par Ucarn » 18 Oct 2007, 07:07
Voila la suite :
J'ai un autre titre
Deux semaines avec les Lyokoguerriers (partie 3)
Vendredi, à la place de détruire le Réplika du cinquième territoire, qu’un malheureux contretemps (manque de lyoko-guerriers pour diverses raisons), Camille et moi avons aidé Yumi à préparer les installations pour la fête de samedi prochain. Yumi nous a raconté que toute la bande sauf Jérémie allait monter sur scène : Aelita ayant des talent de DJ et Odd, Ulrich et Yumi formant un groupe de Rock. Quelle chance, c’est la veille de notre départ. Et j’ai ma petite idée sur une des chansons qui vont passer.
Le samedi étant un jour sans heures de cours pour Ulrich, il décida de m’emmener avec lui dans la forêt, où il aime venir méditer. En chemin, il me dit :
- Avec tes vêtements, on pourrait croire que tu vas à la chasse. (en effet, je portais un sans-manche avec un sanglier dessus, une veste-cartouchière sans manches aussi et un chapeau de chasse, le tout en vert bien entendu)
- C’est vrai, il ne me manque que la carabine, le cor et la dague.
- Mais, rassure-moi, tu ne chasse pas ?
- Bien sûr que non, tu crois quoi ? J’adore les animaux.
- Ah bon, tu me rassure.
- Sinon, tu viens ici souvent ?
- Ben, à chaque fois que je suis tout seul et que les autres sont en cours.
- Et pourquoi t’as pas cours avec eux à cette heure-ci ?
- J’ai pas pris les mêmes options qu’eux : Jérémie et Aelita ont «informatique» et Odd a «dessin».
- D’accord. Tiens ! C’est qui là bas ?
Une fille habillée en pimbêche était en train de nous espionner mais elle n’est pas très discrète.
- Elle ? Oh, c’est Elisabeth Delmas dite Sissi, elle est plutôt collante, elle cherche à savoir ce qu’on manigance avec les autres. C’est bizarre, elle n’est pas accompagnée par Hervé et Nicolas (ses deux sbires).
- OK, j’ai compris, je ne sais rien du tout.
- Exact, et ce serai encore mieux si tu arrivais à la persuader d’arrêter de fourrer son nez dans nos affaires.
- Je relève le défi.
- Odd va être vert quand il va savoir qu’il existe une personne plus folle que lui.
- Ce sera si dur que ça ?
- Et pire encore.
- On verra bien.
- Eh ! Vous deux, c’est de moi que vous parlez comme ça ? intervient la dénommée Sissi.
- Non, réplique Ulrich, on parle des pigeons, je lui disait qu’ils étaient plus discrets que toi. Tu nous espionne en étant habillée en rose dans une forêt verte, faut pas t’étonner d’être facilement repérée.
- T’en as pas marre de toujours me répondre comme ça ?
- Tant que tu seras toujours ans nos pattes, si.
- Tu m’énerve !
- Et toi, tu m’exaspère.
- Ça va, j’ai compris, je me barre.
- C’est ça, et surtout, la prochaine fois, essaie d’être moins visible.
- Et au fait, dit-elle en s’adressant à moi, toi t’es qui ?
- Je suis un des deux élèves de l’échange inter-lycée.
- Et tu t’appelle…
- Thibaut.
- Bien, Thibaut, je suppose qu’Ulrich t’as parlé de moi en mal et que tu te méfie de moi. mais si tu me dis tout ce que tu sais sur ce qu’ils magouillent, lui et sa bande, tu auras une place de choix dans la mienne.
- Derrière toi mais devant Hervé et Nicolas, c’est ça ?
- Tu voudrais quand même pas devenir chef de bande ?
- Non, je préfère être dans celle où je suis déjà, c’est mieux car il n’y a pas de chef.
- Tant pis pour toi.
- Plutôt tant mieux…Eh ! Attention.
Un sanglier venait de surgir pour nous foncer dessus. D’un réflexe, je pousse Sissi pour qu’elle tombe en arrière, je me laisse tomber moi aussi en arrière et entraîne Ulrich avec moi. Le mastodonte de la forêt passe sans nous toucher. Vite relevé, je dis au deux autres :
- Dépêchez-vous, il va revenir à la charge, y faut qu’on retourne au bahut.
- T’es peut-être pas un chasseur, me dit Ulrich, mais t’en as le savoir.
- Je sais juste qu’il ne faut pas essayer d’arrêter un sanglier qui court.
- C’est déjà ça.
Un serpent se ramène aux pieds de Sissi qui hurle comme une folle. Je place mon pied pour que le reptile aille dessus et, lorsque qu’il est bien dessus, je donne un coup de pied qui l’envoie 60 mètres plus loin. Sissi me demande :
- Il était venimeux ?
- Seulement s’il y a morsure.
- Rassurant.
- On y va ? Sinon, le gros poilu va revenir nous charger.
Arrivés devant le lycée, Yumi, qui nous a vu courir, nous demande :
- Qu’est ce que vous avez à courir comme ça ? Et pourquoi Sissi est avec vous ?
- On était en forêt avec Ulrich, répond-je, Sissi nous espionnait et un sanglier nous a attaqué.
- Et il est où le problème ?
- Leçon n°1 à la chasse : ne jamais se mettre en face d’un sanglier qui charge, c’est comme essayer d’arrêter un bus.
- A par ça, Jérémie m’a dit de vous prévenir que demain : Réplika.
- STOP, hurle Sissi, c’est quoi ces magouilles ? Vous allez répondre sinon je vous balance à mon père (Thibaut, si t’es pas au courant, mon père et directeur de Kadic).
- Calme, cool, zen. dit Ulrich. Réplika, c’est juste le terme que l’on utilise pour signaler les répétitions pour le groupe qu’on a monté pour la fête.
- Et Jérémie ? Il ne fait pas partie du groupe que je sache.
- Non, mais il nous aide pour l’électronique de la guitare électrique.
- Mouais, ça tiens la route. Mais un jour, je saurai ce que vous manigancez.
Et elle s’en va en grognant.
- On a eu chaud. dis-je en soupirant de soulagement.
- Ouais, bon l’après-midi, Jérémie bosse sur son ordi, tu viendras te balader avec nous ? me demande Yumi.
- Non merci, je suis claqué. Je vais rester avec Jérémie et voir si je peux l’aider.
- Libre à toi.
Comme prévu, Jérémie est planté devant son ordi. Camille et les autres sont allés en ville. Je demande à Jérémie :
- Sur quoi tu bosse ?
- Sur ton véhicule.
- Euh…Tu peux répéter s’il te plait ? Je crois que j’ai pas bien entendu.
- Si, t’as bien compris : ton véhicule. L’ overcraft (hovercraft veut dire aéroglisseur en anglais, dans une question de similitude, j’ai retiré le H).
- Cool merci.
- Attends, je dois encore faire des tests. Au fait pour ne pas être surpris, j’ai envoyé un «bouc émissaire» en repérage dans le Réplika mais il me demande un mot de passe pour entrer, j’ai tapé SCIPIO comme pour le cinquième territoire de Lyoko mais ça n’a pas marché et en guise de réponse, j’ai eu cette phrase : «Vous entrez dans le Château Aventureux». Tu sais ce que ça veut dire ?
- Je crois que j’ai ma petite idée. Tu peux tester d’ici ?
- Bien sûr. Attends, j’accède au réseau, je recherche le Réplika, et tu me dis…
- Corbénic = mot de passe incorrect. Carbonek = mot de passe incorrect.
- Essaye de te demander qui a pu entrer dans le château alors qu’il n’y avait pas sa place. Au fait, c’est quoi Corbénic et Carbonek ?
- Les noms du château. Essaye Lancelot, dans la légende arthurienne, c’est lui qui relève les défis du château.
- Mot de passe accepté.
- YES !
- Bon, on par pour le Réplika demain.
- OK.
Le lendemain à midi, à la cantine, on était tous les six. Aelita me dit :
- Non c’est pas vrai, tu t’es montré plus brillant que Jérémie ?
- J’ai juste lu un livre qu’il n’a pas lu.
- Pour trouver un mot de passe comme ça, faut être vachement calé. Jérémie a du feuilleter un bouquin pour trouver SCIPIO et toi c’est de mémoire.
- C’est pas bientôt fini ces éloges ! (ah oui, j’ai oublié de dire que je m’énervais quand on me félicitait).
- Bon d’accord, j’ai compris.
Jérémie, Odd et Ulrich se lèvent, Odd prend la parole :
- Bon c’est pas le tout mais on a un «château» à détruire. Vous venez ?
- J’arrive. dit Aelita.
- Et ma compet’ de saut d’obstacle ? intervient Camille. Y’aura personne ?
- Si ! signalais-je. Y’aura moi.
- C’est vrai ?
- Ben oui, j’ai franchement pas envie de louper les merveilles que tu vas faire.
- Merci.
- Pas de quoi. Et vous, dis-je en m’adressant aux autres, allez détruire le Réplika.
- Mais tu ne viendras pas nous aider ? demande Ulrich.
- Il y a des choses que l’on ne peut faire passer avant d’autres.
- Mais si tu ne viens pas, me questionne Odd, tu peux prendre Kiwi avec toi ? Jim fait une inspection.
- Désolé, mais j’aurais autre chose à penser qu’à ton chien.
A l’hippodrome, Camille me dit :
- Merci encore d’être venu alors que t’avait mieux à faire.
- Qu’est-ce que j’ai dit à Ulrich tout à l’heure ?
- «Il y a des choses que l’on ne peut faire passer avant d’autres». Et alors ?
- Et ben, tu passe avant les Réplikas. Tu n’as donc pas à me remercier.
- Cool, je suis heureuse d’avoir un supporter fidèle.
- Peut-être un peu plus qu’un supporter.
- Oui, un ami. Oh non ! Regarde l’homme en noir et rouge là-bas (le 6), je l’ai déjà affronté et il m’a battu à plate couture.
- Qu’est-ce que ça peut bien faire ?
- Je le battrai jamais. dit-elle en lâchant une larme.
- Mais si, tu m’as dit une fois : «je crois en toi». Moi aussi, je crois en toi.
- Mais tu ne fais que me donner un rêve.
- Je vais te dire quelque chose, tu vas me promettre de le retenir.
- D’accord.
- Fais de ton rêve une réalité et de la réalité un rêve.
- T’as raison. J’y vais, voilà mon cheval. se reprit-elle en séchant ses larmes.
- Et avant que tu ne me fasses la tête si jamais tu aurais une raison de m’en vouloir, fais-moi un sourire.
Ce qu’elle fit aussitôt.
- Comment s’appelle ton cheval ?
- Vent du Nord.
- Très joli.
- Oui, et regarde dans ses yeux, tu croirais voir le sommet des montagnes.
- Comme on voit les eaux claires dans les tiens.
- Flatteur. me répond-elle.
- Non, observateur. Allez, montre leur ce que tu a dans le ventre.
- Bien chef.
Elle monte sur Vent du Nord, son chemin croise celui du 6 dont j’entend quelques paroles :
- Je pensais que après la raclée que je t’avais mise, tu te serai retirée du milieu.
- Tu pensais mal.
La compétition commence, le 6 a fait un parcours remarquable. Mais personne, pas même lui ne peut être aussi doué qu’une Camille survoltée qui efface vite les performances de son adversaire. A la fin du tournoi, Camille arrive première suivie du 6 qui s’est pris un KO phénoménal. Camille accoure vers moi, toujours sur Vent du Nord, pour me dire :
- On a gagné.
- Non, tu as gagné.
- Viens, ils vont remettre les récompenses.
- Vas-y toute seule, je n’ai pas ma place aux festivités.
- Si tu viens pas, alors là, je te ferais la tête.
- C’est un argument de poids .D’accord, mais ni photos, ni autographes, ni coupe, ni médaille pour moi . OK ?
- OK.
Bon, on va pas raconter une remise de trophée, passons à la suite.
De retour à Kadic, au foyer, toute la bande sauf Yumi étaient regroupée au foyer. Aelita questionne :
- Alors ? Comment ç’a s’est passé ?
- Camille vous répondra, répond-je, moi je vous laisse. Vous avez détruit le Réplika. Il était où ?
- Dans l’I.S.S. Mais où tu vas ?
- M’allonger sur mon lit, j’ai mal au crâne.
En fait, c’était pour laisser Camille raconter sa version de l’histoire et pour méditer un peu sur ce qui m’arrivait : je faisais partie d’un groupe d’ados qui sauvent le monde et je suis en train de devenir le meilleur ami de la fille dont je suis amoureux, c’est dingue, non ?
- Aaah !!
- Thibaut, t’es dingue de hurler comme ça en pleine nuit.
- Désolé (je regarde à ma montre : Lundi 05H47), j’ai encore fait cet horrible cauchemar.
- Qu’est ce qui se passe dedans ?
- Je préfère pas le raconter.
- On en reparlera tout à l’heure avec les autres, ça fait quand même depuis mercredi que tu les fais.
- Surtout pas, s’il te plait.
- Bon d’accord.
Je sais que je devrais leur raconter mais comment leur expliquer que je rêve d’un fantôme.
Pendant la journée, Hiroki me fait une confidence :
- J’en ai marre, j’avance pas d’un pouce avec Milly.
- T’en fais pas ton tour viendra, et si je peux t’aider je le ferais.
Mardi après-midi, le chaud soleil d’été qui revient. Toute la bande était réunie au lycée pour un message du proviseur. Comme Camille et moi n’étions pas concernés, je lui ai proposé (après une multitude de bégaiements) de venir avec moi au parc.
- C’est la première fois, depuis qu’on est, qu’on est tous les deux sans la crainte de voir Kiwi-garou. me fit-elle remarquer.
- C’est vrai, mais j’espère que ce ne sera pas la dernière.
- Je ne pense pas. Mais faudra pas négliger les autres.
- Sûrement pas. Ils sont comme les frères et sœurs que j’ai jamais eu.
- T’as pas de frères et sœurs ?
- Ben euh … J’en avais un qui devrait avoir 21 ans.
- Il est … mort ?
- Pas tout à fait.
- Explique-moi, s’il te plait.
- J’ai pas envie de te mêler à ça.
Mon portable sonne : sur l’écran, il y a écrit Aelita :
- Allô ?
- Thibaut, y’a un type qui retient tout le collège en otage. Apparemment, il aurait volé des objets en exposition au «musée de l’antiquité». Il est pas seul : y’a une femme avec lui. Viens nous aider.
- J’arrive.
- Attends un peu petite peste, dit une voix qui me disait quelque chose (sans doute l’homme dont me parlait Aelita, qui lui met une forte gifle, en se basant sur les pleurs de cette dernière), et que je ne t’y reprenne plus, à téléphoner en douce. Qui est à l’appareil ?
Cette voix, mais bien sûr, ça ne pouvait être que lui.
- Salut, Lock Nah. réponds-je.
- Qui êtes-vous ?
- Tu me reconnais pas ? Ça ne fait pourtant que 4 ans.
- Thibaut ? T’es toujours là où il ne faut pas. Sait-tu que ton espérance de vie raccourci à chaque fois que tu te mets en travers de ma route ?
- Oh, si peu. Attends, je viens m’occuper de toi.
- Je t’attends.
Il raccroche. Camille me demande :
- Qu’est ce qui se passe ? Qui est Lock Nah ? Et pourquoi tu vas aller t’occuper de lui ?
- Tu voulais savoir qui était mon frère ? Mon frère, c’est Lock Nah, enfin c’est son nouveau nom (il s’appelait Xavier avant). Il y a 4 ans, il est parti de la maison en emportant avec lui une antiquité égyptienne qui m’avait été léguée par un aïeul : le bracelet d’Osiris. Il est parti avec et a fait croire à mes parents qu’il était mort dans un accident. Mais j’ai toujours su qu’il était en vie et qu’il reviendrait. Depuis quelques temps déjà, je faisais des cauchemars de nos retrouvailles et voilà qu’il revient après avoir dérobé une autre antiquité au musée. Trouble coïncidence, non ?
- N’y vas pas et laisse intervenir la police, il va te tuer si tu le cherche.
- Non, réponds-je d’un son très bas et qui ressemblait à un souffle, il menace mes amis et je ne peut pas le laisser les maltraiter.
- Et moi, tu m’oublie ?
- Vas à l’usine et ne reviens que lorsque je t’appellerais. S’il te plait, pour me faire plaisir.
- Reviens vite.
- J’espère.
Je pars en courant et, j’y repense, Camille a raison : il pourrait me tuer. Je reviens vers elle, je la prends dans mes bras et je l’embrasse, c’était doux, ce que j’aurais aimé que le temps s’arrête.
- Maintenant je peux y aller.
Arrivé devant le lycée, je me cache derrière un mur et j’observe : une femme d’environ 20 ans montait la garde devant une camionnette. Je profite d’un moment d’inattention pour l’attaquer. Mais elle se débat bien, la garce, mais je fini par l’assommer, du moins c’est ce que je croyait car après l’avoir examinée, je me rends compte qu’elle était tombée raide morte, un couteau (qu’elle devait sans doute porter à la ceinture) était enfoncé dans son ventre. J’ouvre la camionnette par la double porte arrière : il y avait à l’intérieur l’antiquité volée et deux Magnum 365 pleins (donc 12 balles). J’emporte ces derniers sur moi et défonce la porte d’entrée du gymnase, le seul bâtiment assez grand pour contenir tout le monde.
Tout le lycée était là, j’aperçoit Ulrich, Odd et Yumi dans sous un panneau de basket, Jérémie et Aelita sont eux à côté de Jim et du proviseur, devant le mur d’escalade. Lock Nah au centre du bâtiment :
- Je croyais que tu ne passerais pas Kimberley.
- Alors, c’est comme ça qu’il s’appelle, le cadavre.
- Quel cadavre.
- Ah oui ! C’est vrai, j’ai oublié de te dire : dans le feu de l’action, elle s’est pris son couteau dans le ventre.
- Tu vas me le payer, enflure.
- Chèque ou liquide ?
L’étincelle qui met le feu aux poudres, il dégaine un 9mm silencieux et tire. J’esquive facilement.
- Quand papa disait que je visais mieux que toi, il n’avait pas tort.
- La ferme.
Il continue à tirer, je continue à esquiver. Il commence à me taper sur le système à vouloir me descendre. Dans mon élan, je saisis une corde avec un poids à l’extrémité supérieure retenu par un anneau de métal, je prends un Magnum de la main gauche et tire sur l’anneau : je suis entraîné par le poids et arrive au plafond, je m’accroche aux poutrelle du plafond. Tiens ! Lock Nah ne tire plus, plus de balles ? Je tire sur la porte pour que les otages s’enfuient, tout le monde sort sain et sauf, mon frère n’y fait pas attention car il a les yeux rivés sur moi. Je me laisse tomber sur les tapis de gym qui amortissent ma chute (ça fait peur un mouvement yo-yo de 5 mètres en 10 secondes).
Lock Nah jette son flingue et me dit :
- Voyons ce que vaut ton escrime. (il me jette un katana blanc à garde bleue et en prend un noir à garde rouge)
- Comme au bon vieux temps ?
- Comme au bon vieux temps.
Nous connaissions chacun les coups de l’autre. Chaque coup était paré et chaque parade contrée. Le combat dura, je pense, une bonne demi-heure et ne se termina qu’après ces paroles de Lock Nah :
- Je vois que tu te souviens des vieux trucs.
C’est à ce moment que je lui fait lâcher son sabre.
- J’en ai appris d’autres.
- Mais tu n’est toujours pas attentif aux mouvements de ton adversaire. Regarde ton poignet droit.
Il m’avait fait un tatouage représentant, entre autres, une pyramide et deux pharaons.
- Ne cherche pas à l’effacer, c’est impossible. Il me permettra de te reconnaître si nous devions nous revoir une prochaine fois.
- Il n’y aura pas de prochaine fois.
A cet instant, un bruit sourd se fait entendre dans mon dos, je me retourne, c’est Camille qui est tombée de la grille d’aération d’où elle devait nous observer depuis longtemps. Je lui dit :
- Je croyais t’avoir demandé de rester cachée.
- Désolée, mais je ne voulais pas manquer ce combat.
- Va te mettre à l’abri !
- Elle n’en aura pas le temps ! intervint Lock Nah en pointant un Magnum 44, Tu te souviens de la balle symbolique, Thibaut ?
- Ouais, une seule balle pour atteindre tous tes ennemis.
- Elle va servir aujourd’hui.
Il commence à presser la gâchette, je me précipite devant Camille, le coup part et je me reçoit la balle à l’épaule gauche. Mon instinct me fait prendre de la main droite le second Magnum où il reste une balle et me dicte de tirer, ce que je fais : mon frère se prend la balle en pleine poitrine. En agonisant, il arrive à articuler :
- T’as gagné, Medjaï.
- Comment tu m’as appelé ?
- Medjaï, tu te souviens pas ? Quand t’étais petit, tu regardais déjà «La Momie», et tu disais : «quand je serai grand, je serai un Medjaï (un guerrier d’Osiris)». Tiens, au fait, je te rends ça, je n’en n’aurais plus besoin. dit-il en me tendant le bracelet d’Osiris (un bracelet large d’une dizaine de centimètre).
Je le prends en mains : les souvenirs remontent, les temps heureux, un passé sur lequel j’avais tiré un trait en tuant mon frère. Sur ce, j’ai un grand trou noir, je m’évanouis.
Je me réveille allongé sur un lit, dans l’infirmerie du lycée. Je me relève d’un coup sec mais un bras me retient, c’est Aelita.
- Tout doux, me dit-elle, tu nous a fais peur, tu sais.
En prêtant attention aux détails qui m’entourent, je me rends compte que mon épaule gauche est bandée ; je remarque aussi que toute la bande est à mon chevet, toute sauf Camille. Une seule question, un seul mot me vient :
- Camille ?
- Il y a des amis qu’on ne peut remplacer… me répond Aelita.
La porte s’ouvre et Camille apparaît.
- … et d’autre qu’on a la chance de ne pas perdre.
- Bon, on vous laisse, dit Ulrich, vous devez avoir des choses à vous dire. Au fait Thibaut, l’objet que tu avais entre les mains quand tu étais évanoui…
- Le bracelet d’Osiris ?
- Oui, le bracelet, il est sur la table de chevet. Y’a aussi des reporters qui ont entendu parlé de l’affaire qui veulent interviewer le «héros» (y’a même Milly), les policiers sont là aussi et veulent ta version des faits.
- Pour les flics, tu leur raconte ce qui s’est passé et tu leur dis que je leur laisse les honneurs et les gratte-papiers, tu leur raconte que ce sont les flics qui ont réglé le problème : je veux rester sous couverture (sauf pour Milly, j’ai une idée, de toutes façons, elle faisait partie des otages). Et si tu croise Hiroki, tu lui dit que c’est le moment, il comprendra.
- OK.
Il ferme la porte, enfin seuls, Camille prend la parole :
- J’ai 2 choses à te dire, une bonne et une mauvaise.
- Commence par la mauvaise.
- Ça, c’est pour m’avoir embrassée sans mon accord. (elle me donne une qui, comme ses paroles, est sans conviction).
- Et la bonne ?
- C’est pour m’avoir sauvé la vie et pour te signaler notre nouvelle relation. (elle m’embrasse, c’était comme la première fois. Je suis heureux !!!!).
- Alors, on est…
- Oui, on est…
Je me lève d’un bond, oh ! quelle poisse, je suis en slip ! Je rougis, récupère mes affaires et me rhabille en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
- Doucement, ta blessure.
- Quelle blessure ? La seule chose que ce combat m’ai laissé est un tatouage.
- Il est joli, tu vas l’enlever ?
- C’est impossible.
- Ah bon ! Viens, récupère ton antiquité et allons retrouver les autres, ils doivent avoir envie de te parler, eux aussi.
La porte s’ouvre, c’est Hiroki, je demande à Camille :
- Passe devant, je te rejoins, j’en ai pour deux minutes.
- D’accord.
Elle sort :
- T’as croisé Ulrich, Hiroki ?
- Ouais, comment veux-tu faire pour que je soie important aux yeux de Milly ?
- J’ai refusé toute interview pour ce qui s’est passé, il suffit que je croise Milly, elle me demande une interview, je refuse, tu me persuade, j’accepte.
- Bien.
Pas besoin d’attendre, Milly ouvre la porte et tout se passa comme selon le plan. Hiroki a eu droit à une invitation en tête à tête avec Milly. Il ne tenait plus en place.
Après m’être acquitté des questions de la jeune journaliste, je rejoins les autres la soirée se passa sans rien de particulier. Je range le bracelet dans ma valise.
Voila la suite :
J'ai un autre titre
Deux semaines avec les Lyokoguerriers (partie 3)
Vendredi, à la place de détruire le Réplika du cinquième territoire, qu’un malheureux contretemps (manque de lyoko-guerriers pour diverses raisons), Camille et moi avons aidé Yumi à préparer les installations pour la fête de samedi prochain. Yumi nous a raconté que toute la bande sauf Jérémie allait monter sur scène : Aelita ayant des talent de DJ et Odd, Ulrich et Yumi formant un groupe de Rock. Quelle chance, c’est la veille de notre départ. Et j’ai ma petite idée sur une des chansons qui vont passer.
Le samedi étant un jour sans heures de cours pour Ulrich, il décida de m’emmener avec lui dans la forêt, où il aime venir méditer. En chemin, il me dit :
- Avec tes vêtements, on pourrait croire que tu vas à la chasse. (en effet, je portais un sans-manche avec un sanglier dessus, une veste-cartouchière sans manches aussi et un chapeau de chasse, le tout en vert bien entendu)
- C’est vrai, il ne me manque que la carabine, le cor et la dague.
- Mais, rassure-moi, tu ne chasse pas ?
- Bien sûr que non, tu crois quoi ? J’adore les animaux.
- Ah bon, tu me rassure.
- Sinon, tu viens ici souvent ?
- Ben, à chaque fois que je suis tout seul et que les autres sont en cours.
- Et pourquoi t’as pas cours avec eux à cette heure-ci ?
- J’ai pas pris les mêmes options qu’eux : Jérémie et Aelita ont «informatique» et Odd a «dessin».
- D’accord. Tiens ! C’est qui là bas ?
Une fille habillée en pimbêche était en train de nous espionner mais elle n’est pas très discrète.
- Elle ? Oh, c’est Elisabeth Delmas dite Sissi, elle est plutôt collante, elle cherche à savoir ce qu’on manigance avec les autres. C’est bizarre, elle n’est pas accompagnée par Hervé et Nicolas (ses deux sbires).
- OK, j’ai compris, je ne sais rien du tout.
- Exact, et ce serai encore mieux si tu arrivais à la persuader d’arrêter de fourrer son nez dans nos affaires.
- Je relève le défi.
- Odd va être vert quand il va savoir qu’il existe une personne plus folle que lui.
- Ce sera si dur que ça ?
- Et pire encore.
- On verra bien.
- Eh ! Vous deux, c’est de moi que vous parlez comme ça ? intervient la dénommée Sissi.
- Non, réplique Ulrich, on parle des pigeons, je lui disait qu’ils étaient plus discrets que toi. Tu nous espionne en étant habillée en rose dans une forêt verte, faut pas t’étonner d’être facilement repérée.
- T’en as pas marre de toujours me répondre comme ça ?
- Tant que tu seras toujours ans nos pattes, si.
- Tu m’énerve !
- Et toi, tu m’exaspère.
- Ça va, j’ai compris, je me barre.
- C’est ça, et surtout, la prochaine fois, essaie d’être moins visible.
- Et au fait, dit-elle en s’adressant à moi, toi t’es qui ?
- Je suis un des deux élèves de l’échange inter-lycée.
- Et tu t’appelle…
- Thibaut.
- Bien, Thibaut, je suppose qu’Ulrich t’as parlé de moi en mal et que tu te méfie de moi. mais si tu me dis tout ce que tu sais sur ce qu’ils magouillent, lui et sa bande, tu auras une place de choix dans la mienne.
- Derrière toi mais devant Hervé et Nicolas, c’est ça ?
- Tu voudrais quand même pas devenir chef de bande ?
- Non, je préfère être dans celle où je suis déjà, c’est mieux car il n’y a pas de chef.
- Tant pis pour toi.
- Plutôt tant mieux…Eh ! Attention.
Un sanglier venait de surgir pour nous foncer dessus. D’un réflexe, je pousse Sissi pour qu’elle tombe en arrière, je me laisse tomber moi aussi en arrière et entraîne Ulrich avec moi. Le mastodonte de la forêt passe sans nous toucher. Vite relevé, je dis au deux autres :
- Dépêchez-vous, il va revenir à la charge, y faut qu’on retourne au bahut.
- T’es peut-être pas un chasseur, me dit Ulrich, mais t’en as le savoir.
- Je sais juste qu’il ne faut pas essayer d’arrêter un sanglier qui court.
- C’est déjà ça.
Un serpent se ramène aux pieds de Sissi qui hurle comme une folle. Je place mon pied pour que le reptile aille dessus et, lorsque qu’il est bien dessus, je donne un coup de pied qui l’envoie 60 mètres plus loin. Sissi me demande :
- Il était venimeux ?
- Seulement s’il y a morsure.
- Rassurant.
- On y va ? Sinon, le gros poilu va revenir nous charger.
Arrivés devant le lycée, Yumi, qui nous a vu courir, nous demande :
- Qu’est ce que vous avez à courir comme ça ? Et pourquoi Sissi est avec vous ?
- On était en forêt avec Ulrich, répond-je, Sissi nous espionnait et un sanglier nous a attaqué.
- Et il est où le problème ?
- Leçon n°1 à la chasse : ne jamais se mettre en face d’un sanglier qui charge, c’est comme essayer d’arrêter un bus.
- A par ça, Jérémie m’a dit de vous prévenir que demain : Réplika.
- STOP, hurle Sissi, c’est quoi ces magouilles ? Vous allez répondre sinon je vous balance à mon père (Thibaut, si t’es pas au courant, mon père et directeur de Kadic).
- Calme, cool, zen. dit Ulrich. Réplika, c’est juste le terme que l’on utilise pour signaler les répétitions pour le groupe qu’on a monté pour la fête.
- Et Jérémie ? Il ne fait pas partie du groupe que je sache.
- Non, mais il nous aide pour l’électronique de la guitare électrique.
- Mouais, ça tiens la route. Mais un jour, je saurai ce que vous manigancez.
Et elle s’en va en grognant.
- On a eu chaud. dis-je en soupirant de soulagement.
- Ouais, bon l’après-midi, Jérémie bosse sur son ordi, tu viendras te balader avec nous ? me demande Yumi.
- Non merci, je suis claqué. Je vais rester avec Jérémie et voir si je peux l’aider.
- Libre à toi.
Comme prévu, Jérémie est planté devant son ordi. Camille et les autres sont allés en ville. Je demande à Jérémie :
- Sur quoi tu bosse ?
- Sur ton véhicule.
- Euh…Tu peux répéter s’il te plait ? Je crois que j’ai pas bien entendu.
- Si, t’as bien compris : ton véhicule. L’ overcraft (hovercraft veut dire aéroglisseur en anglais, dans une question de similitude, j’ai retiré le H).
- Cool merci.
- Attends, je dois encore faire des tests. Au fait pour ne pas être surpris, j’ai envoyé un «bouc émissaire» en repérage dans le Réplika mais il me demande un mot de passe pour entrer, j’ai tapé SCIPIO comme pour le cinquième territoire de Lyoko mais ça n’a pas marché et en guise de réponse, j’ai eu cette phrase : «Vous entrez dans le Château Aventureux». Tu sais ce que ça veut dire ?
- Je crois que j’ai ma petite idée. Tu peux tester d’ici ?
- Bien sûr. Attends, j’accède au réseau, je recherche le Réplika, et tu me dis…
- Corbénic = mot de passe incorrect. Carbonek = mot de passe incorrect.
- Essaye de te demander qui a pu entrer dans le château alors qu’il n’y avait pas sa place. Au fait, c’est quoi Corbénic et Carbonek ?
- Les noms du château. Essaye Lancelot, dans la légende arthurienne, c’est lui qui relève les défis du château.
- Mot de passe accepté.
- YES !
- Bon, on par pour le Réplika demain.
- OK.
Le lendemain à midi, à la cantine, on était tous les six. Aelita me dit :
- Non c’est pas vrai, tu t’es montré plus brillant que Jérémie ?
- J’ai juste lu un livre qu’il n’a pas lu.
- Pour trouver un mot de passe comme ça, faut être vachement calé. Jérémie a du feuilleter un bouquin pour trouver SCIPIO et toi c’est de mémoire.
- C’est pas bientôt fini ces éloges ! (ah oui, j’ai oublié de dire que je m’énervais quand on me félicitait).
- Bon d’accord, j’ai compris.
Jérémie, Odd et Ulrich se lèvent, Odd prend la parole :
- Bon c’est pas le tout mais on a un «château» à détruire. Vous venez ?
- J’arrive. dit Aelita.
- Et ma compet’ de saut d’obstacle ? intervient Camille. Y’aura personne ?
- Si ! signalais-je. Y’aura moi.
- C’est vrai ?
- Ben oui, j’ai franchement pas envie de louper les merveilles que tu vas faire.
- Merci.
- Pas de quoi. Et vous, dis-je en m’adressant aux autres, allez détruire le Réplika.
- Mais tu ne viendras pas nous aider ? demande Ulrich.
- Il y a des choses que l’on ne peut faire passer avant d’autres.
- Mais si tu ne viens pas, me questionne Odd, tu peux prendre Kiwi avec toi ? Jim fait une inspection.
- Désolé, mais j’aurais autre chose à penser qu’à ton chien.
A l’hippodrome, Camille me dit :
- Merci encore d’être venu alors que t’avait mieux à faire.
- Qu’est-ce que j’ai dit à Ulrich tout à l’heure ?
- «Il y a des choses que l’on ne peut faire passer avant d’autres». Et alors ?
- Et ben, tu passe avant les Réplikas. Tu n’as donc pas à me remercier.
- Cool, je suis heureuse d’avoir un supporter fidèle.
- Peut-être un peu plus qu’un supporter.
- Oui, un ami. Oh non ! Regarde l’homme en noir et rouge là-bas (le 6), je l’ai déjà affronté et il m’a battu à plate couture.
- Qu’est-ce que ça peut bien faire ?
- Je le battrai jamais. dit-elle en lâchant une larme.
- Mais si, tu m’as dit une fois : «je crois en toi». Moi aussi, je crois en toi.
- Mais tu ne fais que me donner un rêve.
- Je vais te dire quelque chose, tu vas me promettre de le retenir.
- D’accord.
- Fais de ton rêve une réalité et de la réalité un rêve.
- T’as raison. J’y vais, voilà mon cheval. se reprit-elle en séchant ses larmes.
- Et avant que tu ne me fasses la tête si jamais tu aurais une raison de m’en vouloir, fais-moi un sourire.
Ce qu’elle fit aussitôt.
- Comment s’appelle ton cheval ?
- Vent du Nord.
- Très joli.
- Oui, et regarde dans ses yeux, tu croirais voir le sommet des montagnes.
- Comme on voit les eaux claires dans les tiens.
- Flatteur. me répond-elle.
- Non, observateur. Allez, montre leur ce que tu a dans le ventre.
- Bien chef.
Elle monte sur Vent du Nord, son chemin croise celui du 6 dont j’entend quelques paroles :
- Je pensais que après la raclée que je t’avais mise, tu te serai retirée du milieu.
- Tu pensais mal.
La compétition commence, le 6 a fait un parcours remarquable. Mais personne, pas même lui ne peut être aussi doué qu’une Camille survoltée qui efface vite les performances de son adversaire. A la fin du tournoi, Camille arrive première suivie du 6 qui s’est pris un KO phénoménal. Camille accoure vers moi, toujours sur Vent du Nord, pour me dire :
- On a gagné.
- Non, tu as gagné.
- Viens, ils vont remettre les récompenses.
- Vas-y toute seule, je n’ai pas ma place aux festivités.
- Si tu viens pas, alors là, je te ferais la tête.
- C’est un argument de poids .D’accord, mais ni photos, ni autographes, ni coupe, ni médaille pour moi . OK ?
- OK.
Bon, on va pas raconter une remise de trophée, passons à la suite.
De retour à Kadic, au foyer, toute la bande sauf Yumi étaient regroupée au foyer. Aelita questionne :
- Alors ? Comment ç’a s’est passé ?
- Camille vous répondra, répond-je, moi je vous laisse. Vous avez détruit le Réplika. Il était où ?
- Dans l’I.S.S. Mais où tu vas ?
- M’allonger sur mon lit, j’ai mal au crâne.
En fait, c’était pour laisser Camille raconter sa version de l’histoire et pour méditer un peu sur ce qui m’arrivait : je faisais partie d’un groupe d’ados qui sauvent le monde et je suis en train de devenir le meilleur ami de la fille dont je suis amoureux, c’est dingue, non ?
- Aaah !!
- Thibaut, t’es dingue de hurler comme ça en pleine nuit.
- Désolé (je regarde à ma montre : Lundi 05H47), j’ai encore fait cet horrible cauchemar.
- Qu’est ce qui se passe dedans ?
- Je préfère pas le raconter.
- On en reparlera tout à l’heure avec les autres, ça fait quand même depuis mercredi que tu les fais.
- Surtout pas, s’il te plait.
- Bon d’accord.
Je sais que je devrais leur raconter mais comment leur expliquer que je rêve d’un fantôme.
Pendant la journée, Hiroki me fait une confidence :
- J’en ai marre, j’avance pas d’un pouce avec Milly.
- T’en fais pas ton tour viendra, et si je peux t’aider je le ferais.
Mardi après-midi, le chaud soleil d’été qui revient. Toute la bande était réunie au lycée pour un message du proviseur. Comme Camille et moi n’étions pas concernés, je lui ai proposé (après une multitude de bégaiements) de venir avec moi au parc.
- C’est la première fois, depuis qu’on est, qu’on est tous les deux sans la crainte de voir Kiwi-garou. me fit-elle remarquer.
- C’est vrai, mais j’espère que ce ne sera pas la dernière.
- Je ne pense pas. Mais faudra pas négliger les autres.
- Sûrement pas. Ils sont comme les frères et sœurs que j’ai jamais eu.
- T’as pas de frères et sœurs ?
- Ben euh … J’en avais un qui devrait avoir 21 ans.
- Il est … mort ?
- Pas tout à fait.
- Explique-moi, s’il te plait.
- J’ai pas envie de te mêler à ça.
Mon portable sonne : sur l’écran, il y a écrit Aelita :
- Allô ?
- Thibaut, y’a un type qui retient tout le collège en otage. Apparemment, il aurait volé des objets en exposition au «musée de l’antiquité». Il est pas seul : y’a une femme avec lui. Viens nous aider.
- J’arrive.
- Attends un peu petite peste, dit une voix qui me disait quelque chose (sans doute l’homme dont me parlait Aelita, qui lui met une forte gifle, en se basant sur les pleurs de cette dernière), et que je ne t’y reprenne plus, à téléphoner en douce. Qui est à l’appareil ?
Cette voix, mais bien sûr, ça ne pouvait être que lui.
- Salut, Lock Nah. réponds-je.
- Qui êtes-vous ?
- Tu me reconnais pas ? Ça ne fait pourtant que 4 ans.
- Thibaut ? T’es toujours là où il ne faut pas. Sait-tu que ton espérance de vie raccourci à chaque fois que tu te mets en travers de ma route ?
- Oh, si peu. Attends, je viens m’occuper de toi.
- Je t’attends.
Il raccroche. Camille me demande :
- Qu’est ce qui se passe ? Qui est Lock Nah ? Et pourquoi tu vas aller t’occuper de lui ?
- Tu voulais savoir qui était mon frère ? Mon frère, c’est Lock Nah, enfin c’est son nouveau nom (il s’appelait Xavier avant). Il y a 4 ans, il est parti de la maison en emportant avec lui une antiquité égyptienne qui m’avait été léguée par un aïeul : le bracelet d’Osiris. Il est parti avec et a fait croire à mes parents qu’il était mort dans un accident. Mais j’ai toujours su qu’il était en vie et qu’il reviendrait. Depuis quelques temps déjà, je faisais des cauchemars de nos retrouvailles et voilà qu’il revient après avoir dérobé une autre antiquité au musée. Trouble coïncidence, non ?
- N’y vas pas et laisse intervenir la police, il va te tuer si tu le cherche.
- Non, réponds-je d’un son très bas et qui ressemblait à un souffle, il menace mes amis et je ne peut pas le laisser les maltraiter.
- Et moi, tu m’oublie ?
- Vas à l’usine et ne reviens que lorsque je t’appellerais. S’il te plait, pour me faire plaisir.
- Reviens vite.
- J’espère.
Je pars en courant et, j’y repense, Camille a raison : il pourrait me tuer. Je reviens vers elle, je la prends dans mes bras et je l’embrasse, c’était doux, ce que j’aurais aimé que le temps s’arrête.
- Maintenant je peux y aller.
Arrivé devant le lycée, je me cache derrière un mur et j’observe : une femme d’environ 20 ans montait la garde devant une camionnette. Je profite d’un moment d’inattention pour l’attaquer. Mais elle se débat bien, la garce, mais je fini par l’assommer, du moins c’est ce que je croyait car après l’avoir examinée, je me rends compte qu’elle était tombée raide morte, un couteau (qu’elle devait sans doute porter à la ceinture) était enfoncé dans son ventre. J’ouvre la camionnette par la double porte arrière : il y avait à l’intérieur l’antiquité volée et deux Magnum 365 pleins (donc 12 balles). J’emporte ces derniers sur moi et défonce la porte d’entrée du gymnase, le seul bâtiment assez grand pour contenir tout le monde.
Tout le lycée était là, j’aperçoit Ulrich, Odd et Yumi dans sous un panneau de basket, Jérémie et Aelita sont eux à côté de Jim et du proviseur, devant le mur d’escalade. Lock Nah au centre du bâtiment :
- Je croyais que tu ne passerais pas Kimberley.
- Alors, c’est comme ça qu’il s’appelle, le cadavre.
- Quel cadavre.
- Ah oui ! C’est vrai, j’ai oublié de te dire : dans le feu de l’action, elle s’est pris son couteau dans le ventre.
- Tu vas me le payer, enflure.
- Chèque ou liquide ?
L’étincelle qui met le feu aux poudres, il dégaine un 9mm silencieux et tire. J’esquive facilement.
- Quand papa disait que je visais mieux que toi, il n’avait pas tort.
- La ferme.
Il continue à tirer, je continue à esquiver. Il commence à me taper sur le système à vouloir me descendre. Dans mon élan, je saisis une corde avec un poids à l’extrémité supérieure retenu par un anneau de métal, je prends un Magnum de la main gauche et tire sur l’anneau : je suis entraîné par le poids et arrive au plafond, je m’accroche aux poutrelle du plafond. Tiens ! Lock Nah ne tire plus, plus de balles ? Je tire sur la porte pour que les otages s’enfuient, tout le monde sort sain et sauf, mon frère n’y fait pas attention car il a les yeux rivés sur moi. Je me laisse tomber sur les tapis de gym qui amortissent ma chute (ça fait peur un mouvement yo-yo de 5 mètres en 10 secondes).
Lock Nah jette son flingue et me dit :
- Voyons ce que vaut ton escrime. (il me jette un katana blanc à garde bleue et en prend un noir à garde rouge)
- Comme au bon vieux temps ?
- Comme au bon vieux temps.
Nous connaissions chacun les coups de l’autre. Chaque coup était paré et chaque parade contrée. Le combat dura, je pense, une bonne demi-heure et ne se termina qu’après ces paroles de Lock Nah :
- Je vois que tu te souviens des vieux trucs.
C’est à ce moment que je lui fait lâcher son sabre.
- J’en ai appris d’autres.
- Mais tu n’est toujours pas attentif aux mouvements de ton adversaire. Regarde ton poignet droit.
Il m’avait fait un tatouage représentant, entre autres, une pyramide et deux pharaons.
- Ne cherche pas à l’effacer, c’est impossible. Il me permettra de te reconnaître si nous devions nous revoir une prochaine fois.
- Il n’y aura pas de prochaine fois.
A cet instant, un bruit sourd se fait entendre dans mon dos, je me retourne, c’est Camille qui est tombée de la grille d’aération d’où elle devait nous observer depuis longtemps. Je lui dit :
- Je croyais t’avoir demandé de rester cachée.
- Désolée, mais je ne voulais pas manquer ce combat.
- Va te mettre à l’abri !
- Elle n’en aura pas le temps ! intervint Lock Nah en pointant un Magnum 44, Tu te souviens de la balle symbolique, Thibaut ?
- Ouais, une seule balle pour atteindre tous tes ennemis.
- Elle va servir aujourd’hui.
Il commence à presser la gâchette, je me précipite devant Camille, le coup part et je me reçoit la balle à l’épaule gauche. Mon instinct me fait prendre de la main droite le second Magnum où il reste une balle et me dicte de tirer, ce que je fais : mon frère se prend la balle en pleine poitrine. En agonisant, il arrive à articuler :
- T’as gagné, Medjaï.
- Comment tu m’as appelé ?
- Medjaï, tu te souviens pas ? Quand t’étais petit, tu regardais déjà «La Momie», et tu disais : «quand je serai grand, je serai un Medjaï (un guerrier d’Osiris)». Tiens, au fait, je te rends ça, je n’en n’aurais plus besoin. dit-il en me tendant le bracelet d’Osiris (un bracelet large d’une dizaine de centimètre).
Je le prends en mains : les souvenirs remontent, les temps heureux, un passé sur lequel j’avais tiré un trait en tuant mon frère. Sur ce, j’ai un grand trou noir, je m’évanouis.
Je me réveille allongé sur un lit, dans l’infirmerie du lycée. Je me relève d’un coup sec mais un bras me retient, c’est Aelita.
- Tout doux, me dit-elle, tu nous a fais peur, tu sais.
En prêtant attention aux détails qui m’entourent, je me rends compte que mon épaule gauche est bandée ; je remarque aussi que toute la bande est à mon chevet, toute sauf Camille. Une seule question, un seul mot me vient :
- Camille ?
- Il y a des amis qu’on ne peut remplacer… me répond Aelita.
La porte s’ouvre et Camille apparaît.
- … et d’autre qu’on a la chance de ne pas perdre.
- Bon, on vous laisse, dit Ulrich, vous devez avoir des choses à vous dire. Au fait Thibaut, l’objet que tu avais entre les mains quand tu étais évanoui…
- Le bracelet d’Osiris ?
- Oui, le bracelet, il est sur la table de chevet. Y’a aussi des reporters qui ont entendu parlé de l’affaire qui veulent interviewer le «héros» (y’a même Milly), les policiers sont là aussi et veulent ta version des faits.
- Pour les flics, tu leur raconte ce qui s’est passé et tu leur dis que je leur laisse les honneurs et les gratte-papiers, tu leur raconte que ce sont les flics qui ont réglé le problème : je veux rester sous couverture (sauf pour Milly, j’ai une idée, de toutes façons, elle faisait partie des otages). Et si tu croise Hiroki, tu lui dit que c’est le moment, il comprendra.
- OK.
Il ferme la porte, enfin seuls, Camille prend la parole :
- J’ai 2 choses à te dire, une bonne et une mauvaise.
- Commence par la mauvaise.
- Ça, c’est pour m’avoir embrassée sans mon accord. (elle me donne une qui, comme ses paroles, est sans conviction).
- Et la bonne ?
- C’est pour m’avoir sauvé la vie et pour te signaler notre nouvelle relation. (elle m’embrasse, c’était comme la première fois. Je suis heureux !!!!).
- Alors, on est…
- Oui, on est…
Je me lève d’un bond, oh ! quelle poisse, je suis en slip ! Je rougis, récupère mes affaires et me rhabille en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
- Doucement, ta blessure.
- Quelle blessure ? La seule chose que ce combat m’ai laissé est un tatouage.
- Il est joli, tu vas l’enlever ?
- C’est impossible.
- Ah bon ! Viens, récupère ton antiquité et allons retrouver les autres, ils doivent avoir envie de te parler, eux aussi.
La porte s’ouvre, c’est Hiroki, je demande à Camille :
- Passe devant, je te rejoins, j’en ai pour deux minutes.
- D’accord.
Elle sort :
- T’as croisé Ulrich, Hiroki ?
- Ouais, comment veux-tu faire pour que je soie important aux yeux de Milly ?
- J’ai refusé toute interview pour ce qui s’est passé, il suffit que je croise Milly, elle me demande une interview, je refuse, tu me persuade, j’accepte.
- Bien.
Pas besoin d’attendre, Milly ouvre la porte et tout se passa comme selon le plan. Hiroki a eu droit à une invitation en tête à tête avec Milly. Il ne tenait plus en place.
Après m’être acquitté des questions de la jeune journaliste, je rejoins les autres la soirée se passa sans rien de particulier. Je range le bracelet dans ma valise.