par Lyokophile » 23 Oct 2007, 21:40
Suite et fin de la fic.
Attention à partir de maintenant ça part en free style xD...
*******
Combien de temps ils restèrent comme ça, à se rassurer l’un l’autre, sous le clair de lune ? Yumi ne le sut jamais. Et elle s’en moquait, redoutant chaque seconde que ce moment magique ne cesse.
Et comme en réponse à sa requête supplicative, un cliquetis sec et bien distinct brisa le silence de leur idylle. La jeune fille se raidit. Ulrich recula ses mains.
_ C… C’était quoi ça ? demanda-t-elle comme pour se rassurer.
_ De quoi tu parles ?
_ T’as pas entendu ?
_ Non.
Et le silence repris entre eux. Mais la magie du moment s’était brisée, et Yumi, toujours allongée sur les genoux du jeune homme, trouva soudain la situation très gênante, et se leva précipitamment, à son grand regret et à celui d’Ulrich.
Elle évita son regard, rougissant furieusement, et lui, baissa les yeux, pestant dans sa tête contre les tourments de la vie qu'il trouvait profondément injuste.
Soudain, la jeune fille saisit son bras fermement, et lutta de toutes ses forces pour s’empêcher de se coller à lui.
_ Et là, t’as toujours pas entendu ?
_ Ben non.
Il comprit à l’expression de son visage, tous sens aux aguets, qu’elle ne plaisantait pas, et redoutait réellement quelque chose.
Il réfléchit quelques secondes.
Yumi. La nuit. Le parc sombre. La psychose ambiante des attaques de Xana.
Un sourire espiègle naquit sur ses lèvres.
_ Dis moi Yu’, est-ce que je me trompe ou… tu as peur ?
La jeune fille se retourna vers lui, et son visage apeuré s’effaça pour laisser place à une expression dure et pleine d’assurance.
_ Moi, peur ? Tu rigoles ?!!
Comme prévu, sa fierté avait prit le pas sur ses angoisses. Ulrich sourit de plus belle, bien décidé à en jouer.
_ Oh, je disais ça juste comme ça. D'ailleurs, si tu n’as pas peur Mademoiselle Courage, tu pourrais peut être me lâcher le bras, je crois que tu es en train de me faire un garrot…
Blessée dans sa fierté, Yumi ne lui accorda pas un regard et sous le sourire narquois du jeune homme, desserra son étreinte. Amusé, Ulrich constata qu’elle était tout de même restée accrochée à son bras. Il ricana gentiment en se disant que décidément, une Yumi effrayée, c'était vraiment trop craquant. Il voulut la prendre dans ses bras, pour la rassurer, lui montrer qu'il était là pour elle, qu'elle n'avait rien à craindre du monde car il la protégeait. Il était si rare que Yumi se montre vulnérable. Mais il dut se retenir, comme toujours, car les circonstances ne le lui autorisaient pas.
Comme toujours.
La jeune fille luttait contre le regard de son ami, ne sachant qui écouter de son instinct qui lui criait de prendre la menace au sérieux, ou de sa raison qui lui disait d'arrêter d'être paranoïaque.
_ C'est juste le bruit du vent, le bruit du vent dans les feuilles, y a pas de quoi avoir peur. Viens par l...
Yumi lui plaqua sa main sur la bouche pour le faire taire. Elle lui fit signe d'écouter, en silence.
Se concentrant, il entendit bien un petit "clic" au loin. Un simple petit clic. Il regarda la jeune fille comme si elle devenait irrationnelle.
_ C'est juste un petit bruit, rassura-t-il avec lassitude. Un tout petit bruit qui peut venir de n'importe quoi. Dis moi Yumi, je te sens super nerveuse, faut te détendre, on a déjà vu plus effrayant, c'est juste un parc avec du vent et des grosses ombres. C'est rien, comparé à tout ce que t'as déjà affronté. Je vais finir par croire que c'est moi qui te rend nerv...
Soudain Yumi se figea.
_ Ca se rapproche !!! s'écria-t-elle en lui secouant le bras.
_ Quoi ?
Ulrich, qui commençait à trouver toute cette histoire absurde, pâlit tout à coup. Il venait d'entendre un autre petit "clic", cette fois ci à moins de deux mètres d'eux.
_ Oh merde, t'as raison ! Mais c'est quoi ce truc ?!!
Yumi ne chercha pas à lui répondre. Le sentiment d'urgence prit le pas sur celui de la réflexion et la jeune fille lui tira le bras, l'obligeant à se relever.
_ Viens !
Mais il était déjà trop tard.
Avec horreur,Ulrich entendit bien distinctement sous ses pieds,dans un bruit étouffé,un léger "chtik" très vif qui sembla s'amorcer.
Une bombe.
Il n'eut pas le temps de crier. Pas le temps de l'avertir.
Tout s'enchaîna très vite.
Des vibrations tonnèrent au sol sous leurs pieds.
Yumi hurla. Il voulut la saisir et l'envoyer loin de l'explosion. Mais il n'avait pas été assez rapide. Il n'avait compris que trop tard. Le bruit de la détonation retentit. Et les secondes qui suivirent s'écoulèrent au ralenti.
Il entraperçut son visage, déformé par la terreur. Il vit qu'elle le poussait, désespérément. Il sentit ses pieds se décoller du sol, sa main lui serrant toujours le bras. Il ferma les yeux, attendant la déflagration. Puis il se sentit propulsé à terre, et atterrit sur le sol, la jeune fille à ses côtés. L'instant d'après, il sentit ses mains recouvertes d'un liquide, et son corps ruisselant d'un autre. Lorsqu'il osa ouvrir les yeux, surpris d'être encore en vie, il se trouva face à face avec un jet d'eau qui lui aspergeait le visage.
Il entendit Yumi éclater de rire tandis qu'ils se faisaient inonder leurs vêtements par l'arrosage automatique du parc.
Abasourdi, il se releva en vitesse avant de se noyer sous ces litres d'eau et mit quelques secondes pour comprendre ce qu'il lui était arrivé. Lorsqu'il reprit ses esprits, il regarda la jeune fille, et tous deux éclatèrent de rire, comme ils n'avaient encore jamais rit.
Ils rirent du comique de la situation, de leur stupidité, de leur paranoïa, de la peur qu'ils avaient eu. Ils rirent sans s'arrêter, tant et si bien qu'ils ne virent pas venir un second jet d'eau qui vînt les tremper à son tour. Surpris, ils rigolèrent de plus belle, tentant de s'échapper de là, gambadant dans tous les sens.
Ivres de rire, ils se mirent à courir sur le gazon, loin des jets d'eau qui fleurissaient crescendo sur le sol. Mais, programmés avec quelques secondes de décalé, ils ne purent se mettre au sec et aucun des jets d'eau ne les épargnèrent, si bien qu'ils se retrouvèrent sous un mur de cascades d'eau, en se tenant les côtes.
Yumi le regarda, entre deux battements de paupières pleines d'eau, et lui cogna l'épaule avec espièglerie avant de s'enfuir en courrant. Ulrich comprit le message et entra dans son jeu, se lançant à sa poursuite, tandis qu'elle le distançait en riant.
Le jeune homme, qui avait toujours été meilleur qu'elle au sprint, ne tarda pas à la rattraper sous les jeux d'eau, installant ses mains sur ses hanches pour la retenir, tandis qu'elle se tordait de rire lorsqu'il la tirait en arrière, ses mains sur les siennes. Bientôt, il posa son menton sur son épaule, et apprécia toute la sensualité du moment, la tirant toujours plus proche de lui, ne s'attendant pas à ce qu'elle lui fasse volte face, et qu'ils se retrouvent nez à nez.
Pliée de rire, elle profita de cet effet de surprise pour lui saisir les joues ruisselantes d'eau, et le fit tourner à grandes enjambées, si bien qu'il se retrouva désarçonné, et perdant l'équilibre, se réceptionna sur ses mains, la jeune fille déjà en train de lui échapper au loin, riant de plus belle.
En un rien de temps, Ulrich se releva, déterminé à ne pas la laisser gagner cette fois-ci.
Remonté à bloc, il prit le jeu de la course comme une métaphore. La métaphore de leur relation. Cours et attrape moi, c'est comme ça que tu m'auras.Alors il prit ses jambes à son cou et sprinta de toutes ses forces vers Yumi qui s'étouffait de rire en le voyant arriver. Elle accellera le pas, espérant encore le courser, légère comme une gamine à qui on avait encore construit aucun interdit. Mais en quelques secondes, il se retrouva sur ses talons, la faisant frissonner d'adrénaline.
Alors elle tourna sur la droite et quitta le gazon et ses jets d'eau, riant comme une folle. Ulrich fut plus rapide, et lui attrapa le bras, l'obligeant à stopper la course en la poussant contre un arbre. La jeune fille lui agrippa l'autre bras, riant à gorge déployée en chœur avec lui. Ils se regardaient, hilares, essayant tant bien que mal de reprendre leurs souffles, se moquant de leurs cheveux en batailles, de leurs visages ruisselants d'eau et de leurs vêtements trempés.
Soudain, Yumi voulut tenter une feinte et lui glissa des mains. Il s'élança derrière elle et la rattrapa en quelques secondes. Puis, sans réfléchir, il la plaqua contre le mur, de sorte de la coincer entre lui et l'arbre. Cette fois-ci, elle ne pouvait plus lui échapper. Elle riait toujours, même s'il avait réussit à la piéger.
Mais tout à coup, l'atmosphère changea, et la tension devint palpable entre eux, lui à quelques centimètres d'elle. Elle perdit le rire, et lui sentit un tremblement lui remonter dans tout le corps. Il était désormais si proche d'elle qu'il pouvait compter le nombre de cils sur ses paupières.
Yumi eut un mouvement de recul contre le mur, tandis que son souffle s'accellera. Elle planta son regard droit dans le sien, et il perçut dans ses yeux, la petite lueur de désir qu'il espérait voir depuis si longtemps. Ses mains la bloquaient au mur, de chaque côté de ses épaules. Il pouvait sentir son souffle sur sa joue.
Le cœur d'Ulrich battait la chamade. Alors c'était maintenant ? Le moment qu'il avait tant attendu ? Depuis combien de temps déjà ? Deux longues années ?
Il était conscient qu'ils avaient partagé un moment privilégié ce soir, et que l'occasion ne se représenterait peut être pas avant longtemps. Il plia les coudes, et raccourcit la distance entre eux, toujours à la recherche de cette lueur de désir dans le regard de braise qu'elle lui lançait depuis quelques minutes.
Il la sentit se crisper et voulut la rassurer, posant une main sur sa joue, qu'il caressa un moment, pour la mettre en confiance et ne laisser aucun doute sur ses intentions.
Elle se raidit à son contact, mais il continua courageusement son petit geste équivoque.
Maintenant il la regardait comme il ne l'avait jamais regardé. Comme il n'avait jamais regardé personne. Le feu de ses sentiments brûlait dans son regard et toute la part de mystère qu'il cachait toujours au fond de ses yeux vola soudain en éclat pour mieux s'étaler sur elle, de toute sa profondeur.
Yumi fut frappée par tant de franchise et d'intensité dans ce même regard. Elle baissa les yeux, tandis qu'il s'approchait encore un peu, centimètre par centimètre.
Ulrich lui souleva doucement le menton. Pas de faux-semblants, il lui offrait toute la sincérité qu'il possédait en lui, il voulait qu'elle le regarde. De nouveau, leurs yeux se croisèrent.
Et ce qu'il perçut dans son regard, ce fut de la peur.
De la peur qui lui tenaillait les entrailles, alors qu'il s'approchait inexorablement de son visage. Plus de désir dans ses yeux, juste de la peur. Il se fit plus doux et plus lent, tentant de la rassurer.
_ N'aies pas peur, lui souffla-t-il dans le cou comme un courant d'air.
Yumi frémit, et ne répondit rien, se contentant de baisser les yeux, impuissante face à ce qui allait fatalement arriver.
Alors que sa bouche aurait du se coller à la sienne depuis déjà quelques secondes, la jeune fille osa lever les yeux vers lui, le regard toujours aussi apeuré.
Ulrich soupira intérieurement. Il avait comprit. Ce n'était pas possible, elle n'était pas prête. Alors il se pencha vers elle, se disant que ce n'était pas grave.
La jeune fille ferma les yeux et arrêta de respirer, sentant sa bouche au coin de la sienne. Puis elle les rouvrit brusquement, prétrifiée de surprise, lorsqu'il lui déposa un magnifique baiser sur la joue.
Il se retira, un sourire tendre sur les lèvres, tandis qu'elle le regardait, interdite.
Le mystère avait regagné ses yeux, les palpitations avaient déserté son cœur, il avait remis les mains dans ses poches, regagnant son air nonchalant de toujours.
Yumi avala douloureusement sa salive dans sa gorge serrée.
L'Ulrich de ses rêves, celui d'il y a quelques secondes, venait de s'évanouir sous ses yeux, en un rien de temps, et sous sa demande. Qu'est ce qui ne tournait pas rond chez elle ? Pourquoi fallait-il toujours qu'elle récolte le contraire de ce qu'elle voulait?
Elle le regarda s'éloigner, lui tournant le dos, du haut de sa magnifique musculature contre laquelle elle aurait pu être pressée à cet instant, si elle avait été moins stupide. Yumi se retînt de pleurer.
Quelques mètres plus loin, Ulrich se retourna.
_ Yumi, tu viens ? On rentre, sinon on risque d'attraper froid. désigna-t-il ses vêtements mouillés.
Le vent souffla dans ses cheveux, tandis qu'une larme perla silencieusement sur sa joue.
_ Oui. J'arrive.
Elle se hissa à sa hauteur, le regard dans le vague, complètement perdue dans ses sentiments.
Elle l'avait laissé filer. Maintenant, il ne reviendrait jamais, c'était sur. Il n'y aurait jamais d'Ulrich et Yumi. Car elle venait de tout gâcher.
Oh, Ulrich...
Soudain, elle sentit une main se glisser doucement dans la sienne, quelques caresses s'effilant sur sa paume, du bout des doigts. Il la regarda gentiment, un peu gêné, tandis qu'elle lui sourit timidement, se murant dans le silence.
Ils marchèrent comme ça, discrètement, les mains liées sur le chemin du retour, Ulrich souriant, et Yumi le regardant tristement, le cœur emplit de regrets quand à l'achèvement de la plus belle soirée de toute sa vie.
Fin
Suite et fin de la fic.
Attention à partir de maintenant ça part en free style xD...
*******
[b]C[/b]ombien de temps ils restèrent comme ça, à se rassurer l’un l’autre, sous le clair de lune ? Yumi ne le sut jamais. Et elle s’en moquait, redoutant chaque seconde que ce moment magique ne cesse.
Et comme en réponse à sa requête supplicative, un cliquetis sec et bien distinct brisa le silence de leur idylle. La jeune fille se raidit. Ulrich recula ses mains.
_ C… C’était quoi ça ? demanda-t-elle comme pour se rassurer.
_ De quoi tu parles ?
_ T’as pas entendu ?
_ Non.
Et le silence repris entre eux. Mais la magie du moment s’était brisée, et Yumi, toujours allongée sur les genoux du jeune homme, trouva soudain la situation très gênante, et se leva précipitamment, à son grand regret et à celui d’Ulrich.
Elle évita son regard, rougissant furieusement, et lui, baissa les yeux, pestant dans sa tête contre les tourments de la vie qu'il trouvait profondément injuste.
Soudain, la jeune fille saisit son bras fermement, et lutta de toutes ses forces pour s’empêcher de se coller à lui.
_ Et là, t’as toujours pas entendu ?
_ Ben non.
Il comprit à l’expression de son visage, tous sens aux aguets, qu’elle ne plaisantait pas, et redoutait réellement quelque chose.
Il réfléchit quelques secondes.
Yumi. La nuit. Le parc sombre. La psychose ambiante des attaques de Xana.
Un sourire espiègle naquit sur ses lèvres.
_ Dis moi Yu’, est-ce que je me trompe ou… [i][b]tu as peur ?[/b][/i]
La jeune fille se retourna vers lui, et son visage apeuré s’effaça pour laisser place à une expression dure et pleine d’assurance.
_ Moi, peur ? Tu rigoles ?!!
Comme prévu, sa fierté avait prit le pas sur ses angoisses. Ulrich sourit de plus belle, bien décidé à en jouer.
_ Oh, je disais ça juste comme ça. D'ailleurs, si tu n’as pas peur Mademoiselle Courage, tu pourrais peut être me lâcher le bras, je crois que tu es en train de me faire un garrot…
Blessée dans sa fierté, Yumi ne lui accorda pas un regard et sous le sourire narquois du jeune homme, desserra son étreinte. Amusé, Ulrich constata qu’elle était tout de même restée accrochée à son bras. Il ricana gentiment en se disant que décidément, une Yumi effrayée, c'était vraiment trop craquant. Il voulut la prendre dans ses bras, pour la rassurer, lui montrer qu'il était là pour elle, qu'elle n'avait rien à craindre du monde car il la protégeait. Il était si rare que Yumi se montre vulnérable. Mais il dut se retenir, comme toujours, car les circonstances ne le lui autorisaient pas.
Comme toujours.
La jeune fille luttait contre le regard de son ami, ne sachant qui écouter de son instinct qui lui criait de prendre la menace au sérieux, ou de sa raison qui lui disait d'arrêter d'être paranoïaque.
_ C'est juste le bruit du vent, le bruit du vent dans les feuilles, y a pas de quoi avoir peur. Viens par l...
Yumi lui plaqua sa main sur la bouche pour le faire taire. Elle lui fit signe d'écouter, en silence.
Se concentrant, il entendit bien un petit "clic" au loin. Un simple petit clic. Il regarda la jeune fille comme si elle devenait irrationnelle.
_ C'est juste un petit bruit, rassura-t-il avec lassitude. Un tout petit bruit qui peut venir de n'importe quoi. Dis moi Yumi, je te sens super nerveuse, faut te détendre, on a déjà vu plus effrayant, c'est juste un parc avec du vent et des grosses ombres. C'est rien, comparé à tout ce que t'as déjà affronté. Je vais finir par croire que c'est moi qui te rend nerv...
Soudain Yumi se figea.
_ Ca se rapproche !!! s'écria-t-elle en lui secouant le bras.
_ Quoi ?
Ulrich, qui commençait à trouver toute cette histoire absurde, pâlit tout à coup. Il venait d'entendre un autre petit [i]"clic"[/i], cette fois ci à moins de deux mètres d'eux.
_ Oh merde, t'as raison ! Mais c'est quoi ce truc ?!!
Yumi ne chercha pas à lui répondre. Le sentiment d'urgence prit le pas sur celui de la réflexion et la jeune fille lui tira le bras, l'obligeant à se relever.
_ Viens !
Mais il était déjà trop tard.
Avec horreur,Ulrich entendit bien distinctement sous ses pieds,dans un bruit étouffé,un léger [i]"chtik"[/i] très vif qui sembla s'amorcer.
[i] Une bombe.[/i]
Il n'eut pas le temps de crier. Pas le temps de l'avertir.
Tout s'enchaîna très vite.
Des vibrations tonnèrent au sol sous leurs pieds.
Yumi hurla. Il voulut la saisir et l'envoyer loin de l'explosion. Mais il n'avait pas été assez rapide. Il n'avait compris que trop tard. Le bruit de la détonation retentit. Et les secondes qui suivirent s'écoulèrent au ralenti.
Il entraperçut son visage, déformé par la terreur. Il vit qu'elle le poussait, désespérément. Il sentit ses pieds se décoller du sol, sa main lui serrant toujours le bras. Il ferma les yeux, attendant la déflagration. Puis il se sentit propulsé à terre, et atterrit sur le sol, la jeune fille à ses côtés. L'instant d'après, il sentit ses mains recouvertes d'un liquide, et son corps ruisselant d'un autre. Lorsqu'il osa ouvrir les yeux, surpris d'être encore en vie, il se trouva face à face avec un jet d'eau qui lui aspergeait le visage.
Il entendit Yumi éclater de rire tandis qu'ils se faisaient inonder leurs vêtements par l'arrosage automatique du parc.
Abasourdi, il se releva en vitesse avant de se noyer sous ces litres d'eau et mit quelques secondes pour comprendre ce qu'il lui était arrivé. Lorsqu'il reprit ses esprits, il regarda la jeune fille, et tous deux éclatèrent de rire, comme ils n'avaient encore jamais rit.
Ils rirent du comique de la situation, de leur stupidité, de leur paranoïa, de la peur qu'ils avaient eu. Ils rirent sans s'arrêter, tant et si bien qu'ils ne virent pas venir un second jet d'eau qui vînt les tremper à son tour. Surpris, ils rigolèrent de plus belle, tentant de s'échapper de là, gambadant dans tous les sens.
Ivres de rire, ils se mirent à courir sur le gazon, loin des jets d'eau qui fleurissaient crescendo sur le sol. Mais, programmés avec quelques secondes de décalé, ils ne purent se mettre au sec et aucun des jets d'eau ne les épargnèrent, si bien qu'ils se retrouvèrent sous un mur de cascades d'eau, en se tenant les côtes.
Yumi le regarda, entre deux battements de paupières pleines d'eau, et lui cogna l'épaule avec espièglerie avant de s'enfuir en courrant. Ulrich comprit le message et entra dans son jeu, se lançant à sa poursuite, tandis qu'elle le distançait en riant.
Le jeune homme, qui avait toujours été meilleur qu'elle au sprint, ne tarda pas à la rattraper sous les jeux d'eau, installant ses mains sur ses hanches pour la retenir, tandis qu'elle se tordait de rire lorsqu'il la tirait en arrière, ses mains sur les siennes. Bientôt, il posa son menton sur son épaule, et apprécia toute la sensualité du moment, la tirant toujours plus proche de lui, ne s'attendant pas à ce qu'elle lui fasse volte face, et qu'ils se retrouvent nez à nez.
Pliée de rire, elle profita de cet effet de surprise pour lui saisir les joues ruisselantes d'eau, et le fit tourner à grandes enjambées, si bien qu'il se retrouva désarçonné, et perdant l'équilibre, se réceptionna sur ses mains, la jeune fille déjà en train de lui échapper au loin, riant de plus belle.
En un rien de temps, Ulrich se releva, déterminé à ne pas la laisser gagner cette fois-ci.
Remonté à bloc, il prit le jeu de la course comme une métaphore. La métaphore de leur relation. [i]Cours et attrape moi, c'est comme ça que tu m'auras.[/i]Alors il prit ses jambes à son cou et sprinta de toutes ses forces vers Yumi qui s'étouffait de rire en le voyant arriver. Elle accellera le pas, espérant encore le courser, légère comme une gamine à qui on avait encore construit aucun interdit. Mais en quelques secondes, il se retrouva sur ses talons, la faisant frissonner d'adrénaline.
Alors elle tourna sur la droite et quitta le gazon et ses jets d'eau, riant comme une folle. Ulrich fut plus rapide, et lui attrapa le bras, l'obligeant à stopper la course en la poussant contre un arbre. La jeune fille lui agrippa l'autre bras, riant à gorge déployée en chœur avec lui. Ils se regardaient, hilares, essayant tant bien que mal de reprendre leurs souffles, se moquant de leurs cheveux en batailles, de leurs visages ruisselants d'eau et de leurs vêtements trempés.
Soudain, Yumi voulut tenter une feinte et lui glissa des mains. Il s'élança derrière elle et la rattrapa en quelques secondes. Puis, sans réfléchir, il la plaqua contre le mur, de sorte de la coincer entre lui et l'arbre. Cette fois-ci, elle ne pouvait plus lui échapper. Elle riait toujours, même s'il avait réussit à la piéger.
Mais tout à coup, l'atmosphère changea, et la tension devint palpable entre eux, lui à quelques centimètres d'elle. Elle perdit le rire, et lui sentit un tremblement lui remonter dans tout le corps. Il était désormais si proche d'elle qu'il pouvait compter le nombre de cils sur ses paupières.
Yumi eut un mouvement de recul contre le mur, tandis que son souffle s'accellera. Elle planta son regard droit dans le sien, et il perçut dans ses yeux, la petite lueur de désir qu'il espérait voir depuis si longtemps. Ses mains la bloquaient au mur, de chaque côté de ses épaules. Il pouvait sentir son souffle sur sa joue.
Le cœur d'Ulrich battait la chamade. Alors c'était maintenant ? Le moment qu'il avait tant attendu ? Depuis combien de temps déjà ? Deux longues années ?
Il était conscient qu'ils avaient partagé un moment privilégié ce soir, et que l'occasion ne se représenterait peut être pas avant longtemps. Il plia les coudes, et raccourcit la distance entre eux, toujours à la recherche de cette lueur de désir dans le regard de braise qu'elle lui lançait depuis quelques minutes.
Il la sentit se crisper et voulut la rassurer, posant une main sur sa joue, qu'il caressa un moment, pour la mettre en confiance et ne laisser aucun doute sur ses intentions.
Elle se raidit à son contact, mais il continua courageusement son petit geste équivoque.
Maintenant il la regardait comme il ne l'avait jamais regardé. Comme il n'avait jamais regardé personne. Le feu de ses sentiments brûlait dans son regard et toute la part de mystère qu'il cachait toujours au fond de ses yeux vola soudain en éclat pour mieux s'étaler sur elle, de toute sa profondeur.
Yumi fut frappée par tant de franchise et d'intensité dans ce même regard. Elle baissa les yeux, tandis qu'il s'approchait encore un peu, centimètre par centimètre.
Ulrich lui souleva doucement le menton. Pas de faux-semblants, il lui offrait toute la sincérité qu'il possédait en lui, il voulait qu'elle le regarde. De nouveau, leurs yeux se croisèrent.
Et ce qu'il perçut dans son regard, ce fut de la peur.
De la peur qui lui tenaillait les entrailles, alors qu'il s'approchait inexorablement de son visage. Plus de désir dans ses yeux, juste de la peur. Il se fit plus doux et plus lent, tentant de la rassurer.
[i]_ N'aies pas peur,[/i] lui souffla-t-il dans le cou comme un courant d'air.
Yumi frémit, et ne répondit rien, se contentant de baisser les yeux, impuissante face à ce qui allait fatalement arriver.
Alors que sa bouche aurait du se coller à la sienne depuis déjà quelques secondes, la jeune fille osa lever les yeux vers lui, le regard toujours aussi apeuré.
Ulrich soupira intérieurement. Il avait comprit. Ce n'était pas possible, elle n'était pas prête. Alors il se pencha vers elle, se disant que ce n'était pas grave.
La jeune fille ferma les yeux et arrêta de respirer, sentant sa bouche au coin de la sienne. Puis elle les rouvrit brusquement, prétrifiée de surprise, lorsqu'il lui déposa un magnifique baiser sur la joue.
Il se retira, un sourire tendre sur les lèvres, tandis qu'elle le regardait, interdite.
Le mystère avait regagné ses yeux, les palpitations avaient déserté son cœur, il avait remis les mains dans ses poches, regagnant son air nonchalant de toujours.
Yumi avala douloureusement sa salive dans sa gorge serrée.
L'Ulrich de ses rêves, celui d'il y a quelques secondes, venait de s'évanouir sous ses yeux, en un rien de temps, et sous sa demande. Qu'est ce qui ne tournait pas rond chez elle ? Pourquoi fallait-il toujours qu'elle récolte le contraire de ce qu'elle voulait?
Elle le regarda s'éloigner, lui tournant le dos, du haut de sa magnifique musculature contre laquelle elle aurait pu être pressée à cet instant, si elle avait été moins stupide. Yumi se retînt de pleurer.
Quelques mètres plus loin, Ulrich se retourna.
_ Yumi, tu viens ? On rentre, sinon on risque d'attraper froid. désigna-t-il ses vêtements mouillés.
Le vent souffla dans ses cheveux, tandis qu'une larme perla silencieusement sur sa joue.
_ Oui. J'arrive.
Elle se hissa à sa hauteur, le regard dans le vague, complètement perdue dans ses sentiments.
Elle l'avait laissé filer. Maintenant, il ne reviendrait jamais, c'était sur. Il n'y aurait jamais d'Ulrich et Yumi. Car elle venait de tout gâcher.
[i]Oh, Ulrich...[/i]
Soudain, elle sentit une main se glisser doucement dans la sienne, quelques caresses s'effilant sur sa paume, du bout des doigts. Il la regarda gentiment, un peu gêné, tandis qu'elle lui sourit timidement, se murant dans le silence.
Ils marchèrent comme ça, discrètement, les mains liées sur le chemin du retour, Ulrich souriant, et Yumi le regardant tristement, le cœur emplit de regrets quand à l'achèvement de la plus belle soirée de toute sa vie.
Fin