Du cœur à l'ouvrage

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Message par The Ulrich Stern (déconnecté) » 30 Juin 2016, 21:27

Re: Du cœur à l'ouvrage

Justement c'est ce genre d'idée qui sont vraiment bien car le couple Yumi/Ulrich est beaucoup fait et donc il n'y a plus d'originalité sur les couples :D

Message par *Visiteuse* » 29 Juin 2016, 16:08

Re: Du cœur à l'ouvrage

Je connaissais pas ta fic mais elle est super bien. Non, je n'ai pas dit géniale pour plusieurs raisons :
-Yumi et Ulrich sont pas ensemble!!!!
-Elle a un gosse d'un autre mec.
-Il était fiancé à une autre fille.
- Il a laissé tomber ses amis!!! :shock:
- Et en plus, Yumi lui fait la tête!
Donc en tant que super grande fan du couple Yumi/Ulrich, ça passe pas.
Je regarderai de temps en temps si tu n'as pas mis la suite ( en espérant qu'elle arrive bientôt )
PS: j'adore ton image, j'en ai ras le bol de voir aelita avec n'importe qui! Certain l'on même mis avec Nicolas!

Message par The Ulrich Stern (déconnecté) » 29 Juin 2016, 15:20

Re: Du cœur à l'ouvrage

OUAIS enfin la suite continue j'adore ta fic

Message par Ann O'Neemm » 27 Juin 2016, 19:28

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut tout le monde !!

Qu'est-ce que je lis ? Y a pas de suite ?? Comment ça, y a pas de suite ?! Et ça, c'est quoi ? Hein ?!

Allez, bonne lecture !

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Je me dépêche de finir de déjeuner puis je me lève pour déposer ma tasse et ma cuillère dans le lave-vaisselle.

« Tu vas mettre le lave-vaisselle en route pour si peu ?! » s'étonne alors Sam.

Je me fige une seconde avant de tourner la tête vers elle.

« Ah ouais, tiens. » lâché-je avant de me relever pour déposer ma vaisselle sale dans l'évier. « Tu fais bien de me le dire parce que j'allais faire comme d'habitude. Surtout qu'il reste ici.
– Tu ne l'emmènes pas avec toi ?
– Non, il est au propriétaire.
– J'espère pour toi qu'il y en a un dans ton nouvel appartement !
– Hélas non.
– Dommage, tu vas devoir te mettre à faire la vaisselle toi-même !
– Quoi ?? C'est pas toi qui devais venir la faire tous les soirs ?! » lui dis-je en feignant un air étonné.
« Alors là, tu rêves, mon vieux ! » fait-elle, presque offusquée. « J'ai déjà suffisamment de choses à m'occuper à la maison. Surtout avec qui tu sais !
– Je compatis à ta douleur ! »

Sam éclate de rire.

« C'est exactement ça ! » dit-elle. « Une vraie douleur !
– Et sinon, j'ai déjà prévu le coup pour le lave-vaisselle. Et le lave-linge aussi. Normalement, on doit me les livrer en fin d'après-midi dans mon nouvel appart'.
– Hé ben ! Tu ne perds vraiment pas de temps, toi ! Tu sauras t'en servir, au moins ?
– Non mais oh ! Tu m'as pris pour un manche ou quoi ?! »

Sam se remet à rire.

« Bon ! » fais-je en voyant l'heure. « Il va peut-être falloir qu'on se mette au boulot sinon Odd va nous dire qu'on n'avance à rien sans lui ! »

Alors nous sortons tous deux de la cuisine pour nous rendre dans le salon. Nous nous arrêtons devant le canapé. Sans surprise, Odd est encore en train d'y roupiller. Sam laisse échapper un soupir puis se remet en mouvement pour aller réveiller son futur époux.

« Stop ! » lui dis-je en la retenant par le bras. « Ne le réveille surtout pas.
– Ben pourquoi ?
– Fais-moi confiance, on va bien rigoler !
– Qu'est-ce qui t'arrive ? D'habitude, c'est Odd qui fait des coups tordus !
– Faut croire qu'il a fini par me contaminer.
– Oh mon dieu ! » lâche-t-elle en portant sa main à la bouche. « On est foutus ! »

Puis elle éclate de rire à nouveau. Odd se met subitement à gémir. Visiblement, Sam l'a dérangé dans son sommeil. Elle se tait alors et nous nous éloignons discrètement du grognon. Nous pénétrons dans ma chambre et je me positionne devant mon placard.

« Normalement, ça devrait être rapide. » déclaré-je en ouvrant en grand les portes du meuble.
« Tu m'étonnes ! » s'exclame Sam en regardant le contenu. « Avec tout ce qu'on a viré la dernière fois, il ne reste plus grand-chose !
– Certes, mais l'autre fois, on a retiré le superflu. Aujourd'hui, il ne reste que l'essentiel ! » rétorqué-je en prenant un air taquin.
« C'est-à-dire ?
– Bah mes affaires, tiens ! »

Sam pouffe de rire avec un léger mouvement de recul de la tête. Soudain, quelque chose attire son attention dans le contenu de mes affaires tout en bas de l'armoire.

« Tiens ?! Mais qu'est-ce que ça fait là, ça ? » demande-t-elle en se baissant pour saisir la chose.
– C'est pas vrai ! » lâché-je en voyant la paire de chaussures à talons qu'elle vient de débusquer. « Il y en a encore ??
– Dis donc, Ulrich, tu ne me cacherais pas des choses, par hasard ?
– Quoi donc ?
– Quand j'ai vu la collection de talons aiguilles de ta charmante ex-copine, je me suis dit qu'elle était fétichiste. Mais là, quand je vois cette paire bien planquée dans tes affaire, je commence à avoir quelques doutes...
– Quelques doutes ? Comment ça, quelques doutes ?
– Ben… Des doutes du genre qu'il n'y a pas qu'Émilie qui est fétichiste des pieds, par exemple,
– Non mais ça va pas, la tête ?! » m’offusqué-je alors qu'elle est toute hilare. « Tu me vois porter ce genre d'instruments de torture ? Sérieusement ?
– Oh tu sais, nous, on n'est pas là pour vérifier ce que tu fais quand t'es tout seul ! » poursuit-t-elle avant de se remettre à rire.
– Non mais qu'est-ce qu'il faut pas entendre, des fois !
– Tous les goûts sont dans la nature, tu sais !
– Ouais bah là, pour le coup, c'est plutôt tous les égouts qui vont dans la nature !! »

Et la voilà qui repart dans une crise de rire.

« Allez, enlève ça de ma vue. » lui dis-je, exaspéré. « J'en ai ma claque de ces trucs ! »

C'est vrai qu'on en a vu, des chaussures, quand on a viré les affaires de mon ex. De la grolle, de la pompe, de la savate, du godillot, du sabot. Bref, des godasses comme s'il en pleuvait ! Les placards en étaient pleins à ras-bord ! Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien en faire de toutes ces paires de chaussures ? Surtout avec une seule paire de pieds ! Elle voulait ouvrir un musée ou quoi ? Et dans l'affaire, j'ai remarqué une grande constante : les talons hauts. On n'a pas vu une seule chaussure plate dans toute cette collection. Finalement, quand Sam parle de fétichisme, elle a peut-être raison.

« Oh la vache !! » laisse-t-elle échapper en regardant les chaussures de plus près.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
– T'as vu la marque ? Ça coûte une blinde, ces trucs !
– T'es sérieuse ?
– Si je te dis un prix à quatre chiffres avant la virgule, tu me crois ?
– Nan… » laissé-je échapper, étonné qu'une simple paire de chaussure puisse coûter aussi cher, mais aussi que quelqu'un veuille bien les acheter à ce prix-là.
« Pourtant tu devrais ! Ça vaut au moins deux mille euros, ces machins-là.
– Bon ben je sais ce qu'il me reste à faire. » soupiré-je de consternation.
« Sans blague ? Tu comptes les porter ?! » dit-elle avant d'éclater de rire tandis que je la regarde d'un air faussement désabusé.
– Décidément, t'en rates pas une, toi ! Je pense plutôt les revendre !
– Oh, quel dommage ! Je suis sûre que ça t'irait très bien !
– Ben voyons… Et tu vas me dire que je ferais sensation avec ces trucs aux pieds dans les dîners mondains, c'est ça ? »

Et voilà Sam qui part à rire de plus belle. Décidément, le quotidien de Odd ne doit pas être triste.

« Bon, assez rigolé. » déclaré-je en me saisissant d'un carton de déménagement que j'avais laissé là. « On a du boulot ! Et si on pouvait finir avant que ton cher et tendre ne se réveille, ça m'arrangerait ! »

Sam retrouve son calme et nous nous répartissons la besogne. À elle l'étagère de droite, et à moi celle de gauche. Après avoir retiré mes sous-vêtements et mes T-shirts de l'étagère, je redécouvre bien plié dans un coin mon kimono. J'avais presque fini par l'oublier. Pourtant, j'en ai vécu des trucs avec lui.

Ça fait un bail que j'ai arrêté le pentchak silat. Après le lycée, j'ai pratiqué en club pendant quelques années puis j'ai progressivement laissé tomber. Peut-être que je devrais m'y remettre. Un peu d'activité physique ne devrait pas me faire de mal. Sam, qui a remarqué que je m'étais arrêté quelques secondes, jette un œil pour voir ce que je suis en train de regarder.

« Tiens ? Une antiquité ! » déclare-t-elle pour me taquiner.
« Ouais. C'est ce que j'étais en train de me dire.
– Pourquoi t'as arrêté la compétition ? » demande-t-elle en se tournant vers moi.
« À vrai dire, j'en sais trop rien. » lui réponds-je en soupirant, nostalgique. « Le besoin de passer à autre chose, sûrement.
– C'est dommage. T'étais loin d'être mauvais, pourtant.
– Tu trouves ?
– Si pour toi avoir été champion de France et vice-champion d'Europe, c'est pas suffisant pour être bon, je me demande bien ce qu'il te faut !
– Ouais, c'est pas faux. »

Je sors alors délicatement mon kimono de l'étagère. Soudain, je sens quelque chose glisser de dessous celui-ci avant de tomber au sol. Ce sont quelques photos que j'avais manifestement caché là, sûrement pour qu'Émilie ne les jette pas à la poubelle.

« Elles sont vieilles, ces photos. » dit Sam en les ramassant avant de me les montrer.

Effectivement, elles datent d'il y a bien longtemps. Ce sont des photos de notre bande du temps où on était encore à Kadic. On les regarde une à une jusqu'à ce que Sam s'arrête sur une en particulier.

« Tiens donc ! Petit cachottier, va ! » s'exclame-t-elle alors.

C’est une photo de Yumi. Je ne me souvenais plus que je l’avais. Comment ai-je fait pour l'oublier ? Yumi y est pourtant si belle. Elle avait un charme fou à l'époque. Je comprends pourquoi j'ai craqué pour elle. Certes, on a pris de l'âge depuis mais, pour le peu que je l'ai vue la dernière fois, je l'ai trouvée toujours aussi ravissante.

Un flash me tire soudainement de mes pensées. C’est pas vrai, ça recommence ! Je me retourne vers Sam, qui vient de me prendre en photo avec son portable. Elle éclate de rire une fois de plus.

« Tu verrais ta tête !! » lâche-t-elle, encore toute hilare.
« Oh, je me doute bien que si tu m’as pris en photo, c’est bien parce que ma tronche t’as fait rire… » déclaré-je, affligé.

Après quelques instants, Sam retrouve son calme et range son portable dans sa poche.

« Au fait ! » dit Sam. « Comment vous en êtes arrivés là, toi et Yumi ?
– C’est une histoire compliquée, tu sais. » soupiré-je en remettant cette photo parmi les autres avant de les ranger délicatement avec mon kimono dans le carton à mes pieds. « Et puis c’était il y a longtemps. Mais pour résumer, j’ai fait le con et voilà où ça nous a mené.
– C’est dommage. » répond-elle. « On ne traînait pas beaucoup ensemble à l’époque, mais si je me souviens bien, vous formiez plutôt un joli couple tous les deux.
– C’est du passé, hélas. Et revenir sans cesse dessus ne fera pas avancer la chose. »

Alors Sam se retourne vers l’armoire et, sans dire un mot, nous nous remettons tous deux au travail.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

Oui, je sais, ça a été long à venir. Mais bon, quand l'inspiration vient au compte-goutte, hé ben... L'inspiration vient au compte-goutte, quoi ! Et ça, on a beau lutter, quand on se force, on n'obtient que de la << veuillez insérer ici le mot de Cambronne >> !!! (<-- si vous ne savez pas ce qu'est ce fameux mot, faites donc quelques recherches sur le sujet, ça vous fera un peu de culture !!)

Quand j'ai vu que j'avais fait 3 pages de texte depuis la dernière fois, je me suis dit qu'il était temps que je la publie.

En ce qui concerne la suite, je ne sais pas quand j'arriverai à en publier une. Mais une chose est sûre, on n'est plus très loin de la fin, même si on n'y est pas encore... Sans compter que ça reste encore assez flou dans ma tête.

En attendant, soyez patients ! (Allez, siouplay ! juste un an ou deux !!! XD )

@+

PS : j'allais oublier : merci à Bookine, Mamadou et Isisodd pour vos commentaires !

Message par Isisodd » 19 Aoû 2015, 23:35

Re: Du cœur à l'ouvrage

On en voit pas souvent des fivs dans ce genre la (detestation supreme entre Yumi et Ulrich) C'est vraiment dommage qu'il n'y est
PAS DE SUITE :'-( :'-(

Message par mamadou » 13 Mai 2015, 20:51

Re: Du cœur à l'ouvrage

j'ai lu ta fic (que j'avais déjà lu dans le passé d'ailleurs), et comme la première fois, je la trouve génial
le SEUL GROS PROBLÈME c que Y'A PAS DE SUITE :cry: :cry: :cry: :cry: :cry: :pale: :pale: :pale: :pale: :pale: :evil: :evil: :evil: :evil:

Message par Bookine » 09 Mai 2015, 20:25

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut :D
Je viens de passer mon aprem à lire tes fics !! Enfin sauf protocole carthage, j'ai promis de tenir ! ;)
Enfin bref, là n'est pas la question. Ne me dis pas que tu as abandonné cette fic ?? Non mais sans rire ! Je l'adore moi ! L'inspiration t'est peut-être revenu depuis le temps, non ?
Allez, s'il te plait ! Me laisse comme ça ! J'ai besoin d'une suite moi !
J'ai adoré ta fic "je ne t'attends plus", mais si tu finis pas celle-là, je pourrais jamais savoir laquelle des deux je préfère !
J'adore ta manière d'écrire, et surtout tes idées ! :thumbleft: Et puis on laisse pas une toute petite fic, seule, sans défense et non finit ! La pauvre quoi...
Allez, j'ai confiance en toi, donc je te souhaite bon courage pour que tu puisse finir cette fiction ! :)

Message par Ann O'Neemm » 10 Aoû 2014, 22:14

Re: Du cœur à l'ouvrage

Bonjour/Bonsoir tout le monde!

Après une longue pause, j'ai enfin retrouvé suffisamment d'inspiration pour pouvoir poursuivre cette fic !
Certes, la partie que je publie aujourd'hui n'est pas ce qu'il y a de plus transcendante, mais elle est nécessaire pour bien situer la suite des événements. Alors j'espère que ça vous plaira quand même.

Bonne lecture.

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Quelques temps plus tard.

J'entends mon réveil qui sonne. J'ai un peu de mal à émerger. Je sors un bras de sous la couette et je le cherche pour l'éteindre. Mais où est-ce qu'il est, bon sang ?! Ah ! Ça y est, je l'ai enfin trouvé. J'appuie sur le bouton pour abréger mon supplice. Ce que ça fait du bien quand ça s'arrête ! J'ai dû oublier de désactiver l'alarme hier soir. C'est malin... Moi qui voulais faire la grasse mat' aujourd'hui, je vais avoir un mal fou à me rendormir, maintenant ! Pas grave, tentons quand même.

C'est pas vrai ! Voilà que l'engin de torture s'est remis en route ! Cette fois, c'en est trop ! Je sors la tête de sous la couette et j'attrape ce maudit appareil. Je me débats avec ce satané bidule qui refuse de s'éteindre. Et il me faut trois bonnes secondes pour comprendre que la sonnerie ne vient pas du réveil mais de la porte... Je suis vraiment dans le coaltar, moi. Je regarde l'heure : huit heures du matin. Bon sang ! Mais qui donc ose venir réveiller les gens à une heure pareille un samedi matin ?!

Je bondis hors de mon lit et j'enfile une robe de chambre pour aller ouvrir. Je prends le couloir qui mène au salon, que je traverse d'une traite et je me rends compte qu'il y a un écho terrible depuis que j'ai viré les affaires de la grognasse qui me servait de copine il y a quelque temps encore. Mais c'est qu'il s'excite sur la sonnette, le bougre ! Je ne sais pas qui c'est mais il va m'entendre ! Y a pas intérêt à ce que ce soit un gamin qui s'amuse parce que sinon je vais lui filer une de ces torgnoles, il va faire trois tours dans son slip avant de comprendre ce qui lui arrive ! Parole de Stern !

J'arrive à la porte et je regarde à travers le judas pour avoir un aperçu du gredin qui a osé ruiner mon sommeil de si bonne heure. Ça alors ! J'en reviens pas ! Je m'empresse d'ouvrir la porte pour vérifier si je ne suis pas encore en train de rêver.

« Ah bah enfin ! C'est pas trop tôt ! » me dit-il.
« Ben si, justement ! Qu'est-ce que vous faites là à cette heure-ci, tous les deux ? » réponds-je, encore stupéfait.
« Ben, on est venus te donner un coup de main pour ton déménagement, pardi ! Mais toi, qu'est-ce que tu fais encore dans cette tenue ?
– Quoi, ma tenue ? Qu'est-ce qu'elle a, ma tenue ? Elle est très bien, ma tenue !
– Tu rigoles ?! On aurait dit un vieux pépé, avec ta robe de chambre. Manquerait plus que t'aies des rhumatismes, tiens !
– Oh… » laissé-je échapper, n'ayant pas vu le coup venir.

Attends un peu, mon gaillard ! Ne va pas croire que tu vas t'en tirer à si bon compte !

« Non mais oh ! Tu sais ce qu'il te dit, le vieux pépé ?! » lui retourné-je sans ménagement. « Et toi, tu sais quel jour on est, au moins ?
– Ben oui, on est samedi.
– Et t'as vu heure qu'il est ?
– Au quatrième top, il sera huit heures et sept minutes ! » dit-il en imitant l'horloge parlante après un rapide coup d'œil sur sa montre.
« Et tu trouves pas qu'il y a comme quelque chose qui cloche, là ?
– Ben non, pourquoi ? Je devrais ?
– Évidemment, Odd ! Normalement, le samedi matin à huit heures, t'es roulé en boule au fond de ton lit en train de roupiller ! Sauf que là, t'es debout devant ma porte, et tout ce qu'il y a de plus réveillé. Tu ne trouves pas ça inquiétant, toi ? Qu'est-ce qui t'es arrivé ? T'es tombé du lit ou quoi ? Tu ne t'es pas fait trop mal, au moins ? T'es tout pâlot. T'es sûr que ça va ? T'as fait un cauchemar et tu veux qu'on en parle, c'est ça ? »

Sam, qui l'accompagne, éclate de rire.

« Oh, ça va, hein ! » grommelle-t-il, boudeur. « Si tu crois que je me suis levé par gaîté de cœur… »

Ah ! Voilà qui me rassure. Odd qui se lève aussi tôt un samedi matin de son propre chef, je me disais bien que c'était louche. Et en parlant de chef, je dois bien reconnaître que Sam a un certain talent pour mener son homme à la baguette.

« Boude pas, maigrichon ! Je disais ça pour déconner ! » lui lancé-je.
« Je suis pas maigrichon ! Je suis…
– Svelte ! Oui, on sait. Tu nous l'a déjà dit cent fois. Allez, ne restez pas plantés là, rentrez ! » leur dis-je en m'écartant du passage.

Odd fait une moue en dodelinant de la tête.

« Allez ! Détends-toi, mon vieux ! Fais pas la gueule pour si peu !
– Mouais… C'est bien parce que c'est toi ! » me répond-il sur un ton faussement blasé, avant d'afficher un large sourire.

Visiblement, il ne l'a pas mal pris. Tous les deux s'avancent alors vers moi et pénètrent dans l'appartement après m'avoir chaleureusement salués, puis je referme derrière eux.

« Je ne vous attendais pas de si bonne heure. » leur avoué-je.
« Ah ! Tu vois ! » lance alors Odd à sa chère et tendre. « Je t'avais bien dit qu'on allait réveiller pépère en arrivant aussi tôt ! Maintenant, il va être bougon toute la journée. C'est malin !
– Mais non ! » rétorque Sam. « Il est encore sous l'effet des cachetons qu'il a pris hier soir avant d'aller se coucher. Regarde sa dégaine, il est tout stone ! Et je parie qu'il a oublié de mettre son sonotone. Il ne capte rien de ce qu'on raconte !
– Plaît-il ?! » m'exclamé-je en leur faisant les gros yeux.
« Tiens ! Qu'est-ce que je te disais ! » poursuit Sam.
« Dites donc, vous deux ! Ça vous dirait que je vous mette à la porte de bon matin ?
– À toi de voir ! Après tout, tu es encore chez toi, ici. » me répond Odd. « Mais c'est pas à nous que ça va poser problème. N'est-ce pas, monsieur le déménageur ?
– Ouais, c'est pas faux. » soupiré-je, contraint de déclarer forfait dans cette petite joute verbale amicale.

Ah, ces deux-là ! Quand ils s'y mettent, y a pas moyen de lutter. Et puis, à huit heures du matin, je suis bien incapable de faire face à leur humour un peu trop corrosif pour moi.

« Bon, vous allez devoir m'attendre quelques minutes dans le salon. » leur fais-je en me dirigeant vers ma chambre.
« Quoi ?! » s'offusque Odd. « On vient à peine d'arriver que tu nous abandonnes déjà ?
– Bien obligé ! Vous m'avez cueilli au saut du lit ! Et puis, sérieusement, tu me vois en train de déménager dans cette tenue ?
– Avec toi, on n'est plus à une bizarrerie près, tu sais ?
– Pardon ?! » lâché-je en m'arrêtant net pour me retourner vers lui.
« Mais non, je rigole !
– J'espère bien ! »

Je reprends mon chemin tandis que mes deux invités s'installent dans le salon. Arrivé dans ma chambre, je m'empresse de me diriger dans la petite salle de bain attenante pour y faire ma toilette matinale. Après une bonne dizaine de minutes et une douche bien chaude, je ressors de la petite pièce frais comme un gardon. Je m'approche du dressing dont j'écarte les portes coulissantes. Aujourd'hui, je vais mettre une tenue assez légère, vu les efforts que je vais devoir faire pendant la journée. À peine une minute plus tard, je suis enfin près. Maintenant, direction la cuisine pour prendre mon petit déjeuner.

Je m’apprête à ouvrir la porte de ma chambre quand j'entends soudain un bruit sourd et intermittent. Intrigué, j'ouvre délicatement la porte et je m'approche lentement du salon pour voir ce qui peut bien produire ce son. Et très vite, j'en découvre l'origine : C'est Odd qui pique un roupillon, affalé dans le canapé. Je me doutais bien que l'heure était trop matinale pour lui. Je sors donc de ma chambre à pas de loup pour ne pas le perturber.

Mais pourquoi je prends autant de précautions, moi ? Même avec tout le boucan du monde, il ne se réveillerait pas, tellement il a le sommeil lourd. Et puis même s'il se réveillait, je suis chez moi et je fais autant de bruit que je veux ! J'adopte donc un pas plus lourd pour me rendre dans la cuisine où je retrouve Sam, une tasse de café à la main, en train de jeter un œil par la fenêtre.

« Alors ? Elle te plaît, cette vue pas terrible sur mes voisins qui font la tronche ? » lui dis-je, la faisant ainsi sursauter.
« Ah… Heu, non. Elle est vraiment pas terrible. » répond-elle en se retournant vers moi, avant de me montrer sa tasse. « Au fait, je me suis permise de faire du café.
– Oh, excuse-moi ! J'aurais dû vous proposer quelque chose à boire, tout à l'heure.
– C'est pas grave. Au fait, t'as fait vite pour trouver un nouvel appartement.
– Tu trouves ?
– Ben ouais. Ça fait seulement un mois que tu nous en as parlé et t'es déjà en train de déménager. Comment t'as fait ?
– En fait, c'est grâce à Aelita et Jérémie qui m'ont mis en relation avec une de leurs connaissances qui est agent immobilier. » déclaré-je tout en me servant une tasse de café. « Et puis il y a un peu de chance, aussi. Au début, j'étais pas très motivé. Les trois premiers appartements que j'ai visité étaient vraiment pas terribles. Mais j'ai trouvé le quatrième parfait pour moi et bien situé. Et comme il était disponible tout de suite, j'ai sauté sur l'occasion.
– Et il est si bien que ça, cet appart' pour que tu te décides aussi vite ?
– Carrément ! T'en seras jalouse à coup sûr !
– J'attends de voir.
– C'est tout vu ! Y a même un ascenseur en parfait état de fonctionnement ! » lui lancé-je en souriant.

Je prends alors une baguette et je sors un pot de confiture du placard. Je les pose sur la table de la cuisine, à côté de ma tasse encore pleine. Je prends un couteau et une cuillère dans un tiroir et je m'assois enfin à la table pour prendre mon petit déjeuner. Sam vient s'asseoir en face de moi et nous poursuivons notre discussion pendant que j'avale mon premier repas de la journée.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

Alors ? Qu'en avez-vous pensé ? Des hypothèses pour la suite ?

@+

Message par XANA's heir » 30 Avr 2014, 02:41

Re: Du cœur à l'ouvrage

c'est court et il n'y a pas grand chose à dire, mais ça remet le sujet à l'article du jour, donc les lecteurs tête-en-l'air et touche-à-tout qui avaient perdu le fil (ceci est une parfaite description tout le contraire de moi :roll: ) pourront se rafraîchir la mémoire, et c'est quand même bien écrit. On va dire que la qualité prime sur la quantité :D

Message par Ann O'Neemm » 30 Avr 2014, 00:24

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut les gens!

Merci XANA's heir pour ton commentaire enthousiaste, ça m'a fait plaisir.
PS : il faudra que tu me dise dans quelle(s) fic(s) Yumi change de mec toutes les trois secondes parce que ça a l'air bien marrant à lire.

Après un léger regain d'inspiration, je vous livre aujourd'hui un petit bout de suite. En espérant que ça vous plaise.

Bonne lecture.

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J'en reste figé sur place quelques secondes. Elle aussi. Soudain, elle attrape la poignée de la porte et la referme aussitôt.

« Hé ?! » lâché-je sur le coup.

Je reprends la poignée de la porte. J'essaye de l'ouvrir mais je rencontre de la résistance. Elle est quand même pas en train de...

« Arrête ! » dit-elle.

Ah ben si, elle m'empêche d'ouvrir la porte. Qu'est-ce qu'elle est en train de me faire, là ? Tout à l'heure, elle ne voulait pas me laisser rentrer ; et maintenant, elle ne veut plus me laisser sortir. Faudrait savoir ce qu'elle veut !

« Laisse-moi ! Va-t'en ! » reprend-elle.
« Heu... Ben... Je veux bien mais c'est toi qui m'empêche de partir, là...
– J'm'en fiche ! Casse-toi ! Je ne veux plus jamais te revoir !
– Attends... T'es sérieuse, là ? »

Silence. Je lâche la poignée en soupirant, avant de lever les yeux au plafond, exaspéré. Décidément, je n'arriverais jamais à la comprendre, cette fille. Elle va finir par me rendre complètement chèvre. Après quelques secondes, toujours pas un mot de sa part.

« Yumi ? » demandé-je.

Pas de réponse. J'attends un peu, puis j'ouvre brusquement la porte. C'est pas vrai ! Elle n'est plus là ! Pourquoi est-ce que je l'ai laissée s'enfuir comme ça ?! Pour une fois que j'avais l'occasion de lui parler. Il faut que je la rattrape. Vite ! Par où est-elle partie ? Je regarde à droite. Personne. À gauche non plus. La rue est déserte. Bon sang, mais où est-ce qu'elle est ?! Je n'avais pas le souvenir qu'elle courrait aussi vite.

Qu'est-ce que je fais, moi, maintenant ? Si j'essaie de la retrouver en partant d'un côté alors qu'elle est partie de l'autre, j'aurais l'air malin. Et si jamais je pars du bon côté, encore faut-il que je la retrouve. Et puis si ça se produit, qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ? Dans les deux cas, j'aurais l'air ridicule et ça ne m'apportera rien de plus, si ce n'est le risque d'envenimer les choses. Je crois que le mieux à faire, c'est de rentrer chez moi. Encore une occasion ratée. Tant pis.

Je me mets en route sans plus attendre vers la station de métro la plus proche. J'aurais tout le reste du week-end pour me morfondre sur mon cas désespéré. Et puis il va falloir que je m’attelle à la recherche d'un nouvel appartement, parce que celui où j'habite en ce moment est beaucoup trop grand pour moi. C'est flagrant depuis que j'ai viré les affaires de l'autre gourde après qu'elle m'ait plaqué. Et surtout, le loyer me coûte une véritable petite fortune. Bref, il n'est pas du tout fait pour moi, cet appartement.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

Je sais que c'est un peu court mais l'inspiration ne se commande pas. Et puis, la petite idée que j'ai pour la suite impose une coupure à cet endroit là.

J'attends vos coms et impressions avec impatience.

@+ (en espérant que l'inspiration ne me fasse pas à nouveau défaut).

Message par XANA's heir » 03 Fév 2014, 22:28

Re: Du cœur à l'ouvrage

Je ne sais pas combien de fois j'avais relu cette fic' sans penser à commenter :pale:

J'aime bien, perso. Le futur où Ulrich et Yumi, disputés, ne se sont plus revus et dont la rencontre, alors qu'ils sont adultes, se passe "brutalement", c'est assez classique. Mais celle là est une de celles qui sort du classique, parce que tu arrives très bien à faire évoluer le scénario et décrire les sentiments, en plus une fic' avec un point de vue interne c'est dur et rare... et puis tu ne fais pas tes scènes trop courtes (j'ai déjà vu des fic's qui faisaient changer Yumi deux fois de partenaire en un chapitre, nan c'est pas exagéré :? ), donc, en bref, c'est GENIAL !!! :thumbleft:

à et puis pendant qu'on y est, j'adore ton avatar ;) mais faudrait pas dégoûter les lecteurs des différents couples (bon c'est vrai XANA et Aelita j'ai jamais vu ça et je préfère pas le voir :lol: )

Message par Ann O'Neemm » 03 Fév 2014, 20:32

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut tout le monde!

Merci UlrichloveYumi pour ton commentaire, ça me fait plaisir.

UlrichloveYumi a écrit:Ce mec devais etre encore pire que william et Sissi réuni(faut vraiment s'appliquer pour y arriver)
En t'appliquant bien, tu peuxfaire bien pire : un croisement entre William et... Nicolas! Ça, c'est du lourd de chez lourd! :lol:

Bon, trève de plaisanterie; Me revoici donc avec deux petits bouts de suite collés ensemble. J'espère que ça vous plaira. Enjoy!

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Aélita et Jérémie se taisent à nouveau. Oh non ! Ça ne va quand même pas recommencer comme tout à l'heure !?

« C'était pas prémédité. » dit Aélita, visiblement embarrassée. « Normalement, vous n'étiez pas censés vous croiser.
– C'est-à-dire ?
– En fait, elle est passée à l'improviste ce matin. Ça faisait un mois qu'on ne l'avait pas revue, alors on ne pouvait pas la laisser dehors, tu comprends. Et puis comme tu ne venais que cet après-midi, on s'est dit qu'il n'y aurait aucun problème. Mais on n'a pas vu le temps passer et on a complètement oublié que tu devais venir. C'est après qu'elle t'a claqué la porte au nez que je m'en suis souvenu.
– Et à mon avis, on n'est pas prêts de la revoir avant un bon bout de temps. » complète Jérémie. « Surtout après ce que tu lui a dis quand elle a ouvert la porte. Elle a cru que c'était un coup monté de notre part pour essayer de vous remettre ensemble.
– Faut bien avouer que ça y ressemble furieusement. » déclaré-je.

C'est quand même étonnant, comme enchaînement de circonstances. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve ça bizarre, pour ne pas dire louche. En même temps, ça n'est qu'une impression. Je ne vois pas pourquoi les Einsteins iraient me raconter une telle salade, surtout pour si peu. Enfin, si peu... Façon de parler, évidemment. Parce que la relation qu'on entretenait Yumi et moi, c'était loin d'être peu de choses. Du moins, pour ma part. Et puis vu comment Yumi a réagi, je crois ne pas me tromper en disant que pour elle non plus, ce n'était pas rien.

« Au fait, Ulrich. » dit Jérémie, m'extirpant de mes pensées. « Comment tout ça a commencé ? Comment vous avez fait pour que ça dégénère à ce point entre vous ? Parce que depuis tout ce temps, on n'en sait toujours rien. Ni toi ni elle ne nous avez raconté ce qui s'était passé. Et Yumi a toujours mis un point d'honneur à ne surtout pas aborder le sujet.
– Y a pas grand chose à savoir, tu sais. » soupiré-je. « D'ailleurs, je ne souviens plus comment ça a commencé. Mais ce qui est sûr, c'est que ça a commencé pour des broutilles et que ça n'a pas arrêté de s’aggraver. Et petit à petit, on en est venus à se dire des choses qu'on n'aurait jamais dû se dire. Nos paroles ont dépassé nos pensées. On s'est dit des mots qui blessent et qui n'en sont que plus indélébiles. Le genre de mots qui fait qu'on ne peut plus revenir en arrière.
– À ce point-là ? » interroge Jérémie.
« Oui. Mais à ce moment-là, je ne réalisais pas encore à quel point on s'était blessés l'un l'autre. Et franchement, je ne crois pas que quelque chose soit encore possible entre nous.
– Même "copains et puis c'est tout" ?
– Même ça.
– Et dire qu'on avait tout fait pour vous réconcilier à l'époque. » lâche Aélita. « On s'en était donné, du mal, pourtant. C'est dommage.
– Moi aussi, je trouve ça dommage. Mais on n'y peut rien, c'est la vie. »

Rien que d'y penser, ça me file le cafard. Aélita l'a bien remarqué et n'hésite pas à changer de sujet.

« Au fait, c'est pas toi qui nous avait parlé de déménager rapidement ? » demande-t-elle.
« Si si, c'est bien moi. Mais je n'ai pas encore pris le temps de me pencher sur le sujet. Et puis avec la montagne de boulot que j'ai en ce moment, je n'ai pas vraiment le temps.
– Si ce n'est que ça, on peut t'aider. » dit-elle avec entrain. « Il y a des appartements super biens dans le secteur. Et puis tu verras, le quartier est vraiment sympa, pas comme vers chez toi. »

Ça me fait sourire. Aélita n'a vraiment pas changé. Elle est toujours aussi prévenante.

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Déjà dix-huit heures. C'est dingue ce que cette après-midi est passée vite. Je n'ai pas vu le temps passer. Je m’apprête déjà à partir. Après avoir dit au revoir aux enfants, Jérémie et Aélita m'accompagnent jusqu'au couloir de l'entrée. Je retire ma veste du porte-manteau et l'enfile. Je les salue et j'ouvre la porte.

« Au fait ! » dit Aélita alors que je passe le pas de la porte. « N'oublie pas Et tiens-nous au courant si tu te décides à déménager.
– Ne t'inquiète pas, vous serez les premiers informés. » lui réponds-je en me retournant vers elle.

Je les salue une dernière fois et la porte se referme déjà. C'est déjà la fin d'une étrange après-midi. Je suis encore sur le palier, devant l'ascenseur, mais cette fois je vais plutôt prendre les escaliers. J'ai besoin d'espace et d'un peu de temps pour digérer tout ça. Quand je pense qu'ils n'ont pas arrêté d'essayer de nous rabibocher en secret, Yumi et moi. Après tout, c'est bien normal de faire en sorte que ses amis s'entendent bien. Ils se seront donné tant de mal pour un résultat aussi lamentable. Quel gâchis. Et moi qui ne me suis rendu compte de rien.

Mais, j'y pense ! Et Odd dans tout ça ? Lui aussi savait ? J'arrive à peine sur le palier de l'étage en dessous que je dégaine mon portable de ma poche. J'y cherche le numéro de Odd, je le valide et j'attends qu'il décroche. Trois sonneries plus tard, j'entends enfin sa voix.

« Allô ? » dit-il d'une voix éraillée.

Il a l'air d'avoir encore passé une nuit d'enfer. Sam va finir par avoir sa peau si elle continue comme ça.

« Salut, Odd ! C'est Ulrich !
– Hey ! Salut, beau gosse ! Comment ça va ?
– Mieux que toi, visiblement, maigrichon !
– Hé ! Quand est-ce que vous allez me lâcher avec ça ? » dit-il, boudeur. « Et puis d'abord, je ne suis pas maigre...
– Oui, oui, on sait. » l'interromps-je. « T'es svelte. N'empêche, être svelte et avoir une bedaine, c'est rare !
– N'importe quoi ! C'est pas une bedaine, c'est un petit ventre ! C'est très esthétique et ça plaît aux filles. Ça se voit que t'y connais rien !
– Mais oui, bien-sûr. On va dire ça comme ça...
– Dis moi, tu ne m'appelais pas juste pour le plaisir de me charrier ?
– Non, rassure-toi. C'est juste que je ressors de chez les Einsteins, là. Et tu sais quoi ? Il y avait Shinji !
– Shinji ? C'est qui, ça ?
– Tu sais bien, Shinji ! Rappelle-toi !
– Excuse-moi, Ulrich, mais... Je suis censé le connaître, ce Shinji ?
– Évidemment ! C'est le fils de Yumi !
– Le fils de Yumi... Attends ?! T'as bien dit Yumi, là ? J'ai pas rêvé ?
– Oui oui, j'ai bien dit Yumi.
– T'y crois pas ! Et elle a un fils ? » fait-il, interloqué.
« Oui, elle a un fils. Il a cinq ans. Tu n'étais pas au courant, depuis le temps ?
– Ben non ! J'étais pas au courant ! Comment ça se fait que je sois le dernier à l'apprendre, moi ?
– Tu ne le savais pas ?
– Puisque je te dis ! Hé, mais attends un peu... Je viens de percuter ! Ça veut dire que t'as revu Yumi, si je comprends bien ?
– Heu... Oui, on peut dire ça comme ça.
– T'y crois pas ! Et tu la revois depuis combien de temps ?
– En fait, c'était la première fois, aujourd'hui. Mais ça a été très bref. Et percutant, aussi. Enfin, ça a failli l'être.
– Comment ça, percutant ?
– Oui, enfin, je t'expliquerais tout ça la prochaine fois. Là, il faut que j'aille ruminer dans mon coin, si ça ne te dérange pas trop.
– OK ! Je passe te voir samedi si tu veux.
– À condition que je n'ai pas déménagé d'ici là !
– Mouais... Ça serait sympa si tu me refilais l'adresse avant !
– T'inquiète ! Allez, à plus ! Et tu diras bonjour à Sam de ma part.
– J'y manquerais pas. Salut, beau gosse ! »

Puis je raccroche. Bon, là au moins, c'est clair. Vu sa manière de parler, il n'était au courant de rien. Comme quoi, notre collocation à Kadic a eu du bon. Je sais quand il ment ou pas. Du coup, il ne peut rien me cacher.

Je reprends ma descente. Au bout d'uen vingtaine de secondes, j'arrive enfin dans le hall d'entrée. Je saisis la poignée de la porte et je commence à l'ouvrir. Soudain, une silhouette de femme se dessine à travers le verre dépoli de la porte. Par galanterie, je m'écarte un peu pour la laisser passer. La porte laisse apparaître la jeune femme derrière la porte. Ça alors ?! Qu'est-ce qu'elle fait là, elle ?

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

J'espère que ça vous a bien plu.
Comme d'hab', j'attends vos commentaires et vos hypothèses.

@+.

Message par UlrichloveYumi » 03 Déc 2013, 18:49

Re: Du cœur à l'ouvrage

je t'adore!!!!!
la suite au plus vite!!!!
je veus savoir pourquoi yumi était là.
Et jeremy qui a des envie de meurtre... Ce mec devais etre encore pire que william et Sissi réuni(faut vraiment s'appliquer pour y arriver)

Message par Ann O'Neemm » 03 Déc 2013, 02:47

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut tout le monde! Voici enfin la suite.
Désolé de vous avoir fait attendre comme ça masi je n'étais pas très inspiré ces derniers temps.

UlrichloveYumi a écrit:Je suis peux être buté mais je veut pas croire que c le fils de yumi
Merci pour ton commentaire, ça me fait très plaisir. Tu auras la réponse dans cette suite mais je n'en dis pas plus... :twisted:

Et en parlant de suite, j'espère que celle-ci vous plaira.
Personnellement, je la trouve un peu dense au niveau des "révélations" (si on peut appeler ça comme ça) mais je ne pouvais pas faire autrement, sinon ça aurait fait tâche.

Voilà, bonne lecture à vous!


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L'attente devient insupportable. Visiblement, Jérémie et Aélita ont décidé de se murer dans leur silence tandis que les secondes s’égrainent imperturbablement. Moi qui pensais que cette après-midi de retrouvailles aurait été des plus agréables... C'en est trop, ma patience a atteint ses limites. Je m'apprête à me lever pour partir quand Aélita se décide enfin.

« C'est un peu compliqué, tu sais. » dit-elle. « Je ne sais pas trop par où commencer... »

Si elle pouvait commencer par le début, ça m'arrangerait pour comprendre la suite. Ce n'est pas l'envie qui me manque de le lui dire mais je ne veux pas me montrer désagréable avec elle. Et puis, vu la manière dont elle déforme ses lèvres, elle doit être sacrément embarrassée. J'aperçois du coin de l'œil Jérémie qui lui adresse un hochement de tête pour lui signifier de continuer. Elle soupire puis reprend.

« En fait, tout a commencé quand vous vous êtes pris la tête, Yumi et toi. » dit-elle d'une voix mélancolique. « Au début, on a bien essayé de vous réconcilier, nous deux avec Yumi d'un côté, et Odd avec toi de l'autre. Mais plus ça allait et plus ça empirait. Sans parler que vous avez un fichu sale caractère, tous les deux. Quand Yumi et toi, vous vous mettez une idée dans le crâne, c'est mission impossible pour vous faire entendre raison. Et puis, comme on était en terminale, on avait de moins en moins de temps pour nous. Alors avec le bac qui s'approchait de plus en plus, la situation ne s'est pas améliorée. »

Je dois bien reconnaître qu'elle a raison. C'est vrai que je campais sur mes positions sans vouloir entendre quoi que ce soit. Mais avec le temps, je m'aperçois que c'était complètement débile de ma part, surtout pour la situation stérile à laquelle ça nous a menés.

« Et puis une fois le bac en poche, tu ne nous as plus une seule fois parlé d'elle. » poursuit Aélita. « Et Yumi ne voulait plus entendre parler de toi.
– Donc vous avez continué de la voir après ça ?
– Oui, mais j'espère que tu ne nous en veux pas pour ça. On ne voulait pas la perdre, tu comprends.
– Je comprends. » soupiré-je. « Mais pourquoi vous ne m'en avez pas parlé plus tôt ?
– C'est elle qui nous l'a demandé. Au départ, à chaque fois qu'on parlait de toi, elle s'énervait et on se disputait. Ensuite, elle ne nous donnait plus de nouvelles pendant quelques semaines. Mais elle finissait toujours par revenir vers nous. Et puis toi, de ton côté, tu as commencé à multiplier les conquêtes alors, Jérémie et moi, on a cru bon de ne pas t'en parler. »

C'est vrai que j'en ai cumulé, des coups d'un soir et des relations un peu plus sérieuses. Au début de chaque relation, le souvenir de Yumi s'effaçait. Pour un temps seulement car je finissais par repenser à Yumi au point de ne plus penser à personne d'autre. Un peu comme si cette histoire me revenait comme un boomerang à chaque fois que j'essayais de passer à autre chose. Alors il arrivait un moment où je me sentais trop mal vis à vis de la fille avec laquelle j'étais et je mettais un terme à la relation. Et pour le peu que toutes ces relations m'ont apporté... Tiens, j'y pense !

« Et Yumi ? Est-ce qu'elle a eu... » fait-je avant de m'arrêter.

Mais pourquoi je pose cette question, moi ? Ça va m'apporter quoi de savoir ça ? En plus, c'est un peu déplacé, comme question. Ulrich Stern, t'es vraiment un abruti quand tu t'y mets ! Cela dit, ça n'empêche pas Jérémie de répondre.

« En fait, on n'est pas très au courant de sa vie sentimentale. » dit-il. « On ne connaît l'existence que du type avec qui elle a eu son fils, rien de plus. »

Alors, c'était bien son fils que j'ai aperçu avec elle tout à l'heure. Même si je m'y attendais, ça me mine un peu le moral. Au moins, elle a réussi à faire quelque chose de sa vie.

« Je vois. » fais-je. « Si elle est heureuse avec lui, alors c'est tant mieux pour elle. »

Aélita et Jérémie se regardent bizarrement. Visiblement, j'ai dit une bêtise.

« Ben, en fait, ça fait un bail qu'ils ne sont plus ensemble... » déclare Aélita. « Et depuis, j'ai l'impression qu'elle ne fait plus confiance à aucun homme.
– Ça veut dire qu'elle élève son fils tout seul ?
– C'est ce qu'on a cru comprendre. » répond Jérémie. « Je n'ai pas le souvenir qu'elle ait prononcé le nom d'un seul homme depuis qu'elle s'est faite plaquer.
– Mais il faut que tu saches que cette période a été très difficile pour elle. » ajoute Aélita.
« Comment ça ?
– Ça remonte à six ans, maintenant. Ça faisait trois ans que vous ne parliez plus. Comme d'habitude, elle était venue nous voir et on s'était encore pris le bec elle et nous à propos de vous deux. Cette fois là, on ne l'a pas revue pendant presque six mois. Et quand elle est revenue, elle nous a annoncé qu'elle sortait avec un mec. Une semaine plus tard, elle nous l'a présenté.
– Et on se demande encore ce qu'elle a bien pu lui trouver, à ce pauvre type. » complète Jérémie. « C'était l'archétype du connard dans toute sa splendeur ! Je crois bien que c'est la première fois de ma vie que j'ai eu des envies de meurtre ! »

Hé ben ! Pour qu'Einstein en vienne à penser ça de quelqu'un, sachant que c'est pas un violent, ça devait vraiment être un cas, ce mec.

« Yumi avait l'air heureuse avec lui. » reprend Aélita. « Alors, sur le moment, on n'a rien osé lui dire. Mais vu ce qui s'est passé ensuite, on aurait dû.
– Pourquoi ? » Questionné-je. « Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
– À peine une semaine après nous avoir présenté son copain, Yumi a découvert qu'elle était enceinte de plus de trois mois. Alors elle le lui a annoncé...
– Et tu sais quoi ? Ce salaud n'a rien trouvé de mieux à faire que de la plaquer dès le lendemain ! » s'exclame Jérémie, encore énervé rien que d'y repenser.
« Sans compter qu'elle s'est embrouillée avec ses parents à cause de ça. » ajoute Aélita. « Et Hiroki s'est montré plus qu'indélicat avec elle. Pendant quelques mois, elle n'avait plus que nous. »

Cette histoire me serre le cœur. Si j'avais su tout ça, peut-être que j'aurais fait l'effort de mettre mon orgueil de côté pour aller la réconforter. Je sens une désagréable impression de mal-être monter en moi. Et dire que j'aurais pu éviter tout ça. Quel gâchis !

« Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? » demandé-je.
« C'est Yumi qui nous a supplié de ne rien te dire. » répond Aélita. « Elle se sentait tellement honteuse qu'elle ne voulait pas qu'on t'en parle. Elle nous a même menacé de ne plus jamais revenir si tu l'apprenais. Alors vu l'état dans lequel elle était, on a vite fait notre choix, tu comprends. On ne voulait surtout pas la perdre. Et on l'a soutenue du mieux qu'on a pu.
– Et toi, de ton côté, tu sortais avec une blonde depuis plus de trois mois. » ajoute Jérémie. « On s'est dit que tu t'étais enfin posé. C'était la blonde complètement cruche, là, tu sais. Comment elle s'appelait, déjà ?
– Bassine. » déclaré-je nonchalamment. « La seule blonde dont les yeux bleus indiquent vraiment le niveau d'eau dans le cerveau ! »

Aélita et Jérémie éclatent de rire. Les enfants les regardent. Heureusement qu'ils ne comprennent pas ce qu'on raconte.

« C'est vrai que c'était pas une lumière, cette fille ! » fait Aélita. « J'avais oublié que tu l'avais surnommée comme ça.
– Ah, Sabine la bassine... » soupiré-je. « C'est vrai que je suis sorti avec un paquet de filles toutes plus bizarres les unes que les autres. »

Toute cette histoire à propos de Yumi me fait l'effet d'un coup de massue. Si seulement j'avais été moins borné. Si seulement j'avais fait l'effort de prendre sur moi pour aller la voir. Seulement voilà, on ne peut plus rien y faire. Même un retour vers le passé n'y changera rien. C'est gravé dans nos esprits et on ne pourra jamais l'effacer. Cela dit, j'ai encore une question.

« Vous ne m'avez toujours pas répondu, tous les deux. » lâché-je. « Pourquoi Yumi était chez vous aujourd'hui ? »

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Alors? Qu'en avez-vous pensé?
N'hésitez pas à me dire ce que vous avez aimé ou pas, vos interrogations ainsi que vos hypothèses comcernant la suite.

@+.

Message par UlrichloveYumi » 09 Oct 2013, 14:12

Re: Du cœur à l'ouvrage

Je suis peux être buté mais je veut pas croire que c le fils de yumi et puis j'ai l'impression qu'elle a toujours des sentiments pour ulrich.
Et pour jeremy et aelita ils avaient des nouvelles depuis le debut a mon avis.
Sinon continue ta fic est GENIAL!!!! :notworthy:

Message par Ann O'Neemm » 09 Oct 2013, 01:24

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut à tous!

Merci pour vos messages. C'est toujours aussi jouissif de voir les hypothèses que vous faites. Si seulement vous saviez... Gniark gniark gniark!! :twisted:
Humm... Bon, arrêtons ici la petite séquence autosatisfaction.

Bref, voici la suite. Je ne suis pas allé aussi loin que je l'aurais voulu mais bon... Quand on se laisse diriger par les personnages, voilà ce qui arrive!
En tout cas, j'espère que ce sera suffisant pour répondre à vos interrogations... Ou pas ! Gniark gniark gniark!! OK, OK, j'arrête! Maintenant, vous reposez ces cailloux, d'accord?

Bonne lecture.

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J'entends les pas de quelqu'un qui se précipite derrière la porte. Elle s'ouvre à peine que déjà Aélita me saute au coup en larmoyant.

« Excuse-moi, Ulrich » me dit-elle d'une voix chevrotante. « Je suis désolée, ça n'était pas censé se passer comme ça... »

Alors c'était prémédité ?? Mais qu'est-ce qui lui a bien pu lui passer par la tête pour qu'une telle idée lui vienne à l'esprit ? J'en reste pantois. À vrai dire, il y a de quoi car ce n'est pas du tout du style d'Aélita de faire des coups tordus dans ce genre.

« Il va falloir m'expliquer toute cette histoire parce que je la trouve bien louche... » lâché-je alors qu'elle desserre son étreinte.

Elle s'écarte alors un peu de moi et me regarde avec des yeux pleins d'inquiétude. Elle se mordille même légèrement la lèvre inférieure. C'est bien la première fois qu'elle est autant mal à l'aise devant moi.

« Ne t'inquiète pas. » lui dis-je. « Je ne t'en veux pas. C'est juste que je n'ai rien compris à ce bazar, c'est tout.
– Ah, d'accord... » lâche-t-elle, visiblement soulagée. « Ne reste pas là, rentre. On va t'expliquer. »

Je pénètre alors dans cet appartement que je découvre pour la première fois. Rien que depuis l'entrée, il a l'air immense comparé à leur ancien logement. De ce que je peux en voir d'ici, la cuisine est presque aussi grande que leur ancien salon. Et puis c'est bien plus lumineux et ce n'est pas directement sous les toits.

Aélita referme la porte derrière moi puis me dirige vers le salon. Ma première impression était la bonne. C'est vraiment beaucoup plus grand que le cagibi où ils habitaient avant. J'aperçois Jérémie assis sur le canapé en train de surveiller les enfants qui s'amusent autour de la table basse. Leur fils est occupé à faire des dessins tandis que sa sœur cadette joue à empiler des gros cubes.

« Dis, papa. » fait alors le petit Théo. « Pourquoi il est parti, Shinji ? On s'amusait bien ! »

Donc, tout à l'heure, c'est bien le fils de Yumi que j'ai entraperçu. Et il s'appelle Shinji. Au moins, j'aurais appris quelque chose en venant ici.

« Ha... Heu... » bredouille Jérémie, embarrassé.

Toujours aussi doué pour trouver des excuses, le Einstein ! Même une toute bête pour des enfants...

« Il est allé chez son papy et sa mamie. » dit alors Aélita.

Cette intervention fait se tourner tous les regards vers nous. Apparemment, les enfants ont l'air intimidés par ma présence. La petite Lucie s'est même précipitée vers son père pour se blottir contre lui. Il fait dire que la dernière fois que j'ai vu le petit Théo, il avait à peine deux ans. Normal qu'il ne se souvienne pas de moi. Quant à sa petite sœur, c'est la première fois que je la vois. Qu'est-ce qu'elle ressemble à sa mère ! Son portrait tout craché.

« Ha, salut Ulrich ! » fait Jérémie en se levant avec la petite dans ses bras.
« Salut, Einstein. » lui réponds-je.
« Viens dire bonjour, Théo. » lance-t-il alors à son fils.

Le petit garçon, bien obéissant, suit son père qui se dirige vers moi. Je vois bien qu'il n'est pas rassuré. À tel point que lorsqu'ils s'arrêtent tous deux devant moi, il se cache derrière la jambe de son père ! Cette situation me fait esquisser un sourire.

« Hé bien, Théo ?! Ne sois pas timide ! » lui dit alors sa mère. « C'est un ami de papa et maman. Il ne va pas te manger ! »

Je me mets alors à genoux pour lui parler.

« Bonjour, Théo. Tu as bien grandi. » lui dis-je.
« Tu me connais ? » me répond-il, encore tout timide.
« Oui, je te connais. Mais la dernière fois que je t'ai vu, tu étais haut comme trois pommes, alors c'est normal si tu ne te souviens pas de moi...
– Comment tu t'appelles ?
– Ulrich.
– Ulrich ? Il est bizarre, ton nom ! »

J'éclate de rire bêtement devant cette sincérité toute innocente. Et puis, il n'a pas tort. Ulrich, ça sonne quand même un peu bizarre comme prénom. Visiblement, Théo a moins peur de moi car il ne se cache plus derrière la jambe de son père. Je me relève. Je remarque alors que la petite Lucie, qui était en train de me regarder, a tourné la tête brusquement et l'a collée contre l'épaule de son père.

« Décidément, je dois avoir une tête qui fait peur ! » déclaré-je, en souriant.
« Oh, t'as pas idée ! » me rétorque Jérémie en souriant. « On en ferait des cauchemars, la nuit !
– Hé ben ! » fais-je, feignant d'être choqué. « Je crois que j'ai bien fait de venir, moi !
– T'es pas au courant ? C'est la Saint Ulrich, aujourd'hui !
– Humm... J'avais cru comprendre. Déjà que j'ai failli savoir quel goût avait la porte tout à l'heure...
– Comment ça ?
– Yumi m'a claqué la porte au nez. Et comme j'ai eu la bonne idée de m'avancer un peu quand elle a ouvert la porte... Alors quand elle l'a refermée, j'ai failli me la manger dans la figure ! »

En parlant de ça, j'ai failli oublier !

« Au fait, c'est pour toi ! » dis-je à Aélita en lui tendant le bouquet. « Lui par contre, il s'est mangé la porte !!
– Oh ! Merci, c'est gentil ! Fallait pas ! » fait-elle en le prenant.
« Ah bon ? Dans ce cas, je le reprends ! » lancé-je sur le ton de la plaisanterie.

Jérémie m'invite alors à prendre place sur le canapé tandis qu'Aélita part dans la cuisine pour mettre les fleurs dans un vase avec un peu d'eau. J'ai à peine le temps de m' asseoir qu'elle est déjà de retour et s'assied à côté de moi.

« Mais, dis-moi. » me demande-t-elle. « Qu'est-ce que tu as dis à Yumi pour qu'elle t'accueille comme ça ?
– Pas grand chose, en fait. Comme je pensais que c'était toi qui allais m'ouvrir, j'ai d'abord mis le bouquet devant l'œilleton, alors Yumi ne m'a pas vu...
– Ah la la ! Tu ne changeras jamais, toi !
– On s'amuse comme on peut !
– Et ensuite ?
– Ensuite, pendant qu'elle était en train d'ouvrir la porte, je me suis avancé un peu en lui tendant le bouquet et j'ai dit : "Tiens, un joli bouquet pour une jolie fleur !"... C'est seulement après que j'ai remarqué que c'était elle et pas toi.
– Ah... Effectivement. » lâche Jérémie. « C'est pour ça qu'elle a cru qu'on lui avait tendu un piège...
– Ça explique aussi pourquoi elle était toute rouge quand je l'ai retrouvée adossée contre la porte... » dit alors Aélita.

Cette déclaration lui aurait donc fait tant d'effet, quand bien même c'était involontaire ? Ça m'étonne un peu depuis tout ce temps. Mais d'abord, j'ai un autre point à éclaircir.

« Il y a un truc que je ne comprends pas. » déclaré-je. « Qu'est-ce que Yumi faisait ici ? Je croyais que vous n'aviez plus de nouvelles d'elle ? »

Un silence pesant s'installe, à peine perturbé par le bruit des enfants qui jouent. Aélita et Jérémie se regardent, visiblement bien embarrassés. Apparemment, j'ai fait mouche. Je ne sais pas comment je dois le prendre, surtout venant de leur part. J'avoue que ça me perturbe. J'ose à peine y croire. Et ce silence qui dure et qui dure... Qui s'éternise même. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ils ne disent plus rien ? Qu'est-ce qu'ils savent ? Pourquoi ils ne m'en parlent pas ? Qu'est-ce qu'ils cachent ? Et pourquoi ? Rhaaa ! Ce silence va finir par me rendre dingue !!

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Que se trame-t-il dans le dos d'Ulrich? Que va-t-il faire? Essayera-t-il de mettre des carrés dans des ronds ou bien la clé dans le démarreur? L'auteur est-il encore sain d'esprit? Les deux dernières questions ont-elles vraiment un rapport avec cette fic? Vous le saurez dans la suite!

:shock: Hou là! Je devrais pas tarder à aller me coucher, moi... Je suis bien fatigué en ce moment, moi !

@ + les gens!

Message par Jules » 16 Sep 2013, 20:15

Re: Du cœur à l'ouvrage

Bon chapitre. :)

Je pense qu'il y a deux solutions :
    - L'enfant est celui de Yumi : Tant pis Ulrich, tu trouveras l'amour ailleurs.
    - L'enfant n'est pas celui de Yumi : Ulrich, t'as sans doute encore tes chances.

A quand la suite ? ;)

Message par UlrichloveYumi » 16 Sep 2013, 19:46

Re: Du cœur à l'ouvrage

perso je crois que l'enfant de 4 ans n'est pas le fils de yumi mais celui d'aelita ou d'hiroki

Message par Ann O'Neemm » 16 Sep 2013, 15:17

Re: Du cœur à l'ouvrage

Bonjour à tous!

Voici un petit bout de suite avec une petite surprise à l'intérieur!
Ça ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais ce qui est sûr c'est que vous ne l'aurez pas vu venir!!
Je n'en dis pas plus. J'espère que ça vous plaira.

Bonne lecture.


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Qu'est-ce que je fais, maintenant ? Je remonte ? Vu la réaction de Yumi quand elle a ouvert la porte et qu'elle m'a vu, mieux vaut éviter. Et puis avec ce que je lui ai dit, ça ne va pas pour arranger les choses. Cela dit, il y a Aélita, et la connaissant, elle essaiera de calmer le jeu. Mais est-ce que ce sera suffisant pour que l'ambiance ne soit pas trop pesante ? Et si ça virait quand même au clash ?
Non, il vaut vraiment mieux que je repasse plus tard. Et j'espère que ce sera quelqu'un d'autre qui m'ouvrira la porte.

C'est quand même malheureux d'en être arrivé là. Pendant tout ce temps, j'ai espéré secrètement la revoir, ne serait-ce qu'un bref instant. Et quand ça se produit, je ne souhaite plus qu'une chose : l'éviter ! Y a pas à dire, je suis sacrément tordu comme mec...

L'ascenseur arrête se course au rez-de-chaussée et ses portes s'ouvrent. J'en sors rapidement et je me dirige vers la porte du hall d'entrée. Je l'ouvre. Bon sang ce qu'elle est lourde ! Je n'avais pas eu cette impression en arrivant tout à l'heure. Peut-être parce que malgré mon irrépressible envie de fuir, j'ai quelque part envie de retourner là-haut ? J'en sais rien. En tout cas, je ressens une espèce de mal-être qui m'oppresse. J'ai besoin d'un peu d'air. Besoin de réfléchir à tout ça, aussi.

Bon, qu'est-ce que je fais ? Où est-ce que je vais ? Je ne connais pas du tout le quartier. Je jette un œil sur ma gauche. Rien de folichon à l'horizon. Je regarde alors de l'autre coté. Tiens, j'aperçois d'ici la petite place de tout à l'heure. Si j'ai bonne mémoire, il y avait un banc un peu en retrait de cette rue. C'est décidé, je vais m'y asseoir en attendant. En même temps, j'ai juste une demi-heure d'avance. Ce ne sera pas la mort que de patienter durant ces trente petites minutes. Je me mets donc en route vers mon objectif.

C'est quand même bizarrement foutu, la vie, quand on y pense. Au moment où l'on obtient ce que l'on voulait depuis longtemps, on se rend compte qu'en fait on ne le veut plus. Il parait que lorsqu'une relation avec quelqu'un est interrompue brusquement puis qu'on la reprend quelques temps plus tard, cette relation redémarre avec exactement les mêmes liens, la même force, les mêmes sentiments et ressentiments que lorsqu'elle a été interrompue. Même plusieurs années plus tard. Il faut croire que c'est vrai. Ou du moins, de mon coté, j'ai l'impression que c'est le cas.

Lorsque Yumi est apparue devant moi tout à l'heure, elle m'a fait le même effet qu'avant. Je ne l'ai vue que deux ou trois secondes, guère plus, mais ça a suffit. Une fois de plus, mon cœur a chaviré. Et mon cerveau a disjoncté. Alors j'ai commencé à bafouiller et puis plus rien. Plus une seule pensée. Je ne savais plus quoi dire ni penser ! En fait, je n'arrivais même plus à penser, tant elle me subjuguait. Et à chaque fois qu'on se retrouve face à face tous les deux, ça se passe comme ça. Il faut que je me fasse violence pour essayer de n'avoir l'air de rien. Sans parler du gros coup de chaud que j'ai à tous les coups.

J'arrive au niveau de la petite place. Je traverse alors la rue. Encore quelques pas et j'arrive au niveau du banc. Je m'y assoie. Il faudrait peut-être que j'envoie un message à Aélita, juste histoire qu'elle ne s'inquiète pas pour rien. Je sors donc mon portable de la poche intérieure de ma veste et, après quelques manipulations, je commence à écrire mon message.

« Je repasse dans une demi-heure, le temps que l'orage passe. »

Et hop, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le texto est expédié. Maintenant, j'ai trente minutes à perdre sur ce banc. Tout ça parce que j'étais en avance et qu'on est tombés nez à nez. Notre rencontre a duré à peine trois secondes et même si elle m'a tiré la tronche, je l'ai trouvée tellement belle. Elle a changé de coupe de cheveux. Maintenant, ils sont courts et coiffés en un désordre savamment organisé. Sans parler de son maquillage léger et discret, juste comme il faut. Avant, elle n'aurait jamais osé le faire, hormis se mettre un peu de rouge à lèvres mais pas plus. Elle trouvait que ça ne lui allait pas. Je dois avouer que ça lui va à ravir. Et moi, je craque. Encore. Même après tout ce temps.

Quelque chose me tire de mes pensées. C'est une femme qui passe dans la rue en face de moi. La rue où habitent Jérémie et Aélita. Cette femme, c'est Yumi. Et elle n'est pas seule. Ça me fait un choc. Elle tient la main d'un petit bout de chou haut comme trois pommes. Il doit avoir quatre ans, cinq tout au plus. Voilà que je me prends brusquement la réalité en pleine face. Et elle est bien dure à encaisser.

Si j'avais su qu'on en arriverait là, elle et moi, j'aurais fait l'effort d'aller la voir et m'excuser. Au lieu de ça, j'ai préféré laisser couler. Et voilà le résultat ! Bravo, Ulrich ! On pouvait difficilement mieux gâcher une relation comme celle-là. On était bien plus que de simples amis mais on n'était pas vraiment ensemble non plus. En fait, si, on était ensemble mais on n'osait pas se l'avouer. On était deux grands timides. On était tout le temps fourrés ensemble. Même quand elle a quitté Kadic, on se retrouvait dès qu'on avait du temps libre. Enfin, ça, c'était jusqu'à cette fichue dispute à la noix. Ah ! Je sens mon portable qui vibre légèrement. Je le ressors de ma poche. C'est Aélita qui m'a répondu.

« Tu peux revenir, l'orage est passé. »

L'orage... Espérons que ce ne soit pas qu'une simple éclaircie passagère. Je me lève et me mets en route. Je range mon portable dans ma poche en lâchant un soupir. Au fond, on s'évertue toute sa vie à lutter contre le temps qui passe. On s'efforce à construire des choses, des relations, et à faire que tout se passe bien. Et lorsqu'on fait une petite pause, tout nous échappe avant même qu'on s'en aperçoive. Le temps, c'est bien le pire ennemi qui soit. Et dire qu'on aurait pu couler des jours heureux, elle et moi. Si ça se trouve, on aurait fini par se marier et avoir des enfants. Mais non. Ça, visiblement, c'est l'apanage d'un autre. Qui plus est, elle semble ne plus vouloir de moi dans sa vie. Pas même en tant que simple ami.

Il faut se rendre à l'évidence. Je l'ai définitivement perdue. Entre nous, ce ne sera plus jamais comme avant. Même avec tous les efforts du monde. Bon, ça ne sert à rien de se lamenter sur ça. Ça ne me mènera nulle part. C'est dommage mais c'est comme ça. On a fait nos vies chacun de notre coté. Tant pis pour celui qui a des regrets.

Arrêtons d'y penser. D'autant plus que je suis pile devant l'entrée de l'immeuble des Einsteins et que j'ai encore failli passer devant sans m'en apercevoir. Je sonne à l'interphone. La porte se déverrouille. J'entre et je prends l'ascenseur. Après quelques secondes, me voilà à leur étage. Je me dirige vers la porte de leur appartement et je sonne. Cette fois, j'espère que l'accueil sera plus chaleureux.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
Alors, qu'en dites-vous? La petite surprise vous a plu?

Vous avez vu le "coté Ulrich" de la porte. La prochaine fois, vous saurez ce qui s'est passé de l'autre coté et vous aurez les explications d'Aélita.
Je n'en dis pas plus afin de ne pas spoiler.

@+

Message par Ann O'Neemm » 18 Aoû 2013, 00:51

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut tout le monde!

Me revoilà avec la suite.
Bon, c'est bien plus court que ce que j'aurais voulu. Et surtout, c'est pas du tout comme j'avais imaginé initialement que ça se passe...
Mais bon, l'inspiration ne se commande pas. Et je n'ai pas envie de bâcler cette fic. Cela dit, ça ne remet pas en cause l'idée que j'ai pour la fin de cette fic.

Bref, j'espère que cette suite sera à la hauteur de vos espérances.

Bonne lecture.

PS: merci Ange.lou et Jules.


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Comme le temps passe vite. Ça fait une semaine déjà depuis la soirée d'anniversaire de Odd. Quelle soirée ! Et que de surprises ! Déjà que je ne m'attendais pas à revoir les Einsteins, alors pour ce qui est de Odd et Sam... Franchement, je ne pensais pas le maigrichon capable de prendre un tel engagement. Et avec un tel sérieux, en plus ! Personne n'a vu le coup venir. Il n'en a parlé à personne, même pas à moi ! Il faut dire qu'il avait bien préparé son coup. Il a fait ça dans les règles de l'art.

Il a profité du fait qu'on lui ait demandé de faire un discours pour son année de plus. Au début, c'était parfaitement dans le thème de la soirée mais il a réussi à orienter son discours petit à petit sur sa rencontre avec Sam et leur vie de couple. J'ai trouvé ça un peu étrange pour un discours d'anniversaire. Je ne devais pas être le seul. Et au moment où l'on s'y attendait le moins, il a demandé à Sam de se lever puis il s'est agenouillé devant elle. Il a alors sorti un écrin de sa poche et il l'a ouvert sous les yeux de Sam, faisant apparaître une belle bague. Qui aurait cru qu'un jour Odd aurait osé demander Sam en mariage ?

Le mieux dans l'histoire, c'est la tête qu'a tirée Sam. Sur le coup, elle n'a pas vraiment compris ce qui lui arrivait. Elle qui, d'habitude, a un répondant à toute épreuve ; pour le coup, elle n'a pas su quoi répondre. À tel point que, quand elle s'est retournée vers nous, on pouvait voir dans son regard qu'elle se demandait si elle n'avait pas halluciné et si tout ça était bien réel. Aélita et moi, on a souri en la voyant. C'était tellement inhabituel de la voir incapable d'aligner deux mots. Par contre, Jérémie n'a pas fait dans la discrétion ! Il a éclaté de rire sans retenue en voyant sa tête. Plus tôt dans la soirée, j'avais des doutes sur son état. Mais là c'est sûr qu'il était complètement cuit, le Einstein ! Cela dit, il n'a pas fait long feu parce qu'on a bien fêté ça. Et bien arrosé, surtout !

Mais le clou de la soirée, je crois bien que ça a été l'arrivée des deux derniers invités vers vingt-deux heures trente : William et... Tamiya Diop !! Ça, j'avoue que je ne m'y attendais vraiment pas! Mais je dois avouer qu'ils vont plutôt bien ensemble. Vu l'heure à laquelle ils sont arrivés, on n'était pas très beaux à voir. En même temps, eux deux non plus n'étaient pas de toute première fraîcheur, vu qu'ils sortaient d'une autre soirée...

Autant le dire tout de suite, la soirée s'est prolongée jusqu'à très tard. Ou très tôt, ça dépend des points de vue. Et franchement, on s'est tous mis dans un état lamentable, pour ne pas dire minable. Bonjour la gueule de bois au réveil ! Heureusement qu'on est tous restés dormir chez Odd et Sam parce que je crois que personne n'aurait été capable de rentrer chez soi. Ou même juste de sortir de l'immeuble pour certains, c'est dire ! Et puis Sam a tenu à ce que je reste jusque vers dix-huit heures. Comme ça, j'avais une bonne raison pour ne pas passer la journée chez moi. Ça m'a permis de ne pas croiser Émilie.

Après ça, Odd et Sam sont venus passer le reste de la soirée chez moi. En rentrant, j'ai croisé mon voisin de palier. Il m'a dit qu'il a trouvé Émilie le matin même en train de dormir devant ma porte. Et en plus, il m'a engueulé ! Non mais quel con, celui-là ! Comme si c'était de ma faute si cette greluche a dormi là. Et puis qu'est-ce que ça peut lui faire ? C'est pas devant sa porte qu'elle a campé. Ça ne l'a pas dérangé pour sortir de chez lui, à ce que je sache. Heureusement, Sam était là pour lui rabattre son caquet. Visiblement, il n'a pas apprécié mais c'est bien fait pour lui. On n'a pas idée d'être aussi con. Il y a vraiment une sale ambiance entre voisins dans cet immeuble. Et dans tout le quartier aussi, d'ailleurs. Il faut vraiment que je déménage, moi.

Ce grand moment de vie en communauté nous a bien motivés pour mettre toutes les affaires d'Émilie en cartons. J'aurais jamais imaginé qu'elle en avait autant. On en a rempli quinze dont six rien qu'avec ses chaussures ! Et c'était pas des petits cartons, en plus ! Sans parler de ses produits de beauté : deux cartons entiers ! Franchement, ça lui sert à quoi, tous ces trucs ? Elle se fait un ravalement de façade tous les matins ou quoi ?? Une fois toutes ses babioles retirées, je me suis rendu compte que, hormis les meubles et la télé, je n'avais pas grand chose à moi dans cet appartement. Et je me suis aussi rendu compte qu'il était vraiment beaucoup trop grand, même pour deux. Raison de plus pour déménager.

Tant qu'on y était, on a mis les cartons sur le palier. La soirée s'est poursuivie sympathiquement. Ça a été beaucoup plus calme que la veille et c'était pas plus mal. Le plus drôle dans tout ça, c'est que Odd avait encore quelques restes. On voyait bien qu'il n'était pas dans son état normal. Odd et Sam sont partis vers minuit. Le lendemain matin en sortant de chez moi, qui je croise ? Ce cher voisin ! Et qu'est-ce qu'il a fait ? Ben, il m'a engueulé, pour pas changer ! Cette fois, ce sont les cartons sur le palier qui ne lui ont pas plus. À croire qu'il ne sait faire que gueuler, celui-là. Comme quoi, la connerie ne s'évapore pas en une nuit, hélas. En tout cas, je ne regrette pas de ne jamais lui avoir parlé avant.

Ça y est, je me reprends à ressasser les événements. Résultat : je ne sais même plus où je suis. Voilà ce qui arrive quand on se perd dans ses pensées. Tiens, il y a un plan du quartier, là-bas. Je m'en rapproche et j'y jette un coup d'œil. Ouf, cette fois, je ne suis pas allé trop loin. Coup de chance, même. Je suis juste à côté. Heureusement que je suis sorti de mes pensées à temps. Je suis juste au bon carrefour. Il n'y a plus qu'à changer de rue et à trouver le bon immeuble. Il a l'air sympa, ce quartier. Je ne connaissais pas. Et en plus, il a l'air d'être pas mal animé mais pas trop passant non plus. Bon alors, il est où, le numéro quarante-et-un ? Je ne suis arrivé qu'au numéro huit et elle m'a l'air bien longue, cette rue.

Je vois une petite place au loin, au niveau de ce qui a l'air d'être un carrefour. Je presse le pas pour m'en rapprocher. Tiens, il y a un fleuriste. Ça tombe bien, moi qui me rends chez des amis les mains vides. Je vais prendre un joli bouquet, ça fera plaisir à Aélita. J'arrive devant l'étal à l'extérieur de la boutique et je jette un coup d'œil rapide sur la marchandise. Il n'y a vraiment que l'embarras du choix. J'en prends un qui me plait et je rentre dans l'échoppe pour le payer. Et voilà, ça ne m'a même pas pris deux minutes en tout. Je reprends mon chemin et je remarque que je suis déjà au numéro trente-six. Et en face, on est déjà au trente-neuf. Vingt mètres de plus et je passais devant l'immeuble des Einsteins sans m'arrêter.

Je traverse la rue puis je m'approche de l'interphone du numéro quarante-et-un. Je repère la sonnette des Belpois, j'appuie et j'attends. Après quelques secondes, j'entends la porte qui se déverrouille. Je me retourne alors vers elle et je l'ouvre. Je m'attendais plutôt à ce qu'on me réponde à l'interphone. Ça fait bizarre. J'arrive au niveau de l’ascenseur qui a l'air de marcher, contrairement à celui de chez Odd, le week-end dernier. Les portes s'ouvrent et je monte dedans. J'appuie sur le bouton du cinquième et c'est parti.

À propos, Sam m'a envoyé une vidéo de Odd quand ils sont arrivés en bas des escaliers de leur immeuble, samedi dernier. Quand je disais qu'il avait des restes, c'était pas peu dire ! Incapable de monter trois marches tout seul ! Et il en profitait pour faire le clown, comme à son habitude. Qu'est-ce que j'ai pu rire en regardant ses exploits ! Je ne me suis pas privé de visionner la vidéo plusieurs fois et je dois bien avouer que je ne m'en lasse toujours pas. Et au passage, je l'ai transmise à Jérémie et Aélita. Après tout, un tel chef-d'œuvre, ça se partage.

L'ascenseur s'arrête et les portes s'ouvrent. Je sors et je regarde autour de moi, sur le palier. Il y a trois portes. Heureusement, Aélita m'avait précisé laquelle c'était. Je me dirige donc vers celle de droite. Une fois devant, je sonne puis je place le bouquet devant l'œilleton. Quelques instants plus tard, j'entends une voix de femme.

« Je vais ouvrir ! » dit-elle.

C'est bizarre, je n'ai pas reconnu la voix d'Aélita.

« Tiens ?! Des fleurs ! Qui ça peut être ? » fait-elle à nouveau.

La porte commence à s'ouvrir.

« Salut, Princesse ! Tiens, un joli bouquet pour une jolie fleur ! » dis-je en m'avançant légèrement, anticipant l'apparition de celle qui m'avait ouvert.

Hou là, gros malaise ! C'est pas Aélita qui vient de m'ouvrir la porte. C'est une belle jeune femme aux traits asiat... Hé, mais...

« Yu... Yumi ? C'est... Mais... Qu'est-ce que... » bredouillé-je.

Je me fige instantanément sous l'effet de la surprise. Elle me fait de gros yeux puis me claque littéralement la porte au nez. Un peu plus et je me la prenais vraiment dans la figure. C'est quoi ce traquenard ? Qu'est-ce qu'elle fait là ? Aélita ne m'aurait quand même pas donné rendez-vous chez Yumi ?? Apparemment non, c'est bien marqué Belpois sous la sonnette. Et à l'interphone aussi, il me semble.

« C'était qui ? » fait une autre voix dans l'appartement.

Ça, c'est la voix d'Aélita.

« Ha ! Heu... Rien !... C'est... Quelqu'un qui s'est trompé de porte ! » lui répond Yumi.

Visiblement, Yumi n'a pas envie de me revoir. Le mieux à faire, c'est que je repasse plus tard. En plus je suis en avance d'une bonne demi-heure. Quand je reviendrais, je ferais comme si rien ne s'était passé. Et puis je devrais peut-être me décoller de cette porte parce que je dois avoir l'air bien ridicule, collé contre elle avec un bouquet à la main. Je fais deux pas en arrière puis je me place devant l'ascenseur. J'appuie sur le bouton d'appel. Par chance, personne ne l'a utilisé après moi alors il est resté à l'étage. Les portes s'ouvrent immédiatement. Je pénètre dans l'engin et j'appuie sur le bouton du rez-de-chaussée. J'entends alors une porte qui s'ouvre et la voix d'Aélita.

« Ulrich ! Attends ! »

Trop tard. Les portes viennent de se refermer et l'appareil amorce sa descente.

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Voilà, c'est tout pour cette fois-ci.

J'espère que ça vous a plu.
Comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser des coms pour me dire ce qui vous a plu ou pas, vos impressions et tout le reste.
Et quand je dis "tout le reste", ça inclut les phottes d'aurtograffe :sm27: , parce que quand je me relis, je trouve parfois de ces trucs!!!
Au point que je me demande comment j'ai fait pour écrire des énormités pareilles!

@+

Message par Ange.lou » 10 Juin 2013, 20:37

Re: Du cœur à l'ouvrage

Et bien ! En voici une fanfiction originale et bien écrite. Enfin quelqu'un qui prend le temps de se relire.
Et oui, ici nous avons une histoire bien détaillée et construite dont l'intrigue se déroule progressivement pour notre plus grand plaisir.
Je confirme complètement la description du 16ème arrondissement :P. Pour m'y être un peu baladé un aprem, j'avais trouvé le quartier très morne.

En tout cas merci pour ce petit moment plein de fraîcheur ;) .

Message par Jules » 31 Mai 2013, 15:42

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut.

J'aime beaucoup cette fic. L'histoire est cool, le scénario bien écrit, bref tout ce que j'aime.^^
D'ailleurs, je dois dire que j'aime beaucoup ton style d'écriture. :thumbleft:

Voilà.

PS : C'est quand la suite ? :)

Message par Ann O'Neemm » 30 Mai 2013, 01:49

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut à tous!

Une fois de plus, merci pour vos coms!
J'espère ne pas avoir été trop long pour écrire cette suite. En effet, j'ai eu une légère panne d'inspiration en plein milieu de l'écriture de celle-ci...
Mais tout s'est débloqué hier soir, à mon grand soulagement! Et pour votre plus grand plaisir! (Enfin, j'imagine!)

Thor94 a écrit:bizarre qu'un réalisateur assez connu pour que ses oeuvres soit décliné en produits dérivés, vive dans un immeuble aussi pourri (l'ascenseur en panne donne une idée du genre d'immeuble que c'est)
Hé bien non! Odd ne vit pas dans ce genre d'immeuble, bien au contraire! Certes, l'ascenseur est en panne mais ça n'arrive pas que dans les immeubles vétustes. Ça arrive aussi aux ascenseurs neufs! (Je sais de quoi je parle...) Ici, c'est juste que l'ascenseur est tombé en panne le jour même et, vu que le réparateur n'est pas encore passé alors qu'on est un vendredi soir, il le restera au moins jusqu'au lundi suivant! Pas de bol pour eux...

almelyoko a écrit:Salut ! Ça fait plaisir de te revoir sur le forum ! ^^
Hey! Ça me fait plaisir, à moi aussi! Et je suis ravi que cette fic te plaise également!

almelyoko a écrit:la situation de départ que tu décris m'a instantanément rappelée celle de "Je ne t'attends plus " (son boulot, relation tendue avec son père...). J'avais très peur que tu refasses exactement la même fic sous un autre angle.
Je te rassure tout de suite, je n'en ai jamais eu l'intention! Et puis je ne suis pas en manque d'inspiration au point d'en arriver là!

almelyoko a écrit:Je suppose donc que tu aimes bien prendre pour cadre un jeune Ulrich Stern, chef de l'entreprise familiale, malmené par son père et séparé de Yumi, pour créer une histoire autour.
J'avoue... C'en serait presque mon péché mignon! En même temps, il y a tellement de possibilités laissées ouvertes par le couple Ulrich/Yumi...
Ceci dit, ici, Ulrich n'est pas (encore?) le patron de l'entreprise familiale! C'est juste le fils du grand patron, alors évidemment, ça parle beaucoup dans son dos...

almelyoko a écrit:un jeune chef d'entreprise qui prends le métro ? Bien sûr ça crée une situation cocasse, et puis pas tout le monde a une voiture, mais bon... Après on peut penser qu'il est écolo...
Pour avoir vécu 3 ans à Paris, je dirais plutôt que c'est bien ancré dans le style de vie parisien, même dans les quartiers chics. Sauf peut-être dans celui des "grands bourgeois" pour qui il est vital de ne surtout pas se mêler à la vile populace que nous sommes. Et puis, quand on vit dans une grande ville, je ne vois pas l'utilité d'avoir une voiture quand on peut aller quasiment partout en transports en commun! L'abonnement revient moins cher que le parcmètre et les PV, sans parler du risque d'enlèvement par la fourrière...

almelyoko a écrit:Pour l'instant, tous les Lyoko-guerriers (si on suppose que la dernière personne est Yumi) sont réunis chez Odd. Peut-être que cela va nous donner quelques éléments de réponse, ou au contraire, soulever plus de questions.
Ahaaaaa! La réponse est dans la suite... Ou pas! (Un Breton qui fait des réponses de normand, on aura tout vu/lu !)




Au fait, avant que j'oublie : dans cette fic, je considère que CLE n'est jamais arrivé, avec toutes les conséquences que ça implique (l'absence de Laura, la "non-blondeur" de Sissi, etc.)

Maintenant que tout est dit, place à la suite!
Bonne lecture!



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« Tiens ? Salut, Ulrich ! » me dit-elle en s'avançant vers moi nonchalamment.

Quelle agréable surprise ! Honnêtement, quand je suis arrivé ici, je ne m'attendais pas trop à l'y retrouver.

« Salut, la miss ! » lui dis-je en arrivant devant elle. « Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
– Tiens, prends ce sac, s'il te plaît. Il commence à être trop lourd pour moi. »

Je saisis alors le sac qu'elle me tend. Hou là ! Je comprends mieux pourquoi elle a appelé à l'aide ! Il pèse une tonne, ce sac ! Elle a acheté une enclume pour qu'il soit aussi lourd ?! Et comment elle a fait pour l'apporter jusqu'ici sans broncher ?

« Au fait, je pose ça où ? » lui demandé-je.
« Suis-moi » me répond-elle en passant devant moi.

Elle m'emmène dans la cuisine et dès que nous y somme, elle m'indique un coin de table où poser ce fardeau qui doit bien peser dans les trente kilos.

« Merci, beau gosse ! » me fait-elle en souriant alors que nous prenons la direction du salon, avant de lancer aux autres : « Prenez-en de la graine, messieurs. Ça, c'est un homme galant ! C'est ça qui plaît aux femmes !
– Un homme soumis, ouais ! » rétorque Odd, quelque peu jaloux.
– Odd !! » le réprimandé-je.

À peine ai-je le temps de regagner ma place et elle de s'asseoir auprès de son homme qu'elle remarque tout de suite une absence.

« Tiens ? Elle n'est pas venue, Émilie ? »

Re-aïe ! L'espace d'un instant, j'avais cru avoir réussi à esquiver le sujet en allant l'aider. Mais non... Cette fois-ci, je n'y couperais pas. Et puis de toute façon, il faudra bien que je le leur annonce un jour. Je profite que tout le monde soit là, comme ça, ça m'évitera d'avoir à me répéter pour les retardataires.

« Humm. » toussé-je pour m'éclaircir la voix et tenter de défaire ce nœud qui se forme dans ma gorge. « En fait, elle ne viendra plus.
– Quoi ? Tu l'as lourdée ? » lâche Odd.
« Heu... Non, je ne l'ai pas "lourdée", comme tu dis. » lui réponds-je, alors que ma gorge se noue un peu plus. « C'est plutôt elle qui est partie. »

Lourd silence. Je crois bien que j'ai plombé l'ambiance, là. Tout le monde a l'air peiné pour moi. En plus, Sam a l'air de ne plus trop savoir où se mettre tant cette réponse l'a mise mal à l'aise.

« Excuse-moi, Ulrich... » fait-elle, toute gênée qu'elle est d'avoir posé la question. « Je n'étais pas au courant.
– C'est pas grave. Tu ne pouvais pas le deviner. Et puis c'est de ma faute. J'ai pas eu le temps de vous prévenir avant...
– Et vos fiançailles ? » interroge alors Aélita.
« Elle a revendu la bague...
– Oh la s*l*p* ! » lâche Odd du tac au tac, alors que Sam lui donne un léger coup de coude dans les côtes.

Bien qu'il soit parfaitement compréhensible, le soudain regain d'intérêt de Odd pour l'ornithologie n'est pas sans douleur pour moi et me fait laisser s'échapper un soupir de ma part. Cela dit, ça résume clairement et en peu de mots ce que je pense d'elle, quand bien même je n'aurais pas utilisé les mêmes termes. Trois ans de vie commune foutus en l'air à cause d'un énième caprice de sa part. La seule chose que cela m'a apporté de bon, c'est de m'ouvrir les yeux sur elle. Comment ai-je pu m'intéresser à une fille dans son genre ? Comment ai-je pu être aveugle à ce point ? Et dire que j'avais commencé à faire des projets avec elle. Ce silence commence à être pesant. C'était censé être joyeux. Personne n'a pris la parole depuis le joli nom d'oiseau que Odd a lâché.

« Bon ! » dis-je tout à coup. « On n'est pas là pour se lamenter sur mes petits malheurs !
– Bien dit ! » fait Sam, saisissant la balle au bond pour réchauffer l'atmosphère.

Elle lance un sujet de conversation tout ce qu'il y a de plus banal. Tellement banal que je ne m'en rappelle plus. Tout le monde commence à discuter. Sauf moi. Je n'ai pas franchement le cœur à ça. Aélita l'a bien remarqué et elle se rapproche de moi.

« Tu sais. » me glisse-t-elle dans l'oreille. « Je comprendrais que tu ne veuille pas en discuter, là, tout de suite. Mais si jamais à un moment, tu as besoin d'en parler, sache que je serais là pour ça.
– Merci, Aélita. » lui retourné-je. « Pour l'instant, le plus urgent pour moi, c'est de me changer les idées. Parce qu'avec la semaine que j'ai eue...
– Je comprends. Au fait, t'as quelque chose de prévu, le week-end prochain ?
– Zut ! J'avais complètement oublié... » fais-je en sursautant.
« Quoi donc ? » questionne Aélita en me regardant bizarrement.
« Oh, rien de grave, rassure-toi. » lui réponds-je. « Je viens juste de me souvenir que j'avais une réservation d'hôtel pour vendredi à annuler. Il ne faut pas que j'oublie de le faire...
– Dans ce cas, j'en conclus que tu es libre samedi prochain ! » dit-elle en souriant. « Alors, ça te dit de passer nous voir samedi prochain ? Comme ça, tu auras l'occasion de voir les enfants. »

Les enfants ?? J'ai dû rater un truc, là. Dans mes souvenirs, ils n'avaient eu qu'un garçon qui leur ressemblait autant à l'un qu'à l'autre. Je n'étais même pas au courant qu'ils en avaient eu un autre ! Ou alors j' ne m'en souviens plus... Mais qu'est-ce que j'ai foutu pendant ces trois ans ? La seule chose que cette fille aura réussi à faire, c'est de m'éloigner des gens qui comptent le plus pour moi. Et dire que j'avais l'intention de passer le restant de mes jours avec elle... Résultat : j'ai loupé plein de trucs super importants avec mes vrais amis. Bon, c'est pas le tout mais comment je vais me sortir de cette situation délicate, moi ? Je ne me rappelle déjà pas du prénom du premier, alors pour ce qui est du deuxième, je ne sais même pas si c'est une fille ou un garçon... Je ne vois qu'une seule solution.

« Heu... C'est comment, leurs prénoms, déjà ? » dis-je en feignant le trou de mémoire.
« Lucien et Philomène. » me répond alors Aélita, très sérieusement.

Oh, la vieille blague ! Lucien et Philomène... Sans déconner ! Où est-ce qu'elle a bien pu pêcher une ânerie pareille ? Et elle espère me faire gober ça ? Tiens, voilà qu'elle se met à sourire.

« Mais non, je plaisante ! » avoue-t-elle avant d'éclater de rire. « Tu verrais ta tête, c'est trop drôle ! »

Apparemment, même si je me doutais bien que c'était une blague, j'ai dû tirer une tronche d'ahuri. Et puis, ils ont mangé un clown ou quoi, les Einsteins ? D'abord Jérémie qui me fait une blague, ensuite Aélita...

« En vrai, c'est Théo et Lucie. » reprend-elle.
« Quoi ?! » fais-je en prenant un air faussement surpris. « C'était pas Raymond et Gertrude ?
- Non mais ça va pas, la tête ?! » rétorque-t-elle, presque outrée. « Faut vraiment pas aimer ses enfants pour oser les appeler comme ça ! »

Là, j'avoue qu'elle n'a pas tort. Faut pas pousser Mémée dans les orties ! Bébé non plus, d'ailleurs.
Toujours est-il que je ne peux pas m'empêcher d'éclater de rire. Et Sam non plus, visiblement. Elle s'est mise à nous écouter, Aélita et moi, lassée par la discussion entre Odd et Einstein qui n'arrêtent pas de se chamailler pour des broutilles que eux seuls comprennent.

« Aélita, c'est pas sympa de se moquer comme ça ! » lance Sam, toute souriante. « Les parents d'Ulrich n'ont pas eu le choix de leurs prénoms, tu sais ! »

Et les voilà qui rient de concert. À croire que c'est la saint Ulrich, aujourd'hui. En même temps, j'ai tendu le bâton pour me faire battre. Et quand ce genre de situation se présente, mieux vaut que Sam ne soit pas dans les parages car elle ne loupe jamais l'occasion pour sortir une de ses vannes de derrière les fagots.

« Alors, c'est bon pour samedi prochain ? » reprend Aélita.
« Aucun problème. » lui réponds-je. « Mais vous habitez toujours dans votre petit cagibi au cinquième sans ascenseur ?
– Oh non ! On a déménagé depuis longtemps, tu penses bien ! Rien qu'avec Théo, l'appartement était trop petit... Alors imagine si on y était encore avec Lucie en plus ! Non, maintenant on habite dans un appartement beaucoup plus grand. Et avec un ascenseur ! Qui fonctionne, en plus ! Si tu vois ce que je veux dire... »

Celle-là, Sam ne l'avait pas vue venir ! Elle fait une légère moue qui laisse place très vite à un petit sourire qui en dit long. Aélita n'a qu'à bien se tenir. En parlant d'elle, elle vient de sortir son portable.

« Tiens, je t'envoie notre nouvelle adresse par SMS. » me dit-elle. « T'as pas changé de numéro de portable depuis la dernière fois ?
– Non, toujours pas ! C'est le même depuis le collège. »

Tiens, en parlant de portable, je sens le mien vibrer dans la poche intérieure de ma veste. Et vu comment il vibre, ce n'est pas le SMS d'Aélita. Je m'en saisis en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

« Déjà ?! » dit Aélita. « J'ai même pas encore fini de l'écrire !
– J'aurais préféré que ce soit toi ! » lui réponds-je en soupirant à la vue du nom de l'appelant.

C'est Émilie. Mais qu'est-ce qu'elle me veut encore, celle-là ? Elle m'a déjà pourri ma semaine. Ça ne lui suffit pas ? Si elle croit que je vais la laisser me gâcher la soirée, elle peut se fourrer le doigt dans l'œil jusqu'au coude ! Bon, qu'est-ce que je fais ? Je laisse sonner ou je lui fais un décroché-raccroché ? Hé ?! Mais... ! Sam s'est levée brusquement et m'a pris mon portable d'entre les mains ! Je n'ai même pas eu le temps de réagir. Elle s'éloigne en regardant qui m'appelle puis me fait un clin d'œil... Aïe ! Elle vient de décrocher !

« Allô, c*n*a*s* ? Ça va bien ?? »

Oh la vache ! Elle n'y va pas par quatre chemins ! D'un coup, un flash m'éblouit. Je cherche du regard d'où il provient. Oh non ! C'est Odd qui m'a pris en photo... Il est vraiment incorrigible, lui !

« Wouah ! Trop excellent ! Tu verrais la tête que tu tires ! » me lance-t-il en contemplant son chef-d'œuvre.

Je sens que je n'ai pas fini d'entendre parler de cette photo, moi. Et Jérémie qui rigole comme un âne en la voyant... Il est déjà bourré, lui, ou quoi ? Pourtant il n'a bu qu'un verre. Et encore, seulement à moitié. Non, ça doit être la bêtise de Odd qui l'a contaminé, je ne vois que ça ! Cela dit, je suis arrivé le dernier donc je ne sais pas à quelle heure ces deux-là ont commencé à picoler. Mais au fait, elle est partie où, Sam ? Ha, j'entends sa voix dans la cuisine ! Vite, il faut que j'aille voir ce qu'elle est en train de dire à l'autre au téléphone !

« Moi ? Mais je te l'ai déjà dit ! » fait-elle en se retournant vers moi, le téléphone toujours collé à son oreille. « Je suis ta bête noire ! »

Hé ben ! J'aurais jamais osé la faire, celle-là ! Et puis, je n'arrive pas à discerner ce que Émilie lui répond mais la blague de Sam n'a pas l'air de lui plaire. Tant mieux, ça lui fera les pieds !

« Je suis ta bête noire, je te dis ! » reprend Sam. « Au fait, la pouffe ! Qu'est-ce que tu lui voulais, à mon Ulrich ? »

Hou là ! Alors ça, elle ne va vraiment pas apprécier ! Je l'entends hurler d'ici. Et Sam décolle son oreille de mon portable.

« Quoi ? C'est juste pour ça que tu oses l'emmerder ?! »

Sam essuie encore une soufflante de la part d'Émilie, mais ça ne la gêne pas tant que ça, vu qu'elle ne l'a jamais appréciée. Il faut dire qu'elle a eu du nez sur ce coup-là. Elles ne se sont vues que deux fois mais, dès leur première rencontre, Sam m'avait dit de me méfier de cette fille. Et moi, en brave garçon que je suis, je ne l'ai pas écoutée... Et maintenant, on en est là. Elle à tenir tête à mon ex au téléphone, et moi à la regarder faire. Je dois bien avouer que j'aurais été incapable de le faire. Et elle l'a bien vu quand j'ai sorti mon portable de ma poche pour voir qui m'appelait. Elle est vraiment très perspicace pour ça. N'empêche, ça me fait mal de l'entendre traiter Émilie de toutes sortes de noms d'oiseaux. Mais, en même temps, ce n'est pas comme si elle ne l'avais pas mérité. Après tout, j'ai bien le droit d'être rancunier avec elle, non ? Et puisque Sam m'offre son aide sur ce coup-là, ce serait complètement idiot de refuser.

« Ulrich chéri ! » me lance Sam tout fort alors qu'elle a éloigné mon portable de sa tête. « Y a la grognasse qui dit que c'est pas sympa d'avoir changé les clés de la porte d'entrée parce qu'elle ne peut plus passer récupérer ses affaires ! »

La bonne vieille méthode pour faire enrager quelqu'un qu'on n'aime pas au téléphone. Et ça ne loupe pas! J'entends Émilie bouillir de rage à l'autre bout du fil.

« Pas grave. » déclaré-je. « Je les mettrais dans des cartons sur le palier lundi matin en partant au travail. »

Encore du sale boulot en perspective. Sam transmet le message à son interlocutrice qui hurle dans son téléphone. Elle doit encore faire sa crise parce qu'elle n'a pas ce qu'elle veut. Mais comment j'ai fait pour supporter une fille pareille, moi ? Et pendant deux ans, en plus ! Faut croire que je suis masochiste...

« Bon, écoute-moi bien, la mégère ! » fait Sam en haussant le ton, me faisant sortir de mes pensées. « Tu trouveras tes affaires en cartons sur le palier lundi matin et pas avant, un point c'est tout ! S'ils y sont toujours lundi soir à dix-neuf heures, on les jette à la poubelle. Pigé ? Et puis si tu essayes pas de te taper l'incruste pendant le week-end, je te casse la tête en deux ! C'est compris ? »

Sam raccroche enfin. Elle se rapproche de moi et me tend mon portable. Je le reprends et le glisse dans la poche de mon pantalon.

« Ben dis donc ! » me fait-elle en grimaçant. « Je ne sais pas où t'as été la pêcher, cette morue, mais elle en tient une sacrée couche ! Faut faire attention, c'est pas comestible, ces machins-là ! »

Une fois de plus, elle n'a pas tort. J'aime toujours autant son style direct et sans détours. Soudain, une main se pose sur mon épaule. Je sursaute et me retourne brusquement. C'est juste Aélita, que ma réaction a fait sursauter également.

« Tiens... » me fait-elle en me tendant un papier. « Je me suis dit que ce serait mieux si je te l'écrivait sur un bout de papier plutôt que de te l'envoyer par SMS. »

Avec toute cette agitation autour de mon portable, j'ai fini par en oublier qu'Aélita voulait me transmettre sa nouvelle adresse. Je saisis le papier qu'elle me tend et découvre ce qu'elle y a griffonné.

« Oh ! » fais-je sur un ton sarcastique. « Monsieur et Madame Belpois résident désormais dans le quinzième arrondissement... On s'embourgeoise, à ce que je vois !
– Et c'est un type qui habite dans le seizième qui ose dire ça ! » rétorque Sam.
« Pas faux... » avoué-je, vaincu. « Mais peut-être plus pour longtemps !
– Pourquoi ? Tu comptes déménager ? » demande Aélita.
« J'y pense, oui. Déjà que je n'aime pas l'atmosphère qui règne dans mon quartier.
– Comment ça ?
– C'est un quartier sans âme. Il n'y a aucune animation dans les rues. Les voisins te snobent quand tu les croise, que ce soit sur le palier ou chez les commerçants du coin. Sans parler des petits vieux qui sont à moitié paranos et des mémés qui surveillent qui passe devant chez elles... En plus, avec Émilie, je sens que ça ne va pas être simple.
– T'as bien raison. » répond Sam. « Mieux vaut que tu changes d'atmosphère. C'est pas bon de rester dans un endroit où tu ne te sens pas bien. Bon, allez ! On va rejoindre les deux autres sinon ils vont commencer à s'ennuyer ! »

Puis nous sortons tous les trois de la cuisine et nous dirigeons vers le salon. À peine sommes-nous assis, Aélita et moi, que Sam prend son verre et le lève pour porter un toast.

« À la santé du petit vieux qui vient de prendre un an de plus ! » fait-elle en souriant.

Tout le monde éclate de rire, sauf Odd évidemment. J'évite quand même de me faire remarquer car dans à peine plus d'un mois, c'est mon à tour de prendre un an de plus... En tout cas, je ne suis pas déçu d'être venu, la soirée s'annonce bien !

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

J'espère que ça vous a plu.
Et comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser vos coms!

@+

Message par almelyoko » 12 Mai 2013, 21:33

Re: Du cœur à l'ouvrage

Salut ! Ça fait plaisir de te revoir sur le forum ! ^^

Ce qui m'a frappée dans ce début de fic c'est incontestablement la qualité de l'écriture. Employer un vocabulaire riche et (presque) soutenu en le mêlant à un peu de familiarité propre au personnage, Ulrich, est un exercice dans lequel tu excelles avec brio.
D'ailleurs, j'ai très vite compris que le point de vue était le sien, car la situation de départ que tu décris m'a instantanément rappelée celle de "Je ne t'attends plus " (son boulot, relation tendue avec son père...). J'avais très peur que tu refasses exactement la même fic sous un autre angle. Mais on voit bien que ce n'est pas le cas : déjà, Ulrich n'est pas dépressif (à ce que je vois) et a plus d'humour (ce que j'ai vraiment apprécié), il est resté en contact avec Odd et les Einstein (si on néglige le fait qu'il soit souvent occupé), et il semble avoir eu un différent (?) avec Yumi.

Je suppose donc que tu aimes bien prendre pour cadre un jeune Ulrich Stern, chef de l'entreprise familiale, malmené par son père et séparé de Yumi, pour créer une histoire autour. Moi j'aime bien cette idée : c'est un peu comme si c'était ta marque de fabrique !^^
(Une petite remarque qui me vient : un jeune chef d'entreprise qui prends le métro ? Bien sûr ça crée une situation cocasse, et puis pas tout le monde a une voiture, mais bon... Après on peut penser qu'il est écolo... C'est marrant en y réfléchissant. :lol: ).
Et puis si tu arrives à nous les réunir tous les deux à la fin d'une manière aussi magistrale que dans ta fic précédente, je ne m'en plains certainement pas ! ^_^

J'aime bien aussi tous les petits détails que tu ajoutes par rapports à l'univers de la série (comme les Subdigitals par exemple), ça renforce l'authenticité du texte.

Pour l'instant, tous les Lyoko-guerriers (si on suppose que la dernière personne est Yumi) sont réunis chez Odd. Peut-être que cela va nous donner quelques éléments de réponse, ou au contraire, soulever plus de questions.

J'ai vraiment hâte de lire la suite pour voir comment tu as décidé de développer ton histoire, même si apparemment tu n'as pas encore décidé de la fin.
Je te souhaite bon courage et à bientôt !^^

Message par Thor94 » 11 Mai 2013, 02:19

Re: Du cœur à l'ouvrage

sympatique les retrouvailles.
A un moment j'aurai pensé que c'était Yumi la voix. Peut être que la deuxieme sera la bonne :D.
Mais bizarre qu'un réalisateur assez connu pour que ses oeuvres soit décliné en produits dérivés, vive dans un immeuble aussi pourri (l'ascenseur en panne donne une idée du genre d'immeuble que c'est)

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