[RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Imaginez vous-même l'évolution des relations entre les personnages ! Amour ? Amitié ? À vous de décider !

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Lyokophile à vie

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Message 18 Mai 2015, 22:20

Re: [RÉÉCRITURE] Protocole Carthage

Bonsoir tout le monde !

Tout d'abord, merci Bookine pour ton message. Je suis content que ça te plaise autant. Il faut dire que je me donne beaucoup de mal pour que ça garde une certaine cohérence.

Maintenant, place à la suite ! Quelle est l'identité de la jeune femme qui a fait irruption dans le scanner ? Que fait-elle là ? D'où vient-elle ? Et quelle importance a-t-elle dans cette histoire ? Tout cela (ou presque), vous le saurez en lisant cette suite !

Bonne lecture !

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[...] Nous y découvrîmes le corps d'une jeune femme. Elle était entièrement nue, recroquevillée sur elle-même. À peine remis de mes émotions, je me penchai vers elle et vérifiai son pouls.

« Alors ? » questionna Stan, inquiet.
« C'est bon. » déclarai-je, presque soulagé. « Elle doit être endormie.
– Mais qui c'est, cette fille ? Et qu'est-ce qu'elle fait là ?
– Tu m'en poses, de ces questions ! Je n'en sais pas plus que toi. »

Depuis l'instant où j'avais posé mes yeux sur son visage, je n'avais eu de cesse de la contempler. Sa beauté était telle qu'on aurait dit un ange. De son visage aux traits si fins et délicats émanait une grande douceur. La couleur de ses cheveux se mariait harmonieusement avec son teint clair. Au moment où je m'y attendais le moins, elle ouvrit les yeux, laissant découvrir son joli regard d'émeraude qui lui seyait si bien. Soudain, elle plissa les paupières et porta sa main droite à la bouche avant de se mettre à tousser grassement comme pour désencombrer ses bronches.

« Est-ce que ça va, mademoiselle ? » lui demandai-je.
« Oui... Oui, je crois. » répondit-elle entre deux quintes de toux.

Lorsque sa toux cessa, elle recula sa main de sa bouche et la fixa du regard. Elle se redressa alors du mieux qu'elle put dans le fond du scanner.

« A... Alors... Ça y est ? » dit-elle alors, paraissant s'émerveiller de son propre corps. « J'ai enfin réussi ?
– Réussi quoi ? » lui retournai-je, perplexe.
« Je... Je suis vivante !
« Heu... Oui... » bredouillai-je, quelque peu dérouté par ses paroles. « Selon toute vraisemblance...
– Je suis humaine ! » s'émut-elle.
« Le contraire eut été étonnant. Mais qui êtes-vous ?
– Moi ? Je... » fit-elle timidement avant de se jeter sur moi pour m'enlacer de ses bras frêles. « Je suis Alpha. »

Cette dernière déclaration résonna en nous comme un coup de tonnerre. Les questions se mirent à se bousculer dans nos têtes. Subitement, elle se mit à trembler comme une feuille, ce qui me fit revenir à moi.

« Que... Qu'est-ce qui m'arrive ? » s'enquit-elle en se recroquevillant à nouveau sur elle-même.

Je remarquai aussitôt les intenses frémissements qui parcouraient son corps. Je retirai alors instinctivement mon imperméable et l'en recouvrai.

« Ne t'inquiète pas. » lui dis-je « C'est juste que tu as froid.
– Merci. » répondit-elle presque rassurée.
« Alors messieurs, on sabote le matériel ?! » tonna une voix masculine derrière nous.

Stan et moi nous retournâmes, effrayés. C'était Vladimir qui imitait la voix d'Édouard. Il était descendu nous voir avec Irina après qu'elle soit remontée le prévenir de nos précédentes constatations. Vladimir éclata de rire en voyant nos têtes apeurées.

« Arrête, Vlad. Tu vois bien que ce n'est pas le moment. » fit Irina en s'approchant de nous, accompagnée par son mari encore tout hilare. « Dîtes, qu'est-ce que vous faites avec le convertisseur ?
– Si tu savais ! » répondit Stan, encore stupéfait. « Tu ne le croiras jamais !
– Quoi donc ?
– Viens plutôt voir par toi-même. »

Vladimir cessa immédiatement de rire et se retourna vers son épouse. Ils se regardèrent un instant, intrigués. Puis ils se rapprochèrent à grands pas du convertisseur matière-énergie qui avait servi à la matérialisation de l'intelligence artificielle. Ils découvrirent alors la jeune femme accroupie dans le scanner, emmitouflée dans mon imperméable.

« Stan, on t'as déjà dit de ne pas ramener tes conquêtes ici. » plaisanta Vladimir. « Si Édouard l'apprend, tu vas te faire tirer les oreilles !
– Très drôle... » soupira l'intéressé.
« On peut savoir qui c'est ? » demanda Irina, plus pragmatique.
« C'est Alpha. » répondis-je. « Elle s'est matérialisée. »

Tous deux se figèrent un instant, partagés entre sidération et incrédulité.

« Alpha ?! Comment est-ce possible ? » s'étonna Irina. « Tu m'as dit qu'Édouard l'avait effacée !
– On s'est trompés. » lui retournai-je. « En fait, elle ne pouvait pas nous répondre car elle était accaparée par la fabrication de toutes pièces de son propre corps. »

Irina s'approcha de nous et, curiosité scientifique oblige, elle ne put se retenir d'interroger Alpha sur la manière dont elle s'était prise pour aboutir à un tel résultat. Alpha débuta alors un long monologue sur un ton monocorde et dans lequel elle décrivait toutes les étapes du processus. Lorsque nous ne travaillions pas sur le supercalculateur, celui-ci était mis à la disposition d'autres laboratoires pour leurs simulations numériques. Alpha avait donc pioché dans les données de recherche du Laboratoire de Génie Biologique et Génétique qui étaient toujours stockées dans la machine pour reconstituer la structure de base d'un corps humain. Mais comme ces données étaient incomplètes, elle avait dû procéder à quelques simulations pour déterminer les derniers paramètres nécessaires. Puis vint le temps de faire des essais. Et c'était là qu'elle avait rencontré le plus de difficultés.

En premier lieu, elle dut créer des atomes ex nihilo. Mais ses premières tentatives furent infructueuses. Elle nous raconta même qu'elle avait failli déclencher une réaction nucléaire en chaîne qu'elle avait réussi à maîtriser de justesse. Puis suivirent les matérialisations ratées, les instabilités moléculaires, les réactions chimiques incontrôlées, et l'interminable série des corps qui n'étaient pas viables. Malgré tous ces échecs, jamais elle ne s'était découragée. Et son travail acharné de toute une nuit avait fini par payer.

« Mais c'est de la folie ! » lâcha Stan, encore sous le choc de l'événement. « Quelle idée de faire un truc pareil ?! On peut savoir ce qui t'a pris ?
– Je... Je... Je...» bredouilla la jeune femme dont nous vîmes les larmes monter aux yeux. « Je ne voulais pas mourir ! »

Dès lors, elle ne put plus se retenir de pleurer, laissant ainsi transparaître toute la détresse qu'elle éprouvait face à ce monde dont elle ne connaissait presque rien, enfermée qu'elle était dans cette machine infernale. Nous comprîmes aussitôt que non seulement elle avait tout entendu de la dispute de la veille, mais qu'elle avait aussi pris peur du sort que lui réservait Édouard, et donc qu'elle avait parfaitement intégré la notion de vie et de mort. C'était la preuve ultime qu'elle avait pleinement accédé à la conscience. Irina, émue par la détresse de la jeune femme, se baissa et la prit dans ses bras.

« Et puis je ne voulais pas disparaître sans savoir à quoi ressemble le monde extérieur. » ajouta Alpha, d'une voix chevrotante.
« Ne pleure plus, ma belle. » lui dit alors Irina. « Maintenant que tu es là, tu ne risques plus rien. »

Après quelques instants, Alpha fut rassérénée et l'endroit retrouva son calme habituel, bercé par le ronron sourd du système de refroidissement de la machine quantique.

« Qu'est-ce qu'on va faire d'elle, maintenant ? » s'enquit alors Stan qui se remettait peu à peu.

Il avait mis dans le mille tant et si bien que, sur l'instant, personne ne sut quoi lui répondre.

« D'abord, on va te sortir de là, ma belle. » dit Irina à la jeune femme encore toute fébrile.

Alpha se leva alors doucement, aidée par Irina. Elle entreprit ensuite de sortir du scanner. Sa démarche était toute maladroite. Il n'y avait là rien de plus normal car, quelques minutes auparavant, elle n'avait même pas de corps. Et la voilà à présent qui tentait d'appréhender non seulement l'équilibre sur ses deux fines jambes mais en plus la bipédie dans la foulée, elle qui ne s'était jamais tenue debout et n'avait donc jamais marché.

« Ah ! C'est... C'est froid ! » s'exclama-t-elle lorsque son pied toucha le sol, la faisant reculer quelque peu.
« Ce n'est pas grave. Tu vas t'y habituer. » rétorqua Irina qui avait entrepris de l'accompagner jusqu'à la chaise devant le pupitre.

Effectivement, l'immense salle dans laquelle nous nous trouvions était froide. Certes la machine quantique qui s'y trouvait produisait beaucoup de chaleur mais l'inertie thermique de la pièce souterraine était telle que cela n'y changeait pas grand chose. La température y était en permanence de quinze degrés environ, quelque soit le moment de la journée ou la saison. Et l'hygrométrie n'allait pas pour atténuer cette désagréable sensation. Mais depuis le temps que nous travaillions ici, nous avions fini par nous en accommoder. Lorsque les deux jeunes femmes atteignirent le pupitre, Irina saisit la chaise qui se trouvait devant et la plaça derrière Alpha.

« Vas-y, assieds-toi là. » lui dit-elle.
« Comment fait-on ça ? » répondit Alpha, penaude.

Sur le coup, nous prîmes tous conscience du fossé qui nous séparait d'elle. Son intelligence était tellement supérieure à la nôtre qu'elle était en capacité de comprendre, manipuler et même créer des concepts si complexes qu'une vie entière ne nous ne suffirait pas pour parvenir à comprendre. Mais pour les choses du quotidien, du moins celles qui concernent les êtres faits de chair et d'os, elle était pareille à une enfant : elle avait tout à apprendre.

Et son apprentissage de la vie commençait dès maintenant. Après une brève leçon d'anatomie suivie de quelques instructions simples, Alpha parvint à s'asseoir. Elle releva alors aussitôt les pieds du sol pour les poser sur l'assise de la chaise et coller ainsi ses jambes contre elle. Elle avait toujours autant froid aux pieds qu'à sa sortie du convertisseur matière-énergie.

Un cas de conscience se présentait maintenant à nous. Devait-on avertir le reste de l'équipe qu'Alpha s'était matérialisée de sa propre initiative ? Quand bien même l'événement qui venait de se produire nous paraissait inconcevable, nous pensions tous que personne dans l'équipe n'en serait dérangé. Ils seraient même plutôt enthousiastes à ce sujet tant la chose était extraordinaire. Tous ou presque. Car il était fort à parier que si toute cette histoire parvenait jusqu'aux oreilles d'Édouard, la situation tournerait au vinaigre à coup sûr pour Alpha, vu le discours qu'il m'avait tenu la veille à son propos. Et par ricochet, nous en prendrions également tous les quatre pour notre grade car il ne pourrait pas s'empêcher de nos tenir pour responsables de ce qu'il considérerait assurément comme une hérésie.

Nous prîmes donc la décision de tenir son existence secrète. Nous dûmes donc réfléchir à la manière de nous y prendre. Nous ne pourrions pas la cacher indéfiniment dans nos locaux car, avec les allées et venues incessantes de nos collègues dans les diverses parties du laboratoire, son existence finirait tôt ou tard par être découverte. Et puis rester terré dans ce lieu sans âme n'était pas une perspective des plus réjouissantes pour quelqu'un dont le souhait était de découvrir ce vaste monde. Dès lors, une seule solution s'imposait à nous : il fallait faire sortir Alpha d'ici. Mais compte tenu de la situation du laboratoire en plein cœur de la ZSR, la mission s'annonçait extrêmement compliquée, pour ne pas dire impossible. Quel qu'était le degré d'élaboration des plans d'évacuation que nous nous efforcions de concevoir, il y avait toujours quelque chose qui ne marchait pas.

Brusquement, Vladimir eut comme une révélation. Il venait de se rendre compte que la sécurité du centre présentait une bête faille qui jouait pleinement à notre avantage. Il nous fit remarquer que nous partions tous du principe qu'il fallait subir des contrôles drastiques pour accéder à la ZSR, mais que nous avions tous allègrement oublié que nous n'en subissions aucun pour en sortir. En effet, le service de sécurité partait du principe que toute personne qui sortait de la ZSR avait forcément été contrôlée à son entrée. Or justement, Alpha n'avait jamais subi ces contrôles car elle avait vu le jour en plein cœur de la ZSR. Donc elle pourrait en sortir librement sans que personne ne se rende compte de quoi que ce soit.

Le plan d'évacuation d'Alpha n'en fut alors que plus simple à mettre au point. Et les navettes de transport du personnel nous seraient d'une grande utilité. Il nous suffisait d'exposer Alpha au minimum aux regards extérieurs et de se faire le plus discret possible avec elle. Pour cela, nous devions lui faire prendre le bus qui transportait le moins de monde. En général, c'était la dernière rotation de la journée. Dès qu'elle serait hors de la ZSR, l'un d'entre nous se chargerait de l'héberger chez lui.

Les derniers détails furent vite réglés. Irina proposa d'apporter discrètement quelques vêtements pendant la pause déjeuner car Alpha était toujours nue comme un ver sous mon imperméable. Elle devait aussi apporter une perruque pour dissimuler la couleur particulière des cheveux d'Alpha, et un peu de maquillage pour rendre son teint moins pâle. Soudain, nous fûmes interrompus par un bruit de pas rapide qui résonnait dans le long couloir.

« Oh, la tuile ! On va se faire griller ! » s'exclama Stan. « Qu'est-ce qu'on fait ?
– La caisse ! » lui répondis-je dans un éclair de lucidité, en pointant du doigt l'imposant objet qui avait servi au transport du scanner. « On va la cacher là-dedans ! »

Stan prit alors Alpha dans ses bras et la porta précipitamment jusqu'à ladite caisse en bois. J'en retirai le couvercle et Stan y déposa délicatement Alpha.

« Surtout, ne bouge pas sinon tu vas faire du bruit ! » lui dit-il en m'aidant à remettre le couvercle en place. « Si Édouard t'entend, il te trouvera à coup sûr ! Et dieu seul sait ce qu'il te fera ! »

Puis nous nous en écartâmes rapidement. Dans son élan, Stan me tira avec lui pour m'emmener auprès du scanner encore chaud.

« Hé ! Qu'est-ce qui te prend ? » fis-je, surpris.
« Je vais nous tirer de ce mauvais pas, tu vas voir. » me répondit-il alors qu'il avait saisit un extincteur sur son passage.

Et sans trop savoir comment, je me retrouvai avec l'engin entre les mains, paré à l'utiliser sur le convertisseur matière-énergie. À peine une demi-seconde plus tard, la porte du couloir s'ouvrit violemment et finit sa course en claquant contre le mur. Édouard avait fait une entrée fracassante. Il vit en face de lui Irina et Vladimir qui s'étaient rapprochés du pupitre de commande en l'entendant venir. Puis il tourna la tête vers le scanner et remarqua l'objet que Stan m'avait mis entre les mains. À cet instant, je priais pour que Stan ait une bonne excuse, sans quoi j'allais me faire remonter les bretelles comme jamais.

« Qu'est-ce que vous faîtes avec ça, vous ?! » tonna Édouard.

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Voilà ! C'est tout pour cette fois-ci !

Qu'en avez-vous pensé ? Qui est véritablement Alpha ? Quelles sont vos hypothèses sur cette histoire ?
Comme d'habitude, j'attends vos comm's !

PS: Je n'ai toujours pas terminé l'écriture de ce chapitre, alors la publication de la fin risque de prendre un peu de temps. Mais ça arrivera un jour, promis ! ET ça ne devrait pas vous décevoir !

@+.
MES NOUVELLES FIC : Code Lyoko M.d.R. (Humour, quand tu nous tiens!) et Du cœur à l'ouvrage (Oh! Comme c'est mignon!)

VIENDEZ VOIR MES AUTRES FIC!!! Protocole Carthage (version 2), Je ne t'attends plus (terminée) et Sacré Jimbo! (one shot).

Non, je ne m'appelle pas Ann!!! Appelez-moi Vince. (Hé oui! Je suis un mec!!!)
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Lyokophile à vie

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Message 15 Sep 2015, 19:26

Oyez, oyez, bonnes gens !

Après quelques mois d'absence, j'a reviendu je suis de retour avec la suite (et fin) de ce long, très long chapitre 15 ! (21 pages, tout de même !)
Ça m'a pris un temps fou pour finir ce chapitre, mais j'y suis enfin arrivé ! Il a fallu que j'arrange certains détails pour conserver la cohérence avec la suite. Et ça, tout écrivain de fanfic qui se respecte sait à quel point ça prend du temps.

Et si, par hasard, vous avez été tenté d'aller lire la suite dans la première version, vous n'allez pas être déçus... :twisted:
Je n'en dis pas plus !

J'espère que cette suite sera à la hauteur de vos attentes ! Bonne lecture !

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« Qu'est-ce que vous faîtes avec ça, vous ?! » tonna Édouard. « Lâchez ça immédiatement ! Vous n'essayez quand même pas de saboter le matériel ?!
– Ne dîtes pas de bêtises ! » répondit Stan tout aussi sèchement. « On pare à tout risque d'incendie !
– Quel risque d'incendie ? Il n'y a pas la moindre fumée.
– Je parle de l'incendie que vous avez failli provoquer !
– Dîtes donc, monsieur Lem ! Vous semblez oublier à qui vous parlez !
– Et vous, vous semblez oublier ce que vous avez fait ! » retourna Stan, sans se démonter. « Quand nous sommes arrivés ici, Waldo et moi, nous avons trouvé le convertisseur en état de surchauffe et la lumière jouait les stroboscopes. Les gars de la maintenance nous ont affirmé que l'origine du problème électrique se trouvait forcément d'ici. En plus, on peut affirmer sans se tromper que quelqu'un a tenté de bidouiller le supercalculateur car bon nombre de fichiers ont disparus du supercalculateur. Sans compter sue nous avons retrouvé le manuel d'utilisation au pied du pupitre. Et quelle est la seule personne dans toute l'équipe à avoir besoin de ce document sous les yeux pour utiliser la machine quantique ? Et pour couronner le tout, l'ensemble du personnel du laboratoire vous a vu sortir d'ici en furie. Tout tend à prouver que c'est vous qui avez essayé de saboter le matériel et maintenant vous essayez de nous mettre votre forfait sur le dos ! »

Édouard se figea sur le coup. Il ne savait plus quoi dire. Il était pris au piège. Stan venait de le moucher proprement. Et au passage, il avait réussi à éteindre l'autre incendie qui couvait depuis hier et qu'Édouard était vraisemblablement venu raviver. Ce dernier se sentit acculé dans ses derniers retranchements. Il fit alors usage de ce qu'il pensait sûrement être son arme ultime.

« Faites bien attention, vous quatre. » dit-il d'un air qu'il voulait calme mais qui ne dissimulait en fait rien du tout. « Je vous ai à l'œil ! Au moindre faux pas, je ne vous raterai pas ! J'ai le bras long, très long. Ne l'oubliez pas !
– Quand un bras a la gangrène, on le coupe, peu importe sa longueur ! » rétorqua Stan. « Et vous semblez ignorer que j'ai moi aussi le bras long. Bien plus long que ce que vous pouvez imaginer, et assurément beaucoup plus long que le vôtre. Alors dîtes-vous bien que, moi non plus, je ne vous louperai pas.
– Sont-ce des menaces, Lem ? » interrogea Édouard, presque outré de trouver une telle résistance face à lui.
– Autant que celles que vous venez de proférer à notre encontre, mon cher Édouard. » répondit Stan, sans se laisser impressionner.

Édouard tourna alors les talons en grommelant, vexé de n'avoir jamais eu le dessus un seul instant sur son adversaire. Dès qu'il eut fermé la porte à l'autre bout du couloir, Vladimir et Irina nous firent signe que nous n'avions plus rien à craindre.

« Eh bien ! » soupirai-je. « Tu n'as franchement pas froid aux yeux, toi !
– Je sais. » dit-il, presque surpris que cela ait aussi bien marché. « C'était quitte ou double, alors autant y aller franco. »

Nous nous regroupâmes tous autour de la grosse caisse en bois dans laquelle était cachée Alpha. Vladimir et moi en ôtâmes le couvercle et découvrîmes Alpha qui avait gardé exactement la même position que lorsque Stan l'y avait déposée. Elle dormait à poings fermés, emmitouflée dans mon imperméable gris. Dieu, qu'elle était belle avec son visage d'ange. Si belle que mon regard ne parvenait plus à s'en défaire.

Une question restait toutefois en suspend. Comment allions-nous justifier la disparition d'Alpha du supercalculateur ? Faire porter le chapeau à Édouard aurait été beaucoup trop simple. Sans compter que cette vipère-là, aussi venimeuse qu'elle fut, n'allait sûrement pas se laisser accuser comme ça sans se débattre. Et à la moindre occasion, il n'hésiterait pas à nous faire porter le chapeau.

La seule explication plausible qui nous vint à l'esprit fut que cette disparition soit une conséquence malencontreuse des coupures intempestives de courant. Celle-ci auraient pu générer une instabilité dans le système d'exploitation du supercalculateur et qui aurait provoqué la perte d'une quantité colossale de données dont, comme par hasard, toutes celles de l'intelligence artificielle. La chose ne serait pas trop difficile à maquiller pour nous qui avions mis au point la machine quantique.

Nous semblions tous satisfaits de cette explication. Et pour cause : nous venions de renverser le lien de causalité pour dissimuler le forfait d'Alpha. Nous avions fait de sa disparition du supercalculateur la conséquence des coupures électriques alors que c'était sa matérialisation qui en était la cause. Et vu que personne d'autre que nous quatre n'était au courant de la supercherie, nous étions assurés que celle-ci ne serait jamais découverte. Malgré cela, quelque chose m'intriguait encore.

« Qu'y a-t-il, Waldo ? » m'interrogea Irina en me voyant. « Tu as l'air bien soucieux.
– Ce n'est rien. » répondis-je. « J'étais juste en train de me demander quelle quantité d'énergie nécessite la création \textit{ex nihilo} d'un corps humain tout entier.
– Aucune idée. » déclara Stan. « Mais ce qui est sûr, c'est que ça en nécessite suffisamment pour mettre à genoux la centrale électrique du centre. Pour le chiffre exacte, il n'y a qu'une seule personne qui connaisse la réponse.
– On lui posera la question quand elle se réveillera. » reprit Irina. « En attendant, on n'a toujours pas d'explication à fournir sur l'origine de ces coupures de courant. »

Stan balaya lentement l'immense salle du regard avant de s'arrêter sur un objet en particulier. Il suggéra alors de mettre le tort sur le convertisseur. Pour appuyer sa proposition, il nous fit remarquer que l'engin en question nous était parvenu la veille et que nous l'avions mis en place et connecté à la machine quantique dans la foulée. Et surtout, c'était seulement après que les problèmes électriques avaient fait leur apparition. Nous approuvâmes tous trois cette idée car elle était en parfaite adéquation avec la réalité des événements. Cependant, Irina nous fit part de ses doutes concernant un détail. Il ne nous suffirait pas d'affirmer devant Édouard que c'était le scanner qui était en cause. Il demanderait assurément à ce qu'une enquête minutieuse soit menée.

Mais c'était sans compter sur Stan qui avait vraiment de la suite dans les idées. Il nous proposa donc de saboter l'engin pour rendre nos dires plus crédibles. Et lorsque nous lui demandâmes comment il comptait s'y prendre, il s'approcha de l'armoire du fond de la salle pour en sortir un vieux poste de soudure à l'arc. L'appareil en question avait été oublié dans la pièce par les ouvriers du service technique du centre lors du montage de la cage de Faraday du supercalculateur. Stan s'était dit qu'un bon coup de jus dans les circuits du convertisseur ne pourrait qu'arranger nos affaires.

Une fois de plus son idée était excellente et nous l'approuvâmes sans que personne n'y trouve quoi que ce soit à redire. Stan prit alors le poste à soudure avec lui tandis que Vladimir et moi nous attelâmes la tâche pour démonter quelques tôles du scanner et ainsi mettre à nu ses circuits. Stan brancha son appareil, pressa le bouton marche et se mit aussitôt à l'œuvre. Les circuits cramaient les uns après les autres sous l'effet de la surtension en émettant des claquements secs accompagnés de légères volutes de fumée. Stan s'en donnait à cœur joie, à tel point que nous dûmes le calmer un peu. Et alors qu'il s'apprêtait à créer un énième court-circuit, ceux qu'il avait déjà produits provoquèrent une chute de tension telle que la lumière s'éteignit pendant quelques secondes.

« Bon, je crois que je vais devoir m'arrêter là. » dit-il alors, presque déçu de ne pas pouvoir s'amuser plus.

Notre objectif était atteint. Il ne nous restait plus qu'à remettre en place les tôles du scanner et à débrancher celui-ci pour rendre notre histoire plus crédible. De son côté, Irina s'était affairée à bidouiller les données et à en effacer quelques autres pour accréditer notre récit. Et pour finir le travail, il ne nous restait plus qu'à diffuser la nouvelle auprès des autres membres de l'équipe, ce qu'aucun de nous ne tarda à faire. Et comme on pouvait s'y attendre, le ressentiment de tous envers Édouard connut une terrible inflation.

Vers dix heures, l'équipe de maintenance arriva enfin dans la chambre d'expérimentation souterraine. Les cinq hommes commencèrent à inspecter la salle un peu au hasard. Je sentis la nervosité monter progressivement en moi lorsque l'un d'eux commença à s'approcher d'un peu trop près de la caisse dans laquelle dormait paisiblement Alpha. À cet instant, je priais ardemment pour que la belle demoiselle ne se réveille pas et ne fasse aucun bruit qui puisse trahir sa présence.

« Qu'est-ce qu'il y a, là-dedans ? » demanda l'homme qui se rapprochait toujours plus.
« Il n'y a que des blocs de polystyrène qui ont servi à caler ce gros machin pendant son transport jusqu'ici. » répondit Stan en désignant le scanner du doigt.
« Et c'est quoi, ce machin ?
– Un gros machin.
– Et ça sert à quoi ?
– À pas grand chose, maintenant qu'il a cramé. »

L'homme s'écarta alors pour aller rejoindre ses collègues qui avaient commencé l'inspection du scanner après en avoir démonté les tôles. Ma tension intérieure redescendit aussitôt. Ils n'avaient jamais vu de leur vie une machine d'une telle complexité. Et comme l'avait prévu Stan, ils se contentèrent d'une rapide investigation et confirmèrent l'origine de la panne sans vraiment chercher plus loin. Alors ils se contentèrent de nous demander de démonter l'engin avec le plus grand soin et de ne plus jamais y toucher, pour les besoins de leur enquête technique.

Puis ils repartirent aussi rapidement qu'ils étaient venus. Ils avaient passé la nuit entière à crapahuter dans tout le centre à la recherche de l'origine des problèmes de courant. Après la découverte de ce qui semblait en être la cause, ils ne voulurent pas pousser plus avant leurs investigations car la seule chose à laquelle ils aspiraient à cet instant était d'aller se coucher, harassés qu'ils étaient par le manque de sommeil.

Après leur départ, plus personne ne vint nous perturber, si bien que rien de notable ne se passa jusqu'à l'heure du déjeuner. Nous profitâmes du fait qu'il y ait plusieurs services à la cantine du personnel pour faire un roulement et assurer une présence permanente auprès d'Alpha afin d'éviter les mauvaises surprises. La cantine se trouvait dans la zone d'habitation du centre. Nous devions donc emprunter la navette pour nous y rendre. Pour la première rotation de celle-ci, ce fut à Irina et Vladimir d'aller manger, ce qu'ils firent rapidement. Avant de revenir, Irina eut juste assez de temps pour s'éclipser discrètement et aller jusqu'à son appartement prendre quelques vêtements et une perruque pour Alpha. Vladimir, quant à lui, avait glissé dans ses poches une pomme, une banane et quelques biscuits secs.

Lorsque tous deux furent revenus, Stan et moi leur laissions prendre en charge Alpha qui venait à peine de se réveiller. Avant de sortir pour prendre la navette, je passai rapidement au vestiaire pour enfiler ma blouse blanche. Cela rendait notre alibi plus crédible car bon nombre de nos collègues de tous les laboratoires ne se donnaient pas la peine de se changer pour aller déjeuner. Stan se donna la peine de me faire une réflexion sur le sujet en montant dans la navette car je n'étais pas vraiment coutumier du fait. Je feignis l'étonnement et mis cela sur le compte de l'étourderie.

Après nous être restaurés, nous apportâmes à notre tour quelques collations supplémentaires pour la nouvelle venue. Dès notre retour au laboratoire, nous descendîmes directement à la chambre souterraine et nous y trouvâmes Irina et Vladimir en train d'exercer l'équilibre et la gestuelle d'Alpha, elle pour qui la bipédie et les mouvements corporels en général constituaient une expérience totalement nouvelle. Et elle avait énormément progressé depuis sa sortie du scanner. Évidemment, depuis notre départ pour la cantine, elle avait enfilé les vêtements qu'Irina lui avait apportés. Ils lui seyaient à ravir. Soudain, elle remarqua notre présence et se tourna vers nous.

« Alors ? » dit-elle avec un large sourire. « Qu'en dites-vous, messieurs ?
– Dis, tu veux m'épouser ? » lança Stan sous le charme alors que je restais une fois de plus sans voix.
« T'es vraiment irrécupérable, Stan ! » rétorqua Irina.

La réaction de Stan était peut-être exagérée mais elle voulait tout dire. Alpha était tellement belle que mon cœur avait chaviré une fois de plus. Sa beauté avait littéralement submergé mon esprit au point que je fus incapable de décrocher mon regard de sa silhouette envoutante.

« Et toi, Waldo ? » me demanda-t-elle. « Comment tu me trouves ?
– Hein ? Ha, heu... » bredouillai-je, encore sous le charme de la belle.
« Ça, en langage Schaeffer, ça veut dire que tu lui as tapé dans l'œil ou alors je ne m'y connais pas ! » s'exclama mon acolyte.
« Stan ! » le réprimandai-je alors qu'il avait éclaté de rire.
« Alors ? » reprit Alpha.
« Tu es parfaite. » répondis-je.
« Ha ! Qu'est-ce que je disais ! » renchérit alors Stan.

Les joues d'Alpha s'empourprèrent alors légèrement, ce qui ajoutait encore à son charme ravageur. Ce ne semblait pas être l'impertinence de ce dragueur de Stan mais ma réponse qui lui avait fait plaisir. Plusieurs fois déjà en la voyant, mon cœur avait chaviré ; désormais il avait complètement fondu pour elle. Et Stan l'avait visiblement bien remarqué.

Sans crier gare, une douleur à l'abdomen fit Alpha se tordre de douleur. À en croire les gargouillis qu'émettait son estomac, nous en conclûmes que ce qui la tiraillait n'était autre que la faim. Ainsi vint le moment de sortir de nos poches les quelques victuailles que nous lui avions apporté. Là encore, nous dûmes lui apprendre une chose qui nous semblait pourtant basique et innée : manger. Toutefois, l'apprentissage fut rapide et Alpha dévora tout en un clin d'œil.

Après qu'elle fut repue, notre nouvelle amie se sentit progressivement fatiguée. Irina l'emmena alors jusqu'à la la caisse où nous l'avions dissimulée précédemment. Elle y rentra à nouveau et s'y allongea pour piquer un somme. Quand la belle fut endormie, Vladimir et moi remontâmes dans nos bureaux pour y récupérer quelques documents qui nous avaient été distribués. Ceux-ci détaillaient précisément les nouvelles directives de recherche qui nous étaient imposées.

Le reste de l'après-midi se déroula sans qu'aucun autre fait notable ne survienne. La seule chose que nous fîmes pendant ces quelques heures fut de pester contre Édouard au fur et à mesure que nous découvrions les détails de son projet machiavélique. Nos collègues étaient vraisemblablement absorbés par la lecture de ces aberrations car aucun d'eux n'était descendu nous voir durant tout ce temps.

La chose nous avait tellement accaparés que nous n'avions pas vu l'heure tourner. Lorsque Stan avait levé la tête pour regarder l'unique pendule de la salle, il était déjà grand temps de préparer l'évasion d'Alpha de ce lieu qui, l'air de rien, avait tout d'une prison. Je me chargeais donc d'aller réveiller
la demoiselle. Lorsque mes yeux se posèrent sur elle, la douce beauté de son visage me conquit une fois de plus. J'aurais pu rester là une éternité à la contempler, mais le temps me manque pour cela.

« Alpha, réveille-toi. » lui glissai-je alors au creux de l'oreille.

Lorsqu'elle revint à elle, Alpha ne put se retenir de lâcher un bâillement bien sonore, ce qui ne manqua pas de faire se retourner vers elle mes trois camarades. Elle me regarda alors avec de grands yeux remplis d'interrogations. Elle en était la première surprise.

« Ne t'inquiète pas. » lui dis-je en souriant. « Cela s'appelle un bâillement. C'est un phénomène physiologique tout ce qu'il y a de plus normal. »

Ces quelques mots la rassurèrent instantanément. Elle se leva alors et sortit de l'imposante caisse en bois qui lui avait fait office de lit. Elle avait fait d'énormes progrès depuis l'instant où elle était sortie du scanner. À présent, on ne discernait plus une once de maladresse ni dans sa démarche ni dans sa gestuelle. Elle avait pleinement pris le contrôle de son corps fraîchement acquis.

Le temps pour nous de revoir les derniers détails de notre plan, il était déjà l'heure pour Irina et Vladimir de prendre la première rotation de la navette pour rentrer chez eux. La majeure partie de nos collègues était partie en même temps qu'eux. Après quelques minutes, Stan remonta discrètement dans les bureaux pour s'assurer du faible nombre de retardataires. À vrai dire, ils n'étaient plus que trois, et sachant qu'ils n'avaient pas l'habitude de rester trop tard, ils allaient vraisemblablement emprunter la navette lors de son deuxième passage.

Après une vingtaine de minutes, la navette était déjà de retour, prête à repartir pour la tournée suivante. Stan nous quitta dons, accompagné par les quelques autres derniers occupants du laboratoire. Il ne restait plus qu'Alpha et moi. Nous dûmes encore patienter encore avant de pouvoir partir, nous aussi, et ainsi faire s'évader Alpha de ce triste lieu. Jusque là, personne ne se doutait de ce que nous tramions dans le plus grand secret, et nous n'allions pas nous en plaindre. Mais le moment critique n'était pas encore arrivé et tout pouvait encore basculer.

Quelques minutes avant le dernier passage de la navette, je m'assurai une dernière fois de la bonne tenue vestimentaire d'Alpha. Ce fut rapidement fait car elle était vraiment parfaite. Dès lors, Alpha recouvrit sa chevelure particulière avec la perruque que lui avait prêtée Irina. Je l'aidai à y camoufler les quelques mèches qui en dépassaient et qui auraient pu la trahir. Après une ultime vérification, j'enfilai mon imperméable et abandonnai la demoiselle quelques instants pour guetter l'arrivée de la navette. Alpha devait faire le chemin depuis la grande salle souterraine d'une seule traite pour minimiser les risques qu'elle ne soit vue, au cas où il resterait quelqu'un qui aurait échappé à notre vigilance.

Depuis le couloir, je pus me rendre compte que la nuit était déjà en train de tomber. Cela nous permettrait d'être plus discrets une fois à l'extérieur. Lorsque j'arrivai derrière la porte vitrée de l'entrée, je vis que la navette était déjà arrivée. Nous devions nous dépêcher. Je fis aussitôt demi tour et m'apprêtai à descendre chercher Alpha au pas de course. Mais c'était sans compter sur un événement impondérable.

J'eus à peine le temps de faire quelques pas que j'entendis un cri résonner dans le couloir qui menait à la chambre d'expérimentation. C'était la voix d'Alpha. Elle semblait appeler à l'aide. Je me précipitai donc à sa rescousse. Plus je progressai dans ce long couloir plus il me semblait discerner une autre voix en plus de celle d'Alpha qui était en panique. Lorsque j'arrivai à l'entrée de la salle, je découvris Édouard qui tenait Alpha par le bras et n'avait de cesse de la harceler avec les mêmes questions.

« Qui êtes-vous ? Et que faites-vous ici ? Comment êtes-vous parvenue jusqu'ici ? Répondez ! » aboyait-il inlassablement sur la pauvre jeune fille qui ne savait plus que faire.

Par chance, Édouard me tournait le dos et il ne m'avait pas entendu arriver. Cependant, la vision de la chose provoqua comme un court-circuit dans mon intellect car, sans prendre le moindre temps de réflexion, je saisis l'extincteur qui se trouvait près de l'entrée. C'était le même qui avait servi à berner Édouard un peu plus tôt dans la journée, et cette fois l'utilisation que j'allai en faire se voulait bien plus radicale. En effet, alors même qu'Édouard commençait à se tourner pour partir avec Alpha, je lui assénait un grand coup à la base du crâne à la manière d'un joueur de baseball.

Le son effroyable du choc de la tôle du récipient contre son occiput résonna dans toute la pièce. Le corps d'Édouard retomba lourdement sur le sol, libérant au passage Alpha de son emprise. Il s'était effondré immédiatement après le choc. Les secondes qui suivirent me parurent interminables. Nous le regardions tous deux gésir à nos pieds. Il ne bougeait plus.

« Oh merde ! » laissai-je échapper alors que la panique commençait à s'emparer de moi.
« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » demanda Alpha, stupéfaite par mon geste.
« Je... Je... » bredouillai-je en relevant les yeux vers elle. « Je crois que je l'ai tué ! »

À cet instant, J'eus la curieuse sensation que le temps s'était terriblement accéléré alors que j'étais encore sous le choc du geste que je venais de commettre. Ce n'était pas moi qui avais reçu le coup et pourtant j'étais comme sonné. Je ne savais plus quoi faire. Je ne parvenais plus à réfléchir. J'avais perdu toute ma lucidité. Un silence terrible s'était installé dans la pièce.

« On doit partir ! » dit alors Alpha d'un air déterminé.
« Oui... Oui, tu as raison. » lui répondis-je, encore hébété.
« Dans ce cas, dépêchons-nous. » reprit-elle. « On a une navette à prendre.
– Et on fait quoi du corps d'Édouard ?
– On n'a pas le choix. On doit le laisser là. »

Alors nous nous élançâmes vers la sortie. Une fois dehors, nous pûmes apercevoir au loin les feux arrière de la navette. C'était trop tard. Nous venions de rater la dernière rotation. Le chauffeur avait des horaires très stricts à respecter et il ne nous avait pas attendu. Nous nous retrouvions bloqués ici.

« C'est pas vrai ! » lâchai-je. « Le sort s'acharne vraiment contre nous ! Comment on va faire, maintenant ? »

Alpha, qui voyait le monde extérieur pour la première fois, n(avait pas manqué d'observer les environs malgré la situation inextricable dans laquelle nous nous trouvions.

« Et ça, là-bas, c'est quoi ? » demanda-t-elle en désignant la chose du doigt.
« Oh ! Bien vu ! » lui répondis-je.

C'était la voiture d'Édouard. Cela faisait parti des privilèges liés à sa fonction que de venir jusqu'ici avec son véhicule personnel car il était amené à faire de nombreux déplacements dans le centre pendant ses heures de travail, contrairement à nous qui étions cantonnés à notre laboratoire. Elle allait maintenant nous permettre de nous sortir de ce mauvais pas.

Nous nous approchâmes de la voiture par le coté passager. Les vitres étaient teintées. Je tentai d'ouvrir la portière pour vérifier si le véhicule était fermé. Par chance, ce n'était pas le cas. J'ouvris donc la portière en grand et aidai Alpha à prendre place à bord. Je remarquai au passage qu'Édouard avait laissé les clés sur le contact. Il pensait sûrement que jamais personne ne lui volerait sa voiture, compte tenu de l'endroit. Pour le coup, il avait eu tort.

Je pris alors place au volant. Je démarrai le véhicule et allumai aussitôt les feux. Il faisait maintenant nuit noire. Puis je m'engageai sur la petite route qui menait à la sortie de ce véritable no man's land. Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvâmes devant le poste de contrôle. Un garde en sortit en nous voyant arriver au loin, ce qui fit monter la tension en moi. Je commençais à me poser des questions. Comment devions-nous réagir s'il cherchait à nous contrôler ? Devais-je foncer dans le tas et défoncer la barrière ? Assurément il nous tirait dessus. Et s'il blessait l'un de nous ? Ou pire, si l'un de nous mourait ?

« Cache-toi ! » dis-je à Alpha en lui signifiant de se pencher en avant. « Il ne faut surtout pas qu'ils te voient. »

Lorsque nous arrivâmes à une dizaine de mètres du poste de contrôle, je commençais à ralentir pour ne pas éveiller les soupçons. Et j'eus la surprise de voir la barrière devant moi sans même avoir à m'arrêter ni même subir le moindre contrôle. Niveau sécurité, Vladimir avait raison. Autant pour rentrer dans cette partie du centre, les contrôles étaient draconiens; autant pour en ressortir, les gardes faisaient preuve du laxisme le plus total. Je continuais de rouler au pas et ne pris pas le risque de m'arrêter.

Au passage de la barrière, le garde ne put pas m'identifier à travers les vitres teintées, ce qui ne l'empêcha pourtant pas de me faire un salut de la main et de me laisser passer. Quelques secondes plus tard, je vis dans le rétroviseur la barrière se refermer derrière nous. Je respirai un grand coup. J'étais soulage que cela se soit bien passé.

« C'est bon, Alpha. Tu peux te relever. » dis-je dès que nous fûmes hors de portée des regards.
« C'est bon ? Je suis enfin libre ? » demanda-t-elle alors en se redressant.
« Pas encore tout-à-fait. Mais ce n'est qu'une question de temps. »

Nous nous dirigions vers mon logement de fonction. Je voulais y prendre quelques affaires de première nécessité. Mais lorsque nous arrivâmes au coi du pâté de maison où j'habitais, je remarquai la présence des forces de sécurité du centre. Que faisaient-ils chez moi ? Se pouvait-il qu'une patrouille de sécurité ait déjà retrouvé le corps d'Édouard ? Et comment avaient-ils su que c'était moi le coupable dans cette affaire ? Soudain, l'un des hommes remarqua la voiture et nous monta du doigt à ses collègues qui se précipitèrent aussitôt vers nous. Je n'avais plus le choix. Il était trop tard pour faire machine arrière. Il fallait fuir au plus vite.

Dès lors, j'appuyai à fond sur l'accélérateur et pris la direction de l'unique sortie du centre. Les balles fusaient autour de nous. Au poste de contrôle, je fis voler la barrière en éclats. Par chance, la voiture n'avait pas subi de gros dégâts. Notre cavale venait de commencer sur les chapeaux de roues. Désormais, j'étais un traître aux yeux de la nation et mon arrestation devint une priorité absolue pour les forces de l'ordre.

Désormais, une nouvelle vie commençait pour moi. Une vie qui s'annonçait rude et mouvementée, entre les planques malfamées et la traque incessante qui me serait livrée. Une vie de fugitif, en somme. Mais à cet instant précis, je n'avais encore aucune idée d'à quel point l'ange délicat qui se tenait à côté de moi parviendrait à l'adoucir.

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Alors ? Qu'en pensez-vous ? Vous vous attendiez à ça ? Est-ce à la hauteur de vos espérances ?
Une pensée/prière pour ce pauvre Édouard qui s'est fait "sonner les cloches" un peu brutalement ? Non ?! Aucune ?! Non mais franchement... En fait, si, il l'a bien mérité !

Comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ! Je suis ouvert à la critique tant qu'elle est constructive (c'est à dire argumentée un minimum).
J'aime bien aussi quand on me laisse des com's plus courts et moins construits, tant que ce ne sont pas des flopées d'insultes...

Maintenant, je m'attèle au chapitre 16 qui devrait démarrer sur les chapeaux de roux chapeaux de roues !

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Lyokophile à vie

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Message 18 Jan 2017, 20:30

Bonjour/Bonsoir à tous !

Vous en avez rêvé, le voici enfin : le chapitre 16 !
Ça m'a pris un peu (beaucoup) de temps, mais ça a fini par prendre forme.
Le manque d'inspiration m'a sérieusement posé problème pour l'entame de ce chapitre alors que le plan était près depuis belle lurette...
Et comme promis, après l'interlude du chapitre 15, ça redémarre sur les chapeaux de roux roues ! Peut-être même y trouverez-vous des choses terribles , qui sait ? Gniark gniark gniark

Je n'en dis pas plus. Bonne lecture !

PS : s'il vous vient à l'idée de relire le chapitre précédent, vous remarquerez que j'ai changé le titre ainsi que le tout dernier paragraphe de celui-ci.

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chapitre 16 : L'incertitude de l'instant présent

Dans une petite rue non loin de l'usine, une bande d'adolescents avançait d'un pas décidé. Encore une dizaine de mètres à parcourir et ils arriveraient sur le grand boulevard qui longe le fleuve. De là, il ne leur resterait plus qu'une grosse centaine de mètres à faire pour atteindre le pont qui mène au vieux bâtiment délabré.

Il était déjà dix-huit heures passées. Les cinq adolescents avaient fait un petit détour à l'initiative d'Aelita qui avait voulu prendre un en-cas pour son père qui n'avait pas pris de repas depuis fort longtemps. Et Odd la disputait à cause de cela.

« S'il te plaît ! » dit-il, en prenant un air qui implorait la compassion.
« Nan. » répondit la demoiselle d'un ton ferme.
« Allez !
– J'ai dit non.
– Juste un petit bout !
– Quand c'est non, c'est non.
– Allez ! Rien qu'une petite miette !
– T'es sourd ou quoi ? J'ai dit non !
– Mais je meurs de faim, moi !
– Alors ça, ça m'étonnerait, vu comment tu t'es encore goinfré du cassoulet de Rosa ce midi !
– Ouais mais le cassoulet de Rosa, c'est pas pareil !
– Ben voyons... Va dire ça à mon père ! Il n'a rien mangé ce midi, je te signale ! Pas comme toi ! Et pourtant il ne s'en est pas plaint une seule seconde, lui !
– Justement ! Au point où il en est, il n'est plus à un jour près ! » rétorqua le blondinet sur un ton boudeur alors que la bande venait de tourner au coin de la rue.
« Oh ! » lâcha Aelita, choquée par les propos que venait de tenir le sans-gêne. « Franchement, pour un maigrichon, t'es sacrément gonflé ! »

Aelita, qui s'attendait alors à l'habituel couplet d'Odd sur sa sveltesse, n'eut pour seule réponse qu'un étrange silence. Elle se retourna donc vers Odd pour chercher à comprendre son intrigante absence de réaction. Elle découvrit alors les quatre garçons immobiles à quelques pas derrière elle, les yeux rivés en direction de l'usine. Ne comprenant pas ce soudain changement d'attitude, Aelita se tourna de nouveau pour voir ce qui avait capté leur attention au point d'en rester figé sur place.

Dès lors, elle aperçut au loin un groupe de quatre hommes en noir marchant sur le pont menant à l'usine. Ils venaient tout juste d'en sortir. Ils escortaient un cinquième homme sous bonne garde vers une grosse berline noire aux vitres teintées, garée à l'autre extrémité du pont. Cet homme, c'était Franz. À peine délivré de son enfer numérique qu'il venait de se faire prendre par ceux qui l'y avaient précipité. Le sang de la jeune fille se glaça à cette vision.

« Oh non... » laissa-t-elle échapper, stupéfaite. « C'est pas vrai ! Pas ça ! »

Sans même réfléchir une seule seconde, elle s'élança vers l'usine pour tenter de porter secours à son père.

« PAPA ! » s'écria-t-elle en s'élançant vers lui.
« Tais-toi ! » lui intima Ulrich en bondissant sur elle alors qu'elle venait de faire quelques pas.

En une fraction de seconde, ils se retrouvèrent tous deux affalés sur le macadam. Dans son élan, Ulrich avait plaqué sa main contre la bouche de son amie pour lui étouffer la voix. Après quelques secondes, le jeune homme redressa la tête pour regarder autour de lui. Il constata avec soulagement qu'ils étaient hors de la vue des hommes en noir, camouflés par la rangée de voitures garées le long du trottoir. Il retira sa main de la bouche d'Aelita.

« Non mais ça va pas, la tête ?! Qu'est-ce qui t'a pris ? » s'enquit alors la demoiselle.
« Moins fort ! » lui retourna le jeune homme en remettant sa main contre la bouche de la jeune fille. « Sinon on va se faire repérer. »

Ulrich se releva lentement pour regarder discrètement à travers les carreaux des voitures ce qui se passait sur le pont.

« Surtout, reste où tu es et ne fais pas de bruit. » dit-il tout en restant immobile pour ne pas se faire remarquer. « Y en a un qui a dû nous repérer. »

En effet, sur le pont, le petit groupe s'était arrêté sous l'impulsion d'un des hommes en noir qui regardait dans la direction des Lyoko-guerriers.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » lui demanda un de ses collègues, intrigué.
« J'ai cru entendre quelqu'un crier. » répondit-il en jetant un œil insistant sur les quelques pavillons d'où semblaient provenir les éclats de voix.
« C'est sûrement des gosses qui jouent dans un jardin.
– Ouais, t'as sans doute raison. » fit-il après quelques secondes, ne remarquant rien de particulier. « Je crois que je deviens parano.
– C'est le métier qui veut ça. »

Puis les hommes en noir se remirent en marche avec leur prisonnier.

« C'est bon, on n'est pas grillés. » souffla Ulrich en se raccroupissant.
« Peut-être mais mon père est en danger. » reprit Aelita. « On doit aller l'aider.
– Écoute, c'est pas en se jetant dans la gueule du loup sans réfléchir qu'on va l'aider.
– Pourtant on doit les arrêter !
– Je sais bien. Mais le problème, c'est que c'est pas cinq gringalets comme nous qui auront le dessus sur quatre malabars comme eux.
– On ne peut quand même pas l'abandonner comme ça !
« T'inquiète pas, il est hors de question de l'abandonner. Mais pour ça, il faut d'abord un plan d'attaque sinon ça ne servira à rien. » déclara Ulrich, l'air décidé.
« Hé ! Psst ! Par ici ! » entendirent-ils derrière eux.

C'était Odd qui les appelait discrètement depuis le coin de la rue, accroupi au pied du mur. Aelita et Ulrich se déplacèrent alors à quatre pattes en direction de leur ami pour rejoindre le reste de la bande. Dès qu'ils furent hors de portée de vue des hommes en noir, les deux adolescents se relevèrent avec l'aide de leurs camarades.

« Ça va ? » s'enquit Odd. « Rien de cassé ?
– Non, rien de grave. » répondit Ulrich en inspectant les quelques points de douleur liés aux contusions que son plongeon sur son amie avait occasionné. « Juste quelques petits bleus.
– Et une belle frayeur en prime. » ajouta la demoiselle aux cheveux roses qui époussetait ses vêtements.
« Bon, et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? » demanda William alors qu'il scrutait discrètement ce qui se passait sur le pont depuis l'angle de la rue.
« On est beaucoup moins forts qu'eux. » déclara Odd. « Mais on est plus nombreux. Ça devrait jouer en notre faveur.
– Peut-être, mais on n'est pas armés, contrairement à eux. » objecta Ulrich.
« Oups ! J'avais oublié ce petit détail...
– Qu'est-ce qu'on peut faire alors ? » interrogea Aelita, dont l'inquiétude grandissante se faisait de plus en plus palpable.
« Il va falloir se dépêcher de trouver un plan. » intervint William, toujours aux aguets. « Ils montent en voiture.
– Oh ! Je sais ! » fit Odd, en pointant son index droit vers le ciel. « On n'a qu'à faire un retour vers le passé !
– Bonne idée, mais ils ne sont pas idiots. » objecta à nouveau Ulrich. « Ils ont sûrement dû éteindre le supercalculateur.
– C'est pas un problème. » retourna Odd. « Il suffit de le redémarrer. Pas vrai, Einstein ?
– Exact. » acquiesça Jérémie. « C'est l'affaire de quelques minutes, tout au plus.
– Et si jamais ils l'ont endommagé, comment on fait ? » reprit Ulrich.
« Bah c'est facile ! On n'a qu'à le réparer ! » rétorqua le blondinet à mèche violette, sourire aux lèvres.
– Désolé, Odd, mais dans ce cas-là, ça ne sera pas aussi simple. » répondit Jérémie.
« Et puis, surtout, ça va prendre beaucoup plus de temps qu'un simple redémarrage. » compléta Aelita.
« Oh là là ! » lâcha Odd. « Ce que vous pouvez être pessimistes quand vous vous y mettez !
– Il y a urgence, là ! » lança alors William. « Ils sont en train de mettre les voiles. »

Les autres Lyoko-guerriers, pris de court, se regardèrent quelques instants, incrédules.

« Ils viennent par ici ! » ajouta William alors que la grosse berline s'approchait d'eux à toute vitesse. « Magnez-vous ! C'est maintenant ou jamais ! »

Aelita se rapprocha rapidement de lui pour jeter un œil à la situation. Et alors que la voiture n'était déjà plus qu'à une vingtaine de mètres d'eux, la jeune fille choisit cet instant pour surgir du coin de la rue en un éclair en s'écriant :

« C'est maintenant ! »

Elle bondit alors sur la chaussée pour se placer en plein dans la trajectoire du véhicule, sous les yeux effarés de ses camarades.

« Aelita ! Non ! » hurla Jérémie alors que la jeune fille venait de déployer ses bras en croix comme pour intimer l'ordre au conducteur de s'arrêter sur le champ.

Les pneus de la grosse berline crissèrent sur l'asphalte. Malgré cela, la voiture, lourde de ses cinq passagers et lancée à vive allure, poursuivit inéluctablement sa course vers la demoiselle impuissante qui venait de fermer les yeux pour ne pas voir le bolide lui arriver dessus. Dans la voiture, tous redoutaient le pire.

« Freine, nom de dieu ! Mais freine donc ! » beugla le passager avant, pris de panique.
« Mais j'fais que ça ! » lui retourna le conducteur, désemparé.

Dans une pulsion irréfléchie, Ulrich bondit une nouvelle fois vers son amie pour essayer d'éviter le drame. Mais très vite, il réalisa que cette tentative déraisonnée était vouée à l'échec car la voiture n'était déjà plus qu'à une trentaine de centimètres d'eux. À peine eut-il le temps de s'en rendre compte qu'il fut aveuglé par une intense lumière blanche qui lui fit fermer les yeux. Pris d'un léger vertige, il se sentit alors comme enveloppé par une douce chaleur et bercé par une étrange mélopée. Cette curieuse étrange sensation dura une seconde à peine. Puis plus rien. Silence complet. Le noir total.

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Voilà, c'est tout pour cette fois. La suite arrivera bientôt.

Comme d'hab', laissez un comm' pour dire ce que vous en avez pensé, ce que vous avez aimé ou pas, ainsi que vos éventuelles hypothèses sur les divers événements et le devenir des personnages.

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Lyokophile à vie

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Message 05 Fév 2017, 23:21

Salut à toi, ô fidèle lecteur anonyme !

Voici la suite (mais pas la fin) de ce chapitre 16. Et je te préviens : ça va dépoter grave ! Alors, par ce temps hivernal, mets bien ton ciré et accroche-toi bien à ton clavier !

Bonne lecture.

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Un brouhaha informe le fit revenir à lui. Parmi tous ces bruits, il en distingua un en particulier. Un bruit de pas. Des centaines de pas. Des milliers, peut-être. Tout autour de lui.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il constata avec étonnement qu'il se tenait debout, parfaitement immobile au milieu d'une foule qui ne l'était pas le moins du monde. Autour de lui, les gens s'entrecroisaient dans tous les sens, comme pris dans un ballet incessant de va-et-vient désordonnés et pourtant très fluide, paraissant presque chorégraphié. Il leva les yeux au-dessus de la masse de passants et regarda autour de lui.

« Où suis-je ? Qu'est-ce qui s'est passé ? » se demanda-t-il, abasourdi par ce qui venait de se produire, avant que ne lui revienne en mémoire ce qui s'était passé précédemment. « Alors c'est ça, le paradis ? Ça veut dire que... Je suis... Mort ? »

Les immeubles autour de lui étaient disposés aux quatre coins d'un immense carré au centre duquel il se trouvait. L'une des larges perspectives entre deux des monolithes immobiliers laissait entrevoir le ciel rougeoyant à l'horizon. La nuit venait à peine de tomber et pourtant on y voyait presque comme en plein jour. Sur les façades des immeubles, des écrans publicitaires surplombaient les passants et assenaient à qui voulait bien les voir leurs suppliques consuméristes à grands coups de couleurs clinquantes ainsi que de sons et de musiques divers et variés. Ulrich ne parvenait pas à les déchiffrer, et cela ne faisait que rajouter à son désarroi.

« Faut pas rester planté là, mon p'tit gars. » dit alors un passant qui venait d'éviter Ulrich de justesse tandis ce dernier venait de se rendre compte qu'il se trouvait au beau milieu d'un gigantesque carrefour.
« Heu... Oui. » répondit-il penaudement.

Ulrich scruta encore un instant les environs puis se mit en marche sans savoir vraiment où il allait. Soudain, à quelques mètres devant lui, une silhouette se distingua clairement des autres dans la foule. Et cette silhouette, il l'aurait reconnue entre mille. C'était elle, il en état sûr.

« Yumi ! » s'exclama-t-il en pressant le pas pour tenter de la rattraper. « Hé, Yumi ! Attends-moi ! Yumi ! »

Mais la belle nipponne semblait ne pas l'avoir entendu et poursuivit imperturbablement son chemin sans même tourner la tête. Après quelques interminables secondes pendant lesquelles Ulrich avait tenté de la rattraper en se faufilant entre les gens qui les séparaient, la jeune fille disparut aussi vite qu'elle était apparue, emportée dans le flot des passants. Ulrich ne baissa pas les bras pour autant et redoubla d'efforts pour la rattraper. Lorsqu'il atteignit enfin le trottoir, la foule se dispersa rapidement, presque comme par enchantement. Puis la circulation automobile reprit, ajoutant encore au brouhaha ambiant. Et plus une trace de sa bien-aimée.

Ulrich fut alors submergé par le désespoir et la solitude. À peine venait-il de retrouver l'élue de son cœur que sa silhouette s'évanouissait à nouveau sans qu'il puisse rien y faire. Dans un lieu qui lui était totalement inconnu, qui plus est. Le sort semblait s'acharner contre lui malgré tous ses efforts. Qu'avait-il donc bien pu faire pour mériter un tel châtiment ? Et alors qu'il allait se résigner à son triste sort, le phénomène qui l'avait conduit ici se reproduisit. La même lumière blanche intense qui lui avait fait fermer les yeux tant elle lui était insupportable. La même sensation de vertige. La même sensation de chaleur douce et enveloppante. Le tout marqué cette fois par un silence absolu et déroutant qui fut cette fois interrompu par le bruit du vent dans les quelques feuillages alentours. Il rouvrit aussitôt les yeux.

Désormais, le ciel était d'encre mais parfaitement dégagé. La voûte céleste n'en était que plus belle. Ulrich se trouvait à présent sur une espèce de belvédère aménagé dans un virage très marqué de ce qui lui semblait être une route serpentant sur le flanc d'une montagne. À travers l'obscurité, il avait grand peine à deviner le paysage qui l'entourait. Autour de lui, pas grand chose hormis le parapet, un vieux lampadaire esseulé qui éclairait faiblement les lieux de sa lumière oscillante, et le banc sur lequel il était assis. Il se leva pour s'approcher du parapet jeta un œil à la vue qui s'offrait à lui à la lueur du fin croissant de lune qui surplombait la montagne en face.

« Bon sang, mais où est-ce que j'ai encore atterri ? » pensa-t-il, désappointé.

Au loin, une petite ville semblait briller de mille feux dans la vallée en contrebas. Et hormis les lumières de quelques rares maisons isolées, c'était tout ce qu'il pouvait voir du paysage. Il était au beau milieu de nulle part et l'endroit ne présentait aucune indication susceptible de l'aider à se localiser.

Un bruit de gravillons foulés au pied se fit entendre assez loin derrière lui. Il n'était pas seul en ce lieu isolé. Il se retourna et eut quelques difficultés à distinguer la silhouette qui avançait vers lui dans le noir, sur le bas-côté de la route. Elle était encore à une cinquantaine de mètres de lui. Cette rencontre était une occasion en or pour obtenir quelques renseignements. Mais la silhouette était encore bien trop loin pour qu'il puisse aller l'aborder dans l'obscurité sans l'apeurer. Et puis rien ne lui disait que cette personne était forcément bienveillante. Il décida donc d'attendre qu'elle arrive dans la lumière pour décider de l'attitude à adopter. Pour patienter un peu, il se retourna vers ce étonnant panorama nocturne qui lui était totalement inconnu.

Après quelques secondes, il aperçut dans le ciel des lumières rouges et blanches clignotantes qui se déplaçaient de concert. Ulrich les suivit des yeux quelques instants avant que celles-ci ne disparaissent derrière la montagne. C'était un avion, et selon toute vraisemblance, sa trajectoire indiquait la présence d'un aéroport dans la vallée voisine. Ulrich en fut presque soulagé. Peut-être n'était-il pas aussi perdu et isolé qu'il le pensait.

Derrière lui, les bruits de pas sur les gravillons étaient bien plus proches que tout à l'heure. Ulrich se retourna donc et vit une silhouette féminine se dessiner dans la pénombre à mesure qu'elle s'approchait du pinceau de lumière jaunâtre du lampadaire. Elle s'arrêta soudainement en le remarquant. Elle était encore trop loin pour qu'il puisse en distinguer son visage.

« U... Ulrich ? C'est... C'est toi ? » fit-elle timidement.

Un frisson parcourut l'échine du jeune homme en entendant sa voix. Comment était-ce possible ? Par quel miracle ? Par quel étrange coup du sort cela se pouvait-il ? La jeune fille avança d'un pas qui la fit entrer pleinement dans la lumière, laissant ainsi découvrir son doux visage au jeune homme. C'était bien elle. Juste là, devant lui. À quelques mètres à peine. Les deux adolescents, incrédules, en restèrent immobiles quelques secondes sous le coup de l'émotion de ces retrouvailles impromptues.

Ulrich fit alors un pas en avant, ce qui fit Yumi se précipiter vers lui pour se jeter à son coup et l'enlacer tendrement. Ulrich l'étreignit à son tour. Chacun pouvait sentir les palpitations du cœur de l'autre à travers sa poitrine. Yumi reposa délicatement sa tête sur l'épaule du jeune homme en fermant les yeux.

« Tu m'as tellement manqué. » lui murmura-t-elle tandis qu'elle tentait de retenir tant bien que mal les quelques larmes qu'elle avait senti poindre.
« Toi aussi. » lui glissa-t-il en retour au creux de l'oreille, en basculant légèrement la tête pour la coller doucement contre celle de sa dulcinée.
« Je... J'ai... J'ai cru mourir un peu plus chaque jour, sans toi. » susurra-t-elle alors qu'elle avait laissé échapper une larme.

Le cœur d'Ulrich se serra. C'était ça. Exactement ça. Ce terrible sentiment qui n'avait eu de cesse de grandir en lui jour après jour depuis le jour où sa douce lui avait été enlevée. Et en une courte phrase, elle était parvenue à l'exprimer parfaitement. Le son de sa voix, les battements de son cœur, sa douce étreinte, son parfum exquis et délicat : tout faisait qu'il voulait que ce moment dure éternellement, ce qui lui fit serrer sa belle un peu plus fort contre lui. Au même instant, Yumi releva la tête pour le regarder, se rendant compte qu'elle n'avait jamais été aussi démonstrative avec lui. La gêne qui montait en elle lui fit rougir légèrement les joues. Mais leurs regards qui se perdaient tendrement l'un dans l'autre lui firent oublier ce sentiment.

Du coin de l'œil, Ulrich aperçut les phares d'une voiture qui montait la côte par laquelle Yumi était arrivée. Malgré l'éblouissement qui lui était infligé, Ulrich ne détourna pas le regard de sa dulcinée pour autant, quand bien même la sensation lui était fortement désagréable. Mais au diable les détails car déjà leurs visages se rapprochaient lentement. Leurs paupières se plissèrent légèrement avant de se fermer complètement. Puis leurs lèvres entrèrent délicatement en contact.

Les deux adolescents s'embrassèrent tendrement. Pendant ce délicieux baiser, Ulrich posa délicatement sa main dans le cou de la jeune fille, au niveau de l'oreille. Yumi en frissonna légèrement. Au loin, les phares de la voiture se voulaient plus éblouissants que jamais mais Ulrich n'en avait plus que faire. Le jeune homme sentit alors une douce chaleur l'envahir tandis que ses sentiments paraissaient l'étourdir quelque peu. Était-ce donc cela que l'on appelait le vertige de l'amour ? Il sentit alors s'introduire brusquement dans sa bouche une langue râpeuse qui se mit à tournoyer rapidement, ce qui lui fit l'effet d'un paillasson dans le tambour d'une machine à laver en mode essorage. Rien à voir avec la tendresse des premiers instants.

Ulrich, dégoûté par cette désagréable surprise, en fut presque pris d'un malaise. Il fit un bon en arrière pour mettre fin à leur étreinte et, lorsqu'il rouvrit les yeux, il constata avec effroi qu' il faisait à nouveau jour. À son grand dam, il avait encore changé de lieu. Et pour couronner le tout, sa partenaire avait changé.

« Mais... ? » fit-il, sidéré, en reconnaissant les lieux.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

Alors ? Verdict ?
C'était bien ? Nul à ch... ? Ou autre chose ?

Une chose est sûre : c'était tout sauf prévisible ! Et j'espère que vous aurez été agréablement surpris.
(Sinon ça voudra dire que mon effet est complètement raté... :cry: Et je me serais pris la tête pour rien re- :cry:)

En tout cas j'ose espérer que vous aimez toujours autant cette fic (ou du moins cette nouvelle version).

@+.
MES NOUVELLES FIC : Code Lyoko M.d.R. (Humour, quand tu nous tiens!) et Du cœur à l'ouvrage (Oh! Comme c'est mignon!)

VIENDEZ VOIR MES AUTRES FIC!!! Protocole Carthage (version 2), Je ne t'attends plus (terminée) et Sacré Jimbo! (one shot).

Non, je ne m'appelle pas Ann!!! Appelez-moi Vince. (Hé oui! Je suis un mec!!!)
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Futur Lyokofan

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Message 11 Fév 2017, 00:23

J'ai bien fait de me perdre dans les méandres de mes marque-pages moi !
Je ne m'attendais pas à voir autant de revenants d'un coup !
Quoi qu'il en soit, je suis ravie de constater que tu n'as pas laissé ce projet sur la touche, comme je le supputais jusqu'alors. (Honte à moi, évidemment.)
Bien, passons au plus important, le texte !

Tout d'abord, et parce que même avec le temps je n'ai pas changé là-dessus, une petite coquille a, malencontreusement, cassé mon immersion dans la dernière partie de ton chapitre 16 :
pour se jeter à son coup


Voilà, je suis toujours aussi chiante o/
Sinon, je n'ai pas pris la peine de relever (surtout que j'étais sur mobile) mais je me souviens qu'au cours ma lecture j'ai, par endroit, constaté des oublis de mots et, à d'autres, des mots en trop. Aussi j'en viens à te conseiller de relire tes chapitres avant de les poster. (Évidemment je sais que ce n'est pas toujours possible par manque de temps et tout ça, mais bon je le dis quand même puisque les erreurs que j'ai remarqué sont loin d'être bien cachées xD)

Bien. Ceci mis à part, concentrons-nous sur l'histoire.
Comme je l'ai dit, il y a longtemps certes, j'ai lu la version précédente de ta fiction. Ainsi, j'ai quelques souvenirs (je parle ici des détails car je me souviens très bien de la trame principale, malgré le temps qui s'est écoulé depuis) de l'ancienne version qui me reviennent au fur et à mesure de l'avancement de celle-là.
Aussi, j'avoue avoir été surprise par le chapitre 16. Je ne m'y attendais pas. Et en même temps je l'espérais. Car sinon où serait l'intérêt d'une telle réécriture ?
Quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup aimé ce dernier chapitre. (Je vais plus parler de la dernière partie, c'est ce que j'ai de plus frais en mémoire, j'avoue ^^)
Tu as toujours le chic pour nous faire ressentir les sentiments des personnages. Ici, de part les changements d'endroits d'Ulrich et ta façon de les amener sans que l'on ne s'y attende, on ressent très bien le côté perdu du personnage.
Et puis, nous aussi on est perdus ! Qu'est-ce qu'il lui arrive à notre Ulrich ?
J'avoue être assez curieuse quant à l'explication que tu vas nous fournir.
J'ai, bien évidemment, songé à un rêve, mais je trouve cela trop évident. D'après moi, tu nous as pondu quelque chose de plus original, voire farfelu.
J'attends donc, impatiemment, la suite.

Ah, un autre truc me revient. Les passages au Japon. Il ne me semble pas, à l'époque de l'ancienne version, qu'il y en ait eu beaucoup (enfin, pour être honnête j'ai pas souvenir qu'il y en ait eu du tout, donc bon xD), mais le fait est que je n'avais pas eu l'impression que Yumi s'adaptait aussi bien à sa "nouvelle" vie, à l'inverse de ce que je perçois ici. D'ailleurs, le fait que tu aies ajouté la présence, dans la "vie" de Yumi au Japon, d'un garçon pour qui elle éprouve une certaine attirance, rend compte d'un certain réalisme appréciable, voire nécessaire, étant donné que l'histoire, de base, reste une S.F.

Ne trouvant rien à ajouter sur l'instant, et la fatigue me gagnant, je vais m'arrêter ici.
Encore du courage pour toi, avec une bonne dose d'inspi', et j'attends la suite ! o/

Post Scriptum :
  • Contrairement à ce que je pouvais en penser à l'époque, le résumé que tu as fait des chapitres 1 à 14 m'a été très utile pour éviter de tout relire depuis le début [J'avoue que je n'aurais peut-être pas pris la peine de le faire, autrement, par manque de temps. (Eh oui ! Y a beaucoup choses qui ne changent pas xD) ]
  • Je suis étonnée d'être la première à commenter. Ta fiction est l'une des meilleures encore en cours sur ce forum, je m'attendais à ce que quelqu'un commente rapidement. (C'est moins marrant dans ce contexte, mais la parenthèse du point précédent s'applique aussi ici.)
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