Le Royaume du Mal

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Futur Lyokophile

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Message 14 Juin 2014, 19:35

Le Royaume du Mal

Et oui, je suis de retour !
Après plusieurs mois d'absences, je reviens sur le forum avec plein d'idées dans la tête dont la fanfic que je vous présente aujourd'hui :-D

Attention !! Cette fanfiction comporte des éléments qui pourraient choquer les plus jeunes avec notamment des allusions sexuelles, une relation Yuri et des scènes de violence

Cette fanfic ou plutôt cette "fresque" comme j'aime la surnommer, raconte la vie de nos héros dix-quinze après la fin de Code Lyoko (Laura ne sera donc pas présente dans cette fanfic).

Et on commence tout de suite avec le premier chapitre !!

Chapitre 1 : Le futur des héros

Paris, 2 novembre 2013 à 4h15

Jérémie regardait par la fenêtre de son luxueux appartement situé dans le XVème Arrondissement, en face du désormais abandonné collège Kadic.
L'ex-génie se souvint d'un seul coup de sa vieille bande d'amis, des bons souvenirs qu'il avait tenté d'oublier depuis...depuis...
Il secoua la tête et se dit intérieurement « Non, je ne dois plus y repenser, j'avais promis d'oublier, je me suis promis d'oublier...et je ne regrette rien » tout en détournant les yeux pour voir les restes de la vieille usine où tout avait débuté.
A l'époque, c'était un héros, aujourd'hui il était juste devenu un citoyen presque ordinaire et ça l'exaspérait profondément.
Il soupira et dit à voix haute :
- J'aurai voulu que ça continue notre amitié, mais...il a fallu que ça arrive...pourquoi c'est arrivé à nous, à moi...à elle ?

Soudain, un léger toussotement se fit entendre derrière l'ex-génie, qui se retourna brusquement et vit un homme élégant en costard-cravates avec un plateau d'argent à la main lui dire :
- Monsieur, vos invités sont là et désire parler avec vous.
- Merci Gilles, faîtes-les entrer, je vous prie ! Dit Jérémie en souriant
Gilles hocha la tête et se détourna souplement pour se diriger vers l'entrée. Jérémie le regarda partir tout en se disant intérieurement « Gilles est vraiment un excellent majordome, à l'affût, discret et...très habile ».
A cette pensée, l'ex-génie sourit de plus belle et se détourna pour se poser derrière son bureau, prendre la tasse de café chaude déposée par Gilles avant que Jérémie ne le remarque et attendre imperturbablement la venue du majordome et ses invités.

Quelques minutes plus tard, l'immense porte du bureau s'ouvrit et laissa entrer le majordome accompagné de trois hommes que Jérémie regardait d'un air tranquille.
Il regarda Gilles pendant une petite seconde avant de se tourner vers ses invités et leur dire :
- Asseyez-vous, mes chers amis ! Je vous attendais !
Les trois hommes s'assirent et le chef du groupe demanda d'une voix rauque tout en fixant le majordome :
- On aimerait vous parler en privé, Mr Liebermann !
- Gilles est au courant et il est parfaitement digne de confiance, Robert, dit Jérémie d'un ton tranquille tout en souriant intérieurement en entendant Robert dire le nom de sa mère, qu'il a repris suite à l'épisode...
Le génie secoua brutalement la tête en se disant « Arrête de penser à ça », ce qui fit sursauter Robert qui demanda :
- Vous allez bien ?
- Ne vous inquiétez pas, ce n'est rien ! Dit l'ex-génie en se ressaisissant rapidement.
Robert le regarda avec désappointement pendant quelques secondes avant de commencer :
- Bon, moi et mes hommes sommes venus vous proposer nos services.
Jérémie le regarda avec étonnement pendant quelques secondes avant de demander d'un ton surpris :
- Vos services ? Vous voulez bosser pour moi ?
L'homme assis à gauche de Robert répondit :
- Nous avons appris que vous manquiez d'hommes pour faire des gros coups et nous nous sommes dits que vous auriez besoin d'un coup de main.
- Vous n'étiez pas dans la bande à Berlucci vous ? Demanda Jérémie avec un ton suspicieux
L'homme affirma les propos de l'ex-génie d'un signe positif de la tête et dit :
- Je m'appelle Fabio, je suis un ex lieutenant de Berlucci.

Jérémie sursauta violemment et demanda :
- Fabio ? Fabio Paluchio ?
- Oui, c'est moi mais pourquoi mon nom vous intéresse tant ? Demanda l'Italien soupçonneux
- Pour...Pour rien, balbutia Jérémie qui regarda Gilles avec un regard implorant, ce que le majordome comprit très bien.
Gilles se tourna vers le troisième homme qui est silencieux depuis le début de la conversation et demanda :
- Et vous qui êtes-vous ?
Le troisième homme resta silencieux pendant une dizaine de secondes, comme s'il cherchait ses mots avant de dire d'une voix fatiguée :
- Je m'appelle Rufus, Rufus Lordwall et...
- Vous êtes le frère du comte anglais Lordwall ? Le coupa Jérémie qui regardait Rufus avec une insistance accrue
Rufus acquiesça d'un signe de la tête et Jérémie se mit à sourire avant de se tourner vers Gilles pour lui faire un signe discret de la tête.

Le majordome se déporta souplement derrière les trois hommes pendant que Jérémie commençait à parler :
- Alors, tout d'abord, je précise que je suis le cerveau, c'est moi qui monterait les coups et c'est vous qui les effectuerez en compagnie de mes autres hommes pigé ?
Robert fit une petite moue mais Jérémie n'y fit pas attention et continua :
- Ensuite, j'exige de vous une fidélité absolue, aucune tentative pour partir vers un autre gang ni quoi que ce soit dans ce genre la !
Jérémie prit une cigarette dans le tiroir du bureau, la mit à la bouche et continua :
- Enfin, je tiens à dire que, étant donné que j'ai une intelligence supérieure à la moyenne et que j'ai plusieurs années d'expérience à mon actif, je sais reconnaître les gens qui portent des micros et je sais pertinemment quoi faire dans ce genre de situation...

Le machiavélique génie sortit un briquet, se détourna et regarda par la fenêtre. Il alluma la cigarette et la fuma tranquillement sans entendre l'unique détonation étouffée par le silencieux de Gilles.
Jérémie se retourna pour voir le cadavre de Robert allongé face contre terre avec l'impact de la balle ancré dans sa nuque, Gilles qui rangea son silencieux dans son veston sans manifester la moindre émotion et les deux autres gangsters qui regardaient le majordome et son maître avec fascination et crainte en même temps.
Jérémie se leva tranquillement, s'avança vers Fabio et Rufus et leur dit sans regarder Gilles transporter le cadavre de Robert :
- Bienvenue, mes chers amis, dans l'Antre de Carthage !


Tokyo, 2 novembre 2013 à 5h30 (heure française)

Yumi mangeait tranquillement dans le salon de sa maison à Tokyo. Elle était repartie au Japon juste après la fin du lycée, la fin de sa vie d’héroïne.
La jeune japonaise soupira en repensant à cette période de sa vie où elle avait cru trouver des amis en lesquels elle pouvait avoir confiance...jusqu'à cette fameuse journée...
Yumi secoua la tête et se dit intérieurement « Non, cette période de ma vie est derrière moi et je ne dois pas y repenser un point c'est tout ! » puis elle regarda sa main pour y voir sa bague de mariage.
La japonaise se mit à sourire en repensant au jour fabuleux de son mariage, un petit mariage secret aux Pays-Bas mais surtout à la nuit de noces, une nuit magique qui était restée dans sa mémoire...
Toutefois, la jeune femme repensa au fait qu'aucun de ses amis n'étaient présents ce jour-la tout en se disant « En même temps, ils n'auraient pas voulu, après tout même mes parents et Hiroki ne voulaient pas venir....bizarrement, je les comprends un peu »

La jeune femme continua de manger seule avec un air morose plaquée sur le visage et de sombres pensées dans la tête quand la porte d'entrée claqua et qu'une petite fusée se jeta dans ses bras en hurlant :
- Maman, maman ! Maman est là !
Yumi esquissa un sourire et serra sa fille dans ses bras en disant :
- Oui trésor, maman est là ne t'inquiète pas.
Soudain, une voix retentit de l'entrée de la maison :
- Akiko, tu peux aller jouer ailleurs s'il te plaît ? Je dois parler à ta mère !
- Ok ! S'écria Akiko avant que Yumi ne la dépose par terre et qu'elle parte en courant vers le grand jardin situé derrière la propriété.
Yumi regarda avec un grand sourire sa fille partir puis elle se tourna vers la femme qui venait de rentrer, se leva, se dirigea vers elle et l'embrassa passionnément.
La femme sourit, prit Yumi par la taille et lui rendit son baiser, ce qui la fit frémir.

Yumi n'avait jamais envisagée le fait d'être lesbienne au collège-lycée, elle pensait dure comme fer être amoureuse d'Ulrich mais, une fois arrivée à la Fac, elle avait commencée à un peu...douter de ses sentiments jusqu'au jour où elle a rencontrée Rebecca, celle qui est devenue sa femme.
Elle s'en souvient comme si c'était hier : la rencontre dans les couloirs de la Fac de Tokyo, Rebecca qui lui avoue son homosexualité, leur premier baiser...
Évidemment, la famille de Yumi, à commencer par son père qui était contre l'homosexualité, n'était pas tout à fait d'accord avec les sentiments de sa fille.
La jeune femme soupira et repensa pour la millième fois à la rencontre entre sa famille et sa fiancée...

Yumi avait le trac : cela faisait une semaine qu'elle attendait ce moment où Rebecca et elle se dévoileraient enfin à sa famille.
La jeune femme tressaillit en voyant le pavillon de sa maison apparaître au bout de la rue mais Rebecca lui prit doucement la main et lui murmura à l'oreille :
- T'inquiètes pas, tout se passera bien tes parents ne sont pas des monstres eux !
Yumi se tourna vers sa fiancée et vit qu'elle avait pâlie en prononçant ses mots, la jeune femme demanda alors :
- Quand est-ce que tu vas me dire ce qui te tracasse comme ça, à chaque fois que tu parles de ta famille ?
Rebecca se mordit la langue et murmura :
- Je n'en ai pas encore la force... Et si on y allait, nous allons être en retard ?
Yumi la regarda dans les yeux pendant dix-quinze secondes puis acquiesça d'un signe de la tête avant de repartir en direction de la maison, suivie par Rebecca qui sécha rapidement ses larmes naissantes.

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes arrivèrent devant la maison familiale des Ishiyama et Yumi se mit à respirer vite et bruyamment.
Rebecca se planta devant elle et lui demanda avec un ton inquiet :
- Tu es sure de vouloir dire ça maintenant ? On peut attendre si tu veux.
Yumi la regarda dans les yeux puis dit d'un ton sans équivoque :
- Oui, je veux le dire aujourd'hui sinon...je n'en aurai plus la force...
Rebecca soupira puis se déporta sur le côté pour laisser Yumi aller frapper à la porte.
La porte s'ouvrit brusquement et Takeho regarda sa fille dans les yeux avant de lui faire un grand sourire et de la faire rentrer.
Il se tourna vers Rebecca et lui dit :
- Mais entre Rebecca, ne te gène pas !
La jeune femme entra à son tour tout en jetant un regard de biais à Takeho qui perdit son sourire et referma doucement la porte.....


- Eh... Eh Yumi chérie, tu m'écoutes ? Demanda Rebecca en se penchant pour regarder sa femme.
- Hein quoi ? Demanda Yumi qui était complètement perdue dans ses souvenirs
Rebecca soupira et dit d'un ton fatiguée :
- Yumi, il faut que t'arrêtes d'être continuellement dans la lune, même ta fille se demande ce que tu as des fois !
- Bon, qu'est-ce que tu me disais ? Demanda Yumi sans prendre en compte la remarque de sa compagne
- Je disais, continua Rebecca sur un ton blasée, que Mr Nishimura a peut-être trouvé du boulot pour toi et il veut te voir dès demain.
- Quel genre de travail ? Demanda Yumi dont les yeux commençaient à s'éclairer
- Je ne sais pas, répondit Rebecca en souriant, il n'a pas voulu me le dire mais il m'a assuré que tu ne serais pas en contact avec ton frère...
Rebecca, se rendant compte de sa gaffe, cessa brusquement de parler mais Yumi lui demanda sur un ton brusque :
- Qu'est-ce qu'il y a ? Ne me dis pas que mon crétin de frère travaille chez Nishimura ?!
Rebecca hésita pendant quelques secondes puis acquiesça d'un lent signe de la tête.

Yumi la regarda dans les yeux avec fureur pendant au moins vingt secondes puis elle lui demanda avec un ton agressif :
- Ne me dis pas que tu ne le savais pas parce que je ne te croirais pas ! Pourquoi tu veux à tout prix nous réconcilier ? Tu vois bien que c'est impossible bordel !
Des larmes commençaient à perler sur les joues de Rebecca pendant que Yumi déversait toute sa rage sur elle.
Après que Yumi ait fini de déverser sa rage, elle vit le visage bouillant de larmes de sa compagne et lui dit :
- Excuse-moi Rebecca, ce n'était pas contre toi en particulier, tu le sais...
Mais la jeune femme ne put terminer sa phrase car son épouse se détourna et sortit de la maison bruyamment en claquant la porte derrière elle.
Yumi resta debout pendant de longues minutes jusqu'à ce qu'Akiko arrive derrière elle et lui demande :
- Elle est où, Maman ?
Yumi se retourna, prit sa fille chérie dans ses bras, la berça et lui murmura à l'oreille :
- Ne t'en fais pas, ma puce, ta mère va revenir, elle devait juste...prendre l'air.
Et la petite s'endormit dans les bras de Yumi, qui fit un faible sourire en voyant ce corps recroquevillé contre elle puis elle se laissa elle-aussi porter par le sommeil...


Amsterdam, 2 novembre 2013 à 9h45

Odd se laissa doucement porter par la fumée qui sortait de sa bouche, une fumée dense, épaisse mais qui faisait énormément de bien.
Cela faisait maintenant une bonne heure qu'il était attablé à un des fameux « coffee shops » de la ville où il habite depuis maintenant cinq ans.
Le blondinet moqueur a connu la drogue dès son arrivée à Amsterdam : il avait immédiatement accroché à cette chose qui détruit la santé mais qui, pour lui, procure de vrais instants de bonheur.
Odd saisit son cannabis, le porta à ses lèvres et inspira un grand coup avant de l'expirer dans un souffle long, interminable et terriblement bon pour le blondinet.
Soudain, le patron de l'établissement se planta derrière lui et lui dit d'un ton blasé :
- Bon Della Robbia, faudrait peut-être que tu arrêtes d'abuser de ma générosité la ! Je t'ai filé bien plus que les cinq grammes autorisés !
Odd se retourna et dit d'une voix complètement cassée et abîmée par la fumée :
- Mr McCoy, je vous signale que je fais votre business alors laissez-moi fumer ma clope !
McCoy se retourna d'un air gêné avant de saisir Odd par le col et de lui grogner à l'oreille :
- Si les flics mettent les mains dans mes comptes et voient le temps que tu passes dans mon établissement, t'es foutu et moi aussi ! Alors, vas retrouver tes abrutis de potes et arrête de jouer au con avec moi là !
Odd grogna à son tour, se dégagea brusquement de la poigne de McCoy, posa son cannabis sur la table et partit sans dire un mot, sous le regard satisfait de McCoy.

Quelques minutes plus tard, Odd arriva dans une petite ruelle sombre à proximité du petit studio minable qu'il habite avec ses deux potes.
Le blondinet se posa tranquillement contre le mur et se perdit dans ses pensées : il repensa notamment à sa vie de héros, qu'il regrettait terriblement.
Il ne regrettait pas la dissolution de leur bande, il regrettait la vie de héros en elle-même, ce que ça impliquait... Il ne veut pas vivre une vie normale, il ne peut pas vivre une vie normale, sans aventures, sans action...sans...
Soudain, un petit toussotement s'éleva et Odd leva lentement les yeux et aperçut un géant accompagné de trois gars qui le surplombait du regard.
L'ex-félin soupira, se releva et dit sans regarder les quatre hommes :
- Bon, Boggs, ça ne sert à rien, je n'ai plus de fric combien de fois faudra que je te le répète bordel !
Le géant du nom de Boggs se tourna vers ses compères puis dit :
- Putain, tu te fous vraiment de ma gueule ! Ça va faire cinq fois que je te file mon fric que tu dépenses pour ta putain de drogue de merde ! Espèce de taré va !
Odd, piqué au vif, fixa Boggs dans les yeux et dit calmement :
- Déjà, c'est pas ton fric mais celui de ton petit papa ! De plus, je crois que ta consommation de drogue annuelle est très largement supérieure à la mienne ! Et pour finir, va te faire foutre !

Boggs devint rouge et balança son poing dans la poitrine d'Odd qui perdit son souffle et tomba à la renverse.
Il essaya immédiatement de se relever mais un des sbires de Boggs le plaqua au sol pendant que ce dernier le bourra de coups de poing et de pieds.
L'ex-félin eut beau se débattre de toutes ses forces, il succomba rapidement à la force adverse et mit ses mains devant son visage pour protéger son nez.
Après cinq minutes, le tabassage en règles cessa et Boggs se releva rapidement et attendit que le blondinet retire ses mains de son visage pour lui casser le nez d'un violent coup de genou qui fit hurler Odd.
Une fois que les hurlements de douleur eurent cessé, Boggs dit d'une voix rauque et forte :
- T'as pas intérêt à me remanquer de respect, espèce de sale tapette !
Sur ses mots, il partit tranquillement en direction de la rue principale avec ses trois hommes, laissant souffrir Odd dans la ruelle seul...
Le blondinet lutta contre la douleur pendant de longues minutes avant de s'évanouir au milieu de cette ruelle sombre.

Quand l'ex-félin se réveilla, il crut qu'il était parti, décédé dans un autre monde. Au départ, il ne reconnut pas l'endroit où il se trouvait : un appartement plus petit, peut-être un studio...
Le blondinet écarquilla les yeux et se redressa brusquement en étouffant un cri de douleur ce qui fit sursauter le jeune homme qui se tenait à côté de lui qui balbutia :
- T'es déjà réveillé, je vais chercher Hershel je reviens.
Le jeune homme partit sans un mot de plus et Odd resta tranquillement en train de le fixer de dos tout en se disant « Mais qui est ce gars ? Et qui est ce Hershel dont il a parlé ? »
Quelques minutes plus tard, un vieil homme sortit de la pièce annexe et vint se placer à côté du félin avec des instruments de médecine. Sans un mot, il sortit un à un les différents instruments et ausculta son patient qui se retenait d'hurler de douleur à chaque fois que les mains du vieil homme se posait sur ses côtes cassées.
Dans un souffle saccadé, le blondinet demanda :
- C'est...C'est vous Hershel ? Avant de rehurler de douleur sous la pression des mains du médecin.
- Oui, c'est moi, répondit tranquillement Hershel, et maintenant je vous demanderais de vous tenir tranquille que je puisse finir de vous examiner.
- Et vous, qui êtes-vous ? Demanda Odd en se tournant vers le jeune homme qui accompagne Hershel
Le jeune homme le regarda dans les yeux, se tourna vers Hershel qui fit un signe affirmatif de la tête et il répondit :
- Je m'appelle Léonard Boggs, je suis le petit frère d'Edward Boggs.


Donetsk, 2 novembre 2013 à 14h55 (heure française)

Cela faisait maintenant trente minutes qu'Ulrich patientait avec ses deux uniques gardes dans un bâtiment du nord de Donetsk, un bâtiment abandonné dans lequel devait se dérouler l'échange.
Ulrich enrageait constamment mais là, il était fou de rage : il pestait contre les séparatistes russes et leurs problèmes avec les horaires, le froid glacial, les négociations pompeuses entre ses représentants et les séparatistes en question etc...
L'ex-samouraï s'éloigna un peu de ses gardes du corps et se plongea dans ses pensées, au moment où son père lui avait légué l'entreprise familiale...

Ulrich entra prudemment dans le bureau de son père et le vit assis sur son fauteuil en train de paisiblement regarder la circulation en bas de l'immeuble.
Stern père se tourna en voyant son fils et lui dit en souriant :
- Fils, tu as enfin renoncé à tes imbéciles d'amis, tu es maintenant prêt à reprendre l'entreprise familiale ! Comme quoi la Fac t'a vraiment assagi.
- Que vais-je devoir faire, père ? Demanda Stern fils d'une voix rauque
Stern père se leva lentement et se dirigea vers la salle de réunion tout en expliquant à son fils qui le suivait :
- Il faut d'abord que tu saches que l'entreprise familiale est...assez différente de ce que tu pouvais imaginer mais tu verras ça en détail tout à l'heure.
Sur ces mots, ils arrivèrent devant l'immense porte de la salle de réunion qui avait une fenêtre qui montrait la production. D'ailleurs Ulrich se souvint à cet instant qu'il n'avait jamais pu entrer dans cette salle avant aujourd'hui.
Stern père sortit un trousseau de clé, ouvrit en grand la porte, se tourna vers son fils et lui dit :
- Entrons et là, tu sauras tout de l'entreprise Stern !
Ulrich, aux aguets, entra rapidement dans la pièce suivi par son père qui, tout en tenant de réprimer un sourire, referma doucement la porte derrière eux...


- Mr Stern ? Mr Stern ?, Demanda une voix d'outre-tombe qui semblait venir de l'au delà, les séparatistes sont au pied de l'immeuble et attendent notre accord pour monter !
- Hein quoi ? Balbutia Ulrich avant de se ressaisir et d’enchaîner : -Mais faîtes-les monter nom de dieu !
- Bien, patron ! Fit l'homme en faisant un salut militaire et en se dirigeant vers le deuxième homme qui était resté parqué devant la grande porte d'entrée
Ulrich se mit à sourire en voyant son garde s'éloigner et il se mit à penser « J'ai bien fait de prendre Stephen pour cette mission, il est vraiment parfait dans son rôle et il pourra me servir d'interprète »
Puis, d'un seul coup, il se redressa et hurla au second garde :
- Alex, profite de l'absence de Stephen pour aller les chercher !
- Ok, patron ! Hurla Alex qui se précipita vers un des coins sombres de la pièce
L'ex-samouraï, en voyant Alex s'éloigner au pas de course, pensa « Et Alex est mon meilleur tireur, oui... Il pourra probablement me servir en cas de...d'échec de l'échange »
Perdu dans ses pensées, Stern fils ne vit pas arriver Alex qui posa une mitrailleuse par terre devant son chef, en saisit une autre, l'arma et dit :
- Au moins, si ces séparatistes n'ont pas le fric, ils sauront ce qui leur arrive !
Ulrich arma à son tour son arme et la braqua devant lui en voyant la grande porte s'ouvrir.

De la grande porte surgit Stephen qui plissa légèrement les sourcils mais ne fit aucun commentaire, suivi de trois séparatistes qui reculèrent en voyant les armes braquées sur eux.
Le chef du groupe s'avança tranquillement, se mit à sourire et dit dans un français qui ne manqua pas d'étonner Ulrich :
- Ne vous inquiétez pas, nous avons le fric ! Je m'appelle Dragunov et voilà mes hommes, Maxim et Boris !
Maxim et Boris saluèrent les interlocuteurs de leur patron d'un bref signe de la tête, ce qui fit comprendre à Ulrich qu'ils ne maîtrisaient pas la langue.
L'ex-samouraï, soupçonneux, demanda tout en gardant son arme braquée sur Dragunov :
- Comment se fait-il que vous parliez si bien le français ?
Dragunov se remit à sourire et expliqua :
- Toutes mes vacances, je les passais chez ma tante qui habitait en France quand j'étais jeune donc j'ai pu apprendre la langue.
Alex arrêta lentement de braquer les trois séparatistes et posa doucement son arme sur le sol mais Ulrich, lui, continuait à imperturbablement braquer son arme sur les trois hommes qui commençaient à s'impatienter.
L'ex-samouraï se tourna vers Stephen et lui demanda :
- Toi qui le connais depuis longtemps, est-ce qu'il dit vrai ?
Stephen hocha doucement de la tête, ce qui fait qu'Ulrich baissa lui aussi lentement son arme sous le regard satisfait de Dragunov qui se retourna et dit à Boris en russe que traduisit Stephen :
- Va chercher le fric !
Boris tressaillit, recula et se détourna pour courir hors de la pièce, là où se trouvait l'argent.

Quelques longues minutes d'attente plus tard, Boris revint dans la pièce en transportant une grande mallette qu'il posa aux pieds de Dragunov.
Ce dernier se remit à sourire, tourna la mallette et l'ouvrit devant les yeux ébahis des trafiquants : devant eux se tenait plus d'un million d'euros en billets de cinquante, une véritable aubaine pour Ulrich qui peinait depuis peu à récupérer assez d'argent pour payer le coût de production des armes.
Dragunov se mit alors à parler, amusé par la tête ébahie de ses interlocuteurs :
- Il y a ici cinq millions de dollars, soit la somme que vous demandiez pour l'échange d'armes. Pouvons-nous les voir avant de procéder à l'échange ?
Ulrich se détourna et fit un signe de la tête à Alex qui se précipita vers le coin sombre de la salle pour aller chercher les armes, suivi par Stephen.
Le trafiquant se mit à penser « Dragunov a tenu sa parole et il a l'air heureux d'avoir des armes... Je crois que je vais reprendre contact avec lui dans peu de temps » tout en souriant en voyant Alec et Stephen arriver avec deux gros sacs d'armes qu'ils posèrent devant Ulrich qui les ouvrit et commença à expliquer :
- Le premier sac contient des AK-47 aussi appelés Kalachnikov avec une portée maximale de 1500m et un chargeur qui peut contenir 75 cartouches au maximum ! C'est une petite merveille !
Maxim poussa un soupir agacé et dit en russe, que Stephen traduisit :
- Nous avons déjà un millier de Kalachnikov, certes nous n'avons pas cette capacité de chargeur mais nous en avons déjà et nous voulons des armes de destruction massive !

Ulrich, contrarié, regarda dans les yeux Maxim et continua sans prêter attention à sa remarque :
- Mais c'est plus ce qu'il y a dans le deuxième sac qui devrait vous intéresser.
Le trafiquant claqua des doigts et Alex et Stephen ouvrirent le deuxième sac, ce qui fit écarquiller les yeux des trois séparatistes quand ils virent le contenu du sac.
Ulrich, amusé, saisit l'une des armes et commença à expliquer :
- Voici le plus puissant lance-roquettes au monde, le RPG-7, une petite merveille de la technologie !
Maxim ouvrit la bouche pour parler mais Dragunov se retourna et lui jeta un regard noir qui le fit se recroqueviller sur lui-même pendant que l'ex-samouraï continuait ses explications :
- Un calibre de 40mm, 6,3kg quand il est non chargé et une longueur de 65cm mais il peut contenir 5 types de munitions différentes : des charges simples, en tandem, à fragmentation ou encore à thermobarique simple ! Vous allez faire des ravages avec ce petit bijou ça, je peux vous le dire !
Tous les séparatistes étaient bluffés, même Maxim. Dragunov s'avança alors avec un large sourire et demanda avec son français parfait :
- Et tout ceci est à nous si nous vous donnons cinq millions de dollars?
Ulrich sourit à son tour, posa le lance-roquettes et dit d'un ton soutenu :
- Évidemment, vous ne devez pas vous inquiéter ! Après tout, nous sommes de tout cœur avec vous dans votre combat contre cette armée ukrainienne corrompue et anti-russe !
Mais au fond de lui, Ulrich tenait un discours fort différent « L'argent ! C'est l'argent mon principal motif, je n'en ai rien à cirer de leur maudite révolution mais bon, je vais garder ça pour moi parce que sinon, ces cinq millions de dollars vont me passer sous le nez... »

Dragunov le regarda dans les yeux pendant un long moment et lui tendit la main en disant :
- J'espère que nous referons des affaires le plus vite possible !
Ulrich serra sa main en souriant et en disant de plus en plus bas :
- J'espère aussi Dragunov ! J'espère aussi...


Dans les environs de Paris, 2 novembre 2013 à 19h59

Dans un grand lit à baldaquins s'agitaient deux personnes : un homme, maigre à faire peur mais doté d'une forte robustesse au lit et une jeune femme qui geignait de toutes ses forces, accrochée au lit par des menottes.
Après quelques minutes de ballottage, un liquide blanc sortit du vagin de la femme et s'écoula doucement dans le lit pendant que cette dernière avait l'un des plus gros orgasmes de sa vie.
Quelques minutes plus tard, ce fut l'homme qui hurla à son tour et ils s'effondrèrent l'un sur l'autre, complètement épuisés.
Après quelques minutes de repos, la femme demanda :
- Mes sous, s'il vous plaît ! Et la clé des menottes aussi !
L'homme la regarda dans les yeux, sortit un billet de 100 euros de sa poche et la clé des menottes et les lança à la femme qui s'empressa de les saisir, d'ouvrir les menottes, de saisir le billet et de se précipiter vers la sortie.
Au moment où elle allait sortir, l'homme la saisit par l'épaule et lui dit d'une voix rauque avec une haleine sentant la cigarette à deux centimètres de son oreille :
- On remet ça quand on veut et je suis même prêt à tripler le prix !
La femme acquiesça avec un léger sourire, échappa à l'étreinte de l'homme et s'en alla, ses longs cheveux roses flottant derrière elle.

Aelita descendit lentement l'escalier de l'hôtel où elle venait de coucher avec un homme pour 100 euros et se dirigea vers l'entrée annexe, réservée aux employés.
La direction de l'hôtel, représenté par un certain Davidsen, acceptait que les clients se payent les services de prostituées, du moment que ça ne dérange pas les autres occupants.
Aelita se souvint de la fois où elle avait rencontrée et couchée avec Davidsen : il devait avoir 45 ans, des cheveux bouclés et il la doigtait d'une main experte.
D'ailleurs, à certains moments, Davidsen lui faisait penser à Jérémie...
Aelita s'arrêta net devant la porte de sortie, l'ouvrit et se dirigea d'un pas rapide vers le club où elle travaillait de base. Elle repensa pendant une seconde à Jérémie puis elle secoua la tête en marchant et en se disant « Non, je ne dois pas repenser à lui ! C'est à cause de lui que le groupe a été détruit et je dois l'oublier ! Définitivement ! »

En effet, quand Jérémie l'avait quittée suite à une sombre histoire, Aelita avait sombré dans une profonde dépression et elle en était même venue à...à...
Aelita secoua la tête et des larmes commencèrent à perler... Elle ne voulait pas se souvenir de la grave erreur qu'elle avait commise et qui avait coûté la vie à leur groupe...
Soudain, elle s'aperçut qu'elle était arrivée devant l'entrée de l'établissement où elle travaillait à ces heures : le Strip-Club du Bois.
La jeune femme soupira, poussa la porte et se dirigea immédiatement vers l'endroit où se réunissait le personnel.
Aelita n'avait jamais voulu faire strip-teaseuse et prostituée par vocation, elle ne voulait pas reprendre d'études suite à l'incident et...elle s'était rendue compte...au bout d'un moment...qu'elle aimait ça.
Elle aimait coucher avec des gens, avoir des orgasmes, sentir le sperme couler lentement hors du vagin, elle aimait tout ça. Elle était devenue une nymphomane et elle ne voulait pas que ça change.

Au bout d'un moment, elle s'aperçut qu'elle n'était plus seule dans la petite pièce : une autre strip-teaseuse s'agenouilla à côté d'elle et lui demanda :
- Est-ce que ça va, Aelita ?
L'ex-ange virtuelle esquissa un faible sourire et répondit d'un ton morne :
- Oui, Becky ça va ne t'inquiète pas !
- Tu aimes toujours coucher avec tes clients ? Demanda Becky avec un léger sourire sur les lèvres
- Oui, répondit Aelita, mais c'est juste que je n'ai récupéré que 400 euros sur la journée et je dois voir Crazy Bob dans 10 minutes.
Becky fit une horrible grimace et dit d'une voix faible :
- Cristina n'a rapportée que 200 euros et Karl n'a même pas voulu la laisser rentrer.
Aelita baissa les yeux et fixa ses chaussures en attendant que le temps passe mais elle ne pouvait s'empêcher d'émettre un léger soulagement en voyant que quelqu'un avait ramené moins qu'elle.

Soudain, au bout de cinq minutes d'attente, un grand homme noir d'une trentaine d'années entra dans la pièce, se posta devant Aelita et lui dit d'une voix compatissante :
- Il faut y aller Aelita, Crazy Bob t'attend.
- Ok Karl j'arrive ! Dit Aelita avec un faible sourire
Sur ses mots, elle se leva et suivit le videur tout en ayant fait un dernier geste envers Becky qui la salua d'un bref hochement de tête avant de repartir sur la piste de danse.
Au bout de quelques minutes de marches, Karl s'arrêta brusquement, se tourna vers Aelita et lui demanda :
- T'as combien ?
- 400 euros. Répondit Aelita en baissant la tête
Karl la regarda tristement et il se remit à marcher. Une fois arrivé devant le bureau de Crazy Bob, il se tourna vers elle et lui dit à voix basse :
- Bonne chance.
Aelita acquiesça d'un signe de la tête, respira lentement, prit son courage à deux mains et ouvrit la porte.

A peine Aelita fut-elle entrée dans la pièce qu'une voix grave retentit de derrière le bureau :
- Mlle Schaeffer, j'espère pour vous que vous avez la somme demandée ?
Aelita déglutit avec difficulté, releva la tête et plongea son regard dans les yeux bleus-acier de son patron qui la regardait avec férocité. Elle s'approcha du bureau et demanda :
- Crazy Bob, où est Cristina ?
Crazy Bob la regarda dans les yeux et dit d'un ton tranquille :
- Déjà, je ne m'appelle pas Crazy Bob mais juste Bob compris ?! Et pour ta copine...
Le patron sortit une cigarette de son veston, l'alluma et termina sa phrase en prenant d'énormes bouffés :
- Disons qu'elle est partie faire un tour...
Aelita savait pertinemment ce que ça voulait dire : elle avait été battue. En effet, Crazy Bob n'hésitait pas à battre ses employées quand elles ne rapportaient pas assez d'argent dans sa caisse enregistreuse.
Crazy Bob termina rapidement sa cigarette, l'écrasa par terre, se pencha vers son employée et lui demanda :
- Et toi ma chère Aelita, as-tu les 1000 euros que je demande ?
Aelita secoua négativement la tête en baissant les yeux. Crazy Bob la regarda longuement avant d'ajouter :
- Combien as-tu ?
- 400 euros. Répondit-elle d'une voix étranglée

Crazy Bob secoua lentement la tête, se leva et sortit une ceinture de sous le bureau. Aelita se mit à hurler mais Bob fut plus rapide : il se jeta sur elle et la plaqua au sol avant de prendre sa ceinture et de la lever lentement au dessus de l'ex-ange virtuelle qui ferma les yeux en attendant son châtiment.
Mais, contre toute attente, il ne frappa pas : au contraire, il posa sa ceinture par terre et il lui demanda :
- Où sont les 400 euros que tu as récolté ?
Aelita montra sa poche arrière de la main en tremblant. Crazy Bob s'approcha, saisit les billets et en profita pour lui caresser doucement les fesses.
La jeune femme frissonna et essaya de se dégager de l'étreinte de son patron mais celui-ci était beaucoup trop fort : il s'approcha encore plus près, mit sa main sous sa robe et commença à la doigter délicatement.
Ce fut trop pour la jeune femme qui donna un violent coup de tête à Bob qui recula en hurlant et qui ressaisit sa ceinture en disant d'un ton calme :
- Vu que tu ne veux pas de la méthode douce, on va passer à la méthode forte ! 1 coup de ceinture pour 100 euros de différence avec le prix exigé soit... 6 coups de ceinture !
Aelita n'eut pas le temps de réagir que la ceinture fendit l'air et la griffa violemment au ventre.
La jeune femme hurla de douleur et se recroquevilla sur elle-même pendant que Crazy Bob frappait, encore et encore.

Au bout du sixième coup, la main qui tenait la ceinture arrêta de bouger et Crazy Bob regarda avec satisfaction son œuvre : la jeune femme s'était évanouie, une grosse entaille lui lacérait la poitrine et son visage était couvert de coupures ou de bleus en tout genre causés par la ceinture et les coups de pieds qui vont avec.
Le patron se dirigea tranquillement vers son bureau, saisit son interphone et dit d'une voix tranquille :
- Roman et Karl dans mon bureau tout de suite ! Vous avez encore une traînée à transporter jusqu'à sa chambre !
Sur ses mots, il raccrocha l'interphone sans attendre la réponse et contempla le corps meurtri d'Aelita avec un sourire sadique sur le visage.


Paris, 3 novembre 2013 à 10h15

William arriva devant le hangar où Berlucci et ses hommes s'étaient donné rendez-vous pour discuter du partage du butin. Cela faisait plus de trois mois qu'il était infiltré dans le gang et c'est la première fois qu'ils récupéraient un butin aussi énorme.
William porta alors sa main à sa poche, regarda autour de lui d'un air inquiet, sortit un talkie-walkie et se mit à parler à voix basse :
- Ici le Capitaine Dunbar, vous me recevez ? Vous êtes en position ?
- Ici le Commissaire Lambert, je te reçois cinq sur cinq et nous sommes en position tout autour du hangar ! Répondit une voix qui sortait du talkie-walkie
- Combien d'hommes sont rentrés dans le bâtiment ? Demanda William en haussant un petit peu le ton
- Huit hommes sont entrés pour l'instant, ce qui fait qu'il en reste deux. Répondit Lambert
William se déplaça un petit peu sur le côté pour pouvoir s'asseoir sur une poubelle pour réfléchir.
La réunion ne commencerait que si les dix personnes étaient là, or il en manque deux.
L'ex-lieutenant de Xana repensa à cette époque, à la bande d'amis qu'ils avaient jadis formé...pendant deux mois.
William soupira et repensa à ce jour où tout était parti en vrille, où le groupe s'était dissolu. Bizarrement, William se souvint qu'il n'en avait eu rien à faire et qu'il continue, encore aujourd'hui, à n'en avoir rien à faire de ses anciens amis : il a déjà oublié tout leurs prénoms !

Soudain, il entendit des bruits de pas et des éclats de voix qui se dirigeaient vers sa position.
Le policier infiltré se leva brusquement et se positionna de façon à pouvoir voir qui arrivait : il le reconnut dès que son crâne chauve apparut dans son champ de vision.
Il se leva et fit de grands signes pour que le chauve le voit avant de dire :
- Fabrizio ! Fabrizio, je suis la !
Fabrizio se retourna avec perplexité en entendant son nom, se mit à sourire et se dirigea vers lui pour lui serrer la main.
A peine était-il arrivé devant lui que William bondit et lui fit une rapide clef de bras avant de pousser violemment le gangster qui tomba face contre terre.
L'ex-lieutenant de Xana profita de l'étourdissement de l'Italien pour le menotter et lui donner un violent coup de pied dans le dos qui fit hurler le gangster de douleur.
Fabrizio se mit à parler, avec une voix faible et un ton colérique :
- Espèce de sale enfoiré de flic de mes.... Ahhh ! Hurla t-il quand William lui tordit violemment le bras avant de sortir un talkie-walkie et de se mettre à parler d'un ton assez fort pour surmonter les hurlements de douleur de Fabrizio :
- Ici le Sergent Dunbar, j'ai réussi à maîtriser un des gangsters, attaquez le hangar !
Le commissaire Lambert, à l'autre bout du talkie-walkie, resta perplexe un long moment avant de hurler :
- A l'assaut !

Indifférent aux coups de feu venu du hangar qu'on entendaient jusqu'au bout de la ruelle, William se pencha sur Fabrizio et dégaina son arme avec un sourire sadique sur le visage, ce qui alarma l'Italien qui dit sur un ton tremblant :
- Attends une seconde ! Mais...t'as pas le droit de faire ça ! Les flics n'ont pas le droit de torturer leurs priso...
Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase car une détonation retentit et la balle alla traverser la jambe du gangster qui hurla de douleur quand la balle traversa la chair et l'os pour ressortir de l'autre côté.
Le policier, complètement indifférent aux hurlements de douleur de Fabrizio, dit d'une voix forte :
- Vos concurrents savent mettre les arguments sur la table eux!
Sur ses mots, il tira dans l'autre jambe, ce qui fit redoubler les hurlements de douleur du gangster pendant que William s'approchait lentement de lui et continuait à parler :
- 50 000 euros par membre du gang de Berlucci tués et 350 000 euros pour Berlucci lui-même, c'est une aubaine tu crois pas ?
L'ex-lieutenant de Xana s'approcha avec un sourire sadique et, d'un geste brusque, écrasa lentement la jambe de Fabrizio qui hurla de douleur en entendant tous ses os craquer et casser sous la force de la chaussure du policier.
William refit la même chose avec l'autre jambe et, une fois qu'il eut fini sa torture, les jambes du malfrat ne se résumaient qu'à un tas de chair compressé.
Entendant au loin la fusillade se terminer, William reprit son arme et braqua la tête de Fabrizio qui lui dit sur un ton suppliant :
- Je t'en prie, j'ai une femme et deux enfants en bas-âge ! Tu peux pas me tuer ! Je t'en supplie, je promets de tout faire pour me rattraper !
William le regarda dans les yeux pendant une longue minute puis il tira. La balle sortit du canon à une vitesse folle puis traversa la cervelle de Fabrizio qui s'effondra sans un bruit, un air de supplication éternellement gravé sur le visage.

Quelques minutes plus tard, William sortit tranquillement de la ruelle avec une mine déconfite, un pistolet dans son pantalon et un tee-shirt couvert de sang.
Aussitôt arrivé dans la rue principale, William se vit entouré d'agents du Swat qui l'escortèrent jusqu'au lieu du commandement.
Une fois arrivé, il vit le commissaire Lambert en pleine discussion avec son second, le Lieutenant Wilson et un homme qu'il n'avait jamais vu.
Lambert se tourna vers lui et lui dit en désignant le troisième homme :
- Dunbar, je vous présente le Lieutenant Stuart qui vient d'arriver dans nos locaux. J'aimerais que vous le preniez dans votre unité en tant que second au côté de Wilson !
William se tourna vers Stuart qui le fixait avec un air de profonde admiration. L'ex-lieutenant de Xana sourit, tendit la main au nouveau lieutenant et lui dit d'un ton solennel :
- Bienvenue parmi nous, Stuart !
Le lieutenant lui fit un garde-à-vous militaire sans masquer son admiration et alla se ranger à côté de Wilson.
Lambert prit soudainement la parole et demanda à Dunbar :
- Au fait, vous n'aviez pas dit que vous aviez capturé un des gangsters ?
Dunbar fit un sourire gêné et expliqua à son supérieur :
- Pendant que je vous parlais, le prisonnier a saisi une arme et j'ai été obligé de l'abattre. C'était un cas de légitime défense, Monsieur !
Lambert soupira bruyamment et désigna de la main le hangar :
- Berlucci, son second et deux autres gangsters ont réussi à s'enfuir. Nous avons tué les quatre autres gangsters mais ils ont réussi à abattre trois membres du Swat et le Capitaine Collins.
- Paix à leurs âmes, murmura William avant d'enchaîner, et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Maintenant, enchaîna Lambert, on rentre au commissariat ! J'ai un rapport d'urgence à faire au Ministère de l'Intérieur et te concernant Dunbar, je veux un rapport sur la mort de ce gangster que tu as abattus demain matin sur mon bureau !
- Très bien patron ! Termina William avant de faire demi-tour et de repartir vers sa voiture de fonction suivi de ses deux seconds.

Cinq minutes plus tard, les trois policiers entrèrent dans le commissariat et se dirigèrent vers la salle commune jusqu'à ce que la réceptionniste ne les intercepte :
- Mr Dunbar ! Un avocat veut vous voir dans la salle 12 ! Il s'appelle Mason !
William se mit à sourire et hurla pour que la réceptionniste l'entende :
- Merci, Carole !
Ensuite, il se tourna vers ses subordonnés et leur dit :
- Rendez-vous tous les deux dans la salle commune et attendez-moi là bas, compris ?
Wilson et Stuart hochèrent la tête en signe d'acquiescement et le groupe se sépara, les deux lieutenants se dirigeant vers la salle commune et William se dirigeant vers la salle 12.
Quelques minutes plus tard, le capitaine de police entra dans la salle et serra la main que l'avocat au crâne dégarni qui se trouvait en face de lui lui tendait en disant :
- Je suis très content de vous voir, Mason !
- Moi de même ! Répondit l'avocat avec un franc sourire

Les deux hommes s'assirent face à face, de part et d'autre de la table qui était au centre de la pièce puis Mason commença :
- Bon, je vais aller droit au but : Mr Liebermann a entendu parler de l'assaut policier sur le hangar de Berlucci et voudrait savoir de combien serait votre...récompense, Mr Dunbar.
William se mit à sourire jusqu'aux oreilles puis demanda :
- Vous êtes sur qu'il n'y a pas de caméras ici ?
- Non, le rassura Mason, j'ai demandé à Carole une salle privée où il n'y a pas de caméras et j'ai vérifié moi-même avant votre arrivée.
- Et, demanda William, je recevrais l'argent seulement sur les gangsters que j'ai abattus ?
- Non, dit Mason en secouant la tête, Mr Liebermann souhaite avant tout se débarrasser du gang de Berlucci et il est prêt à dépenser toute sa fortune pour que ça se réalise.
- 5 gangsters ont été abattus aujourd'hui ! Dit William avec un grand sourire
- Parfait ! Dit Mason en posant sa grande mallette noire sur la table.
Mason ouvrit la mallette devant William qui ne put s'empêcher de sourire comme un enfant puis lui dit :
- Voici la somme convenue : 250 000 euros pour les cinq gars que tu as tué mais...
L'avocat referma brusquement la mallette devant William avant de lui expliquer :
- Si quelqu'un te voit sortir avec cette mallette, ils vont tout de suite trouver le pot aux roses ! Je te la donnerais sur le parking quand il n'y aura personne !
William se mit à faire un large sourire sadique avant de se lever, de serrer la main de Mason et de dire :
- C'est parfait, vraiment parfait...

Voilà pour ce premier chapitre, j'espère que vous apprécierez et à bientôt pour un prochain chapitre :D
Aujourd'hui, c'est couscous-boulettes !!! Odd Della Robbia

Soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le rôle du méchant ! Harvey Dent alias Double Face

Ça sert à rien, mais j'ai trouvé ça joli ! Mozinor

Freeze, t'es givré ! Batman

Vous savez ce qui as tué les dinosaures ? L'âge glaciaire !! Mr Freeze

Je suis le maitre du monde !!! Moi et NON ça ne provient PAS de ce film dont je ne noterais pas le nom !

Lyokofan

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Message 14 Juin 2014, 23:05

Re: Le Royaume du Mal

houa ti vas pas de main mortes purée pfuuu yumi lesbienne :shock: odd droguée aelita parapeticienne et nymphomane :shock: jeremie en parain :shock: Ulrich en vendeur d'armes :shock: et william en ripou :shock: bon dieu tes cintrée tes malade :sm27: :sm27: :sm27: j'adore :thumbleft:

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Message 16 Juin 2014, 00:32

Re: Le Royaume du Mal

Euh, je me demande comment tout les LG ont pu tourner aussi mal.
un parrain, un drogué, une prostituée, un vendeur d'armes et un ripou.
Odd et Aelita sont ceux qui semblent avoir le plus foiré leurs vie, ils sont presque à la rue (au moins, jeremy, Ulrich et William sont en haut de l'échelle hiérarchique avec un salaire mensuel à 4 zéros).
La fic va être sombre et glauque.
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Message 19 Juin 2014, 22:14

Re: Le Royaume du Mal

Enfin j'ai finit par trouver une version game of thrones de code Lyoko et c'est ta fanfic. Alors la chapeaux bas tu commence fort, meme un peu fort je trouve, mais c'est bien sa casse le train train des fanfic habituel , reste a voir ce que sa va donner par la suite.
- C'est agréable de rêver...
- Les blessures du corp ne durent qu'une vie ,celle de l'âme sont éternelles.
- La vengeance est un plat qui se mange froid et quand on est dévoré par la haine le temps ne compte plus.
- Quand l'amour tourne à l'obsession celui-ci devient destruction.
- Née pour aimer ou programmer pour haïr ? ( code tanit chapitre 47)



en se monent ma fic : mais qui a tuer Xana
prochainement ma fic : ???
pour passer le temps regardez les vidé'odds
futur carton planetaire ma fan movie : code ryoko
http://www.dailymotion.com/video/x5mpow_baryoko01_fun
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Message 29 Juin 2014, 13:29

Re: Le Royaume du Mal

Bonjour à tous, aujourd'hui je vous présente le second chapitre de ma fanfic !
Sans aucun préambule, le voici :D

Chapitre 2 : J'ai demandé au Grand Patron

Paris, 2 novembre 2013 :

Fabio et Rufus regardèrent le génie d'un œil intrigué en le voyant désigner le collège Kadic de la main.
L'Italien posa alors la question qui lui brûlait les lèvres :
- Mais Monsieur, c'est l'ex-collège Kadic que vous nous montrez là ?
- En effet, en effet. acquiesça Jérémie en souriant
- Et pourquoi vous nous le montrez du doigt depuis cinq bonnes minutes ? demanda Rufus avec un air intrigué
Jérémie ignora sa question et demanda plutôt d'une voix forte :
- Quels rapports entretiens-tu avec ton frère ?
- Ça va faire plus d'un an et demie qu'on ne s'est pas adressé la parole, on dirait qu'il s'est volatilisé. expliqua Rufus
- Parfait, vraiment parfait... marmonna Jérémie en esquissant un faible sourire
Les secondes passèrent jusqu'à ce que le génie demande :
- Gilles ?
- Oui monsieur ? demanda le majordome en faisant sursauter les deux gangsters qui ne l'avait pas vu rentrer
- Prépare la voiture, je vais emmener nos nouveaux amis au QG ! demanda Jérémie
- Très bien, monsieur ! dit le majordome en s'inclinant avant de sortir souplement de la pièce
Soudain, le génie se tourna vers les deux gangsters qui regardaient dans le moindre détail chaque recoin de la pièce pour passer le temps et il leur dit :
- Pouvez-vous attendre dehors, Mrs ? J'ai un coup de fil urgent à passer !
Les deux gangsters le regardèrent dans les yeux et ne bougèrent pas d'un pouce. Le génie soupira et demanda d'une voix forte :
- Vous voulez que je rappelle Gilles dans mon bureau ? Alors, dégagez !

Rufus soupira et resta sur place, les bras croisés pendant que Fabio prenait une chaise et s'asseyait sans cesser de regarder son nouveau patron qui fulminait intérieurement.
Après quelques minutes, Jérémie mit la main dans un des tiroirs du bureau et en sortit un petit pistolet silencieux qu'il braqua sur Fabio qui se mit à blêmir.
Le génie s'approcha lentement jusqu'à poser le canon sur le front de l'Italien qui se mit à trembler puis il demanda d'un ton sec :
- Qui t'as donné l'autorisation de t'asseoir ?
- P...Personne. balbutia Fabio qui ne savait plus où se mettre
- Alors, tu te lèves et tu restes debout comme ton collègue si tu ne veux pas finir comme ton vieux pote Robert ! hurla Jérémie qui n'arrivait plus à se contenir
Fabio tendit prudemment la main et décala en tremblant le canon d'un centimètre sur la droite pour qu'il puisse se lever.

Rufus réprima un sourire amusé, Fabio vint se placer à côté de la porte en soufflant et Jérémie recula pour pouvoir poser son silencieux sur le bureau.
Sans dire un mot, il saisit son téléphone, composa un numéro et attendit jusqu'à ce qu'une voix sorte du smartphone :
- Allô ?
- Oui, Mason c'est moi ! dit Jérémie sous le regard intrigué de ses deux nouveaux collaborateurs
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous, Mr ? demanda Mason de l'autre côté du fil
- J'ai peut-être trouvé un moyen pour nous débarrasser de Berlucci mais j'ai besoin d'un soutien...annexe, si tu vois ce que je veux dire...
- Très bien Mr, répondit l'avocat avant d'enchaîner, et est-ce que vous voulez que je « briefe » quelqu'un en particulier ?
- Et bien pour tout te dire, dit Jérémie avec un mystérieux sourire, j'ai souvenir qu'une de mes anciennes connaissances est devenu flic et serait infiltré dans le gang de Berlucci. Le connaissant, je suis sur qu'il ne répugnerait pas d'avoir une légère augmentation de salaire...
- Quel est son nom, Mr ?
- C'est le capitaine William Dunbar et n'hésite pas à piocher dans un de mes nombreux comptes en banque, je te donne carte blanche !
- Très bien Mr, je prends contact avec lui de suite ! Je vous tiendrai informé de la suite des informations !
- Très bien, à bientôt Mason ! répondit Jérémie avant de raccrocher

Les deux gangsters regardèrent leur nouveau patron avec un étonnement et une admiration non dissimulée tout en observant un silence religieux que Fabio rompit en disant :
- Vous corrompez des policiers sans sourciller et en filant de l'argent à un annexe, même Berlucci n'osait pas faire ça quand j'étais dans son gang !
- J'ai confiance en Mason, ça va faire trois ans qu'il est à mon service et puis, je sais que la personne que mon avocat contactera acceptera cet argent sans émettre la moindre objection alors pourquoi se priver ? répondit Jérémie en haussant les épaules
Soudain, la grande porte du bureau s'ouvrit et Gilles passa sa tête à l'intérieur pour dire :
- Monsieur, la voiture est prête, elle vous attend sur le parking !
- Très bien, merci Gilles ! dit Jérémie avant de se tourner vers Rufus et Fabio et de leur dire avec un léger signe de la tête :
- Venez avec moi, vous deux !
Les deux gangsters suivirent le génie et sortirent de l'ascenseur avant de se diriger vers l'ascenseur situé au bout du couloir.
Une fois entrés dans l'ascenseur, les deux malfrats se tournèrent vers Jérémie et Rufus demanda :
- Excusez-moi de vous poser cette question mais pourquoi vous vivez dans un simple appartement alors que vous pourriez vivre dans une suite de luxe ?
- C'est la suite de luxe. répliqua Jérémie en souriant
- Je suppose que c'est une stratégie pour ne pas attirer l'attention sur vous, de vivre dans un hôtel minable ? demanda Fabio
- Mon cher Fabio, c'est surtout parce que je suis le propriétaire de cet hôtel minable que je me permets de vivre dedans !

La réplique laissa bouche-bée les malfaiteurs qui fermèrent leur bouche jusqu'à ce que l'ascenseur arriva dans le hall et que Jérémie hurla au réceptionniste :
- Gilles surveillera mon appartement Donald, alors pas besoin de contrôle !
Donald hocha la tête pour montrer qu'il a compris et les trois hommes se dirigèrent vers la sortie avant d'être arrêté par le portier qui demanda à Jérémie :
- Mr, vous ne pouvez pas partir comme ça avec tous les problèmes qu'à l'hôtel en ce...
- Ne t'inquiète pas Axel, je ne serais parti que pour quelques heures ! Et puis, si des gêneurs s'invitent, vous savez comment les accueillir... le coupa Jérémie en lui montrant sa cuisse
Axel acquiesça d'un signe de la tête et laissa passer le génie qui se dirigea immédiatement vers sa voiture.
Une fois arrivé devant le véhicule, le génie se mit sur le siège du conducteur et ouvrit la porte du siège passager pour que l'un des deux hommes puisse s'asseoir.
Fabio s'avança et s'assit rapidement sur le fauteuil, laissant un Rufus désemparé en dehors du véhicule. Ce dernier soupira, ouvrit la porte arrière et s'assit sur la plage arrière, ce qui permit à Jérémie de prendre le volant et de commencer le « voyage ».
Fabio demanda au génie alors que ce dernier venait d'emprunter la rue principale :
- Pourquoi vous n'embauchez pas de chauffeur ?
- Gilles fait le chauffeur normalement mais là, il doit se débarrasser du cadavre de Robert. Donald lui donnera sûrement un coup de main mais mon majordome n'a pas voulu être le chauffeur pour cette fois...et puis, j'aime conduire moi ! répondit Jérémie avec un ton calme.
- Et tous les employés de l'hôtel sont mis au courant ? demanda Rufus
- Évidemment, même si Axel et Donald sont les seuls en qui j'ai vraiment confiance, les autres aussi sont au courant de mes, que dis-je, de leurs activités !

Fabio se tassa sur son siège en entendant les propos de son patron. Pour la première fois de sa vie, il ressentait de la peur, de l'angoisse à l'idée de rencontrer ses nouveaux collègues.
Il ne pouvait s'empêcher de revoir l'exécution de Robert, Gilles qui tirait sans même avoir la moindre trace de sentiment sur le visage, la tête de Robert qui heurtait le sol et.... Mona.
« Non, elle...elle est sûrement morte maintenant, c'est à cause d'elle que j'ai été chassé du clan de Berlucci... En fait non, c'est à cause de moi, de mon comportement que j'ai été viré... Pourtant, j'étais le plus fidèle lieutenant de Berlucci...il me faisait confiance et j'ai trahi sa confiance sans l'ombre d'un regret... Ce n'est pas de ma faute si j'ai aimé et j'aime toujours Mona... » se dit Fabio pendant que Jérémie continuait le trajet en voiture...
De son côté, Rufus regardait calmement par la fenêtre le trajet que la voiture prenait. Il était heureux d'avoir enfin trouvé un patron qui « en avait dans le ventre », qui ne se voilait pas la face et qui allait jusqu'au bout.
Il ressentait également, tout comme Fabio, une certaine angoisse à l'idée de rencontrer des personnes tout aussi dangereuses que le patron.
« Mais au moins là, je ne serais plus dans l'ombre de mon frère, je pourrais être Rufus et non pas Rufus le frère du comte Lordwall » se dit le gangster en se mettant à sourire.
Soudain, la voiture s'arrêta et Jérémie dit d'une voix forte :
- C'est bon, nous sommes arrivés !
Rufus leva la tête et, surpris, observa longuement le portail de l'ex-collège Kadic.

Fabio qui lui aussi n'en revenait pas demanda avec un ton surpris :
- Le... Le collège Kadic ? C'est ça votre base top-secrète ?
- Oui, c'est ça. répondit Jérémie en esquissant un sourire
- Mais pourquoi vous vous êtes installés ici ? demanda Rufus en continuant à fixer le portail délabré
- Cet endroit est abandonné depuis maintenant cinq ans et personne n'y met les pieds donc c'est une cachette idéale ! rétorqua Jérémie
- Mouais, fit Fabio en fronçant les sourcils, je suis pas totalement convaincu...
Jérémie ignora la réplique, ouvrit la portière et sortit de la berline. Fabio regarda Rufus avec appréhension pendant cinq bonnes secondes avant de sortir lui aussi de la voiture. Rufus soupira bruyamment et suivit ses deux collaborateurs.
Les trois hommes s'avancèrent jusqu'à arriver devant le portail rouillé qui gardait l'entrée de l'ex-collège Kadic. Jérémie se faufila en dessous de la grille, dans un petit trou qui semblait avoir été crée exprès et se dirigea sans se retourner vers le parc. Fabio et Rufus se faufilèrent eux-aussi dans le trou et rattrapèrent en courant le génie qui se dirigeait vers le gymnase.

Pendant que les trois hommes traversaient la cour, les yeux de Jérémie se posèrent vers le réfectoire qui n'était désormais qu'un tas de tôles rouillées et il soupira, ce qui attira l'attention de Rufus qui demanda avec un ton prudent :
- Vous allez bien, Mr Liebermann ?
- Déjà, appelle-moi Jérémie et, dit Jérémie avec un ton nostalgique, j'ai passé toute mon adolescence dans ce collège-lycée et il y a tellement de souvenirs inoubliables qui me reviennent en tête quand je traverse cette cour...
- Vous venez souvent ici ? demanda Fabio
- Je viens ici une fois par semaine pour vérifier que mes hommes font bien ce que je leur demande ! répondit Jérémie avant de sourire et de dire :
- On est arrivés, mes chers associés !
Les deux hommes s’arrêtèrent pour contempler avec une perplexité non dissimulée le gymnase, un véritable tas de ruines qui menaçaient visiblement de s'écrouler à tout moment. Amusé, le génie dit en réprimant un sourire :
- Je sais, de l'extérieur ça fait un petit peu pitié mais entrons à l'intérieur, je vous prie...
Jérémie se dirigea vers l'entrée, ouvra la grande porte rouillée qui grinça en bougeant et entra. Fabio regarda Rufus, haussa les épaules et suivit son nouveau patron.
Rufus, qui était resté seul, hésita à faire demi-tour et à sortir de ce tas de ruines qu'on appelait avant un collège puis il avança lentement avant d'entrer dans le gymnase et d'écarquiller les yeux.

Devant lui se dressait un véritable complexe avec des ordinateurs branchés un peu partout, des gens qui allaient et venaient, une grande salle en verre sur la droite dans laquelle des gardes avec des mitrailleuses buvaient un café en rigolant et surtout, un gigantesque écran plasma situé sur le mur du fond qui montrait une carte du monde avec des points rouges et blancs et il y avait même une conversation en direct dans un onglet situé en bas à droite de l'écran.
Fabio, qui était aussi impressionné que lui, demanda :
- C'est vous qui avez construit tout ça ?
Jérémie hocha la tête et Rufus demanda :
- Mais comment vous avez fait pour réaménager tout ça sans que personne ne soit alerté ?
- J'ai graissé la patte de la compagnie qui gérait un chantier voisin et je leur ai demandé de venir installer ce que je voulais dans le gymnase !
- Et ils n'ont pas vendu la mèche après avoir terminé les travaux ?
- J'ai fait tuer tous les membres du conseil d'administration et j'ai racheté l'entreprise ensuite. dit d'un ton tranquille Jérémie
- Et les médias en ont parlé ? demanda Fabio, impressionné
- Oui mais vu que l'attentat à la bombe qui a tué le conseil d'administration n'a jamais été élucidé, je suis apparu aux yeux des journalistes comme « le sauveur de l'entreprise »
- Et pourquoi l’enquête n'a pas été résolue ? demanda Rufus, curieux
- J'ai augmenté le salaire des flics qui s'occupaient de cette enquête, d'ailleurs j'ai quasiment toute la police de Paris dans la poche maintenant sauf le commissariat de cet arrondissement. Mais il serait peut-être temps de faire connaissance avec vos deux collègues !
Jérémie commença à se diriger vers l'écran géant mais Fabio demanda :
- Attendez, j'ai une dernière question : comment vous avez pu avoir assez d'argent pour faire tout ça ?
- J'ai demandé au Grand Patron. dit Jérémie sans se retourner
Sur ces mots, il se dirigea droit vers l'écran géant laissant Rufus et Fabio complètement abasourdi...

Ils rattrapèrent le génie qui avançait dans l'allée centrale en saluant les gens qu'il croisait puis ils lui demandèrent :
- Comment ça le Grand Patron ? Qui est-ce ? Vous avez des branches dans plusieurs pays ?....
Jérémie les interrompirent en levant brusquement la main avant de répliquer d'un ton sec :
- Oui, il y a un Grand Patron, vous n'êtes pas habilité à travailler avec lui donc vous n'avez pas à savoir son identité et on a effectivement des branches dans plusieurs pays comme le Japon, les Pays-Bas, les Etats-Unis...
- Et, demanda Fabio, vous êtes le chef de la branche française ?
Jérémie, excédé, sortit son arme et la posa sur le front de Fabio qui cessa de parler. Autour des deux personnes, tous les bavardages cessèrent et les employés regardaient avec avidité le combat entre leur patron et son nouvel employé.
Le génie regarda Fabio avec un air de cruauté non dissimulée puis il dit lentement :
- Je commence à en avoir un peu marre de ces questions incessantes alors tu vas maintenant la fermer et tu auras les réponses en temps voulu, est-ce que c'est bien clair ?
Fabio hocha rapidement de la tête pour montrer son approbation et Jérémie enchaîna :
- Si tu n'obéis pas à cet ordre simple, soit je t'exécute sur le champ soit j'appelle Gilles, c'est compris ?
En entendant le nom du majordome tueur, les employés présents autour d'eux frémirent. Rufus crut même entendre l'un des gardes déglutir.
« Ah oui, ce Gilles est vraiment connu dans le milieu » se dit Rufus en observant la réaction des employés.
Le génie, pendant ce temps, avait remis son pistolet dans sa poche et regardait avec un œil dur l'Italien. Au bout d'un moment, il se détourna et reprit sa marche vers le panneau géant. Soudain, il s'arrêta et dit d'une voix rauque et épuisée :
- Et oui, je suis le chef de la branche française !

Après quelques secondes de marche, les deux gangsters et le génie arrivèrent devant le grand écran.
Devant eux se tenaient deux personnes, un homme et une femme, qui regardaient avec intérêt les points rouges qui s'affichaient régulièrement sur l'écran.
Jérémie claqua des mains et les deux personnes se retournèrent, ce qui provoqua des réactions très différentes : Fabio prit un air effaré et se mit à sourire en pleurant de joie alors que Rufus se mit à blêmir et serra les poings, comme s'il se retenait de frapper quelqu'un.
Le génie s'avança, posa sa main sur l'épaule de la femme et dit :
- Fabio, Rufus je vous présente vos nouveaux partenaires !

Tokyo, 3 novembre 2013

La jeune japonaise marchait, marchait, marchait sans s'arrêter. Pendant cette longue balade qui semblait ne pas avoir de fin, elle réfléchissait aux événements de la veille mais surtout à l'arrêt de l'ex amitié des lyoko-guerriers.
« Notre amitié reposait sur Xana, une fois qu'on l'a vaincu notre groupe s'est dissolu ! Le seul moyen de reconstituer notre amitié, ce serait qu'on...crée un nouveau Xana » se dit Yumi avant de s'arrêter et de se dire en secouant la tête :
« Mais qu'est-ce que je raconte ? On ne va pas recréer un danger pour l'humanité qui pourrait devenir pire que Xana à l'époque ! Et puis, qui dit que ça restaurera notre amitié ? »
Soudain, l'ex-geisha s'aperçut d'un truc qui la fit frissonner : elle se trouvait devant l'usine abandonnée où elle avait passé la majorité de sa vie de collégienne-lycéenne. En voyant cette vision du passé, elle se dit en plissant les sourcils :
« Mais qu'est-ce que je fais à Paris ? Et surtout, qu'est-ce que c'est que cette lumière bleue qui sort de l'intérieur ? »
En effet, une forte lumière bleue sortait de l'intérieur du bâtiment et inondait le quai et les maisons alentour. La jeune japonaise plissa de nouveau les yeux tout en se disant :
« C'est bizarre, les habitants ne semblent pas gênés par cette lumière qui moi m'aveugle ! Il faut que j'aille voir ce que c'est ! »
Sur ces mots, en prenant son courage à deux mains, la jeune femme s'avança doucement, lentement...jusqu'à ce que le pont s'écroule sous ses pas et qu'elle tombe dans la Seine en hurlant, hurlant...

Yumi se réveilla en hurlant de frayeur sur la chaise sur laquelle elle s'était endormie la veille. La jeune japonaise, son cœur battant la chamade, se leva lentement en faisant attention au moindre de ses mouvements et regarda l'horloge qui tronaît dans le salon : il était bientôt une heure de l'après-midi !
L'ex-geisha écarquilla les yeux et marcha rapidement en direction de sa chambre pour changer d'habits. Elle chercha rapidement dans l'armoire des vêtements qui pourraient faire bonne impression lors de l'entretien.
Elle s'habilla rapidement après avoir trouvé l'accoutrement nécessaire puis elle descendit le plus vite possible les escaliers.
La jeune japonaise s'apprêtait à se diriger vers l'entrée quand elle vit un petit papier posé sur la table du salon.
Elle le prit, le lut d'une traite, se mit à pâlir et se dirigea en courant vers le garage tout en laissant tomber le petit papier par terre qui disait « Mr Nishimura a annulé tous ses rendez-vous de l'après-midi sur un coup de tête et il dit qu'il peut te recevoir à deux heures de l'après-midi ! Fonce-y, je m'occuperai d'Akiko vu que je finis à quatre heures ! Rebecca »

Quelques minutes plus tard, la jeune femme au volant se dirigeait le plus rapidement possible vers le centre-ville de Tokyo tout en repensant à son rêve étrange et au mot laissé par Rebecca.
« Pourquoi j'ai rêvé de l'usine ? Pourquoi Mr Nishimura a t-il annulé tous ses rendez-vous de l'après-midi, sauf le mien ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Il y a trop de questions sans réponses ! » se dit Yumi en frappant rageusement son volant en voyant les bouchons quotidiens dans le centre de Tokyo.
Après plusieurs minutes de blocage, de coups de klaxons et d'usage de raccourcis en toute sorte, Yumi arriva enfin devant le siège de la société Nishimura, un immense bâtiment de vingt étages qui abritait plus d'une centaine d'employés.
L'ex-geisha se gara sur une place laissée libre devant l'entrée de l'établissement, coupa le contact et regarda sa montre : il était une heure cinquante !
La jeune femme respira lentement pour chasser son stress puis elle se décida à sortir de la voiture. Elle entra d'un pas rapide dans le hall d'entrée puis elle se dirigea vers la réceptionniste qui lisait un magazine sans prêter attention aux allées et venues des gens dans le hall.
La jeune japonaise se posta devant la liseuse de magazines et demanda :
- Excusez-moi, j'ai un rendez-vous avec Mr Nishimura dans...
- Tiens tiens, voilà ma chère sœur ! Qu'est-ce que tu deviens ? l'interrompit une voix familière
L'ex-geisha se retourna rapidement et dit avec un ton froid :
- Hiroki...

La jeune japonaise regarda d'un œil furieux et anxieux à la fois, son frère qui avançait doucement vers elle en souriant.
Il avait bien changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu : il portait un costard-cravate élégant, son sourire, quoi que fabriqué selon Yumi, était éblouissant, ses cheveux noirs étaient impeccablement coiffés et ses grands yeux noirs laissaient transparaître certaines émotions notamment une certaine gène qu'il masquait avec brio.
Hiroki s'arrêta devant Yumi, la fixa tout en gardant son sourire pendant de longues secondes jusqu'à ce que Yumi lui demande d'un ton cassant et froid :
- Qu'est-ce que tu veux?
- Mr Nishimura m'a demandé de te conduire jusqu'à ton bureau. dit le jeune japonais en perdant subitement son sourire
- Pourquoi toi en particulier ? demanda Yumi, un peu intriguée par cette réponse
- C'est ta Rebecca qui lui a dit que j'étais, je cite, « la personne qui connaît le plus Yumi à part moi et qui saura la faire déstresser ». expliqua Hiroki en imitant la voix aigue de l'épouse de sa sœur.
Yumi se mit à trembler de colère en entendant le « ta » et la mauvaise imitation de son crétin de frère tout en se disant « Elle l'a fait exprès ! Il faut vraiment qu'elle comprenne que son cas est désespéré... »
- Bon, on y va ? demanda Yumi avec un ton sans aucune équivoque possible
- Ok, ok t'affole pas grande sœur ! Mr Nishimura a toute l'après-midi devant lui alors on peut rester discu...
- Tu m'amènes tout de suite devant lui ! l'interrompit Yumi en hurlant
Les personnes présentes dans le hall écoutaient avec intérêt la dispute entre les deux protagonistes. Même la réceptionniste avait levé l'oeil de son magazine pour écouter la conversation. Hiroki, qui avait bien remarqué l'intérêt de l'assemblée pour leur discussion marmonna :
- Suis-moi !
Sur ces mots, il se dirigea vers l'ascenseur après avoir adressé un regard noir à l'assemblée aussitôt suivi par Yumi.

Dans l'ascenseur, un silence gênant et quasiment religieux s'était installé entre les deux membres de la famille Ishiyama.
Ce fut Yumi qui le rompit en demandant :
- Ça se passe bien avec ta petite amie ?
- Elle m'a quittée il y a deux semaines pour aller avec un de mes meilleurs amis mais je suis déjà sur un nouveau coup... et toi avec ta... femme ? dit Hiroki sans jeter le moindre regard à sa sœur
- On s'est engueulés hier et j'espère qu'elle aura oubliée lors de l'entretien. Vu qu'elle est la secrétaire de Mr Nishimura, elle sera forcément là...
- Et Akiko ? demanda Hiroki en se décidant enfin à regarder sa sœur
- Elle va très bien, dit Yumi en souriant pour la première fois depuis le début de la discussion, elle travaille bien à l'école, elle ira loin je peux te le dire !
- Ok. conclut Hiroki
Le silence se reforma suite à cette réponse. Plusieurs minutes s'écoulèrent pendant lesquelles Yumi se pinça les lèvres à plusieurs reprises en tentant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.jusqu'à ce que l'ascenseur s'arrête au vingtième étage.
Sans dire un mot, Hiroki sortit et laissa entrer deux employés de la boite. Yumi sortit quelques minutes après lui et put ainsi écouter une bribe de conversation des deux employés :
- Mais comment tu as fait pour avoir une journée de congés par ces temps-là ?
- Bah, j'ai demandé au Grand Patron...
Mais l'ascenseur se referma sur cette phrase et Yumi dut courir pour rattraper son frère qui se dirigeait vers une immense porte situé au bout de la pièce.
L'ex-geisha rattrapa Hiroki et demanda en soufflant :
- Qui...Qui est le Grand Patron ?
- C'est le surnom que donne certains employés à Nishimura, ce que je ne comprends pas mais bon passons...
Yumi, stupéfaite par cette réflexion, s'arrêta et regarda brièvement sa montre : il était une heure cinquante-neuf !
La jeune japonaise accéléra de nouveau le pas et arriva en même temps que son frère devant l'énorme porte à côté de laquelle il y avait un interphone.
Hiroki appuya sur le bouton et dit d'une voix forte :
- Hiroki Ishiyama, chef informatique ! Amène Yumi Ishiyama pour entretien d'embauche !
- Très bien, pouvez entrer ! dit une voix dans l'interphone que Yumi reconnu instantanément : c'était la voix de Rebecca.

Les deux Ishiyama entrèrent dans un immense bureau avec une immense baie vitrée qui donnait une grande vue sur les gratte-ciels de Tokyo. Il y avait également dans la pièce deux bureaux et un canapé, les trois étant occupés.
Le regard de Yumi fut immédiatement attiré par un immense portrait situé sur le mur droit, qui devait représenter Mr Nishimura selon elle.
Soudain, une voix faible résonna dans la pièce :
- Mme Ishiyama...je suis très heureux de vous rencontrer...je suis Mr Nishimura, pour vous servir...
La jeune japonaise se retourna et observa longuement Mr Nishimura : c'était un vieil homme quasiment chauve qui était allongé dans le canapé et qui était relié de toute part à des perfusions.
Le vieil homme tenta de se lever mais une voix douce l'interrompit :
- Attendez Mr, je vais vous aider !
Rebecca se leva de son bureau e se dirigea vers le vieil homme sans adresser le moindre regard à Yumi. Elle se posta devant l'homme, déplia un fauteuil roulant situé à côté du canapé et aida Mr Nishimura à s'asseoir dessus.
Yumi observa le vieil homme avec un mélange de fascination et de pitié tout en se disant « Cet homme est quasiment mort mais il continue de diriger l'une des entreprises la plus florissante du Japon ! »
Soudain, la voix d'Hiroki résonna dans la pièce :
- Je crois que je vais vous laisser, j'ai énormément de travail à...
- Vous restez ici Mr Ishiyama, dit le troisième homme assis derrière le bureau, on aura peut-être besoin de vous.
Hiroki regarda son interlocuteur avec mépris mais resta dans la pièce à côté de sa sœur qui observait impassiblement l'homme qui venait d'interrompre son frère.
Soudain, la voix faible de Mr Nishimura résonna derrière elle :
- Vous venez de faire connaissance avec mon fils, on dirait....Voici Nishimura Jr, le sous-dirigeant de cette entreprise...

Nishimura Jr se leva de son bureau et s'approcha lentement de Yumi : il portait un costume complet noir avec une cravate rouge, il avait des lunettes de soleil qui masquait ses yeux et des cheveux aussi noir que du charbon.
Quand il arriva devant les Ishiyama, il enleva ses lunettes et Yumi frissonna en voyant un iris rouge sang et l'autre noir sombre.
Nishimura Jr sourit devant la réaction de Yumi en disant :
- C'est mes yeux vairons, c'est ça ?
Yumi hocha la tête affirmativement et Nishimura Jr enchaîna :
- Personnellement, j'aime mes yeux, ça rajoute un côté...impressionnant à mon personnage...
- Ne fais pas attention, lui chuchota Hiroki à l'oreille, il est narcissique au possible.
Yumi se mit à sourire alors que Nishimura Jr se mit à rougir de rage mais la dispute à venir fut interrompu par Mr Nishimura qui dit :
- Mme Ishiyama, qu'avez-vous comme qualités qui pourraient servir notre entreprise ?
- Je suis loyale, assez habile de mes mains, intelligente, imaginative, pas trop ambitieuse, à l'écoute de mes collègues et assez douée en informatique !
- Et après, c'est moi le narcissique... marmonna Nishimura Jr
Yumi, piqué au vif, s'apprêta à riposter mais Mr Nishimura continua :
- C'est exactement le portrait que m'a dressé Rebecca... Vous êtes la candidate parfaite....pour ce travail...
- Quel est ce travail, Mr ? Demanda Yumi tout en jetant un regard de biais à Rebecca qui détourna le regard
- Nous travaillions.... sur un nouveau prototype d'ordinateur...un ordinateur complexe avec des liaisons...qui pourrait permettre au gouvernement...de gérer plus facilement les dépenses de l’État...
Le vieil homme prit une grande inspiration avant de continuer :
- Seulement... L’État a rompu...le contrat qui nous ordonnait...de construire cet ordinateur...alors j'ai viré...mon principal ingénieur informatique qui...gérait ce projet...gargantuesque...
Mr Nishimura soupira, reprit une grande inspiration et continua son explication :
- Mais...nous avons reçu...un nouveau contrat...pour cet ordinateur il y a...quelques semaines...et nous n'avons pas su...recruter d'ingénieur assez...qualifié...pour mener à bien...l'opération...alors Rebecca...vous a proposé...
Le vieil homme regarda Yumi dans les yeux et conclut :
- En gros...nous vous...proposons...d'être chargée...de la réalisation...du système...de cet ordinateur...qui doit être...livré en France...dans quelques semaines !

Yumi en resta bouche-bée : on venait de lui proposer de créer le système informatique d'un nouvel ordinateur très puissant ! La jeune japonaise se mit à penser « Rebecca a manipulé cet homme ! Je ne sais pas créer des systèmes informatiques, je sais juste les réparer ! Mais, d'un autre côté, je pourrais peut-être trouver quelqu'un pour m'aider dans cette tache titanesque...et on commence à manquer d'argent alors... Qu'est-ce que je fais, qu'est-ce que je fais ? »
La jeune femme hésita longuement intérieurement, à tel point que Hiroki posa une main sur son épaule et demanda :
- Est-ce que ça va, sœurette ?
- Ça va très bien ! rétorqua Yumi en se dégageant sèchement
Le jeune japonais recula avec un air penaud sur le visage et Yumi crut voir le visage de Nishimura Jr s'illuminer l'espace d'un instant.
La jeune femme s'avança vers le vieil homme et lui tendit la main en disant :
- J'accepte votre offre, Mr Nishimura !
Le vieil homme se mit à sourire et serra la main de Yumi pendant que Rebecca souriait de toutes ses dents derrière Mr Nishimura.
Yumi se décala pour chuchoter à l'oreille de Rebecca :
- Il faudra qu'on parle ce soir !
La jeune femme perdit son sourire et Yumi se replaça de façon à entendre les propos du vieil homme qui dit :
- Vous travaillerez...de huit heures à onze heures le matin...et de...treize heures à dix-neuf heures l'après-midi...dans la section informatique de Mr Hiroki...

Cette fois, ce fut Hiroki qui répliqua :
- Mais Mr, nous ne pouvons pas rester dans une même pièce plus de quatre heures sans tout casser !
- Pour une fois, je suis d'accord avec lui sauf votre respect, Mr. rétorqua Yumi
- Ce n'est pas moi...qui ai ordonné...ça.... expliqua Mr Nishimura
- Alors qui est-ce ? demanda Hiroki qui avait pourtant une hypothèse tout à fait plausible
- C'est moi ! dit Nishimura Jr derrière eux
A la grande surprise de Yumi, Hiroki soupira et dit d'une petite voix :
- Ok, on fera comme vous le voulez, Mr BN !
Nishimura Jr poussa un petit cri de rage et sortit de la pièce sans se retourner pour ne pas apercevoir le petit sourire satisfait d'Hiroki.
- Mr BN ? demanda Yumi, intriguée
- Au départ, il se faisait appeler Mr RN en raison de ses yeux rouge et noir mais les employés l'ont détourné et ils l'appellent Mr BN maintenant !
Yumi regarda son frère dans les yeux : elle voyait qu'il se retenait d'exploser. A côté de lui, Rebecca était partie dans un fou rire et Yumi voyait que même Nishimura-san se retenait tant qu'il pouvait.

Après plusieurs minutes de silence uniquement ponctuées par le rire de Rebecca, Mr Nishimura reprit son sérieux et dit :
- Vous commencerez...demain à la...première heure...je vous laisse...cette après-midi de libre...Mr Hiroki va vous raccompagner...à demain Mme Ishiyama...
Yumi salua son nouveau patron d'un signe de la tête avant de suivre Hiroki hors de la pièce.
Les Ishiyama se dirigèrent d'un pas rapide vers l'ascenseur et l'empruntèrent. A peine la porte fut-elle fermée que Hiroki dit à sa sœur :
- Surtout, méfie-toi de Nishimura Jr ! Ce type est un salaud, il serait prêt à tuer son père pour avoir le contrôle total de l'entreprise !
- Nishimura-san n'a plus le contrôle de son entreprise. devina Yumi
- Tout juste, répondit Hiroki, il gère juste les contrats et la section informatique qui est un peu à part... Et puis, tant que je dirigerai cette section, son salopard de fils ne mettra pas la main sur les projets qu'on développe !
Yumi ouvrit la bouche pour poser la question qu'elle rêve de poser depuis qu'elle a revu son frère mais ce dernier enchaîna :
- Mais méfie-toi encore plus de Samuel, le chef de la sécurité ! Ce mec est complètement dévoué à Mr BN, c'est limite son esclave alors ne lui dis pas la moindre chose concernant ce sur quoi je travaille en ce moment, compris ?!
Yumi hocha la tête pour marquer son approbation et Hiroki se mit à sourire avant que l'ascenseur ne s'arrête : le jeune japonais descendit à cet étage et dit à sa sœur :
- Allez, je vais bosser ! Toi aussi, bosse bien au lit ce soir avec « ta » Rebecca !
Sur ses mots, Hiroki éclata de rire et se dirigea vers son bureau, laissant dans l'ascenseur une Yumi fulminante de rage.
Pour elle, cette phrase ne voulait dire qu'une seule et unique chose : la trêve est finie !


Amsterdam, 3 novembre 2013

Odd se réveilla après une longue nuit de sommeil. Il essaya de se remettre debout mais une douleur fulgurante au niveau du bassin fit sursauter Léonard qui dormait à côté de lui. Ce dernier se leva et dit :
- Ne te lève pas tout de suite, tu as deux côtes de cassées !
Le blondinet se laissa retomber sur son matelas et demanda d'une voix faible :
- Tu es le frère du Boggs qui m'a agressé ?
Léonard acquiesça d'un signe de la tête et dit tout en remplissant un verre d'eau avec une carafe posée à côté de lui :
- Mon frère veut que tu rembourses les dettes que tu as envers lui : il a déjà récupéré cent euros mais il faut que tu lui rendes encore deux-mille cinq cents euros si ma mémoire est bonne...
- Comment il a fait pour récupérer les cent euros ? Il est allé fouiller chez moi ?! demanda Odd
- Oui et il a tabassé un de tes potes qui refusait de le laisser entrer, un petit brun aux yeux marrons....
- Merde, Alan... marmonna Odd avant d'ajouter :
- Mais il va bien ?
- J'ai réussi à le conduire jusqu'à Hershel avec l'aide de ton autre pote qui était parti faire des courses... Dimitri voilà ! Notre médecin s'en ait occupé mais il ne s'est toujours pas réveillé...
Anéanti par cette nouvelle, Odd refusa le gobelet que lui tendit Léonard et s'effondra sur son lit : en moins d'une journée, Boggs lui avait cassé plusieurs côtes, l'avait dévalisé et avait plongé Alan dans un état critique.
Le blondinet se mit à penser « Tout ça est arrivé par ma faute... Si j'avais pas demandé de l'argent à ce taré pour payer ma drogue, rien de tout cela ne serait arrivé ! Et Alan ne serait pas entre la vie et la mort en ce moment... »
- Est-ce que ça va ? Demanda Léonard avec un ton inquiet
- Tu peux me laisser seul s'il te plaît... Il faut que je réfléchisse...
Léonard acquiesça d'un signe de la tête et sortit de la pièce, laissant Odd seul avec ses réflexions...

Le blondinet moqueur resta pendant plusieurs heures à ressasser inlassablement les faits dans sa tête jusqu'à ce qu'il aperçoive son téléphone à côté de lui. Il regarda ce téléphone pendant de longues secondes, minutes, heures même.
Une pensée saugrenue lui passa par la tête « Et si je l'appelais ? Et si je les appelais ? Mais non, je suis bête, ils ne me répondront jamais... Ils ont juré de m'oublier... Et j'ai juré de les oublier...mais d'un autre côté, j'ai besoin d'eux... S'ils ont su m'aider dans le passé, ils sauront m'aider maintenant... Ou peut-être pas... »
Soudain, la porte se rouvrit sur Léonard, Hershel et un jeune homme aux longs cheveux noirs et aux yeux verts qui fixaient Odd avec inquiétude.
- Dimitri, balbutia faiblement Odd, Alan s'est réveillé ?
Le jeune homme fit « non » de la tête avec un air désolé. Le blondinet moqueur ferma les yeux pour que les trois personnes présentes ne voient pas les larmes couler puis il demanda :
- Combien de jours de rétablissement me reste t-il ?
- Il te reste une dizaine de jours de repos avant que tes côtes ne soient de nouveau consolidées ! répondit Hershel en s'approchant pour ausculter son patient
- Dix jours ? répéta Odd en soupirant
Soudain, Hershel se releva rapidement, murmura un « Mais c'est incroyable » et se pencha pour ré-ausculter son patient, ce qui étonna le blondinet qui demanda :
- Qu'est-ce qui se passe ? Il y a quelque chose de plus grave ?
- Au contraire, répondit Hershel en souriant malgré son air perplexe, tes côtes ne sont plus cassées !

Odd se redressa brusquement en écarquillant les yeux puis il s'aperçut qu'il ne ressentait plus aucune douleur.
Il descendit de son lit et fit quelques pas prudents sous les regards émerveillés des trois personnes présentes dans la pièce avant de se mettre à courir en rond autour du lit en riant de plaisir.
Seulement, dans sa tête, le questionnement était énorme « Comment ça se fait que mes côtes ne sont plus cassées ? Hershel a du faire une erreur de diagnostic, je ne devais pas avoir les côtes cassées.. Mais alors, c'était quoi ces douleurs ? J'y comprends rien... »
Soudain, Odd s'arrêta brusquement de marcher pour saisir son téléphone et il se tourna vers Hershel pour lui demander :
- Où est Alan ?
- Suis-moi, l'invita Hershel en sortant de la pièce.
Le blondinet le suivit d'un pas rapide, escorté par Dimitri. Léonard, lui, resta un moment dans la pièce avec un regard soupçonneux avant de suivre les autres.

Odd regardait imperturbablement le corps immobile de son meilleur ami. Dire que Boggs l'avait tabassé était un euphémisme : il l'avait plutôt torturé.
Son visage était couvert de contusions et bleus en tout genre, un de ses yeux était injecté de sang et il lui manquait un morceau d'oreille. Il avait une épaisse plaie sur le cuir chevelu, les dents de devant arrachées et le nez cassé, tordu dans un angle indéfinissable.
Son bras gauche était détruit, complètement retourné : son poignet ressemblait à un os décharné et il lui manquait le majeur. Le bras droit avait eu plus de chance : il a juste été cassé.
Son ventre était lui aussi brodé de contusions et bleus : le blondinet put apercevoir les creux qui symbolisaient les côtes cassées.
Sa jambe droite était tordue à 90° et son pied était dans la position normale. Idem pour la jambe droite.
Dimitri s'approcha de son ami, posa sa main sur son épaule et dit :
- Odd, c'est proprement impossible qu'il survive avec des blessures comme ça ici ! On devrait l'emmener à l'hôpital ! dit-il en fixant Hershel avec un regard implorant.
- Mon frère travaille à l'hôpital, intervint Léonard, il l'achèverait si on l'amenait là-bas !
Le blondinet n'écoutait pas ses nouveaux amis, il fixait la poitrine d'Alan qui se levait et s'affaissait à intervalle réguliers et la multitude de perfusions qui l'entourent.
- Hershel, vous étiez infirmier ? demanda Odd
- Oui, j'étais chargé de garder les instruments, j'en ai profité pour en garder quelques-uns au cas où ! répondit Hershel
- Débranchez-le. dit calmement le blondinet

La phrase laissa bouche-bée les trois personnes présentes dans la pièce jusqu'à ce que Dimitri retrouve la parole :
- Tu ne le penses pas, Odd ! On va le tuer si on...
- Il mourra de toute façon de ses blessures, elles sont trop graves ! répondit Odd
- Et sa famille ? Elle n'est pas informée ! intervint Léonard
- Je connais bien son père, je l'en informerais, ne t'inquiète pas. répondit le blondinet qui fit un signe de la tête à Hershel en retenant tant qu'il peut ses larmes
L'infirmier retraité s'approcha des perfusions et les enleva une par une devant les trois jeunes hommes qui tentaient tant bien que mal d'éviter de pleurer.
Hershel s'arrêta au moment d'enlever la dernière perfusion, il se tourna vers Odd et lui demanda :
- Tu es vraiment sur de vouloir faire ça ? Et sa famille devrait avoir le mot à dire non ?
Odd le regarda dans les yeux puis il lui dit calmement :
- Sa mère est morte et il n'a pas parlé à son père depuis plus de trois ans, nous sommes un peu devenus sa seconde famille. Et nous voulons abréger ses souffrances, n'est-ce pas Dimitri ?
Ce dernier hésita quelques secondes avant d'hocher la tête pour montrer son accord. Hershel se détourna des jeunes hommes, prit une grande inspiration et débrancha la dernière perfusion.
Le corps d'Alan commença alors à être pris de spasmes incontrôlables avant de cesser brusquement de bouger, sa poitrine se leva une dernière fois avant de retomber définitivement.

Les larmes coulaient à flots sur le visage d'Odd. Il ne pouvait plus, ne voulait plus se retenir. Au fond de sa tête, ses pensées étaient verrouillées sur ce qui venait d'arriver « J'ai pris la bonne décision, Alan méritait qu'on abrège ses souffrances...mais il ne méritait pas de mourir aussi jeune...Boggs...si je te retrouve....ça va mal finir... »
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Dimitri en faisant sortir son ami de ses sombres pensées
Odd se retourna alors pour fixer Dimitri, Hershel et Léonard : dans ses yeux brillaient la soif de vengeance. Et c'est avec un calme impressionnant qu'il dit :
- On retrouve Boggs et sa bande et on les fait tous payer !




Kiev, 3 novembre 2013

Ulrich souriait, il souriait pour la première fois depuis des semaines : il avait conclu une transaction à cinq millions de dollars sans aucun problème, ce qui était la première fois depuis des mois. Et ça va faire huit heures qu'il est dans la voiture, en direction de la ville dans laquelle se déroulera la seconde transaction.
« Heureusement que Stephen est là pour prendre contact avec les acheteurs, c'est vraiment un homme de confiance... C'est le seul à qui je pourrais vraiment confier des missions aussi importantes que celles-là... » se dit Ulrich en regardant le siège conducteur de la berline

Le jeune trafiquant d'armes regarda l'autoroute longuement avant de détourner la tête pour regarder la route avant de demander à Stephen qui conduisait :
- Tu sais où se déroule la seconde transaction ?
- A Kiev ! répondit Stephen en prenant un raccourci par une petite ruelle
- A Kiev ? s'étonna Alex avant d'ajouter :
- Mais s'ils apprennent là-bas qu'on a vendu des armes aux séparatistes, on va se faire exécuter immédiatement !
Ulrich secoua négativement la tête avant de dire d'une grosse voix :
- Ils nous enfermeront, nous tortureront à la limite mais ils ne nous exécuteront pas : après tout, ils ont besoin de nos armes, non ?
- Bah, on aura les sacs avec nous, ils n'auront qu'à les prendre ! argumenta Alex sans voir Stephen sourire sur le siège conducteur
- J'avais confiance en Drakov parce que Stephen le connaissait donc je n'ai pas mis de code. Or, nous ne connaissons rien de l'armée ukrainienne, donc j'ai mis une petite serrure codée ! Ils seront obligés de nous laisser en vie s'ils veulent les armes !
- Et quand ils auront les codes, qui dit qu'ils ne nous tueront pas sur le champ ? demanda Alex en jetant un pavé dans la mare

Ulrich perdit brusquement son sourire en entendant cette remarque parfaitement sensée d'Alex. Il se perdit dans ses pensées et se mit à réfléchir « Si je leur proposais un supplément pour qu'ils nous laissent en vie ? Non, ils vont m'accuser de corruption.... Ou bien je livre Alex et Stephen et je me barre.... Non, ce serait trop cruel et plus aucun de mes hommes ne me ferait confiance.... »
Stephen, lui, soupira et dit à Alex :
- On mise sur la chance à chaque fois qu'on a une transaction et de toute façon, on sera armés !
- Ouais, on sera trois contre une armée. ironisa Alex
- On aura aucune chance de s'en sortir s'ils décident de nous tuer ! conclut Ulrich avec un sourire dépité

Le trafiquant se replongea dans ses pensées « Au moins, ce sera une mort noble, comme le voulait mon père... Il souhaitait une mort au combat en vieux père limite militaire qu'il était... »
Alex, de son côté, pensait également au sort probable qui l'attendait « Le patron n'est pas suicidaire et il sait ce qu'il fait... De toute façon, je sais que je ne vais probablement jamais revoir ma femme et mes gosses...mais bon, c'est les risques du métier... »
Et quand à Stephen, il était plutôt optimiste contrairement à ces deux compères « Ils ne nous tueront pas, sinon ils devront expliquer à l'ONU le pourquoi du comment de cette transaction d'armement et ils seraient profondément dans la merde au niveau politique internationale... Ah merde, ils couvriront l'affaire... On est foutus... »
Maintenant, les trois compères sont complètement pessimistes et résignés à leur sort, c'est donc à ce moment qu'Ulrich repensa de nouveau au leg de l'entreprise par son père....

Ulrich ouvrit la porte et, complètement abasourdi, observa l'immense salle de réunion avec plus d'une douzaine de sièges tous vides.
Mais ce qui l'impressionna le plus, c'était ce qui se tramait en dessous de lui : des centaines de robots et d'employés s'affairaient à la création de...de...
- Des... Des ours en peluche ? bredouilla Ulrich, complètement incrédule face à ce spectacle étonnant
Stern père pouffa de rire derrière lui et dit en souriant :
- A ton avis, pourquoi tu avais autant de doudous quand tu étais petit ?
Ulrich détourna la tête en tentant tant bien que mal de garder son calme alors que son père, qui avait entre temps repris son sérieux, dit d'une grosse voix :
- Oui, nous fabriquons des ours en peluche mais ce n'est qu'une couverture qui marche d'ailleurs vraiment bien !
- Une couverture ? Avec des ours en peluches ? demanda Ulrich, complètement stupéfait
- Au moins, personne ne peut soupçonner qu'il y a anguille sous roche ! As-tu des questions avant qu'on descende au niveau inférieur ?
Ulrich hésita pendant quelques secondes avant de demander :
- Teddy a été produit ici ?

Stern père s'avança et sans dire un mot, lui donna une violente gifle. Ulrich recula et s'affaissa contre le bureau et se frotta la joue, en état de choc. Le vieil homme s'avança et dit d'un ton sec :
- Il est temps de cesser de s'apitoyer et de cesser de gémir ! Tu es un adulte maintenant et tu t’apprêtes à devenir le patron d'une des plus grandes entreprises du pays !
- Qui fabrique des ours en peluche ? Bonjour le ridicule ! marmonna Ulrich
- Mais le principal n'est pas ces stupides ours en peluche Ulrich ! dit Stern père qui commençait à perdre patience.
- Alors, c'est quoi ? hurla Ulrich qui avait, lui, déjà perdu son calme
Les deux hommes se regardèrent en chiens de faïence pendant deux à trois secondes avant que Stern père ne se dirige vers le mur de droite et toque doucement.
Ulrich observa alors que le mur était creux au son que produisait l'impact. Stern père se dirigea vers le bureau et appuya sur un petit bouton rouge placé sous le premier tiroir, ce qui eut pour effet d'ouvrir le mur qui laissa la place à une cage d'ascenseur.
Stern père se tourna vers Ulrich et il lui dit :
- Tu viens fils ?
Ce dernier hocha la tête, entra dans l'ascenseur au côté de son père qui appuya sur un bouton situé sur le côté de l'ascenseur, ce qui fit fermer le mur et descendre l'ascenseur dans les ténèbres...


- Patron ? Patron ? demanda Alex en tirant Ulrich de ses pensées
- Qu'est-ce qu'il y a encore ? demanda le trafiquant avec un ton énervé
- On est arrivé à Kiev il y a dix minutes, dit Stephen, et nous venons d'arriver sur le lieu de la transaction !
Ulrich regarda dehors d'un œil intrigué puis il marmonna :
- Non mais il déconnait ton contact là ! Ça ne peut pas être là, on a du se planter d'adresse !
- Non, dit Stephen, on est bien arrivé et notre contact nous attend donc on devrait se dépêcher !
- Putain mais c'est pas possible ! marmonna de nouveau Ulrich en sortant de la voiture avec Alex et Stephen tout en admirant la splendide façade du palais Maryinsky, le palais présidentiel ukrainien.
A peine les trois hommes furent-ils arrivés devant la grille que trois soldats braquèrent leurs armes sur eux jusqu'à ce qu'une voix forte et impériale retentisse derrière eux :
- Stop ! Retournez à vos postes !
Les soldats obéirent et se retirèrent rapidement pour laisser passer un homme en uniforme militaire avec un béret vert et trois étoiles sur le veston. Il portait une petite moustache en brosse, ses yeux verts pétillaient et on pouvait distinguer la forme d'un gilet pare-balles sous son uniforme.

- Bonjour, dit l'homme en anglais en arrivant devant la grille, je suis le général Porochenko, je suis ravi de vous rencontrer ! Vous devez être Stephen, Stern et Alex ?
Ulrich remarqua avec étonnement que le général ne l'avait pas appelé par son prénom mais il ne put répliquer car Stephen hocha la tête affirmativement, ce qui fit sourire le général qui ouvrit les grilles et dit :
- Garez votre voiture à l'intérieur, mes hommes déchargeront le matériel !
- Juste une question, demanda Ulrich : pourquoi notre rendez-vous se fait dans le palais présidentiel ? On est à la vue de tout le monde ici !
- Vous ne venez jamais en Ukraine hein Mr Stern ? demanda Porochenko en réprimant un sourire
- En effet, c'est la première fois que je viens ici mais répondez à ma question !
- Le président n'habite pas ici, c'est un palais d'apparat, expliqua Porochenko, et c'est là que l'armée s'installe depuis quelques temps alors c'est normal que des invités de marque vienne ici !
Ulrich ferma lentement sa bouche et remonta dans la voiture tout en voyant Porochenko faire un large sourire satisfait. Une fois que ses deux hommes de mains furent remontés, Stern demanda :
- Stephen, t'es sur que Porochenko est de confiance ?
- C'est le seul qui a accepté sans sourciller la transaction, qui a accepté nos conditions et de lâcher le fric exigé ! Je crois qu'il n'y a pas à discuter !
Sur ces mots frappants, il gara la voiture dans l'enceinte du palais et s'apprêta à descendre quand Ulrich l'interrompit :
- Attends, je voulais te poser une question : pourquoi tu ne m'as pas dit que Drakov parlait français ?
- Je n'en voyais pas l'utilité ! expliqua calmement Stephen en sortant de la voiture pour rejoindre Porochenko
Ulrich, complètement abasourdi, regarda Alex qui haussa les épaules et suivit son collègue. Stern le vit s'éloigner avant de se décider enfin à sortir de la voiture pour aller rejoindre ses collègues.

Quelques minutes plus tard, les trois hommes et le colonel entrèrent dans une immense salle de réunion très décorée située au rez-de-chaussée, dans la partie ouest du palais.
La table était recouverte d'une nappe de couleur argentée qui contrastait avec les murs, tous de couleur dorée.
Ces mêmes murs étaient recouverts de tapisseries qui couvraient d'immenses fenêtres qui laissaient transparaître toute la lumière du jour.
Sur le mur du fond, Ulrich put apercevoir une grande cheminée au dessus de laquelle un blason représentant un trident jaune sur un fond bleu tronaît fièrement.
Le colonel sortit le trafiquant de sa contemplation en disant en anglais avec un accent russe assez prononcé :
- Asseyez-vous, je vous en prie !
Les trois hommes s'assirent, Ulrich étant malgré tout toujours un peu méfiant, et écoutèrent attentivement le colonel qui commença :
- Vous avez, d'après Stephen, des AK-47 et des RPG-7 « fabriqués maisons », si je puis dire ?
- C'est exact, approuva Ulrich, nous les produisons en France sous le couvert d'une..autre société.
- Très bien, très bien... marmonna le colonel
Dans le même temps, Ulrich s'aperçut que les soldats avaient déposé les deux sacs et s'étaient mis au garde-à-vous devant la porte.
Porochenko se mit à sourire et dit sans sourciller :
- Vous avez mis un code n'est-ce pas, pour protéger vos armes ?
- Comment vous le savez ? intervint Alex qui commençait aussi à se poser des questions
- Ce n'est pas la première fois que je réalise ce genre de transactions et généralement, les trafiquants d'armes protègent la marchandise.

Ulrich ne put qu'approuver la réplique du colonel qui dit alors purement et simplement :
- Maintenant, donnez-moi les armes et je vous donnerai le fric !
- On veut le voir, intervint Stephen à la grande stupéfaction des gens présents dans la pièce, avant de donner la marchandise.
Le colonel, surpris par cette demande, claqua des doigts et un soldat vint poser devant lui une grosse mallette noire qu'il ouvrit : à l'intérieur se trouvait d'énormes lingots d'or qui devaient chacun coûter un demi-million d'euros.
- Quinze millions d'euros, dit Porochenko sous le regard admiratif des trois trafiquants, c'est bien la somme que vous demandiez pour ces armes ?
- C'est exact ! dit Ulrich sans se départir de son calme
- Alors maintenant, donnez-moi les armes ! ordonna le colonel en refermant brutalement la mallette
Ulrich se leva, se détourna et se dirigea vers les deux sacs le plus lentement possible. Il composa tellement vite les deux codes qu'aucun des russes présents dans la pièce ne put retenir la moindre lettre les composant.
Il ouvrit en grand les sacs et montra à Porochenko son contenu. Ce dernier, agréablement surpris, donna la mallette à Stephen et s'avança pour saisir une arme tout en demandant calmement :
- Au fait, pourquoi vous nous donnez comme ça des armes ? Uniquement pour le fric ou pour autre chose ?
- Je peux vous dire que je suis de tout cœur avec vous dans votre combat contre cette armée séparatiste corrompue et anti-ukrainienne !
- C'est bizarre, commenta Porochenko en rechargeant l'AK-47 sous le regard inquiet d'Ulrich qui mit la main dans son veston en même temps qu'Alex et Stephen qui écoutaient la conversation, vous avez dit quasiment la même chose dans ce hangar quand vous avez remis des armes à des séparatistes !
Juste après cette phrase révélatrice, la grande porte s'ouvrit et Ulrich fixa le nouvel arrivant : des cheveux noirs coupés courts, de grands yeux bleus, un long manteau noir et un large sourire.
Maxim.

Immédiatement, Ulrich dégaina son arme et la braqua sur Maxim qui éclata de rire et dit dans un français parfait :
- Tu sais Stern, Drakov n'était pas le seul à parler parfaitement le français, il me l'avait appris je dois te dire !
Du coin de l'oeil, Ulrich aperçut Alex et Stephen retenu par Porochenko et les soldats ukrainiens.
Maxim s'avança lentement et continua sa tirade :
- Les forces armées ukrainiennes ont attrapé Drakov et Boris à la sortie du hangar et ils vous ont laissé venir ici, sous mon initiative je dois dire parce que je n'avais pas envie de devoir vous transporter en plus des autres prisonniers !
- Où sont Drakov et Boris ? hurla Ulrich tout en gardant en joue le traître
- Dans un endroit où tu vas bientôt te retrouver, si tu poses ton arme. Dans le cas inverse, tu finiras au paradis et tes chers compagnons avec toi.
La tension était palpable dans la salle : Ulrich braquait imperturbablement Maxim qui continuait à sourire alors que les deux collègues du trafiquant étaient dans la ligne de mire de Porochenko.

Finalement, après de longues secondes, Ulrich baissa son arme, la posa par terre et s'approcha de Maxim en levant les bras en l'air. Le traître s'avança lui aussi en disant :
- C'est très bien, tu as compris la le...
Mais le trafiquant l'interrompit en lui donnant un violent coup de tête qui le fit tomber à la renverse en se tenant le nez. Les soldats braquèrent immédiatement leurs armes sur lui mais la voix grave de Maxim résonna :
- Ne tirez pas, ne tirez pas !
Les soldats se décalèrent et arrêtèrent de braquer Ulrich. Maxim s'avança rapidement jusqu'à se retrouver en face de Stern : toute la joie et l'ironie dans ses yeux a été remplacé par de la haine pure et simple.
- Emmenez-les ! dit simplement Maxim
Les soldats se saisirent d'Ulrich et le traînèrent hors de la pièce. Alex et Stephen suivirent, encadrés par d'autres soldats. Mais Maxim saisit Porochenko par le bras et lui posa juste une simple question :
- Pourquoi tu ne les a pas fouillés ?
- Nous étions supérieur en nombre, je n'en voyais pas l'utilité ! répondit Porochenko
- Garde un œil sur les prisonniers, tu resteras toute la journée à côté d'eux, je te remplacerai pour la nuit ! ordonna Maxim
- Ok, Patron ! dit Porochenko avant de faire un salut militaire et de quitter la pièce, laissant un Maxim seul, heureux que la première phase du plan de son maître se soit déroulée comme prévu...
Aujourd'hui, c'est couscous-boulettes !!! Odd Della Robbia

Soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le rôle du méchant ! Harvey Dent alias Double Face

Ça sert à rien, mais j'ai trouvé ça joli ! Mozinor

Freeze, t'es givré ! Batman

Vous savez ce qui as tué les dinosaures ? L'âge glaciaire !! Mr Freeze

Je suis le maitre du monde !!! Moi et NON ça ne provient PAS de ce film dont je ne noterais pas le nom !
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Message 29 Juin 2014, 13:34

Re: Le Royaume du Mal

Dans les environs de Paris, 3 novembre 2013

Aelita ouvrit lentement un œil puis le referma aussi sec. Elle essaya avec l'autre œil puis, ne ressentant aucune douleur, elle se décida à ouvrir les deux yeux.
La jeune femme se trouvait dans une petite pièce qui était seulement meublée avec un lit, une petite table de chevet en bois et une petite fenêtre qui montrait une belle vue de la ville dans laquelle se situait le Strip-Club du Bois.
En regardant autour d'elle, elle s'aperçut qu'il y avait un jeune homme, probablement de la boite qui dormait sur une chaise devant la porte.
Aelita le regarda pendant un long moment tout en pensant « Crazy Bob a du lui demander de me surveiller... Ce n'est pas Karl, ni Roman... Je ne le connais pas, c'est étrange... »
Soudain, le jeune homme ouvrit lentement un œil et vit sa « protégée » le regarder avec de grands yeux. Il se redressa, bailla à s'en décrocher la mâchoire et s'approcha lentement de la jeune femme jusqu'à se retrouver à côté de son lit.
Il fit un large sourire et dit d'une voix douce et assurée :
- Aelita, je suis le docteur Jenner, le médecin du quartier ! C'est un certain Karl qui m'a appelé pour que je veille sur toi !
La jeune femme se mit à sourire en entendant le nom du seul videur de la boite qui considérait « un tant soit peu » les prostituées comme des personnes qui ont des droits.

La jeune femme examina de plus près le docteur : c'était un jeune homme avec des cheveux blonds qui lui arrivaient aux oreilles, qui était assez musclé et avec des grands yeux bleus qui fixaient la jeune femme avec une certaine tendresse.
Jenner s'approcha, posa une main sur sa poitrine et lui demanda :
- Tu ne ressens pas la moindre douleur quand je fais ça ? demanda t-il en appuyant vigoureusement sur le bassin de la jeune femme
- Non, au contraire ! dit Aelita en souriant
Le docteur la fixa avec un regard perplexe avant de dire :
- Il y a un truc qui ne colle pas là !
- Quoi ? demanda Aelita en fronçant les sourcils
- Hier, expliqua Jenner, quand votre ami m'a appelé, vous étiez limite en train de mourir et aujourd'hui, vous êtes en pleine forme ! Vos bleus sont encore là mais vous ne semblez ressentir aucune douleur ! Et votre coupure à la poitrine a tout bonnement disparu !
- Il vous a dit quelque chose, Karl ?
- Non, répondit le docteur en hochant négativement la tête, il m'a juste dit de te veiller et de ne laisser personne entrer puis il est sorti de la pièce en courant.
- Et ensuite, il ne s'est rien passé d'autre ?
- Il est revenu à un moment avec un certain Roman mais ils sont partis tout de suite après ! conclut le docteur en ré-auscultant sa patiente
Le docteur murmura un « Mais c'est incroyable ! » avant de se lever et de demander avec un ton suspicieux :
- Est-ce que tu peux me dire ce qui t'es arrivé ? Parce que, même si tu as miraculeusement récupéré, ça pourrait recommencer !

La jeune femme soupira et détourna son regard du visage du docteur pour réfléchir « Si je l'avertis et qu'il décide de prévenir les flics, Crazy Bob me fera encore plus mal... Et puis, pourquoi j'ai soigné mes blessures comme ça ? C'est étrange, ça me rappelle mon talent de création quand j'étais sur Lyoko... »
Le docteur la fixant toujours, elle se décida et dit d'une voix faible :
- Vous connaissez mon métier ?
- Karl me l'a dit oui. acquiesça Jenner sans montrer le moindre signe d'indignation, ce qui rassura la jeune femme qui continua :
- Je travaille ici depuis maintenant quatre ans et... il y a un nouveau directeur qui est arrivé il y a trois mois. Il s'appelle Bob mais tout le monde le surnomme Crazy Bob à cause de son goût pour la violence...
- Il t'a battu ? devina Jenner en prenant une mine scandalisée
- Oui, acquiesça Aelita, et c'est pas la première fois : il impose une somme minimum à rapporter à la fin de la journée pour chacune de ses employées et si tu ne la rapportes pas...
Aelita frissonna en se rappelant de la main de Crazy Bob qui tenait la ceinture et Jenner enchaîna avec un ton horrifié :
- Personne ne fait rien ? Vous n'avez pas alerté les autorités ?
- Il y a deux videurs dans la boite : Roman est complètement dévoué à Crazy Bob et il approuve ses méthodes. Karl, lui, est contre Crazy Bob mais il ne veut pas élever la voix, de peur qu'il ne se fasse virer et qu'on subisse encore plus... Quand à nous, on n'a aucun droit, si on élève la voix on se fait encore plus tabasser !
- Et la police ? demanda Jenner
- La police vient souvent dans ce club mais pas pour arrêter des gens, si vous voyez ce que je veux dire... répondit Aelita avec un ton cynique

Jenner se rassit sur sa chaise, mit sa tête dans ses mains et demanda :
- Mais c'est contre-productif de frapper ses employées, comment il veut que vous rapportiez de l'argent si vous avez des traces de coups sur le corps ?
- Cette « somme minimum » n'est qu'un prétexte : tout ce qui l'importe, c'est de se sentir supérieur, de nous humilier et de nous détruire mentalement ! On rapporterait la somme requise, il nous frapperait quand même ! Et quand on a des bleus ou des trucs comme ça, il nous met en « stand-by » jusqu'à ce que ça disparaisse !
- Et quand vous êtes vraiment trop amochées pour reprendre le travail, qu'est-ce qu'il fait ? demanda Jenner qui avait une petite idée horrible de la réponse
- Il envoie Roman et la fille en question dans les bois... Et Roman revient seul...
Jenner la regarda dans les yeux et dit avec un ton catégorique :
- Tu ne reprendras pas ton travail, je vais lui imposer de te mettre en congé maladie pour que tu puisses t'enfuir d'ici avec moi et Karl !
- Il ne sait même pas ce qu'est un congé maladie et il nous poursuivra, il enverra Roman et la police à votre poursuite et il nous tuera !
Le docteur, devant cette affirmation, baissa la tête et dit d'une voix forte :
- Ok, c'est un peu extrême comme idée... En tout cas, s'il recommence, tu m'appelles d'accord ?
- Je n'ai pas votre numéro ! rappela Aelita en fixant Jenner avec un regard nouveau
- Tu demanderas à Karl, il te le donnera ! dit Jenner en se levant et en se dirigeant vers la sortie

Soudain, au moment où Jenner allait quitter la pièce, la porte s'ouvrit brusquement et Becky surgit dans la pièce comme une furie. Ses cheveux étaient mal coiffés et des larmes coulaient sur ses joues. Aelita demanda immédiatement :
- Mais qu'est-ce qui se passe ?
- C'est Cristina... Roman veut l'emmener en forêt ! Karl essaye de l’en empêcher mais ça va bientôt tourner à la baston !
Aelita regarda Jenner dans les yeux : il hocha la tête et se jeta hors de la pièce. Aelita allait sortir quand Becky demanda :
- Qui est cet homme ?
- C'est le Dr Jenner, Karl l'a appelé pour qu'il s'occupe de moi suite à...
- J'ai compris, coupa Becky avant de demander, et tu n'avais rien de plus que des bleus en sortant de chez Crazy Bob ? Ça m'étonne...
Aelita, pour ne pas affoler son amie, dit d'un ton pressé :
- On en parlera plus tard, il y a plus urgent : il faut qu'on aide Jenner et Karl à sauver Cristina !
Becky acquiesça d'un signe de la tête et la jeune fille aux cheveux roses sortit immédiatement de la pièce. Becky se dit « Elle cache quelque chose et je vais savoir quoi ! » avant de secouer la tête et de sortir de la pièce en courant.

Les deux jeunes femmes arrivèrent en courant devant le bureau du directeur et entrèrent en claquant la porte comme des furies.
A l'intérieur de la pièce se tenait un véritable simulacre de procès : l'accusée (Cristina) était recroquevillée au centre de la pièce, ses avocats (Karl et le Dr Jenner) se tenaient devant elle et empêchait les personnes qui réclamaient le « châtiment suprême » (Crazy Bob et Roman) de mettre la main dessus à grand renfort d'arguments en tout genre.
A bout de nerfs, Roman hurla :
- Laissez-nous faire ce que l'on veut, vous n'avez aucun droit ici !
Aelita observa longuement le videur le plus détesté de la boite : Roman était un grand rouquin aux cheveux coupés courts, avec des yeux marrons qui laissaient transparaître ses émotions en permanence : là, en l’occurrence, il se retenait de tuer quelqu'un visiblement.
- Vous n'avez aucun droit sur elle ! C'est un être humain comme les autres, pas une esclave ! hurla Jenner qui semblait encore plus énervé que son interlocuteur
- Vous oubliez mon cher monsieur, répliqua Crazy Bob avec un ton parfaitement calme, que j'ai acheté ces femmes alors j'ai tous les droits sur elles !
- Mon cul, va ! C'est votre prédécesseur qui nous a embauchées, abruti ! hurla Aelita pour faire entendre sa voix

Les quatre hommes se retournèrent et observèrent avec stupéfaction la jeune femme bien portante, sauf le Dr Jenner qui se mit à sourire.
Crazy Bob balbutia :
- Mais.. Mais... C'est impossible !
- Vu ce que tu m'as fait hier, c'est vrai que je devrais être dans un léger coma mais non, je suis dans un bon état et je suis prêt à écraser ta tête de con sur le bureau !
Fou de rage, Roman bondit sur la jeune femme avec les points en avant mais Bob l'interrompit en disant d'un ton sec :
- Stop, Roman !
Le videur s'arrêta en pleine course, stupéfait de l'ordre de son patron qui avait baissé la tête et qui dit alors d'une voix froide :
- Sortez...tous....de cette pièce...
Cristina ne se fit pas prier : elle se leva et se jeta hors de la pièce aussitôt suivi par Becky qui n'avait pas dit un mot de toute la conversation. Karl jeta un regard incrédule à son patron puis il quitta la pièce. Roman le suivit en se retenant tant bien que mal de frapper Aelita.
Le Dr Jenner allait sortir de la pièce lorsque la voix de Crazy Bob retentit dans la pièce :
- Docteur...je vous interdis de revenir dans cet établissement...de quelque façon que ce soit....et pour n'importe quel motif !
- Si ça ne tenait qu'à moi, je vous dénoncerais à la police, espèce d'enflure ! dit Jenner dans ses dents
Crazy Bob émit un petit rire étouffé avant de dire :
- Si vous saviez le nombre de fois où j'ai eu affaire à la police... Mais bon, sortez maintenant !
Jenner regarda le patron qui fixait le sol avec une haine non dissimulée, suivi d'Aelita qui n'arrivait pas à croire ce qui se passait.

Une fois que Crazy Bob entendit la porte de son bureau claquer, il se mit à sourire, saisit son téléphone et composa un numéro. Au bout de la troisième sonnerie, son interlocuteur répondit :
- Allô ?
- Un des tests a été concluants, patron ! expliqua Crazy Bob avec un ton joyeux
- Quel est le nom de celle qui a réussie ce test ?
- Aelita Stones, Monsieur !
A sa grande surprise, son interlocuteur se mit à hurler dans le combiné obligeant Crazy Bob à vite décoller son oreille :
- Tu n'aurais pas pu me dire que tu avais Aelita Stones parmi tes employées, putain de merde !
- Mais comment vous vouliez que je sache...
- Ta gueule, hurla l'interlocuteur, dorénavant tu seras à Paris avec moi ! Roman dirigera la boite et tu lui expliques bien que, s'il porte la main une seule fois sur Aelita, je viendrais le buter moi-même, c'est compris ?!
- Oui, patron ce sera fait ! répondit Crazy Bob avant de raccrocher
L'ex-patron de la boite souffla pendant quelques secondes avant de saisir une bouteille de vin, de boire goulûment à la bouteille et de se dire « J'ai perdu mon poste à cause de cette salope, elle va payer un jour ou l'autre je le jure devant Dieu ! »


Paris, 3 novembre 2013

William sortit de la salle en compagnie de Mason avec un léger sourire sur le visage qu'il masqua rapidement quand, au détour d'un couloir, ils tombèrent sur le commissaire Lambert qui demanda immédiatement à l'avocat :
- Mr, est-ce que je peux savoir qui vous êtes et ce que vous faites avec le capitaine Dunbar ?
- Je m'appelle Mason, répondit l'avocat en serrant franchement la main du commissaire, je suis l'avocat de Mr Dunbar !
- Et pourquoi vous êtes là ? redemanda le commissaire en fixant son employé avec un air interrogateur
- Mr Dunbar m'a appelé pour qu'on règle les derniers préparatifs de son divorce ! répondit Mason en souriant
Le commissaire Lambert le fixa longuement avant de demander à William :
- Vous ne m'aviez jamais dit que vous aviez une femme, Capitaine ?
- Je n'en voyais pas l'utilité, commissaire ! dit William calmement
- Puis-je voir le contenu de la mallette, je vous prie ? demanda le commissaire avec un ton soupçonneux
William se détourna en prétextant avoir un appel pour que Lambert ne le voit pas blêmir. Dans la tête du ripou, c'était la panique totale « Bordel.. Comment je vais faire ? Mason va lui montrer l'argent et il va tout de suite deviner ! La seule solution que j'ai...c'est de l'abattre et de faire porter le chapeau à Mason...mais Liebermann va me pourchasser pour me tuer... Merde, merde, merde ! »

Soudain, au moment où Lambert allait ouvrir la mallette, le Lt Stuart surgit de la salle et hurla :
- Commissaire, il y a un membre du Ministère de l'Intérieur qui veut vous voir, vous et le capitaine Dunbar !
William soupira discrètement de soulagement, Mason masqua habilement son sourire naissant et dit à Dunbar avec un ton très professionnel :
- Je vous retrouve devant le commissariat dans une heure, pour qu'on puisse clôturer la procédure !
- Très bien, à tout à l'heure Mason ! dit en souriant William avant de se détourner pour se diriger vers le lieutenant qui trépignait devant la porte
L'avocat fit un large sourire au commissaire qui le regarda avec un regard soupçonneux avant de se diriger également vers la porte ouverte dans laquelle William et Stuart venaient d'entrer.
Une fois que le commissaire eut disparu de son champ de vision, Mason perdit brutalement son sourire et se dit « Cet imbécile a failli tout faire foirer ! Il va falloir que j'en avertisse le patron ! » avant de se détourner pour se diriger vers le parking du commissariat.

Le commissaire Lambert entra dans la pièce dans laquelle se trouvait déjà Stuart, Wilson et William qui fixaient un homme assis derrière le bureau. Ce dernier portait un long manteau noir, des gants de la même couleur, des cheveux châtains clairs qui contrastaient complètement avec le reste de l'accoutrement et ses yeux bleus océans fixaient les quatre hommes imperturbablement.
L'homme se leva, se déplaça vers le commissaire tout en disant d'une voix rauque :
- Enfin, vous voilà, Commissaire ! Je me présente, je m'appelle Bill et je suis le représentant du Ministère de l'Intérieur !
- Que puis-je pour vous, Bill ? demanda le commissaire en serrant la main de l'émissaire
Bill se détourna, sortit une photo de sa poche et la montra aux quatre hommes pour observer leurs réactions. William se mit à blêmir en voyant l'homme sur la photo, ce qui fit sourire Bill qui dit avec un ton solennel :
- Je vous présente Fabrizio Evans, c'était un membre du gang de Berlucci mort dans l'attaque du hangar par vos hommes !
- Je le reconnais, dit William en faisant tous ses efforts pour ne pas craquer, j'ai été infiltré dans le gang de Berlucci pendant trois mois !
- Quels liens aviez-vous avec lui ? demanda Bill
- On se connaissait juste de vue, on s'était parlé deux-trois fois...mais on avait participé ensemble au dernier braquage... En quoi est-ce important ?
Bill ignora la question, sortit une deuxième photo et demanda :
- Et maintenant, qui est cet homme ?
- C'est Fabrizio Evans. répondit Wilson, intrigué par la méthode de Bill
- Non, c'est Jack Carter, un agent du gouvernement infiltré depuis quatre ans dans le gang de Berlucci !

Le silence se fit dans la petite pièce : William fixait imperturbablement la photo en pensant « J'ai tué un agent du gouvernement infiltré comme moi ! Putain, je suis vraiment dans une merde noire ! »
Bill, de son côté, regardait avec un œil vigilant les réactions des policiers tout en se disant
« Jack n'a pas pu être tué par un membre du gang de Berlucci, il était trop vigilant pour ça... Non, il a été tué dans cette ruelle par un policier lors du stupide assaut qu'a lancé Lambert ! Reste à savoir qui...même si le capitaine Dunbar m'a l'air assez suspect... Mais il est temps de leur montrer une photo plus...directe... »
L'émissaire du Ministère sortit une troisième photo de sa poche, la posa sur la table et demanda cash avec un calme apparent :
- Maintenant, avez-vous une petite idée de la personne qui a fait ça ?
Les policiers s'approchèrent pour examiner le cliché, même William qui savait pourtant pertinemment ce qu'il y avait sur la photo.
En effet, la photo montrait le cadavre, enfin ce qu'il restait du cadavre de Fabrizio/Jack : le corps était allongé sur le dos, le torse était intact mais les jambes avaient été complètement broyées.
On pouvait voir sur le bras une marque qui supposait qu'on lui avait fait une clef de bras. Et pour terminer, on pouvait clairement apercevoir l'impact de la balle dans le front du mort.
Le commissaire releva la tête et dit au nom de tous :
- Aucun de nous n'aurait pu commettre...un crime aussi horrible !
- Il n'a pas seulement été tué, il a été torturé : les jambes ont été broyées avant que le tueur ne l'achève d'une balle dans la tête !
- Où le corps a t-il été retrouvé ? demanda Stuart
William regarda son nouveau lieutenant et se dit « Merde, ce petit con va orienter les soupçons sur moi ! Quand ils vont savoir qu'il est mort dans la ruelle où j'étais... Et puis, heureusement que j'ai pris soin de récupérer les douilles ! »
Mais la réponse mensongère de Bill le stupéfia :
- Il a été retrouvé dans le hangar, avec tous les cadavres : personnellement, je pense que Berlucci l'a démasqué, torturé et tué avant l'assaut du hangar !
- Ça ne tient pas debout, rétorqua le commissaire, on aurait forcément entendu le coup de feu !
- Ce n'est qu'une hypothèse, lui rappela Bill, l'enquête n'en est qu'à ses débuts mais nous retrouverons et tuerons le meurtrier avec votre aide bien sur ! Le Ministère de l'Intérieur m'a chargé de vous transmettre que vous êtes chargés de l'enquête, avec moi en tant que... « compagnon de route », si je puis m'exprimer ainsi !
Après cette déclaration choc, Bill sortit une quatrième et ultime photo de sa poche et la montra aux policiers : c'était une jeune fille de dix ans maximum avec de grands yeux bleus.
- Je vous présente la petite Beth, dit Bill avec un regain d'émotion dans la voix, c'est la fille unique de Jack. Sa mère est morte d'un cancer quand elle avait quatre ans et son père vient d'être assassiné. Je lui ai promis qu'on retrouvera le meurtrier de son père et j'ai bien l'intention de respecter cette promesse ! Maintenant, retournez à vos obligations, messieurs !

Tous les policiers quittèrent un à un la pièce, sauf le commissaire Lambert qui demanda :
- Lt Stuart, vous pouvez rester un petit peu ici, je vous prie ?
Stuart, intrigué, se plaça à côté de son prédécesseur et entendit la question que le commissaire posa à l'émissaire :
- Pourquoi nous n'avons pas été informé qu'un de vos collègues était aussi infiltré dans le gang de Berlucci ?
- Parce qu'il avait une mission différente de la votre ! répondit simplement Bill en rangeant les photos dans son veston
- Je ne comprends pas là. avoua Stuart en baissant la tête
Bill releva la tête, regarda longuement les deux policiers, soupira et dit avec une voix éreintée :
- Ce que je vais vous dire est confidentiel, vous ne devrez le dire à personne, surtout pas au capitaine Dunbar, c'est bien compris ?
Les deux policiers opinèrent d'un signe positif de la tête et Bill continua :
- Votre agent, en l'occurrence Dunbar, avait pour mission de faire arrêter Berlucci mais Jack l'a empêché de récupérer des preuves qui pourraient vraiment inculper le gang !
- Pourquoi a t-il fait ça ? demanda le commissaire avec une mine stupéfaite
- C'est tout ce que vous devez savoir : sachez juste que Berlucci n'est pas notre véritable cible !
Sur ces mots, Bill enfila son veston et sortit rapidement de la salle sans faire le moindre bruit. Stuart allait le suivre quand le commissaire l'interrompit en disant :
- Stuart, j'ai une mission particulière à vous confier !
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Stuart avec un ton excité
- Tu vas devoir surveiller le capitaine Dunbar.

Le silence se fit dans la petite pièce qui fut rompu par Stuart qui demanda en balbutiant :
- P...Pouvez-vous répéter ?
- Je veux que tu sois à côté du capitaine Dunbar non-stop, 24h sur 24 est-ce que c'est bien compris ? expliqua calmement l commissaire
- Oui patron, acquiesça Stuart, mais puis-je savoir pourquoi vous me demandez ça ?
Le commissaire esquiva la question en conclut la discussion en disant :
- Retrouve Dunbar avant qu'il aille sur le parking voir son avocat, explique-lui tout et ne le laisse pas seul une seule seconde !
Stuart le regarda avec une mine intrigué avant de se détourner et de sortir de la salle. Le commissaire fixa longuement la sortie en se disant « Dunbar va forcément commettre une erreur qui montrera qu'il est corrompu en présence de Stuart ! Après tout, cet avocat...cette femme qui apparaît mystérieusement dans sa vie alors que ça fait cinq ans qu'il est dans le commissariat sachant qu'aucun policier n'en a jamais entendu parler... S'il fait un seul faux pas, je le chopperai et il regrettera de m'avoir connu ! »

Pendant ce temps, William Dunbar était accoudé à un mur, devant la porte qui mène sur le parking. Bill venait de passer sans lui administrer le moindre regard et le ripou commençait sérieusement à avoir peur « Le commissaire et Bill soupçonnent tous les deux quelque chose ! Et puis, je vais me faire buter si Bill l'apprend avant Lambert ! Merde...je suis fichu....j'aurais jamais du accepter ce fric bordel ! »
William releva la tête et regarda fixement la porte du parking avant de penser « Et puis...c'était un agent gouvernemental putain ! J'ai torturé et tué un agent du gouvernement ! Et puis, il y a cette fille...Beth...qui se retrouve orpheline à cause de moi...à cause de ma cupidité...et de mon âme...d'ex-lieutenant de Xana ! »
Pour la première fois depuis très longtemps, William repensa à cette période qu'il avait passé sous le contrôle de Xana. Il ne l'avait jamais dit à ses « amis » mais il était parfaitement conscient pendant cette période, il éprouvait à l'époque de la haine envers eux et puis...il y avait cette voix...
L'ex-lieutenant de Xana frissonna en repensant à cette voix, la voix froide et dénuée d'émotion de son maître qui lui dictait ses ordres et il repensait aussi à lui, ce pantin uniquement habité par la haine qui obéissait aveuglément aux ordres de son maître, Xana.
Soudain, William se mit à penser « Attends une seconde...je n'ai pas encore accepté cet argent...je peux encore demander un sursis à Mason...pour pouvoir y réfléchir... »
Un faible sourire déchira son visage renfermé et il se dirigea tranquillement vers la porte qui donnait sur le parking jusqu'à ce qu'une voix retentisse derrière lui :
- Capitaine, capitaine attendez-moi !

William se retourna rapidement et vit le lieutenant Stuart, essoufflé, s'arrêter devant lui et dire en soufflant :
- Le commissaire...m'a demandé...de vous tenir compagnie...je dois...rester non-stop...à vos côtés...pour que j'accélère...ma formation...
William acquiesça avec un sourire et un signe de la tête tout en pensant « Le commissaire Lambert l'a envoyé pour me surveiller... Il soupçonne vraiment quelque chose... Mais il peut être un bon atout dans mon rendez-vous avec Mason, ce Stuart... »
Dunbar se dirigea tranquillement vers la sortie et dit au lieutenant :
- Suis-moi, tu vas assister à un accord que tu vivras sûrement plus tard...

Les deux hommes sortirent sur le parking et se dirigèrent vers une grosse berline noire garée à côté de la sortie, devant laquelle se trouvait Mason.
L'avocat haussa les sourcils en voyant le Lt Stuart mais il reprit vite son expression neutre, mit la mallette devant lui et dit au capitaine :
- Là dedans se trouvent les papiers du divorce, Mr Dunbar ! Vous n'avez plus qu'à les signer !
William jeta un coup d’œil au lieutenant qui regardait la scène avec une crédulité aveugle puis Mason avant de dire :
- Je voudrais réclamer un sursis !
L'avocat, surpris, demanda :
- Et en quel motif ?
- Je souhaiterais reparler à ma femme pour renégocier un accord plus...favorable pour moi, on va dire !
Mason fit un faux sourire et dit :
- Disons... Je vous donne un mois pour tenter de convaincre votre femme, ça vous va ?
- C'est très bien, à bientôt Mr Mason ! dit William en lui serrant la main avant de se détourner et de dire au lieutenant :
- Suis-moi, j'ai un petit cadeau de bienvenue dans mon unité pour toi !
Stuart se mit à sourire et suivit William qui se mit à penser « C'est bon, j'ai réussi à limiter les dégâts pour le moment... Mais quand Mason va revenir, je vais devoir être prêt à lutter... »
L'avocat, de son côté, regarda pendant un long moment les deux policiers se diriger vers le bâtiment tout en pensant « Celui-là va être plus compliqué à recruter que les précédents malgré l'avis du patron... Mais je réussirais à l'avoir, je me le promets ! »
Sur ces sombres pensées, Mason remonta à l'arrière de la berline qui démarra et sortit du commissariat avant de disparaître dans une rue adjacente...

Voilà , j'espère que vous apprécierez, n'hésitez pas à poster des commentaires et à bientôt pour le prochain chapitre 8)
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Soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le rôle du méchant ! Harvey Dent alias Double Face

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