Première virtualisation... et peut-être la dernière
Chapitre 1 : Partage
Dans la chambre d’un pensionnat, le soleil commença à colorer la pièce de ses rayons. Soudain, une douce musique se fit entendre. Un bras apparut d’une des deux couettes et appuya sur un bouton pour éteindre le réveil. Puis, un corps commença doucement à s’extirper du lit. La jeune fille s’étira de toute sa longueur et émergea du pays des rêves. Elle se frotta les yeux et s’habitua à la lumière du jour. Elle s’appelait Eva. L’adolescente remarqua le corps encore endormi de son amie dans le lit voisin. Elle se leva et sans trop la brusquer, la secoua. Son amie se retourna et ouvrit faiblement les yeux. Alors la collégienne murmura :
- Aelita, Aelita. Réveille-toi … Il faut se préparer … Les garçons vont nous attendre.
Aelita se leva prête à affronter les rayons déjà aveuglants du soleil. Elle s’étira elle aussi puis bailla. Eva de son côté commença à faire son lit avec, comme toujours, beaucoup de soin et de précision. Aelita fit de même. Une ou deux minutes plus tard, elles prirent chacune leur trousse de toilette. Celle d’Eva était jaune pâle avec des petits cœurs un peu plus foncés. Celle de son amie était identique, sauf qu’elle était rose.
Les yeux encore fatigués et les cheveux en bataillent, elles sortirent de leur chambre et se dirigèrent vers la salle de bain commune. Il était encore tôt et il n’y avait pas beaucoup de monde. Les jeunes amies choisirent chacune un lavabo et y installèrent leurs affaires sur le rebord. Aelita commença par ouvrir le robinet. Elle remplit le creux de ses mains d’eau bien fraîche, puis se la projeta sans hésitation sur le visage. Elle cligna des yeux et sourit. Pendant ce temps Eva sortit sa brosse violette et peigna ses longs cheveux bruns qui lui arrivaient à la taille, son mouvement était souple et rapide. A son tour, Aelita sortit sa brosse bleue et coiffa rapidement ses courts cheveux roses. Ensuite son amie se nettoya quelque peu le visage avec de l’eau. Elle disposa son maquillage devant elle : mascara, gloss rose et son vernis bleu pâle. Elle se farda à sa façon.
Quand elles eurent fini, elles repartirent dans leur chambre. Il y avait déjà plus de monde que les cinq minutes précédentes. En chemin elles rencontrèrent Sissi. Elle les coupa dans leur parcours et leur dit d’un ton sec :
- Pourquoi restez-vous toujours toutes les deux ? Ah oui. Il vous faut deux cerveaux pour comprendre quelque chose !
Eva ne pouvant accepter çà ravala sa colère et lui répondit posément :
- Laisse-moi te rappeler quelque chose Sissi. S’il y a bien une chose que je sais sur toi, c’est que tu aimes le maïs. Pas étonnant, c’est la taille de ton cerveau !
Sissi en rage partit. Aelita, qui ne pouvait plus se retenir, se mit à rire aux éclats. Lorsqu’elles entrèrent dans leur chambre, elles furent aveuglées par le soleil déjà haut dans le ciel. Les jeunes filles s’habillèrent. Eva portait son pull rose pâle, sa ceinture préférée et son pantacourt bleu pâle. Elle mit ses éternelles boucles d’oreille et enfila ses claquettes. Aelita, elle, était vêtue de sa salopette rose et de ses inséparables bottes de la même couleur. Elles partirent en direction du self.
Ne voyant personne, elles s’installèrent sur le banc fétiche de la bande et discutèrent en attendant l’arrivée des garçons :
- Contente d’être en vacances demain ? demanda Eva
- Oui et toi ?
- Oui. En plus j’ai réussi à convaincre mes parents de me laisser ici pendant le mois de juillet. Après ils ont insisté pour que je vienne avec eux à la mer.
- Toi au moins tu as de la chance.
- Pourquoi ?
- Non laisse tomber, c’est compliqué.
- Tu as bien des parents ?
- Oui mais … Tiens les garçons arrivent ! S’écria Aelita voulant changer de sujet.
Eva sauta au coup d’Odd bien qu’elle ait dix centimètres de plus que lui. Ils se sourirent, ils s’embrassèrent tendrement. Tous savaient qu’Eva est de bonne humeur quand elle reçoit son baiser du matin. Toute la bande alla déjeuner.
Ils étaient en file indienne avec leurs plateaux, Ulrich, Jérémy, Aelita, Eva et Odd. Tous sauf Odd prirent la même chose : un bol de chocolat chaud, deux tranches de pain accompagnées de beurre ou de confiture, un verre de jus d’orange, et une banane ou une pomme. Outré par l’absence de croissant, Odd prit quatre tartines, deux bananes, du jus d’orange, et demanda un peu plus de chocolat chaud dans son bol. Puis il partit rejoindre les autres à la table du fond.
Depuis qu’elle était installée, Eva regardait son bol avec anxiété. Après un court instant, elle demanda sans quitter son chocolat des yeux :
- Est-ce que vous me cachez quelque chose ?
Tous furent surpris. Ulrich baissa les yeux, Jérémy rougit de honte, Aelita le regarda, et Odd observa Eva avec de gros yeux et laissa tomber sa tartine de beurre dans le chocolat qui éclaboussa le jeune garçon et son plateau. Alors Aelita prit la parole :
- Euh … nous jamais … Qu’est-ce qui te fait dire çà ?
- Eh bien, je fais d’étranges rêves qui me semblent déjà vécus, et toi, Aelita, j’ai l’impression que tu me caches des choses. On est amies pourtant ?
- Oui mais …
- Excusez-moi, je sors, coupa Eva.
Elle se leva, prit son plateau et sortit du self les mains dans les poches. Le sourire de Odd était parti. Il fit une grimace devant toute la nourriture qui, d’habitude, lui ouvrait l’appétit. Aelita tournait sa cuillère dans son bol ne sachant quoi dire. Ulrich poussa un long soupir. Enfin Jérémy décida à prendre la parole :
- Vous croyez qu’on devrait lui dire ?
- Pourquoi pas … Elle ferait une bonne Lyoko-guerrière après tout, elle fait partie de la bande, exposa Aelita gênée.
- Et Xana se renforce de jour en jour, une personne de plus serait utile, continua Odd.
- Mais il faudrait l’avis de Yumi, dit Ulrich.
- Oui, tu l’appelles, et on se réunit discrètement dans ma chambre, conclut Jérémy.
Ils se levèrent et sortirent sans se faire remarquer par Eva. Arrivés dans la chambre de Jérémy, Ulrich contacta Yumi. Personne n’osait parler et restait dans ses pensées. Le silence commençait à peser, lorsqu’un claquement de porte les fit sursauter. Jérémy exposa les faits à Yumi. Elle réfléchit et dit :
- On vote, moi je suis pour.
- Moi aussi, s’exclama Aelita en se levant d’un bond
- Moi pareil, s’écria Odd
- Pourquoi pas ? Après tout, qu’est-ce qu’on a à perdre ? Je vote pour, lança Ulrich.
Seul Jérémy resta sceptique :
- Et si elle trahissait notre confiance, notre secret… comme Sissi.
- Comment oses-tu dire une chose pareille, crièrent Odd et Aelita en cœur
- Oui, vous avez raison. Je vote pour.
- Bien, alors en route et allons lui dire, décida Yumi
Ils commencèrent par fouiller la cour. Elle n’y était pas. Puis, dans le parc. Non plus. Enfin dans sa chambre. Aelita toqua et entra suivie des autres. Eva semblait ne pas s’être aperçut de leur présence. Quand la porte se referma derrière Ulrich, elle sortit de ses pensées. Une ou deux minutes passèrent, peut-être même plus, dans un profond silence. Odd essaya d’engager la conversation, mais la sonnerie pour le début des cours sonna. Yumi alla à son cours de français, tandis que les autres allèrent en maths.
Arrivés en cours, Mme Meiller fit l’appel. Puis, elle commença sa leçon. Pour Odd, ce n’était qu’une berceuse. Aussitôt, il s’endormit. Il fut tiré de sa rêverie par le professeur :
- Odd !!! Cria-t-elle
- Hein, quoi…oui Mme, dit-il encore ensommeillé
Tous les élèves se mirent à rire.
- Odd, pouvez-vous énoncer le théorème de Pythagore, s’il vous plaît ? Demanda-t-elle
- Euh, oui… si… si un cercle… euh
- J’en conclue que, comme toujours, vous n’avez pas ouvert un seul de vos livres.
- …
- Bien, qui peut me le réciter ? Eva peut-être ?
- Euh si… si un triangle est rectangle alors… le carré de l’hypoténuse est égal… à la somme des carrés des deux autres côtés.
- Oui, très bien. Odd vous viendrez me voir à la fin du cours.
- Oui Mme.
Le temps passa, deux heures de maths, cela pouvait être long. Quand la récréation sonna, tous les élèves se précipitèrent dehors. Odd voulut s’échapper discrètement mais Mme Meiller le retint. Elle ferma la porte et alla s’asseoir à son bureau :
- Odd, vous ne pouvez pas continuez comme ça, dit-elle posément
- Oui, mais…
- Vos notes sont en chute libre ! Et c’est à peine si vous m’écoutez ! Commença-t-elle à crier.
- …
- Est-ce qu’au moins, vous faites l’effort d’ouvrir vos livres, ne serait-ce qu’une seule fois ?
- Oui et non.
- « Oui et non » comment ça ? Pff ! Laissez tomber et filez jouer dehors.
Odd sortit tout chamboulé. Aucun professeur ne lui avait jamais parlé comme ça. Mais sa bonne humeur triompha sur son malaise et il partit, le sourire aux lèvres, rejoindre ses amis.
Dix minutes plus tard, ils repartirent en cours. Direction l’histoire. A toutes les questions, Eva savait répondre. Elle adorait l’histoire, contrairement à son voisin qui piquait un petit somme. Le même petit manège qu’en cours de maths débuta :
- …c’est ainsi qu’Henri IV lui succéda sur le trône. Par ailleurs…Odd Della Robbia !!
- Hein, quoi… que se passe-t-il ?
- Pouvez-nous dire comment Henri IV accéda au trône ?
- Euh… C’est qui lui ?
- Bien, vous me ferez un texte de quatre pages minimum sur Henri IV et ses bienfaits. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Oui.
Depuis, le jeune homme fut plus attentif, mais il n’en restait pas moins qu’il n’écoutait que d’une oreille. Enfin, la sonnerie se déclencha. En principe, ils avaient une heure d’étude, c’est pourquoi ils allèrent manger. Yumi les rejoint, elle aussi avait son heure de libre. Le déjeuner se déroula dans la plus grande tranquillité. La petite bande allait bientôt dévoiler leur secret à Eva.
Plus tard, dans la cour, celle-ci demanda :
- Alors ?
- Alors, quoi ? Dit Odd en l’enlaçant, faisant mine de ne pas comprendre.
- Qu’est-ce que vous vouliez me dire ce matin ? Questionna-t-elle en resserrant l’étreinte de son chéri.
- Nous, bah moi je m’en souviens pas. Et vous ? S’exclama Ulrich.
- Allez, on lui dit, on va pas la faire mariner plus longtemps, déclara Yumi
- D’accord, s’écrièrent-ils
- Odd à toi l’honneur, ajouta Jérémy
- Pourquoi moi ?
- C’est ta petite amie, oui ou non, exprima Aelita.
- Bien.
Il lui fit le récit de toutes leurs aventures sans oublier aucun détail. C’était la première fois que Jérémy, Aelita, Ulrich et Yumi entendaient Odd réciter aussi bien. Cela dura bien une demi-heure, car la sonnerie du 2ème service sonna quand il prononça les derniers mots. Eva n’avait pas perdue une miette de ce que son petit ami venait de lui raconter. Elle resta un instant sans rien dire, les regardant d’un air sceptique :
- C’est une blague !? Finit-elle par leur demander
- Non, c’est la vérité ! Assura Jérémy
- Vrai de vrai ?
- C’est vrai, si tu veux des preuves, on en a. Mais il faut que tu promettes de garder le secret quelle que soit la situation, déclara Yumi
- Oui, je le promets. Elles sont où ces preuves ?
- A l’usine que je t’ai décrite, répondit Odd
La conversation se poursuivit jusqu’à ce que Jérémy entende un bip qui lui était très familier. Il alluma son ordinateur portable et se connecta à Lyoko. Xana s’était réveillé et une tour était activée. Le blond à lunettes coupa court à la discussion :
- Eva, si tu veux connaître Lyoko et Xana, c’est maintenant.
fin du chapitre 1
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