N°9 - Compression Temporelle (fin alternative à la Saison 2)

Comment et pourquoi Hopper a-t-il créé Lyoko ? Comment nos héros l'ont-ils découvert ? Racontez votre version ici !

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Initié

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Message 05 Mar 2006, 13:40

vaan^^antechrist

aaaa... suspence, quand tu nous tiens. odd et xana suivent leur petit bonhomme de chemin mais pas beaucoup d'avance dans le scénario. malgrés tout, tu réussis à nous tenir en haleine et à nous faire baver d'envie pour le chapitre suivant. bravo ! :D

Tueur de Krabes

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Message 05 Mar 2006, 21:12

Ta manière de décrire chaque variation de sentiment enrichit la scène en émotions, la faisant passer du drame inexorable au soulagement profond. C'est superbe ! Vivement la suite...

Hum, ça fait un bout de temps que ça me taraude, mais y a quand même un petit nombre de fautes frappes, de "fautes de correction" (je sais c'est bizarre comme terme) qui rendent la phrase presque incompréhensible.
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Message 05 Mar 2006, 23:12

Si tu pouvais préciser de quelles fautes de frappe tu parles, ça m'éviterais de devoir les chercher ^^
Je fais beaucoup de fautes car j'ai un vrai travail de REécriture sur toute la longueur de cette fic, beaucoup d'ajouts et beaucoup de retraits par rapport à ce qu'il y a sur le papier qu'il y a forcement encore pas mal de fautes... Et que je me relis quasiment pas :p
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Tueur de Krabes

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Message 06 Mar 2006, 19:25

ChaoticPesme a écrit:Il l’effleura des pendant quelques instants du bout des doigts.
[...]
Y a doit une sortie ! »


J'ai pas tout relevé, c'était juste à titre d'exemple, et de toute manière ce n'est pas si grave que ça. De plus, presque tout le monde en fait, à force de retriturer ses phrases dans tous les sens...
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Message 06 Mar 2006, 21:44

C'est toi tout craché, ça. Un chapitre d'action où il ne se passe absolument rien, la situation initiale est égale à la situation finale... Je ne manquerais pas de te faire une remarque, si jamais je découvre, en lisant le chapitre suivant, que tu aurais pu le couper beaucoup plus tard^^.
Mais je ne dirais pas de mal de ce chapitre qui n'est pas sans me rappeler un certain post de "Code Espoir", ou le héros se réveille dans le cinquième territoire aussi. Je suis assez contente, de cette petite promenade tranquille au pays des rampants, car je t'y retrouve, toi, et ta plume post appocalyptique. (J'adore ce style. JE VEUX LE MÊME :cry:)
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Message 12 Mar 2006, 18:15

Chapitre XI : Quand battent les Coeurs



Quelques pièces plus loin, Ulrich s’occupait toujours de Yumi, qui restait désespérément inconsolable de la mort de Odd et de la trahison de Jérémie.
Ce sentiment envahissant de culpabilité ne la quittait pas, et en fait, elle ne voulait pas qu’il la quitte. Elle était la plus âgée, elle se devait de faire attention aux autres, de ne surtout pas se laisser piéger pour continuer à veiller sur tout le monde, et surtout… sur Ulrich. Mais elle s’était laissée trompée… Prisonnière d’elle-même, elle n’avait rien pu faire pour s’en sortir, alors qu’elle pensait maintenant qu’elle aurait bel et bien pu faire quelque chose, même de sa position.
Ce chagrin, mêlé culpabilité et de honte envers Ulrich d’apparaître aussi faible, c’était sa punition. Elle l’acceptait, sans même essayer d’y résister. Elle aurait cependant voulu, pendant qu’elle se sentait si vulnérable, dire ce qu’elle avait sur le cœur pour son ami. Lui dire, sans avoir à se soucier de ce que cela lui ferait si cela ne se passait mal. Mais cela faisait aussi parti de sa punition, une sanction émotionnelle qui lui interdisait de se dévoiler entièrement à Ulrich dans une telle situation, même si elle en avait envie. C’était son honneur, qui lui imposait toutes ces souffrances mentales…
La porte s’ouvrit alors lentement, sur la silhouette sombre à contre jour du proviseur, les yeux verdoyants. Il leur fit signe de le suivre…

Pendant ce temps, Jérémie traversait les couloirs du bunker. Depuis que Franz lui avait parlé de la décision formelle d’Aelita, il en était devenu obsédé. Cela ne s’était pas ressentit dans son travail avec Franz, mais il avait comme un poids sur le cœur qu’il ne pouvait être soulagé.
Le projet allait être bientôt aboutit, Jérémie avait donc quitté son poste sous les protestations et les conseils de Hopper, disant que sa fille ne voulait voir personne. Il avait tout de même fini par se lever de son siège pour aller la voir. Le petit blond essayait de se convaincre que tout cela était la responsabilité d’Aelita, à elle seule, qu’elle était la plus à même de juger sa propre décision et qu’il n’avait pas le droit de la remettre en question… Mais c’était plus fort que lui. Il avait mis un moment à réaliser ce que cela entraînerait, ce que cela voulait dire, mais à présent il le savait : Cela signifiait qu’Aelita préférait retrouver son ancienne vie de famille, se séparer de ses nouveaux amis, qu’elle allait de toute façon oublier.
Au détour d’un couloir, il s’arrêta et s’appuya contre un mur. Il baissa la tête, enleva ses lunettes, et essuya les quelques larmes qu’il n’arrivait pas à retenir. Son cœur était triste et serré, comme pris dans un étau de fer. Est-ce que tout ce qu’il avait réalisé, tout ce qu’il avait fait pour elle depuis tout le temps qu’ils se connaissaient avait été en vain ? Tout ce qu’il avaient affronté ensemble aurait il de toute façon conduit tôt ou tard à la Compression Temporelle ? Il avait beau avoir décidé de son propre chef de suivre la cause de Hopper pour faire ce qui était bon pour Aelita, allant même jusqu’à se faire passer pour un traître aux yeux de ses amis encore vivants, il n’arrivait pas à croire qu’il avait fait tout cela pour finalement ne plus jamais la revoir… Non, ça ne pouvait pas, ça ne devait pas arriver, ce n’était pas naturel. S’il aimait vraiment Aelita comme il se doit, il fallait qu’il trouve un moyen, qu’ils cherchent ensemble une autre façon de voir le futur… Il fallait qu’elle change sa décision !
Il remit ses lunettes en place et avança vers la chambre d’Aelita, d’un air déterminé. Il pensait aussi à ses amis, car il y avait également un autre problème : C’était un peu grâce à XANA et à Aelita, si leurs relations et les rapport qu’ils entretenaient tous ensemble étaient si forts. C’est en combattant ensemble et en se liant également d’amitié avec la fille virtuelle qu’ils étaient devenus inséparables. Mais si XANA n’existait pas, que ce passerait il ? Rien, il ne se passerait plus rien. Ou peut être, au contraire, certaines choses se passeraient mieux, mais le risque était beaucoup trop grand, il ne pouvait pas se permettre, il ne pouvait plus se permettre de le courir !
Il arriva devant la porte de la chambre, il hésita quelques instants, puis il frappa à la porte.
_ Oui ? fit une petite voix à l’intérieur
_ C’est Jérémie, je peux entrer ?
Il y a eu un silence glacial entre eux, pendant un 10ène de secondes qui s’écoulèrent telle des minutes, puis Aelita répondit tout aussi faiblement :
_ Entre.
Il ouvrit la porte et la ferma tout de suite derrière lui. La fille aux cheveux roses était recroquevillée sur elle-même, mais dès que Jérémie fut assez proche, elle s’assit au bord de son lit, ce dernier vint s’asseoir à côté d’elle. Il y avait une certaine tension dans l’air, le petit blond préféra alors engager tout de suite la conversation.
_ Aelita, je… Je connais ta décision au sujet du projet de ton père. Je voudrais te dire que…Si c’est vraiment ce que tu veux, alors je continuerais jusqu’à ce…
_ Je n’ai pas pris ma décision, interrompit elle
Jérémie eut un sursaut de surprise.
_ Mais… Mais Franz m’avait dit…
_ J’ai dit ça seulement sur le coup, j'avais envie de revoir ma mère, mais maintenant je… je ne sais plus. C’est la décision la plus difficile que j’ai jamais eu à prendre… C’est vraiment trop dur ! On m’a laissé le choix entre retrouver la famille que j’ai perdu et dont je me souvenais même plus, mais perdre une nouvelle famille qu’on a eu tant de difficultés à construire…
_ Aelita, je ne sais pas trop ce que je peux faire pour t’aider… Mais, quoi que tu puisses décider, je ferais tout ce qu’il faut pour te suivre.
Ils se regardèrent un instant dans les yeux, semblant soudain chacun l’âme de l’autre comme pour vérifier leur sincérité respective. Soudain, la jeune file se jeta au cou de Jérémie, pleurant toute les larmes de son corps qu’elle réprimait depuis qu’elle avait rendu sa « fausse » décision à son père.
_ Qu’est ce que je suis égoïste ! Depuis qu’on s’est rencontré, je n’ai pensé qu’à moi ! Si j’avais juste accepté mon sort, vous auriez tous débranché XANA et vous n’auriez pas subi toutes ces histoires à cause de moi ! C’est de ma faute, si Odd est mort, c’est de ma faute !
Un filet de larmes courait sur ses joues et n’en finissait pas. Jérémie la serrait très fort contre lui, avec toute la tendresse qu’il avait si longtemps conservée pour elle.
_ Non, c’est pas ta faute Aelita ! Toi, tu n’as rien demandé, c’est nous qui avons décidé de te sortir de Lyoko ! Tu méritais plus que personne qu’on fasse quelque chose pour t’aider, et on l’a fait ! Mieux on t’a connu, même virtuelle, moins on a eu envie de te perdre, que XANA fasse de toi ce qu’il voulait… Quitte à la combattre toute notre vie, on pouvait pas te laisser comme ça dans le Supercalculateur éteint, c’était pas possible !
_ Jérémie… Tu as couru tellement de risque pour moi… Pour me virtualiser, et ensuite… Pour mon anti-virus ! Tu as tellement dépensé d’énergie pour moi alors que tu aurais pu…
_ Oui, j’en ai eu des nuits blanches, aussi… Mais, je pouvais pas faire autrement, je pouvais pas te laisser…
Aelita, toujours pendue au cou de son ami, cessa à ce moment de pleurer. La vois de celui-ci était devenue plus hésitante. Pas comme s’il cherchait ses mots, mais comme si certains sentiments qu’il avait gardé enfoui au plus profond de lui-même étaient en train de faire surface. C’est vrai, ils étaient devenus si proches qu’ils n’avaient même plus besoin d’étaler leurs émotions qu’ils avaient l’un envers l’autre. Cependant, leurs sentiments les plus forts restaient ainsi non dévoilés…
_ Jérémie… Vous comptez vraiment tous beaucoup pour moi. Mais toi… Tu as une place à part dans mon cœur… Tu as toujours été le plus attentionné avec moi, tu as toujours fait ce qu’il fallait. Tu m’as même… Tu m’as même réappris à vivre, alors que j’avais même oublié que j’avais été humaine avant !
_ Les… Les autres en ont fait autant que moi ! fit il, tremblotant
La température corporelle d’Aelita montait en flèche, ses mains devenaient moites et son cœur battait à tout rompre. Elle se dégagea à peine du petit blond à lunettes et prit son visage dans ses mains. Malgré la situation, elle était heureuse.
_ Jérémie, je suis consciente de ce que vous avez TOUS fait pour moi, que vous vous êtes tous battus pour que je vive. Mais toi, tu as été présent à chaque instant où j’avais besoin de parler, tu as fait tellement…
Le cœur du petit génie battait en concert avec celui d’Aelita, leur respiration devenait très synchronisée.
« Tu m’as même fait découvrir une chose très très importante, que je n’avais peut être même pas connue dans mon ancienne vie : Même quand j’étais coincée sur Lyoko, je pouvais aimer, j’avais oublié ce que c’était, mais je pouvais aimer… Mes amis, mais aussi… Toi, Jérémie !
_ Aelita… J’ai jamais, jamais vraiment trouvé le moment pour en parler… Avec XANA, et tout le reste…
_ C’est pas non plus le bon moment maintenant, mais il faut… Il faut…
Leur visage se rapprocha lentement, pendant que de leur bouche, s’échappa respectivement une faible parole. Moins qu’une parole, un souffle :
_ Je t’aime.
Ils s’embrassèrent ainsi langoureusement pendant une minute. La minute, à la fois la plus courte et la plus longue qu’ils n’aient jamais vu passer. C’était enfin la concrétisation de tout ce qu’ils avaient vécus, de toutes les épreuves qu’ils avaient traversés, ensemble. Abandonnant à contrecoeur la douceur des lèvres de Jérémie contre les siennes, elle glissa le long de son corps, jusque sur ses genoux, où elle posa sa tête.
_ Jérémie… Je ne veux pas. Je ne veux pas oublier tout ça. Je ne veux pas retourner dans le passé et oublié ma vie près de toi et des autres ! Même si j’aimerais aussi que la mort de Odd nous pèse moins lourd, je ne veux pas oublier non plus…
_ Alors il faut y aller. Il faut aller voir ton père et lui dire de tout arrêter, on a encore le temps de le faire ch…
La porte s’ouvrit soudain, aveuglant les deux adolescents. Lorsqu’ils purent rouvrir les yeux, ils virent Franz, le visage grave, dans l’entrebâillement de la porte.
_ Papa ! s’écria Aelita
Jérémie le dévisagea. C’était évident, il avait écouté leur conversation. Aelita releva la tête des genoux de Jérémie, puis il se leva rapidement pour aller lui parler, mais l’homme prit les devants.
_ Je sais, je vous ai entendu.
_ Alors, il faut arrêter ! Il est encore…
_ Non, c’est trop tard…
Jérémie recula machinalement de quelques pas, Aelita prit un air effaré.
_ Pendant que tu étais parti, j’ai terminé le programme, et je l’ai lancé !
_ Alors arrêter le ! insista Jérémie
_ Je ne peux pas. Comme tu as du t’en apercevoir, le système ne fonctionne pas du tout de la même manière que XANA, il est moins puissant et ne peut être lancé qu’une seule fois. Mais une fois lancé, je ne peux plus l’arrêter !
_ Papa, non ! cria Aelita
Franz se retourna et fit un pas en avant, sortant dans le couloir.
_ Venez au Dôme avec moi, vos amis y sont déjà.

Odd se réveilla en sursaut, violement secoué. Il ouvrit les yeux et se releva rapidement tandis que les câbles de l’ascenseur s’écartèrent pour permettre au Kankrelat de passer. Le blondinet le suivit alors. Ils durent traverser un assez long couloir cylindrique. Autour d’eux, des matrices transparentes tournoyaient, émettant des petits bruits semblables à ceux des doigts sur les touches d’un clavier. Sortis de ce tunnel, Odd resta pétrifié d’effroi et de fascination face à la grandeur démesurée de ce qu’il avait à présent devant les yeux :
Il était à l’intérieur d’une gigantesque coupole translucide et bleutée. Cette structure ne reposait sur rien, mais elle recouvrait entièrement l’immense plaque sur laquelle le blondinet et le Kankrelat se trouvaient. Cette dernière avait la forme du signe de XANA, ils y étaient rentrés par le sommet. Tout autour de la plaque, sous ce que la coupole recouvrait encore, s’étendait le vide numérique. Il s’étendait également au-delà de la coupole, et cela, à perte de vue. Chaque bruit, chaque reflet de la structure de verre le mettait dans un état proche de la transe et le faisant avancer très lentement, alors que le Kankrelat avait déjà loin devant. Alors qu’il se demandé où ce dernier l’avait emmené, sa réponse se matérialisa, très haut au dessus de sa tête. La chose la plus étrange, le plus mystérieuse et aussi la plus terrifiante qu’il lui jamais été donné de voir sur Lyoko :
Un cœur. Un énorme cœur virtuel scintillant de bleue, faisant au moins 20 fois sa taille. Des ceintures de matrices tournaient autour de lui. Il palpitait, il battait régulièrement comme un lourd tambour dont le bruit se réverbérait partout, sur chaque centimètre de la coupole. Les pulsations… c’était donc ça. Des ventricules de l’organe virtuel sortaient de grands câbles, semblables à ceux visibles dans les Territoires à la surface. Ils montaient, traversaient la structure, puis ils montaient encore, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus les voir.
« Si Jérémie pouvait voir ça, il serait vert… » pensa le Lyokoguerrier
Ainsi, c’était le Cœur de XANA. Cet endroit représentait le centre du Supercalculateur, là où tout était contrôlé, tout était décidé. Odd baissa la tête vers le sol et il vit, juste au dessous du Cœur, en plein milieu de la planque : La Tour. La fameuse Tour tant recherchée, entourée d’un halo blanc. Le Kankrelat avait pris au moins 150 mètres d’avance, il attendait déjà au pied de la bâtisse. Il fallait un effort à Odd pour détourner son regard, quasi hypnotisé par le Cœur, puis il avança un peu plus rapidement pour rejoindre son guide. Il semblait n’y avoir rien d’autre dans ce lieu, la Tour n’était pas gardée. Cela n’était cependant pas normal. Hopper devait se douter que même si son plan avait été parfait, il y aurait eu un risque pour que quelqu’un puisse arriver jusqu’ici. Ce n’était pas normal qu’il n’y ait personne…
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Message 12 Mar 2006, 21:05

Arg, je l'aurais juré que ça s'passerait comme ça.
Je jure de ne plus jamais dire "Alors là, la tension est à son paroxysme..." en lisant une de tes Fics. Je l'espère cependant de tout coeur, parce que là, le suspense devient assez insoutenable...
Me tarde de voir le fin mot de l'histoire.
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Message 19 Mar 2006, 18:42

Chapitre XII : Dernière danse



Ils étaient tous à présent devant l’immense structure informatique. Hopper, seul sur un des passerelles, avec en face de lui tous nos amis. Derrière eux, M. Delmas, Jim et Williams, veillaient…
Enfin, après de très longues heures de séparation, nos amis s’étaient enfin tous retrouvé, mais ce n’était plus la même chose… Personne n’osait parler à personne. Même les couples entre eux étaient soudain devenus muets. On n’entendait aucun autre bruit que le vrombissement grandissant du Pilier Informatique du Dôme. Nos amis ne voulaient échanger aucune parole, pourtant, les pensées de l’un, étaient aussi claires pour l’autre que s’il pouvaient communiquer par télépathie. Ulrich avait toujours de la rancœur envers Jérémie après la décision qu’il ait prise, pourtant, il voyait dans ses yeux comme une impuissance, ou simplement du regret. Si fort que cela prouvait que les choses ne s’étaient pas passées comme elles auraient dues… Yumi ne savait pas trop quoi penser, ayant encore sur le cœur un profond dégoût pour elle-même alors qu’elle croyait en fait, apercevoir les mêmes choses dans le regard d’Aelita. Toutes les deux, dans une impulsion se seraient volontiers sacrifiées pour arrêter cette folie… Mais elles se rendirent compte que cela n’aurait rien changé ! Il était à présent trop tard pour faire machine arrière !
Ulrich et Yumi n’avait pas été prévenus du pourquoi de ce rassemblement, mais il aurait fallu être aveugle pour ne pas se rendre compte de l’extrême gravité de la situation : Le projet de Hopper était arrivé à son terme, ils étaient dans les derniers instants…
Franz ne dit rien pendant 2 minutes, mais il fit un signe de la main vers Aelita : Il l’invitait à le rejoindre. Ce geste était symbolique, mais Franz y tenait énormément : Si Aelita le faisait, cela voulait dire qu’elle acceptait définitivement son sort, de revenir de son plein gré à sa vie d’autrefois qu’elle, pour Franz, n’aurait jamais du quitter…
Mais elle, restait désespérément accrochée à la main de Jérémie, la serrant très fort presque jusqu’à s’en couper la circulation du sang et fermant ses yeux pour éviter à ses larmes de couler. Son âme n’arrivait pas à avaler tout ce qui lui avait été forcé d’ingurgiter depuis le début de cette histoire. Pleurer de rage, pleurer de haine, pleurer de joie, puis pleurer de désespoir, elle ne voulait pas que cela recommence ! Ne plus penser, ne plus se poser de questions, rien que s’éteindre, se laisser mourir et prétendre que tout n’avait était qu’un horrible cauchemar sortant de son imagination…
Mais en fait, lorsque son père lui avait posé la question de savoir si elle voulait au contraire tout recommencer, est ce qu’elle n’avait déjà pas accepter son destin quoi qu’il puisse se passer ? Quelles que soit les conséquences, n’avait elle pas voulu revoir sa mère et cette vie de famille qui lui avait si longtemps manqué sans le savoir ?!
Le Dôme tout entier commençait à vibrer, l’immense machinerie bourdonnait de plus en plus tandis que Franz continuait à faire signe à sa fille. Soudain, celle-ci lâcha son emprise sur la main de Jérémie et courut vers son père. Elle se précipita pour aller se blottir dans ses bras. Elle aurait voulu crier, crier qu’elle était désolée, désolé de tout ! Mais les mots restaient coincés au fond de sa gorge comme si tous les sentiments contradictoires qu’il l’étouffait les empêcher de sortir. Franz retira solennellement ses lunettes et les glissa dans une poche de sa blouse blanche. Ses yeux étaient encore plein d’espoir, d’espoir d’une vie meilleure, enfin débarrassée des fardeaux que TOUS devaient en permanence supporter sur leur dos pourtant fragiles. Libérés ! Enfin, il allait tous les délivrer du Supercalculateur ! Mais cela, ils ne pourraient sans doute jamais le comprendre, car personne, sauf lui, n’aurait de souvenirs de toutes ses horribles expériences…
Ils s’avancèrent ensembles vers le Pilier central, sous le regard béat de Jérémie… Yumi se sépara brusquement d’Ulrich et courut dans leur direction, comme pour essayer d’empêcher l’inévitable rien qu’en les arrêtant. Mais c’est elle qui fut arrêtée : Williams vint se dresser devant son chemin à la vitesse de l’éclair ! Immédiatement, elle voulait tenter de passer par la force, mais le possédé bloquait systématiquement ses coups sans chercher à la frapper. Elle n’avait pas encore récupéré toutes ces forces, ses coups faiblirent rapidement, puis elle tomba à genoux, regardant le sol d’un œil vide.
_ Nan, ça peut pas finir comme ça… souffla t elle
Dans un élan de courage, Ulrich et Jérémie foncèrent également vers la passerelle, mais ils furent à leur tour bloqués par les deux Gardiens restants. Le processus de compression temporelle allait s’engager de lui-même dans peu de temps. Des éclairs de lumières déferlaient dans toute la salle, aveuglant tous ceux qui s’y trouvaient… On entendit alors un cri déchirant, ampli d’impuissance, que l’on aurait pu entendre au travers du tissu du continuum espace-temps de plus en plus proche :
_ AELITAAAAAAAAAAAAA !!!!

Odd et le Kankrelat étaient à présent à l’intérieur de la Tour. Le cœur du blondinet battait au même rythme que celui de XANA, qu’il pouvait encore entendre de dehors, tandis qu’il avançait vers le centre de la plaque supérieure de la bâtisse cylindrique. Il se demandait si un malheur, une catastrophe n’allait pas encore survenir alors qu’il croyait être au bout de ses peines pour retrouver ses amis…
Le centre atteint, il fut pris d’une étrange sensation. Il se sentit soudain revigoré, sa fatigue disparut en l’espace d’un instant comme s’il avait toujours été en pleine forme, son entrain naturel lui revint. Il savait que les Tours possédaient certaines propriétés régénératives, mais il n’en avait jamais vu une seule pouvant faire cela aussi vite… C’était cependant loin d’être désagréable, lui dont les points de vie n’étaient plus très éloignés de zéro. Seulement, cela voulait sans doute dire que cette Tour étaient très puissante, très influente. Il comprenait à présent ce qu’elle faisait dans le Cœur de XANA : Elle permettait à Hopper d’agir sur lui ! Pas au point de le contrôler, mais faire en sorte qu’il ne puisse pas le gêner. Ne bougeant plus, le Kankrelat s’avança juste à côté de lui. Une fenêtre virtuelle s’ouvrit alors à son approche. Le blondinet prit un air dubitatif et observa un moment les chiffres et les informations défiler sur l’écran, sans vraiment comprendre de quoi il s’agissait… Il finit par croiser ses bras, et jeta un coup d’œil au Kankrelat à ses pieds :
_ Euh, et là, on fait quoi ? demanda t il
A ses mots, XANA vint s’accrocher à la jambe du Lyokoguerrier, lui arrachant un « Hé ! » de surprise. Puis il se mit à grimper dans son dos, pour finalement venir se fixer sur son épaule, telle une perruche d’un vieux loup de mer. De ses petites pinces mécaniques, il donna ainsi des indications à Odd qui comprit assez rapidement la marche à suivre, allant maintenant fouiller dans la mémoire profonde du Supercalculateur. Il touchait les fenêtres qui apparurent successivement devant lui, sous la dictée muette de XANA, mais sans en comprendre un traître mot… Il ne savait absolument où XANA venait le mener, tout comme lorsqu’il l’avait mené jusqu’au Cœur, mais il était également obligé de suivre ses ordres à l’aveuglette. Une nouvelle fois partagé entre doute et confiance forcée, il avançait au travers des fenêtres virtuelles à tâtons, jusqu’à ce qu’apparut un message inquiétant : Il était dans un langage codé, du même style que tous les messages auparavant, mais celui-ci était d’un rouge clignotant, avec au dessous de lui, un pictogramme indiquant un danger !
_ Houlà ! Je sais pas ce qu’il y a marqué, mais je crois que ça veut dire : « Y fallait SURTOUT pas m’ouvrir ! » ! commenta nerveusement Odd
Le Kankrelat sauta précipitamment de l’épaule du blondinet et redescendit à l’étage inférieur. Odd le suivit rapidement tandis qu’il sortait déjà de la Tour. Une fois à l’extérieur, il remarqua chez lui un comportement curieux : XANA tournait sur lui-même irrégulièrement et par à-coups. On aurait dit qu’il appréhendait quelque chose… Odd resserra alors ses points et pointa ses bras droit devant lui, tout en tournant également sur lui-même. Il ne fallait surtout pas que les actes de XANA entraînent chez lui la peur… Il scruta les alentours avec la plus grande vigilance, mais il ne vit rien. Qu’est ce qui pouvait faire agir XANA ainsi ? Est-ce qu’il les avait mené vers un fichier de la Tour qui avait déclenché un piège ?
Une longue minute s’écoula encore sans que rien ne se passe. Le Lyokoguerrier mettait tous ces sens en éveil, pourtant il n’y avait rien. Mais quelque chose était là ! Le Cœur s’était arrêté de battre, tandis que celui de Odd battait la chamade. Il aurait sué à grosses gouttes s’il avait été sur terre.
Il entendit alors un bruit bizarre, comme un grincement continu. Cette chose que XANA et lui attendaient était bien là, mais pourquoi cela ne se montrait pas ? Le blondinet était plus nerveux que jamais, marchant en avant, sur les côtés, puis à reculons. Il se retournait parfois brusquement, pour éviter toute mauvaise surprise.
« Aller ! Viens me chercher… » se risqua t il à dire
Soudain, les bruits cessèrent, plongeant la Coupole dans un silence encore plus angoissant. Mais il n’y avait rien ! Toujours rien en vue !
C’est alors que le bout de Territoire entier se mit à trembler. Une fois pendant quelques instants, puis une nouvelle fois. Après plusieurs secousses répétées, il y eu un grand tremblement, si intense que le félin avait failli tombé à la renverse avec le Kankrelat. La tension montait encore d’un cran dans la tête du Lyokoguerrier, lorsqu’un grincement assourdissant ce fit entendre, il ressemblait à un hurlement inhumain ! De dessous la plaque à moitié transparente, il vit s’élever lentement, émergeant du vide tel le Diable lui-même, un monstre de métal, un grand, un très grand monstre de métal… Il atterrit enfin sur le dessus de la plaque, flottant à un mètre du sol. Il apparut alors à Odd dans toute sa terrifiante splendeur : Il était immense, gigantesque, même ! Corps était presque aussi cylindrique que cela d’un Tour, mais il en faisait deux fois la taille… De cette masse s’étiraient, comme 6 gros bras d’acier, 3 paires de canons faisant au moins 3 fois la taille de ceux des Tarentules… Odd avait peur, très peur, mais ce monstre titanesque ne lui était pas étranger. Il avait déjà du affronter une fois ce genre de créature, il y a longtemps (voir « N°2 – Marionnettes) : C’était un Combot de Suppression, le dernier de tout Lyoko.
Sa présence signifiait bien que XANA et Odd étaient rentrée à l’intérieur d’un fichier d’une extrême importance pour la Tour, et peut être même pour tout le Supercalculateur. Il fallait dès lors mettre en pièce le gardien de ce fichier. Mais ce combat que Odd allait devoir livrer une nouvelle fois n’avait rien à voir avec le précédent. S’il était touché une seule fois par un de ces canons, ce n’était pas la dévirtualisation qui l’attendait, mais la mort… Odd essaya bien de se dégager de toute peur, mais une partie de lui ne pouvait y résister, il allait devoir lutter avec ça…
Le Combot déploya deux de ces canons et les pointa vers ses victimes. Le félin s’empressa d’attraper le Kankrelat et de le mettre sous son bras, tandis que deux grosses décharges d’énergie vinrent s’abattre à l’endroit où ils se trouvaient. Ils ne furent que secoués, mais loin d’être hors de danger ! La planque était très large et dégagée, laissant tout le loisir au robot massacreur de leur tirer dessus en rafale malgré la lenteur de ses déplacements. Odd dut redoubler d’efforts lorsque le robot déploya ses 6 canons en même temps ! Il faisait prouesse d’agilité et de rapidité pour éviter à chaque fois les puissantes salves, seulement à la dernière seconde ! Il n’avait surtout pas droit à l’erreur. A chaque tir évité, ce n’était qu’un sursis de plus que lui accordait la mort qui n’était qu’à deux pas derrière lui. Il fallait absolument approcher le Combot pour le détruire, mais ces tirs ne faisaient que maintenir la distance !
Le fracas des canons sur le sol transforma en moins de 10 minutes l’espace en un véritable champ de bataille. Esquivant une dernière salve du monstre d’un grand bond en avant, Odd atterrit derrière la Tour. XANA toujours sous son bras, il avait quelques instants de répit avant que le Combot ne puisse à nouveau le viser.
« Je vais y laisser ma peau, si ça continue ! Faut que je grimpe sur ce truc ! »
Oui, le robot, si puissant soit il, avait un point faible, Odd s’en était souvenu : L’œil unique que le monstre avait à son sommet ! Mais il semblait que depuis son dernier combat contre cette chose, elle se soit forgée une stratégie afin de tenir son ennemi à distance. Alors il fallait que le Lyokoguerrier change également de stratégie ! Son œil, c’était le seul moyen de la détruire…
Il jeta un regard discret derrière le mur de la Tour, le monstre de métal allait bientôt arriver. XANA glissa du bras de son protecteur et alla s’accrocher à son dos pour les laisser libre de ses mouvements. Odd sortit alors de sa cachette et fonça vers le Combot dans un grand cri de guerre tandis que celui ci reprit ses rafales dévastatrices. Il ne fuyait plus, mais tournait autour de son adversaire, décrivant des éclipses de plus en plus petites afin de s’en rapprocher alors qu’il n’arrivait plus à le viser. Lorsqu’il fut assez proche, il sauta sur la carcasse métallique du robot en y plantant ses griffes. Ce dernier agita ses bras d’acier dans tous les sens, mais il n’empêcha pas son adversaire de l’escalader jusqu’à son sommet ! Il se mit debout, face à l’œil numérique blanc, puis il pointa son bras vers lui et se prépara à en finir, quand soudain…
« Flèche la… »
Il tomba sur l’œil du monstre, gaspillant une de ses flèches alors que le Combot prit une brusque poussée d’accélération. Il eut à peine le temps de se relever pour voir que le monstre était en train de foncer droit vers la Tour pour l’écraser ! Odd évita de justesse la catastrophe tandis que son ennemi fracassa une partie du mur de la bâtisse sous la violence du choc. Le félin fit une chute d’une 30ène de mètres de haut et se réceptionna très durement au sol. Faisant un rapide ¼ de tour sur elle-même, la machine de guerre de Lyoko reprit ses salves mortelles, ne laissant pas un instant de répit au malheureux Odd ! Il tint ainsi encore quelques minutes, mais le souffle de l’explosion provoqué par un des tirs lui fit perdre l’équilibre. Il tomba à nouveau et perdit encore des points de vie, amis il était désormais à la merci de son exécuteur. Il réalisa que même s’il avait la force immédiate de se relever, il ne pourrait pas échapper à la prochaine salve…
Le monstre pointa tous ses canons ensemble droit vers lui, près à en finir, lorsqu’il vacilla soudain. Il pencha étrangement vers la droite, puis vers la gauche, tel un vulgaire culbuto. Il se fracassa même une nouvelle fois contre la Tour, puis le système anti-gravité qui le maintenait au dessus du sol se coupa, sans raison… Le corps du Combot tomba lourdement à la verticale au sol, puis il commença à chuter en avant, comme le géant qui s’écroule devant le guerrier victorieux. Ce même guerrier qui reprenait ses esprits s’éloigna rapidement de l’ombre grandissante qui s’abattit dans un bruit de métal froissé sur la plaque, dans un nuage de poussière. En se ressaisissant, Odd se rendit compte que quelque chose manquait : XANA ! Le Kankrelat avait disparu ! Mais alors… Etait ce lui qui avait coupé la mobilité du Combot ? Où était il, à présent ?
Mettant pour l’heure ses questions de côté, il regarda l’œil numérique de son grand ennemi. Il perdit peu à peu sa luminosité blanche et finit par s’éteindre complètement. Le halo qui de la Tour s’effaça également, comme l’eau bouillante qui s’évapore. Le silence s’installa de niveau, mais cette fois, il était apaisant. Odd ne voulait pas encore crier victoire, mais il pouvait respirer un peu.
« Odd 1, Hopper 0 ! » fit il à haute voix
Le Kankrelat réapparut alors devant lui, triomphant silencieusement au dessus de la carcasse du Combot. Odd le regarda avec une interrogation dans le regard. Il aurait plus attendre. Il n’avait plus besoin de lui, et pourtant, il l’avait tout de même sauvé une nouvelle fois. Il aurait pu attendre que le Combot le dévirtualise une fois pour toute avant de le mettre hors service, mais il ne l’a pas fait… Et si… Et si XANA était en fait animé de ce même sentiment qui avait poussé Odd à se risquer dans cette dangereuse aventure sur Lyoko. « Sentiment »… C’était pourtant un mot absent du vocabulaire de XANA… mais alors, qu’est ce que cela pouvait être d’autre ?
Le blondinet esquissa un sourire, puis il lança dans un souffle, un mot. Un mot qu’il semblait vouloir contenir, mais qui s’était malgré tout échappé de ses lèvres :
« Merci ! »
Le Kankrelat ne réagit pas, il se contenta simplement de dévisager le Lyokoguerrier. Il se dirigea de nouveau vers la Tour. Odd poussa un long soupir, d’un air de dire que l’on ne changerait décidemment jamais le Supercalculateur. Il le suivit en marchant à une 10ène de mètres derrière lui. XANA entra dans le Tour en 1er. Cependant, lorsque Odd essaya d’en faire de même, il buta contre le mur. Il se frotta machinalement le nez, puis son regard se porta vers le haut : La Tour était maintenant couverte par un halo rouge !
Le dernier gardien de Hopper vaincu, XANA avait à présent de nouveau le contrôle du Supercalculateur !
Odd n’eut pas le temps de réagir qu’il se sentit tout à coup faiblir, puis s’évanouir en quelques instants. Juste avant de sombrer, il regarda ses mains : Elles étaient en train de se dévirtualiser, sans qu’aucun monstre ne l’ait touché ! Dans l’impuissance totale, il sombra dans le néant.

Alors que Dôme entier vibrait comme si tout allait s’écrouler, Yumi, Ulrich et Jérémie étaient toujours face aux 3 possédés. Ils avaient vainement tenté d’avancer vers le Pilier central, mais tous leurs assauts étaient voués à l’échec ! Cette fois, tout était perdu, définitivement perdu…
Derrière eux, il y eut soudain un autre flash aveuglant, parmi tout ceux provoqués par le processus de compression temporelle, mais celui là n’était pas comme les autres : Lorsqu’il disparut, ils virent vaguement une forme humaine tomber au sol. Yumi fut la 1ère à la voir clairement. Malgré la gravité de la situation, son visage s’illumina d’un sourire.
_ ODD !!!!
Elle accourut vers lui pour l’aider à se relever, suivit par ses deux amis qui l’avait entendu. C’était un vrai miracle dans ce moment de désespoir ! Odd était vivant, vivant ! Le cœur encore culpabilisant de Yumi fut soudain momentanément soulagé d’un poids. Il blondinet ouvrit les yeux, il vit assez rapidement qu’il n’était plus sur Lyoko… Yumi… Yumi !? Alors il était revenu sur Terre ! Mais comment…
_ Qu’est ce qui… passe ? dit faiblement
_ C’est la Compression Temporelle, elle va être là d’un seconde à l’autre ! annonça abruptement Jérémie, encore submergé par l’émotion
_ La… la quoi ?!
Le Dôme tout entier fut soudain secoué par une puissante onde de choc ! Si puissante que des éléments de la structure de la salle volèrent en éclat ! Ce fut un, puis deux, puis 5 ou 6 moniteurs d’ordinateur qui explosèrent à la suite ! Puis un chose encore plus étrange se passa : les yeux des 3 possédés redevinrent normaux. Le Proviseur, William et Jim s’écroulèrent au sol, inanimés. Sur la passerelle, Aelita regarda son père dans le yeux, paniquée :
_ Papa ! Qu’est-ce qui se passe ?!
_ Je n’en sais rien ! Je ne comprends pas ! Mes calculs étaient parfaits !
Franz était tout aussi affolé que sa fille. Jamais il n’aurait pu concevoir qu’il pouvait y avoir une erreur, ce n’était pas possible ! Tout avait si bien fonctionné !
De l’autre côté, Jérémie se redressa et courut vers le Pilier, sautant par-dessus les gardiens. Aelita le vit venir. Par réflexe, la tendit sa main vers lui. Elle cria :
_ JEREMIE !!!
Il tendit sa main à son tour, mais quand elles ne furent plus qu’à quelques centimètres l’une de l’autre, tout s’arrêta. Il émergea du Pilier central, submergeant le Dôme tel un raz de marée, une lumière d’une intense blancheur. Cependant, ce n’était pas la lumière du retour dans le temps, mais celui de la compression temporelle qui s’étendit qu delà des frontières de la Terre. Non, tout était perdu depuis le début. Rien dans l’univers de pouvait résister à la puissance incommensurable de la Compression Temporelle. Aucun humain n’aurait jamais pu maîtriser un tel pouvoir, c’était la fin de tout, de toute chose…
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Initié

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Localisation: Sous la pluie...vive la Normandie^^

Message 19 Mar 2006, 19:18

vaan^^antechrist

...c'est la fin du monde !!! c'est l'apocalypse...et toi tu nous coupe ça, direct, d'un "à suivre" horripilent... :? :? :? tu veux nous faire avoir une attaque, tu relache pas la pression :!:
je trouve qu'à chaque fois tu parles beaucoup de Odd et très peu des autres, mais bon, c'est toi le chef.
je vais me contredire par rapport à ma précédente remarque, mais le combat contre le combot de suppression est aussi un peu trop vite gagné à mon goût, surtoût si il est sensé être plus coriace que dans ton autre fan fic (où il me semble que le combat est beaucoup long plus d'ailleurs).
néanmoins c'est toujours aussi prenant et génial 8) et j'attend avidemment la suite...comme d'hab ! :p

Tueur de Krabes

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Localisation: Bah tiens, devant mon écran, quelle question ! ...

Message 19 Mar 2006, 21:38

Bon sang, heureusement que ce n'est pas la Fin... Arg, comment peux-tu passer comme ça de la réussite totale à l'apocalypse ? Vivement la suite...
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Sergent-chef des lyokauteurs

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Message 20 Mar 2006, 21:43

Oh, un gragroum ! Je me demandais combien de temps tu allais tenir sans nous en mettre un. Maintenant que j'y pense, je me rappelle que tu disais (enfin était-ce bien à propos de marionnette) "Ce monstre là, on en a détruit un, mais ça veut dire qu'il en reste un, que je peux garder en réserve pour une autre fois..." ben, maintenant, tu l'as plus ^^ !
Je persiste à trouver le comportement d'Aelita invraissemblable, mais bon, c'est ta liberté d'auteur de penser qu'elle est assez égoiste pour sacrifier ses amis. Je crois que tu as un peu mieux cerné le personnage d'Odd dans ce chapitre là que dans celui ou il se réveille avec Xana dans l'usine et que ça ne le dérange pas plus que ça.
Bon, donc, nous sommes parti pour un long, très long bouquet final (Je le sais parce que je sais le nombre de chapitre). Oui, tu vas me répondre que c'est encore loin d'être le bouquet final, et bien permet moi de te contredire, même si on est loin de la fin, pour moi, le bouquet final commence à partir de maintenant. Tu ne peux pas faire plus fort que la fin du monde, désolée.
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Râleur de légende

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Localisation: En constante évolution

Message 28 Mar 2006, 13:14

Chapitre XII : Le temps de regrets



Franz n’avait même pas eu le temps de régir tandis que l’espace autour de lui se désagrégeait. Affolé, il tentait désespérément de retrouver sa fille qui un instant plus tôt se tenait contre lui, mais il n’y avait rien à faire, ses yeux se fermèrent malgré lui En rouvrant les yeux après cet intense flash blanc, il se retrouva alors dans une grande chambre, semblable à celle d’un hôpital. Une femme était allongée dans un des deux grands lits de la pièce, tenant un bébé contre son sein. Cette femme respirait la joie de vivre, dévorant son enfant des yeux en lui caressant sa tête. Le scientifique s’avança par curiosité, lorsqu’il remarqua à ses pieds une chose anormale : Là où il aurait dû buter et renverser un pot de fleur, son pied était carrément passé au travers, comme s’il n’était plus qu’un fantôme ! Ce petit geste transcendait littéralement toutes les lois de la physique ! C’était impossible que ce soit la réalité, c’était trop brutal, trop irréel pour être vrai ! Mais en fait, ce n’était pas cela le plus étonnant pour lui : Cette femme et ce bébé… Non ! Un esprit aussi cartésien que lui ne pouvait pas y croire ! Pourtant… Il la connaissait, il était sûr que c’était elle. Il n’y avait qu’elle qui possédait naturellement ce trait physique : Ses cheveux roses ! Ce choc le plongea soudain dans une sorte de transe, l’obligeant à observer jusque dans les moindres détails la scène qui allait se dérouler devant lui :
La porte s’ouvrit en trombe, un homme dans la 30ène pénétra en courrant dans la pièce et passa au travers de Franz sans le remarquer du tout. Un fantôme… Lorsque l’homme s’arrêta près du lit, le bébé se mit à pleurer.
_ Chérie, doucement ! Tu lui as fait peur ! dit la jeune femme en berçant légèrement le petit dans ses bras
_ Désolé, je suis en retard, j’ai été retenu… répondit l’homme, qui avait visiblement beaucoup couru
_ Pas la peine de t’excuser, tu es là, maintenant !
L’homme se mit à genoux au chevet du lit de la jeune femme. Ils se sourirent tendrement et s’embrassèrent. Comme ils avaient l’air heureux… Cet homme aussi, Franz l’avait reconnu. C’était beaucoup trop surréaliste pour être vrai, pourtant, il l’avait bien reconnu. Des visages comme celui là, il n’y en avait pas deux : C’était lui-même ! Cependant, au moins une 10ène d’années semblaient séparer les deux hommes… Son cœur battait à tout rompre, il voulait détourner ses yeux de la scène, mais c’était comme si une puissance incommensurable s’était emparée de sa volonté.
Le jeune Franz attardait son regard sur l’enfant, puis il dit :
_ Alors, c’est une fille.
_ Oui, fit elle gaiement, toi qui ne voulais rien savoir jusqu’à la dernière minute, tu es satisfait, maintenant ?
_ Tu sais, j’aurais été de toute façon satisfait que ton accouchement se soit bien déroulé.
Ils s’embrassèrent de nouveau, comme le couple débordant de joie qu’ils formaient. L’enfant délaissa ensuite le sein de sa mère et dirigea ses toutes petites mains vers Franz, qui s’avança légèrement sur le lit.
La petite fille lui toucha les joues et le nez, poussant un rire cassé mais si attendrissant, que le jeune professeur en avait presque les larmes aux yeux.
_ Comment est ce qu’on va l’appeler ? finit il par dire
_ J’avais pensé à… Aelita !
_ Aelita ?
Dès cet instant, le bébé cessa de téter le sein de sa mère. On crut un instant qu’elle allait se mettre à pleurer. Au contraire, elle se mit à rire à nouveau. 3 petits sons aigus sortirent de sa bouche, comme si elle essaya déjà de parler, sans que personne ne lui ait encore appris :
_ Ay…ta !
Les jeunes parents rirent à leur tour.
_ Tu as raison Olga, fit le jeune Franz, on dirait que ça lui plait déjà !
C’est alors que cette vision disparut, exactement comme elle était arrivée, sans raison, sans bruit, sans joie… L’état dans lequel il avait été plongé s’estompa soudain, comme s’il n’avait jamais existé. Une peur panique et une incompréhension presque totale s’empara de Franz. Il fit des tours sur lui-même, comme pour essayer de chercher une sortie dans cet espace d’une noirceur infinie qui l’entourait de nouveau. Il doutait, il était nerveux, affolé ! Mais un sentiments s’imposait par-dessus tout ce qu’il éprouvait, le pire d’entre tous…
_ Pourquoi… Pourquoi j’ai détruit tout ça !? A cause de moi, tout ça est perdu ! Pourquoi j’ai pas laissé continuer les choses ! Pourquoi j’ai voulu faire ça !!! C’était trop dur… C’est rien qu’une excuse ! Pourquoi j’ai pas pu me détacher du passé ! Pourquoi est ce qu’Aelita a un père aussi égoïste !?
Il fut soudain interrompu dans ses plaintes contre lui-même lorsqu’il se sentit défaillir. Après avoir un peu titubé au hasard, il s’écroula, et sombra dans le néant.

A l'instant où elle avait cru effleurer la main de Jérémie, Aelita ouvrit les yeux sur un monde nouveau. Un couloir, une maison… Où ses amis et son père avaient ils soudainement disparus, elle l’ignorait… mais elle n’y pensait même pas. Dès l’instant où ses yeux parcourent le décor autour d’elle, elle fut comme hypnotisée. Son esprit envoûté, absorbé par une entité inconnue.
L’Ermitage… Elle l’avait reconnu tout de suite. Cependant, l’intérieur était très beau. Le papier peint sur les murs était agréable à regarder. Partout, des meubles impeccablement nettoyés, de petits tableaux accrochés au mur… Elle se croyait dans un rêve. Elle traversa le couloir, fasciné par ce nouveau décor non plus désolé, mais respirant le vie… Elle arriva près d’un petit salon lorsqu’elle entendit de la musique. Avec une oreille attentive, elle suivit les notes à travers la maison… Cette musique, elle l’avait déjà entendue… Son père l’avait déjà joué …Peut être même… Qu’elle l’avait joué elle-même … Une fois. Elle arriva dans une pièce dans laquelle se trouvait un piano. Le même que celui de l’Ermitage délabré… Un homme était en train de jouer dessus. C’était son père, il n’y avait aucun doute… Elle se souvint des fois où elle l’avait vu jouer cette même musique, dans des visions, ou dans d’autres rêves. Elle croyait qu’il allait arrêter sa musique et se retourner vers elle, mais il n’en fit rien.
Il s’arrêta de jouer de lui-même, sur une fausse note. Il ferma violement le clavier ! Il posa ses mains sur ses genoux et baissa la tête. Il avait l’air vraiment énervé, et déprimé, comme si sa dernière note en était la cause. C’est alors que retentit au loin le bruit d’une clochette, celle d’une porte.
_ Coucou je suis rentrée ! fit une voix au loin
Aelita eu un choc au moment où elle vit débarquer dans la pièce la personne à qui appartenait cette voix : C’était elle !
_ Ah, t’es là papa !
Elle était habillée exactement de la même manière que lorsqu’elle avait débarquée sur Terre pour la première fois. Du moins, ce qu’elle croyait jusqu’à maintenant être la première fois… Toujours sous le choc, elle s’entendait parler. La même voix… Exactement la même. Ce n’était pas un rêve, c’était comme un souvenir, un moment passé qu’elle avait oublié.
_ Maman n’est pas encore rentrée ?
Franz ne bougeait toujours pas, il ne voulait sans doute pas que sa fille le voie dans cet état… Pas tout de suite. Il restait silencieux, il finit par se redresser sur le petit banc de piano noir sur lequel il était assis. Le visage de la jeune fille commença à s’assombrir d’inquiétudes, quand son père s’écarta sur le côté du banc.
_ Papa, ça ne va pas ? s’inquiéta t elle
Franz tapota de la main la place libre à côté de lui, faisant clairement signe à Aelita de venir s’asseoir. Elle s’exécuta rapidement, anxieuse de savoir pour son père restait figé dans son silence, tout comme la simple spectatrice… Elle avait très peur. Un peur comme celle que l’on peut éprouver juste avant une sensation forte… Ce n’était pas bon, pas bon du tout…
L’homme posa ses mains sur le cache du clavier, comme s’il avait envie de rejouer. Cependant, quelque chose le retenait, il tremblait.
_ Papa…
Plus Aelita voulait savoir se qu’il se tramait, plus ses mots raccourcissaient. Celle qui observait se mit à un endroit où elle put se voir elle-même et son père de face. Celui-ci venait de retirer ses lunettes, d’une main, puis il prit celle de sa fille, de l’autre. C’est yeux étaient rouges et humides. Il avait l’air d’avoir beaucoup pleuré et avait sans doute frotter ses yeux pour essayer de le cacher.
_ Papa, il est arrivé quelque chose ? Où est maman ?! insista Aelita
L’autre, invisible, joignit ses deux mains ensemble, pleine d’anxiété. Franz remit ses lunettes et finit par soulever la cache du clavier et posa ses doigts sur les touches. Mais il n’appuyait pas.
_ Aelita, joie avec moi. Dit il sans joie
_ Papa qu’est ce que…
_ S’il te plait, joue avec moi…
Sans attendre de vraie réponse, il commença à jouer. Aelita décida tout de même de le suivre dans la mélodie. C’était la même musique qui se jouait que lorsque Franz était tout seul, mais cette fois, il y avait deux tons : Aelita, qui joue sans joie, mais en toute innocence, et Franz, dont la tristesse était palpable dans les notes. L’observatrice se souvint alors : Cette musique, c’était sa mère elle-même qui l’avait composée !
Les deux s’arrêtèrent de jouer au même moment. Cet air était très lourd de symboles, dès lors, Aelita comprit ce qui était arrivé.
_ Papa, qu’est ce qui est arrivé à maman ? fit la jeune fille, sans tourner la tête
_ Ta mère… Elle a eu un accident de voiture, un grave accident… Elle… Elle est…
Il ne voulait plus continuer, il en avait déjà trop dit. Mais cela lui avait échappé de la bouche. Il n’était pas encore tout à fait sûr de pouvoir le dire, le répéter à quelqu’un, mais les mots avaient glissés directement de son cœur à ses lèvres. Aelita poussa un petit cri et porta ses mains à sa bouche. Les larmes lui montèrent aux yeux comme un volcan sur le point d’exploser. Son doux visage se crispa d’une douleur intérieure insupportable ! Elle criait, comme si elle ne pouvait plus penser.
_ Papa, c’est pas possible ! Dis moi que c’est pas vrai !!
Mais Franz ne réagit pas, il baissa simplement la tête… Aelita se jeta contre lui, enfonçant son visage dans le pull de son père comme pour cacher ses sanglots qui n’étaient pas prêts de finir. Il l’entoura de ses bras tremblants, il la serra très fort contre lui. Il ne se savait même pas si c’était pour soutenir leur propre douleur ou si c’était juste pour étouffer ses propres larmes qui refoulaient désespérément…
L’observatrice éclat en sanglots à son tour, mais elle n’eut pas le temps de se remettre de tous les chocs qu’elle avait reçu en si peu de temps, que le décor autour d’elle se fit de plus en plus noir, jusqu’à disparaître complètement. Les yeux plein de larmes d’Aelita se fermèrent, définitivement, sur la vision d’un objet, posé à côté du piano : Une photo, celle d’une jeune femme aux cheveux roses.

Jérémie émergea de son sommeil. Il sentit de petits cailloux sous les paumes de ses doigts : Du bitume. Il ramassa ses lunettes au sol et regarda droit devant lui… Il se trouvait en ville, en plein milieu de la route, et en plein jour. Il entendit un bruit derrière lui qui se rapprochait de plus en plus vite : C’était une voiture qui fonçait droit vers lui ! Elle allait trop vite, impossible de l’éviter !
Mais alors qu’il croyait déjà sa mort plus près que jamais, la voiture passa au travers de lui, tel une illusion… Il se rappelait de la lumière blanche, de ces amis qui avaient disparus autour de lui… Il y avait eu un mouvement temporel, c’était sûr, mais où, ou plutôt, quand était il à présent ? Passé, présent, ou avenir ?
En marchant quelques minutes au hasard des rues de la ville, il aperçut un large groupe d’adolescents, avec un adulte en tête. C’était M. Fumet, son professeur d’Histoire Géo. Ses adolescents, c’était une classe… SA classe !
Jérémie se souvint : C’était il y a à peine une semaine. Leur classe était en train d’étudier les bases de la 1ère Guerre Mondiale, et leur professeur les avaient emmenés en ville voir un film qui parlait de ce sujet. Lui, dans ce monde passé, n’était plus qu’un spectateur, il ne pouvait donc pas être vu. Il s’approcha donc du groupe qui s’étirait de plus en plus sur le trottoir. Il était tenté d’écouter les conversations des autres, surtout celles de ses amis, mais ce n’était pas ça qui l’intéressait : Il repéra dans le groupe un garçon et une fille qui attira par-dessus tout son attention. C’était lui, et Aelita.
Ils parlaient en toute innocence, de XANA, de leur dernier contrôle de maths, de la note médiocre que Odd allait sûrement avoir. Ils conversaient de choses aussi banales que le temps de la saison, et du léger froid qui les faisaient frissonner. Jérémie s’aperçut d’une chose, une chose qu’il avait toujours refusé d’admettre à ce moment là. Lorsque Aelita essayait parfois d’aborder le sujet de l’amour, qu’elle découvrait grâce à lui, Jérémie s’arrangeait toujours pour détourner la conversation et revenir à autre chose.
Jérémie qui écoutait, repensait au baiser volé qu’ils avaient échangés il y a quelques semaines « Mon meilleur ennemi »), et celui, sincère, qu’ils avaient échangés dans la base de Hopper. Derrière le premier, il y avait l’esprit de la plaisanterie qui traînait, tentant de rattraper l’amour et espérer qu’il fasse surface. Derrière le 2ème, il y a avait un réel sentiment amoureux, ce sentiment que Jérémie avait si longtemps refoulé en lui comme s’il s’agissait d’un fardeau trop lourd à supporter dans la vie réelle. Entre ces deux moments, dans la tête de Jérémie, avait trotté un 3ème sentiment. Un sentiment extrêmement gênant qui marquait la très mince frontière entre l’amitié à l’amour, qui pourtant, n’a jamais été franchie. Pendant ce temps, il était devenu froid, presque distant avec elle, parlant de bon cœur, mais sans enthousiasme. Pourtant, il savait bien qu’Aelita l’aimait ! Il l’avait senti dans ses mots et dans son baiser, lorsqu’ils étaient sous la surveillance étroite de Hopper, mais il s’en voulait… Il s’en voulait énormément pour ce long moment pendant lequel il avait hésité, repoussé, ignoré les sentiment de celle qu’il aimait. Cette période avait beau être révolue, il ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir…
L’observateur s’éloigna du groupe et se dirigea, tristement, vers le passage piéton que les autres n’allaient pas tarder à emprunter. Il savait ce qu’il allait se passer. C’était peut être le moment le plus douloureux de sa relation avec Aelita qui allait se dérouler devant ses yeux… Une fois de plus. Et de cela, il ne pouvait rien changer.
Le feu tricolore qui se trouvait aux abords du passage passa au rouge. Le groupe qui s’était arrêté au bord du trottoir, M. Fumet en tête, traversa alors la rue. Le professeur s’improvisa gendarme et se plaça au milieu, les bras en croix, faisant signe aux élèves de traverser. Jérémie et Aelita étaient les deux derniers.
L’observateur serra les dents, la suite se passa en seulement une 20ène de secondes :
Jérémie prit quelques mètres d’avance et était déjà prêt de l’autre rive. M. Fumet avait joué son rôle et s’était détourné du passage. Il était presque au niveau de Jérémie, mais sur le trottoir de l’autre rive. Aelita s’était arrêté quelques instants de l’autre côté, regardant en rêvant un oiseau passer au dessus d’elle. A ce moment, l’observateur se retourna, et vit arriver le dernier acteur de cette scène… Ainsi, Aelita avait quelques secondes de retard sur tout le monde. Mais ce fut suffisant pour que ce qui allait arriver doive arriver. Alors qu’elle était au milieu du passage clouté, elle entendit un bruit au loin se rapprocher et s’arrêta de nouveau pour regarder : Une voiture roulait à vive allure dans sa direction. L’observateur put voir pourquoi elle ne ralentissait pas : Le conducteur avait un téléphone portable à l’oreille. Il savait que ce moment était passé, qu’il allait se dérouler comme prévu, sans incident majeur… Pourtant, il avait peur ! Et si quelque chose ne se passait pas bien ! Si la Compression Temporelle l’avait justement transporté ici pour voir ce qu’allait être l’événement nouveau !? Il n’osait pas y penser, encore moins y croire ! Ou alors, il était déjà trop tard pour ça…
Dès l’instant où Aelita vit foncer le véhicule vers elle, son corps se paralysa, comme retenu par des chaînes invisibles. Le conducteur leva enfin les yeux devant lui et écrasa immédiatement sa pédale de frein ! Mais il roulait déjà bien trop vite pour s’arrêter à temps, Aelita était perdue…
L’observateur paniqua et se précipita sur sa bien aimée pour la sauver, mais son corps passa au travers du sien, comme lorsque la voiture avait fait de même ! C’était fichu, Aelita allait se faire tuer !
Jérémie se tourna aussi vite qu’il pu en entendant le crissement de pneu, et dans un élan de courage, il s’apprêtait à bondir également sur Aelita, mais quelqu’un d’autre avait déjà réagit avant lui : C’était Odd. Lui et la jeune fille furent emporter par le mouvement et tombèrent dans le caniveau de l’autre rive. Le véhicule les évita d’à peine quelques centimètres et s’arrêta à une 10ène de mètre après le passage. L’observateur poussa un long soupir de soulagement, la scène s’était exactement passée comme par le passé… Tout le groupe se retourna alors vers eux, sauf M. Fumet qui essaya de rattraper le chauffard arrêté pour lui demander des comptes. Mais ce dernier écrasa son accélérateur seulement quelques instants après, il repartit sans dire un mot…
L’observateur se précipita vers Aelita et son sauveur. Ils n’avaient rien tous les deux, la catastrophe avait été évitée de justesse. Le Jérémie invisible vit alors de près ce qu’il s’était passé dans les yeux de Odd : Allongé littéralement sur Aelita, il vit une lueur brillante, indéfinissable qui se refléta dans les yeux d’Aelita. C’était cette même lueur qui brillait dans ceux de Jérémie à ce moment là, alors qu’il ne se décidait pas à s’aventurer au-delà de la frontière de l’amitié.
Pourtant, il le lui avoué, il avait dit qu’il l’aimait, il avait fini par le lui dire ! Mais lorsqu’il vit de près cette lumière dans les yeux d’Aelita, cette même lumière pleine d’amour qu’elle envoyait à Odd… Etait ce vraiment de l’amour ? Et même si ça ne l’était pas, qu’est ce qu’il devait penser lorsqu’elle l’avait embrassé !? Est-ce que c’était seulement parce qu’elle était désespérée !? Simplement parce qu’il fallait qu’elle le fasse avant de tout oublier après la Compression Temporelle ?!
L’observateur ne s’aperçut même pas que tout devint noir autour de lui… Cette pensée qu’Aelita ne puisse pas sincèrement l’aimer le faisait trop souffrir pour qu’il se soucie d’autre chose… Pourquoi, pourquoi ? Pourquoi il avait mérité ça ?! Après tout ce qu’il avait fait pour elle… Trop, trop, c’était trop !!!
Le jeune garçon n’eut pas une minute de plus pour se lamenter sur ces sentiments détruits. Ses interrogations n’auraient désormais plus de réponses… Il sombra dans le néant.

A peine était il revenu dans la réalité qu’il fut à nouveau brutalement parachuté dans une autre réalité. C’est ce que ce dit Odd lorsqu’il rouvrit les yeux après cette lumière blanche. Il les rouvrit sur le collège Kadic. Il n’osait pas faire un geste, il aurait même cessé de respirer si cela avait été possible. Toutes ses émotions le faisaient douter. Il ne savait plus s’il était dans le monde réel, ou bien s’il se trouvait encore dans un monde virtuel… Mais il eut sa réponse lorsqu’il vit au loin sous un arbre, un jeune garçon, tout de mauve vêtu. Prenant son courage à deux mains, il avança ver lui. Ses doutes s’effacèrent au fur et à mesure qu’il avançait, car ce garçon… C’était lui !
XANA… C’était encore une fois XANA qui avait organisé tout ça ! Mais c’était étrange. Odd avait beau essayer détourner son regard de cette vision pour ne pas être prit au piège, il ne pouvait en détacher son regard, comme s’il y était attiré comme un aimant. Plus il essayait, plus il avait envie de savoir le pourquoi de cette illusion… Rien à faire, son double retenait irrésistiblement son attention. Celui-ci semblait attendre, quelque chose ou quelqu’un.
Quelques minutes se passèrent lorsqu’il bougea enfin, il avait repéré quelqu’un : Une fille brune, se trouvant tout près du bâtiment des sciences.
« Mélanie… »
Sa petite amie. Il sortait avec elle depuis seulement une semaine, mais déjà, il y avait quelque chose chez elle qu’il n’avait jamais éprouvé avec aucune autre : Il se sentait bien, il était vraiment heureux… Il en était véritablement tombé amoureux ! Depuis ses années d’école primaire, cela ne lui était jamais plus arrivé.
Il se souvint… La dernière expérience l’avait traumatisé au point qu’il s’était promis de ne plus jamais « s’abaisser » à éprouver ce sentiment envers une fille. Pourtant, il l’avait fait. La passion des filles était plus forte que tout ! Cependant, pour éviter de tomber dans le piège qu’il s’était lui-même tendu, il multipliait les conquêtes. Jamais il n’était resté avec une fille plus de 15 jours.
Mais pour Mélanie, c’était une toute autre histoire, car en sortant avec elle, il sentait qu’il pourrait à nouveau être amoureux, sans craindre quoi que ce soit !
Il s’avança alors dans sa direction, un sourire aux lèvres, suivit par l’observateur. Mais celui-ci ne souriait pas. Une angoissante lui vint à l’esprit : Quoi qu’il pensait, cette scène paraissait très réel, rien ne pouvait laisser penser qu’il ne s’agisse pas de la réalité… XANA ne pouvait pas recréer tous ces sentiments, seul un humain pouvait le faire… Mais ça ne s’était jamais produit !
La Compression Temporelle… C’était peut être ça… Un morceau… Non, impossible. Une bride de futur ? Ca ne s’était jamais produit, ou alors… Ca ne s’était PAS ENCORE produit !
_ Hé, Méla…
L’appel de son double tira l’observateur de ses pensées. Il jeta un coup d’œil effrayé à son propre visage : Son sourire s’était effacé ! Il regarda dans la même direction que lui, et fut saisit par le même sentiment de déception que décrivait son double : Mélanie n’avait pas bougée, mais elle n’était plus seule, un autre garçon l’avait rejoint. Odd ne le connaissaient pas, mais eux, semblaient très bien se connaître… Ils s’enlaçaient, ils s’embrassaient, ils se caressaient le visage, ils se souriaient, ils s’embrassaient encore, et encore… C’était un supplice à regarder ! Odd ne savait plus où donner de la tête ! Son esprit devint aussi chaotique que s’il avait perdu la raison !
« Comment elle a pu me faire ça !? Pourq… »
L’observateur se rendit soudain compte de l’énormité de ce qu’il pensait… De son comportement. Il retenait ses larmes de toutes ses forces tandis que tout devenait noir autour de lui.
Alors, c’était ça que toutes les filles avec lesquelles il était sorti devaient ressentir lorsqu’elles se faisaient plaquées ! Du jour au lendemain ! Lui, ne voyait que l’extérieur. Elles apparaissaient simplement vertes de rage, mais lui, ce n’était pas ça qu’il ressentait ! Il était au bout du rouleau, comme si on lui avait privé de la chose qui lui était la plus cher au monde !
Il se trouvait tellement égoïste ! Lui, lui qui flirtait en toute innocence, combien de cœur avait il brisé de cette même manière !? Combien de fois avait il quitté quelqu’un sans rien dire, sans aucune explication ?! Ils laissaient ses anciennes conquêtes dans la tristesse et le doute, comme si elles ne comptaient absolument pas ! Comme si lui seul pouvait éprouver des sentiments !!
« C’est ma faute ! C’est entièrement de ma faute !! »
Plus rien n’existait, pour lui. Plus rien d’autre que sa culpabilité, que son irresponsabilité qui avait poussé Mélanie à le tromper avec un autre, peut être plus attentionné, plus sensible, et surtout, qui ne se fichait pas totalement de ce qu’elle ressentait… Il en avait trop fait. Plus un « Bourreau des cœurs », mais un « Briseur de cœurs », et lui-même, un cœur brisé. Il sombra bientôt à son tour, dans l’inconscience et la tristesse.

Yumi et Ulrich furent ses derniers. Il n’étaient pas dans le même lieu, mais exactement au même instant sur la ligne du temps, sans savoir l’un et l’autre ni pourquoi, ni quand, ni comment il se retrouvèrent là il étaient. Eux aussi n’étaient là qu’en simples spectateurs passifs, comme hypnotisés par leur vision, les empêchant totalement de réfléchir... Leur permettant simplement de regretter.
Yumi se trouvait dans un salon. Le style du décor était étonnant, une sorte de brassage entre français et japonais. Il y avait une grande bée vitrée qui donnait sur une terrasse et une jardin. Au dehors, il tombait des cordes. L’eau coulait en minces filets sur le verre transparent et immaculé et causé sans arrêt de petits bruits sourds, donnant à la scène un aspect mélancolique. A un mètre de là, il y avait un fauteuil, une personne était assise, une femme semblait il. Ces cheveux étaient aussi noirs que la nuit, elle avait la tête penchée. Un peu angoissée, Yumi s’avança pour mieux voir. Arrivée à côté du fauteuil, elle vit que cette femme était vêtue d’un léger kimono bleu foncé, orné de fleurs blanches. Ces cheveux étaient encore plus beaux à voir de près. Face à la bée vitrée, ils émettaient des reflets qui auraient presque permis d’éclipser un détail marquant : La femme tenait son visage dans ses mains, on entendait des sanglots étouffés.
Ulrich, lui, était à l’intérieur d’un bar, ou plutôt, d’un bistrot. Dans un antre enfumé par les cigarettes, rempli de badaux et de travailleurs du tard, buvant pour se réchauffer, s’enivrer, ou simplement, causer. Ulrich se sentait déjà mal à l’aise dans une telle ambiance, mais il n’éprouvait aucun besoin d’en sortir. Il avait comme un pressentiment… Son regard vagabonda sur quelques vitres floues, lorsqu’au travers de l’une d’elle, plus nette, il aperçut un homme qui attendait, immobile. La pluie incessante plaquait ses cheveux bruns, mi-longs, sur son visage. La morosité apparente de cet homme attirait irrésistiblement l’attention du jeune homme. Cependant, il y avait autre chose, plus fort, mais trop vague pour qu’il puisse savoir ce que s’était, qui le poussait à s’intéresser à cet inconnu. Son imperméable vert était trempé, il éternuait, mais ne bougeait toujours pas. Il avait l’air d’hésiter à pénétrer dans le bistrot, comme si l’entrée n’était qu’à sens unique. Il se décida finalement à franchir le pas de la porte et se secoua négligemment, une fois la porte fermée. Il prit ses petites lunettes ovales en main et les essuya comme il put sur ses vêtements humides. Il passa sa main sur son bouc, plus par style que pour le sécher vraiment, puis il alla s’asseoir derrière le zinc, sur un haut tabouret. Après l’avoir regardé dans les yeux quelques instants, Ulrich comprit pourquoi cet homme l’intéressait autant : Malgré les années qui semblaient avoir passés, les changements physiques et les problèmes de vue, le regard n’avait pas changé ! Ce regard… il le connaissait depuis qu’il s’était vu lui-même pour la première fois dans un miroir…
Yumi voulait voir le visage de cette jeune femme, mais lorsqu’elle approchait ses mains, elles passaient au travers comme dans une cascade d’eau claire. C’est alors que débarqua, dévalant un escalier dans une autre pièce, un petit garçon aux traits mi asiatiques, mi occidentaux. Il respirait la joie de vivre et l’innocence, il devait n’avoir pas plus de 4 ans. Il courut vers le salon est cria : « Maman ! Maman ! »
Mais lorsqu’il arriva près de l’endroit où sa mère était assise, il se tût. Il posa ses petites mains sur un des bras du fauteuil.
_ Maman, tu pleures ?
A cet instant, la jeune femme releva enfin la tête. Yumi recula d’un pas en voyant son visage ! Cette peau lisse, ce teint pâle et pourtant envoûtant, ces cheveux noirs tombant sur ses yeux et ce regard où l’on pourrait se perdre s’il on s’y plongeait trop… C’était si évident, et en même temps, si difficile à croire. Cette femme, c’était elle. C’était comme un miroir déformant, qui faisait vieillir le corps et les sentiments… Ces larmes étaient un signe, quelque chose de terrible était arrivée !
Mais la jeune femme sourit à l’enfant - Cet enfant qui était le fils de YUMI ! – Elle lui adressa un regard aussi attendrissant qu’elle put dans son état.
_ C’est rien du tout Bunji ! Maman est juste un peu triste à cause de la pluie !
Elle passa sa main dans ses cheveux frisés, pour le rassurer, pour endormir momentanément la conscience de son petit garçon. Mentir ! Quelle horreur ! Yumi répugnait déjà à le faire et elle était si peu crédible quand elle y était obligé ! Mais là, elle le faisait sans retenue, et face à un enfant qui en plus était le sien ! Elle voulait s’arrêter là. C’était trop affreux de devoir grandir ! Mais elle ne pouvait pas. Une partie d’elle voulait voir ce qui allait se passer… Impossible d’arrêter le train en marche…
Ulrich s’assit à côté de lui-même, sur un tabouret vide. Le barman passa tout près et haussa un sourcil, un peu surpris. Pendant un instant, l’observateur crut qu’il le regardait lui, mais cette surprise était adressée à son soi futur.
_ M. Stern ? On vous a pas vu ici depuis longtemps !
_ Je vais prendre quelque chose, fit l’homme avec lassitude
_ Bien sûr ! Un café, un thé ? répondit le barman avec entrain
_ Whisky !
Le jeune Ulrich fut aussi surpris que l’homme en tablier par cette réponse. Ulrich avait déjà essayé de boire un verre d’alcool par curiosité, mais rien que l’odeur lui piquait les narines, au point qu’il s’était promis de ne jamais réessayer de sa vie… Quelque chose avait changé chez lui. Ce n’était pas l’âge, c’était autre chose, quelque chose de plus grave que ça. Le barman jeta un coup d’œil à sa montre, puis ne dit plus rien.
_ Whisky ! répéta Ulrich
Il le fixa pendant quelques secondes, puis s’en alla un peu plus loin pour préparer ce qui lui avait été demandé. L’homme qu’il était devenu avait vraiment l’air déprimé. La tête des mauvais jours d’Ulrich n’avait hélas non plus pas changée durant ses nombreuses années apparemment écoulées depuis le collège…Une grande lassitude visible dans son regard qui traînait au hasard du décor ambiant, avec un certain mépris dans la voix, quelque soit l’interlocuteur. Ulrich commençait à déprimer autant que l’était son soi futur… Il y a des choses qui ne changeraient jamais, mais ce n’étaient pas forcement les bonnes…
L’adulte sortit alors de sa poche une autre chose que l’adolescent n’aurait encore jamais cru voir entre ses mains : Un paquet de cigarettes. Il n’était pas encore déballé, mais le jeune Ulrich le regardait déjà fixement, comme un objet d’une incroyable beauté, ou d’un incroyable laideur. L’adulte hésita longuement, puis il dit, d’une voix tout juste audible :
_ Après tout…
Il enleva négligemment le film plastique autour du paquet, puis de ses mains hésitantes, il en sortit une cigarette et la porte à sa bouche. Le barman finit par apporter un verre rempli à moitié rempli d’un liquide jaunâtre et alcoolisé. Le jeune adulte regarda un instant à l’intérieur, comme pour essayer d’y voir son visage, puis il alluma sa cigarette.
L’observateur n’en croyait pas ses yeux ! Lui si droit et équilibré… Il avait touché le fond. Le monde des adultes était vraiment trop dur à voir ! Ca suffisait ! Il voulait se lever de son tabouret à s’enfuir de cet univers et ne plus jamais en entendre parler ! Il fallait que ce cauchemar s’arrête ici et maintenant ! Mais ce n’était pas possible, ce n’était pas naturel qu’il ait plus devenir comme ainsi ! Quelque chose avait du provoquer tout ça ! Quelque chose que sa tête refusait de connaître, mais que sa conscience voulait savoir, quelqu’en soit le prix…
Pendant ce temps, la jeune femme s’était levé de son fauteuil, mais ne s’arrêtait pas pour autant de sangloter. Par prudence, elle avait envoyé son petit garçon jouer dans sa chambre. Elle se dirigeait à présent vers le téléphone, posé sur un petit meuble dans un coin de la pièce. La jeune Yumi la suivie, intriguée. La jeune femme composa un numéro, de ses doigts tremblants et hésitants. Yumi regarda attentivement comme si c’était… Non, c’était ridicule ! Des années étaient passées, les numéros avaient changées ! De toute façon comme s’ils avaient pu rester en contact durant tout ce temps ! Ils étaient juste des amis ! Juste des amis… C’était réellement stupide d’espérer que ce numéro appartienne…
Ulrich contemplait avec dépit son soi adulte fixer le fond de son verre vide, et écraser négligemment sa cigarette dans le cendrier, sans la regarder. Son air morose commençait à devenir si préoccupant, que même le barman en vint à lui poser une question.
_ M. Stern, vous allez bien ?
Collégien, il avait déjà horreur que quelqu’un le prenne en pitié lorsqu’il n’allait vraiment pas bien, mais l’adolescent avait l’impression que d’après le regard cinglant que lançait l’adulte au barman, ce trait de son caractère n’avait pas changé. Il détourna son regard avant de répondre :
_ Rien, tout va bien !
Sa voix sonnait faux. Mais alors que le barman était sur le point d’insister, le jeune Ulrich entendit un téléphone sonner. Cela provenait d’une des poches de l’adulte. Ce dernier se repoussa du zinc des deux mains et pivota d’un ¼ de tour sur la droite, et fit soudain face au jeune Ulrich qui eut soudain l’impression d’être observé… L’adulte prit le portable de sa poche et le porta à son oreille. L’adolescent essaya de se rapprocher au maximum pour écouter ce qui allait se passer. Le pressentiment qui ne le quittait pas depuis le début se changea en inquiétude… Ce n’était pas encore fini…
_ Chéri ? fit une voix féminine au téléphone
L’adulte hésita longtemps à répondre, puis il répondit :
_ Oui. Qu’est ce que tu veux ?
Le ton qu’employait Ulrich était méprisant, presque agressif. De son côté, la jeune Yumi écoutait également avec beaucoup d’attention. Qui était à l’autre bout du fil ?
_ Ecoute, je suis désolé ! Je suis tellement désolé de ce qui s’est passé ! dit la jeune femme, la voix chargée de lourds sanglots
_ Yumi…
Le jeune Ulrich eut failli tomber à la renverse lorsqu’il entendit prononcer ce prénom ! Des Yumi, il ne pouvait pas y en avoir deux !!
Mais ce n’était plus comme avant. L’adulte poussa un long soupir las alors qu’il venait de dire le prénom de celle qu’il avait aimé ! Ce n’était pas possible que ça puisse arriver !?
_ Yumi, reprit il, reconnais la vérité ! C’est la 4ème fois qu’on se dispute comme ça cette semaine !
_ Chéri ! C’est justement pour ça qu’il faut que tu reviennes ! On a déjà construit tellement de choses ensemble ! On ne va pas tout laisser tomber à cause de quelques disputes !
L’écoute de cette conversation devenait déjà un supplice pour l’adolescente ! Entendre sa propre voix parler de manière si désespérée lui serrait le cœur comme s’il était sur le point d’exploser. Sur le visage du jeune adulte au bout du fil, une expression de tristesse avait remplacé la lassitude. Il prit son paquet de cigarette posé sur le zinc et en tira une autre qu’il glissa entre ses lèvres tremblantes, sans l’allumer. C’était peut être pour essayer en vain se retenir de dire certaines choses qui blesseraient sûrement…
_ Yumi… Quand on s’est retrouvé y a 6 ans, je pensais… Je pensais…
Il n’avait plus envie de continuer, il allait vraiment la blesser, c’était certain ! Mais il fallait qu’il dise ce qu’il avait à dire. L’adolescent en face de lui angoissait de plus en plus. Il était en équilibre sur un fil. Un fil fragile qui pouvait le faire à tout moment basculer dans l’abyme du désespoir… Tout comme Yumi à ce moment. Qu’est ce qu’il était capable de dire après être devenu un monstre d’adulte ?
_ Ulrich ! Tu me fais peur ! Tu ne peux pas dire qu’on a pas été heureux ?! Je me rappelle de ton visage, de ton visage, de ta joie quand on s’est retrouvé après des années de séparation au collège ! Tu peux pas oublier ça ?
La jeune Yumi avait à peine écouté le discours de son soi futur, son esprit restait bloqué sur ce prénom « Ulrich »… C’était lui qui l’avait mise dans cet état ? C’était lui qui l’avait fait pleuré à torrent !? C’était qu’elle essayait à présent de retenir à ses côtés ?! Ca ne pouvait pas arriver… Ca ne pouvait pas arriver !
_ Je n’ai rien oublié ! Ni de ce qui s’est passé entre nous au collège, ni ce qui s’est passé après ! Après… justement Yumi… Qu’est ce qu’il nous reste, après ? On a passé cessé de ne pas être d’accord sur tout ! D’abord sur des petites choses, et ensuite…
Il fit une pause, poussant à nouveau un long soupir, peut être pour retenir ces larmes.
« J’aurais cru qu’un enfant nous rapprocherait, mais… Rien, rien ne s’est plus bien passé…
_ Ulrich, fit la jeune femme à nouveau en larmes, on peut réparer ! Je t’en pris… Laisse nous encore une chance ! Pense à Bunji !
_ Yumi, c’est… C’était avant qu’il aurait fallu faire quelque chose… Chérie… J’ai…
Pendant quelques instants, les pensées deux adolescents furent comme connectés ensemble, plongées les unes dans les autres comme s’il n’étaient plus qu’une seule et même personne. Malgré l’espace qui les séparait, ils s’entendirent… Ils entendirent leur détresse et leur tristesse.
« Yumi… Ulrich… »
L’instant d’après, ils revinrent à leur tragédie, pour en voir l’acte final. Jusqu’au bout, chacun pensait qu’il n’aurait pas à subir cela, ça ne pouvait plus continuer !
_ Ulrich…
_ Je suis… désolé Yumi… Désolé de t’avoir fait souffrir comme ça… Mais j’ai besoin… J’ai vraiment besoin de temps… Au revoir !
_ Ulrich ! ULRICH !!
La jeune femme ne pouvait plus en supporter davantage ! Elle resta figée comme une statue, elle lâcha de sa main tremblante le combiné du téléphone qui terminait sa course en morceau au sol. Son visage se crispa, puis elle tomba à genoux, les mains sur le visage, pleurant toutes les larmes de son corps qui lui restait encore. A ce moment, le petit Bunji descendit de sa chambre. Il vit sa mère dans cet état de dépression, encore pire que lorsqu’il l’avait vu la première fois… Il ne dit rien, plus rien du tout…
La jeune Yumi recula, un air effaré lui collait au visage comme un masque immettable. Elle reculait lentement, comme face à un monstre effrayant ! C’est vrai ! C’était ce qu’elle était devenue ! Un monstre capable du pire ! C’était beaucoup trop dur à supporter ! Ces sentiments, ces angoisses, c’était trop ! Elle ferma ses yeux très fort et appuya sur ses tempes avec ses mains, elle hurlait :
« Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ça !! Je veux plus entendre ! Assez !! »
Une boule se forma dans la gorge du jeune Ulrich alors qu’il continuait à fixer son soi futur. Il n’avait pas réagit. Il avait raccroché et remit son téléphone dans son manteau, alors que l’adolescent fut soudain prit de hoquets de chagrin… L’adulte regarda la cigarette éteinte dans sa main, il serra les dents, puis l’écrasa dans le cendrier. Il appela le barman et demanda d’une voix indéfinissable :
_ Combien je vous dois ?
_ Un whisky, alors ça vous fera 3 € et…
Il n’avait pas fini de parler que l’adulte sortit de sa poche un billet de 5 € qu’il glissa rapidement sur le zinc, en disant :
_ Gardez tout !
L’adolescent le suivit aussi vite qu’il put, alors qu’il se précipitait vers la sortie. Le jeune Ulrich passa au travers de la porte de l’établissement, tel un spectre, et regarda autour de lui. A une 10ène de mètres, il vit une place, vide par ce temps de pluie. Il était là, immobile, la tête levée vers le ciel gris. L’intensité de lui importait peu, pas plus que d’être trempé jusqu’aux os ! Au bout d’une minute, il fut aussi prit de hoquets. Ses yeux étaient exorbités, les larmes qu’il versait à flot se confondaient avec la pluie !
Le jeune Ulrich s’effondra à son tour. Il se serait martelé la tête jusqu’à la mort contre le pavé de la place s’il avait pu ! N’importe quoi pour ne plus penser, ne plus sentir, ne plus souffrir comme ça ! Il hurlait aussi, la tête contre le sol.
_ Non ! Pourquoi !? Ca peut pas arriver ! Ca peut pas arriver !! Sortez moi de là ! Je veux pas que ça finisse comme ça !!
Pour les deux adolescents, tout devint noir, noir comme l’ombre la plus opaque.
Pendant un temps qui parut indéfinissable, il n’y eut plus de sentiments, plus de tristesse, plus de joie, plus de doutes… Plus rien. L’existence même avait disparue. C’était la plus sombre et la plus cruelle des fins de vie que des êtres humains puissent expérimenter. La Compression Temporelle avait laissée entrevoir pour tous, Passé, Présent, Futur, puis elle les avait complètement détruits, détruits par une force qu’aucune chose vivante dans l’univers n’aurait pu éviter. Rien n’avait pu être réparé, pardonné, ni changé… La Compression Temporelle était le commencement, et la fin de tout. Rien n’aurait pu l’éviter, ni la combattre… Peut être…
Dernière édition par ChaoticPesme le 03 Avr 2006, 22:11, édité 3 fois.
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Tueur de Krabes

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Localisation: Bah tiens, devant mon écran, quelle question ! ...

Message 28 Mar 2006, 18:30

Le découpage du chapitre était-il nécessaire ? Non pas qu'on n'apprenne pas de choses intéressantes, mais la situation est tellement confuse que j'espère que la suite ne tardera pas, histoire de nous expliquer cette peau de banane dans l'espace-temps...
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Tueur de Krabes

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Inscription: 04 Sep 2005, 09:46

Localisation: Bah tiens, devant mon écran, quelle question ! ...

Message 02 Avr 2006, 20:20

Rhaaaah, c'est superbe ! Quelle maestria ! Bravo pour ce chapitre, il est superbe ! Evidemment, c'était le plus intéressant à montrer pour Ulrich et Yumi...
Tu as exploité le thème à fond, la Fic est époustouflante !! Vivement la suite !
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Jeune Lyokophile

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Localisation: Tournai, Belgique

Message 02 Avr 2006, 20:46

Pesme mais c'est horrible :shock: :etonne: co...co...comment tu peux me faire ca a moi ! faire rompre Yumi et Ulrich si tu continue je vais finir par te detester si ce n'est pas encore le cas.

c'est un chapitre assez court je trouve.
il est tres complet comme on commence a avoir l'habitude avec toi
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Futur Lyokofan

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Localisation: chez moi !

Message 02 Avr 2006, 22:18

Magnifique ChaoticPesme, tout simplement magnifique ! Chaque héros connaît ici son lot de souffrances, chacun a le coeur brisé... Vu les émois qu'a pu provoquer ce genre de descriptions dans d'autres fics, tu as bien fait de mettre cet avertissement. Mais que c'est bien décrit !!!!! Heureusement qu'il y a un " peut-être " à la fin, parce que sinon, ç'aurait été une bien triste fin pour nos héros.

J'applaudis des deux mains :D 8)
Nul autre plus que moi ne désire savoir... qui je suis vraiment !

Jeune Lyokophile

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Localisation: echilais FRANCE

Message 04 Avr 2006, 18:25

espoir

Yumi et Ulrich ne doivent pas s’inquiétés de ce qu'ils ont vus, car ce n'est
que l'un des divers avenirs possibles qui dépend la source, c'est-à-dire le
passé.

Je vous explique :
Tracez une ligne grasse, c’est le court du fleuve temporel et il ne peut être modifié, car il représente le flux en permanence du continuum espace-temps jusqu’à l’infini.

Par contre, Tracez des lignes fines en quelconque à 30 degré de la ligne grasse, elles représentent des canaux qui se créent pour donner chacun un avenir différent par rapport au fleuve.

Autrement dit, l’avenir de nos deux amoureux dépend de se qui est arrivé dans le passé, s’il le découvrent, et qu’il cherche à le rectifier, alors leur avenir sera totalement différent et ils seront heureux pour toujours

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Message 05 Avr 2006, 19:52

Puisque je passe sur le forum, allez, je fais l'effort de réécrire ce que j'ai déjà dit sur msn...
Sur Ulrich et Yumi, tu connais mon opinion, inutile de nous étendre dessus, mais je remarque quand même que ça a poussé ceux qui ont la flemme de faire des commentaires d'habitude à poster... Truc à retenir^^.
Tu as fait, dans ce chapitre, plusieurs choix de narration que je n'aurais pas fait si j'avais été à ta place. Hopper en premier, et totalement déconnecté de la situation. Odd qui réagit d'une façon qui ne lui ressemble pas. Cependant, je n'y suis pas, à ta place. Ce sont tes choix, je les respecte. Ils peuvent même, si tu exploite les incohérence que cela crée, déboucher sur de nouvelles idée. (Là, encore, j'ai dit les détails sur msn)
Bon, en fait, j'ai la flemme de me répéter, alors en attendant la fin de l'histoire, voici mon avis sur tout ce qui a été écrit depuis le début. C'est l'oeuvre d'un auteur presque arrivé à maturité, tu y accomplit ce que tu avais commencé dans le projet AVIP, tu nous offre la totalité de ton talent d'écrivain, tout en explorant les voix dans lesquelle tu évitais de t'engager jusqu'à présent.
Alors pourquoi, pourquoi, pourquoi n'est-ce qu'une fic ?
Tu dois avoir en toi des chose à dire, à défendre, un univers à toi à créer ! Qu'attends-tu pour faire une vraie histoire, rien qu'à toi, au lieu d'extrapoler l'univers de Code Lyoko ? Ca fait deux ans que je te répète ça, et tu ne te décide toujours pas.
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Message 05 Avr 2006, 20:13

vaan^^antechrist

c'est malin ! mon dernier post ne vaut plus rien avec la mise à jour de ton chapitre...je retire tous ce que j'y est dit. c'est toujours aussi sympa.
je trouve que la pression a bien baissé, mais il y a toujours pas mal de suspence.

c'est une bonne idée ça :
Qu'attends-tu pour faire une vraie histoire, rien qu'à toi

je suis sur qu'elle serait génial !
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Message 17 Avr 2006, 20:25

Chapitre XIII : Survie



Franz ouvrit les yeux, ses paupières étaient lourdes, très lourdes. Des sensations… Il éprouvait des sensations ! Sous ses mains, il sentait le contact froid de la ferraille… Il s’appuya sur le sol et réussit à se relever. Pendant un moment, il avait été, comme absent. Totalement hors de lui-même, comme s’il avait cessé d’exister… Son esprit était encore embrumé, il n’arrivait même pas à se concentrer. Il avait l’impression de sortir d’un rêve dont il ne pouvait se rappeler… D’un rêve… Non, c’était un cauchemar ! Il en était sûr ! Mais il n’y arrivait pas, c’était encore plus frustrant que de le revivre, mais il n’y arrivait pas ! Il ne pouvait pas se rappeler…
Il regarda vaguement autour de lui, et malgré une obscurité que seuls quelques néons arrivait à dissiper, il reconnut l’endroit où il se trouvait : Le Dôme ! Cependant, plus rien n’était comme avant. On aurait qu’une véritable bataille s’était déroulée ici, les passerelles menant au pilier central s’étaient effondrées, la plupart des ordinateurs semblaient avoir implosés, il régnait dans l’air comme une odeur de souffre… C’était tout ce qu’il restait de son œuvre, de son travail acharné durant des années, de ce pourquoi il avait tant consacré d’énergie et d’efforts… Il n’était pas encore pleinement conscient pour se rendre entièrement compte de l’ampleur des dégâts, il ne pouvait malgré pas rester indifférent face à un tel désastre. Ses espoirs, ses rêves… Tout cela venait de s’envoler avec la chose qui avait tout détruit, en quelques instants… Ce n’était plus possible de tout refaire, plus possible de tout reprendre à zéro, ça lui avait bien trop coûté. Tout espoir de revoir un jour sa femme vivante, sa famille à nouveau réunie, ce n’était désormais plus qu’une illusion dans sa propre tête. Mais pourquoi ! Ca y était presque ! Pourquoi cette idée d’avoir tout perdu était si insupportable alors que c’était peut être voué l’échec dès le départ !! Ca aurait été possible ! C’était possible de sauver le monde de XANA, de faire en sorte que ce qui était arrivé à Aelita… Aelita…
_ Aelita !!
Il se mit soudain à hurler dans le vide. Aelita ! Comment avait il pu l’oublier un seul instant ?! Où était elle maintenant ? La Compression Temporelle avait échouée, elle ne pouvait pas être loin !
Une sueur froide lui monta au front lorsqu’il l’a aperçue près du bord de la Fosse. Elle ne bougeait pas, coincée sous une énorme poutrelle métallique.
_ Aelita !
Il criait toujours son prénom alors qu’il se précipitait vers elle, paniqué. Il resta quelques instants planté devant elle sans rien pouvoir faire, inquiet, angoissé ! Pourquoi est ce qu’elle ne se réveillait pas ? Il continuait désespérément à crier, comme si en l’entendant, elle pourrait s’en sortir elle-même. Il finit par sortir de sa transe lorsqu’il s’aperçut que ses supplications ne donnaient rien ; il se mit à soulever la poutrelle par une de ses extrémités. Elle était vraiment lourde, beaucoup plus qu’il ne le pensait. La soulever était une vraie torture pour ses pauvres muscles… Il y arrivait, encore quelques centimètres, mais Aelita ne se réveillait toujours pas…
_ Accroches toi, accroches toi mon enfant...
Il n’arrêtait pas de répéter cet appel dans sa tête et à haute voix, dans l’espoir que ses paroles puissent atteindre son cœur pour la tirer de son sommeil. Franz crut bientôt qu’il avait pouvoir pousser la poutrelle de côté, quand soudain, il se bloqua ! Il n’en pouvait plus, il venait juste d’atteindre la limite de ses forces, il ne pouvait plus que le maintenir en place. Il ne pouvait même plus la poser, il ferait encore plus de dégâts... Coincé ! Il ne pouvait plus rien faire ! La jeune fille avait assez d’espace pour se faufiler par-dessous, mais elle restait là, immobile. Les implorations de son père ne marchaient toujours pas !
Franz sentait qu’il n’allait plus tenir très longtemps, lorsqu’il entendit des pas derrière lui. Sans se déconcentrer pour ne pas lâcher prise, il tourna la tête : Jérémie ! Il accourut immédiatement lorsqu’il vit Aelita en difficulté. L’homme n’eut pas le temps de parler, d’expliquer quoi que se soit, qu’il se précipita au dessous de la poutrelle. Il tira Aelita par les épaules et la mis rapidement hors de danger. Franz grimaça tandis qu’il lâchait la lourde pièce de métal qui commençait à glisser de ses mains moites. La masse de ferraille retomba au sol dans un nuage de poussière, accompagné d’un long soupir de soulagement. Jérémie était en genoux, il souleva légèrement Aelita par la taille et la tête, pour l’amener au niveau de son visage. Il n’était pas médecin, il ne pouvait pas savoir ce qu’elle avait... Une grimace de dégoût lui collait aux lèvres de n’avoir aucune compétence, mais il n’osait pas l’examiner, il aurait peut être fait pire que mieux.
Non, ça ne pouvait pas finir comme ça ! Il rapprocha son visage du sien, retenant quelques larmes de couler. Il avait envie de l’embrasser, pour espérer qu’elle sorte de sa léthargie... Il posa délicatement sa main dans ses cheveux roses. Il ne fallait pas qu’il pleure. Ce n’était pas de tristesse et regret dont avait besoin Aelita, mais d’amour et d’attention pour revenir à elle, et il le voulait, il désirait cela pour dessus tout le reste...
Franz resta pendant quelques minutes à distance des deux adolescents. Il entendait, d’une voix douce, Jérémie faire l’éloge de son amour à sa fille. Touchant, plus que touchant, même. Il avait beaucoup appris sur Jérémie, mais à ce point... Jamais il n’aurait pensé qu’ils avaient à ce point une relation aussi fusionnelle. C’était vraiment incroyable à entendre... C’est à ce moment qu’il voulut s’approcher d’eux, il voulait aider de tout son cœur, avec tout l’amour paternel qui manquait tellement. Mais alors qu’il avançait sa main vers elle, l’âme attendrie, Jérémie l’interpella.
_ La touchez pas !
Le ton de sa voix était devenu soudain si ferme et autoritaire que la main de Franz s’arrêta net. Qu’est ce qui lui prenait tout à coup ? Pourquoi ce changement d’attitude envers lui ? C’était comme s’il le haïssait soudainement. Ou peut être que, ce n’était pas si soudain...
_ La touchez pas ! répéta t il encore plus fermement
Le regard de Jérémie était plus dur que jamais. Franz était déstabilisé par toute la haine dans les yeux du jeune garçon. Alors non, ça ne pouvait pas être soudain. Ce mépris, ça ne pouvait être que ressentit bien avant... L’homme voulait lui répondre, lui dire combien il avait souffert, lui aussi. Lui dire ce qu’il avait éprouvé lorsqu’il l’avait perdue une 1ère fois et de l’avoir vu en vie, mais sans pouvoir lui parler, ni la toucher. Lui dire combien ça lui avait brisé le cœur, de devoir passer des années à travailler pour une fille qu’il espérait revoir, mais qui ne se souvenait même plus de lui ! Mais il se tût... En une seconde, l’amour et la rage d’un petit ami avait vaincu, écrasé la tristesse et l’amour d’un père.
Jérémie s’était promis de rester calme devant Aelita inconsciente, mais il ne pouvait plus se retenir ! La vue du corps inanimé d’Aelita dans ses bras d’un côté, la vue de Franz de l’autre le dégoûtait ! Il profita de son silence pour littéralement lui cracher à la figure tout ce qu’il avait sur le cœur, sans le regarder.
_ C’est votre faute ! Tout ça c’est votre faute ! Aelita vivait une nouvelle vie avec nous, et il a fallu que vous débarquiez pour tout fiche en l’air ! Vous aviez pas le droit de venir tout chambouler comme ça parce que c’est votre fille ! Vous aviez pas le droit ! Je vous hais, vous m’entendez ! Je vous hais !!
Il serra plus fort Aelita contre lui, toujours inconsciente. La rage et la tristesse lui soulevaient le cœur. Franz, quant à lui, ne savait vraiment pas quoi dire face à tant de violence et de haine en si peu de mots...
C’était pour son bien ! Même pour le bien de toute l’humanité qu’il avait ce projet à son terme ! Jamais, jamais il n’avait pensé à aucun moment que quelque chose puisse mal se passer ! Jamais il n’avait songé que cela pourrait rater... Jamais il n’aurait imaginer qu’Aelita puisse ne faire les frais, jamais, c’était pour lui impossible de penser ça... Jérémie était peut être de mauvaise foi, mais tout n’était pas faux.
Il ne dit toujours rien, regardant le visage livide de sa fille et la colère de Jérémie... Mais il n’avait pas l’intention de s’éloigner. Les sentiments du jeune garçon l’atteignaient plus qu’il ne le voulait, mais il ne l’éloignerait pas ! Qu’il le veuille ou non, Aelita avait aussi besoin de lui ! Pour l’heure, elle avait aussi besoin de soin, et vite...
_ Aide moi à la transporter à l’infirmerie, dit abruptement Franz
Jérémie se préparait déjà à répliquer, de lui dire une nouvelle fois de ne pas la toucher, mais il poursuivit :
« Je sais ce que tu vas me dire, mais crois moi, ce n’est pas ta haine contre moi qui va sauver Aelita ! Traite moi de tous les noms si tu veux, mais fais le après ! Pour l’instant, elle a besoin de nous deux ! Aide moi, s’il te plait !
Cette fois, c’est lui qui avait raison. Jérémie avait déjà perdu de vue que ce n’est pas de haine et de vengeance dont Aelita avait besoin... Mettant ses rancoeurs de côté, il prit Aelita par le dessous des bras pendant que Franz la tenait par les jambes.
Etrange, outre la lumière quasiment absente des couloirs du bunker, tout paraissait normal... Non, pas tout à fait. Le bunker était très calme, trop calme, en fait. Il n’y avait plus un seul bruit, comme si, le temps s’était à nouveau arrêté. Mais certaines lumières fonctionnaient pourtant... Plus étrange, il n’y avait aucun signe de ceux que Franz avait pris comme hôte pour ses spectres, ni aucun signe de vie de Yumi, Odd et Ulrich. Jérémie s’inquiétait plus pour Aelita, mais il se demandait. Qu’étaient devenus ses mais après la Compression Temporelle ? Ils étaient déjà trois à s’être trouvés au même endroit, les autres ne devaient pas être loin, ils devaient être là, tout près...

Ulrich ouvrit les yeux. Une désagréable sensation l’envahit, comme celle qu’il éprouve lorsqu’il a passé une nuit agitée. Toujours allongé au sol, il essayait de regarder droit devant lui, mais tout ce qu’il put voir, c’était le vide. Il se releva légèrement et s’adossa contre le mur derrière lui. Ce sur quoi il se trouvait n’était qu’une étroite plate forme d’à peine 5 mètres de large. Le mur sur lequel il était composé d’une quantité infinie de circuits informatique, il avait déjà vu ça... En levant les yeux, il aperçut à une 30ène de mètres plus haut, plusieurs passerelles métalliques qui se rejoignaient en un point central. La Fosse ! Il était quelque part dans la Fosse du Dôme ! Une marée de questions se mit soudain à déferler dans sa tête... Comment avait il pu se retrouver là ? Il ne voyaient pas ses amis, alors où étaient ils ? Est-ce que la Compression Temporelle avait raté... Non, cela ne devait pas le faire céder à la panique ! S’il voulait des réponses, il allait devoir les chercher lui-même.
En regardant de plus près l’immense mur. Il paraissait assez rugueux par endroit, mais Ulrich hésitait. L’idée de s’en servir pour monter jusqu’au bord de la Fosse n’était pas prudente. Dans l’espoir que quelqu’un puisse l’aider, il appela.
_ Hé ho ! Est-ce que quelqu’un m’entends ?! Je suis dans la Fosse ! Est-ce qu’on m’entends !!
La seule réponse que le jeune homme eut, fut sa propre voix portée par l’écho. A tout hasard, il se mit à regarder vers le bas. Au dessous de lui s’étendait une abyme qui semblait sans fond, rien que la voir lui donnait déjà mal à la tête. C’est vrai, il n’avait pas passé à ça. Ses vertiges allaient véritablement être un handicap pour se sortir de là. La volonté de retrouver ses amis était forte, mais il ignorait si cela allait suffire...
Il aperçut alors, 50 mètres plus bas, quelque chose qui allait l’aider à se décider, et le gonfla d’espoir : Allongé sur une plate forme semblable à la sienne, une forme humaine, noire aux cheveux longs, Yumi ! Comment elle était arrivée là n’avait pas d’importance pour Ulrich, mais il devait la rejoindre ! Si elle n’avait pas entendu son 1er appel, c’était certain qu’elle n’entendrait pas les suivants. Pourtant, Ulrich avait peur. Pas peur qu’elle ne se réveille pas, mais une horrible peur du vide qu’il devait alors traverser pour arriver jusqu’à elle. Il essaya tout de même de l’appeler, mais une nouvelle fois, aucune réponse ne lui parvint. Il avait l’impression que sa voix était trop lourde pour être portée par l’air, ou plutôt, que c’était l’air qui était lui-même trop lourd. Il ne pouvait pas, il ne pouvait pas le faire... Il se mit à genoux devant le vide, fixant de loin le corps de la japonaise qui ne bougeait pas.
_ Yumi...
Son regard perdu se dirigea à ce moment vers la paroi. Tant pis, il n’avait pas le choix... Si sa voix n’atteignait pas Yumi à distance, il fallait qu’il se rapproche. Il se rendait bien compte qu’il risquait gros avec ses vertiges, mais il n’était pas question d’y céder ! Il devait le faire ! Affronter et dominer sa peur, pour Yumi...
Il se dirigea prudemment vers le bord, regardant d’abord droit devant lui, puis il baissa la tête vers le vide. Il continua à le fixer jusqu’à ce que ces tremblements nerveux cessent, le baptême du feu commença alors pour lui. Il chercha vaguement de la main une prise dans la paroi par laquelle il puisse amorcer sa descente, puis une autre avec le pied. Le chemin vers la plate forme de Yumi dessinait une ligne oblique, il fallait dès lors qu’il calcule sa trajectoire pour éviter le plus possible de regarder en bas. Il était toujours nerveux, mais plus décidé que jamais à atteindre son but. Il se concentrait au maximum sur ses prises et sur Yumi, évitant absolument de penser à autre chose. Toutes ses mauvaises pensées étaient bannies de son esprit, au moins, pour un temps... Il soufflait longuement et restait souvent plus de 30 secondes sur une même prise pour aller chercher la suivante à tâtons. Il avait beau essayer de combattre ses vertiges, ils restaient malgré tout très forts, au point de l’empêcher de rechercher à l’avance ses prises, l’obligeant à improviser. Mais à ce stade, rien n’aurait pu l’arrêter, rien n’aurait pu entamer sa détermination. Sa peur était conséquente, mais elle ne faisait pas le poids face à la puissance de ses sentiments. C’était l’amour qui guidait ses pas.
La descente était lente, mais ses tâtonnements devenaient plus chanceux. Il voulait regarder en bas, voir si Yumi ne s’était pas réveillé, mais il ne devait surtout pas se déconcentrer maintenant. Il était à la moitié de son chemin, encore un peu, encore un peu de courage...
Soudain, alors qu’il posait son pied gauche sur une nouvelle prise, celle-ci grinça dès l’instant où le jeune homme l’effleura puis elle se détacha brusquement de la paroi pour être précipitée dans le vide ! Ulrich fut complètement déséquilibré et en lâcha la 2ème prise sous son pied droit, ne lui laissant plus pour s’accrocher à la vie que ses mains ! Par réflexe, son regard se tourna en direction de la Fosse obscure. Une boule se forma dans sa gorge jusqu’à presque couper sa respiration... Sa tête tournait, sa vue se troublait. Pendant une minute, il avait bien cru que son corps et son âme allaient être engloutis par l’abîme noire et profonde... C’est alors qu’une pensée lui revint en mémoire, fulgurante et irrésistible. Ce moment, le meilleur moment de sa jeune vie, lui, et Yumi, sur Lyoko. Cela avait était la toute première ébauche de leur amour, le tout 1er maillon de la chaîne qu’ils allaient former... Il ne pouvait, ce n’était plus possible de rester sur ce moment et regretter de n’avoir rien fait ensuite ! C’était cette idée qui effaça d’un seul coup toutes les peurs et tous les doutes de l’esprit d’Ulrich. C’était cette idée qui le poussa à détourner la tête du trou noir et à reprendre de nouveau appui contre la paroi ! Yumi n’était plus qu’à 10 mètres... Les derniers.
Ulrich ferma les yeux et enleva son pied droit de la dernière prise, il se décida à les rouvrir lorsqu’il sentit enfin le sol au dessous ! Il sauta sur la petite plate forme et se précipita vers le corps de la japonaise, toujours immobile. Il s’agenouilla à côté d’elle et souleva délicatement sa tête du sol. Son inquiétude qui était retombée pendant sa descente lui remonta tout à coup à la gorge lorsqu’il aperçut son visage : Il était crispé. Ses sourcils, ses yeux bougeaient nerveusement. Sa bouche décrivait à elle seule le malaise que tout son visage portait. C’était comme si elle était en proie à un cauchemar... Il rapprocha sa tête de la sienne et se mit à lui parler. Ses mots étaient doux, pénétrants, comme s’il voulait délicatement la tirer de son sommeil agité.
_ Yumi, je sais pas si tu m’entends, mais je sais maintenant ce que je ressens vraiment. Si c’était pas ce que je croyais, je sais pas si j’aurais eu le courage de descendre jusqu’à toi ! Ou alors j’aurais lâché prise... Yumi, je suis désolé d’avoir hésité si longtemps avant de te dire ce que j’ai à te dire, et aussi de te le dire dans un moment pareil. Je sais pas... Si toi tu ressens encore la même chose après tout le temps qu’on a passé à ce le cacher... Yumi...
Au fur et à mesure qu’il avançait dans ses mots, sa voix se faisait de plus en plus douce, jusqu’à devenir un murmure qui n’était plus porté que par la volonté d’Ulrich.
« Yumi, je suis désolé. Je t’aime ! »
Il effleura son visage et ses lèvres, mais il s’arrêta. Non, il ne devait pas faire ça, pas tant qu’elle ne serait pas en mesure d’accepter... ou de refuser. Il aurait voulu cesser de respirer, empêcher son propre cœur de battre le temps qu’il fallait. Cette attente, cet horrible suspens était déjà à la limite du supportable. Cependant, ce ne fut pas lui qui fit le 1er pas, celui qui allait tout commencer alors que tout semblait déjà fini. Sans qu’il le voie, une main fine se posa comme le souffle d’une petite brise sur sa nuque, frais, et pourtant doux. Cette main fit se rencontrer leur visage, dans un instant d’une douceur infinie. Au moment où leurs lèvres se rencontrèrent enfin, Ulrich sentit une 2ème main se glisser dans son cou. Cette sensation le fit frissonner, mais cela ne l’empêcha pas de savourer, comme un fruit jusqu’à présent défendu, ce baiser profond et passionné. Ils avaient tout deux attendu ce moment avec tant d’impatience que cela avait fini par devenir impensable. Aucun des deux n’osait ouvrir les yeux, de peur que ce merveilleux rêve se brise. Ils continuèrent ainsi à s’embrasser pendant de longues, de très longues minutes, comme s’ils voulaient rattraper ce qu’ils avaient manqué, toutes les occasions qu’ils n’avaient pas saisies et où il avaient préféré se défier l’un l’autre. C’était réel ! Derrière leurs paupières fermées défilaient toutes ces images, ces souvenirs gravés dans leur esprit qui les avaient marqués : Les regards, les sourires, les jalousies... Tout ce qu’ils avaient vécu ensemble leur revint en mémoire durant ce baiser, comme une vague déferlante sur la plage tranquille de leurs pensées.
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, ils continuèrent à se regarder tendrement dans le blanc des yeux. Ils auraient pu passer l’éternité à ne plus parler, car c’était devenu presque inutile.
Cependant, un bruit les ramena à la réalité, à cette Fosse d’où il fallait sortir... Ce bruit provenait d’en haut, une voix ! Une être humain !
_ Hé ho ! Y a quelqu’un !?
Il s’était durement réveillé, avec un mal de crâne comme il n’en a que les nuits à passer à écouter de la musique. Il n’avait vu personne, personne dans ce Dôme désolé, poussiéreux. C’est alors qu’il reçut une réponse, provenant du dernier endroit où il aurait pensé à chercher.
_ Hé ! On est ici, en bas ! cria Ulrich
Il avait reconnu la voix, c’était Odd ! Il aida Yumi à se relever avant qu’il ne les voie dans cette position assez compromettante.
Une silhouette mauve aux cheveux blonds et hérissés vint alors se pencher au bord de l’immense gouffre. Il avait du mal à y voir clair dans la demi obscurité grisâtre de la salle, mais il arriva à distinguer ses deux amis sur une petite plate forme, à près de 100 mètres en contrebas.
_ Comment vous êtes arrivé là, vous ? commença t il
_ On allait te poser la même question ! répondit Yumi
_ J’en sais rien, tout ce que je me rappelle, c’est la lumière blanche ! Et quand je vois l’état du Dôme, je me dis que c’était peut être le retour vers le passé !
_ Comment tu peux savoir ça ? fit Ulrich
_ J’en sais rien, en fait ! Mais ici, on dirait que la femme de ménage a été en grève pendant 20 ans !
En effet, en levant les yeux vers les passerelles, tout indiquait à Yumi et Ulrich qu’une énorme couche de poussière s’était déposée partout dans le Dôme... Mais alors, ce n’était peut être pas le passé, mais bien le futur... Cependant, Yumi estima que ce n’était pas la chose la plus importante pour le moment.
_ Odd, tu as vu les autres ?
_ Non, j’ai vu personne ! Mais je vais vous sortir de là, et on cherchera les autres après !
_ Nan, laisse tomber, cherche les autres, nous on peut attendre ! contesta Ulrich
_ Comptez pas là-dessus, je vais vous tirer de là !
Il disait cela sincèrement, mais en fait, il ignorait encore de quelle manière s’y prendre. Il s’éloigna légèrement, lorsqu’il aperçut à 10 mètres de lui, une sorte de treuil électrique, muni d’une grosse chaîne et d’un crochet de fer. Les deux autres l’observaient avec attention, la bouche grande ouverte, se demandant encore ce qu’il comptait faire. Le blondinet appuya sur un des bouton de la console de la machine, celle-ci grinça horriblement pendant quelques secondes, puis se mit en marche. Miracle ! Une chance qu’il semblait suffisamment rester de l’électricité dans cette salle pour faire fonctionner cet engin ! Un nouvel espoir gonfla le cœur de Odd, bien que ses deux amis ne paraissent pas convaincus.
_ Hé ! Qu’est ce que tu comptes faire ! cria Yumi. C’est trop loin pour nous !
_ Hé ! Faites moi un peu confiance ! Je sais ce que je fais !
La chaîne arriva en quelques minutes à hauteur de la plate forme, Odd l’arrêta à ce moment. Il s’approcha ensuite du bord, sous le regard toujours inquiet et curieux de ses deux amis, puis il prit la grande chaîne à pleines mains. Il eut un petit vertige lorsqu’il fit face, courbé en deux, au vide infini, mais il se reprit rapidement et déploya toute ses forces pour soulever la lourde chaîne. Il exécuta alors des mouvements souples de droite à gauche, lorsque la chaîne commença à se balancer, fendant l’air dans un bruit aigu.
« Alors là mon vieux Odd ! Chapeau pour ton idée ! » pensa Ulrich
Elle se balançait comme un pendule, les efforts du blondinet décuplant son amplitude. Ulrich se posta au bord de la plate forme et se préparait à réceptionner leur ascenseur de fortune. Derrière lui, Yumi n’était pas tranquille. Elle avait un mauvais pressentiment face à cette méthode risquée...
Lorsque la chaîne passa enfin à leur portée, Ulrich la saisit des deux mains. Yumi se précipita vers lui, enroula ses bras autour de sa taille pour le retenir d’être entraîné vers le vide par la lourde masse ! Ulrich fut si surpris que son visage devint écarlate en un instant. Mais tout comme Yumi, il réalisa qu’il se sentait incroyablement bien dans cette position, mais tous deux étaient frustrés, frustrés, car le moment n’était pas encore le bon. Non, pas encore...
La japonaise serra plus fortement Ulrich par la taille, celui-ci tourna légèrement la tête vers elle, alors qu’elle était dans le creux de son cou.
_ A trois, on saute ! Ok ?
Elle opina du chef en signe de réponse. Il sentit plus fortement la chaîne dans ses mains et se concentra. C’était peut être encore plus risqué que l’idée de descendre 50 mètres en escalade au dessus du vide...
_ Une... Deux... Trois !!

Dans l’infirmerie du bunker, ne régnait que le silence. Franz était affalé sur une chaise, ses lunettes rondes posées sur la table de chevet, juste à côté de la couchette où était allongée Aelita.
« Je suis tellement désolé » pensait Franz
Il avança sa main vers elle et lui effleura le front, couvert d’un linge chaud, du bout des doigts. Il regrettait, il regrettait tellement que tous ses plans pour offrir une vie meilleure à sa fille n’aient fait que la mettre dans cet état... Pourquoi est ce que c’est elle qui devait subir les frais de ses erreurs !? Pourquoi tout ce qu’il avait souhaité de bien pour elle et pour lui se retournait à présent contre elle !? Non, ce n’était pas juste ! Si quelqu’un devait payer quelque chose au destin, c’était lui, pas elle ! Elle n’avait rien fait, rien demandé, elle n’avait pas mérité ça...
La porte d’entrée s’ouvrit alors sur Jérémie. Franz pensa qu’il valait mieux interrompre ses gestes de tendresse. Le petit blond était encore remonté contre lui, il aurait peut être eu du mal à les interpréter bien... Son visage était las, triste. Il s’assit au bord de la couchette, la tête baissée, regardant le sol d’un air vague.
_ Personne, déclara t il, y a personne...
Depuis qu’Aelita avait était mise en sécurité, il était parti à la recherche de ses amis dans tout le bunker. De fond en comble... Il avait beau avoir fouillé les moindres recoins qu’il connaissait du bâtiment, il n’y avait aucune trace d’eux, plus aucune. Odd, Ulrich, Yumi, ils s’était volatilisés. Franz se releva alors de sa chaise et reprit ses lunettes, il s’apprêtait visiblement à quitter la pièce. Il passa près de Jérémie et lui posa une main sur l’épaule. Sans se retourner, il lui dit :
_ Je vais rechercher des infos sur les ordinateurs encore en état de marche. Toi, veilles sur Aelita !
Le jeune garçon releva la tête vers le scientifique, il lui lança un regard frisant le mépris. Il n’avait pas d’ordre à lui donner, surtout pas après ce qu’il s’était passé à cause de lui ! Mais il avait raison. Peut être que lui saurait, peut être qu’il pourrait découvrir ce qu’il s’était réellement passé, et surtout, où étaient ses amis. Mais... Le cœur de Jérémie restait empli d’une rancœur terrible envers lui, et lui-même qui avait librement décidé de l’aider. A cause de cela, il ne put s’empêcher de laisser échapper une parole cinglante. Peut être allait il regretté de l’avoir dit, mais il fallait de ça sorte.
_ Vous la laissez avec moi parce que vous vous estimez être un danger pour elle, c’est ça ?
L’homme s’arrêta net dans l’entrebâillement de la porte. Jérémie était soudain devenu méchant, pour le seul plaisir d’être méchant. Il ne le connaissait pas depuis longtemps, mais il savait que cela ne lui ressemblait pas... C’était peut être aussi de sa faute. Mais il était injuste ! Tout ça, il l’avait fait pour sa famille qu’il avait perdue ! Jérémie n’avait aucune idée de ce qu’il disait ! Il n’avait aucune idée de ce qu’il avait du subir, de toutes les souffrances morales qu’il avait du endurer pour en arriver là ! Pourtant, il ne disait rien. Il continuait de prendre sur lui, car quelque part, Jérémie avait raison : C’était à cause de ses erreurs, si tout cela était arrivé...
_ Elle sera plus en sécurité avec toi qu’avec moi...
Il ferma la porte et s’en alla dans le couloir. Jérémie sentit dans la voix de Franz une profonde mélancolie, un vrai pincement au cœur. Il le pensait toujours aussi responsable de toute cette histoire, mais à présent, il avait envie de le plaindre... Il avait paru toujours insensible, invulnérable à la moindre émotion, comme une forteresse qui restait imprenable sous les assauts répétés de l’ennemi. Maintenant que tout était fini, c’était comme si un voile venait de se lever, comme si tout ce qu’il avait gardé tout au fond de lui sortait, en cette seule phrase...
Tout à coup, il entendit comme un murmure à côté de lui, presque un ronronnement de chat : Aelita s’était réveillée !
Jérémie était aux anges. C’était le plus grand soulagement qu’il ait eu depuis le début de toute cette sombre histoire ! Il avait déjà imaginé tellement de fois dans sa tête qu’elle ne puisse pas se réveiller qu’il n’y croyait presque plus !
Il avait envie de lui sauter au cou, de l’embrasser, de la serrer dans ses bras comme jamais ! Mais il ne voulait pas la brusquer alors qu’elle émergeait à peine de son sommeil. Elle se redressa légèrement, sortant un peu de sa couverture, les yeux encore à moitié fermés.
_ Jér... Jérémie ?
Il lui prit délicatement la main pour la rassurer.
_ Oui, je suis là.
Elle ouvrit entièrement les yeux. Elle avait envie de sourire en voyant son amour, mais dans son esprit, ses questions étaient trop pressantes pour rester sans réponses.
_ Où... Où est ce qu’on est, où sont les autres ?
Sa main commençait à trembler. Il fallait qu’il la rassure, vite.
_ On est à l’infirmerie du bunker, Franz est parti... Retrouver les autres ! Ca va aller Aelita, ça va aller...
Elle se rallongea, mais ne lâcha pas la main de Jérémie. Elle semblait se calmer un peu, mais c’était surtout du à la présence de son amour qu’autre chose. Elle le regarda dans le blanc des yeux, elle avait encore une interrogation au bord des lèvres.
_ Qu’est ce qui s’est passé ? J’ai l’impression d’avoir fait un cauchemar !
« Toi aussi... » pensa Jérémie
« Je sais pas, la Compression Temporelle a ratée. »
_ Alors, c’est fini ?
_ Oui, c’est fini.
Ils se sourirent tendrement, comme s’ils avaient attendus désespérément la fin de cette petite conversation pour le faire. Plus rien d’autre n’existait à cet instant, rien qu’eux, et eux seuls.
_ Je t’aime, Jérémie.
_ Je t’aime aussi... Aelita.
Ils furent saisis d’un court et intense frisson, exactement comme la première fois où ils s’étaient déclarés leurs sentiments. La jeune fille tourna la tête sur le côté et dit :
_ J’ai soif. Tu peux me donner un verre d’eau ?
Le petit blond se leva de sa chaise, lâchant à contrecoeur la main d’Aelita. Il saisit une bouteille d’eau ainsi qu’un verre qui se trouvait sur le chevet et le rempli. Mais alors qu’il allait se retourner vers la couchette, Jérémie lâcha des mains le verre qu’il tenait. Il se fracassa au sol dans un bruit sourd. Une lumière blanche venait de débarquer dans la pièce, mais les deux adolescents n’eurent même pas le temps de réagir que l’étrange lumière les engloutit aussitôt. Tout n’était pas fini, pas encore...

Evitant de regarder en bas, Ulrich restait accroché à la chaîne et à Yumi, chacun un pied sur le grand crochet. Leur équilibre était fragile, et en fait, il avaient déjà eu de la chance de pouvoir sauter dessus et de s’y accrocher...
Odd commença à enclencher la marche arrière du treuil pour remonter ses amis, lentement ; très lentement. Les deux amoureux se serraient très fort l’un contre l’autre. Maintenant que le plus dur avait été fait, il fallait absolument éviter de rompre l’équilibre. Odd, lui avaient des sueurs froides à chaque mètre franchi. Il ne fallait qu’un simple bouton pour remonter le treuil, mais la machine semblait ne pas avoir servie depuis très longtemps... Il regardait avec anxiété ses deux amis venir vers lui. Pourvu que...
Tout à coup, le blondinet entendit un grincement à côté de lui : C’était le socle sur lequel était fixée la machine qui était en train de se détacher du sol ! Immédiatement, Odd se précipita sur le treuil pour essayer de le soulager d’un poids trop lourd à supporter ! Mais il savait bien qu’il n’était pas assez fort pour éviter l’inévitable ! Imprudemment, Ulrich leva la tête et se détacha légèrement de Yumi pour essayer de voir ce qu’il se passait... Mais c’est à ce moment que le treuil s’arrêta net. Le choc déséquilibra complètement Ulrich ! Son pied glissa son crochet et commença sa chute dans l’abyme sans fond... La main de Yumi effleura celle du jeune homme mais ne fut pas assez rapide pour la rattraper ! La japonaise n’eut même pas le temps de hurler qu’une autre catastrophe se produisit : la machine se détacha complètement de son socle malgré les efforts considérables de Odd pour le retarder ! Lui-même ne put en descendre à temps. Il fut entraîné dans la chute mortelle, avec ces deux amis...
Leur volonté de survivre à tous fut anéantie en quelques instants, comme si ça n’avait jamais été possible, comme si quelqu’un les avait puni d’avoir voulu s’opposer au destin. Les 3 adolescents virent arriver à la vitesse de l’éclair une lumière blanche. Qu’est ce que c’était ? C’était à peine s’ils eurent le temps de la voir. Dès l’instant où ils entrèrent en contact avec elle, tout s’effaça à nouveau...
Vie, espoir, mort et temps, plus rien n’existait...
Cette fois, ce n’était pas l’œuvre de la Compression Temporelle... C’était autre chose... Quelque chose de plus familier...
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Fan du thème musical de "Evil" William
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Initié

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Localisation: Sous la pluie...vive la Normandie^^

Message 18 Avr 2006, 13:22

vaan^^antechrist

ça fait plaisir !
peut être est-ce parce que j'ai lu ta fics à 2h du matin, mais que la tension est bien retombée, malgrés toutes les péripéties de nos héros.
néanmoins sa fait toujours plaisir d'avoir une suite.
j'espère juste que tu nous feras pas un coup du genre "la lumière blanche du retour vers le passé les ramenèrent avant tous ces évènements et tous est bien qui fini bien"...ça me ferait mal...

Tueur de Krabes

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Localisation: Bah tiens, devant mon écran, quelle question ! ...

Message 18 Avr 2006, 18:27

Sûr, la vague blanche les ramènera dans le passé, mais c'est encore loin d'être fini je pense... Rhah bon sang, mais alors qu'est-ce que t'attends Pesme ? La suiteuh ^^ .
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Sergent-chef des lyokauteurs

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Message 18 Avr 2006, 20:02

Voilà mon chapitre préféré. Tout y est, tout ton talent, et un peu plus. Tu nous surprends pas une finesse de la psychologie qui n'a pas de précédent dans toute tes fic. Le moment est dramatique et grave. Fini, pas fini ? Peu importe. Quoi qu'il vienne ensuite, ce sera ce qu'il faut. Aucune inquiétude à avoir. Tu n'as jamais été aussi maître de ton histoire, et de nous, par la même occasion, qui attendons, soumis à ta plume, le dénouement.
On pleure, on frémit, on tremble, on se résoud, on se résigne. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi n'est-ce qu'une fic ?
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Râleur de légende

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Localisation: En constante évolution

Message 25 Mai 2006, 19:11

Désolé de vous décevoir, mais ce n'est pas aujourd'hui qu'on me fera griller :twisted:
Voici la suite !



Chapitre XIV : Le Transcendant




Jérémie ouvrit les yeux sur un autre monde. Il se rendit tout de suite compte qu’il n’était plus dans l’infirmerie du bunker, son esprit embrumé ne pouvait cependant pas réfléchir pour l’instant... Il distinguait des formes bleutées, des formes blanches qui semblaient se mouvoir dans les airs. Un bruit léger mais incessant faisait bourdonner ses oreilles, comme un cœur qui bat, qui continue de battre... Il ne sentait plus rien, ni le contact sur sol, ni odeur, c’était à peine s’il avait l’impression de respirer, c’était à peine s’il sentait de l’air dans ses poumons.
Lorsqu’il commença vraiment à émerger de sa léthargie, il leva sa main du sol et le regarda attentivement : Elle était couverte d’une mitaine noire. Il essaya de bouger ses doigts, mais il ne sentait pas le contact du tissu sur sa peau. C’était comme si, cette mitaine faisait partie intégrante de lui-même...
_ Ca y est, il a bougé !
Soin visage ce crispa, cette voix aigue faisait écho dans sa tête et lui donner mal au crâne. Cette voix... Oui, il la connaissait. Elle provenait de juste au dessus de lui.
Il était allongé sur le côté, et dans un effort qui lui parut surhumain, il se retourna pour se mettre sur le dos. De sa vue encore troublée, il distingua vaguement un visage qui prit peu à peu forme. Des cheveux blonds, une mèche violette... C’était lui ! Et si lui était là, peut être que les autres y étaient aussi.
_ Hé Einstein, ça va, tu nous entends ?
Une autre voix qui venait d’à côté. En tournant la tête, Jérémie aperçut un autre visage connu. Un garçon, un bandana serré autour de la tête, habillé en samouraï. Aussitôt après, deux derniers visages, ceux de deux filles. L’une avait le teint blanc, coiffée avec un chignon, l’autre avait les oreilles pointues et des cheveux roses. Odd, Ulrich, Yumi et Aelita... Ils étaient tous là, mais ce n’était plus pareil qu’avant. Ce décor qu’il avait vaguement observé, les tenues de ses amis... C’était Lyoko, il n’y avait aucun doute !
Yumi et Odd aidèrent ensemble le petit génie à se remettre sur ses jambes, c’était à ce moment qu’il fut frappé par son apparence : Il était vêtu de la même manière qu’Aelita, sauf que c’était la couleur verte qui était la plus présente sur lui. Ses lunettes étaient absentes et l’on aurait dit que ses cheveux avaient subitement poussés d’un 10ène de centimètres.
_ C’est plus classe que la dernière où t’es venu sur Lyoko ! commenta Odd devant la stupéfaction de son ami
Lui n’en revenait toujours pas. Il scruta les alentours avec un air effaré, mais à part la petite plate forme translucide sur laquelle ils se trouvaient tous, il ne vit rien d’autre que le vide. Le vide numérique d’abord d’un bleu profond qui s’enfonçait ensuite vers le noir. Cet endroit était plus lugubre que tous les autres coins de Lyoko, quelque chose était en train de flotter dans l’air, comme un parfum d’effrois...
_ Qu’est ce qui...
_ S’est passé ? interrompit Ulrich. En fait, on en sait pas plus que toi !
_ Il y a eu une lumière blanche, continua Yumi, et l’on s’est retrouvés ici, avec vous deux.
Elle désigna du regard Aelita et Jérémie.
_ Nous aussi, fit ce dernier d’une petite voix, mais où est ce que vous étiez, pendant tout ce temps ?
_ A l’intérieur du Dôme, même qu’on a failli y laisser notre peau ! répondit Odd
_ Mais... Mais c’est impossible ! Franz, Aelita et moi on y était pas et je vous ai pas vus !
_ Alors ça surement pas, Einstein ! rétorqua Odd. Moi j’étais au bord du grand trou tout le temps et je vous aurais vu si vous y étiez !
_ Mais comment c’est possible... Et d’ailleurs, où est Franz ?
_ On, on ne sait pas... murmura Aelita
Le visage d’abord impassible de la jeune fille se déforma par une expression de tristesse. Le prénom de son père faisait écho dans son esprit depuis qu’elle était arrivée ici. Eux avaient été emmenés sur Lyoko, mais pas lui. Pourtant il devait être quelque part ! C’était inacceptable pour Aelita d’admettre qu’il avait tout simplement disparut sans laisser de traces ! Il était vivant, ça elle n’en doutait pas un seul instant ! Sa mère d’abord, ensuite son père... Elle ne pourrait jamais l’accepter...
C’est alors qu’arriva au milieu de la plate forme, comme un éclair, un intense jet de lumière blanche. Tous s’écartèrent sur les côté et se préparaient déjà à l’attaque ! Jérémie ouvrit la main, un bâton long et lumineux se matérialisa, prêt à se lancer à l’assaut contre ce qui pouvait arriver. La lumière venant du haut se comportait étrangement. Elle commença à décrire une forme qui se précisa : Elle rétrécissait, elle se courbait comme si elle était en train de façonner un être à elle seule. Odd essaya de s’approcher, mais une force invisible le retenait sur place. Elle lumière se transforma alors en d’innombrables pixels virtuels qui prirent rapidement forme. Cela ressemblait à un être humain, drapé d’un très long vêtement, une aube noire comme la nuit. On ne voyait pas la tête de cette chose, car elle était recouverte par une large et longue capuche. On avait même l’impression que cette chose inquiétante n’avait aucun visage, simplement, quelques éclats de lumière étaient visible au fond de cette capuche qui semblait en fait abriter un abime... Une créature qui ne suscitait pourtant par autre chose chez nos amis, malgré son apparence fantomatique, que de la surprise. Cet être ne leur était pas inconnu, il avait beau avoir revêtu déjà un tas d’autres visages, sur Terre et sur Lyoko, la malveillance qui émanait de lui telle une puanteur ne trompait personne : XANA !
Nos mais ne quittèrent pas leur position de combat, quand une voix tout droit sortie des ténèbres, rauque et caverneuse, parvint à leur esprit :
_ Bonjour... Vous êtes tous enfin là....
Tous restèrent sur place, figés comme des statues, sauf Ulrich. Il fit un pas en avant, sabre à la main, et interpella les autres. C’était comme ci, rien qu’en entendant cette voix, il s’était rendu compte de quelque chose, dont il avait d’ailleurs l’air déçu...
_ Ca sert à rien, c’est juste une illusion ! XANA prendrait jamais le risque de se faire attaquer directement !
Ses amis baissèrent alors leurs armes, celle de Jérémie disparut dès qu’il n’en eu plus l’utilité. C’était comme s’ils venaient tous d’interpréter l’intervention d’Ulrich comme un ordre.
_ Je n’ai pas besoin de vous mettrons ma véritable forme. Même si je l’avais fait, il n’aurait pas été judicieux de me détruire.
Yumi avait l’air plus songeur que ses autres amis. Depuis qu’elle avait débarqué ici avec Odd et Ulrich, une étrange impression ne la quittait pas. A présent que XANA avait, semblait il, insinué quelque chose, il lui fallait une réponse.
_ Comment vous avez fait pour nous virtualiser depuis la Terre sans scanner ? Pourquoi vous nous avez amené ici ?
XANA releva son visage sans fond vers la japonaise, comme par étonnement.
_ La Terre ? Mais, elle n’existe plus.
Un cri conjugué de tous nos amis ébranla alors l’ambiance lugubre de cet endroit. Un cri incrédule et pourtant très fort, à la suite duquel tous furent pétrifiés d’effroi. La Terre... anéantie ?! Non, impossible ! Après tout ce qu’ils avaient enduré, après toutes ces souffrances morales et physiques qu’ils avaient subis, ils auraient fait tout ça pour rien ?! Pour en arriver au néant ! Tout ce qu’ils avaient vécus sur Terre ne signifiait à présent plus rien ?! Leur visage se crispa, comme pour pleurer de rage, mais c’était impossible sur Lyoko... Ulrich décida soudain de manifester la sienne autrement !
_ Le croyez pas ! Il nous tend encore un piège foireux !
Sans attendre plus longtemps, il pointa son sabre vers l’avant et piqua un Super Sprint droit vers XANA pour le détruire une fois pour toute ! Seulement, les coups qu’il lui portait ne faisaient que fendre pendant un court instant l’image de la créature qui se reformait aussitôt ! Chaque coup qu’il ratait ne faisait qu’augmenter sa colère ! Il fulminait, il bouillonnait d’une rage qu’il ne pouvait apaiser, tandis que derrière lui, Aelita, Jérémie et Odd étaient abattus... Le samouraï continuait désespérément de fendre le vide de son sabre, lorsque Yumi vint l’entourer par la taille pour l’arrêter ! Elle remonta rapidement ses mains et saisit le samouraï par le dessous des bras pour l’empêcher de porter un autre coup inutile.
_ Arrête Ulrich, tu vois bien que ça sert à rien !
_ Laisse moi ! Je vais finir par l’avoir ! Ce monstre a détruit tout ce qu’on avait ! Je le veux, il est à moi !
_ Ulrich, on peut plus rien faire ! Arrête ! Je t’en supplie, arrête !
La voix tremblotante de la japonaise eut un effet radical sur Ulrich. Il serra les dents, plissa les yeux très fortement, puis il cessa de se débattre. Yumi se serra contre lui pour tenter de se rassurer, de ce dire que XANA mentait, mais tout comme ses mais le pendait, tout porte à croire qu’il avait raison... Le Compression Temporelle, cette séparation étrange d’avec ses compagnons, cette lumière blanche comme un retour vers le passé. Alors c’était comme ça que cela devait se terminer ? Leur mission était finie, plus rien, ni plus personne à sauver, plus rien à espérer. XANA recommença à parler, tout le monde était trop abattu pour l’interrompre.
_ Votre planète, la réalité dans son intégrité n’existe plus tels qu’elles ont été. Mais, il n’est pas impossible de les retrouver, pas impossible de recréer la structure de votre univers.
Seul Jérémie releva la tête vers lui, il paraissait être le seul à l’avoir écouté. Pourtant, il était toujours enfermé dans le même monde de silence que les autres.
_ La Compression Temporelle n’est pas terminée, poursuivit XANA, elle va entrer dans sa 3ème phase. C’est après cela que plus rien ne pourra être fait.
Le petit blond n’avait pas envie de parler, aucun d’entre eux n’osait penser après ce choc si soudain qu’il y avait encore la moindre raison d’espérer quelque chose pour retrouver ce qu’ils avaient perdus. Ils s’interdisaient tous d’y penser, le cœur gros, et la rage leur cisaillant la poitrine malgré leur état virtuel. Le seul qui parlait encore d’espoir, ou du moins ce qui leur paraissait être de l’espoir, c’était leur pire ennemi, le mal incarné... Celui qui était le 1er à trahir le peu de confiance que l’on pouvait placer en lui, dès qu’il n’y trouvait plus son intérêt. Et pourtant... pourtant...
_ Qu’est ce qu’on pourrait faire, de toute façon... Qu’est ce qu’on pourrait encore faire... souffla Jérémie.
Comme s’il fut enfin satisfait d’entendre une réponse, les éclats de lumière qui brillaient en fond de la capuche de la créature gagnèrent en intensité.
_ Il existe une ultime solution. Il faut anéantir la source de la Compression Temporelle à sa base... Détruire le cœur de la Compression temporelle avant qu’elle n’entre dans sa phase finale.
Jérémie se releva d’un bond, les regards de ses amis se dirigèrent tout à coup vers XANA au même instant, comme si une infime étincelle d’espoir se mettait soudain à briller sur leur visage ! Mais ils étaient toujours incrédules. Ce que disait XANA était impossible à réaliser à leurs yeux !
_ C’est complètement dingue... Comment on pourrait détruire une chose qu’on ne peut même pas toucher, qu’on peut même pas voir, et qui est assez puissante pour détruire l’univers entier ?! vociféra Yumi
_ Pauvres humains, vous ne savez décidemment rien.
Odd s’avança alors face à de XANA.
_ Si on comprend rien, alors explique toi, toi qu’est si malin ! dit il d’un air méprisant
Il y eut une minute de silence, au bout de laquelle la créature fit solennellement un quart de tour sur le côté.
_ La Compression Temporelle se divise en 3 phases. La 1ère en était la préparation. Celle là, n’a pas d’importance... La 2ème a été la mise en place de la Compression. Lors de la fin de la première phase, j’ai pu faire fusionner une partie de ma base de données virtuelle avec la Compression Temporelle. C’est ainsi que je vous ai retrouvés au même endroit : Le bunker, mais à deux époques différentes, avant qu’elles ne fusionnent à leur tour.
_ Alors c’est pour ça qu’on était au même endroit et qu’on a pas pu se voir... dit Yumi, regardant Aelita d’un air septique
_ Je suis pas sûr de bien comprendre, fit Jérémie. Pourquoi la Compression Temporelle s’est comportée comme ça, alors qu’elle devait simplement servir à retourner dans le passé ? Les machines de Franz étaient parfaitement bien réglées pour contenir sa puissance !
_ Vous ne savez rien. Le Dôme n’a jamais été créé pour contenir la puissance de la Compression Temporelle, car il n’a jamais été question de la créer... Mais de l’APPELER.
_ « Appeler » la Compression Temporelle ? Qu’est ce que ça veut dire ?
_ Ce que vous, humains, appelez « Compression Temporelle », n’est qu’une nébuleuse invisible. Sans un cerveau, quelque chose d’une puissance phénoménale pour en avoir le contrôle, elle n’existerait pas. Ce cerveau, est un être vivant, conscient, intelligent... Dans le Projet sur lequel IL a travaillé, cet être était appelé : Le Transcendant.

Nos amis restèrent hébétés, paralysés de stupéfaction face à la révélation que venait de leur faire XANA. Ce qu’ils avaient tentés d’arrêté jusqu’à présent, était en fait un être vivant, qui agissait par lui-même. Un seul être qui était capable de plier l’ensemble de l’espace temps à sa volonté... Comment auraient ils pu imaginer qu’un tel être dans l’univers puisse exister, et que personne, quasiment personne n’en avait jamais entendu parler auparavant ? Et à présent qu’ils avaient appris son existence, comment était il possible de penser à détruire une telle puissance, ne serait ce qu’y penser... XANA reprit alors la parole.
_ Cet endroit dans lequel nous nous trouvons n’est pas Lyoko, mais une reconstitution que j’ai créée, avant que le Transcendant n’entame la dernière phase de la compression.
_ Attendez ! fit Ulrich. Si ce machin absorbe l’espace et le temps, ça veut dire qu’on est à l’intérieur ?
XANA passa à nouveau dans le monde du silence. Etrange, d’ordinaire, les adolescents pouvait toujours à peu près prévoir ce qu’allait faire XANA. Mais cette fois, il n’en était rien. Sous cette apparence, il était comme impénétrable, fermée à toute pensée extérieure. Même si ce n’était pas là sa vrai forme, nos amis savaient qu’il était différent... Non, pas différent ! Plus puissant qu’avant, peut être même, beaucoup plus puissant...
_ Non, reprit-il, c’est LUI qui est à l’intérieur ce monde que j’ai créé. Je vous l’ai dit : Lyoko et le Transcendant ne font plus qu’un, j’ai alors retardé le lancement de sa dernière phase, il cherche à présent à sortir de ce monde pour la réaliser...
_ Alors c’est pour ça que tu nous as fait venir, fit Odd sur un ton méprisant, tu veux qu’on détruise le Transcendant à ta place !
_ Je ne vous oblige à rien, rétorqua XANA, mais s’il venait à être détruit, l’espace temps serait à nouveau décompressé. Votre univers, et le mien, redeviendrait comme il l’a toujours été... Ou ne redeviendrait pas.
_ Comment « ne redeviendrait pas » ? fit Ulrich
_ Il y a un risque...
Tous se tournèrent alors vers Aelita. Elle était restée muette pendant un long moment, lorsqu’elle décida soudain de répondre.
« La décompression du temps peut entraîner carrément la destruction totale de l’univers... Mais... En fait, c’est tout ce qu’il nous reste à faire... »
_ C’est vrai, poursuivit Ulrich, on a peut être une chance sur un milliard d’y arriver, mais qu’on ne fasse rien ne pourra que conduire à la destruction...
Tout le groupe se retourna vers XANA, d’un air déterminé, lorsque celui reprit de nouveau la parole.
_ Je ne peux détruire la Compression Temporelle moi-même, je dois veiller à ce qu’elle ne puisse par sortir de ce monde, le temps qu’elle soit anéantie... Il n’appartient qu’à vous de savoir ce que vous désirez faire.
Toutes les pensées du groupe se rassemblèrent en une seule : Ce n’était pas seulement le sort d’une ville, du monde... Mais de celui de l’univers tout entier qui reposait à présent sur leurs épaules. C’était un combat fou, un combat qui n’aurait jamais du exister qui n’allait pas tarder à se dérouler, dans un lieu qui n’existe même pas, et contre un adversaire dont la puissance était si incommensurable qu’elle ne pouvait être mesurée...
Aelita eu à ce moment une pensée pour son père, pour l’instant porté disparu. Elle se rendait compte de ce qu’il avait provoqué, de ce qu’il avait fait en invoquant le Transcendant... Mais elle l’aimait toujours, et elle continuerait à l’aimer quoi qu’il puisse faire, car il était sa famille à lui tout seul ! Tout ce qu’il avait fait, il l’avait fait pour elle, pour qu’elle soit heureuse. S’il y avait eu un moyen de le revoir, il fallait anéantir le Transcendant, elle n’abandonnerait pas !
La décision de tous était déjà prise, la même détermination brûlait dans chaque regard, tel une flamme qu’aucune rivière, qu’aucun océan ne saurait éteindre, là où auparavant il ne régnait que la rage et le désespoir. Ulrich fit quelques pas vers XANA, il parla au nom de tout le monde.
_ Où est le Transcendant ?
_ Je vais vous y transporter, fit simplement la créature encapuchonnée
Une fenêtre virtuelle apparut alors à côté de lui. De ses mains à moitié cachée par sa longue aube noire, il tapa lentement quelques commandes sur le clavier translucide qui lui faisait face. Un cercle lumineux vint se former autour des adolescents, des 10ènes de matrices surgirent du sol et se mirent à tournoyer autour d’eux. Une dernière parole de XANA leur parvint :
_ N’échouez pas.
Les Lyokoguerriers furent précipités dans un couloir cylindrique qu’ils traversèrent à toute vitesse. Ils furent ballottés dans tous les sens, ne distinguant plus aucune direction, tandis qu’ils s’enfonçaient à une vitesse phénoménale dans les profondeurs les plus insondables de ce monde virtuel... le trajet était long, long et pourtant si tortueux qu’ils n’eurent quasiment pas le temps d’apercevoir la sortie qui leur arriva comme une bombe...
Lorsqu’ils furent enfin arrêtés, ils se retrouvèrent dans une très vaste salle, illuminé d’un bleu sombre. Exactement comme dans le 5ème Territoire... Aussi mystérieux et inquiétant. Cependant, il y avait quelque chose d’étrange en plus, dans cette salle : Depuis les hauteurs où les Lyokoguerriers avaient atterris, ils dominaient l’ensemble du terrain... Ils n’y voyaient personne !
Ulrich, Yumi et Odd descendirent en contrebas par quelques bonds acrobatiques, tandis qu’Aelita et Jérémie durent mutuellement s’aider pour ne pas tomber. Arrivé à destination, Ulrich se détacha du groupe et commença à scruter les environs, la main sur le pommeau de son sabre. Les hauteurs qu’ils venaient de quitter étaient construites tel un grand escalier, composés d’énormes blocs blancs. A perte de vue s’étendait un sol bleu, parfaitement lisse. Lorsqu’il avançait, ses pas résonnaient de la même manière qu’en haute montagne dans un silence pesant... Ce gigantesque endroit était bel et bien vide. Odd était dubitatif.
_ Où il s’est planqué le méga monstre qu’on est supposé combattre ?
_ XANA se serait fichu de nous ? fit Yumi
_ Ca m’étonnerait pas de lui ! renchérit Ulrich, le regard en l’air. Pourquoi on lui a fait confiance !!
Jérémie, quant à lui, essayait de trouver une explication rationnelle, puis il se tourna vers Aelita : Elle était courbée, le visage crispée, le bout des doigts appuyés sur ses tempes ! Elle souffrait ! Jérémie, Odd et Yumi se précipitèrent vers elle pour voir ce qu’elle avait.
_ Aelita, qu’est ce que tu as !? s’inquiéta cette dernière
_ Je sens, je sens quelque chose... C’est tout près !
Ulrich qui avait aperçut le petit attroupement se précipita à son tour.
_ Le Transcendant, c’est ça ? Il est là ? demanda t il vigoureusement
_ C’est là... C’est tellement fort... J’ai l’impression que c’est partout !
Par réflexe, Odd regarda tout autour de lui. Il observa pendant une minute le moindre signe d’activité qu’il pouvait repérer, mais il n’y avait toujours personne en vue. Personne, ni rien.
_ T’es sûre de ce que tu dis Aelita ? Je vois rien !
La douleur de la jeune fille semblait s’accentuer à chaque seconde qui passait. Elle était bientôt à genoux, comme écrasé par une force invisible.
_ C’est partout... C’est partout !
_ Aelita !!Elle ne pouvait plus supporter la douleur, elle venait de s’évanouir, devant les regards inquiets et médusés de ses amis. Partout... Qu’avait elle voulu dire ?
Soudain, un grondement sourd se fit entendre, comme un très long grincement. Tandis que les autre s continuaient à veiller sur Aelita, Yumi se leva et se dirigea vers le grand mur derrière eux, là d’où semblait provenir ce bruit. Elle colla son oreille sur la surface lisse lorsqu’un autre long grincement lui parvint... Elle sentit le mur vibrer sur son oreille et sur ses doigts, comme si une chose venait de derrière, mais qu’il était impossible de savoir ce que c’était... C’est alors qu’une partie du mur se mit à onduler, comme s’il était fait de gélatine. Yumi s’en repoussa immédiatement d’un bond avec une grimace de dégoût. Ulrich releva soudain la tête vers elle tandis qu’elle sortait ses éventails de combat.
_ Qu’est ce qui se passe ? demanda t il
_ Le mur... Il bouge !
La surface auparavant immaculée continuait à se convulser dans un bruit horrible jusqu’à ce qu’il s’arrête aussi soudainement qu’il avait commencé. Saisie par la stupeur, Yumi voulut se rapprocher à nouveau de la structure pour vérifier si elle était bien redevenue solide. Mais au moment où elle allait la toucher du bout des doigts...
_ Attention !
Le samouraï plongea littéralement sur Yumi pour éviter le pire : Du mur venait de sortir une espèce de bras gluant qui avait tenté d’envelopper la japonaise par surprise ! Cependant, les Lyokoguerriers n’eurent pas le temps de se relever que le horrible membre s’allongea jusqu’à eux pour les saisir ! Il fut stoppé de justesse par Odd qui vida presque toutes ses flèches laser sur la créature visqueuse ! Yumi et Ulrich se remirent sur leurs pieds le plus rapidement possible pour échapper à ce monstre. Une fois hors de portée, la chose s’enfonça à nouveau dans le mur, comme si elle n’en était jamais sortie.
_ Qu’est ce que c’était que ça ? s’écria Jérémie
_ Je crois que je commence à comprendre... dit Ulrich, sans répondre. Jérémie ! Récupère Aelita et on fonce, il faut qu’on s’éloigne des murs !
Odd essaya de savoir ce que son ami avait derrière la tête.
_ Ben quand même, vieux, tu pourrais...
_ Pas le temps d’attendre, on fonce !
Sans chercher à se retourner, Ulrich piqua un Super Sprint droit devant lui, espérant que ses amis auraient le réflexe de le suivre, ce qu’ils firent aussi rapidement que possible. Jérémie prit Aelita dans ses bras et fut talonné par Odd et Yumi. Une fois qu’ils eurent rejoint le samouraï, les échos de leurs pas se dissipèrent dans l’air, l’ambiance retomba alors dans le silence le plus absolu... Rien, plus un bruit ne parvenait aux oreilles des Lyokoguerriers. Ils regardaient nerveusement autours d’eux, comme pour guetter le moindre signe de vie. Il n’y avait qu’Ulrich qui restait stoïque, en position de garde. Cependant, au bout d’une minute de silence, rien n’avait bougé ; Odd se demandait pourquoi son ami avait été si pressé.
_ Dis, pourquoi tu nous as fait courir ? demanda t il. C’était pas la peine de nous éloigner autant des murs !
_ Si... J’ai compris pourquoi il n’y rien ici...
Il ne relâchait pas son attention. Son regard restait fixé droit devant lui, comme s’il faisait face à un ennemi invisible qui le défiait du regard.
_ XANA nous a envoyé dans un piège ? fit Yumi
_ Non, je crois même qu’il nous a envoyé exactement là où il fallait...
_ Tu veux pas dire que...
_ Si ! On est pas face au Transcendant... On est à l’INTERIEUR du Transcendant !
A ces mots, la salle entière se mit à vibrer, puis à trembler, de plus en plus fort, déséquilibrant les Lyokoguerriers par surprise. On aurait dit que le Transcendant lui-même les avait entendus... La paisible couleur bleu du sol laissa peu à peu place à un rouge vif qui se rependit absolument partout, ainsi que sur les murs, telle une mer de sang qui avait subitement inondée tout cet endroit ! Les tremblements gagnèrent en intensité au point que nos amis crurent que le plafond entier allait leur tomber sur la tête ! Aelita se réveilla en sursaut à force d’être secouée et constata avec effroi le changement soudain de décor. L’atmosphère se fit plus pesante à mesure que les tremblements se calmaient... Alors que les autres se pensaient sauvés, Yumi restait pensive. Ceci ne devait être qu’un coup de semonce ; le Transcendant n’allait surement pas se montrer à eux avant que...
Tout à coup, une secousse plus forte que toutes les autres réunies éclata alors que nos amis eurent à peine le temps de se remettre des précédentes. Chacun pouvait sentir dans leur poitrine leur propre cœur battre au milieu de ce carnage, aucun n’aurait voulu l’admettre, mais ils avaient peur, vraiment peur... Un cri sortit de la bouche d’Aelita, elle pointa son doigt.
_ Regardez ! Les murs !
Ulrich et Odd regardèrent à leur droite, Jérémie et Yumi à leur gauche, mais les quatre virent la même chose de leur côté. Une chose qui ne leur inspirait qu’un avenir des plus funestes : Les grands murs de la salle commencèrent à se rapprocher l’un de l’autre !
A ce moment, aucun d’entre eux ne chercha à réfléchir, aucun ne se dit un seul instant qu’il n’aurait jamais assez de force pour arrêter le désastre tout proche... Ils se précipitèrent vers les murs, Ulrich et Odd ensemble, Yumi, Aelita et Jérémie de l’autre côté. Chacun déploya toute sa puissance à essayer de repousser la salle toute entière qui se refermait sur eux ! Mais les pieds glissaient sous cette force démentielle ! Ils avaient beau faire tout ce qu’ils pouvaient, donner tout ce qu’ils avaient à donner, la menace mortelle n’en était même pas ralentie !
_ Ca sert à rien, on y arrive pas ! cria Jérémie
_ C’est le moment d’avoir une idée de génie, Einstein ! hurla Odd
Les murs progressaient de plus en plus rapidement et n’étaient à présent qu’à une 10ène de distance l’un de l’autre... Aelita cessa de pousser et revint très vite au centre de la salle sans rien dire, puis elle se mit à genoux. C’est alors qu’un magnifique chant de sirène se fit entendre, engloutissant littéralement le terrible grincement des murs qui allait bientôt se rencontrer...
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Fan du thème musical de "Evil" William

Message 30 Mai 2006, 20:42

(Je savais bien que si je ne passais pas bientôt, j'allais rater des trucs ^^)

Cette histoire est... Transcendante, oui, c'est le mot ! L'histoire est si riche en rebondissements... Bon sang, il me tarde de lire la suite.
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