ne savait pas trop quoi dire à Yumi. Il aurait aimé lui dire à quel point elle lui manquait. Il lui aurait bien déclaré sa flamme mais n'osait pas trop, surtout en présence des quatre autres. Il voulait le faire d'une façon plus discrète, seul face à celle qui occupait la moindre de ses pensées depuis si longtemps. Seulement sa timidité l'en empêchait et Odd, l'œil toujours aussi acéré, l'avait bien compris. Une fois de plus, il ne put se retenir :

« Oh! Comme c'est mignon! Il est tout timide avec son amoureuse!
— Odd! Arrête! T'es pénible, à la fin! » rétorqua Ulrich.

Une fois le coup de fil terminé, Ulrich alla s'asseoir sur le lit de Jérémie. Vers dix-neuf heures, Jérémie et Aelita avaient presque terminé l'épluchage des résultats de leur programme. Ils commençaient à désespérer. Ulrich et Odd avaient passé la journée en leur compagnie. Ulrich regardait à travers la fenêtre, le regard dans le vague. Odd, lui, était occupé à jouer à Super Méga Tutur 3000 sur sa console portable. Quant à William, il était rapidement retourné dans sa chambre pour réviser car il avait un devoir de mathématiques à préparer pour le lendemain.

« Pfou! C'est pas possible! » lâcha Jérémie. « On a presque fini et on n'a toujours rien trouvé! Je commence à désespérer, moi!
— Et si vous aviez mal reconnecté le supercalculateur? » demanda Ulrich qui venait de sortir de ses pensées. « C'est peut-être pour ça que vous n'avez encore rien trouvé! Ce genre d'erreur, ça arrive même aux meilleurs, tu sais!
— Mais oui! T'as raison! Jérémie, il faut aller vérifier! » répondit Aelita.

Tous les quatre sortirent de la chambre de Jérémie. Ils se rendirent à l'usine pour effectuer toutes les vérifications qui s'imposaient. Jérémie ne s'était toujours pas fait à l'idée que sa trottinette avait été remplacée par un skateboard. Pendant le trajet dans les égouts, il avait dû une nouvelle fois monter derrière Aelita. Cependant, après quelques minutes à s'activer autour de la machine, leur expédition s'avéra parfaitement inutile. Jérémie se sentit à la fois soulagé et déçu. Soulagé parce que s'il avait tenté quelque chose alors que le supercalculateur était mal connecté, il aurait sûrement causé une catastrophe bien plus grande que le problème qu'il voulait résoudre. Et déçu car il ne voyait vraiment pas comment expliquer que l'Hyperscan n'ait rien trouvé.

Ils remontèrent de la salle du supercalculateur pour se rendre dans la salle des commandes. Comme à son habitude, Jérémie s'installa face à la console du supercalculateur. Lui et Aelita reprirent le travail qu'ils avaient laissé inachevé pour venir à l'usine. Après quelques minutes, Aelita remarqua quelque chose.

« Tiens, c'est quoi ça? » dit-elle à Jérémie.
« Où ça?
— Là! Qu'est-ce que c'est? » répondit-elle alors en lui montrant du doigt une ligne du fichier.

Jérémie regarda la ligne en question. Il resta perplexe face à cette découverte.

« J'en sais rien. » fit-il en se grattant le haut du crâne. « Apparemment, on n'arrive pas à lire parce que les données ont été abîmées par le temps dans le réseau. »

Ulrich et Odd, qui étaient restés à l'écart, s'approchèrent de l'écran et regardèrent ce qu'Aelita montrait à Jérémie. Elle désignait une ligne du fichier sur laquelle on pouvait lire « P#o©Øc°£§ ¢¥®tHßgE ». Cette étrange suite de symboles était suivi d'une date et une heure parfaitement lisibles. En l'occurrence, ces indications temporelles semblaient être celles de l'instant où Yumi avait disparu du collège. La coïncidence était trop belle pour n'être due qu'au simple fait du hasard. À la suite de ceci se trouvaient d'autres inscriptions toutes plus illisibles les unes que mes autres, et enfin l'endroit du réseau où l'Hyperscan avait trouvé ces informations. Après quelques minutes de réflexion, Jérémie commença à pianoter frénétiquement sur son clavier. Les trois autres restèrent le regarder.

« Qu'est-ce que tu fais? » s'enquit Aelita.
« Je tente de lancer un programme de récupération des données dans le réseau sur ce qu'on vient de trouver. » répondit-il. « Je l'avais mis au point au cas où on en aurait eu besoin sur Lyoko. Heureusement pour vous, je n'ai jamais eu besoin de m'en servir.
— Et tu crois que ça va marcher?
— On verra bien. Le temps joue contre nous. Il faut faire vite sinon, on risque de tout perdre! Et puis, tu connais le dicton : qui ne tente rien n'a rien. » conclut-il.

Il lança alors son programme en question. Cinq minutes plus tard sur son écran apparut une fenêtre dans laquelle s'affichait sur la première ligne du fichier le nom de ce qui semblait être un programme suivi de la date d'exécution de celui-ci : le mardi précédent, à huit heures une minute et dix-neuf secondes, précisément. C'était peu après que Yumi ait été vue pour la dernière fois par Ulrich. La récupération des données n'avait pas aussi bien marché que Jérémie l'aurait espéré mais, au moins, il était sûr d'avoir récupéré tout ce qui était récupérable à ce sujet sur le réseau.

« Cette fois, on en est sûr! » déclara Jérémie. « Y a pas l'ombre d'un XANA dans le réseau!
— Peut-être. Mais c'est quoi, ce truc, au juste? » dit Ulrich.

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Voilà! C'est tout pour aujourd'hui! Alors? Rassasiés?

J'espère que ça vous a plu. Certes, il ne se passe touhours pas grand chose, mais cela ne saurait tarder. Seulement il faut laisser le temps au temps. Et puis, nos héros tiennent enfin un début de piste. Et ils ne sont pas prêts de la lâcher. Stop! Je n'en dis pas plus!

Allez-y, lâchez vos coms! Qu'ils soient euphoriques ou incendiaires, peu importe. Donnez-moi vos impressions pour savoir ce qui marche bien et ce qui ne marche pas dans cette fic, ce qui vous plaît ou non, etc. Promis, je ne vous mordrais pas! (Enfin, j'essaierais... ;))

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Message 11 Mai 2014, 12:26

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Bonjour à tous!

Comme vous avez pu le remarquer, je n'ai rien posté la semaine dernière. Alors pour réparer cette faute inexcusable de ma part, voici le chapitre 7 en entier.

Bonne lecture.

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Chapitre 7 : Quelques traces

Le question qu'Ulrich venait de poser était toute simple et pourtant même Jérémie n'en avait pas la réponse.

« J'en sais rien. » répondit Jérémie. « C'est dans ces moments-là que je regrette de ne pas être omniscient.
– Ommi-quoi ? » demanda Odd.
« Om-ni-scient ! Ça désigne quelqu'un ou quelque chose qui connaît tous les secrets de l'univers. Or ça n'est pas mon cas, hélas.
– Le secret de l'univers ? Facile, c'est 42 ! Je le sais parce que je l'ai déjà vu à la télé ! »

Sur ces dires, Jérémie se retourna vers Odd et le regarda, l'air intrigué. D'où pouvait bien provenir une telle ânerie ? Jérémie se risqua alors à le lui demander, tout en se doutant que la réponse ne serait pas franchement plus claire que l'affirmation qui l'avait motivée.

« Heu... Pourquoi 42 ?
– Ben, je sais pas, moi ! Ils l'ont pas dit dans le documentaire ! Tu sais, c'est celui où le mec va voir le Grand Oracle et il lui dit "Ô Grand Oracle, puits de savoir et de sagesse insondable, quel est le secret de l'univers ?" et là, l'oracle lui répond "Le secret de l'univers ? C'est simple, c'est 42 !" Et c'est tout ! » répondit Odd.
« Oh, c'est pas vrai ! » rétorqua Jérémie. « J'aurais dû m'en douter ! C'était évident que c'était une bêtise ! »

Ulrich, lui, avait compris tout cela à l'instant où Odd avait commencé à ouvrir sa bouche. Il regardait la situation en souriant, depuis le mur où il était adossé.

« Tu t'attendais à quoi, Einstein ? » lança-t-il. « Odd qui regarde un documentaire, c'est pas près d'arriver ! Tu devrais le savoir, depuis le temps !
– C'est clair, j'aurais dû le voir venir ! » répondit le petit blond à lunettes, dépité.
« Mais si ! Je vous jure que c'était dans un reportage... » déclara Odd avec le plus grand sérieux, avant de continuer sur un ton déçu, s'apercevant du ridicule de la précision qu'il allait apporter. « Sur le film* en question... »

Les trois autres éclatèrent de rire.

« Ouais, je sais ! Faut se méfier de ce qu'ils disent dans les reportages ! ! » reprit Odd.
« En tout cas, ça ne présage rien de bon pour la suite ! » déclara Jérémie alors que les autres avaient retrouvé leur sérieux. « Parce que si ce truc se remet en action, on ne sait pas ce qui peut se produire ! Vu qu'on n'a pas grand chose, on va devoir passer au plan B !
– Le plan B ? Mais c'est quoi, le plan B ? » demanda Aelita. « Tu ne m'en avais pas parlé !
– C'est tout simple, tu vas voir. » lui répondit Jérémie. « On va relancer l'Hyperscan mais cette fois, on va le régler plus finement. Comme ça, s'il a raté quelque chose la première fois, il ne la loupera pas au deuxième passage !
– Qu'est-ce que tu entends par régler plus finement l'Hyperscan ? » interrogea Ulrich.
– C'est très simple. » fit Jérémie. « On connaît à peu près l'heure de la disparition de Yumi, c'est-à-dire vers huit heures du matin, mardi dernier. On sait aussi qu'il reste des traces de cet événement dans le réseau ainsi que la région approximative dans laquelle on doit les chercher. Alors on va concentrer nos recherches là-dessus. Il y a également quelques autres paramètres qu'on va devoir modifier dans l'Hyperscan pour optimiser la recherche, mais ce sera rapide.
– En gros, on va ratisser plus finement le contenu du réseau là où on est à peu près sûrs qu'on va trouver des choses. » compléta Aelita.
« Whaou ! » s'exclama Odd. « Pour une fois, j'ai tout compris du premier coup ! »

Le reste du groupe esquissa un sourire en entendant le maigrichon. Puis les deux génies se mirent au travail. Cela leur prit à peine quelques minutes.

« Et c'est reparti pour un tour ! » déclara Jérémie en relançant l'Hyperscan.

Il était déjà dix-neuf heures quarante-cinq et ils n'avaient pas encore mangé. Le ventre à pattes ne put s'empêcher de le signaler à ses amis.

« Vu le temps que ça va prendre, on peut retourner à Kadic ! » dit-il. « C'est pas tout ça mais la cantine va fermer dans un quart d'heure et j'ai une faim de loup !
– OK, ça va ! On a compris, Odd ! » répondit Ulrich.
« Il n'a pas tort... Pour une fois ! » déclara Aelita. « Ça va prendre toute la nuit.
– Si seulement ça pouvait ne prendre que la nuit... » soupira Jérémie, en se levant de son siège.

La bande quitta l'usine pour se rendre directement au réfectoire du collège. Ils arrivèrent juste à temps. Rosa Petit-Jean leur servit leur repas en leur faisant la remarque :

« Hé bien, les jeunes ! Vous arrivez bien tard aujourd'hui. C'est pas dans vos habitudes, ça. Il faut manger à heures fixes, sinon vous allez avoir des problèmes de santé. Surtout toi, mon petit Odd. Il faut absolument que tu manges bien. T'es tout maigre !
– Combien de fois faudra-t-il que je vous le répète, Rosa ? » rétorqua l'intéressé. « Je ne suis pas maigre, je suis svelte. C'est pas pareil ! »

Après les quelques éclats de rire qui suivirent, la petite bande vint s'installer à la table sur laquelle les attendait William. Ce dernier avait fait une pause dans ses révisions pour son contrôle du lendemain.

« Alors ? Quoi de neuf ? » demanda-t-il alors que le reste de la bande s'installait à ses côtés.
– On a trouvé un fichier suspect. » répondit Jérémie. « Mais le problème, c'est qu'on n'arrive pas à le lire.
– Et y a pas moyen de le réparer ?
– On a déjà essayé mais ça n'a pas vraiment marché. Cela dit, on sait quand il a été généré et sa localisation dans le réseau.
– Donc, si je comprends bien, on tient une piste.
– Exact. Bon, c'est pas terrible comme piste mais c'est déjà ça.
– Et c'est quoi la suite du programme ?
– On a relancé l'Hyperscan pour qu'il creuse cette fameuse piste. On verra peut-être les premiers résultats demain. »

Aussitôt William rassuré, ils parlèrent d'autre chose pour se changer les idées. Au cours du repas, ils eurent des sujets de discussion divers et variés. Odd, lui, n'écoutait qu'un mot sur deux, trop occupé à glaner quelques restes à ses amis pour remplir son estomac à ras bord. Puis vint le temps où chacun regagna sa chambre pour se coucher.

La nuit passa tranquillement pour tous, ou presque. Comme les nuits précédentes, Ulrich avait du mal à trouver le sommeil. Il n'arrêtait pas de penser à sa bien-aimée, si loin de lui. Dans sa tête, encore et toujours les mêmes interrogations. Pourquoi n'avait-elle jamais voulu qu'il la prenne dans ses bras, qu'il l'embrasse, qu'ils sortent enfin ensemble au grand jour. Si elle ne lui avait pas dit qu'entre eux c'était « juste copain et puis c'est tout », la situation aurait sans doute été toute autre. Il aurait pu l'enlacer tendrement de ses bras, il se serait occupé d'elle avec la plus grande attention. Et surtout, il aurait pu lui montrer la profondeur et la pureté de ses sentiments envers elle.

Mais, à son grand désespoir, il n'y avait jamais rien eu de tout cela entre eux. Pourtant, le jour où elle lui avait dit cette fameuse phrase, il avait cru percevoir quelques sentiments qu'elle éprouvait pour lui. Pas de la simple amitié, non, bien plus que cela. Et c'était ce qui lui avait fait garder espoir. Toutes ces pensées mêlées de regrets lui occupaient l'esprit. Vers quatre heures du matin et malgré les tourments de son esprit, il trouva enfin le sommeil.

Sept heures pile, le lendemain matin. Jérémie et Aelita se réveillèrent simultanément dans leurs chambres respectives. Dans la chambre d'Odd et Ulrich, il y avait un peu de changement. Pour une fois, c'était Odd qui s'était réveillé en premier et en pleine forme. Ulrich, lui, n'arrivait pas à se lever tant son insomnie partielle de la nuit l'avait éprouvé. Odd mit alors la musique à fond dans la chambre, pour le plus grand désagrément d'Ulrich qui se cacha sous son oreiller.

« Hé ! C'est quoi ce boxon ?! Baisse la musique ! J'ai mal aux oreilles ! » cria-t-il.

Odd s'exécuta et lança à son ami enseveli sous son oreiller :

« Ben ça alors ! Je rêve ! Quand c'est moi qui n'arrive pas à me lever, on me fait des réflexions indélicates et on me fait croire des trucs ! Et quand c'est môsieur Ulrich qui reste au lit, il faut surtout pas le déranger ?!
– Odd ! Arrête ! J'ai eu du mal à m'endormir cette nuit, c'est tout. Je suis complètement crevé, là.
– Sans blague ! Ça se voit à peine sur ton visage ! On se demande bien pourquoi. Ou plutôt pour qui... »

En effet, lorsqu'Ulrich avait levé sa tête pour râler sur le blondinet, il avait laissé apparaître les larges cernes qu'il arborait sous ses petits yeux qu'il avait grand peine à maintenir ouverts. Un bon quart d'heure plus tard, ils se rendirent enfin à la douche, mais d'un pas très lent. Puis vint le temps d'aller rendre visite à Jérémie. Il était déjà sept heures quarante-huit et aucun d'eux n'avait pris son petit déjeuner. Aelita était déjà là quand ils pénétrèrent dans la chambre de leur ami.

« Alors, Einstein ? » demanda Ulrich. « Ça en est où, avec l'Hyperscan ?
– Comme prévu, il tourne toujours. Et d'après ce que je vois, il trouve beaucoup plus de trucs que la première fois.
– Carrément. » fit Aelita en scrutant l'écran. « Mais vu la masse de données, ça va nous prendre un temps fou pour analyser tout ça.
– T'inquiète, Aelita. » répondit Jérémie. « J'ai ma petite idée pour réduire tout ça.
– Et comment comptes-tu t'y prendre ?
– Déjà, on va soustraire de ces données toutes celles qu'on a obtenues lors du premier passage de l'Hyperscan. Comme ça, on ira plus vite
– Et c'est tout ?! » s'étonna la jeune fille. « T'as conscience que ce ne sont que des miettes comparé à la montagne de données que l'Hyperscan est en train de nous pondre, là ?
– Évidemment que j'en ai conscience ! Si ça peut te rassurer, ce n'est pas la seule stratégie à laquelle j'ai pensé. J'ai mis au point un système de filtres qui va nous permettre de supprimer les trucs du genre vieux mails égarés, reliquats de vidéos, résidus de flux audio et autres paquets perdus dans le réseau.
– Ah, je vois ! Tous les trucs qui auraient dû être effacés du réseau mais qui s'y trouvent encore. Et dire que la mer numérique regorge de tout ce fourbi !
– Tout à fait. Normalement, en procédant de la sorte, ça devrait écrémer pas mal de choses.
– Et on devrait avoir les résultats quand ? » interrogea Ulrich.
– D'après l'état d'avancement de l'Hyperscan, il devrait avoir fini un peu avant midi. Ensuite, le filtrage des résultats devrait durer deux ou trois heures, pas plus. Donc si tout se passe bien, je dirais dans le courant de l'après-midi.
– Chouette ! » lâcha Odd. « Bon, c'est pas le tout mais j'ai l'estomac qui crie famine, moi ! Allez, tous à la cantoche ! »

Pour une fois, la bande n'y trouva rien à redire et se présenta au réfectoire trois minutes plus tard. En leur servant leur petit déjeuner, Rosa ne put s'empêcher de leur signaler l'heure inhabituelle de leur arrivée.

« Ben alors ? Ce matin aussi, on est en retard ? C'est pas une habitude à prendre, ça ! Surtout pour toi, mon petit Odd ! Je te le redis pour que tu comprennes bien : il faut que tu manges, t'es tout maigrichon !
– Et moi, je vous le redis pour que vous aussi vous le compreniez bien : je ne suis pas maigre, je suis svelte ! C'est pas pareil !
– Allons, allons ! » répondit Rosa. « Ne dis pas de bêtises et va manger, mon petit Odd ! C'est bon pour ce que t'as ! »

Sur ces bonnes paroles, la bande se dépêcha de manger son premier repas de la journée, car ils se doutaient que celle-ci allait être longue. À l'instant où ils sortirent du réfectoire, la sonnerie se fit entendre. Il était déjà l'heure d'aller en cours. La journée passa plus ou moins vite, selon les ressentis personnels.

De son côté, Sissi avait passé sa journée à essayer d'aller voir Ulrich pour tenter de lui parler. Elle voulait comprendre ce qui se passait en lui et pourquoi il s'était montré subitement si distant avec elle. Elle voulait également savoir s'il ne l'aimait vraiment plus et si plus rien n'était possible entre eux. Elle était complètement déboussolée. Elle aussi avait l'esprit encombré par un tas de questions auxquelles elle n'avait aucune réponse à apporter. Elle n'osait pas l'aborder et ne parvint à surmonter son appréhension et ses craintes qu'à la fin des cours.

« U... Ulrich ? » dit-elle timidement en s'approchant de lui. « Je peux te voir un instant ?
– Heu... Oui, bien sûr. » répondit-il, intrigué.

Ulrich avait bien remarqué son état et l'idée qu'il en soit la cause le perturbait un peu. Tous deux se mirent alors à l'écart des autres afin d'être plus tranquilles.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il.
« Ben voilà. » répondit-elle, toute tremblante. « Je... Je voulais savoir... Qu'est-ce que j'ai fait de mal pour que tu me quittes comme ça ?
– Ah... Heu... Mais non ! » fit-il, quelque peu désarçonné. « C'est pas toi, Sissi. Tu n'a rien fait de mal, si ça peut te rassurer.
– Alors c'est quoi ?
– C'est moi. Ça vient uniquement de moi. En ce moment, j'ai quelques soucis, tu sais. Et puis je doute.
– À propos de quoi ?
– À propos de mes sentiments pour toi, Sissi. Ce n'est pas à cause de toi, c'est juste que je ne sais plus où j'en suis. J'ai besoin de réfléchir. Alors je crois que le mieux, c'est qu'on s'éloigne un peu l'un de l'autre pendant un moment.
– Et... Et moi ? Qu'est-ce que je vais devenir, pendant ce temps ? » sanglota Sissi.
« Excuse-moi, Sissi. Je sais que je n'agis pas comme d'habitude et que ça te fait souffrir. J'en suis désolé. Mais je dois le faire pour qu'on puisse mieux se retrouver, toi et moi. »

Une larme coula le long de la joue de la demoiselle. Ulrich approcha sa main pour l'essuyer mais Sissi la repoussa violemment.

« Espèce de salaud ! Je sais que tu mens ! » déclara-t-elle avant de s'éloigner de lui en courant.

Ulrich soupira en la regardant partir. Elle l'avait donc percé à jour. Pourtant c'était pour son bien qu'il lui avait menti, même si ce qu'il venait de faire ne lui plaisait guère. Il ne voulait pas trop la faire souffrir inutilement. Mais il savait qu'elle souffrirait malgré tout et qu'il n'y pourrait rien, quoi qu'il fasse.

Puis il se souvint qu'il avait autre chose de bien plus urgent à faire. Il se mit alors en route vers l'usine pour y rejoindre le reste de la bande qui l'y attendait. Une fois au laboratoire, il retrouva Aelita et Jérémie qui s'affairaient sur la console de commande du supercalculateur tandis que Odd et William discutaient dans un coin de la salle. Ulrich se dirigea vers ces derniers, ne voulant pas déranger les deux autres dans leur travail.

« Alors, ce devoir de math ? » demanda-t-il à William.
« Bof. J'ai pas été très inspiré alors on verra bien...
– Et toi ? » interrogea Odd. « Ça a donné quoi, avec Sissi ?
– Heu... Je préfère ne pas en parler !
– Hé ! Jim, sors de ce corps !
– Bon, puisque tu tiens à le savoir : je l'ai faite pleurer.
– Ah la la ! Décidément, Ulrich ! Toi et les filles, ça fera toujours deux !
– Odd ! »

De leur côté, les deux génies étaient déjà au travail sur les données de l'Hyperscan, qui avait fini de travailler quelques heures plus tôt. À la pause de midi, Jérémie était retourné dans sa chambre et avait lancé les quelques opérations de tri et de filtrage des données récoltées par l'Hyperscan. À présent, ils épluchaient tous deux les résultats obtenus. Jérémie s'approcha brusquement de son écran. Quelque chose avait attiré son attention.

« Tiens ! C'est quoi, ça ? » dit-il en montrant du doigt à Aelita ce qui l'intriguait.
« C'est bizarre, on aurait dit un ADN numérique ! » lui répondit-elle.
– Tu crois ? » demanda Jérémie, perplexe.
« Ben ça y ressemble, en tout cas.
– Dans ce cas, on va comparer avec un ADN numérique stocké dans le supercalculateur, histoire d'être sûrs.
– La confiance règne, à ce que je vois ! » ironisa Odd qui s'était rapproché du petit couple pour prendre des nouvelles.
« Tu lis dans mes pensées, Odd. » déclara Aelita.

Jérémie ne prêta pas attention à ces sarcasmes et entra quelques commandes dans le supercalculateur. Une fenêtre apparut alors à l'écran, affichant le contenu d'un ADN numérique. Jérémie la plaça à côté de l'autre fenêtre arborant le contenu du fichier suspect. Puis il parcourut les deux fichiers en parallèle. Après quelques secondes d'investigation, le verdict tomba.

« Ça alors, c'est dingue ! » s'exclama-t-il, interloqué. « C'est bien un ADN numérique !
– Il appartient à qui, cet ADN numérique ? » interrogea Ulrich qui s'était approché en même temps que les deux autres garçons.
« J'en sais rien...
– Hé ! Regardez ! » intervint William. « Il y une date en dessous ! »

Tous lurent l'indication en question. Ils avaient beau la lire et la relire, personne n'en croyait ses yeux. Le fichier avait été créé le soir de la disparition de Yumi. À vingt-trois heures dix-sept, précisément. Puis en descendant leurs regards d'une ligne, ils virent le nom de celui qui était censé avoir créé ce fichier.

« C'est pas possible ! » lâcha Aelita, choquée par ce qu'elle venait de lire. « Jérémie, regarde à qui il appartient !
– Hé ! Mais comment c'est possible ?! » s'exclama Jérémie. « Comment il a fait pour survivre après tout ça ? Je croyais qu'il avait été réduit à néant ! »

Un lourd silence s'installa dans le laboratoire. La nouvelle laissa tout le monde incrédule. Après tous ces événements, il semblait être toujours vivant. Aelita fut presque prise d'un malaise tant son cœur battait fort. Elle le sentait battre si fort qu'elle crut qu'il allait lui sortir de la poitrine.

« Dis, Jérémie. » fit-elle d'une voix chevrotante. « Est-ce que tu crois qu'il est... Qu'il a... Enfin, tu penses que c'est vraiment lui ?
– J'en sais rien, Aelita. J'en sais vraiment rien... » lâcha Jérémie, perplexe.
« Nan, c'est trop beau pour être vrai ! » rétorqua Ulrich, sceptique. « Après tout ce qui s'est passé, ça ne peut pas être vrai ! Il va falloir se méfier. Il a sûrement fait cela pour essayer de nous berner. Il veut qu'on le laisse rentrer dans le supercalculateur.
– Ouais, c'est clair ! Faut le détruire définitivement tant qu'il est inoffensif ! » renchérit Odd.
« Hé, mais attendez ! On n'est encore sûrs de rien ! » répliqua Aelita, encore toute chamboulée. « Et si on commettait quelque chose d'irréparable en faisant ça ? Vous y pensez ?
– C'est vrai qu'il y a des raisons de douter mais Aelita aussi a raison. » déclara Jérémie. « Laissons courir un peu de temps. On verra bien ce qui se passe et on agira en conséquence. De toute façon, si c'est ce que vous pensez, on a déjà réussi une fois et on a toujours ce qu'il faut pour y parvenir une seconde.
– Ouais, mais s'il réussit à pénétrer dans le supercalculateur en notre absence et qu'on réagit trop tard... Enfin, tu vois, quoi ! Comment on va faire ? » demanda Ulrich.

Tous restaient circonspects face à la découverte impromptue de ces quelques traces de vie. Rien ne leur permettait de les authentifier de manière absolue. Le problème restait donc entier.

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*: le film en question, c'est "H2G2, le guide du voyageur galactique".

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Voilà, c'est tout pour cette fois. J'espère que ça vous a plu.

La suite la semaine prochaine. D'ici là, soyez sages (mais pas trop non plus)!

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Message 19 Mai 2014, 22:25

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Salut à tous!

Voici votre dose hebdomadaire de « Protocole Carthage » avec la première moitié du chapitre 8.

J'espère que cette version revue et augmentée vous plaira.

Bonne lecture

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Chapitre 8 : Tenu au secret

Pendant ce temps, quelque part dans le massif central.

Une petite route étroite et sinueuse traversait une immense forêt vallonnée. Ça et là, quelques biches broutaient l'herbe tendre des bas-côtés, accompagnés par leurs faons de l'année. Rien ne semblait perturber la tranquillité des lieux. Rien ou presque car le bruit d'un moteur poussé à fond se faisait de plus en plus proche. Le véhicule en question s'approchait à vive allure. Les cervidés adultes levèrent brusquement la tête puis, apercevant le fourgon qui s'approchait, prirent la fuite avec leur progéniture.

Le véhicule poursuivit sa route sans s'arrêter. Après quelques minutes de trajet, le fourgon arriva à une petite esplanade sur laquelle étaient garées quelques grosses berlines noires affublées d'un macaron tricolore. Le véhicule se faufila entre les voitures et s'arrêta quelques mètres plus loin, au pied d'un gigantesque piton rocheux à la base duquel était adossé un bâtiment rectangulaire à trois niveaux. À une centaine de mètres à gauche de la construction coulait un petit torrent sortant d'une profonde gorge débouchant entre le piton et un imposant massif rocailleux. Le ronron continu des gros ventilateurs situés sur le toit en terrasse du bâtiment se faisait à peine entendre.

Quatre hommes en tenue de combat et dûment armés sortirent de la camionnette couleur kaki. Ils se dirigèrent vers l'entrée de l'installation et le plus gradé d'entre eux frappa à la porte, qui s'ouvrit presque aussitôt.

« Bonjour, messieurs. » dit un homme en tenue d'apparat. « Vous êtes en avance. Le patron n'a pas encore eu le temps de traiter l'affaire. Il est encore occupé à jouer les guides touristiques pour quelques pontes des hautes sphères.
– C'est pas grave. On n'est pas pressés. On l'attendra le temps qu'il faudra. » répondit le chef des hommes armés.
« Suivez-moi jusqu'à son bureau. Vous pourrez prendre en charge le colis en attendant. »

Les quatre arrivants pénétrèrent dans le bâtiment. La porte se referma derrière eux. Ils emboîtèrent le pas à l'homme qui les avait accueillis. Après être montés au second étage, ils parcoururent un long couloir avant de s'arrêter quand ils arrivèrent au fond de celui-ci. Ils y trouvèrent un jeune homme menotté, entouré de deux gardes armés. Il était grand et brun. Ses yeux étaient bleus. Il était âgé d'environ vingt-cinq ans.

« Merci messieurs, nous allons prendre le relais. » déclara le chef.

Les deux gardes s'écartèrent alors pour laisser les trois autres hommes armés prendre position autour du jeune homme. Au même instant, au rez de chaussée, les portes d'un ascenseur s'ouvrirent. Un petit groupe en sortit.

« Voilà, chers amis. C'est ici que s'achève la visite des entrailles de ce complexe. » déclara le maître des lieux à ses visiteurs. « Avez-vous des questions ?
– Dites-moi, mon cher. » dit un homme assez grand et aux cheveux blancs. « Il y a quelque chose que je ne saisis pas bien. La cavité dans laquelle se trouve la fameuse expérience, dans quel but a-t-elle été creusée à l'origine ?
– Il s'agit d'une ancienne mine de matière fissile, monsieur. Ce gisement a été découvert lors d'une campagne de prospection au début des années cinquante. À cette époque, la recherche en physique nucléaire était en pleine effervescence.
– Mais n'est-ce pas dangereux d'utiliser un tel endroit ?
– Rassurez-vous, monsieur. Toutes les précautions ont été prises et il ne reste plus la moindre trace de radioactivité dans cette partie du centre.
– Et le minerai extrait ? Quel en a été l'usage ?
– Ce gisement a été exploité pour un usage de défense et de dissuasion uniquement. D'après ce que j'en sais, environ la moitié a été transférée dans un autre centre de recherche pour concevoir les engins de dissuasion que vous savez. Pour ce qui est de l'autre moitié, elle est toujours stockée ici. Pour tout vous dire, il est en cours d'exploitation à l'usine de production d'énergie. Et nous n'en avons consommé que dix pour cent jusqu'à présent.
– Mais qui a eu cette drôle d'idée d'installer un réacteur ici, loin de tout ? » interrogea un autre homme, plus petit et l'air sévère.
« À vrai dire, avant que toutes ces décisions aient été prises, il faut savoir que le site où nous nous trouvons actuellement était déjà réquisitionné par nos forces. C'était un centre d'essais balistiques, pour être précis. Et pendant la période de prospection, des ingénieurs ont remarqué une variation cyclique anormale de la radioactivité du site au cours du temps. Ils ont donc procédé au forage d'une vingtaine de puits pour chercher l'origine du phénomène. Dans six d'entre eux, les ingénieurs ont mesuré une variation de température parfaitement corrélée aux cycles de radioactivité qu'ils avaient observé jusqu'à présent. C'est en forant plus profondément dans ces quelques puits qu'ils ont découvert une source radiologique dont ils ignoraient tout. C'est seulement plus tard qu'ils ont compris qu'ils avaient découvert un réacteur nucléaire entièrement naturel. Il a alors été décidé de procéder à son étude complète. Par la suite, quelques modifications ont été apportées au réacteur afin d'augmenter sa puissance nominale. Ces améliorations permettent, entre autres, de le recharger en combustible à tout moment. Les installations de l'usine d'énergie datent de cette époque. De ce fait, ce centre de recherche est le seul complexe du genre à être totalement autonome en énergie pour les cinq siècles à venir.
– Mais ce réacteur ne risque-t-il pas de produire quelques particules susceptibles de perturber le bon fonctionnement du fameux outil que vous exploitez ici ?
– Aucun risque, monsieur. Entre le réacteur et cette partie du complexe se trouve une couche de granit d'une épaisseur d'environ un kilomètre et demi, et parfaitement neutre sur le plan radiologique.
– Et au niveau de la sécurité du réacteur ? » demanda la seule dame du groupe, tirée à quatre épingles.
– Il n'y a pas d'inquiétude à avoir non plus. » fit le général. « Il suffit d'immerger complètement le réacteur pour qu'il s'arrête de lui-même. De plus, nous disposons d'un réservoir contenant plus de deux fois la quantité d'eau pour y parvenir. Et pour le faire redémarrer, il suffit de le remettre à sec.
– Voilà qui est rassurant. » répondit la dame.

Un homme en uniforme de cérémonie arriva près du groupe et s'approcha de son supérieur.

« Monsieur. » lui glissa-t-il discrètement dans l'oreille. « Les hommes de la force de sécurité sont arrivés.
– Je vous prie de bien vouloir m'excuser. » dit-il en s'adressant à ses visiteurs. « J'ai une affaire urgente à régler. Je laisse à mon second le soin de vous raccompagner. Madame, messieurs, ce fut un réel plaisir. »

Puis il les salua chaleureusement avant de s'éclipser pour se rendre à son bureau. Lorsqu'il arriva sur le palier du dernier étage, il vit les cinq hommes qui l'attendaient face à l'entrée de son bureau. Et alors qu'il s'en approchait, les quatre hommes armés lui firent un salut militaire tout en veillant à ce que leur prisonnier ne puisse leur fausser compagnie.

« Repos. » leur lança-t-il sèchement.

Les quatre hommes obéirent. Le général passa devant eux sans même leur adresser un regard puis il ouvrit la porte et pénétra dans la pièce de travail.

« Entrez. » dit-il sur le même ton qu'auparavant.

Les cinq hommes s'exécutèrent tandis que le général avait pris place dans son fauteuil de l'autre côté du bureau. Le chef du groupe s'avança vers lui et lui tendit une feuille de papier.

« Merci, colonel. » déclara le général en la saisissant.

Il chaussa alors ses lunettes et se pencha dessus pour prendre connaissance de ce qui y était inscrit. Un silence de plomb régnait dans la pièce. Le captif jeta un œil par la fenêtre. Il y vit d'épais barreaux ainsi qu'un dispositif anti-intrusions réputé inviolable de part et d'autre de l'ouverture. Il savait pertinemment que cette fenêtre ne faisait pas exception : toutes les autres étaient équipées de la sorte, conformément au niveau de sécurité qu'une telle installation exigeait. Il avait pleine conscience que toute tentative de fuite était vouée à l'échec : il avait les mains menottées dans le dos et il était entouré de quatre hommes armés jusqu'aux dents et surentraînés.

Dans un soupir de désespoir, il ferma les yeux puis les rouvrit en posant son regard sur l'homme assis en face de lui dans un grand fauteuil qui paraissait bien confortable. L'homme en question était assez petit, il avait les cheveux poivre et sel clairsemés, les yeux marrons et la cinquantaine bien entamée. De plus, il n'avait pas l'air franchement commode. Il paraissait même passablement énervé. Le jeune homme se tenait devant lui droit comme un i, sous une surveillance plus qu'étroite. L'homme sur son fauteuil releva la tête et lui jeta un regard inquisiteur par dessus ses petites lunettes qui lui avaient glissé au bout du nez.

« Dîtes-moi, jeune homme. » déclara le quinquagénaire. « Êtes-vous certain d'avoir pris connaissance du règlement intérieur avant votre prise de fonctions ici ?
– Oui, monsieur. » répondit fébrilement l'intéressé.

Le général bascula en arrière pour s'enfoncer dans le dossier moelleux de son fauteuil. Il leva la tête en fermant les yeux. Puis brusquement, il tapa du poing sur le bureau, ce qui fit sursauter le prisonnier.

« ESPÈCE DE PETIT CON ! VOUS VOUS FICHEZ DE MOI ?! » hurla le général en se relevant de son siège. « Vous avez violé trois règles de sécurité. TROIS ! Vous vous rendez compte ? Ce que vous avez fait est INADMISSIBLE ! Vous avez vu le résultat ?! Vous nous avez tous mis en danger par vos actes IRRESPONSABLES ! Comment je vais expliquer ça à mes supérieurs, moi, maintenant ?! VOUS SAVEZ QUE JE RISQUE MON POSTE À CAUSE DE VOUS ? Et tout ça avec un truc qui tient dans la main, en plus ! »

La petite boule de nerfs à poils gris n'avait cessé d'agiter une petite clé USB en direction du jeune homme pendant tout ce temps. Ce dernier n'avait pas bronché un seul instant devant la furie qu'il venait d'affronter. Lui-même s'interrogeait sur ce qu'il avait osé faire. Pourquoi avait-il agit aussi stupidement ? Qu'avait-il bien pu lui passer par la tête pour qu'il ne se soit pas posé la moindre question à l'instant fatidique ? Le général reprit un calme approximatif en se rasseyant.

« Je vais devoir en référer en haut lieu. » dit-il. « En attendant qu'une décision soit prise à votre sujet, vous allez faire un petit séjour au poste de sécurité. Ça vous rafraîchira les idées. Si j'étais vous, je n'espérerai pas la moindre clémence de part de la hiérarchie car, à mon avis, vous n'êtes pas prêt de revoir la lumière du jour. Ni derrière des barreaux ni ailleurs. Bonnes vacances à l'ombre ! »

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Voilà, c'est tout pour cette semaine.

J'espère que ça vous a plu.

La suite la semaine prochaine.

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