N°9 - Compression Temporelle (fin alternative à la Saison 2)

Comment et pourquoi Hopper a-t-il créé Lyoko ? Comment nos héros l'ont-ils découvert ? Racontez votre version ici !

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Message 16 Jan 2006, 22:39

N°9 - Compression Temporelle (fin alternative à la Saison 2)

Le grand cru de 2006 est arrivé.
A consommer au compte goutte !



Chapitre I : Black Out



23 heures, communication depuis l’usine.
_ Ulrich, comment ça se passe au collège ? dit Jérémie
Lui et Odd s’étaient réfugiés à l’intérieur du gymnase. Ils avaient barricadé les entrées, poursuivis par des hordes plus nombreuses à chaque minute qui passait. Une vraie légion de collégiens transformée en Super Soldat par les spectres de XANA. Les portes de la grande salle commencèrent à dangereusement se gondoler.
_ Y a aucune issue possible pour nous Jérémie ! Dis à Yumi et Aelita d’accélérer un peu ou on va finir en charpie !
_ Elles font ce qu’elles peuvent, tenez encore un petit peu !
_ C’est plutôt aux portes qu’il faut dire ça, répliqua Odd au travers du téléphone.
Sur Lyoko, les deux filles virtuelles étaient poursuivis par un essaim de 5 Frôlions en formation d’attaque. Fendant l’air sur leur Hoverwing, elles slalomaient entre les arbres de la forêt, esquivant les rafales de leurs ennemis avec adresse, mais s’éloignaient de plus en plus de la Tour.
Yumi dévia soudain sa trajectoire à gauche, rasant un arbre qui lui faisait face d’à peine quelques centimètres. Deux des Frôlions qui n’eurent pas le temps de réagir s’écrasèrent contre ces derniers et furent réduits en pièce.
_ Et deux de moins ! fit Yumi en se retournant brièvement
_ Les filles, il faut que vous trouviez un moyen de vous débarrasser des autres, et rapidement ! Ulrich et Odd sont coincés !
_ Il vaut mieux foncer vers la Tour en essayant de les semer, c’est le meilleur moyen ! intervint Aelita
_ Comme vous voulez mais faites attention ! Si l’Hoverwing prend un seul dégât, vous allez faire un gros vol plané !
Au même moment, un peu plus loin au sol, une Tarentule était en train d’être matérialisée. Yumi avait beau manier avec une grande dextérité le véhicule volant, les Frôlions étaient toujours sur leurs talons et leur tirs devenaient dangereusement précis. Soudain, Jérémie cria dans son micro.
_ Attention ! Attaque au sol !
Par réflexe, Yumi dévia l’engin pour le protéger du double laser qui lui était destiné, mais ce fut elle-même qui fut touchée et éjectée de l’Hoverwing.
_ Yumi !
Aelita reprit immédiatement les commandes du véhicule, mais elle se rendit rapidement compte qui lui était impossible de récupérer Yumi à temps, tandis que celle-ci tombait inexorablement dans la Mer Numérique.
_ Jérémie ! Dévirtualise Yumi, vite !!
Mais alors que le corps de la Geisha se décomposait, elle déploya dans sa chute ses deux éventails et les lança à une vitesse faramineuse sur l’escadron qui poursuivait toujours Aelita. Avant d’être effacés à leur tour, les disques sifflants et meurtriers touchèrent deux des monstres volants et les détruisirent sur le coup. Il n’en restait plus qu’un, mais Aelita ne possédait aucune arme pour s’en débarasser et elle ne pouvait pas utiliser ses pouvoirs en mouvement.
_ Jérémie, Yumi…
_ Elle va bien, t’en fais pas ! Mais tu vas devoir tenir bon toute seule jusqu’à la Tour ! Elle est maintenant à 800 mètres de ta position ! Fais très attention !
Au même instant, un compte à rebours se déclencha dans le Super Ordinateur. Il était fixé à une minute.
La fille virtuelle avait plus de mal à manier le véhicule que son amie, pourvu que le Frôlion ne se rapproche pas trop d’elle…
Odd et Ulrich étaient à présent dos à dos, au milieu du grand gymnase, sinistrement silencieux et vide. Ils étaient prêts à se battre, mais ils savaient que si leurs adversaires n’étaient pas stoppés très rapidement, ils les domineraient tous les deux sans problèmes. Une partie de la porte principale avait été arrachée, fendue comme du papier, laissant voir aux deux adolescents inquiets ce qui allait leur tomber dessus dans peu de temps. Parmi les esclaves de XANA qu’ils apercevaient par cette ouverture, il y avait Sissi.
_ Ben dis donc, déjà qu’avant elle était pas gâtée, mais là XANA y est allé fort pour la rendre aussi tarte !
La blague hésitante de Odd arracha tout de même un sourire à Ulrich, mais il ne répondit pas. L’humour était la seule manière pour lui d’essayer de dédramatiser une situation. Mais cette fois, cela n’avait pas aussi bien marché, la situation était trop critique pour eux.
Sur Lyoko,
Aelita volait toujours vers la Tour alors que le dernier Frôlion était toujours à ses trousses. Enfin l’espace se dégageait quelque peu. Entre deux énormes arbres morts, elles apparut : La Tour entourée d’un halo rouge.
_ Aelita ! Il faut que tu te poses maintenant, tu vas trop vite ! Je peux pas reprogrammer l’Hoverwing pour qu’il traverse la Tour !
Elle ne répondait pas, toujours occupée à esquiver les tirs de l’insecte volant. Elle fonçait droit vers la Tour.
_ Aelita, tu m’entends ! Aelita !!
Des gouttes de sueur perlaient sur le front du petit génie. Aelita allait s’écraser sur la bâtisse cylindrique et il ne pouvait rien faire. Plus que 30 secondes.
Jérémie hurlait dans son casque audio à en perdre la voix. C’est quand Aelita ne fut plus qu’à quelques mètres du point d’impact qu’elle sauta du véhicule, le laissant s’écraser contre la Tour en compagnie du Frôlion qui la suivait de près. Aelita fit une chute d’une 30ène de mètres et atterrit douloureusement sur l’herbe virtuelle.
_ Aelita, tu m’entends ? Ca va ? fit Jérémie, non moins inquiet
_ Je t’entends ! Désolée, il fallait que je reste concentrée ! dit Aelita en se relevant
_ Tu nous as fait une de ces peurs ! fit Yumi qui observait en silence la scène
_ Aelita, dépêches toi ! La Tarentule qui a attaqué l’Hoverwing n’est plus très loin !
_ J’y vais !
La fille virtuelle aux cheveux roses se fondit dans le mur de la Tour et se dirigea vers le centre de la plaque inférieure. Plus que 15 secondes.
Jérémie essaya de reprendre contact avec Ulrich et Odd, mais c’était peine perdue. La porte principale et la porte arrière du gymnase avaient fini par céder sous la force de la marée inhumaine que ce mit à déferler sans aucune pitié sur nos deux amis. Odd fut le 1er à tomber sous les coups de l’ennemi. Il avait, en à peine quelques minutes, subi tellement de coups qu’il n’avait même plus la force de répliquer. Mais les possédés continuèrent encore à le frapper à sol.
Ulrich, malgré son entraînement aux arts martiaux beaucoup plus poussé ne pouvait pas parer et éviter tous les coups des ses nombreux adversaires ainsi que les décharges énergétiques. Il était au pied d’un mur, grimaçant de douleur en se tenant le ventre.
Un des esclaves de XANA se rapprocha de lui, le tirant par les cheveux et le forçant à le regarder. Le possédé, c’était Sissi. Elle lui releva la tête et leva son poing bien haut pour lui porter un coup fatal. Celui-ci s’arrêta à 10 centimètres de son visage.
La synchronisation d’Aelita qui entrait le code dans la Tour avec le sauvetage d’Ulrich était parfaite. Egalement, au même instant, le compte à rebours du Super ordinateur prit fin.
La marée humaine qui martyrisait les deux garçons s’arrêta de bouger. Seul Ulrich qui était encore conscient vit les spectres de XANA s’échapper du corps de chacune de leur victime, alors que celles-ci, restèrent figées comme des statues.
A l’usine, Jérémie put enfin souffler. Il s’enfonça dans son siège et expira bruyamment. A côté de lui, Yumi le regarda, puis intervint alors qu’il dirigeait sa main ver le clavier.
_ T’es sûre que c’est nécessaire ?
_ Oui. On est sans nouvelle d’Ulrich et Odd et le collège a été envahi par des spectres… Ca me plait pas de faire un nouveau cadeau à XANA, mais on a pas le choix.
L’index de Jérémie s’abattit comme une pierre sur la touche ENTREE du clavier et déclara d’une voix presque lassée :
_ Retour vers le passé !
Les visages des deux adolescents étaient cernés d’inquiétude, pensant à leurs deux amis restés au collège. Sans nouvelles d’eux depuis une 10ène de minutes, qui savait dans quel état les collégiens possédés les avaient mis. La bulle temporelle fut invoquée, elle allait mettre fin une fois de plus à l’attaque de XANA. Cependant, rien ne se passa. Pas de lumière blanche, pas de retour dans le temps. Yumi et Jérémie se regardèrent hébétés, ils n’avaient pas non plus bougés d’un pouce. Le petit génie essaya plusieurs fois d’entrer les coordonnées temporelles, croyant avoir fait une fausse manipulation, mais rien n’y fit. Tout était parfait, mais il ne se passa rien. Sur Lyoko, Aelita s’interrogeait. La fenêtre virtuelle avec laquelle elle avait entré le code restait affichée, toutes les matrices de la Tour avaient été désactivées en même temps. Tout était normal, pourtant…
Yumi dut calmer Jérémie qui ne supportait pas de ne pas comprendre alors que tout avait bien fonctionné. Il reprit contact avec Lyoko pour tenter d’y voir plus clair.
_ Aelita, tu me reçois toujours ?
_ 5/5 Jérémie ! Tu n’as pas enclenché le processus de retour dans le temps ?
_ Ca fait 15 fois que j’essaie de le mettre en marche, mais rien à faire ! Et de ton côté ?
_ Ca s’est parfaitement bien passé ! La Tour est était bien désactivée, donc je vois pas ce que j…
Soudain, l’écran s’éteint, provoquant la panique quasi immédiate de Jérémie !
_ Aelita, Aelita tu me reçois ? Aelita !!
Dans son casque audio, il n’entendit même pas de crépitement, rien qu’un lourd silence. Un bruit provenant de l’holomap attira ensuite son attention et celle de Yumi. Il y eut comme une surtension, l’image holographique des Territoires se brouilla puis disparut. Jérémie sauta de son siège et se précipita vers le socle. Mais il n’eut pas le temps de l’atteindre que les néons de la salle s’éteignirent les uns après les autres, la plongeant dans le noir complet.
_ Mais qu’est ce qui se passe ici ?! s’énerva Jérémie
_ Calme toi ! Tu n’as même pas une idée d’où peut venir le problème ?
Le petit blond souffla profondément pour essayer de penser sereinement.
_ C’est peut être le disjoncteur principal ! Il faut remonter jusqu’à la cathédrale et aller voir, mais sans lumière…
_ Attends ! J’ai une lampe sur mon trousseau de clés !
La japonaise fouilla dans ses poches et prit en main une petite lampe de poche qu’elle alluma aussitôt. Cette petite source de lumière ne portait pas plus loin que quelques mètres dans cette épaisse obscurité, mais c’était tout ce qu’ils avaient à disposition.
_ Comment on fait pour la porte du monte charge ? demanda t elle
_ Il y a un système manuel sur le côté ! J’espère juste qu’il marche encore, on l’a jamais utilisé !
Dans la salle au dessous, elle se réveilla. Recroquevillée sur elle-même dans cet espace plus que restreint. Elle se leva difficilement, les muscles engourdis. Elle avait l’impression qu’un Mega Tank lui était passé sur le crâne. Il faisait noir comme jamais, mais elle n’avait pas peur. Ce fut lorsqu’elle essaya de marcher qu’elle commença à s’inquiéter. Où qu’elle voulut aller, elle ne put faire plus d’un seul pas sans se heurter à un obstacle. Elle toucha des mains la structure qui l’entourait, prise d’angoisse. Elle était circulaire, avec une légère fente droit devant elle, il n’y avait sinon aucun passage, les murs qu’elle effleurait étaient lisses, aucun moyen de sortir par elle-même : prisonnière du scanner dans l’usine. Elle se souvint d’être allé sur Lyoko, puis de s’être brutalement évanouie. Des sensations… Elle respirait, elle sentait bien ce qu’elle touchait, Elle était donc revenue sur Terre. Il fallait qu’elle appelle à l’aide.
_ Jérémie ! Yumi ! Vous m’entendez !?
Elle attendit une minute, mais n’ayant pas de réponse, elle hurla de nouveau.
_ Jérémie ! Yumi ! Y a quelqu’un ?! Au secours !!
Elle continua ainsi à crier, tapant contre la paroi du scanner. Elle s’égosillait au point d’en avoir les larmes aux yeux.
De leur côté, les deux explorateurs de nuit avaient atteint la cathédrale de verre par l’échelle de secours de la cage d’ascenseur. Heureusement, la nuit était moins présente à surface, les rayons de la lune l’éclairant légèrement, mais lui conférant un aspect sinistre. D’après Jérémie, le disjoncteur principal se trouvait dans une petite pièce à l’extrémité nord de l’immense salle. Ils marchèrent côte à côte, regardant partout autour d’eux. Yumi baladait la lumière de sa petite lampe sur les structures métalliques qu’elle croisait, comme si elle avait peur qu’une créature démonique en sorte. Jérémie ouvrit la porte grinçante de la toute petite pièce, Yumi l’éclaira. Elle ne faisait pas plus de 3 mètres ², avec sur le mur du fond un gros dispositif composé de fusibles haute tension et de nombreux petits leviers. Des câbles électriques s’enfonçaient dans le sol et dans le plafond.
_ Continue d’éclairer, je vais vérifier ce qui cloche !

Dans le gymnase du collège, Ulrich venait de se réveiller. Il était dans un tel état d’épuisement après s’être défendu comme un lion qu’il s’était endormi. Les élèves enragés étaient figés comme des statues, ils étaient toujours là. La lumière du gymnase s’était éteinte.
« Qu’est ce qui s’est passé ici ? Pourquoi y a pas eu de retour dans le temps ? » pensa t il.
Il se leva et constata les dégâts. Sa jambe droite était mal en point et une vive douleur dans le ventre lui tiraillait les entrailles. Autour de lui, un silence pesant, presque angoissant, lorsqu’il regardait les collégiens, combattant immobiles. Cependant, il finit par entendre respirer, très faiblement. Odd, c’était lui, il était conscient. Ulrich marcha en boitant vers lui et se pencha.
- Odd, ça va ?
- Nan, pas vraiment… Pourquoi on est toujours là ?
- J’en sais rien, mais il faudrait qu’on bouge jusqu’à l’infirmerie ! Faut qu’on se soigne nous même.
- D’accord… Si tu veux bien m’aider… Je suis comme qui dirait dans l’impossibilité de me lever tout seul !
- Bien sûr !
- T’as l’air vraiment aussi amoché que moi, vieux ! commenta il en grimaçant
- Tu parles, je pourrais te transporter sur mon dos même avec un lombago !
Ils se sourirent mutuellement, d’un sourire crispé, puis ils firent des pieds et des mains pour relever la malheureux Odd, non sans douleur.

Jérémie se retourna enfin vers Yumi, qui détourna la lampe et rangea son portable.
- Alors, quel est le problème ? demanda t elle
- On est pas plus avancé ! Tous les fusibles sont en place, tous les interrupteurs sont allumés, j’y comprends rien ! En plus, la pile nucléaire de XANA devrait suffire à alimenter toute l’usine !
- L’usine n’a pas encore un générateur de secours ?
- Si ! Il est dans un petit compartiment dans le labo !
- Ce sera suffisant pour reprendre contact avec Aelita ?
- J’espère… Et toi, tu as réussi à contacter les autres ?
- J’ai essayé, mais ils n’ont pas répondus.
- Il faut qu’on se dépêche de retrouver Aelita ! Si XANA prépare encore un de ses coups tordus, elle est encore moins en sécurité que les autres !
Ils retournèrent rapidement à la cage d’ascenseur et commencèrent à redescendre par les échelons. Dans l’ombre, derrière une poutrelle métallique, quelque chose les regardait, quelque chose qui avait l’air humain… Une fois qu’ils mirent le pied dans le labo, Yumi intima Jérémie de plus faire de bruit, elle avait entendu quelque chose. Un bruit aigu, mais très faible. Un claquement sur du métal ainsi que des cris réguliers. Ca provenait de la salle en dessous.
Elle tomba à genoux et essuya ses larmes. Elle respirait bruyamment. Elle allait bientôt se casser la voix à force de crier au secours depuis plus de 20 minutes. Elle s’assit au fond du scanner et se recroquevilla sur elle-même, elle ferma les yeux. Tout à coup, elle entendit des bruits de pas sur le sol métallique. Elle vit également un faible filet de lumière que laissait passer la très mince fente de la porte du sarcophage doré. Elle se releva d’un bond, enfin quelqu’un allait la sauver !
- Yumi, Jérémie ! Vous êtes là ?! cria t elle
- Aelita ! Où es ce que tu es ? fit Yumi
- Je suis enfermée dans le scanner du milieu !
- On va te sortir de là, t’en fais pas ! poursuivit Jérémie
Yumi alla fouiller dans un coin de la salle et récupéra une barre de fer qui avait été il y a longtemps. Aelita se planqua contre le fond du scanner, tandis que Yumi introduisait par la force le bout de ferraille dans la fente entre les 2 battants de la porte. En utilisant sa force pour tirer et celle de Jérémie pour pousser, ils espéraient ouvrir suffisamment le scanner pour qu’Aelita puisse sortir. Ils espéraient seulement que ce levier de fortune tiendrait le coup. Gonflé par la volonté de sauver Aelita, Jérémie fit à ce moment plus d’efforts qu’il n’en avait jamais fait durant toute une année scolaire de sport. Soudain, la barre se cassa en deux, faisant tomber l’un sur l’autre les 2 ados entraînés par leur propre force. Heureusement, cela avait permis d’ouvrir un passage suffisamment large pour permettre à Aelita de s’y glisser. Elle put voir en sortant, le désarroi de Jérémie, rouge de confusion, qui était tombé sur Yumi, leur visage a à peine quelques centimètres l’un de l’autre. Ses lunettes étaient tombées pendant sa chute, ainsi que la lampe torche qui éclairait à présent très bien leur scène embarrassante. Aelita essaya de paraître indifférente, mais le sourire apparemment amusé qu’elle affichait cachait une petite crispation intérieure. Un sentiment désagréable qu’elle ne connaissait pas encore était en train de naître en elle. Tout ce qu’elle savait, c’est que cela ressemblait fortement à ce que devait éprouver Ulrich, lorsqu’il voyait Williams et Yumi ensemble. Elle passa devant eux tandis qu’ils se relevèrent. Un silence glacial aurait pu s’installer, mais Jérémie préféra éviter cela en parlant le 1er.
_ Tu vas bien Aelita ? demanda t il en remettant ses lunettes
_ Oui, grâce à vous deux ! Je commençais à désespérer !
_ Tu es là dedans depuis longtemps ? demanda à son tour Yumi
_ Je… je ne sais pas. Tout ce que je me rappelle, c’est d’avoir perdu connaissance sur Lyoko et je me suis réveillée, enfermée dans le scanner.
_ Juste au moment où tout le courant a été coupé ! s’exclama Jérémie. Mais je comprends pas pourquoi tu n’es pas resté sur Lyoko ! Si c’est bien XANA le responsable, il…
Il n’osa pas poursuivre, la simple idée de penser ce qu’il allait dire le rendait muet. Aelita continua à sa place.
_ Il m’aurait emprisonnée sur Lyoko, je sais… Mais quand je me suis évanouie, ce n’est pas la présence de XANA que j’ai ressentie, c’était autre chose. C’est indéfinissable… c’était XANA, mais en même temps c’était pas XANA.
_ Ca va Aelita, tu es sûre ? s’inquiéta le blond à lunettes
_ Oui ça va. Mais ça me fait tout drôle ! Je ne ressens quasiment plus le virus, pourtant il est toujours en moi.
_ C’est vraiment incompréhensible, il faudrait que…
_ Une seconde, vous deux ! intérompit Yumi. Si Aelita ne sentais plus du tout la présence de XANA, ça voudrait dire qu’il est désactivé, non ?
_ C’est impossible, Yumi ! Avec le virus en elle, tu sais ce qui se passerait si XANA était désactivé !
_ Pourtant c’est bien ce qui se passe, Jérémie ! C’est comme si il n’y avait presque plus de XANA !
_Alors il serait aussi victime que nous de la panne de courrant malgré sa pile nucléaire ! conclu Jérémie. Mais alors, si c’est pas lui le responsable…
_ Qui ça peut être ? continua Yumi
Soudain, des bruits de métal froissés se firent entendre depuis l’ascenseur. Ils s’intensifièrent jusqu’à ce que l’énorme engin commence à descendre, comme poussé de force du dessus. De quelques centimètres, puis d’un mètre, lorsque les câbles qui le retenaient encore furent sectionnés. L’engin ne mit alors pas plus de quelques secondes pour s’écraser au niveau de la salle du Supercalculateur dans un bruit assourdissant, accompagné d’un nuage de poussière grise. Nos amis voulurent aller voir les dégâts de plus près, mais un obstacle se dressa devant eux, il venait de remonter des décombres : Un jeune homme d’apparence banale, un simple collégien. Cependant, une chose n’était pas normale chez lui : Une étrange lueur verdâtre et intense brillait dans ces yeux.




Chapitre II : Le caste des spectres




L’étrange garçon s’avança nonchalamment vers nos amis, et plus particulièrement vers Aelita. D’appréhension elle recula d’un pas, puis Jérémie vint se planter devant elle, le garçon s’arrêta à son niveau. Il faisait environ une tête de plus que lui, mais il ne se laissa pas intimider. Jérémie le jaugea du regard pour essayer de voir ce qu’il voulait, mais c’était impossible. Son visage était fermé à toute expression et son allure commune ne pouvait rien laisser deviner. Tout à coup, il prit un air plus menaçant. Le petit génie voulut frapper avant qu’il ne puisse tenter quoi que ce soit, mais son coup fut stoppé net par la poigne de fer de son adversaire. Il envoya littéralement valser Jérémie contre un mur de la salle, d’un simple revers de la main. Yumi se risqua alors à son tour, dans un combat aux forces inégales.
Ses mouvements étaient gracieux et très rapides, pour un adversaire normal ses coups auraient été presque mortels. Cependant, son ennemi n’attaquait pas, il se contentait de laisser Yumi porter ses coups. Lui ne s’épuisait pas, mais la japonaise transpirait à grosses gouttes dans ce combat qui s’éternisait. Chacun de ses coups de pieds était détourné, tous ses coups de poings étaient parés. Elle fit un bond en arrière en haletant. Toutes ses attaques étaient vouées à l’échec, son adversaire était si rapide qu’elle avait l’impression qu’il anticipait ses mouvements. Celui baissa sa garde, comme pour laisser le temps à Yumi de reprendre son souffle. Elle se rua alors sur son ennemi et lui assena un sauvage coup de poing en pleine figure, la force de l’impact le fit reculer d’un pas. Mais il n’avait pas cherché à l’éviter, son visage ne portait même pas la marque du coup.
« C’est pas possible ! Même un possédé n’est pas aussi rapide et résistant ! » pensa Yumi
Sans lui laisser le temps de réagir, le garçon surhumain lui saisit sa main vacillante et lui porta un puissant coup de genoux au ventre, si rapide que l’air déplacé par le coup aurait suffit à la mettre sa malheureuse adversaire à genoux. Le garçon s’avança de nouveau vers Aelita, pendant que Yumi était à terre en train de se tenir le ventre, les yeux exorbités et respirant avec grand bruit. Elle était terrifiée par une telle démonstration de force de la part de ce « monstre » qui n’avait encore rien dit du tout, elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour ne pas le montrer. A force de reculer, elle finit par se retrouver contre un scanner, il n’y avait plus d’échappatoire. En désespoir de cause, elle attrapa une des deux moitiés de la barre de fer qui était à ces pieds. Elle la serra fort dans ses mains et se précipita sur le garçon. Mais, aussi rapidement de l’éclair, il saisit sans mal l’arme d’Aelita avant l’impact. Il écarta l’objet puis agrippa la malheureuse au cou, la soulevant à quelques centimètres du sol.
_ Aelita !! cria Jérémie du fond de la salle
La fille aux cheveux roses tentait désespérément de se dégager de l’emprise du monstre, lorsqu’il parla enfin. C’était une voix qui n’avait rien de naturel, comme si plusieurs personnes parlaient en même temps.
_ C’était facile !
Aelita commençait à étouffer, quand soudain, tout s’arrêta. La lueur émeraude dans les yeux de l’adolescent disparut, une sorte de voile noirâtre s’échappa de son corps puis il s’écroula, inerte, lâchant Aelita qui retomba durement sur le derrière. Après avoir repris sa respiration, elle récupéra la lampe de poche qu’elle avait faite tomber et alla regarder prudemment le corps. Jérémie et Yumi qui s’était remis de leurs chocs virent la rejoindre.
_ Qu’est ce que tu as fait ? demanda le petit génie
_ Rien, rien du tout ! Il était près à m’étrangler, mais il s’est effondré tout seul !
Mais qu’est ce que XANA veut ? intervint Yumi. S’il veut ta mémoire il a tout intérêt à pas te faire de mal !
_ Yumi… Je n’ai pas senti la présence de XANA en lui !
Quoi ?! s’exclamèrent les deux autres
_ Mais il y a qu’un spectre de XANA qui puisse prendre possession d’un corps humain ! Ils ne peuvent pas agir d’eux-mêmes ! répliqua Jérémie
Il prit la lampe des mains d’Aelita et examina brièvement le jeune homme, voyant si ses pupilles réagissaient et en prenant son pouls.
_Comment il va ?
Son cœur bat toujours mais ses muscles ne réagissent plus, il est dans le coma !
Ils se levèrent et s’éloignèrent.
_ Jérémie, fit Aelita, on devrait retourner au collège, Ulrich et Odd en savent peut être plus.
_ Et je commence à m’inquiéter pour eux vu qu’il n’y plus de réseaux ! continua Yumi
_ D’accord. De toute façon il vaut mieux pas rester ici, si ce qui a envoyé ce possédé sait qu’on est ici !

Pendant ce temps, à l’infirmerie.
Odd somnolait à moitié, le torse enveloppé dans un grand et long bandage, regardant par la fenêtre la lune briller. Juste à côté du lit où il était allongé, Ulrich se tenait debout, bandé de la même façon que son ami. Il avait son portable à l’oreille.
Le blondinet le suivit vaguement du regard tandis qu’il vint s’asseoir sur le lit à côté du sien, grimaçant légèrement à cause de son ventre qui le faisait encore légèrement souffrir.
_ Comment tu te sens ? demanda t il
_ Ben, je pense pas que j’aurais envie d’affronter une armée de zombie de sitôt, mais ça peut aller !
Il fit une petite pause pour se redresser, appuya sa tête contre le mur.
« Des nouvelles des autres ? »
_ Plus de réseau, alors j’ai rien pu faire ! Y a plus qu’à attendre qu’ils s’inquiètent pour nous et qu’ils reviennent !
Un grand silence s’installa entre les deux adolescents. Qu’allait il se passer à présent ? Si c’était encore une stratégie tordue de XANA, il n’allait certainement pas en rester là.
Ulrich regarda sa montre : Il était 1 heure du matin. Cela l’amena à réfléchir sur ce qui s’était passé au gymnase. Le temps continuait à s’écouler normalement, pourtant les humains possédés par XANA restaient bloqués dans le temps, comme lorsqu’un retour vers le passé était en train de se dérouler. Mais ça ne concernait peut être pas que les humains, cette panne de courant en témoignait. Mais tant qu’ils n’auraient pas de nouvelles de leur compagnons à l’usine, il valait mieux pour eux qui ne tentent rien tout seuls. Odd allait quelque peu s’assoupir lorsqu’il sentit une forte vibration au travers du mur sur lequel sa tête reposait, ce qui le fit sursauter.
_ Ben alors, t’as des spasmes, maintenant ? s’étonna Ulrich
_ T’as rien entendu ? fit il sans répondre
_ Quoi ?
_ Y a un truc qui a bougé ! On dirait que ça venait du couloir !
_ Hein ? T’es sûr ?
Intrigué, il n’attendit pas plus longtemps pour enfiler à nouveau son pull mauve et se diriger vers la porte de l’infirmerie, Ulrich le suivit en remettant sa veste. Sans bruit, le blondinet entrouvrit la porte et regarda dans le couloir. Ne voyant rien, il s’avança dans la pénombre la plus totale, Ulrich ferma la porte derrière lui. Il n’y avait apparemment pas le moindre signe d’anormalité.
_ T’as du rêvé mon vieux Odd !
_ Je comprends pas ! J’ai pourtant bien sentit quelque chose !
Soudain, le jeune homme en vert intima le silence à son ami. Il lui fit discrètement signe de se retourner, ils virent une chose pour le moins étrange : De l’autre bout du couloir qui se finissait par un virage apparut soudain une lumière émeraude, elle avançait lentement et les atteindrait sûrement bientôt. Cette lueur était inquiétante.
_ Je propose qu’on se tire par l’autre côté ! dit Odd
_ Bonne suggestion !
Marchant sur la pointe des pieds pour ne pas éveiller l’attention, il se dirigèrent vers la sortie à l’opposé de la lumière et sortirent dans la cour. Une fois dehors, Odd rouvrit légèrement la porte pour voir à quelle distance se trouvait ce qui les suivait : Ca avait disparut !
Il ne restèrent pas là une seconde de plus et s’en allèrent vers l’internat, observant constamment autour d’eux pour éviter d’autres mauvaises surprises. Une fois aux pieds du bâtiment, Odd eut une idée.
_ La chambre d’Einstein ! Il a laissé son ordi allumé quand on est parti ! On saura peut être quelque chose !
_ Bonne idée, mais tu sais te servir de son ordi ?
_ Bah, ça doit pas être sorcier !
_ Tu veux pas plutôt que je…
_ Laisse tomber Ulrich, t’es encore plus nul en informatique que moi ^^
_ Sympa !
Ils entrèrent discrètement, en prenant soin de fermer la porte derrière eux. A quelques mètres au dessus, une forme humaine. Accrochée au mur telle une araignée, ses yeux se mirent à briller d’une lueur verte inquiétante. A u travers des fenêtres, elle suivit pas après pas la progression de nos deux amis dans les escaliers. Elle se dirigea ensuite vers la fenêtre de la chambre de Jérémie et attendit qu’ils fassent leur apparition. Lorsqu’ils entrèrent, l’ordinateur portable du petit génie était encore connecté à Lyoko, c’est la brillante déduction que fit Odd après avoir vu l’image de la Tour activée par XANA. Ce dernier s’installa en tailleur sur le lit pour essayer de la faire fonctionner. Pendant ce temps, Ulrich se posta devant la fenêtre, pour guetter l’arrivée éventuelle des autres.
Le mystérieux observateur dut sauter de sa position pour ne pas être repéré. Il fit un bond de 8 mètres de haut et retomba avec perfection sur ses jambes. Il contourna alors rapidement le bâtiment pour échapper à la vigilance d’Ulrich.
C’était une fille, ses cheveux étaient longs et noirs, coiffés d’un serre-tête jaune. Elle était tout de rose vêtue avec quelques nuances : Sissi. Elle prit son téléphone en main et le décrocha. Sa voix était caverneuse, plusieurs personnes semblaient parler en même temps.
_ Ils sont à l’internat, ils essaient d’accéder à Lyoko. Est-ce que j’interviens ?
La voix qui lui répondit était de même type, mais elle ressemblait à une voix d’homme.
_ Non. Attends simplement que les autres reviennent et ne fais rien jusque là. De toute façon, ils ne pourront rien faire avant que Belpoix ne soit là. N°5 a dit qu’il devrait être sur toi d’ici 10 minutes. ELLE est avec eux.
_ Je suis le plan comme prévu ?
_ Oui, mais n’oublie pas : Ne quitte pas l’hôte actuel trop tôt pour que le corps ne soit pas découvert trop vite, ni trop tard pour que le nouvel hôte ne s’aperçoive pas de ta présence. Tu observeras leurs agissements jusqu’à nouvel ordre et tu nous en rendras compte le plus discrètement possible. Notre plan ne doit absolument pas être entravé pour le moment.
A cet instant, la fille possédée vit des choses bouger au milieu des arbres du parc du collège. Plusieurs formes paraissaient sortir de terre.
_ N°6 ? reprit la voix au téléphone
_ Ils viennent d’arriver, N°2 !
_ Très bien, procède comme prévu.
Il raccrocha. La salle dans laquelle il se trouvait immense, sphérique et impressionnante. Un assemblage de passerelles métalliques se rejoignait autour d’un pilier central fait de centaines de composants informatiques. Au dessous s’étendait sans que l’on puisse en voir le fond, un énorme réacteur, fait pour alimenter en énergie le complexe dans la totalité. Il régnait en permanence dans cette salle le bourdonnement qui émanait de cet amas de technologie de pointe… Le plus puissant et le plus grand complexe informatique qui n’est jamais existé.
De l’homme qui se tenait au bord d’une des passerelles, on ne pouvait en voir que la tête, coincé entre lumière et obscurité. Il semblait avoir dans la 50ène, les cheveux et une barbe grisonnants, ainsi qu’une petite moustache noire. De ses petites lunettes ovales faisaient ressortir ses yeux, vert et lumineux. Ce visage sévère, bien des collégiens de Kadic le connaissait déjà. Bien que la volonté qui l’habitait n’était plus la sienne, il gardait les mêmes expressions. Il se dirigea vers la sortie de la salle, lorsque que le lourd sas d’entrée s’ouvrit. Une vive lumière émanait de la pièce par laquelle il était arrivé, à tel point que le contre jour ne permettait de voir de cette personne que la silhouette ombragée. Sa voix était normale, banale même. Aucune lueur étrange n’émanait de ses yeux.
_ Comment le plan avance, N°2 ? demanda t il
_ N°6 va passer à la phase suivante d’ici peu de temps.
_ Bien. Où en est le générateur ?
_ Il fonctionne à 70 % de sa capacité.
_ Alors faites vite ! Il doit être en mesure de fonctionner à 100 % le plus tôt possible !
_ Mais l’énergie nécessaire pour maintenir les hôtes sous contrôle est considérable, même avec la source Xanadu et toutes les autres puisées en ville !
_ Ce sont des détails ! Pourquoi N°7 et N°8 ne sont pas encore prêts ? s’énerva l’homme
_ Xanadu est maintenant à son plus bas niveau, ce la rend leur matérialisation difficile.
_ Accélérez la cadence ! Je ne tolèrerai pas que la phase suivante soit retardée à cause de vos petites difficultés ! L’arrêt de la bulle temporel ne doit pas se prolonger à delà de la limite ! le temps joue contre nous, N°2, le programme « spectre » de Xanadu combiné à Mon programme ne pourra pas vous maintenir dans le monde physique indéfiniment !
_ Le Supercalculateur est faible, alors pourquoi ne pas augmenté sa puissance enfin de nous en servir ?
_ Simplement parce que je ne peux pas lui permettre d’interférer dans mes plans en lui accordant trop de puissance. S’il n’est pas désactivé, c’est uniquement parce que ELLE et vous tous ne pouvez pas survivre sans lui pour le moment.
L’homme s’avança vers une des passerelles jusqu’au bord de l’immense fosse, sans pour autant exposer son visage à la lumière. XANA faisait pâle figure à côté de cette monstruosité d’informatique dont on ne pouvait voir le coeur. La seule différence entre les deux, fut que ce complexe n’avait pas une intelligence artificielle aussi développée que XANA et ne pouvait donc pas agir de lui-même. Elle se contentait de suivre les ordres de son créateur.
Les pensées de cet homme étaient floues, ces plans mettaient l’avenir du monde en jeu, il y avait un risque énorme… Mais le but final était beaucoup trop important pour lui, il avait consacré ses 15 dernières années à ne penser qu’à cela, il était bien trop tard pour y changer et pour laisser qui que se soit y changer quelque chose. Cependant, un doute, agaçant, se promenait encore dans son esprit… Et si elle décidait que non… Si le sacrifice était trop grand pour elle… Que ferait il à ce moment ?... Mais il saurait la convaincre… Il y arriverait … Ce qu’il y a à gagner est bien plus important que ce qu’il y a à perdre pour eux deux…
Il fut interrompu dans ses pensées par son subordonné.
_ N°9, N°10 et N°11 ont investit l’usine, elle est sous contrôle.
_Bien. Je veux qu’ils surveillent Xanadu jusqu’à ce que la 3ème phase soit achevée. fit l’homme, essayant de cacher une tristesse soulevée par de douloureux souvenirs
_ N°6 nous informera de tout mouvement suspect une fois qu’il se sera emparé du nouvel hôte.
L’homme repartit vers la porte s’où il était entré et dit :
_ Prévenez moi de ce qui ce passe, je retourne à mon bureau.

Les 3 adolescents arrivant de l’usine furent vite repérés par Ulrich qui était aux aguets depuis la chambre de jérémie. Une fois sur place, Jérémie fut surpris de voir Odd essayer en vain de tripoter à son ordinateur portable pour accéder aux données de Lyoko. De peur qu’il ne fasse une mauvaise manipulation, il prit l’objet de ses mains et s’installa à sa place et continua ce qu’avait tenté de faire le blondinet, tandis que les autres s’occupaient à se raconter mutuellement ce qui leur était arrivé.
La porte de la chambre était restait entrouverte, permettant à l’espionne d’observer leurs actions. Aelita, Yumi et Ulrich firent le rapprochement entre les deux étranges lumières vertes dans les couloirs du collège et le mystérieux agresseur d’Aelita à l’usine.
_ C’est ça que je comprends pas, fit Yumi. On était à sa merci, et non seulement il ne nous a pas achevé, mais il n’a même pas cherché à ramener Aelita sur Lyoko !
_ Et ce qu’on a vu, Odd et moi, s’est carrément volatilisé au lieu de nous poursuivre !
_ Là, c’est sûr ! Si XANA a cherché à nous embrouiller, il a réussi son coup !
_ Tout ça n’a aucun sens ! fit Aelita. XANA veut ma mémoire, mais on dirait qu’il fait tout pour juste nous faire peur. En plus, il fait tout pour nous faire croire que c’est pas lui qui est derrière tout ça !
_ Justement… C’est parce que c’est pas lui…




Chapitre III Double Jeu




Tout le monde se tourna vers Jérémie, effarés par ce qu’il venait de déclarer. Sissi entrouvrit un peu plus la porte de la chambre.
_ C’est pas XANA qui a déclenché ça ! répéta t il
_ Alors si tu nous disais exactement ce qui se passe Einstein, ça serait mieux !
_Regardez ce que j’ai trouvé !
Tous ces amis se mirent à côté de lui sur le lit, observant attentivement ce qu’il avait à montrer.
_ J’ai pas pu accéder à Lyoko, mais j’ai pu sortir la journal des événements de la mémoire interne du Supercalculateur. Ca indique que l’ordinateur de l’usine a été piraté juste au moment ou le retour vers le passé s’est fait !
_ Mais c’est impossible de pirater un système aussi complexe que XANA en quelques secondes ! Tu es sûr de ce que tu as trouvé ? s’étonna Aelita
_ Oui je suis sûr ! D’après le journal, un compte à rebours s’est déclenché une minute avant que ça se produise. Ca veut dire que ce coup là était prévu depuis longtemps ! Quelqu’un a implanté un genre de virus là dedans !
_ Et tu as pas une idée de qui est ce « Quelqu’un » ? demanda Ulrich
Pas vraiment, non. Au début, j’aurais pensé à Hopper lui-même… Mais après tout ce que j’ai vu sur lui dans ce qu’il a laissé, c’est vraiment pas son genre de risquer la vie des gens comme ça.
Un léger frisson traversa Aelita lorsqu’elle entendit le nom de Hopper. Seul Odd pu le sentir, étant assis juste à côté d’elle, mais il ne dit rien.
_ Ce truc a également réduit les fonctions de XANA au minimum, l’énergie que la pile nucléaire lui fournit l’a été aussi.
_ Donc XANA est une gêne pour celui qui a fait tout ça, intervint Yumi. Alors pourquoi il l’a pas carrément éteint ?
_ Les spectres… Il faut qu’il maintienne XANA en fonction pour s’en servir et…
_ Et quoi ? dit Odd
_ Rien…
Il n’osait pas le dire, mais après ce qu’il avait vu à l’usine, il avait de sérieux doutes pour lesquels leur mystérieux ennemi avait intérêt à capturer Aelita. Celle ci intervint à son tour.
_ C'est vrai que si même XANA a des fois des stratégies plus que tordues, il ne raterait pas une si belle occasion de me ramener sur Lyoko et de me m'amenerà la méduse... Mais lest il es trop faible pour qu'il puisse faire quoi que ce soit par lui même.
A ce moment, l'espionne décida qu'il était temps de mettre à exécution les ordres qu'on lui avait donné. Elle laissa la porte entrouverte et se dirigea vers une chambre un peu plus loin dans les couloirs. Elle posa sa main sur la poignée et l'arraché d'un coup sec comme si c'était du bois mort, puis elle fit sortir la porte de ses gonds et la jeta dans le couloir. Elle entra et s'allongea sur le lit. Il fallait à présent attirer l'attention des autres. La parasite quitta de manière violente son hôte afin de lui arracher un cri, puis le spectre partit se réfugier dans une prise de courant de la pièce. Il savait qu'ELLE allait venir...
Aelita se leva d'un bond, surprise.
_ Vous... vous avez entendu ?
Jérémie se leva à son tour et s'approcha d'elle pour la rassurer. Yumi prit sa lampe de poche et se dirigea vers la sortie de la chambre.
_ Qu'est ce que tu fais ? dit Ulrich
_ Y a peut être encore quelqu'un d'autre dans le collège, il faut aller voir tout de suite !
_ Je viens avec…
_ J’y vais seule !
_ Mais si c’était un piège !
_ Je crierais !
Yumi ouvrit rapidement la porte Et la referma rapidement derrière elle, sans laisser le temps à ses amis de contester. Elle savait qu’elle venait peut être de faire une bêtise, mais c’était ainsi. Elle était l’aîné, elle ne voulait pas dépendre des autres en cas de problème, et ne voulait pas non plus y entraîner ses amis lorsqu’elle pouvait faire autrement, même pas Ulrich. C’était sa nature. Elle s’écarta de la porte en allumant sa lampe de poche et s’enfonça dans l'obscurité de l'internat.
Vides, noirs et étroits, les couloirs du bâtiment, privés même de la lumière des balises des sorties de secours paraissaient, aussi lugubres qu'un labyrinthe infesté de monstres. Même en essayant de ressembler toutes les pensées positives que contenait son esprit, elle n'était pas à l'aise, c'était cette ambiance sombre et oppressante et l'idée qu'il puisse traîner dans ces couloirs une chose plus dangereuse qu'une monstre de XANA dans ses couloirs. Soudain, au détour d’un couloir, elle marcha sur quelque chose de dur qui craqua sous son pied : Un morceau de bois. En regardant plus loin avec sa lampe de poche, elle vit d'autres morceaux éparpillés un peu partout et une autre chose plus inquiétante, la porte de la chambre juste en face, complètement cassée arrachée de ses gonds. Elle repensa à ce qu'avait dit Ulrich, au sujet d'une créature qu'il aurait vaguement aperçu près de l'infirmerie... Une créature ayant déployé une telle force brute ne devait pas être humain. Elle éteignit sa lampe et jeta un rapide coup d'oeil discret à l'intérieur, se préparant à un éventuel combat. Il n'y avait rien d'anormal à première vue, mais en regardant plus attentivement, elle vit quelqu'un allongé sur lit, dans l'ombre que la lune ne pouvait éclairer : Sissi.
Elle s’approcha en douceur, toujours méfiante, puis elle l’examina rapidement. Elle était allongée sur le côté, une expression de terreur sur son visage, comme si elle faisait un cauchemar, un bras le long du corps, l’autre pendant du lit. Elle ne semblait pas porter de blessure, ni même de marque de coup. Cependant, Yumi avait beau la secouer, elle ne réagissait pas.
_ Sissi, hé ho ! Sissi, tu m’entends !? dit elle en essayant de la réveiller
Il n’y avait rien à faire. Son cœur battait toujours, mais ses muscles n’avaient plus aucune réaction, comme si…
Pendant qu’elle était toujours penchée, une ombre noire sortit d’une prise de courant derrière elle, elle sentit soudain son sang se glacer et se retourna en un bond. Ses mains tremblaient, mais elles étaient prêtes à l’attaque. Elle réalisa alors ce qu’il se passait en réalité dans cette pièce.
« Faut que je sorte et vite ! Ca sent le piège ! » pensa t elle
Elle courut en dehors de la chambre, mais elle fut saisit à la gorge par une force invisible. Elle en laissa tomber sa lampe en essayant de se débattre, mais cette force était insaisissable. Elle commençait à étouffer, sa vue se troublait, elle voulait appeler au secours, mais sa voix était réduite au silence.
« J’aurais dû… j’aurais dû demander… de… l’aide »
Dans la chambre, pendant que Jérémie, Odd et Aelita avaient les yeux rivés sur l’écran de l’ordinateur. Ulrich faisait les cents pas.
_ Rhaa ! J’aurais dû insister !
_ T’inquiète vieux ! Elle a été un peu rapide à décider, mais elle sait quand se défendre toute seule, ta chérie !
_ Oh, toi ça va ! fit il brusquement
_ Calme toi Ulrich, elle va revenir dans certainement pas longtemps ! intervint Aelita
Sur ces mots, la porte s’ouvrit sur une silhouette noire, qui entra dans la chambre, éclairé par la lampe du blondinet qui fut immédiatement braquée sur elle.
_ Hé doucement Odd ! Ca fait mal aux yeux !
_ Oups ! Désolé Yumi !
Le visage d’Ulrich s’éclaircit soudain d’un sourire soulagé. S’ils avaient été tous seuls, il ne douterait pas de ce qu’il aurait fait, mais dans le cas présent, il se contenta de dire :
_ Content de te revoir !
_ Aucun problème, je suis pas allée au bout du monde ! ^^
Jérémie leva la tête de son écran un instant et salua la japonaise avec le même sourire, puis demanda :
_ Tu as trouvé quelque chose ?
_ Oui, c’était Sissi qui avait sûrement crié. Je l’ai trouvée allongée sur un lit dans une chambre qui n’était pas la sienne ! A mon avis, vu l’état des lieux, un de ces spectres a dû passer par là ! Elle avait l’air d’être dans le coma !
_ Comme le garçon de l’usine ? fit Aelita
_Oui…
_ Et aucun signe du spectre lui-même ? reprit Jérémie
_ Rien, je pense qu’il a été forcé de l’abandonner !
_ Chouette ! On a plus seulement des zombies balèzes, mais plus on a un fantôme en liberté ! commenta Odd
_ Vaut mieux pas rester ici ! dit Ulrich en se tournant vers la porte et Yumi
Jérémie referma son PC portable et le mit dans sa sacoche, puis il prit cette dernière en bandouillère.
_ De toute façon, on a plus besoin de rester ici !
_ On va où alors, à l’usine ? dit Yumi
_Non, au complexe pétrochimique !
_ Au… au complexe ?
_ Pendant que tu chassais les fantômes, Einstein a trouvé un truc intéressant !... Euh, c’était quoi ?
_ Une source d’énergie ! Cachée dans les limites de la ville !
_ Explique !
_ Voilà : On sait que XANA n’est soit pas seul responsable de ce qui arrive, soit il n’y ait carrément pour rien ! Mais le programme à retardement dans l’ordinateur de l’usine n’avait pour but que d’exécuter un programme précis et ne pouvait pas être responsable à lui tout seul ! C’est qu’il y avait donc au dehors de l’usine quelque chose d’autre qui devait communiquer avec XANA, et je suis sur une piste !
_ Ce qui doit se trouver dans le complexe pétrochimique est certainement un point de relais qui a servi à agir sur toute la ville, continua Aelita. Si on arrive à extraire les infos contenues dans ce point de relais, on devrait savoir enfin où se trouve celui qui a assisté XANA pendant l’attaque…
_ Et celui par qui il a était double comme un bleu, ensuite ! finit Odd
_ Ok ! Je descends à l’entrée du bâtiment, je vous attends là !
_ Mais Yu…
Ulrich n’eut pas le temps de finir sa phrase, que la japonaise était déjà sortie de la chambre. Elle parcourut les couloirs jusqu’à la sortie dans le noir complet, sans allumer sa lampe. Une fois arrivée, elle sortit son portable et composa un numéro qui n’était pas dans son répertoire.
_ Ici N°6, le nouvel hôte a été pris comme prévu, mais il y a un problème.
_ Quel est il ?
_ Les autres s’apprêtent à se diriger vers le point de relais N°3. Est-ce que je dois les empêcher d’agir ?
_ Au contraire, facilite leur la tâche autant que possible, qu’ils s’y dirigent même le plus vite possible, je vais envoyer N° 7 et 8 sur place dès que cela sera possible. Une fois que vous y serez tous, capturez LA… Mais fait surtout très attention à ne pas lui faire de mal. C’est compris ?
_ Compris...
Elle raccrocha, ses yeux brillèrent d’une lumière émeraude intense, puis elle disparut en quelques instants.
Pendant ce temps, les autres descendirent plus prudemment les escaliers, éclairés par la lampe de Odd. Aelita se serra contre Jérémie, elle frissonnait légèrement.
_ Qu’est ce qui ne va pas ? demanda t il
_ Je ne sais pas… J’ai un mauvais pressentiment… Je n’en ai jamais eu d’aussi mauvais.
Jérémie prit Aelita par la taille, comme pour la rassurer.
_ Je suis là Aelita, on est tous là. On a tout fait pour que tu sortes de Lyoko et que tu deviennes comme nous. On laissera jamais disparaître ce pour quoi on s’est tous battu, ni toi avec. Je…
Il hésita un instant sur ce qu’il allait dire, puis il reprit avec un léger tremblement dans la voix, laissant penser qu’il voulait au départ dire tout autre chose.
_ Je laisserais ni XANA ni personne te faire de mal, jamais.
Elle releva la tête et regarda Jérémie. Elle lui sourit, puis il lui rendit son sourire. Jérémie se dégagea, mais Aelita lui attrapa la main et la serra dans la sienne, avant qu’il ne puisse s’éloigner d’un centimètre de plus. Ils ralentissaient, tandis qu’au devant, Ulrich et Odd se retournèrent un instant.
_ Hé ho les tourtereaux ! On vous attend !
Cela fit sursauter légèrement Jérémie qui ne put se retenir de rougir l’espace d’une seconde. Cependant, il fallait qu’ils se pressent. Après les spectres, qui c’est ce que le mystérieux organisateur de cette mascarade préparait ensuite.
Quelque part en ville, un homme travaillait dans son bureau. Il n’y avait aucune fenêtre, aucune autre ouverture dans cette pièce que la porte. L’endroit paraissait moderne, on aurait dit l’office d’un militaire haut gradé. Il était assis sur un siège de cuir, avec devant lui un ordinateur fixe lequel il travaillait d’arrache pied sans s’arrêter un instant, ses yeux sous ses lunettes rondes suivant le rythme de ses doigts sur les touches tel un virtuose du piano suivant sa partition. Puis il s’arrêta soudainement, quitta précipitamment son siège et sortit de la pièce en direction du Dôme.
Il allait devoir accélérer ses plans, cela l’arrangeait plutôt, mais il avait tout de même horreur d’avoir à faire face à des imprévus. Arrivé à destination, il vit N°2, les mains jointes dans le dos au bord d’un passerelle.
_ Qu’y a-t-il ? fit il sans se retourner
_ Où en est le générateur ? dit l’homme, sans répondre
_ Il fonctionne à présent à 88 % de son potentiel.
_ Lancez la matérialisation définitive de N°7 et N°8, je vous avoir besoin d’eux plus vite que prévu. Et ensuite, programmez la phase 2 et lancez là le plus vite possible !
N°2 se retourna, la lueur émeraude dans ses yeux s’intensifia, mais l’homme aux allures de scientifique ne le laissa pas le temps de répliquer.
_ La situation bascule en notre faveur, mais le temps presse ! Tant pis s’ILS s’aperçoivent de ce que nous nous apprêtons à faire, il n’y a plus un instant à perdre !
Malgré le ton dur qu’il venait d’employer, l’homme pensait à nos amis avec un étrange sentiment, voulant surtout qu’il en sachent le moins possible jusqu’à ce que son projet soit au point, mais voulant éviter de leur faire du mal si cela était encore possible…
N°2 demanda alors simplement :
_ Votre ordre ?
_ Arrêt Total !


La suite dans quelques temps...
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Lyokomodératrice

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Message 17 Jan 2006, 14:01

j'y pensait justement il y a deux jours à ta fameuse fic qui devait arriver bientot ^^ super debut (: on se demande ce que sont ces choses qui prenne les corps...par contre j'ai trouver un peu brouillon le moment ou les lumiere s'eteigne,j'ai du relire deux fois pour comprendre. bon recopiage ;)

Tueur de Krabes

Messages: 734

Inscription: 04 Sep 2005, 09:46

Localisation: Bah tiens, devant mon écran, quelle question ! ...

Message 17 Jan 2006, 21:21

Une Fic prenante, originale, avec une ambiance très proche de la série, elle se lit sans décrocher !
Vivement la suite.
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Sergent-chef des lyokauteurs

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Message 17 Jan 2006, 23:23

Avant tout, je voudrais faire remarquer quelque chose qui ne m'étonne pas, c'est que, contrairement à une résolution que tu avais prise, tu n'as pas posté en une fois. Et c'est compréhensible, vu la longueur que menace de prendre cette histoire. Du coup, je me demande si tu as bien fait d'en poster autant du premier coup, et si tu n'aurais pas du écheloner ton postage, chapitre par chapitre, histoire de nous tenir en haleine et me mettre très en colère parce que je déteste quand on fait ça, mais que tout de même, c'est un bon moyen pour faire tenir la tension à son comble. Cependant, il faut bien admettre que cet énorme morceau contient toute la mise en place de l'action, qui se fait longuement, de manière diffuse, oppressante.
J'ai beaucoup apprécier cette lenteur que tu te donne la peine de prendre, toi qui aime enchainer les scène de pure crise à un rythme effréné. Ici, l'immobilité, l'obscurité, la solitude, tout est en place et rien ne bouge. C'est progressivement que la cause du problème se révèle. L'ambiance est lourde, angoissante. Tout est dans la lenteur.
Naturellement, le style s'adapte, et les phrase sont travaillée, rythmée exactement comme l'ambiance le nécessite. Tu utilise soudain des tournures que tu n'as pas coutume d'utiliser (excepté dans "Entre amour et folie" ou "Zéro absolu"). Les mots ne servent plus uniquement à décrire l'actions, ils font l'action en renforçant l'ambiance. La psychologie des personnage est décrite et détaillée avec une minutie telle qu'on ne respire plus. (Merci pour la grande scène de Yumi, vu que je t'ai demandé de lui donner un peu plus de rôle dans tes fics, c'est une scène magnifique, et très forte émotionnellement)
Ce qui m'ammène à une remarque que j'ai l'impression de faire si souvant que je devrais l'enregistrer. Mais POURQUOI l'introduction est-elle si longue ? Ce n'est qu'une banale scène d'action comme on en voit si souvent, qui n'a aucun intérêt, puisque l'on sait que la véritable histoire n'a pas commencé, et que d'ailleur, ce serait bien qu'elle commence bientôt, avant qu'on décroche. Je tiens à dire, d'ailleur, qu'à part toi, personne ne pourrais se permettre de nous jouer des tours pareille, parce qu'on sait à quoi s'attendre avec toi, on sait que ça vaut la peine d'attendre, et on attend, on attend. Et toi, tu le sais, bien sûr, et tu nous fait poireauter au delà des limite du supportable. Mais bon, même pour un génie, commencer son histoire avant la cinquantième page du livre se révèle souvant une bonne idée. A bon entendeur.
Je gage que l'histoire va s'éloigner un peu de l'univers de code Lyoko, aussi, je te met en garde pour que ça ne s'en éloigne pas trop, et que ça ne devienne pas Annimorph (série de roman ou une bande de jeune se battent contre des être qui possèdent les humains exactement comme ceux que tu introduit, même s'ils ne sont visiblement pas de même nature)
Cependant, l'on te retrouve, dans cet ambiance post appocalyptique, digne de toi-même. Ce qui m'énerve le plus, c'est de constater que tu as ENCORE progressé dans le style... Tu devrais t'arrêter, à un moment, quand même. Laisse un peu de génie aux autres.
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Râleur de légende

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Message 22 Jan 2006, 17:25

Chapitre IV : Evasion



Nos amis avaient passé la grille principale du collège restée grande ouverte, le froid la nuit commençait à se faire sentir en cette approche de l’automne. Jérémie était en tête du groupe avec Ulrich, tout deux lampes torche à la main. Derrière eux, tout près, se tenaient Aelita et Yumi, ainsi que Odd au milieu. Dépourvus de la lumière des lampadaires, les rues de la ville étaient lugubres, seule la faible lueur de la lune et leurs lampes pouvaient à présent éclairer leur chemin. Jérémie tressaillit lorsqu’il vit un homme se balader dans la rue : Il était immobile, figé comme une statue, Ulrich s’approcha de lui sous les protestations de Yumi, mais il n’y avait rien à craindre, c’était comme si le temps s’était arrêté pour lui, tout comme la horde de collégiens à laquelle Odd et Ulrich avaient échapper de justesse. Ne pouvant encore rien faire, ils continuèrent leur route en direction du complexe pétro chimique. Ils croisèrent, avant d’atteindre la périphérie de la ville, quelques hommes et femmes dans le même cas. Tous se rapprochèrent les uns des autres pour se rassurer un peu, face à cette ville fantôme, devenant un immense musée des horreurs au fur et à mesure qu’ils avançaient.
Jérémie, lui, se focalisait sur des pensées rassurantes, à aussi sur cette fameuse source d’énergie, avec laquelle il espérait bien tirer le fin mot de cette histoire. Ulrich, lui se concentrait sur Yumi, la regardant parfois discrètement derrière lui. Bizarre, tout de même… Lorsqu’il l’observait attentivement, elle avait l’air insensible à toute forme de peur, restant figée dans une expression indéfinissable. Pourtant, il ne lui connaissait pas une telle neutralité d’esprit, même si elle n’avait pas tout à fait la même façon de penser que la plupart des européen… Etrange, oui. Cependant, il fallait avancer, ne pas trop se retourner pour ne pas perdre de temps, et en finir avec cette sombre mascarade le plus vite possible.

L’usine était silencieuse, silencieuse comme la mort. Pourtant, il y rodait un peu partout des collégiens, les yeux brillant d’une étrange lumière, couleur émeraude. Ils devaient être 10 en tout, faisait des rondes régulières et examinant chaque recoins, telles des sentinelles, guettant le moindre signe de vie. A l’intérieur de la salle des scanners, ne régnait que leur bourdonnement léger, semblable à de grands réfrigérateurs. Un seul gardien était sur place.
Tout était calme depuis que nos amis avaient quitté l’usine. Mais soudain, un bruit interpella l’adolescent possédé : Un vrombissement provenant du scanners du milieu. Les lumières de la salle s’activèrent soudain, alors qu’elle était toujours plongée dans le noir. Le collégien se posta devant le sarcophage doré, qui ne tarda pas à s’ouvrir dans une gerbe de lumière aveuglante. Un jeune homme apparut, il tomba en avant sur les mains en haletant, le transfert l’ayant visiblement épuisé. Les spectres avaient pour ordre d’éliminer tout intrus qui n’était pas de la bande de nos amis, et, profitant de la faiblesse apparente de cet « intrus », il abattit son poing droit sur sa tête… Mais il fut bloqué par une parade du plat de la main. Reprenant quelques forces, le garçon releva la tête vers son adversaire et se leva sur ses deux jambes. Son ennemi avait beau forcer, les yeux luisants de plus en plus intensément, il n’arrivait plus à bouger, ni à dégager son poing. Le garçon dévia brutalement le coup, si violement que le possédé fit un ¼ de tour vers la droite, puis il lui asséna un direct en pleine figure, l’éjectant à 5 mètres en arrière. Avant qu’il ne puisse se relever, le jeune homme du scanner s’approcha de son visage, il déganta sa main et la tendit. Une multitude de petites décharges sortirent de sa main et pénétrèrent dans le corps du possédé par ses yeux. Juste avant de sombrer dans l’inconscience, ses yeux redevinrent normaux, la lueur verte s’estompa, comme lorsqu’on éteint une lampe. Le garçon trembla légèrement et retomba à 4 pattes sur le sol métallique, à nouveau épuisé. Il venait d’empêcher le spectre de s’échapper du corps de son hôte enfin de ne pas prévenir les autres, mais au prix d’une énorme quantité d’énergie. Enfin, il se relava, les néons de la salle n’éteignirent à nouveau, seul l’intérieur du scanner ouvert restait illuminé, plaçant le visage du jeune garçon dans un contre jour artificiel.
Ce garçon, tous nos amis le connaissait, mais ne l’avait pourtant jamais vu en personne : Un beau visage à l’air sévère, des cheveux mi-longs et blonds, un physique athlétique, une chaude vareuse rouge et des gants noirs de motard : XANA.
Le centre nerveux du Supercalculateur avait été infiltré par ce mystérieux allié qui l’avait aidé à prendre le contrôle presque total des élèves du collège, et par là, il était au courant de ses plans. Trahi… XANA supportait cela moins que quiconque. Cependant, il se sentait faible, il était terriblement faible. Ces créations, ses spectres volés par cet homme… Il ne pouvait pas laisser faire ça ! Mais la seule aide qu’il pouvait espérer était celle de ses ennemis jurés. C’était une immense épreuve pour lui, car l’intelligence artificielle allait devoir apprendre ce qu’était « l’humilité », mais il n’avait pas d’autre choix, c’était ce que son instinct de survie lui dictait.
Il fallait d’abord qu’il quitte l’usine pour les prévenir. Eux ne savaient presque rien, mais XANA n’en savait pas tellement plus… Le but de l’homme contrôlant les spectres était de capturer Aelita, mais il ignorait totalement ce qu’il comptait en faire. Il ne fallait pas que cela se produise ! Sans Aelita, XANA n’aurait plus aucune raison de rester branché ! Il ne fallait pas !
Il s’avança dans le noir vers l’ascenseur et remonta par les échelons de secours jusqu’à la cathédrale de verre. Il leva timidement la tête au dessus du niveau du sol, il se baissa aussitôt : Un jet de lumière provenant d’une lampe torcha le frôla. Il regarda ensuite attentivement la grande salle de long en large. Il y avait 4 sentinelles aux aguets marchant et observant les alentours, 2 autres montaient la garde du côté intérieur de l’entrée de l’usine et 2 dernières du côté extérieur. S’il neutralisait un des ces gardes, il serait obligé de faire de même avec les 7 restants. Mais il était déjà bien trop faible pour utiliser ses pouvoirs seulement deux fois de suite, il devait trouver un autre chemin… Et vite.

Nos amis marchaient au milieu de la grande route qui conduisait en dehors de la ville. Qu’il était tellement moins fatiguant d’aller au complexe pétro chimique par un quelconque moyen de transport, seulement, il n’y avait pas que les hommes et l’électricité qui fussent paralysés, mais aussi les moteurs, les grosses batteries… En fait, tout ce qui consommait une importante quantité d’énergie. Ils avaient en fait bien de la chance que les piles de leurs lampes de poche fassent encore effet.
Alors qu’il devait être environ à mi chemin, ils firent une pause. Ulrich, Odd et Aelita se mirent côte à côte, s’asseyant au bord du caniveau, Jérémie restait debout face à eux, Yumi l’éloigna un peu et se mit de dos. Une pluie fine commença à tomber.
Aelita semblait s’interroger au sujet de la japonaise. Non pas qu’elle paraissait moins amicale et serviable que d’habitude, mais elle paraissait un peu plus distante… Etait ce à cause d’Ulrich ? Qu’est ce qu’il avait pu faire ? Ou ne pas faire…

Quant à Odd, il observait en coin le visage de son compagnon de chambre qui fixait celui de Yumi, comme pour se mettre en accord avec les pensées d’Aelita.
« Y a de l’eau dans le gaz entre ces deux là on dirait ! pensa-t-il. Y a des fois où je suis bien content que les filles me supportent pas plus de 3 semaines ! »
_ On est encore loin Einstein ? demanda-t-il tout haut
Il sortit son ordinateur portable de sa sacoche et en regarda brièvement l’écran, avant de répondre :
_ D’après ce que je vois, il reste encore un peu moins d’un kilomètre ! C’est vrai, ça fait une trotte !
_J’aurais presque préféré qu’un bus incontrôlable nous y amène ! fit ironiquement Ulrich, sans détacher son regard de Yumi.
Soudain, le léger vent de la nuit tomba, personne n’en aurait été surpris, si la pluie ne s’était pas arrêtée au même moment. Mais elle ne s’était pas contenté de cesser de tomber, les gouttes restaient figées dans l’air, comme s’il ont avait fait un arrêt sur image…
_ C’est quoi ce délire ?! s’écria Odd en se relevant brusquement
Aelita se leva également, elle essaya de passer sa main dans les gouttes de pluie en sursis, elle passait au travers. L’eau était aussi impalpable que l’air lui-même. Les petits bruits de la nuit étaient devenus muets, la sensation de fraîcheur que provoquait l’air frais disparut, tout s’était arrêté…
« La seconde phase a commencé » pensa Yumi
_ Qu’est ce qui se passe… fit Jérémie, l’air inquiet
_ C’est pas bon, pas bon du tout…
_ Y a se passe quoi, Princesse ? fit Odd en se tournant vers Aelita, comme si elle en savait plus que lui.
_ Celui qui a utilisé XANA… On dirait qu’il a aussi pris le contrôle du programme de retour dans le temps… Au lieu de retourner dans le passé, il a arrêté l’écoulement du temps… Je le sens, je le sens très fort…
La jeune fille porta ses mains à sa tête, une expression de terreur envahissait lentement son visage, elle baissa le regard vers le sol.
_ Je le sens… répéta-t-elle
_ Ca va aller Aelita ? dit Jérémie
_ Oui, mais j’ai toujours ce mauvais pressentiment… Ce n’était pas ça…
_ Alors il faut qu’on en finisse et qu’on fonce au complexe ! intervint Yumi
_ T’as raison ! Il faut qu’on se remette en route en vite ! acquiesça Ulrich
Tous les autres opinèrent de la tête et se préparèrent aussitôt à repartir. En quelques instants, pendant que personne ne la regardait, Yumi tapa un message sur son portable.

Pendant ce temps, dans le repère du nouveau maître des spectres, celui-ci contemplait, debout au bord d’une passerelle menant au pilier centrale, l’immense cerveau informatique, l’étendue de son œuvre. Fabriqué dans le secret le plus absolu, il avait failli en mourir d’assembler pièce par pièce ce gigantesque puzzle, en attendant patiemment le jour de l’utiliser.
Il était plongé dans ses souvenirs, lorsque le sas d’entrée de la salle s’ouvrit. Il se retourna.
_ N°6 nous a contacté, fit N°2 qui venait d’arriver. Ils sont au courant de la situation.
_ Ca ne fait rien. Est-ce qu’il se dirigent toujours vers le complexe ? fit il, le plus calmement du monde, sûr de lui
_ Toujours.
_ Alors N°6 doit continuer à suivre les ordres que je lui ais donné, comme prévu.
_ Nous avons une mauvaise nouvelle : N°15, le garde posté dans la salle des scanners de l’usine a été découvert, « désactivé ».
_ Comment ça ? Pourquoi ?
_ Les autres l’ont découvert tout près d’un des scanners ouvert, il était encore actif lorsque les autres l’ont trouvé.
_ Actif ! Mais comment…
L’homme ne réagit pas tout de suite, le temps d’analyser un peu la situation. Puis son visage pensif se métamorphosa en une sculpture de pierre, figée dans une expression de colère contenue.
_ XANA… Alors il a réussit à sortir… Je ne dois pas le laisser continuer !
_ Vos ordres ?
_ Réduisez la puissance accordée au Supercalculateur de 20 % ! N°7 et 8 sont prêts ?
_Oui.
_ Envoyez les immédiatement au complexe !
_ Bien Monsieur.
Il tourna le dos à N°2, pensant à ses futurs plans prévus une fois Aelita à ses côtés.
« XANA, je ne te laisserait plus nous tourmenter, plus jamais… Plus jamais une fois que j’aurais fait ce qu’il y a à faire » pensa-t-il, serrant ses poings qui tenaient la rambarde de la passerelle.

Les adolescents n’avait aucune idée de combien de temps ils avait mis pour arriver au complexe pétrochimique, le temps ne voulant plus rien dire, mais ils y étaient parvenus. La grille principale était entrouverte, fermée par un simple cadenas, qu’il n’aurait pas été difficile de crocheter pour Jérémie si le temps n’était pas arrêté. Ils voulurent éviter de perdre du temps et escaladèrent cette entrée. Ils parcoururent une 10ène de mètres, puis arrivèrent sur un terrain dégagé. Le marquage blanc au sol indiquait la direction d’un dépôt des camions pétroliers. Comme ils ne pouvaient pas avoir plus de précisions sur l’endroit où se trouvait la source d’énergie que Jérémie avait repéré, ils décidèrent de chercher tous ensemble, se séparer aurait été beaucoup trop dangereux ici.
Beaucoup plus loin, à la sortie de la ville, le garçon à la vareuse rouge avait beaucoup plus de mal à marcher. La réduction d’énergie infligée au Supercalculateur affaiblissait considérablement son corps physique. Eprouver des sensations humaines ne lui plaisait déjà guère, mais ressentir un malaise indéfinissable le dégoûtait profondément. Sa tête lui faisait ma. Matérialisé, il communiquait toujours avec la mémoire centrale du Supercalculateur. Or, le cerveau humain qu’il avait synthétisé dans ce corps n’était pas conçu pour traiter plus d’une heure les quantités d’informations qui continuaient à lui parvenir. Il se sentait écrasé, comme un rocher subissant continuellement le flot incessant d’une cascade.
Mais cela, il devait l’oublier, ignorer sa douleur pour rejoindre au plus vite les adolescents, avant que le piège ne se referme sur eux. Il courut aussi vite qu’il put pendant un moment, jusqu’à ce qu’il dut s’arrêter : Il tomba à genoux et porta ses mains à ces tempes, un déferlement de données lui parvint en une seule fournée ! Mais la valeur de ce qu’il venait de recevoir dépassait largement le peu qu’il savait déjà. Il se releva en se forçant et se remit à courir.
Ce plan était beaucoup trop fou pour être réalisable… Et pourtant…
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Message 22 Jan 2006, 18:18

Joli, ça c'est une sacrée Fic ! J'aime bien ta manière de faire intervenir XANA...
Bon, bah on attend la suite nous du coup ! L'art et la manière de laisser le mystère en suspens... Beau boulot.
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Message 22 Jan 2006, 19:05

je me demande ce qu'il on fait à yumi ...on dirait qu'elle est pas possedée ,mais qu'elle est differente quant même.
j'aime bien l'intervention de xana ,mais ça fait qu'on se demande encore plus qui sont ces "spectres" et aussi comment ils vont reagir quant ils verrons xana...

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Message 22 Jan 2006, 22:59

Ca continue. Bien qu'il y ai une scène de bagarre, ce n'est pas l'action qui est au centre, c'est bien la psychologie des personnage, décrite en détail, et avec raffinement. La scène de Xana est bien à la hauteur de celle de Yumi dans le chapitre précédent. On croirais que dans cette histoires, chaque personnage est ammené à se remettre en question, à s'interroger sur ce qu'il est, et sur les raison pour lesquels il agit.
Nos héros, méchants et gentil, sont dépassé par le phénomène, impuissant, pour la première fois réellement confronter à leur propre limite. Comment se défendre quand on change les règles de votre univers, quand on arrête le temps ?
La scène ou les gouttes de pluie s'arrête de tomber est plus angoissante que toutes les scène de bataille finale que tu ai jamais écrite.
Je suis impressionnée par la part que tu donne à la psychologie dans cette fic, et la virtuosité avec laquelle tu l'exploite pour creer un climat d'angoisse. Evidément, j'attends de voir comment tu vas enchainer après ça, voir si tu tiendras jusqu'au bout...
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Message 26 Jan 2006, 14:04

Le ton Est donner Du technique et du bon ^^
Ce thème me rappelle quelque chose:Mais quoi
L'attaque de spectre de Monsieur ou Madame X:Est vraiment au point(Mais qui peut avoir un telle contrôle sur le Super calculateur)
L'expression des sentiment type jeremie-yumi est aussi très Bien Marquer,tu gère vraiment très bien cela Bravo.
Le piège du spectre est vraiment très stupide et yumi qui y cours a toute jambe a la la.
Après l'épisode de Hier les Chose change je n'est pas voulus poster cela avant que se dernier soit passer(Mais jeremie peut lui aussi prendre le contrôle des spectres).
Continue sur ta lancer et développe le coté technique(Et oui s'est bien moi sa ^^)
En attendant le Prochain Service Pesmé,Ne nous laisse pas trop mariné :roll:
++ Benjeremie
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Message 27 Jan 2006, 18:18

Chapitre V : L'ombre l'a rattrapée




Au bout d’un quart d’heure, le petit groupe avait presque fini de faire le tour du complexe, mais il n’avait pour le moment, rien repéré d’anormal. C’était le moment… Lorsqu’ils revinrent à l’entrée, en se demandant ce qu’il avait raté, Yumi déclara, pointant son doigt vers un entrepôt au loin :
_ Regardez, ça doit être là bas ! J’ai vu de la lumière !
_ Tes sûre de ce que t’as vu ? fit Ulrich, dubitatif
C’est vrai, la porte de l’entrepôt n’était même pas ouverte, comment aurait elle plus voir une lumière, qui n’a apparemment duré qu’un instant ? Cependant, c’était leur seule piste. Le reste du groupe effacait bien vite ses doutes, et se dirigea vers le grand bâtiment. Ils ouvrent tous ensemble la grande porte coulissante, aussi discrètement que puisse être une porte grinçante, puis après avoir vaguement inspecté l’intérieur avec leur lampe de poche, ils entrèrent tous. Il y faisait encore plus noir que dans les couloirs du collège, à tel point que même lorsqu’il devait y faire plein jour au dehors, il n’aurait peut être pas été possible d’y voir plus clair que maintenant. Ils marchent lentement en file indienne, puis s’arrêtèrent au bout d’une 10ène de mètres. Odd et Ulrich prirent les lampes et parcoururent l’ensemble de la salle. Des barils de fer, des caisses, des palettes, un grand chariot élévateur, il n’y avait que tout ce que l’on pouvait trouver dans un entrepôt banal… Mais, lorsque Odd s’approcha d’une grande caisse, il remarqua qu’il émanait de celle-ci quelques filets de lumière, passant dans les minuscules interstices du bois. Après avoir forcé l’ouverture à coups de pied, il découvrit à l’intérieur une chose étonnante : Une sorte de tour d’ordinateur étrange, duquel émanait une lumière jaunâtre, cela attira l’attention des autres, surtout de Jérémie. Les autres n’y firent pas attention mais Ulrich se posait une question : Comment Yumi avait elle pu apercevoir une lumière, alors qu’il était impossible de voir cette chose de l’extérieur ?
_ Ca y est ! On a le point de relais, bravo Odd !
_ Oh, tu sais, c’est rien ! C’est dans mes habitudes d’être génial ! fit il avec un grand sourire
Le petit génie s’assit juste à côté de la structure et ouvrit son ordinateur portable devant lui, tenant d’établir une liaison sans fil avec elle.
_ Maintenant j’espère qu’on va pouvoir en tirer quelque chose ! dit il tout en tapant frénétiquement sur son clavier
Pendant ce temps, Yumi s’éloigna silencieusement d’eux, si silencieuse que même Ulrich ne le remarqua pas. Jérémie réussit à accéder au programme du point de relais et à commencer quelques recherches, quand soudainement, l’écran de son ordinateur devint bleu, Jérémie cessa immédiatement ses manipulations. Il tenta de réfléchir quelques instant sans rien toucher, puis, alors qu’il avait ses mains à quelques centimètres du clavier, Aelita le retint.
_ Attends, il y a quelque chose de pas normal !
_ Quoi ? fit Jérémie, incrédule
La jeune fille se tourna alors vers Odd.
_ Tu peux me passer ta lampe ?
Le blondinet s’exécuta sans dire un mot, se demandant tout de même ce qu’elle comptait faire. Jérémie se leva et se mit à côté d’Aelita, essayant de percer ses intentions au travers de ses yeux. Après avoir hésité un instant, plus par réflexion intérieure que par peur, elle laissa tomber la lampe torche sur l’ordinateur. Jérémie allait hurler, jusqu’à ce que le PC se mette soudain à se charger d’électricité, puis à éclater en mille morceaux avec la lampe de poche.
_ Et ben, il aime pas se faire pirater ce bidule ! commenta Odd
_ Comment t’as su ça Aelita ? demanda Ulrich, encore plus curieux que Jérémie
_ Sur l’engin ! Je l’ai vu se charger en électricité juste avant que l’écran ne change !
_ Et j’ai pas eu le temps de tirer la moindre information !
_ On ferait mieux de déguerpir d’ici, au cas où ça aurait lancé une alerte ! reprit Ulrich
Les quatre hochèrent la tête et décidèrent de partir en 4ème vitesse, mais ils ne virent plus de signe de Yumi. Du moins, il en était ainsi au 1er abord, car lorsque Ulrich braqua sa lampe au hasard de la salle, il le vit tout près de la porte.
_ Yumi ! appela t il. Faut qu’on sorte d…
Il résonna soudain dans tout l’entrepôt, un claquement de tôle contre de la tôle. Les quatre accoururent vers la Japonaise qui restait dos à eux : Elle venait, dans un effort qui paraissait surhumain, de fermer solidement la grande porte coulissante du bâtiment. Ulrich avança vers elle et lui posa la main sur son épaule, il faisait cela dans le but d’essayer de comprendre, mais en même temps, pour l’obliger sans la forcer à se tourner vers lui… Il y avait quelque chose d’inquiétant en elle, il désirait savoir ce que c’était…
_ Yumi, qu’est ce qui te prends ? T’es vraiment bizarre, depuis un moment !
Elle exécuta soudain un coup de pied retourné d’une fluidité et d’une rapidité déconcertante qui frappa aussi violement qu’un marteau le poignet du garçon brun qui fit valser sa lampe de poche qui se brisa ensuite au sol. Nos amis reculèrent de quelques pas, ne croyant pas ce qu’il venait de voir. La Japonaise leva la tête vers eux, son visage était tenu, sévère comme jamais, ses yeux brillaient d’une lueur verdâtre malveillante.
_ Yumi, c’est pas possible ! Pas toi ! s’écria Ulrich
_ Il y a déjà longtemps qu’elle a arrêté de lutter !
Tout comme les autre spectres, on avait l’impression que le corps de Yumi hébergeait plusieurs personnalités, parlant toutes en même temps, mais celle qui dominait restait encore la sienne. Mais comment était ce possible qu'elle soit possédé ? XANA avait pourtant déjà essayé, sans succès... Cela voulait dire que leur mystérieux ennemi était encore bien plus fort qu'ils ne l'imaginaient...
_ Qu’est ce que vous êtes à la fin !? hurla Jérémie
_ Je ne suis personne ! Je suis juste les ordres de celui qui me guide, et j’ai pour ordre de lui amener quelqu’un !
Elle pointa son doigt vers Aelita, qui frémit de peur. Jérémie se dressa courageusement entre eux deux.
_ Qui que vous soyez, vous n’aurez JAMAIS Aelita ! Venez !!
_ Non ! fit Ulrich en se mettant en position de combat.
Prit d’un réflexe, Odd se plaça derrière lui et tenta de l’imiter plus ou moins bien.
_ Aelita et Jérémie, vous sortez ! On va la retenir !
Sa voix sonnait à moitié faux. Le corps de sa bien aimée avait été envahit par une parasite dont il comptait bien la débarrasser, mais pour le moment, il allait peut être être obligé de lui faire du mal. Son âme tremblait à cette idée, mais il n’avait pas le choix.
Tout à coup, un bruit provenant du haut de l’entrepôt alerta les adolescents qui levèrent tous la tête, sauf Ulrich, qui ne voulait surtout pas se laisser distraire. Les autres virent que la tôle était en train de se gondoler dans un vacarme à faire grincer les dents. Les morceaux de plaques arrachés tombèrent au sol dans un bruit sourd accompagné d’un nuage de poussière. Quelques instants plus tard , il bondit du toit deux formes humaines qui fracassèrent le bitume à leur atterrissage. Lorsque la lumière de lune passant par le trou béant du toit vint éclairer leur visage, ils furent tout de suite reconnus : Un adulte assez corpulent mais musclé, la tête entouré dans un bandeau blanc qu’il ne quittait presque jamais, traînant un sparadrap sur la joue de jour comme de nuit. L’autre, un adolescent dans les 15 ans, au beau visage fin, les cheveux mi longs, noirs comme la nuit et en bataille… Jim et William.
Le bien étrange duo se rapprocha lentement du petit groupe, les menaçant de leurs yeux émeraude. Ils ne pouvaient plus s’enfuir. Ulrich espérait encore que la vraie facette de Yumi puisse dans un élan de force se réveiller, mais cela semblait vain, ce mystérieux ennemi qui contrôlait ces spectres avait en réserve une puissance bien plus grande que celle de XANA
Jérémie se plaça devant Aelita. Non ! Tant qu’ils ne seront pas pris, il ne les laissera jamais la toucher ! Jamais ! Cependant, les possédés s’arrêtèrent, comme pris d’une transe soudaine. Ils regardèrent tous en direction de la grande porte de l’entrepôt. Elle se chargea soudain en électricité, puis une partie vola en éclats en l’espace de quelques instants !
Avant que la poussière soulevée par l’explosion et l’effet de surprise ne se dissipe, il sortit de l’ombre avec une extrême vélocité, une jeune garçon, dont le poing s’abattit en plein sur la joue de Yumi, alors qu’elle avait se retourner pour contrer cette attaque qu’elle avait senti venir, ½ secondes avant. Elle fut éjectée à 10 mètres en arrière, contre des barils de pétrole. Ulrich fut d’abord horrifié de voir cela et alla chercher tout de suite à frapper qui avait osé faire cela, mais il savait que le corps de Yumi était beaucoup plus résistant qu’auparavant. En fait, il venait peut être même de le sauver, en l’évitant de la combattre…
Le garçon passa cependant devant lui sans le regarder, Odd, Jérémie et Aelita le dévisagèrent, mais ne le reconnurent pas. Il se positionna devant le petit groupe, face aux deux autres possédés.
_ Vous êtes qui ? finit par dire Odd
_ Quelqu’un qui veut la même chose que vous…
Sa voix était robotique, comme si il était encore moins humain que leurs adversaires.
Ils entendirent alors un bruit étrange dans leur dos, comme un écran qui grésillait : La grande porte coulissante était de nouveau en un seul morceau, intacte.
_ Ce qui a été défait peut être refait.
La voix qui venait de parler provenait d’un coin de la salle : C’était Yumi qui venait de se relever, indemne également. Elle avança en compagnie de ses deux acolytes vers le jeune homme mystérieux, bien qu’elle s’adressa à tout le monde :
_ Même avec lui, vous n’avez aucune chance contre nous. Donnez nous simplement Aelita, nous ne lui feront pas de mal. Odd leur fit un grand sourire.
_ Alors là, je crois que tu te fourre le doigt dans l’œil ! Abandonner nos amis, c’est vraiment pas notre genre !
_ Désolé d’avance pour ce que je vais faire, Yumi… fit Ulrich en se mettant nerveusement en position de combat
Jérémie et Aelita jetèrent un regard rapide à leurs compagnons et l’inconnu. Ils voulaient se battre eux aussi, quels que soient les moyens pour le faire ! Mais le garçon a la vareuse rouge les en empêcha.
_ Vous, fuyez, le plus vite possible ! Aelita, surtout…
La fille aux cheveux roses fut la première étonnée d’entendre un inconnu prononcer son nom, elle voulut immédiatement voir son visage de plus près, pour le moment caché par un morceau d’ombre. Lorsqu’elle posa sa min sur son épaule pour le voir, elle fut saisit d’une peur, courte, mais irrésistible, son cœur fit un bond dans sa poitrine quand elle aperçut un signe très familier dans ses yeux, noirs et profonds. Elle pensa à haute voix :
_ Non… C’est pas possible… C’est…
Jérémie écarte brusquement Aelita en la prenant par la main : XANA venait juste de recevoir un direct de Yumi en pleine tête, le faisant reculer de quelques pas. Ulrich s’approcha doucement de William et déclara :
_ Je le prends !
_ Bon ben, il me reste plus que Jim ! dit Odd avant dépit
Aelita et Jérémie vinrent se réfugier dans un coin sombre de l’entrepôt, attendant une occasion pour sortir par l’autre côté, ils assistèrent ainsi aux différents combats menés.
Bien qu’Ulrich sentait que le spectre qui habitait William était ce côté dominant, il avait l’impression que derrière, le jeune garçon parasité observait et encourageait même le disciple de pentchak-silat. Cette impression renforçait la détermination d’Ulrich, mais il avait tout de même beaucoup de mal à garder le dessus. Chaque coup rapide qu’il portait touchait au but, mais il lui était immédiatement rendu au centuple. Les spectres ne pouvaient maîtriser les choses que leur hôte ne connaissait pas, mais il lui suffisait dans ce cas d’en augmenter la force et la résistance, même si William ne pratiquait aucun art martial. L’espace d’une seconde, il changea de stratégie et déséquilibra Ulrich en dévia un de ses coups, heureusement le garçon aux allures d’athlète eut le réflexe de se protéger la tête avec ses deux bras. Le choc fut malgré tout si violent qu’il faillit être à nouveau déséquilibré. Le combat s’annonçait serré.
Odd était aux prises avec Jim, mais il ne pouvait le combattre normalement, la possession l’avait rendu beaucoup trop fort pour qu’il l’affronte face à face. Chacun de ces coups pouvait être mortel, mais pour le moment, le blondinet arrivait sans mal à éviter ces coups. « Très fort, mais très lourdaud ! » pensa t il. Mais à force d’esquiver, il se rendit compte qu’il avait reculé contre une pile de caisse, le distrayant que quelques secondes à peine, mais assez pour Jim qui eut le temps asséner un grand coup de poing qu’Odd eut tout juste le temps d’éviter en roulant sur le côté. La puissance brute fracassa complètement la caisse. Le petit blond recula à nouveau, mais il buta contre un morceau de bitume dépassant du sol, le faisant trébucher. Jim en profita et accourut aussi rapidement qu’il put vers lui, le poing levé vers le ciel. Son adversaire svelte frôla la mort une nouvelle fois en à peine une minute, d’un simple pivotement sur lui-même au sol.
Alors que le colosse avait le poing coincé à l’endroit où se trouvait Odd, celui-ci se releva d’un bond et saisit un autre lourd morceau de bitume des deux mains et le fracassa sur le crâne de son ennemi qui s’écroula.
_ Désolé, m’sieur ! commenta Odd
Mais le sourire satisfait qu’il affichait ne dura pas longtemps. Le possédé se releva rapidement, comme si de rien n’était. Il avait encore plus en colère qu’avant, la lueur verte dans ses yeux s’intensifia, à tel point qu’on ne distinguer plus les yeux humains… Il était plus que jamais empressé de mettre le blondinet en pièces.
Pendant ce temps, Jérémie et Aelita avancèrent discrètement derrière les piles de caisses en tentant de gagner la sortie, quand soudain débarqua à quelques mètres d’eux, Yumi… Elle s’approcha d’eux, tendant son bras vers le petit génie qui protégeait Aelita. Il n’aurait pas fait le poids, mais la Japonaise fut brusquement éjectée et traînée au le sol sur 5 mètres. C’est le jeune homme inconnu qui venait de les sauver ! Il avait délaissé sa vareuse, dévoilant un T-shirt noir, simple. Il avait l’air épuisé, par rapport à son adversaire qui était toujours en pleine forme. Il tourna la tête vers les deux ados.
_ Qu’est ce que vous attendez !? Partez !
Le temps qu’il ramène son regard devant lui, il reçut un crochet dans le ventre à la vitesse de l’éclair, le mettant à genoux. Il n’avait pas pour habitude d’affronter des ennemis plus forts que lui, cela le mettait dans une rage qu’il n’aurait pas pu contrôler s’il avait été moins faible. XANA avait horreur de perdre, et il comptait bien le faire savoir ! Seulement, il eut pas que le temps de ruminer sa vengeance dans son esprit artificiel, mais pas de la mettre à exécution : A peine fut il relevé qu’il fut projeté par un coup de pied retourné contre un tas de barils. L’un deux, qui était placé plus haut que les autres, s’ouvrit en tombant, répandant une substance collante et noirâtre sur le sol, tout autour de lui. Il ne voulut pas s’admettre vaincu, mais son corps refusa obstinément de bouger. Ses veines auraient éclaté de colère, s’il avait encore suffisamment de force pour contracter ses muscles, mais le corps humain a ses limites…
« Saleté d’imperfections ! » pensa t il
Alerté par le bruit, Odd se retourna, et fut saisit au cou par Jim. Se débattre était peine perdu face à un tel amas de force, mais il essaya malgré tout de donner des coups de pieds dans le bras que le tenait. Yumi le regarda alors, il se tourna vers elle quelques secondes plus tard, comme s’il venait de communiquer par télépathie. Jim jeta son adversaire vaincu comme un vulgaire linge sale, tout près de l’endroit où XANA essaya de se rétablir, droit dans la mare de produits chimiques, il fut assommé sur le coup. Jim s’empara alors de Jérémie et d’Aelita, qui ne purent résister à son emprise. Ulrich était beaucoup trop absorbé par son combat, il ne fit attention à ce qu’il se passait autour de lui que lorsqu’il était déjà trop tard :
Il vit Yumi se saisir du chariot élévateur à mains nues, tel une grosse pierre, le soulevant au dessus de sa tête. Le bruit a métal froissé réveilla Odd brutalement, puis on entendit en concert Aelita, Jérémie et Ulrich hurler avec terreur le prénom de leur ami.
_ OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOD !!!
Williams profita de cet instant de distraction pour faire chuter son ennemi et le plaquer au sol, pendant que la japonaise sous contrôle prit un ou deux pas d’élan et jeta aussi facilement qu’un caillou l’engin sur les deux malheureux vaincus. Odd n’eut pas le temps de lever le petit doigt, qu’il vit il mort lui arriver droit dessus sous la forme d’un chariot élévateur, qui mit immédiatement le feu aux produits chimiques. En un rien de temps, les flammes se propagèrent dans la moitié de l’entrepôt La chaleur infernale de ce brasier provoqua plusieurs réactions explosives… Odd et le jeune garçon n’auraient pas pu en réchapper…
Tous nos amis restants, en particulier Ulrich, continuaient d’hurler jusqu’à s’enrailler les cordes vocales, mais cela n’aurait pu faire revenir personne. Le garçon, XANA, était venu sur Terre dans un corps qu’il avait créé à l’aide de ses dernières forces, à présent, il ne disposait de plus rien d’autre pour contre attaquer.
Le corps de Jim se chargea en énergie, et mit hors d’état les deux otages qu’il tenait chacun sous ses bras, puis, ce fut le tour d’Ulrich de sombrer dans l’inconscience…
Tout était perdu…
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Message 27 Jan 2006, 20:33

Fiou ! Et après, et après, et après ? Ouarf, à chaque fin de chapitre la tension monte, et j'espère que cette fois c'est le paroxysme, parce que sinon je m'effondre.
C'est brillant, bravo !
Hum, j'ai du mal à voir comment ils vont s'en sortir... Tu vas nous trouver quelque chose de superbe, je sens !
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Message 27 Jan 2006, 21:59

Tu as tenu vaillement pendant quatre chapitre, mais c'était trop, tu as fini par la faire, ta scène de baston pure. On te retrouve tel qu'on te connais, tu es à l'aise là dedans, c'est chez toi. Heureusement, ce n'est pas une de ces scène d'action ou il ne se passe rien, l'intrigue avance quand même (pas trop, mais elle avance). Je remarque quelques expression maladroites de temps à autres (un amas de force, ça se dit ?) ou des phrase bien à la Pesme, de deux kilomètre de long. Tu sais, quand il y a trois action qui s'enchaient, mettre un point, ce n'est pas un crime. La tension ? Non, moi, je me doute (et j'espère) qu'elle est loin d'être à son comble (oui, mais moi je connais le nombre définitif de chapitre, aussi ^^)
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Message 05 Fév 2006, 18:07

Un chapitre un peu plus court que les autres, car il faisait en fait, au départ, parti intégrante du chapitre précédent, que j'ai du séparer en deux.


Chapitre VI : Seule ?



Il courrait, courrait à s’en étouffer, les arbres défilaient devant lui, il ne voyait plus que ça. Lorsqu’il n’entendit plus aucun bruit derrière lui, il s’arrêta brusquement. Il regarda avec hésitation autour de lui et poussa un grand soupir jusqu’à se vider les poumons, il les avait enfin semés.
Le garçon aux oreilles pointues alla s’appuyer contre un grand chêne majestueux, éreinté par sa course poursuite. Son bonnet étrange et ses vêtements extravagants étaient déchirés, son beau visage jeune et pâle était griffé à plusieurs endroits. Il avait plusieurs fois échappé de peu à la lacération. Cette fois, il semblait être à l’abri, mais le danger rodait toujours dans l’épaisse forêt, il devait s’éloigner, autrement, ils retrouveraient sa trace…. Il avança à nouveau, sous les arbres aux épais feuillages qui voilaient les derniers rayons du soleil. Cependant, il ne savait pas où aller. Il s’était perdu à force de courir pour sauver sa vie.
Le soleil devait être en train de se coucher, il avait froid, un vent glacial faisait vibrer les feuillages autour de lui, le mettait mal à l’aise. Les arbres furent soudain différents, décharnés et gris, effrayants, l’herbe était sèche et noircie, il tremblait maintenant à la fois, de froid et de peur. Le climat rassurant de la fin de sa poursuite se dissipa lentement…
Soudain, le vent s’arrêta. Les arbres ne craquaient plus, les feuilles ne bruissaient plus, l’atmosphère venait de basculer de l’angoisse au silence, au silence total, comme si la nature elle-même avait peur de faire le moindre bruit. Le garçon ne puit plus supporter ces changements aussi soudain ! Il se remit à courir droit devant lui, les yeux fermés, laissant simplement ses enjambées le guider et espérant ne pas rencontrer un arbre sur sa route ! Il ne voulait plus penser, plus avoir peur, simplement sortir de cette forêt qui n’en finissait plus ! Mais en courant sans regarder un seul instant devant lui, il buta sur une pierre et trébucha en avant. Il ne sentait plus le sol, roulant par terre dans la poussière, dévalant une pente raide jonchée des petits cailloux.
Enfin il s’arrêta sur un sol de pierre, il avait mal partout. Il releva douloureusement la tête et regarda autour de lui, allongé. La forêt était nettement derrière lui, en haute de cette pente qui lui paraissait une véritable montagne. Cependant, il était à présent aux portes d’un autre paysage complètement différent, étrange et inquiétant : Au loin trônait sur un colline, un noir château, avec derrière lui une lune rougeoyante, comme si elle était la possession du maître de ce lieu. Ce château n’inspirait que le chaos, des tours pointues, des murs aux formes étranges, et seul un chemin étroit et tortueux permettait d’y accéder.
Etrangement, dans le tête du petit garçon, se formait petit à petit une irrésistible envie d’aller voir de plus près cette monstruosité de pierre. Il se releva… Mais son âme voulait combattre son envie, il ne devait pas y aller ! Il ne fallait pas y aller ! Vite ! Même s’il en avait peur, il fallait retrouver le chemin de la forêt avant que son étrange et soudain envie ne soit plus forte que tout. Mais en se retournant, il tomba nez à nez avec une créature… Noire comme la nuit, aux formes indéfinissables, hormis ses yeux rouges comme deux flammes. Paralysé de terreur, le jeune elfe ne put rien faire d’autre que crier, mais personne ne pouvait venir l’aider. La créature se déploya tout autour de lui, tel un grand voile noir. Il se débattit, mais ses pieds ne sentaient que l’air, comme si la créature n’était qu’une illusion. La monstruosité dévoila alors une grande gueule, avec des crocs acérés et pointus comme des lances. Cette informité se rapprocha encore et encore, jusqu’à ce que le garçon puisse sentir son haleine pestilentielle, puis…

Aelita se réveilla en sursaut, bouffie de torpeur, la respiration saccadée et le cœur battant la chamade. Elle regarda ses mains, elles étaient moites, son corps entier avait transpiré comme si elle avait eu une très forte fièvre. C’était encore un de ses rêves, ou plutôt, un de ses cauchemars étranges, qui mettait en scène ce personnage qui était la réplique de la petite poupée qu’elle avait trouvé à l’Ermitage, il y a quelques mois. Ces cauchemars étaient souvent chargés de symboles, mais cette fois, ce n’était pas la même chose que d’habitude. L’issu était plus tragique qu’avec les loups… On aurait même dit que ce cauchemar était la suite directe de ce dont elle avait déjà rêvé. C’était peut être un présage, peut être, mais les symboles restaient confus…
Elle reprit son souffle et son calme, puis elle regarda autour d’elle : Une pièce quasiment vide, un peu vétuste mais relativement bien entretenue, sombre, mais avec une lampe au plafond éteinte. Elle étendue sur un lit ordinaire, les draps n’étaient pas défaits, elle avait du être déposée au dessus pour être sûr qu’elle ne se réveille pas tout de suite. Elle s’assit au bord du lit, elle distingua ainsi une lumière intense au dessous de la porte de la pièce. N’ayant rien à faire de plus dans cette chambre, elle s’y dirigea. Elle posa fébrilement sa main sur la poignée : La porte n’était pas fermée. Elle l’entrouvrit légèrement et jeta un discret coup d’œil. La chambre donnait directement sur un long et grand couloir éclairé artificiellement par de nombreux néons, fixés sur un plafond de forme ovale. On voyait partout sur les murs en béton des fils électriques et des tubes de cuivres. Personne n’était en vu, Aelita sortit alors de la pièce et ferma la porte derrière elle, puis se mit en quête de ses amis. Jérémie, Ulrich et Yumi étaient peut être ici… Mais pas Odd. Dès lors, elle ne cessa durant son parcours hasardeux dans les couloirs, de penser à lui. Quelle mort atroce il avait dû subir… Non ! Il s’en était sorti ! Il devait s’en être sorti ! Il avait traversé tant et tant d’épreuves et de dangers sur Lyoko et sur Terre, ce n’était pas possible que cela se soit arrêté si brutalement ! Elle imaginait ce que devait ressentir Ulrich, eux qui se connaissaient depuis si longtemps, eux qui étaient un exemple d’amitié, presque de fraternité, rien ni personne n’aurait pu le remplacer…
Elle s’arrêta au bout d’un couloir, c’était un cul de sac, menant à une sorte d’ascenseur. Elle faillit faire demi tour, lorsqu’elle vit une note collée sur l’un des boutons d’appel. Elle le prit en main et lu : « Appuie sur le -2 ». L’écriture de ce bout de papier ne ressemblait à aucune de celles qu’elle connaissait, et rien ne pouvait laisser penser qui en était l’auteur. Elle en arriva tout de même à une conclusion : Cela pouvait très bien être un piège organisé par celui qui avait tout manigancé, le mystérieux commandant des nouveaux spectres... Cependant, c’était la seule piste qu’elle avait en main. Comme elle avait été séparée de tous ces amis, celui qui l’avait amenée ici était sans doute le seul à pouvoir lui dire ce qui leur était arrivé.
Presque contre son gré, elle appuya sur le bouton d’appel et les portes de l’ascenseur s’ouvrirent aussitôt. Elle entra et se retourna pour faire face à un panneau de commande sur le côté de la porte. Machinalement, elle appuya sur le bouton inscrit « -2 ». L’engin eu d’abord une brève secousse, puis se mit à descendre lentement, laissant Aelita à ses questions angoissantes. A quoi pouvait ressembler celui qui avait tant de connaissance pour se servir de XANA comme d’un jouet ? Est-ce qu’il était seulement humain ? Quelqu’un qui avait tant de pouvoir qu’il ait même pu améliorer le programme des spectres ? Et si…
L’ascenseur atteint enfin son but, les portes s’ouvrir sur un petit couloir sombre, finissant par une porte blindée, celle-ci s’ouvrit automatiquement à son approche. Elle entra, hésitante, la porte se referma derrière elle.
Elle était à présent face au plus grand complexe informatique qui lui aurait été donné de voir dans toute sa vie. Un dôme immense avec en son centre, ce que l’on devinait être le pivot de tout le système. Elle s’avança, les yeux ébahis devant cette structure pharaonique, vers l’une des passerelles de métal menant toutes au pilier central. Son regard se dirigea alors vers le bas : Le gouffre qui s’étendait sous elle lui donnait presque le vertige. Tout dans cette pièce était démesurément gigantesque, il aurait fallu plus que toute une vie humaine pour concevoir un tel chef d’œuvre d’informatique… Aelita réalisait à présent qu’il aurait été bien impossible pour XANA de rivaliser avec une telle monstruosité numérique.
Arrivé au pilier central, elle en fit rapidement le tour, et une nouvelle chose l’étonna : après avoir inspecté de fond en comble toute la salle, elle remarqua qu’il n’y avait personne. Elle hésita un instant, puis appela :
_ Est-ce qu’il y a quelqu’un ?!
La seule réponse qu’elle obtint fut l’écho de sa propre voix qui se réverbéra dans tout le Dôme. Elle se dirigea à nouveau vers la porte blindée, mais elle était solidement fermée ! Mais alors qu’elle se demandait comment elle allait sortir de là, une main se posa sur son épaule, grande et ferme. Elle se retourna brusquement, surprise, les yeux écarquillés, comme si elle venait de voir un fantôme. Elle se sentit tout à coup défaillir à la vue de la personne qui lui faisait à présent face, cette tête lui faisait un mal atroce, comme si toutes ses pensées présentes et passés venaient tout à coup de se mélanger… L’homme dit :
_ Aelita, tu me reconnais ?
_ P… Papa…
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Message 06 Fév 2006, 19:53

"Je suis... TON PÔPA !" *Tin-Tin-Tin-Totatin-Totatin !*

Y a quand même un gros blanc bien frustrant : qu'est-il advenu de la LyokoTroupe ? Enfin, comme toujours dans la Fic, on aura la réponse plus tard.
Comme cette réponse d'ailleurs : On l'attendait, depuis le temps qu'on ruminait cette description de ses yeux verts... Le papa d'Aelita ! Vivement la suite que tout ça s'éclaire un peu.
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Message 12 Fév 2006, 15:19

Chapitre VII : Associations



_ Hé, Jérémie ! Jérémie ! T’es avec moi ?
Il rouvrit doucement les yeux, la voix qui l’appelait paraissait venir de très loin… Il mit sa vue au point, mais elle restait trouble. Il arriva cependant à distinguer le visage d’Ulrich, penché au dessus de lui une demi obscurité. Il porta ses mains à son propre visage et constata que ses lunettes n’étaient plus en place. Sans rien dire, Ulrich fouilla dans une de ses poches et en sortit ce qu’il avait gardé pour son ami, il les remit sur son nez et se redressa. Ils se trouvaient tout deux assis à même le sol, dans une pièce sombre, quasiment vide. Une légère lumière filtrait par le dessous de la porte d’entrée.
_ Où est ce qu’on est ? demanda Jérémie, encore un peu endormi
_ J’en sais rien, répondit Ulrich en se mettant en tailleur
Jérémie se leva et se dirigea vers la porte, évidement, elle était fermée.
_ Et Aelita et Yumi ? fit le petit blond sans se retourner
_ Rien non plus.
Ulrich se leva à son tour et se mit face au mur, s’appuyant d’une main contre. Il avait l’air morose, comme il ne l’avait jamais était, comme si tout espoir l’avait abandonné. Yumi resterait possédée à jamais, du moins, jusqu’à ce que son mystérieux manipulateur ait encore besoin d’elle...
_ Et Odd ?
Jérémie avait longtemps hésité à prononcer le nom de leur ami devant Ulrich, et il avait eu raison : En un instant, le désespoir dans le cœur du jeune homme fit place à la haine. Une haine comparable au brasier infernal dans lequel Odd avait péri, une haine qui ne s’éteindrait jamais, même s’il arrivait à mettre la main sur le responsable et lui ferait payer. LE responsable, car Yumi n’y était pour rien, elle n’était qu’une pauvre victime, tout comme William, Jim… et Odd… Machinalement, le poing d’Ulrich s’abattit sur le mur qui lui faisait face. Il n’avait plus qu’une idée en tête : Faire payer au centuple la mort de son meilleur ami, que même un retour dans le temps ne serait pas capable de ramener à la vie. Jérémie essaya bien de le calmer, mais c’était peine perdue. Rien que le fait d’avoir poussé Yumi à commettre une telle atrocité le mettait en rage, à tel point que tout son être en tremblait.
« Odd, mon vieux, je te jure que j’aurais la peau de celui qui t’as fait ça, je te le promets ! » pensa t il
Les deux adolescents se retournèrent, la porte était en train de s’ouvrir, un homme apparut dans l’entrebâillement, entre ombre et lumière. Ulrich se mit déjà en position de combat, mais il se ravisa lorsqu’il reconnu un visage familier, deux lumières émeraudes brillant derrière ses petites lunettes.
_ Monsieur ?!
C’était encore lui, le proviseur de collège Kadic, ainsi que le spectre appelé N°2, ils ne faisait qu’un sous cette enveloppe de chair. Il resta ainsi pendant une bonne minute sans rien dire, à dévisager nos deux amis, puis il déclara, de son étrange voix :
_ Suivez moi.
Il se retourna et s’avança déjà dans le couloir. Les deux prisonniers crurent bon d’obtempérer pour voir enfin de quoi il en retournait. Cependant, quand Ulrich passa à côté du proviseur, il hésita. Son poing avait malgré tout avait de frapper, de frapper le spectre qui obéissait aveuglement aux ordres du grand manipulateur… Mais c’était justement lui, qu’il voulait, pas un de ses sbires… Il desserra son poing et se calma. N°2 les guida au travers des couloirs bétonnés, marchant sur des grilles en acier. Aux yeux de Jérémie, ils étaient dans une sorte de bunker sous terrain, sans doute entièrement indépendant de l’extérieur. Il repensait alors à la coupure générale de courant et à l’arrêt du temps qu’il avaient subi… Cet endroit en semblait en être complètement isolé. Ils arrivèrent devant une porte noire que N°2 ouvrit, il invita ses deux prisonniers à y entrer. Ils se retrouvèrent devant un bureau où il y avait un ordinateur du même genre que celui de Jérémie. A côté, un siège retourné, où l’on pouvait cependant voir les cheveux grisonnants d’un homme dépasser d’un haut du dossier. Les deux jeunes garçons restaient prostrés tandis que le siège tournait vers eux. L’homme qui était assis semblait avoir la 50ène, des cheveux courts et une barbe grise, affublé d’une longue blouse blanche de physicien et de petites lunettes rondes ne laissant pas voir ses yeux.
_ Qui… Qui vous êtes ? demanda Ulrich, se retenant de frapper
_ Je sais qui c’est ! interrompit Jérémie. Cet après midi, j’ai réussi un déchiffrer une partie des archives de Franz Hopper avant que XANA attaque ! Vous travailliez pour lui sur le Projet XANA, c’est ça ?
_ C’est presque cela, Jérémie, répondit l’inconnu d’une voix rauque sans tomber dans les graves, je ne travaille pas pour Franz Hopper… Je SUIS Franz Hopper.
_ Alors c’est vous qui aviez fait ça à tout le monde ! C’est vous qui aviez fait ça à Sissi, à Yumi et… Odd… C’est vous le responsable ?!
La voix Ulrich était tremblante. Il bouillonnait de rage alors que celui qui tirait toutes les ficelles était en face de lui. Mais lui, ne répondit pas tout de suite. Je paraissais troublé face au jeune homme, il détourna le regard.
_ On m’a informé de ce qui est arrivé au complexe pétrochimique, ça n’était pas supposé ce passait comme ça… Vous ne devriez même pas être là. Je voulais simplement qu’Aelita vienne à moi, mais il y a eu un imprévu : XANA…
_ XANA ? Qu’est ce qu’il a à voir là dedans ?
_ C’est pourtant simple : Je me suis servi de lui car j’en ai besoin pour garder Aelita en vie et les spectres en état. J’avais maintenu sa puissance à un niveau réduit, mais il a réussi à se fabriquer un corps et s’en servir pour venir jusqu’au complexe.
_ Ce… Ce type ! C’était XANA ?! s’écria Jérémie
_ Exactement. C’était un imprévu… Désolé, je sui vraiment…
Soudain, Ulrich se précipita sur Franz, dans un accès de rage qu’il n’était pas arrivé à contenir. Jérémie eut à peine le temps de tendre le bras pour l’arrêter qu’il décocha un direct du droit dans la tête du scientifique. Son siège recula d’un mètre sous le choc, mai lui, ne réagit pas, il pensait bien qu’Ulrich avait eu raison de faire ce geste. Il le saisit ensuite par le col de sa chemise pour frapper de nouveau, sa soif de vengeance toujours aussi intense. Mais une main d’une force bien supérieure à la sienne le retint : N°6 était rentré dans la pièce. Il éloigna de force Ulrich de Franz et le surveilla étroitement.
_ Salaud ! La mort de mon meilleur ami ! C’était un « imprévu » ! Un imprévu !!
Le scientifique ne répondit pas, il se frotta la joue et remit en place se lunettes qui avaient failli être éjectées de sa tête sur le coup. Il regarda le jeune homme athlétique, et Jérémie qui n’avait pas bougé, il leur parla enfin, une pointe de tristesse dans la voix.
_ Je suis… Réellement désolé pour ce qui est arrivé. La seule chose que je voulais, c’était d’avoir Aelita à mes côtés.
_ Et pourquoi ? Qu’est ce que vous lui voulez à Aelita ? s’énerva Jérémie
Franz haussa un sourcil de surprise.
_ Tu n’as donc ma décrypté cette partie de mes archives : Aelita… est ma fille
Les deux jeunes gens furent pris de court par cette déclaration. Depuis toujours, ils avaient imaginé Aelita comme un être purement virtuel, créé de toute pièce… Jamais comme un « ancien » être humain, qui aurait tout oublié, jusqu’à la manière de vivre. Mais Jérémie ne voulait pas le croire aussi facilement, il avait vécu trop de choses avec elle, il lui avait appris trop de choses sur la vie humaine.
_ C’est pas possible ! Menteur !
_ Pourtant, c’est la vérité. J’ai vieilli, durant ces années, mais pas elle, enfermé sur Lyoko, sans que je puisse aller la chercher... Je voulais l’avoir près de moi au moment de réaliser mon projet : L’arrêt du temps, le pompage de toutes les sources électriques de la ville et des alentours, ce sont des étapes nécessaires à la réalisation de mon projet. Il fera en sorte, que XANA n’est jamais existé.
Jérémie essaya de se ressaisir afin de poser des questions rationnelles, mais c’était très difficile. La nouvelle qu’il venait d’apprendre le traumatisait vraiment…
_ Mais… C’est VOUS qui aviez créé XANA ! Pourquoi vous voulez le détruire maintenant !?
_ C’est la manière dont je compte me racheter… De tous ces dangers que je vous ai fait courir, que j’ai fait courir à toute l’humanité, et de me faire pardonner… Qu’Aelita me pardonne… Cela fait 10 ans, depuis que j’ai été obligé de la virtualiser sur Lyoko pour la sauver. C’est pour la sauver de toutes ces expériences qu’elle n’aurait jamais du vivre, à cause de moi…
Ulrich était épuisé de se débattre, serré dans les bras de N°2 comme dans un étau. Il réalisa que le but de Franz n’était pas si maléfique qu’il ne le pensait, mais que cela ne justifiait toujours pas les horreurs et les coups tordus qu’il avait commis.
_ Qu’est ce que vous voulez de nous, alors ? fit il
_ De vous ? Rien… Je vous l’ai dit, vous ne devriez même pas être ici, si XANA n’était pas venu… Mais, je suis navré, je vais devoir vous garder ici jusqu’à l’accomplissement du projet. Je ne peux pas me permettre d’échouer maintenant, vous serez bien traité.
_ Laissez moi vous aider ! dit soudain Jérémie
Ulrich écarquilla les yeux, mais il ne put rien dire, c’était la dernière chose à laquelle il pouvait s’attendre. Franz parut assez froid, face à cette proposition.
_ Tu as mis souvent Aelita en danger, Jérémie, et tu as aussi détruit les armes que j’avais créées contre XANA parce que tu n’avais pas su t’en servir… Non, j’ai travaillé seul pendant 10 ans à ce projet…
_ Alors laissez moi le faire… pour me racheter aussi ! interrompit le jeune garçon. Ce je veux, c’est… être avec Aelita ! Si vous dites vraiment que c’est pour son bien que vous avez imaginé ce projet, alors laissez moi vous aider !
Franz se mit à réfléchir plus sérieusement. Jérémie avait l’air déterminé, et il connaissait aussi ces sentiments pour sa fille. Mais, cela signifiait aussi qu’il devait renoncer à ses amis pour cela… En était il vraiment capable, par amour ?

L’usine. L’endroit était calme comme jamais. Franz avait retiré l’intégralité de ses sentinelles qui étaient affectées à la surveillance de XANA.
Il était affalé sur le sol, le dos appuyé contre un mur. Il ouvrit lentement les yeux, mais il ne vit que du noir : La pièce dans laquelle il se trouvait était plongée dans l’obscurité. Sa tête tournait légèrement, suite au choc qu’il avait reçu, ses membres étaient engourdis et il lui fallut un moment avant de pourvoir bouger. Il avança droit devant lui sans savoir où aller, puis il buta contre un mur de côté. C’est alors qu’il sentit une excroissance dans sa poche : C’était la petit lampe torche de Yumi. Il l’alluma et vit enfin plus clairement l’endroit où il se trouvait : Le Labo. Comment avait il pu atterrir ici, à au moins 5kms de sa dernière position ? Il se souvenait de l’entrepôt du complexe pétrochimique, d’un chariot élévateur qui était sur le point de l’écraser, puis d’une explosion… Et plus rien. Tout en cherchant une explication, il parcourut la salle à la lueur de sa lampe en se dirigeant vers le monte-charge. La porte blindée était grande ouverte, des câbles d’acier pendaient à l’intérieur de la cage, tandis que l’engin lui-même était tombé au fond, en mille morceaux. Mais près de cet amas de débris, il aperçut en éteignant sa lampe, une lueur dorée, filtré par la porte blindée entrouverte du Supercalculateur.
_ XANA fonctionne encore ? pensa t il à haute voix
_ Oui, XANA fonctionne encore.
Une voix robotique venait de derrière lui venait de lui répondre. Il faillit basculer dans la cage du monte-charge, prit par surprise, heureusement, la personne qui venait de parler le retint par la main. Il braqua aussitôt la lampe sur son visage et le reconnut tout de suite : C’était l’étrange inconnu qui s’était battu avec Yumi, qui avait tenté de les aider sans qu’ils ne sachent pourquoi.
_ C’est toi qui m’a ramené ? dit il timidement
_ Oui. Toi et moi avons échappé de peu à la catastrophe.
_ Et qui vous êtes, d’abord ? Avec une voix pareille, on dirait…
_ XANA ? interrompit le jeune homme. Oui. C’est bien moi.
_ QUOI ?!
_ Tu m’as bien compris, humain. Mais si j’ai pris la peine de sauver ta misérable vie en même temps que mon corps physique, ce n’est pas sans intérêt.
Le garçon aux cheveux châtains s’avança dans le labo, lorsqu’il se mit soudain à convulsionner, comme s’il était sur le point d’éclater. L’autre ne put s’empêcher s’esquisser un léger sourire en voyant cela, il se pencha vers lui.
_ Alors comme ça, le Grand, le Très Grand, le Plus Grand programme psychopathe de la Terre a besoin de l’aide d’un Pauvre humain ?
_ C’est tout dans ton intérêt de m’aider… Della Robia, fit XANA en se relevant. Si tu veux avoir une chance de revoir tes amis.
_ Et toi, tu veux quoi ? demanda Odd d’un ton plus neutre
_ J’ai simplement un compte à régler, avec mon créateur.
_ Ton créateur ? Tu veux dire…
_ Oui. Franz Hopper, mon créateur et celui de Lyoko.
Odd ignorait s’il s’agissait bien d’un sentiment véritable, ou celui cela était du au hasard, mais le mépris et la haine avec lesquels il prononçait le nom de celui qui l’avait conçu semblaient très réels.
_ Pour ça, il faudrait savoir où ils sont tous, Monsieur XANA ! reprit Odd
_ Le Supercalculateur et moi sommes liés à une immense banque de données qui se trouve dans la base de Hopper. S’il on réactive Lyoko, on pourra localiser l’endroit où elle se trouve.
_ Mais y a plus d’électricité nulle part, en ville !
_ Il y a un autre moyen. Ma pile nucléaire est toujours en état de marche, mais elle n’alimente que le Supercalculateur. Il faut dériver l’énergie de la pile pour qu’elle puisse aussi alimenter le labo et les scanners pour nous puissions aller sur Lyoko.
Il se retourna soudain et tendit sa main gantée vers Odd.
_ Mais je vais avoir besoin de quelqu’un d’autre, avec moi.
Odd observa la main de XANA pendant quelques instants, puis son visage dénué d’expression par la suite. Il n’était pas sûr que rien ne sorte de cette main, en particulier une puissante décharge d’énergie, mais il devait à partir de ce moment faire abstraction de toute la méfiance qu’il avait en lui et faire confiance au pire ennemi qu’il puisse exister. C’était extrêmement risqué, mais c’était le seul moyen à sa disposition pour retrouver ses amis, et Hopper. Le blondinet avança sa min à son tour, et fait un sourire à demi crispé à XANA.
_ Ca va être un plaisir de bosser avec toi !
Dernière édition par ChaoticPesme le 13 Fév 2006, 20:01, édité 1 fois.
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Message 12 Fév 2006, 15:47

Ouch, ça va faire mal. En tout cas, l'intrigue est bien menée, c'est impressionnant de rebondissements et de complexité.
Et c'est surtout très accrocheur ! Pourvu que la suite ne tarde pas.
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Message 13 Fév 2006, 20:19

Désinvolte, le Odd. Trop. Même pour Odd, se retrouver enfermé dans des sous sol à quelque kilomètre de l'endroit ou on a échappé à la mort il y a trois secondes et n'avoir pas d'autre choix que d'aider le pire ennemi qu'on puisse avoir, c'est beaucoup. D'ailleur, je persiste à penser que Odd n'était pas le plus intéressant à mettre dans ce rôle.
Je trouve aussi que la scène avec Frantz Hopper, et le choix de Jérémie est trop rapide. La résignation d'Ulrich, qui je suppose n'est que partie remise, vient tout de même trop facilement. Et on n'a plus de nouvelle de Yumi possédée. La tension psychologique est retombée. Chacun se trouve dans une situation claire, et sait quoi en faire. On sent que ce chapitre est un chapitre de transition, que seule les information qu'il apporte sont importante, mais tu t'es désintéressé de l'état mental de chacun, ce qui, après tout le magnifique début, est dommage.
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Message 19 Fév 2006, 17:44

Chapitre VIII : Révélations


Dans le bunker de Franz hopper.
Aelita était de nouveau dans sa chambre et s’était assise au bord de son lit. Elle continuait à se poser un tas de question : Où pouvaient être ses amis ? Que lui voulait son père, dont elle avait oublié jusqu’à l’existence ? Elle ne se souvenait que de ne l’avoir brièvement rencontré dans cette étrange complexe informatique, puis de s’être réveillée à nouveau dans cette chambre. Elle regarda autour d’elle, et elle vit, avec un brin de surprise, une chose posée dans le coin du lit contre le mur : Une petite poupée de tissu qu’elle connaissait, exactement la réplique de celle qu’elle possédait déjà : Mr Pück. C’est certainement son père qui l’avait déposé ici, en même temps qu’elle. Elle la pris dans ses mains et la regarda intensément.
Comme beaucoup d’autres choses encore, elle n’arrivait pas à se remémorer le pourquoi de cette poupée. Qu’est ce que pouvais bien représenter Mr Pück, et à quelle occasion avait elle reçu cette poupée ? Un anniversaire, sans doute… Quoi qu’il en soit, c’était en ce moment la seule chose qui consolait Aelita en ce moment. Elle le serrait très fort contre elle pour se donner du courage en ces instants de doute. Elle se souvint l’avoir vu encore récemment dans ses rêves, cependant, le dernier n’était pas comme les autres. Il était plus sombre, la fin encore plus tragique que les précédents. De plus, il semblait bien que ce dernier rêve était en fait, la suite de ton les autres, comme si Mr Pück lui-même lui racontait une histoire d’horreur. Elle n’osait pas se poser la question de savoir ce que ces rêves, ou plutôt, ces cauchemars signifiaient vraiment, trop d’autres questions saturaient déjà son esprit encore embrumé.
Le regard de la jeune fille se braqua soudain vers la porte, elle était en train de s’ouvrir. Par réflexe, elle cacha immédiatement la poupée sous l’oreiller en voyant qui était dans l’entrebâillement de la porte, comme si elle avait peur d’être puni juste pour l’avoir regardé. Son père, il ne lui inspiré pas encore assez confiance… Il resta dans la lumière du couloir pendant un moment, puis il s’avança dans la chambre et vint s’asseoir à côté d’Aelita. Elle ne releva pas la tête vers lui alors qu’il lui parlait.
_ Comment tu te sens ?
Elle ne répondit pas.
_ Je suis désolé, je t’ai ramené ici lorsque l’on s’est rencontré, tu es un très gros choc.
Aelita ne savait pas encore si elle devait prendre les paroles de Franz comme une réelle compassion, ou simplement pour un faible moyen de lui faire mieux passé ce qu’il a fait. Elle osa enfin l’interroger sur ses actes, sans encore relever la tête vers lui.
_ Papa, pourquoi tout ça ? XANA, les autres… et Odd, pourquoi ?
_ Odd… Cela ne devait pas arriver, XANA n’était pas supposé intervenir dans cette histoire. Odd en a subit les conséquences… Je suis réellement désolé.
Elle esquissa un geste de la tête, mais elle se ravisa l’instant d’après. Ce n’était pas une raison suffisante pour elle, d’ailleurs, aucune explication que son père aurait pu fournir n’aurait pu justifier le fait que Odd soit mort. Elle avait envie de pleurer, pour se soulager, mais elle n’osait pas, comment son père pourrait il interpréter cela ? Mais malgré elle, quelques larmes de chagrin mêlées de colère courraient sur ses joues. Elle était tiraillée entre l’envie d’étreindre son père qu’elle avait oublié, et l’envie d’étrangler le responsable de la mort d’un de ses meilleurs amis. Franz reprit la parole, Aelita n’étant vraiment pas décidée à lui parler.
_ Aelita, pour comprendre les fois que j’ai fait, notamment celui de m’être entièrement consacré à ce lieu pendant que tu étais sur Lyoko, il faut que tu saches la vérité, il faut que tu saches ce que la visualisation sur Lyoko a effacé de ta mémoire. Mais si tu n’en as pas envie… Si tu ne me fais pas assez confiance… Je comprendrais.
Elle ignorait si c'était ses derniers mots qui avaient provoqué sa réaction, mais elle leva enfin la tête, et regarda son père droit dans les yeux, derrière ses lunettes rondes. Elle dit d’une voix triste, mais résolue :
_ Dis moi.
Franz paraissait encore un peu hésitant, ignorant encore l’impact de ce qu’il allait dire sur l’esprit de sa fille. Finalement, après un long soupir, il commença.
_ Voilà :
Il y a une 15ène d’année, une équipe de scientifiques très éminents et très en avance sur leur époque travaillaient sur un grand projet, celui de construire un monde virtuel à l’image de l’humanité, et de créer la plus puissante intelligence artificielle pour en contrôler le fonctionnement. Ce projet était financé par le gouvernement de l’époque, mais il n’a jamais était connu du grand public. On a nommé à la tête de ce projet, un homme, sa femme avait accouché peu de temps auparavant. Moi, toi et… ta mère. De l’eau coula sous les ponts, le projet avançait tranquillement, comme toi tu grandissais. Tu apprenais très vite, et comme moi, tu t’étais pris d’une passion pour les mathématiques, très jeune. Nous étions vraiment la famille la plus heureuse du monde, à cette époque… Mais un jour, seulement quelques jours après tes 6 ans, il s’est passé quelque chose de terrible, c’était le premier évènement qui déclencha tout le reste : Ta mère… Elle… Elle a eu un grave accident de voiture. Elle ne mourut pas sur le coup, mais elle tomba dans un profond coma, c’est même peut être pire que si…
Franz fit une pause intempestive, le dernier mot qu’il avait prononcé lui avait laissé échappé un sanglot. Aelita le remarqua. A partir de ce moment, elle ne cessa de fixer le visage changé d’émotion de son père, racontant ce récit qui le marquait tout autant qu’elle. Il reprit.
_ Depuis ce jour là, nous passions tous les jours, au moins quelques heures à son chevet. Toi, tu étais encore trop jeune pour bien comprendre ce qui lui arrivait, mais je ne pouvais pas, je ne pouvais pas te dire la vérité, pas tout de suite… Je me contentais de dire simplement que ta mère était très épuisée, qu’il fallait qu’elle dorme beaucoup… Mais tu n’y as pas cru longtemps. Ces visites devenaient un supplice pour nous deux, le coma n’évoluait pas, mais c’était la seule manière de garder encore un peu d’espoir, chaque fois que l’on quittait sa chambre d’hôpital. Pourtant, à ce moment, il ne fallait pas que je néglige le projet, lorsque nous étions à l’hôpital, j’envoyais mes directives au reste de l’équipe et les laissaient prendre la suite des opérations. Le soir, à la maison, parler d’autre chose que de ta mère n’était pas facile, alors nous nous efforcions de parler de ta vie à l’école, de tes progrès, et même du tout 1er petit ami que tu as eu !
Aelita et Franz se regardèrent un instant dans les yeux, ils esquissèrent un semblant de sourire à l’évocation de cette seule anecdote, mais l’homme reporta la seconde d’après son regard vers l’avant, dans le vide, reprenant une expression entre 2 sentiments.
_ Le projet aboutissait, mais les erreurs s’accumulaient à un rythme alarmant, à cause de l’absence réelle de direction. La plupart du temps, je n’étais pas là pour surveiller si le travail se déroulait bien, toi et ta mère étaient les choses les plus importantes de ma vie, et malgré mes efforts pour ne pas négliger mon vrai travail - officiellement, j’étais professeur de physique, au collège, dit t il dans sa barbe – et mon travail en secret, les deux en souffraient… Ainsi, alors qu’un prototype de programme de manipulation temporel venait d’être mit au point, le gouvernement décida de nous couper les vivres, il estimait qu’il gaspillait son argent dans les réparations des erreurs ! Il nous a tout simplement mis à la porte, du jour au lendemain, et le projet a officiellement était arrêté ! Cela faisait 7 ans, 7 ans de la vie de nombreux scientifiques réduits à néant ! Plusieurs d’entre nous ont essayé de faire pression sur le gouvernement, de les convaincre que les erreurs n’étaient que temporaires, mais ils ont tous étaient muselés… En fait, la seule chose que le gouvernement avait gaspillée, c’était nos vies, c’est une chose que je ne pardonnerais jamais.... La vieille usine fut ensuite condamnée, en attendant d’être détruite.
Franz fit une pause et regarda Aelita dans les yeux, elle n’avait apparemment pas décroché un seul instant, et buvait chacun de ses mots comme un nectar rare. Même s’il se doutait de sa réponse, il lui posa tout de même la question :
_ Tu veux que je continue ?
Elle hocha simplement la tête, trop absorbé par le récit pour pouvoir parler. Franz avait en fait également posé cette question à lui-même, faire revivre ce temps par la parole était si douloureux qu’il en avait une boule dans la gorge en permanence, mai il continua.
_ Quelques mois passèrent, et le dossier du projet de monde virtuel fut définitivement classé. Mais l’usine ne fut pas détruite, le projet fut simplement oublié. Si les anciens membres avaient su cela, ils en auraient été malades ; de savoir que ce sur quoi il avait consacré une partie de leur vie avait non seulement été abandonné, mais qu’il avait été aussi délaissé, comme un blessé que l’on fait semblant de ne pas voir… Mais… les malheurs ne s’arrêtèrent pas là : 3 jours après tes 12 ans, que nous avions « fêté » au chevet de ta mère, les médecins nous ont appelés la nuit pour nous annoncer… Pour nous dire que…
Il devait le dire, il lui avait promis la vérité, TOUTE la vérité, il devait le faire. Il prit une grande inspiration et reprit.
_ Pour nous dire que son cœur s’était arrêté de battre, alors qu’elle était sortie pendant quelques minutes de son coma… Je n’ai pas osé t’en parler, c’était trop dur à recevoir, et beaucoup trop dur à dire. Le lendemain, j’ai pris une décision : J’ai essayé de m’introduire à l’intérieur de l’usine abandonnée et j’y suis arrivé, je devais reprendre le projet, seul, pour la mémoire de ta mère ! Car c’était… C’était la chose qu’elle désirait me voir réussir ! Avec toi, cet ex projet gouvernemental était devenu ma priorité absolue. A partir de ce moment, je n’ai plus vécu que pour toi, et ce monde virtuel, Lyoko…
Mais au fond, ce programme de manipulation temporel m’intéressait encore plus, si j’avais pu le finir et le faire fonctionner, je nous aurais retransporté dans le passé, pour que tout cela n’arrive jamais… Au bout d’un moment, le but de finir de construire Lyoko s’était effacé de ma tête je ne pensais plus qu’à retourner vers le passé, cela m’obsédait au point que j’ai été jusqu’à quitter mon poste de professeur au collège. Enfin, j’ai atteint mon but. Le projet, le Supercalculateur baptisé Xanadu était terminé et prêt à être activé. Tout allait redevenir comme avant, je nous revoyais déjà ensemble, tous ensemble, c’était mon plus grand espoir… Mais le Supercalculateur avait des défauts de conception ! Le premier lancement a était le dernier ! Le moteur nucléaire du Supercalculateur surchauffait gravement, des vibrations provoquaient des secousses énormes, à tel point que l’usine a failli se disloquée, s’écrouler sur elle même ! Et toi, toi qui m’accompagnait toujours quand j’allais à l’usine, tu étais allé à la salle au dessous de la salle de contrôle qui était initialement prévu pour des exploration du monde virtuel et là…
Franz fit de nouveau une pause, il était hésitant.
_ Et là, je ne sais pas ce qui s’est passé… Je pense qu’un des scanners s’est ouvert, à cause des tremblements, tu as du tomber à l’intérieur, et tu as été virtualisée sur Lyoko. J’ai pu arrêter Xanadu, mais je me rendis compte que je t’avais perdue… J’ai essayé de reconfigurer totalement le Superordinateur, j’ai passé des jours et des nuits à travailler sur les scanners, j’ai cherché les données qui te concernaient, je n’ai… je n’ai rien trouvé… J’étais désespéré… D’abord ta mère, puis toi… Et si je vous ai perdu toutes les deux, c’était uniquement de ma faute ! Si j’avais refusé dès le départ, si j’avais incité le gouvernement à ne pas faire ce projet, rien de tout cela ne serait jamais arrivé.
Pendant les mois qui ont suivi, je me suis littéralement battu contre moi-même pour continuer à vivre, je me littéralement coupé du monde extérieur, cherchant dans les réseaux du monde entier un petit détail, une chose minuscule qui pourrait m’apporter un soupçon d’espoir. Puis, j’ai découvert l’existence de ce bunker ! Il avait été bâti par un groupe d’origine étrangère, inspiré du projet Xanadu à l’abandon, pendant que moi, je le terminais. Mais lui aussi, avait été abandonné, mais pas découvert depuis. Ce groupe voulait construire le plus puissant des ordinateurs du monde, mais qui ne soit pas une intelligence artificielle. J’ai feuilleté pendant des mois les dossiers de cet autre projet… Il était parfait ! Il n’y avait pas la moindre instabilité !
Je savais ce que je risquais, après que j’ais perdu ce que j’avais de famille et de vie, je pouvais me perdre moi-même, et au fond, c’est ce que je voulais… Je voulais que le travail qu’allait me demander ce nouveau projet m’achève, détruise ce qu’il me restait. Mais finalement, j’ai tenu le coup, j’ai continué à m’accrocher pour peut être pouvoir un jour recréer un autre système de manipulation temporel.
Des années plus tard, j’ai appris que Xanadu avait été rebranché ! Je craignais de le faire à l’époque, à cause des conséquences qu’aurait pu avoir la fission du moteur nucléaire... Mais rien ne s’était produit. Je me demandais même si je n’allais pas reprendre le système du Supercalculateur pour m’en servir et avancer plus vite ce qui était devenu MON projet, mais j’ai vu, en explorant les données de Xanadu depuis ma position… Que tu… Que tu étais vivante… Vivante, je n’osais même plus l’imaginer ! C’était même devenu impossible à moins d’un miracle ! J’étais tellement heureux à l’idée de te revoir ! Seulement, plus rien n’aurait pu être comme avant : Tu avais perdu la mémoire, tu ne te souvenais même plus de ce que « être humain » signifiait, et ta virtualisation semblait être définitive... Immédiatement après la joie, ce fut le déception, je t’avais tout de même peut être perdue pour toujours… Mais, j’ai laissé tes amis, ceux qui ont découvert le Supercalculateur - renommé XANA - et qui t’ont découverte, toi, faire ce qu’ils avaient à faire. Pour une raison qui j’ignorais, j’étais à l’abri des effets du retour dans le temps du Supercalculateur, cela m’a permis d’observer tous vos progrès ! Tout ce que tes amis ont fait pour toi a dépassé toutes mes espérances ! Je sais que pour toi, ils auraient pu donner leur vie. Alors, j’ai fini par établir mon plan selon ce que vous faisiez, et en attendant le jour où je pourrais te revoir en chair et en os, j’ai fabriqué un troyen puissant que j’ai implanté dans le cœur de XANA, jusqu’au moment où je pourrais m’en servir, pour contrôler ce que vous appeliez « le retour vers le passé ». Puis, ce jour a fini par arriver, XANA est devenu assez puissant pour que mon plan puisse enfin fonctionner.
Il fit une nouvelle pause, laissant ainsi le temps à lui-même et à Aelita de respirer. Ce qu’il allait dire ensuite était peut être encore plus terrible que tout le reste. Car tout ceci, la jeune fille l’avait définitivement oublié, mais elle portait en elle depuis peu une blessure qui n’était sans doute pas prête de se refermer.
_ Je dois t’avouer une chose, tu ne vas sans doute pas me pardonner de sitôt par ça : C’est moi qui ais aidé XANA dans sa dernière attaque, j’avais besoin « d’assistants ». Même si je pouvais le contenir, je ne voulais pas laisser XANA sans surveillance. C’est comme ça que j’ai créé les « nouveaux » spectres… Seulement, il y avait parfois des instabilités, et cela s’est ressenti deux fois : A l’usine, l’un d’eux était hors de contrôle, il a failli te tuer… J’ai dû le désactiver entièrement… Crois moi, j’ai eu le sentiment pendant ce temps que tout allait de nouveau s’écrouler…
La 2ème fois, c’était au complexe pétrochimique. J’ai du utiliser des méthodes qui m’ont dégoûté de moi-même pour empêcher Jérémie d’accéder à mes données, et j’ai perdu après pendant un moment le contrôle du spectre à l’intérieur du corps de ton amie Yumi… C’est moi le responsable de ce qui est arrivé à Odd, ce n’était pas l’intervention de XANA. Je n’ai pas pu faire autrement que de jouer en permanence avec le feu, et c’est Odd que j’ai brûlé… C’est de ma faute…
Franz se sentait soudain envahit par un sentiment irrésistible de culpabilité, tandis qu’Aelita tentait de digérer tout ce qu’il venait de lui être raconté. Elle ne savait pas quoi en penser, toute une partie de sa vie effacée de sa mémoire à cause de toutes ses années d’isolement sur Lyoko. Franz avait encore la force de parler, mais sur un ton larmoyant.
_ Si tu ne veux pas me pardonner, si tu me hais maintenant que je t’ai raconté tout cela, je comprendrais très bien. J’arrêterais mon projet, j’arrêterais même toute cette histoire si tu le voulais…
Aelita se recroquevilla sur elle et s’appuya contre le mur, elle posa sa tête sur ses genoux. Elle aurait cru qu’après cela, il lui serait revenu des souvenirs, un flash, n’importe quoi comme lorsqu’elle a revu son père la première fois, mais rien, rien ne lui revenait…
_ Papa, dit elle d’une voix à peine audible, tu ne m’as pas répondu, pourquoi tu as fait tout ça ?
Franz baissa la tête. Est-ce qu’elle le haïssais ? Elle faisait comme si tout ce qu’il venait de lui raconter n’avait pas atteint ses oreilles, c’était en définitive peut être à ce moment, qu’il l’avait perdue pour toujours.
_ Mon projet a toujours était le même, il l’est encore maintenant : Revenir dans le passé, le modifier pour que tout ce que nous avons vécu ne soit jamais arrivé.
_ « Tout ce qu’on a vécu », ça comprend aussi mes amis… Et Jérémie ?
Franz se rapprocha de sa fille, il l’entoura d’un bras rassurant. Contrairement à ce qu’il pensait, Aelita ne le repoussa pas, mais elle n’accueillit pas non plus ce geste comme un geste d’affection, elle avait encore trop de doutes.
_ C’est pour ça que, dès que j’ai su que tu étais vivante, je voulais t’avoir près de moi, pour savoir si je devais, s’il fallait que mon projet aille à son terme… Ma chérie, j’ai une grave question à te poser.
Il changea de position et se à genoux sur le lit, face à elle, toujours recroquevillée.
_ Est-ce que tu veux revenir en arrière ? Est-ce que tu veux revenir à l’époque où nous étions tous heureux, où nous formions une vraie famille ?
Elle se recroquevilla encore plus, elle réfléchit. Connaître une mère dont elle n’avait plus aucun souvenir, mener une vie normale sans avoir tout les jours à ce demander dans ses rêves si la fin du monde ne va pas survenir parce que XANA l’aura voulu ? De son côté-là, dans sa tête, le choix était clair. Mais de l’autre… Oublier… oublier une nouvelle fois ce qu’elle avait construit de sa nouvelle vie, oublier les espoirs, les joies, les peines qu’elle avait vécu. Et surtout ses amis… et Jérémie. C’était encore impossible.
_ Papa… Oui, je le veux.
_ Tu en es absolument sûre ?
_ … Oui, j’en suis sûre.
_ D’accord.
L’homme se releva enfin, il se dirigea lentement vers la porte.
_ Papa !
Franz se retourna brusquement.
_ Oui ma chérie ?
_ Mes amis, et Jérémie, où sont ils ?
_ Ils sont tous ici, dans la base. Tu veux les voir ?
_ … Non, j’ai envie de rester seule.
Franz hésita un instant, puis il se dirigea de nouveau vers la porte. Avant de sortir, il dit :
_ Si tu as besoin de quoi que ce soit, ou si tu veux voir tes amis malgré tout, vient me trouver au Dôme.
Il allait refermer la porte, lorsque Aelita intervint à nouveau.
_ Papa !
_ Oui ?
_ Comment… Comment s’appelait maman ?
_ Olga, elle s’appelait Olga.
Le scientifique poussait un très long soupir, puis il sortit enfin.
Pourquoi Aelita avait elle si brusquement donné une réponse, alors qu’en fait, rien n’était mois sûr ? Elle avait à choisir entre ses amis et sa famille, le plus cruel dilemme qui lui avait jamais été donné d’affronter. Qu’allait elle bien pouvoir décider, s’il était possible de le faire ?

Au labo de l’usine.
XANA tapait frénétiquement sur le clavier du Superordinateur depuis déjà 2 heures, grâce à l’énergie que lui fournissait la pile nucléaire du Supercalculateur. Derrière lui, Odd faisait les 100 pas. 2 heures qu’il essayait de reprendre le contact Lyoko, sans grand succès. Mais enfin, il obtint un résultat : un signal, faible, mais ce fut la preuve que l’univers virtuel n’avait pas subi de dommages graves. Odd se positionna derrière le siège alors que XANA effectua un scanner des Territoires. Celui repéra un Tour… mais il était impossible dans connaître la localisation. Le blondinet remarqua cependant un détail, sur cette bâtisse : D’après l’écran de l’ordinateur, elle semblait être entourée par un halo blanc… Hopper, c’était lui, il n’y avait aucun doute. Ils venaient peut être de trouver le chemin qui allait les conduire à lui…
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Localisation: Bah tiens, devant mon écran, quelle question ! ...

Message 19 Fév 2006, 18:59

Arg, ça s'corse.
Bravo pour cette histoire, elle est géniale, tu mets un suspense pas possible... Vivement le prochain chapitre.
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Sergent-chef des lyokauteurs

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Message 19 Fév 2006, 20:24

Chapitre émotion. Et tu es mal à l'aise. Tu ne t'en sors pas si mal, mais tu es mal à l'aise, ça se sent. Les émotions d'Aelita, d'Hopper, sont des choses qu'il t'est difficile d'exprimer. Tu fais des fautes de grammaire typiques, mettant du passé simple pour décrire un état d'esprit, comme si tu voulais que les pensées soit des actions ponctuelles, et non prolongée dans le temps et graduelles, comme les émotions (j'ai corrigé tout en lisant, désolée^^). Tu as pris la peine de réfléchir pour te demander dans quel état cette scène peut plonger Aelita et son père, mais tu ne sais pas très bien, ensuite, comment décrire, exprimer, utiliser ces émotions, comment en jouer pour toucher le lecteur. Tu fais de ton mieux, et après un effort louable, l'émotion passe. Mais on sent tout de même ce que ça te coûte. Ton malaise se devine.
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Message 24 Fév 2006, 19:04

Chapitre IX : Le chemin de la Tour



Les deux garçons se dirigèrent vers les échelons métalliques dans le fond de la salle et les descendirent. Odd repensait à ce que XANA lui avait dit : Leur transfert sur Lyoko par l’intermédiaire des scanners allait coûter beaucoup d’énergie à la pile nucléaire, et le temps que celle-ci soit à nouveau en état de fonctionner, il allait peut être se passer un long moment… Un très long moment. De plus, ce moyen de virtualisation constituait une porte d’entrée de secours vers Lyoko, mais pas une porte de sortie. Si jamais ils devaient être dévirtualisés pendant leur exploration de Lyoko, cela serait certainement définitif. C’était un énorme risque à prendre pour Odd, et il savait qu’il risquait vraiment cette fois, de ne pas en revenir, car il n’était pas sûr une fois à la Tour, s’ils y arrivaient, de pouvoir trouver un moyen pour revenir sur Terre. Mais il n’avait pas le choix. Même avec XANA comme compagnon de voyage, il devait essayer, tenter l’impossible pour retrouver ses amis, faire tout ce dont il avait le pouvoir pour les aider ! Hopper ne devait pas avoir prévu que lui et XANA pourrait se sortir de ce terrible feu d’Enfer à l’entrepôt, il fallait en profiter, de cette situation, à n’importe quel prix…
Au dessous du labo régnait un épaisse obscurité que seule la lumière que dégageaient les sarcophages dorés arrivait à percer. Le cœur de Odd battait à tout rompre tandis qu’il regardait avec intensité le scanner dans lequel il allait entrer, comme s’il dévisageait un adversaire faisant 3 fois sa taille. Les portes s’ouvrirent, le rythme cardiaque du blondinet atteignit un seuil critique. C’était la toute première fois qu'il allait entrer dans une de ses énormes capsules, et il n’était pas sur de pouvoir en ressortir. Sa respiration était rapide mais saccadée, son corps ne voulait plus du tout bouger, lorsqu’une voix s’éleva :
_ Allons y, on a assez perdu de temps.
XANA dirigea un regard mauvais vers Odd puis entra, les portes de son scanners se refermèrent derrière lui. Pendant un instant, le blondinet fut soulagé de cette intervention. Il se dit en lui-même :
« Ouf ! Ca aurait été trop bête d’avoir une crise cardiaque maintenant ! Allez mon vieux, on se reprend… T’as juste à mettre un pied devant l’autre… »
Avec une extrême lenteur, il posa un pied à l’intérieur du sarcophage, puis l’autre, puis il vit les portes se refermer. Pendant une minute qui parut une éternité, il sentit léger, hors du temps et de l’espace, traversant un long couloir à une vitesse faramineuse, au bout duquel il ne savait pas ce qu’il y avait…
Il se réveilla, légèrement engourdi. La première chose qu’il remarqua fut une longue rangée d’arbres très fins, puis en baissant le regard, de la verdure couvrant de très étroits chemins. Lyoko. La virtualisation avait bien était incertaine, au point qu’ils ne savaient pas à l’avance dans quel Territoire lui et XANA allaient atterrir, mais elle avait réussie, et les avait transportés dans le Territoire de la Forêt.
Il n’y avait pour le moment aucun monstre en vue, mais le Lyokoguerrier félin entendit soudain d’étranges bruits métalliques derrière lui. Il fit un bond en avant et un demi tour sur lui-même dans l’es airs, tout en chargeant quelques unes de ses flèches laser. Au sol et en position de tir, il fit face à une 20ène de mètre de lui à un Kankrelat, d’apparence tout à fait banal. Odd l’avait en plein dans sa ligne de mire, pourtant, il hésitait à tirer, le monstre bougeant à peine ne présentait pas le moindre signe d’agressivité. Au risque d’être touché, il se releva de sa position et s’avança vers la bestiole virtuelle, tout en la maintenant en joue. Celle-ci ne chercha même pas à tirer. Le félin baissa ça garde, puis il l’examina attentivement, il dit ensuite, d’une manière encore peu convaincue :
_ XANA ?
La bestiole numérique fit bougé son cœur de haut en bas, comme pour répondre affirmativement. Odd se retint à ce moment de laisser échapper un fou rire face à l’incongruité de la situation.
« Ah la honte ! XANA sur Lyoko est juste un bête Kankrelat ! Si les autres pouvaient voir ç… »
Les autres… Repensant soudain à ses amis sans doute en danger, le sourire qu’il avait aux lèvres s’effaça. Il ne devait pas perdre de temps à rire. Il fit se retourna en avançant et fit un signe derrière lui au Kankrelat pour lui dire de le suivre, mais il s’aperçut que celui-ci était déjà en train de prendre la tête avec quelques mètres d’avance. Il n’y avait aucune pulsation visible ni audible, pourtant XANA semblait savoir parfaitement où il se dirigeait… Après, Lyoko était son domaine, peut être qu’à présent qu’il y était lui-même, savait il où la Tour devait se trouver…
Pendant les premiers temps de leur exploration, tout semblait calme, cependant, des monstres apparaissaient anarchiquement au dessus de la Mer Numérique, dévirtualisés en quelques secondes le temps d’y plonger. Voyant cela, Odd jeta un regard inquiet au Kankrelat XANA, il pensa dès lors qu’il fallait absolument veiller à ce qui ne lui arrive rien, car s’il venait à tomber lui aussi dans la Mer Numérique, il ne donnerait pas cher de ses derniers espoirs de retrouver ses mais…
Ce dernier ne pouvait pas courir comme lui, pourtant, il fallait que ce soit lui qui continue à mener leur marche, de plus leur route vers cette Tour blanche n’allait sûrement pas rester aussi tranquille longtemps, elle risquait d’être pénible…

Elle ouvrit les yeux, mais ne vit au 1er abord que la pénombre. Sa tête était aussi lourde qu’une enclume, comme si elle avait dormi pendant plusieurs jours d’affilé. Allongée sur le côté et sur le sol froid, elle vit un fin filet de lumière au raz du sol. Elle commençait à pouvoir bouger ses muscles engourdis lorsqu’elle entendit une voix familière lui parler …
_ Yumi, tu m’entends ? Yumi, dis moi quelque chose !
Cette voix résonnait dans sa tête comme un écho venait de très loin. Instinctivement, elle tourna nerveusement la tête, elle vit alors un visage encore trouble et à moitié dans l’ombre penché au dessus d’elle. Une main se mit à s’agiter devant son visage.
_ Yumi ! Hé ho ! Tu m’entends ? répétait la voix
Il lui fallut un immense effort pour arriver à extirper quelques mots du fond de sa gorge.
_ Ul… Ulrich, c’est toi ? dit elle faiblement
_ Yumi, enfin ! Tu m’as fait une de ces peurs ! J’ai cru que tu me reconnaissais pas !
Le jeune homme aida son amie à se redresser, la soutenant par l’arrière de sa tête. Elle se sentait faible, très faible, vidée de toute son énergie dont elle débordait d’habitude.
_ Qu’est ce que… Où est ce qu’on est ?
_ On est enfermé… Dans le bunker de Franz Hopper. Répondit sèchement Ulrich
_ Ho… Hopper ? répéta Yumi, ne comprenant pas encore la gravité de la situation
_ C’est lui… C’est lui qui est derrière tout ça.
Toujours soutenue par les bras rassurants d’Ulrich, elle porta sa main à son front pour essayer d’atténuer une migraine lancinante, mais en vain. Ulrich pensait que s’il devait avouer certaines choses à son amour secret, c’était le moment. De lui dire des choses qu’il n’osait pas dire de peur de briser leur amitié, parce qu’à présent, il ne savait pas ce qu’ils allaient devenir… Mais il fallait d’abord lui parler d’autres choses, de ce qu’il s’était passé durant ces très longues dernières heures. Il avait le cœur serré de devoir lui poser certaines questions qui n’allait certainement pas lui faire de bien, mais il fallait le faire maintenant, pendant qu’elle émergeait encore de son sommeil forcé à l’intérieur d’elle-même… Il fallait qu’elle sache certaines choses, mais il ne pouvait pas tout lui dire tout de suite, c’était impossible. Il devait passer au compte goutte ce qu’il avait à raconter.
_ Yumi, de quoi tu te souviens ?
Elle porta de nouveau ces mains à sa tête, rien que de devoir utiliser son cerveau pour se rappeler d’évènement passés la faisait souffrir. Cependant, elle raconta :
_ Je… Je ne sais plus… Attends ! Sissi… Je me souviens du collège et de Sissi… J’étais rentrée dans sa chambre et je n’avais rien trouvé… Ou plutôt… si. Mais j’ai pas su ce que c’était… Ensuite, ensuite… Je me souviens plus, plus rien après ça…
C’était bien ce dont Ulrich se doutait : le parasite qui l’avait possédée avait utilisé sa personnalité pour s’exprimer à sa place et se faire passer pour elle. Sa haine contre Hopper ne faisait que se renforcer à l’écoute de son amie, il voulait l’étrangler, le tuer de ces mains même pour s’être servi sans aucun scrupule de celle qu’il aimait… Elle reprit.
_ Dis moi, qu’est ce qui m’est arrivé tout ce temps ?
Il fallait désormais que le jeune garçon fasse extrêmement attention à ce qu’il allait dire et à la manière dont il allait répondre à toutes les questions qui saturait certainement l’esprit de Yumi. Elle n’était pas du genre à être traumatisée facilement, du moins, c’est le caractère qu’elle affichait, mais un certain évènement n’allait certainement pas passer de sitôt… Ulrich prit une grande inspiration, puis le commença.
_ Tu as été… possédée par un spectre contrôlé par Hopper… Ca a du commencer depuis que tu es revenu de la chambre où était Sissi. Jérémie avait trouvé au complexe pétrochimique un point de relais du plan de Hopper et on y est allé… On l’a trouvé dans un entrepôt, et là… On a été piégé, il a su qu’on était là…
Yumi resta silencieuse dépend une bonne minute, essayant de se souvenir de ce dont Ulrich parlait, mais il n’y avait rien à faire, ce passage avait été gommé de sa mémoire… Mais qu’est ce que Hopper avait bien pu l’obliger à faire ? Et comment se faisait il…
_ Pourquoi… Est-ce que le spectre n’est plus en moi ?! A l’usine, pourtant…
_ Oui, je sais… Mais je sais pas ce qui a pu se passer, on t’a amené ici alors que je dormais…
Ulrich sentait qu’il s’avançait de plus en plus en terrain glissant, il se rendit compte qu’il ne pourrait définitivement pas l’éviter, Yumi commençant à vraiment reprendre conscience.
_ Et les autres, où ils sont ?
_ Jérémie… Je l’ai vu. Aelita doit être là aussi.
Elle nota chez Ulrich l’étrange ton, agressif, presque méprisant, lorsqu’il avait évoqué Jérémie, mais ce n’était pas cela qui l’inquiétait le plus. Pourquoi ne disait il rien sur Odd ? Est-ce qu’ils s’étaient disputés alors qu’elle était sous contrôle ?
_ Et Odd ?
Ulrich se couvrit soudain d’une épais voile de silence, il paraissait aussi très fortement gêné. Pourtant, la japonaise insista.
_ Tu sais où il est ?
Le jeune homme faillit ouvrir la bouche, mais il se ravisa aussitôt. Ce traitement du silence commençait à vraiment inquiéter Yumi.
_ Ulrich, il est rien arrivé à Odd, hein ?
_ Yumi… Je… Tu… bégaya-t-il
_ Il a disparut ?! S’il te plait ! Dis moi ! Qu’est ce qu’il lui est arrivé !
Ulrich en avait des frissons. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas, pourtant, il s’était promis de lui raconter ce qu’elle désirait savoir… Cela s’échappa de sa bouche.
_ Il… Il est mort…
Yumi poussa un cri de terreur. Non, pourquoi, pourquoi s’était arrivé !? Lui qui arrivait toujours à se sortir des pires situations sur Terre ! Comment cela avait il puis se produire ?!
A partir de ce moment, Ulrich décida de prendre les devants et lui raconta ce qu’il s’était passé par la suite dans le bunker, y compris ce qu’il considérait comme une trahison de la part de Jérémie… non ! Elle ne voulut pas y croire ! Dès l’instant où elle avait su qu’elle avait été possédée, elle s’était préparée à apprendre qu’elle avait vécu, et peut être même commis des choses répréhensibles… Mais rien ne l’avait préparé à des choses aussi affreuses ! Un sentiment effroyable de culpabilité l’envahissait, comme une noyée avalée par la furie de la mer.
Elle se leva brusquement, mais chancelante, et alla s’adosser contre un mur, écrasée par ce sentiment de ne rien avoir fait, et de ne rien avoir pu faire. Ulrich, toujours assis par terre, interrompit son récit, pestant contre lui-même de devoir être celui qui doive lui raconter une telle horreur. Elle le regarda intensément. Elle sentait qu’il lui cachait encore quelque chose, elle ne lui disait pas tout. Son visage avait beau être fermé, elle voyait que tout son être se retenait d’imploser, pour être sûr que ce qu’il retenait resterait non dit. C’était peut être mieux ainsi… Yumi ne voulut pas aller plus loin, elle en avait déjà trop entendu ! Bien assez de malheurs et de désastres lui étaient parvenus jusqu’au oreilles en peu de temps ! Elle se serait creusée sa propre tombe pour s’enterrer elle-même, oublier tout ce qu’elle avait appris, oublier la mort… S’il n’y avait eu personne avec elle. Mais Ulrich était là… Elle s’était promis bien auparavant de ne jamais se reposer sur lui, de ne jamais se laisser abattre et qu’il devienne la seule personne sur laquelle elle pouvait encore s’appuyer… mais cette fois, c’était réellement trop fort, trop dur à supporter ! Elle se rapprocha d’Ulrich, et elle s’écroula dans ses bras. Elle le serrait très fort et enfonçait sa tête dans sa poitrine. Lui, après avoir hésité devant cette réaction soudaine, posa délicatement sa main dans ses cheveux noirs. Elle ne pleurait pas, ses yeux étaient saturés, fatigués, elle aurait eu trop de choses à pleurer en une seule fois.
Dans le couloir, un garçon à lunettes s’éloigna de la porte. Il était resté à côté tout le long de leur discution et l’avait écoutée en intégralité. C’est vrai, il était peut être devenu un traître envers eux, mais la mort de leur compagnon l’effectuait tout autant… Ils se disputaient souvent, allant même parfois jusqu’à se traiter de tous les noms, mais ils s’aimaient tout deux comme les amis très proches qu’ils étaient. Quand il y repensait, c’était peut être aussi pour cela qu’il avait décidé d’aider Hopper, pour oublier ses disputes, ces colères… Et tout ce qui s’y rapportait… Il continua ensuite sa route vers le Dôme.

Dans le Territoire de la forêt, Odd, guidé par le Kankrelat XANA, avançaient d’un pas lent au travers de la verdure virtuelle. Au loin, on entendait des tirs désordonnés. Comme rien ne pouvait plus pénétrer sur Lyoko, le félin pensait que cela devait être des monstres qui se prenaient pour cible entre eux. Il observait XANA avancer devant lui et de temps en temps, jetait un coup d’œil en direction de la Mer Numérique, regardant avec dédain les créatures virtuelle se matérialiser, puis tomber l’instant d’après dans le vide. Soudain, le Kankrelat s’arrêta, puis on entendit un sifflement. Odd s’arrêta également et regarda autour de lui. Il mit son poing en avant, près à tirer au moindre signe de vie, mais il n’y avait toujours rien en vue. Le sifflement gagnait en intensité, comme si quelque chose se rapprochait à grande vitesse. Odd remarqua alors qu’une ombre était rapidement en train de s’élargir au dessus du Kankrelat. Il leva les yeux vers le ciel jaunâtre et réagit l’instant d’après : Il se précipita sur XANA et bondit pour le saisir à deux mains. Quelques secondes plus tard, un Mégatank s’abattit à cet endroit même dans une violente onde de choc accompagnée d’un nuage de poussière. Après avoir fait un roulage pour sauver son guide de Lyoko de l’écrasement, Odd se releva aussitôt, juste à temps pour éviter le 1er faisceau rouge que il envoya la boule dès qu’elle fut remise du choc. Odd se mit à courir vers un grand arbre, bien plus large que les autres et s’y cache derrière, le Kankrelat toujours dans les bras. Un autre tir secoua grandement le tronc d’arbre, il faisant dire que cet abri n’allait pas les protéger bien longtemps.
« Là mon vieux Odd, c’est le moment d’avoir une idée de génie ! »
XANA s’agitait dans se bras, voulant descendre de force, mais le guerrier félin continuait de le tenir fermement. Il ne voulait prendre aucun risque, il avait trop besoin de lui… D’ailleurs, il n’osait pas pour cela attaquer le Mégatank de front. Il risquerait sa vie à la moindre blessure et il n’avait pas d’opérateur pour recharger ses flèches laser s’il venait à en manquer. Odd s’appuya dos contre l’arbre et jeta un regard autour de lui, cherchant une solution simple et rapide : Revenir en arrière était impossible, l’arbre était au bord de leur plaque, et les plateformes aux alentours trop éloignés pour qu’il puisse y sauter sans être dangereusement à découvert… Il devait réfléchir et trouver très vite une échappatoire, ou ils seraient perdus tous les deux…
Alors que le Kankrelat continuait de se débattre dans les bras du blondinet, comme un bébé mécontent, un autre tir du Mégatank vint frapper à nouveau l’arbre qui commençait à craquer, surprenant du même coup Odd qui en lâcha XANA. Libéré, celui se rapprocha d’un bord de la plateforme et se tourna vers le félin. Celui-ci s’avança à peine, se demandant ce qu’il comptait faire, quand la petite créature sauta dans le vide !
Effaré, il se précipita au point de chute pour le rattraper, mais il n’y vit qu’un voile de brume. Il se calma en l’espace d’un instant, puis il se dit que XANA n’avait vraiment aucun intérêt à se donner la mort sur Lyoko… C’était qu’il devait avoir une raison d’avoir fait ça ! Mais alors qu’il hésitait encore à le suivre, une chose précipita sa décision : L’arbre numérique éclata en millions de pixels, le faisceau rouge se dirigeant maintenant droit vers lui ! Il eut tout juste le temps d’avoir le réflexe de sauter par-dessus bord avant que la dangereuse attaque ne lui fasse perdre ses précieux point de vie.
La chute dans la brume parut durer éternellement, au point qu’il essaya de se rattraper à toute sorte d’étranges éléments flottants qui passaient à sa portée, mais ils se brisèrent dès qu’il essayait de ralentir sa chute en posant la main dessus. Il se heurta violemment à plusieurs rochers volants qui éclatèrent sous l’effet du choc engendré par la vitesse. Enfin, il finis par toucher le sol, de la manière la plus dure possible. Animé par sa seule volonté, il se releva aussitôt, marchant nonchalamment sur quelques mètres, puis il s’écroula de nouveau…
Dernière édition par ChaoticPesme le 24 Fév 2006, 19:28, édité 2 fois.
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Initié

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Message 24 Fév 2006, 19:20

vaan^^antechrist

bravo un chapitre bien sympathique avec ce XANA-kancrelat ! étonnant ! je trouve que tu a bien décris les sentiments de yumi, son choc, quand elle a appris ce qu' "elle" a fait. seul bémol : et aelita ?...

prèt pour la suite !

Tueur de Krabes

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Message 24 Fév 2006, 19:35

Beau chapitre.
C'est bien gentil de vouloir masquer le problème avec les déboires de chaque personnage, que ce soit Odd et son compagnon pour le moins ridicule, que ce soit Ulrich et surtout Yumi qui se lamentent encore sur cette catastrophe que l'on sait exagérée ou encore Jérémie qui écoute avec tristesse Ulrich le traiter de tous les noms, mais la tension est là, le problème reste : Que va décider Aelita ? Très bon choix donc pour cette suite qui fait durer le suspense.
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Sergent-chef des lyokauteurs

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Message 24 Fév 2006, 20:06

Ah, que je l'attendait, cette scène où Yumi reprends ses esprits.. Et je ne suis pas déçue. Magnifique, vrai, sincère... Mais malheureusement interrompu. J'espère que Yumi ne va pas se rééffacer de l'intrigue après ça, c'est trop bête de ne pas continuer à exploiter cette fibre dramatique, la culpabilité.
La scène de Odd sur Lyoko est appocalyptique. Même le gag du Kankrelas ne détends pas l'athmosphère. Sublime.Vraiment sublime.
(Y a quelques fautes de grammaire) Et dire que ce n'est que le chapitre 9...
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Râleur de légende

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Localisation: En constante évolution

Message 05 Mar 2006, 12:52

Un peu plus court


Chapitre X : Dans les profondeurs



Il était mort. Il était déjà supposé l’être auparavant, mais là, il était réellement mort ; du moins, c’est ce qu’il voulait croire. Quand il rouvrit les yeux, il ne vit que du brouillard, épais, et gris.
« Alors là c’est clair, je suis mort ! » pensa t il encore
Il entendit alors s’approcher de lui des bruits métalliques aigus, très rapprochés les uns des autres. Une créature émergea lentement de cette purée de poix : Un Kankrelat. Odd pointa son bras vers lui, mais sans grande conviction. Cependant, la créature ne bougeait pas, s’agissait il de XANA, ou d’une hallucination crée par son esprit, de la vie avant sa mort… S’il s’agissait bien de lui, c’est qu’il avait survécu à sa longue et périlleuse chute. Il Reprit peu à peu conscience, il était bien vivant. Il abaissa sa garde. La créature secoua son corps de bas en haut et commença déjà à s’éloigner au travers du brouillard, Odd se mit à le suivre. Alors c’était vrai, XANA n’avait pas sauté dans le vide numérique en désespoir de cause, il y avait bien quelque chose en dessous, il le savait. Mais une question trottait dans la tête du blondinet : OU l’avait il emmené ? Il distinguait à pas le Kankrelat qui ne se trouvait pourtant qu’à quelques mètres de lui, et au fur et à mesure qu’ils avançaient, ce brouillard opaque ne désépaississait pas. Pourtant, il n’avait pas l’impression d’être en plein air, mais comme enfermé dans une grande pièce, pour preuve, il passa tout près d’un mur étrange, lisse et bleuté. Il l’effleura des pendant quelques instants du bout des doigts.
« Ca ressemble au 5ème Territoire… Y a doit une sortie ! »
En jetant un regard à tout hasard autour de lui, il s’aperçut que le Kankrelat n’était déjà presque plus visible, il se précipita alors vers lui pour ne pas être perdu. Soudain, la créature disparut, purement et simplement de la vue du blondinet virtuel. Paniqué, il agita les bras dans le brouillard essayant de le retrouver, mais rien n’y fit. Une lumière blanche, perçant la brume se rapprocha de lui, à tel point qu’il en fut aveuglé. Un énorme bruit sourd, comme un train passant à grande vitesse se fit entendre. Lorsque Odd rouvrit les yeux, il était à présent dans une espace dégagé : Une gigantesque salle, carrée et bleutée. Partout dans l’air flottaient des blocs rectangulaires, un lourd bruit, comme un battement de cœur, semblait provenir des tréfonds de l’abîme qui s’étendait au dessous de la plateforme sur laquelle Odd se tenait. De cette étrange salle se dégageait quelque chose d’indescriptible, une sensation encore jamais éprouvée sur Lyoko, elle emplissait à la fois le blondinet d’un étrange malaise, et d’une peur dont il ne savait rien…
A ses pieds, le Kankrelat. Il semblait bien qu’il l’attendait. Ils se trouvaient sur une petite plateforme de seulement quelques mètres de surface. Devant eux, s’étendait un étroit pont, long d’au moins 300 mètres, menant à une petite alcôve dans un des 4 immenses murs bleus et lisses qui formaient la salle. Il n’y avait cependant pas l’air d’y avoir un quelconque passage au bout, mais c’était le seul chemin qu’il pouvait emprunter. Le Kankrelat se retourna et commença à s’avancer sur le pont, Odd le suivit de près.
Tout en marchant, il regardait avec une certaine fascination les alentours et se surpris même à être émerveillé par la totalité du décor ambiant, au point qu’il se rapprochait imprudemment du bord en pensant qu’il pourrait mieux observer. Il n’avait jamais auparavant pu prendre le temps d’admirer le 5ème Territoire sous cet angle, pourtant, il y avait déjà plongé un nombre incalculable de fois. Mais, c’était la toute première fois qu’il pouvait prendre le temps de faire vagabonder son regard sur l’étrange beauté de ce décor impossible, sans avoir dans la tête un chronomètre de 3 minutes. Les couleurs unies de l’immense salle étaient enchanteresses, faisant voguer l’esprit du Lyokoguerrier félin entre admiration et inconscience, il ne regardait même presque plus devant lui. Mais soudain, un bruit ramena Odd à la réalité, il s’arrêta alors que XANA se retournait vers lui. Il ne comprit pas tout de suite ce qu’il se passait, jusqu’à ce que la fragile passerelle se mette à trembler. Il porta son regard derrière lui et vit qu’elle était en train de lentement se désintégrer à partir de la plateforme qu’ils avaient quittés !
Odd réagit aussi vite qu’il put, prit à nouveau le Kankrelat sous son bras et fonça vers leur seule échappatoire. Ils avaient déjà parcouru près de la moitié de la distance et avaient une marge de sécurité avant que la catastrophe ne les rattrape. Mais au bout de quelque seconde de course, un obstacle se dressa devant eux : Deux Rampants apparurent de dessous le pont et se postèrent en travers de leur route. Surpris, Odd s’arrêta net. Les créatures hideuses s’apprêtèrent déjà à ouvrir le feu sur lui ! Il jeta un rapide coup d’œil en arrière : la désintégration s’accélérait et se rapprochait dangereusement, l’avance qu’ils avaient sur elle se réduisait à vue d’œil. Il pensa rapidement à un plan… Il ne savait pas combien il lui restait de points de vie après sa chute vertigineuse, il n’avait donc pas droit à l’erreur.
Les Rampants étaient à une 10ène de mètres de lui et ne semblaient pas vouloir bouger, leur gueule grande ouverte dévoilait un point rouge qui se mit rapidement à grandir, il n’y avait plus qu’une petite seconde avant qu’ils ne tirent…
_ Flèche laser !
Odd courut vers ses ennemis tout en tirant en rafales l’intégralité de ses munitions, alternant entre les deux monstres. Ses armes ne touchèrent pas au but mais rencontrèrent les tirs des monstres, les annulant instantanément. Quand il ne fut plus qu’à 1 mètre d’eux, il exécuta, avec la grâce d’un athlète, un saut périlleux par-dessus les Rampants qui tentèrent de l’abattre en vol. Il retomba parfaitement sur ses pieds en continuant sa course pour sa survie vers l’alcôve au bout du pont. Les créatures ne purent le suivre que quelques secondes avant de sombrer dans l’abîme, trop lents pour échapper à leur sombre destin. Le félin et XANA n’étaient alors plus qu’à une 50ène de mètres de leur but, quand le premier fut touché dans le dos par une dernière salve tirée par l’un des deux monstres juste avant de sombrer. Odd tomba en avant et en lâchant du même coup le Kankrelat qu’il tenait sous le bras, celui roula sur quelques mètres. La désintégration se poursuivait toujours et n’était maintenant plus très loin. XANA se redressa rapidement sur ses 4 pattes et, sans attendre Odd, s’en alla vers l’autre côté du pont qu’il atteint sans problème.
Odd se releva en grimaçant, ressentant très durement la perte de ses points de vie. C’étaient sans doute les derniers qui lui restaient, mais il ne pouvait plus courir pour les sauvegarder. Il marcha en se forçant vers son salut, alors que le vide le talonnait presque. C’est alors qu’il vit de loin, l’œil rougeoyant du Kankrelat s’illuminer, encore et encore… il allait tirer, et cette fois, Odd dut se rendre à l’évidence qu’il était bien trop faible pour l’éviter.
Alors cette histoire allait s’arrêter là ? XANA l’avait emmené simplement ici pour le tuer, pour se débarrasser de lui une fois qu’il n’en aurait plus besoin ? C’était trop fort ! Comment avait il pu songer un seul instant qu’il aurait pu l’aider à rejoindre ses amis sur Terre ?! Comment avait il pu lui accorder ne serait ce qu’un fragment de sa confiance ?! La rage du désespoir et de la trahison l’envahissait, le poussant même à avancer plus vite pour aller déboulonner le Kankrelat à la main ! Mais il savait bien qu’il ne pourrait pas… Animé par sa colère, il continua malgré tout d’avancer. Pendant que XANA concentrait son énergie, le blondinet leva son bras tremblant en avant vers le petit monstre pour tenter de la viser, mais il eut à peine le temps d’ajuster son tir que le laser mortel de son ennemi était déjà parti ! Pendant une fraction de seconde, Odd ferma les yeux… Le faisceau rougeoyant passa à quelques centimètres de sa tête, et atteignit en fait ce qui se trouvait derrière lui : Un Rampant, dont un gémissement affreux sortit de sa gueule, alors qu’il s’apprêtait sans doute à tirer lui aussi ! Odd n’était alors plus qu’à quelques pas de son but tandis que la créature gluante se remettait de l’impact, mais le Kankrelat fut le plus rapide et tira une seconde salve qui ne tua pas le monstre, mais le retint suffisamment longtemps sur place pour que le vide l’engloutisse définitivement.
Ainsi, après avoir mis seulement un pied dans l’alcôve carrée, Odd s’écroula, épuisé. Il regarda vaguement le Kankrelat qui était juste à la hauteur de sa tête. Il n’arrivait toujours pas à le croire, c’était bien XANA qui venait de le sauver… Une 2ème fois, alors qu’il pensait bien qu’il allait l’achever. Un sentiment bizarre l’envahit alors. Dans d’autres circonstances, si XANA avait était à sa place, il n’aurait sans doute pas réagit de la même manière. Il se demandait vraiment comment cela était possible… Après tout, peut être que XANA n’était pas si dénué de sentiments que cela… Ou alors, était ce son instinct de survie qui lui dictait cette conduite si inhabituelle… Odd se surpris alors à sourire face à l’œil numérique froid, mais rouge du Kankrelat. Puis, celui-ci se dirigea au fond de l’alcôve. Le mur se fendit en deux et s’ouvrit littéralement à son approche. Il dévoila ainsi un autre mur bleu qui s’ouvrit de la même manière que le précédent, suivit par 6 autres qui formèrent ainsi un petit couloir long de quelques mètres. Odd se releva pour suivre son guide dans ce passage nouvellement créé, toujours aussi mal en point. Ce couloir aboutit à une petit plateforme bleue, enfermée dans une espèce de cage formée de câbles entrelacés les uns dans les autres. Odd regarda au travers : L’extérieur était gigantesque, gigantesque de vide… Au loin, il apercevait une immense sphère par laquelle sortaient plusieurs tunnels cylindriques. Ainsi, c’était d’habitude par là que l’on entrait dans le 5ème Territoire, jamais il n’aurait imaginé que celui-ci était en fait si grand… La sphère n’en représentait en fait qu’une toute petite partie.
Odd continuait cependant de se poser une question :
« Ou on est sensé aller, maintenant ? »
Comme si XANA avait entendu sa pensée, il se dirigea vers le mur derrière eux, puis tira sur une sorte de bouton encastré dans le mur. Aussitôt, le couloir ils avaient emprunté pour venir se referma comme il s’était ouvert. La pièce entière fut brusquement secoué, puis se mit à descendre. La surprise passée, Odd réalisa ce que cette pièce était en fait. Il se tourna ensuite vers le Kankrelat :
_ Où est ce qu’il va, cet ascenseur ?
Evidement, le petit monstre ne put lui répondre, il se contenta de le dévisager. Le félin se laissa alors tomber sur le dos, fatigué, regardant le plafond de la cage d’un œil vide et se laissant bercer par le bruit de l’ascenseur qui descendait, se demandant s’il allait encore pouvoir tenir longtemps avec le peu de points de vie qui lui restait. La sphère principale du Territoire disparut bientôt de la vue, mais tout le reste ne restait que vide. Des pulsations ! Des pulsations se faisaient entendre, elles étaient de plus en plus fortes… A quoi cet ascenseur allait bien les mener…
Dernière édition par ChaoticPesme le 06 Mar 2006, 22:07, édité 2 fois.
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