par Lymnia » 23 Avr 2015, 00:05
Bonsoir tout le monde. Je passe en coup de vent... et toujours en retard. Mon stage s'avère plus fatiguant et plus prenant que je ne l'aurais imaginé alors j'ai moins de temps pour moi. Mon dernier chapitre était fini depuis quelques temps, encore fallait-il pour que je le poste qu'il soit retapé à à l'ordinateur et relu. J'ai fini ce soir alors je vous poste tout cela. J'ai décidé de remettre tout le chapitre 82 pour ainsi ne pas le laisser émietter en plusieurs morceaux sur différents posts.
Petites réponses aux messages que l'on m'a envoyé:
-mimi916 : je réponds (enfin) à tes attentes.^^
-mamadou : Merci pour le "sachant", je ne m'étais jamais rendu compte que je faisais cette faute en fait, pour moi, ça ne sonnait pas naturellement à l'oral. Pour ce qui est d'Einstein, je ne sais pas si "prendre du poil de la bête" est vraiment l'expression adapté, mais je comprends de quoi tu veux parler. J'ai voulu montrer que notre petit génie a évolué, tout comme les autres, suite à leurs mésaventures. Quand à tous tes conseils, j'en prends bien compte (et parmi eux, j'en ai déjà beaucoup utilisé par le passé : mon projet de saga, un club d'écriture/ correspondance) mais il faut savoir que je suis à une période de ma vie de transition. Je finis mes études et je ne sais pas où et ce que je ferais l'année prochaine. Trouver du temps, des activités, des personnes avec qui je pourrais échanger sur ma passion de l'écriture n'est pas si facile. En fait, c'est vous lecteurs du forum qui êtes devenu une sorte de successeurs aux personnes avec qui j'échange parfois sur le sujet. Oh, et pas de problème mamadou pour les faites d'orthographe, quand je ne suis pas très réveillée, je suis aussi capable d'écrire de belles bêtises.
- Bookine : Une nouvelle, bienvenue parmi nous! Pour la durée pour laquelle tu as pris le temps de tout relire, cela ne m'étonne pas, tu viens de lire approximativement de lire 620 pages openoffice. Moi aussi j'avais essayé de faire ça une fois il y a déjà un certain temps et j'avais déjà eu du mal. Pour ce qui est du personnage d'Héléna, merci pour tous tes compliments, ils me vont droit au coeur, ça fait plaisir. Moi aussi j'appréhendais au début le fait d'intégrer un nouveau personnage à l'histoire, j'avais lu certains écrits auparavant où les auteurs s'étaient cassés les dents dessus. Mais je me suis rendue compte que l'important était qu'un nouveau personnage devait apporter de la nouveauté à la base, tout en s'incorporant dans celle-ci. C'est ce que je suis arrivée à faire, enfin, d'après ce que les lecteurs me disent. Quant au réalisme, merci encore, je m'efforce toujours de décrire des faits proches du réel car pour moi, c'est aussi ça qui fait la force de l'histoire et qui fait accroche l'attention du lectorat (merci les cours de littérature!) Au fait, joli pseudo Bookine!
Chapitre 82: A travers la glace...
Vingt-cinq minutes plus tard, territoire de la Banquise, dans la cavité où se trouvait Ulrich. Le samouraï reprenait doucement connaissance . Quand il eut de nouveau tous ses esprits, il mit tout de même quelques instants à se souvenir des derniers événements. Et toute la glace qui l'entourait ne lui fut pas d'une grande aide, mais plutôt quelque chose qui le déconcertait encore plus. Son premier réflexe après l'observation de son environnement fut de chercher du regard sa chère et tendre. Mais à son grand désespoir, il ne trouva pas Yumi, du moins dans l'espace qu'il pouvait directement voir. Jusqu'alors allongé sur le sol glacé de la Banquise, il se remit debout et partit par la seule sortie que comportait la cavité dans laquelle il se trouvait. Et ce fut pour s'engager dans un des nombreux couloirs creusés dans la glace.
Finalement, voyait qu'il n'arriverait pas seul à retrouver son âme sœur et qu'en plus il se perdait dans l'enchevêtrement des couloirs, Ulrich contacta le laboratoire. Enfin, il essaya puisque qu'il ne reçut aucune réponse à part des grésillements. C'est alors qu'il comprit qu'il était vraiment dans la galère : il était seul, ignorait où était sa belle et comment elle allait. La cerise sur le gâteau était qu'il ne parvenait pas à entrer en contact avec les deux surdoués de la bande. Le mauvais sort continuait à s'abattre sur eux...
***
Une demi-heure plus tard, ce fut au tour de Yumi d'émerger enfin d'un coma qui avait failli lui être fatal. Elle aussi prit plusieurs minutes avant de reconstituer le puzzle des derniers événements, ce qui eut pour conséquence de l'angoisser encore plus. Ses plus récents souvenirs remontaient à la découverte de la disparition progressive du territoire de la Banquise et à la course pour la survie qu'elle avait entamée avec Ulrich. Elle se rappelait aussi s'être fait harpée par le vide, lorsque la glace avait disparu sous ses pieds. Elle était alors tombée, seule. Ulrich, qui avait alors un peu d'avance sur elle, n'avait chuté à son tour que quelques instants plus tard.
Se retrouver encerclée de parois de glace ne rassura pas la jeune japonaise, bien au contraire. Elle ignorait comment elle était arrivée là et la solitude ne tarda pas à se faire sentir. Car, tout comme l'avait fait Ulrich, la première chose à laquelle elle pensa fut de chercher du regard son âme sœur. Et comme celui-ci, elle ne trouva personne dans son environnement proche. Son second réflexe fut d'essayer de contacter ses amis au laboratoire. Mais une fois de plus ses espoirs s'évaporèrent quand elle comprit qu'elle ne recevrait aucune réponse car la communication avec le monde réel ne fonctionnait plus. Sachant que son seul salut viendrait d'elle, elle décida de continuer son chemin et de ne pas rester au même endroit à se morfondre de son sort. Yumi s'engagea donc à son tour dans les méandres des couloirs creusés dans la glace....
***
Milieu de l'après-midi, premier sous-sol de l'usine. Les quatre membres de la bande restés sur Terre étaient de nouveau réunis au laboratoire, Odd ayant remonté Héléna qui était alors toujours endormie. Tandis que les deux génies en herbe essayaient de rétablir la communication avec leurs amis virtualisés, Odd et Héléna étaient dans le coin aménagé avec les matelas. Le jeune homme s'était mis à dessiner sur son carnet de croquis mais, bienveillant, surveillait d'un œil son ancienne correspondante. Il s'était promis d'être là et il tenait à honorer cette promesse.
Le calme régnait alors dans la salle malgré tous les soucis qui assaillaient les lyokoguerriers. Mais ils préféraient ce calme à l'agitation qui signifiait l'existence de nouveaux problèmes à gérer. Cela faisait maintenant trois-quart d'heure que les Petits Einsteins travaillaient pour trouver une solution à leur souci de communication et leurs nerfs commençaient à être mis à rude épreuve.
J (lâchant un soupir de frustration en se laissant tomber sur le dossier du fauteuil) : Je ne vois vraiment pas ce qui ne marche pas ! (tournant son regard vers Aelita) C'est vrai quoi, qu'est-ce qu'il cloche vraiment ?! On a déjà tout vérifié... trois fois !
A : Calme-toi Jérémie, cela ne sert à rien de s'énerver... On va finir par trouver ce qui rend impossible tout échange avec Lyoko.
J (son moral remontant un peu) : Tu as raison, il ne faut pas baisser les bras maintenant. Sinon on abandonne Yumi et Ulrich à leur sort, et ça il en est hors de question !
A (lui adressant un regard tendre) : D'accord, on y retourne alors.
Dix minutes plus tard, la situation n'était pas plus avancée qu'auparavant. Leurs recherches étaient toujours improductives et le moral n'y était plus, même si les deux Einsteins s'échangeaient souvent des petits regards pour se donner de l'espoir. Aelita termina par laisser son esprit divaguer à la vue des lignes de chiffres innombrables que l'ordinateur portable de Jérémie affichait. Son regard finit par se poser sur sa colocataire et son faux cousin. Elle surprit alors Odd en train de remettre correctement une couverture sur Héléna pour que celle-ci ait bien chaud. La fille de Franz Hopper eut alors un sourire en surprenant ce geste tendre. Depuis l'arrivée imprévue de leur amie rousse à l'usine, elle avait bien vu que l'attitude d'Odd avait changé. Il faisait beaucoup plus attention à ce qui pouvait arriver aux autres, et en particulier à Héléna.
La jeune DJ avait d'abord accordé ce changement au fait qu'Héléna n'était plus à l'abri par rapport au secret de Lyoko, mais elle commençait à se poser des questions sur la qualification de la relation qui liait ses deux meilleurs amis. Elle avait toujours su que sa colocataire était amoureuse du blond et l'avait mise en garde à cause du passé de Don Juan de celui-ci. Sauf qu'elle se demandait alors si elle n'avait pas fait une erreur. Après tout, Odd s'était promis de changer d'attitude par rapport à la gente féminine et en particulier envers la prochaine fille avait qui il voudrait sortir. Aelita devait reconnaître de plus que ses deux amis s'entendaient à merveille dès leur rencontre. Aelita sourit en repensant à ses dernières pensées. Cela lui ferait plaisir que Odd et Héléna soient en couple car elle savait que sa colocataire en serait plus que ravie. Seulement, cette idée de les savoir ensemble lui était aussi... étrange. Jusqu'à cet instant, elle les avait toujours vus comme de bons amis, très proches. Mais elle devait bien avouer que ses deux amis s'étaient beaucoup rapprochés depuis leurs retrouvailles la nuit précédente. Le secret de Lyoko était un barrage de plus qui s'était effacé entre eux.
L'ancienne gardienne de Lyoko se dit qu'après tout, ils n'avaient pas été les seuls à voir leur relation se renforcer depuis leur retour à l'usine. Yumi et Ulrich étaient aussi dans ce cas de figure. Aelita avait remarqué cela, même avant sa petite discussion avec l'aînée de la bande le matin même (cf : chapitre 75). Les deux pratiquants de pentchak-silat étaient déjà très proches mais ce qu'ils traversaient à ce moment-là avait encore accentué leurs sentiments - Aelita en était sûre – et leur besoin de protéger l'autre. Notre jeune DJ aux cheveux roses était heureuse de voir que, malgré tout ce qu'ils traversaient, ses quatre amis avaient trouvé certains avantages à leur situation, même s'ils ne s'en rendaient pas compte. Le regard d'Aelita finit par se poser sur Einstein qui était concentré sur les informations que lui renseignait le pupitre. La jeune fille lâcha un petit soupir de déception : elle était peut-être contente pour le reste de la bande mais elle était peinée par sa propre relation avec le petit surdoué. Ce n'était pas à ce moment-là que les choses allaient évoluer entre eux. Elle se demanda même si un jour sa situation amoureuse changerait. Après tout, après la fois où elle l'avait embrassée (cf : Mon meilleur ennemi), ni Jérémie ni elle n'avait fait quelque chose quelque chose pour clarifier leur relation. Celle-ci stagnait, à la grande déception de l'adolescente.
Lorsque Jérémie tourna la tête et posa son regard sur sa chère et tendre quelques instants plus tard, il eut la surprise de voir que celle-ci l'observait, les yeux dans le vide et un sourire quelque peu triste aux lèvres. Il l'appela alors pour savoir si tout allait bien. Mais comme elle ne lui répondit rien, Jérémie laissa de côté le Supercalculateur et leurs problèmes, inquiet pour la jeune fille. Il descendit de son fauteuil et alla s'accroupir aux côtés de l'ancienne gardienne de Lyoko. Celle-ci était toujours perdue dans ses pensées lorsqu'il posa sa main sur son épaule pour la ramener dans la réalité.
J (ne voulant pas la brusquer) : Aelita ?
A (surprise en apercevant le blond près d'elle) : Jérémie ?! Qu'est-ce que...
J (voyant qu'il venait de lui faire peur) : Ne t'inquiètes pas Aelita, tout va bien...
A (ne comprenant pas pourquoi Jérémie ne travaillait plus au pupitre) : Tu as réussi à contacter Yumi et Ulrich ?
J (ayant alors du mal à cerner les pensées de son amie) : Non, pas encore...
A : Alors pourquoi est-ce que tu n'es pas en train de chercher la solution sur le Supercalculateur ?
J (ne sachant pas s'il devait prendre cela comme une question ou un reproche) : Je fais une pause, j'ai remarqué que quelque chose n'allait pas pour toi...
A (étonnée) : Qu'est-ce qu'il te fait dire ça?
J : Tu ne t'en es peut-être pas rendu compte mais tu me fixais, l'air triste, avec les yeux dans le vague. Est-ce que tu vas bien ?
Aelita rougit instantanément puis se maudit intérieurement. Comment allait-elle pouvoir se sortir de cette situation délicate ? Dire la vérité signifierait se mettre plus dans l'embarras qu'elle ne l'était déjà et discuter de leur relation, alors qu'ils n'étaient peut-être pas encore prêts à le faire. De plus, ce n'était ni le lieu, ni le moment. Malgré tout ce qu'elle avait pu penser quelques temps auparavant, Aelita n'était pas si impatiente de voir arriver le jour où Jérémie et elle clarifieraient leur relation. Elle aimait le petit génie, de tout son cœur, mais elle avait aussi peur de l'inconnu. Elle n'avait jamais été avec quelqu'un officiellement, elle ignorait ce que cela supposait vis-à-vis de l'être aimé. Aelita appréhendait aussi la réaction de Jérémie. Celui-ci avait toujours été très proche d'elle en tant qu'ami, mais qu'en serait-il s'ils venaient à être vraiment ensemble ? S'ils venaient à se séparer pour une quelconque raison, elle ne supporterait pas de le perdre aussi en tant que meilleur ami. La bande était tout pour elle depuis son retour sur Terre et la mort de son père, mais Jérémie avait une place plus importante encore dans son cœur. Lorsque Aelita émergea de ses divagations, elle s'aperçut, cette fois-ci, que c'était Jérémie qui l'observait avec un air inquiet.
J : Aelita, est-ce que ça va ? Je t'ai posé une question et la seconde suivante tu étais de nouveau dans tes pensées...
A (baissant les yeux mi-honteuse, mi-gênée) : Je... Désolée, je ne m'en suis pas rendu compte...
J : Est-ce que quelque chose te tracasse ?
A : Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
J : Tu as recommencé à avoir ton air chagriné pendant que tu étais en pleine réflexion... Tu veux en parler ?
Aelita comprit alors qu'elle n'avait pas le choix. Si elle ne voulait pas dire la vérité sur ses divagations, elle devait lui mentir. Ou bien lui faire croire qu'elle avait réfléchi à autre chose. Même si elle allait s'aventurer sur un sujet qui pouvait être tout aussi gênant, elle savait qu'il ne l'était pas autant que le véritable fonds de ses pensées.
A (n'osant pas croiser le regard du jeune génie) : En fait, je m'inquiète un peu pour toi...
J (quelque peu déstabilisé par cet aveu) : Que... ? Pourquoi ?
A : C'est juste que... (perdant son courage) Non, laisse tomber, c'est rien d'important...
J (lui prenant doucement sa main dans la sienne) : Eh, ne dis pas ça Aelita... (tirant un peu sur sa main pour qu'elle le regarde) Dis-moi ce qu'il ne va pas...
A (les yeux plongés dans ceux couleur océan de l'adolescent) : C'est à cause de notre présence ici...
Jérémie ne comprit pas ce qu'elle voulait dire par cela, il lui adressa donc un regard inquisiteur pour qu'elle poursuive son explication.
A : Ça a été dur pour chacun d'entre nous de revenir à l'usine alors que l'on pensait ne plus jamais y mettre les pieds. Mais on s'y est habitué. Yumi et Ulrich, malgré toutes les embûches qu'ils rencontrent, ont su s'accommoder de ce qu'ils ont. Odd s'est fait peu à peu à la situation et aide encore Héléna à s'y faire depuis qu'elle nous a rejoint. (jetant un bref court d’œil vers ses deux amis, puis reportant celui-ci sur son cher et tendre) Mais toi, tu n'as rien laissé paraître de ce que cela te faisait. Depuis notre arrivée, tu es resté impassible et je n'arrive jamais à savoir si...
Jérémie afficha un sourire en comprenant que la fille de Franz Hopper s'inquiétait pour cette raison précise. Il lui coupa alors la parole, n'ayant pas besoin d'en entendre plus.
J (pressant un peu plus la main de la jeune fille) : Chut, j'ai compris... (trouvant le courage de soutenir son regard dans celui de son ''amie'') Je sais que je n'ai pas l'habitude de montrer de ce que je pense ou ressens mais tu n'as pas à t'en faire. Je vais bien. Moi aussi j'ai quelque peu été pris de cours quand on s'est retrouvé obligés de revenir ici mais j'ai vite repris mes habitudes du temps où l'on combattait encore Xana...
A (affichant un maigre sourire suite au dires du petit surdoué) : Désolé d'avoir douté de toi, c'est juste que j'ai tellement peur que vous soyez blessés de quelque manière de ce soit... Vous avez déjà pris tellement de risques pour moi avec Lyoko et pour que j'ai une vie normale sur Terre.
J : Aelita, quoi qu'il se passe, je prendrai... (se rendant compte de ce qu'il venait de dire, ses joues s'empourprant) on prendra toujours des risques si c'est pour te voir heureuse...
A (ses joues tout aussi rouges que le jeune homme) : Merci.
Jérémie aimait ces petits moments où ils se retrouvaient seuls tous les deux. Ils n'avaient pas eu l'occasion d'en avoir récemment et cela manquait un peu au jeune surdoué. Après leur rencontre, il avait pu avoir de nombreuses discussions qui duraient des heures lorsque l'ancienne gardienne de Lyoko y était encore bloquée. Mais depuis son arrivée sur Terre, ces instants si précieux pour le blond s'étaient raréfiés, et cela, même depuis la mort de Xana.
Cependant Jérémie se rendit bien vite compte que quelque chose n'allait pas. Aelita était avec lui, ils étaient (presque) seuls (Odd et Héléna n'étaient pas loin) et ils partageaient un moment ensemble, sauf que son amie semblait préoccupée. Elle avait beau avoir un petit sourire aux lèvres, le blond vit bien qu'il y avait une ombre au tableau. Il s'aperçut alors qu'Aelita avait fait des remarques sur l'état dans lequel elle voyait ses amis, mais pas sur elle-même, alors qu'elle était la mieux placée pour le faire.
J : Aelita ?
A : Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
J : Et toi ?
A : Et moi?
J : Comment est-ce que tu prends ce retour imprévu à l'usine ?
Aelita ne s'était pas attendue à ce que le sujet se retourne contre elle. Elle ouvrit la bouche pour répondre au jeune homme mais elle finit par la refermer, incapable de dire quoi que ce soit ou n'ayant pas le courage de le faire. Einstein, qui avait observé la réaction de sa meilleure amie, comprit qu'il avait mis le doigt sur le problème.
J : Ne me mens pas, j'ai bien remarqué que quelque chose te tracassait... (voyant la jeune DJ baissant honteusement le regard, se rapprochant un peu de celle-ci) Aelita, tu peux tout me dire, tu le sais ça...
A : Je le sais, c'est seulement que je ne veux pas vous embêter avec cela...
J (plongeant de nouveau son regard dans celui de la jeune fille) : Toujours Aelita, si tu as besoin de parler, on sera toujours là.
A (rassurée par les paroles du jeune homme, s'ouvrant un peu à lui) : A propos de notre retour à l'usine, honnêtement, je ne sais pas vraiment quoi en penser... Revenir ici est dur pour moi car on y a vécu des échecs dans notre lutte contre Xana, (la voix un peu triste) j'y ai perdu mon père... Mais en même temps, l'usine et Lyoko sont des parties essentielles de mon existence, et ça, je ne peux l'oublier...
J : Je ne peux pas pas te dire que je te comprends parce que je n'ai jamais été dans ta situation mais je te promets que je serai là, quoi qu'il arrive, pour te soutenir.
A : Et tu l'as toujours été. Mais cette semaine, j'en ai bien besoin. Tu sais Jérémie, quoi que j'ai pu te dire, perdre les tours de Lyoko m'a fait mal au cœur. Elles ont pendant de longs mois ce qui ressemblait le plus à une maison, à un refuge... Alors heureusement que vous étiez là lorsque j'ai pris la décision de les sacrifier (cf : chapitre 47).
Les deux petits génies se turent alors, la discussion étant close. Le lien qui unissait leurs regards se rompit, le courage amené par la conversation n'étant plus. Ils baissèrent leurs yeux et chacun des deux planta son regard sur la seule chose qui les liait encore : leurs mains. En effet, depuis le début de leur conversation, aucun n'avait lâché la main de l'autre.
S'apercevant de cela, les deux Einsteins en herbe relevèrent leur regard, les joues cramoisies, et ce fut pour tomber sur celui de son âme sœur. Mais au lieu de détourner la tête, ils maintinrent leurs regards et s'échangèrent un sourire. Parfois, les gestes tendres valent bien plus que des mots. Mais dans le cas de nos petits surdoués, parler était inutile, de plus qu'ils en étaient alors incapables. Cependant, ils savaient parfaitement que leurs mains enlacées, que ce geste affectueux n'était pas anodin. Même s'ils n'osaient pas en discuter tous les deux, ils étaient conscients de ce que cela représentait. Ce moment complice n'avait fait que renforcer ce qui liait les deux benjamins de la bande...
***
Épuisé, il ne lui venait pas d'autres mots pour décrire son état. Cela déjà plusieurs heures qu'il tournait en rond dans ce labyrinthe de galeries creusées dans la glace. Du mois, lui semblait-il. Sans les échanges avec le laboratoire, il avait perdu la notion du temps. Ses heures ne correspondaient peut-être qu'à seulement quelques minutes sur Terre.
Mais ce qui préoccupait le plus Ulrich était, bien évidement, de ne pas savoir où était sa chère et tendre et comment elle allait. Il n'avait pas été en contact avec la jeune japonaise depuis un certain temps et il craignait le pire. A chaque carrefour de galeries dans ce labyrinthe, il espérait la retrouver pour qu'enfin l'angoisse qui le tenaillait disparaisse. Il avait cru souvent la perdre lorsqu'ils combattaient encore Xana. Mais rien que la pensée de la savoir toujours en train de se battre pour survivre, malgré leur combat contre l'Intelligence Artificielle soit maintenant derrière eux, cela l'accablait encore plus. Il avait été incapable de la protéger durant leurs dernières mésaventures. Bien sûr, personne ne pouvait rien contre les aléas de la vie, mais il aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour Yumi.
Ulrich regarda devant lui et il maudit la galerie dans laquelle il se trouvait. Celle-ci était très étroite et sinueuse, ce qui faisait qu'il ne voyait pas où ce chemin allait le mener. Cela commençait à agacer fortement le jeune samouraï qui croyait ne jamais en voir la fin. Heureusement pour lui, il trouva enfin de la nouveauté dans son environnement au bout de quelques instants. En effet, il venait d'arriver dans une nouvelle cavité d'assez grande taille. Un immense espace par rapport à la galerie exiguë qu'il avait parcourue pour parvenir jusque là. La première chose qu'il fit fut de se laisser tomber au sol et de s'allonger. Il n'avait pas pu se reposer lorsqu'il se trouvait dans l'étroit couloir alors il en profita pour souffler un bon coup. Depuis son réveil, il n'avait pas voulu faire de longues pauses ou dormir un peu de peur qu'une nouvelle dématérialisation de la Banquise ait lieu. Mais cela avait aussi pour conséquence de l'affaiblir physiquement. Ulrich savait pourtant qu'il risquait de perdre tous ses points de vie s'il ne se reposait pas régulièrement ; mais il ne se résolvait pas à perdre du temps pour lui tandis que Yumi n'était pas à ses côtés.
Finalement, emporté par la fatigue, il se laissa partir dans un sommeil réparateur. Il se réveilla un peu plus tard, incapable de savoir combien de temps il avait été dans les bras de Morphée. Il se mit en position assise puis se mit à observer plus précisément qu'auparavant, la cavité dans laquelle il se trouvait. Le sol était des plus lisses : Ulrich était sûr que s'il ne faisait pas attention, il pourrait facilement glisser et se retrouver les quatre fers en l'air. Son observation se poursuivit par le plafond, où le samouraï ne nota rien de particulier, et elle se termina par les parois délimitant la grotte. Ulrich s'aperçut alors la présence d'une deuxième entrée, en plus de celle qu'il avait empruntée.
Soudain son regard fut attiré par une tâche de couleur vive dans cet univers tout en blanc et en teintes légèrement bleutées. Intrigué, Ulrich se mit debout et se rapprocha du mur où se trouvait cette touche de rouge. Il s'aperçut bien vite que ce n'était pas une tâche. De plus que ce n'était pas un simple vermeil, mais un rouge framboise. Se rendant compte de quoi, de qui il s'agissait, il se précipita vers la paroi de glace qui, comme il l'avait comprit quelques instants plus tôt, était transparente. Derrière celle-ci se trouvait en effet la jeune fille pour laquelle Ulrich angoissait depuis leur séparation.
U : Yumi !
La jeune nippone avaient ses jambes resserrées contre elle et sa tête était posée sur ses genoux. Elle était assise contre une paroi de ''sa'' grotte, à l'opposé du mur commun aux deux salles. Ulrich soupira de soulagement : il venait enfin de retrouver sa chère et tendre après avoir été séparé d'elle. Arrivé près de la paroi transparente, Ulrich se mit à appeler la geisha virtuelle en frappant la vitre glacée. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'il se souvint que tous ses appels ne changeraient rien : Yumi était sourde et ne pouvait pas l'entendre. Alors le jeune samouraï se mit à donner de violents coups dans la paroi. Il espérait pouvoir briser cette barrière de glace qui l'empêchait de la rejoindre. Les attaques à mains nues n'ayant aucun effet, Ulrich essaya par tous les moyens possibles à sa disposition de briser l'obstacle qui les séparait. Malheureusement pour lui, tous ses tentatives (coup de pied, d'épaule ou avec ses katanas) restèrent vains. Il comprit au bout que le combat était perdu d'avance. Même si le ''mur'' pouvait paraître fragile à cause de son aspect translucide, il était toutefois indestructible.
Ulrich se résigna donc à abandonner la partie. Il se réorienta alors vers une autre possibilité. Même s'il ne pouvait pas rejoindre physiquement Yumi, au moins pouvait-il essayer de communiquer avec elle. Seulement voilà, la chose n'était pas simple : la japonaise n'avait pas connaissance de la présence de son âme sœur. Depuis que le jeune samouraï s'était aperçu de la proximité de celle-ci, il n'avait pas vu Yumi faire le moindre geste. Et cela commençait à inquiéter le jeune homme. Bien sûr, elle était sourde et ne pouvait pas entendre ses appels mais cela n'expliquait en rien la longue immobilité de son ''amie''. Il espérait alors qu'il ne lui soit rien arrivé...
Priant pour que la jeune nippone soit seulement endormie, Ulrich se mit alors à réfléchir à la manière d'attirer l'attention de Yumi. Ulrich devait trouver un moyen pour faire remarquer à la jeune japonaise où elle était. Pour communiquer avec elle, le jeune homme était obligé de passer de passer par son sens de la vue, or elle ne le regardait pas. Là était tout le problème. User de ses propres sens de l’ouïe ou de la vue n'était pas une solution, Ulrich s'intéressa donc aux autres ses. Le goût ? Aucune utilité. L'odorat ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire avec ? Le toucher ? D'où il se trouvait, il n'avait pas de marges de manœuvre. Mais après quelques secondes de réflexion, il se dit qu'il avait peut-être été rapide dans ses réflexions, ou du moins qu'il n'avait pas pris le problème du bon côté.
U : A moins que... (se mettant à observer le sol de glace et ses pieds) * Si ça a fonctionné une fois, cela pourrait encore marcher...*
Ulrich sut que ce soudain éclair de génie était peut-être sa seule chance de signaler sa présence à la jeune japonaise. Peu certain de la réussite de son projet, le samouraï virtuel entreprit néanmoins sa mise en œuvre. Même si le jeune homme ne pouvait pas briser la paroi transparente qui le séparait de Yumi, il s'attela à planter solidement ses katanas dans le mur de glace. Ceci fait, il s'agrippa avec fermeté à ses deux armes en soupirant d'appréhension. Cela allait être le moment où tout allait se jouer...
Les intentions d'Ulrich étaient simples. Il allait provoquer un nouveau tremblement de terre... Le premier n'ayant pas été volontaire, celui-ci le serait. L'onde de choc qui allait résonner dans la glace allait forcément parvenir jusqu'à Yumi. Cela forcerait celle-ci à s'interroger sur l'origine de ce séisme. La seule crainte du brun venait du fait que son acte pouvait possiblement les mettre en danger. Ses ondes pourraient très bien fissurer et faire céder la glace se trouvant sous eux. Corrigeant une dernière fois ses prises sur ses katanas, Ulrich poussa une nouvelle fois un soupir avant de se donner un compte à rebours.
U : *Allez courage ! 3...2...1... Supersprint !*
Le jeune samouraï frappa de l'un de ses talons le sol glacé, et quelques instants plus tard, son souhait fut exaucé : le plateau de la Banquise dans lequel ils se trouvaient se mit à trembler. Ulrich avait réussi la première partie de son plan, même s'il peina vite à rester debout. Il devait maintenant attendre que l'onde de choc dont il était l'origine, se propage puis disparaisse. Finalement, au bout de deux minutes, le séisme prit fit de lui-même, au grand bonheur d'Ulrich, sans qu'il n'y ait eu de dégâts. En effet, il n'avait pas eu à utiliser ses katanas pour se suspendre à la glace dans le cas où l'onde aurait détruit le sol sur lequel il se trouvait.
Le jeune brun se remit correctement debout en s'aidant de ses katanas, puis s'attela à ôter ses deux armes enfoncées dans la glace. Après cela, les yeux du jeune homme se tournèrent tout de suite dans la direction de la deuxième grotte pour savoir s'il avait réussi la seconde partie de son plan. Et il eut la réponse à sa question quand il croisa un regard couleur ébène que jamais il ne pourrait oublier...
***
Retour quelques minutes plus tôt, dans la deuxième grotte creusée dans la glace et donc de l'autre côté de la paroi transparente. Yumi était recroquevillée sur elle depuis maintenant un certain temps. Elle s'était laissée aller à ses émotions et était en train en train de déprimer. La solitude n'avait pas fait grand bien sur les nerfs de la jeune geisha, tout comme lors de son retour sur Lyoko (cf : chapitre 45). Elle avait erré dans les galeries de la Banquise comme une âme en peine, et elle avait fini par se poser là, croyant que tout était perdu.
A chaque seconde de son errance, elle n'avait fait que chercher le seul jeune homme qui avait réussi à prendre une place importante dans son cœur. Mais au fil du temps qui s'écoulait, ses espoirs s'étaient amenuisées jusqu'à ce que la jeune japonaise finisse par abandonner. Si encore elle avait eu un contact avec ses amis restés au laboratoire, elle aurait pu avoir des nouvelles de son cher et tendre et aurait su ce qui s'était passé lors de la disparition de la Banquise. Mais le silence radio qui lui revenait du monde réel n'avait fait qu'empirer ses angoisses. Ne pas avoir de réponses à ses questions étaient le pire pour elle, surtout dans leur situation. La geisha virtuelle était en plein dans ses pensées lorsque le séisme eut lieu. Contrairement à Ulrich qui s'était préparé à ce tremblement de terre, Yumi fut déstabilisée et fut rapidement allongée face contre le sol.
Y (le séisme luit paraissant sans fin) : *Oh non pitié, pas maintenant! J'en ai pas besoin après la disparition de la Banquise tout à l'heure. Pourquoi le destin s'acharne sur moi ?! J'ai déjà perdu tout contact avec les autres, je ne sais pas si je les reverrais un jour et maintenant ça ! Je ne veux pas mourir ici, toute seule...*
Elle comprit que son vœu devenait réalité lorsqu'elle s'aperçut que le tremblement de terre diminuait en intensité. Elle prit encore quelques instants après la fin du séisme pour être sûre qu'il n'y ait pas de répliques. Elle se remit alors dans une position assise plus confortable, et put jeter un regard panoramique à son environnement pour voir les potentiels dégâts qu'aurait fait le séisme. C'est alors qu'elle le vit, le jeune brun qui avait su passer outre les barrières de son cœur. Celui-ci rata un battement lorsqu'elle assimila l'identité de la personne qui se trouvait derrière le mur de glace. Mais ce fut pour battre la chamade la seconde suivante, accompagnant une joie immense qui se diffusait dans la moindre parcelle de son corps virtuel. Elle se précipita alors vers la paroi transparente, comme si sa vie entière en dépendait.
Y : Ulrich !
Le jeune homme était de l'autre côté du mur et il se mit à sourire quand il rencontra le regard de sa chère et tendre. Par instinct, elle vint poser sa main sur la paroi, Ulrich comprit au bout de quelques secondes puis vint apposer sa main au main endroit mais de l'autre côté. A cet instant-là, seule la vitre de glace les séparait. La jeune nippone ne retint pas longtemps tous ses questionnements et assaillit rapidement Ulrich de ses préoccupations.
Y : Comment est-ce que tu vas ? Qu'est-ce qu'il s'est passé après que l'on soit tombés lors de la disparition de la Banquise ? Où est-ce que l'on est exactement ?...
Du côté du lyokoguerrier, les retrouvailles avec Yumi lui parurent mitigées. Bien sûr, il était le plus heureux du monde de savoir qu'il n'avait pas rêvé – que Yumi était bien proche de lui – et qu'elle allait bien ; une ombre venait gâcher en partie son bonheur. Il s'était rendu compte au moment où Yumi avait voulu lui parler qu'il ne pouvait pas l'entendre. En plus de les séparer, le mur de glace retenait aussi leurs paroles de chaque côté de la glace. Quelle fut la déception du jeune samouraï qui avait en partie attendu leurs retrouvailles pour de nouveau entendre le son de la voix de la japonaise...
Yumi, en raison de sa surdité, mit plus de temps à comprendre la situation. Ce ne fut qu'en voyant l'air chagriné de son bien-aimé qu'elle s'aperçut que quelque chose n'allait pas. Elle s'arrêta donc de poser des questions et se mit à sonder le regard du brun pour essayer de trouver le problème. C'est Ulrich qui, comprenant que Yumi avait remarqué quelque chose, lui donna des explications.
U (mimant) : Je ne t'entends pas.
Ulrich n'eut pas à se répéter, Yumi comprit du premier coup, sans toutefois comprendre les causes à cela. Le samouraï virtuel savait parfaitement que l'obstacle qui leur causait tous leurs problèmes était le mur de glace, mais sur le coup, il ne sut comment l'expliquer, où plutôt comment mimer cela. Néanmoins, Ulrich se rendit bien vite compte que dans leur cas, le mur n'était peut-être pas un désagrément de plus, mais qu'ils pouvaient aussi leur servir. Comme il l'avait déjà fait auparavant (cf : chapitre 45), Ulrich se mit à écrire sur le support à sa disposition (la paroi) pour communiquer avec la nippone.
U : Ce mur de glace bloque toutes nos paroles.
Yumi eut alors une réaction à laquelle il ne s'attendait pas : un sourire vint se greffer sur ses lèvres et elle se mit à rire. Le jeune samouraï, ne comprenant pas, s'offusqua un peu mais ce qui se passait lui remontait, paradoxalement, aussi le moral. Voir ce sourire était un rayon de soleil dans la vie nuageuse qu'il avait alors.
Y (après avoir ri, écrivant à son tour sur la paroi glacée) : Ulrich, si tu veux que je comprennes rapidement ce que tu veux me dire, écris dans le bon sens de lecture, ce serait mieux pour moi.
Le brun se sentit alors honteux. Bien sûr que Yumi pouvait se moquer de lui : il avait dessiné sur la glace dans son sens à lui, en oubliant qu'elle verrait ses lettres à l'envers ! Si Ulrich ne se savait pas sur Lyoko, il été certain qu'il serait devenu, à coup sûr, aussi rouge qu'une tomate.
U (cette fois-ci faisant attention) : Pardon, j'avais oublié...
Y : Ne t'excuse pas, dis-moi plutôt comment tu vas et ce qui s'est passé pour toi depuis que nous avons été séparés...
Ulrich, heureux de savoir que sa japonaise était inquiète pour lui, répondit volontiers à la demande de celle-ci. Ils discutèrent ainsi de ce qu'Ulrich avait vécu de son côté et Yumi eut enfin des informations que l'origine du séisme. Elle n'en revenait pas que son ''ami'' ait pris tant de risques uniquement pour la contacter. Une autre fois, elle aurait pu être l'aînée de la bande et la lyokoguerrière la plus mature de la bande : elle lui aurait fait la morale en le traitant d'inconscient. Mais à ce moment-là, elle était tellement soulagée de l'avoir retrouvé en vie qu'elle ne prit pas cette peine. Puis ce fut au tour de la jeune geisha de lui raconter ce qui s'était passé de son côté. Elle passa sous silence ses petites déprimes mais finit par lui faire une sorte d'aveu.
Y : … mais ça a été dur de me retrouver toute seule... sans toi...
Se rendant compte de ce qu'elle venait ''d'écrire'', la nippone virtuelle baissa instinctivement les yeux par gêne. Un sourire naquit sur les lèvres d'Ulrich suite aux paroles de la jeune femme. Lorsque celle-ci osa de nouveau le regarder, il avait toujours son sourire qui illuminait son visage.
Y (d'une main un peu tremblante) : Je sais ce que j'ai dit, alors ce n'est pas la peine qu'on en reparle...
U (la ''coupant'' en pleine excuse, et s'assurant que Yumi comprenne bien) : A moi aussi tu m'as manqué...
Ulrich aussi n'eut pas à se répéter : le message était bien passé, et non pas pour déplaire à la jeune lycéenne. Laissant leurs problèmes de côté pour un court instant, mais surtout la gêne qu'ils ressentaient en la présence de l'autre, les deux amoureux transis s'abandonnèrent dans le regard de l'être aimé(e). Pas longtemps, car ils savaient parfaitement qu'ils avaient d'autres préoccupations plus pressentes, mais juste le temps de faire une pause et de simplement profiter du fait de savoir l'autre à proximité. Ils ne pouvaient pas nier l'alchimie qu'il y avait entre eux, elle était évidente et rien ne pouvait la faire disparaître. Toutefois, une fois de plus, ce n'était toujours pas le bon contexte. Ils avaient parfaitement conscience que ce n'était pas encore le moment où ils pourraient parler sérieusement. Mais sur l'instant, cela leur importait peu. Maintenant qu'ils s'étaient retrouvés, ils savaient qu'ils discuteraient plus tard. Ils étaient sûrs que leur futur serait meilleur ce tout ce qu'ils avaient pu auparavant imaginer, car ils étaient ensemble. A deux, ils pouvaient tout faire...
Ce doux moment dura quelques minutes puis Ulrich et Yumi reprirent leur sérieux, ils n'étaient pas hors de danger. Pour l'être, ils devaient sortir de ce dédale creusé dans la glace.
U : Tu as réussi à apercevoir le ciel numérique de Lyoko depuis la disparition de la Banquise ?
Y (soupirant) : Non, encore et toujours de la glace à perte de vue. Je vais finir à aussi haïr ce territoire si ça continue... (cf : chapitre 52)
U : Ne perds pas confiance, on arrivera bien à sortie de ce labyrinthe (faisant alors référence à leur incapacité à contacter le laboratoire) avec ou sans l'aide des autres.
Y : En tout cas, c'est vraiment inquiétant que la liaison soit coupée avec le monde réel. On a déjà été plusieurs fois dans ce genre de situation mais je n'aime pas me retrouver sans personne sur Terre pour assurer nos arrières...
U : Ce n'est qu'une situation passagère. Pour l'instant, on est limité suite à ce souci et on ne peut rien y faire. J'ai souvent tenté de contacter Jérémie ou Aelita, mais à chaque fois, je n'ai aucun retour. C'est des grésillements ou le silence radio.
Y : De mon côté aussi. (faisait apparaître son interface) Mais je peux encore réessayer... (après l'avoir fait, regardant de nouveau Ulrich) Non, toujours rien...
Lorsque son regard se reposa sur le jeune samouraï, celui-ci fixait à tour de rôle Yumi et l'interface. La jeune fille fut déstabilisée par cela, et encore plus quand elle vit apparaître un nouveau sourire sur les lèvres d'Ulrich.
Y (écrivant sur le mur de glace) : Qu'est-ce qu'il y a ?
U (restant énigmatique) : Ferme ton interface et laisse-moi faire...
Yumi, bien que déconcertée, fit ce que le jeune homme lui dit de faire. Après que la geisha virtuelle ait fait disparaître l'interface, Ulrich prit le relais et la rouvrit de son côté de la paroi. Il dicta quelque chose dans le logiciel de saisie puis referma l'interface. Il fit alors comprendre sa chère et tendre qu'elle pouvait l'ouvrir de nouveau. Yumi put alors y lire.
U : Ce n'est pas mieux et plus rapide comme moyen de communication?! La paroi de glace bloque peut-être nos paroles, mais pas un transfert d'interface quand celle-ci est fermée. On a juste à l'ouvrir à tour de rôle et nos discussions redeviendront un peu plus normales...
Yumi, ayant comprit le raisonnement de son meilleur ami, se mit à sourire à son tour. Il avait vraiment fait une bonne déduction et se demanda même comme elle avait fait pour ne pas y penser. Elle se mit alors à écrire sur l'interface et la ''renvoya'' à Ulrich.
(Note de l'auteur : Considérez que les conversations suivantes se feront pas le biais de l'interface)
Y : Ton idée est bonne et elle marche! Ça va vraiment nous simplifier la vie.
U : Je savais que tu dirais ça... Cela ne restaure peut-être pas encore les conditions que l'on avait auparavant, mais au moins maintenant, on pourra communiquer même lorsque l'on sera de nouveau séparés.
Y (paniquant en lisant les dires du jeune homme) : Quoi ? Pourquoi est-ce que l'on serait de nouveau isolé chacun de notre côté ?! On vient juste de se retrouver !
Ulrich comprit l'angoisse de la jeune femme lui se trouvait en face de lui, puisqu'il avait la même. Il n'avait aucune envie de la laisser, mais il savait pertinemment que pour s'en sortir, ils devaient une fois de plus être seul(e). Restés ensemble dans leurs deux grottes accolées signifierait abandonner toute chance de revenir un jour sur Terre.
U : Yumi, je sais que cela ne va pas être facile, mais on va devoir se séparer. Chacun doit repartir de son côté dans le dédale pour essayer de trouver la sortie.
Y (perdant espoir) : Et si on ne la trouve pas, ou qu'il n'y en avait pas du tout ?!
U (tentant de la rassurer) : Je suis sûr qu'il y a une issue. Il y a toujours une issue à un labyrinthe.
Y : Promets-le moi. Jure-moi que l'on se retrouvera tous les deux en dehors de ces galeries de malheur...
U (malgré qu'il n'ait aucune garantie) : Je t'en fais le serment. Toi, moi, ensemble et sans paroi de glace qui nous sépare...
Il était venu le temps d'un nouveau au revoir (cf : chapitre 38). Aucun des deux lyokoguerriers ne voulait partir. Chacun se raccrochait au regard de l'autre dans l'espoir que celui-ci dise quelque chose et retarde le moment fatidique. Mais ils en profitaient aussi pour se donner de l'espoir et du courage, car ils savaient qu'ils en auraient grandement besoin pour venir à bout de ce labyrinthe glacial. Ulrich, bien que torturé par la perspective de quitter sa chère japonaise, fut celui qui les ramena à leur ''réalité''.
U : Yumi, on doit y retourner...
Y : Je sais, on a déjà perdu trop de temps...
U (ayant de plus en plus la boule au ventre) : Alors on est d'accord... (après un regard pour l'interface) Tu sais ce que l'on va faire ? On va faire un roulement avec l'interface. Chacun le gardera environ cinq minutes puis l'autre le prendra à sa suite, comme ça on pourra toujours communiquer. Se mettre au courant s'il y a un problème ou si l'un de nous trouve une sortie à ce dédale.
Y : OK...
U (s'apercevant bien de la présence de peine et de doutes dans son regard, accolant une nouvelle fois sa main contre la paroi de glace) : Ce n'est pas un adieu...
Y (posant à son tour sa main sur le mur transparent qui les séparait) : … juste un revoir.
U (préférant partir avant que son cœur ne lui dise de faire machine arrière) : A tout à l'heure Yumi.(décollant sa main de la paroi, puis s'éloignant en direction de la sortie de sa grotte) Garde avec toi l'interface pour le moment, tu me ''l'enverras'' plus tard...
Yumi acquiesça en partant aussi de la paroi de glace qui délimitait les deux cavités. Lorsqu'elle fut près de sa propre sortie, elle lança un dernier regard à Ulrich. Celui-ci le vit et lui fit un sourire qui la réconforta un peu. Tout allait bien se passer, il lui avait promis.
Après avoir longtemps soupiré pour calmer ses craintes, Ulrich inspira à fond et s'engagea à nouveau dans le dédale, laissant Yumi avec elle-même. La jeune japonaise savait que le samouraï virtuel ne reviendrait pas sur ses pas. Elle était donc une nouvelle fois isolée et la solitude se faisait déjà sentir.
Elle se maudit en se souvenant qu'elle avait oublié de rappeler à son cher et tendre de faire attention pour qu'il ne lui arrive rien. Elle s'en voulait aussi de ne pas pouvoir prendre du recul comme lui. Elle se laissait aller à ses émotions et détestait cela car elle se sentait vulnérable. Elle perdait tous ses moyens et elle était consciente que cela pourrait l'amener à échouer ou se mettre en danger. Sa culpabilité n'en fut que plus grande lorsque son regard sa posa sur le dernier endroit où elle avait vu son ''meilleur ami''. Ses angoisses ne firent que s'accentuer car elle savait parfaitement que c'était peut-être la dernière fois de sa vie qu'elle voyait Ulrich. Ce fut donc pleine de remords et de culpabilité que Yumi se réengagea dans le labyrinthe de galeries.
***
Ce que notre jeune lycéenne ignorait, c'est qu'elle se trompait sur un point. Ulrich avait peut-être été le premier à rentrer dans le dédale creusé dans la Banquise, mais ce n'est pas pour autant qu'il avait su prendre de la distance vis-à-vis de ses sentiments. A peine avait-il fait dix mètres dans la nouvelle galerie qui s'offrait à lui qu'il avait déjà pensé à rebrousser chemin pour retrouver la compagnie de son âme sœur. Il ignorait comment il avait fait pour paraître aussi détaché, plus mature que d'habitude face à Yumi. Peut-être parce qu'il n'avait pas voulu se montrer pessimiste ni craintif ? Il voulait garder espoir en l'avenir mais il était surtout réaliste : il existait des chances pour que cette entrevue soit leur dernière...
C'est pour cette raison qu'il avait penser à faire marche arrière. S'il n'avait pas su le mur de glace indestructible et leur incapacité à contacter de cet endroit-là leurs amis restés sur Terre, Yumi en aurait été certain. Quoi qu'il ait pu dire, il serait revenu vers elle...
Voilà pour ce soir, j'espère que cela vous a plu. Je reviendrais la prochaine fois au mois de mai mais probablement avec un chapitre beaucoup plus court.
Bonsoir tout le monde. Je passe en coup de vent... et toujours en retard. Mon stage s'avère plus fatiguant et plus prenant que je ne l'aurais imaginé alors j'ai moins de temps pour moi. Mon dernier chapitre était fini depuis quelques temps, encore fallait-il pour que je le poste qu'il soit retapé à à l'ordinateur et relu. J'ai fini ce soir alors je vous poste tout cela. J'ai décidé de remettre tout le chapitre 82 pour ainsi ne pas le laisser émietter en plusieurs morceaux sur différents posts.
Petites réponses aux messages que l'on m'a envoyé:
-mimi916 : je réponds (enfin) à tes attentes.^^
-mamadou : Merci pour le "sachant", je ne m'étais jamais rendu compte que je faisais cette faute en fait, pour moi, ça ne sonnait pas naturellement à l'oral. Pour ce qui est d'Einstein, je ne sais pas si "prendre du poil de la bête" est vraiment l'expression adapté, mais je comprends de quoi tu veux parler. J'ai voulu montrer que notre petit génie a évolué, tout comme les autres, suite à leurs mésaventures. Quand à tous tes conseils, j'en prends bien compte (et parmi eux, j'en ai déjà beaucoup utilisé par le passé : mon projet de saga, un club d'écriture/ correspondance) mais il faut savoir que je suis à une période de ma vie de transition. Je finis mes études et je ne sais pas où et ce que je ferais l'année prochaine. Trouver du temps, des activités, des personnes avec qui je pourrais échanger sur ma passion de l'écriture n'est pas si facile. En fait, c'est vous lecteurs du forum qui êtes devenu une sorte de successeurs aux personnes avec qui j'échange parfois sur le sujet. Oh, et pas de problème mamadou pour les faites d'orthographe, quand je ne suis pas très réveillée, je suis aussi capable d'écrire de belles bêtises.
- Bookine : Une nouvelle, bienvenue parmi nous! Pour la durée pour laquelle tu as pris le temps de tout relire, cela ne m'étonne pas, tu viens de lire approximativement de lire 620 pages openoffice. Moi aussi j'avais essayé de faire ça une fois il y a déjà un certain temps et j'avais déjà eu du mal. Pour ce qui est du personnage d'Héléna, merci pour tous tes compliments, ils me vont droit au coeur, ça fait plaisir. Moi aussi j'appréhendais au début le fait d'intégrer un nouveau personnage à l'histoire, j'avais lu certains écrits auparavant où les auteurs s'étaient cassés les dents dessus. Mais je me suis rendue compte que l'important était qu'un nouveau personnage devait apporter de la nouveauté à la base, tout en s'incorporant dans celle-ci. C'est ce que je suis arrivée à faire, enfin, d'après ce que les lecteurs me disent. Quant au réalisme, merci encore, je m'efforce toujours de décrire des faits proches du réel car pour moi, c'est aussi ça qui fait la force de l'histoire et qui fait accroche l'attention du lectorat (merci les cours de littérature!) Au fait, joli pseudo Bookine!
[u]Chapitre 82: A travers la glace...[/u]
Vingt-cinq minutes plus tard, territoire de la Banquise, dans la cavité où se trouvait Ulrich. Le samouraï reprenait doucement connaissance . Quand il eut de nouveau tous ses esprits, il mit tout de même quelques instants à se souvenir des derniers événements. Et toute la glace qui l'entourait ne lui fut pas d'une grande aide, mais plutôt quelque chose qui le déconcertait encore plus. Son premier réflexe après l'observation de son environnement fut de chercher du regard sa chère et tendre. Mais à son grand désespoir, il ne trouva pas Yumi, du moins dans l'espace qu'il pouvait directement voir. Jusqu'alors allongé sur le sol glacé de la Banquise, il se remit debout et partit par la seule sortie que comportait la cavité dans laquelle il se trouvait. Et ce fut pour s'engager dans un des nombreux couloirs creusés dans la glace.
Finalement, voyait qu'il n'arriverait pas seul à retrouver son âme sœur et qu'en plus il se perdait dans l'enchevêtrement des couloirs, Ulrich contacta le laboratoire. Enfin, il essaya puisque qu'il ne reçut aucune réponse à part des grésillements. C'est alors qu'il comprit qu'il était vraiment dans la galère : il était seul, ignorait où était sa belle et comment elle allait. La cerise sur le gâteau était qu'il ne parvenait pas à entrer en contact avec les deux surdoués de la bande. Le mauvais sort continuait à s'abattre sur eux...
***
Une demi-heure plus tard, ce fut au tour de Yumi d'émerger enfin d'un coma qui avait failli lui être fatal. Elle aussi prit plusieurs minutes avant de reconstituer le puzzle des derniers événements, ce qui eut pour conséquence de l'angoisser encore plus. Ses plus récents souvenirs remontaient à la découverte de la disparition progressive du territoire de la Banquise et à la course pour la survie qu'elle avait entamée avec Ulrich. Elle se rappelait aussi s'être fait harpée par le vide, lorsque la glace avait disparu sous ses pieds. Elle était alors tombée, seule. Ulrich, qui avait alors un peu d'avance sur elle, n'avait chuté à son tour que quelques instants plus tard.
Se retrouver encerclée de parois de glace ne rassura pas la jeune japonaise, bien au contraire. Elle ignorait comment elle était arrivée là et la solitude ne tarda pas à se faire sentir. Car, tout comme l'avait fait Ulrich, la première chose à laquelle elle pensa fut de chercher du regard son âme sœur. Et comme celui-ci, elle ne trouva personne dans son environnement proche. Son second réflexe fut d'essayer de contacter ses amis au laboratoire. Mais une fois de plus ses espoirs s'évaporèrent quand elle comprit qu'elle ne recevrait aucune réponse car la communication avec le monde réel ne fonctionnait plus. Sachant que son seul salut viendrait d'elle, elle décida de continuer son chemin et de ne pas rester au même endroit à se morfondre de son sort. Yumi s'engagea donc à son tour dans les méandres des couloirs creusés dans la glace....
***
Milieu de l'après-midi, premier sous-sol de l'usine. Les quatre membres de la bande restés sur Terre étaient de nouveau réunis au laboratoire, Odd ayant remonté Héléna qui était alors toujours endormie. Tandis que les deux génies en herbe essayaient de rétablir la communication avec leurs amis virtualisés, Odd et Héléna étaient dans le coin aménagé avec les matelas. Le jeune homme s'était mis à dessiner sur son carnet de croquis mais, bienveillant, surveillait d'un œil son ancienne correspondante. Il s'était promis d'être là et il tenait à honorer cette promesse.
Le calme régnait alors dans la salle malgré tous les soucis qui assaillaient les lyokoguerriers. Mais ils préféraient ce calme à l'agitation qui signifiait l'existence de nouveaux problèmes à gérer. Cela faisait maintenant trois-quart d'heure que les Petits Einsteins travaillaient pour trouver une solution à leur souci de communication et leurs nerfs commençaient à être mis à rude épreuve.
[i]J (lâchant un soupir de frustration en se laissant tomber sur le dossier du fauteuil) : Je ne vois vraiment pas ce qui ne marche pas ! (tournant son regard vers Aelita) C'est vrai quoi, qu'est-ce qu'il cloche vraiment ?! On a déjà tout vérifié... trois fois !
A : Calme-toi Jérémie, cela ne sert à rien de s'énerver... On va finir par trouver ce qui rend impossible tout échange avec Lyoko.
J (son moral remontant un peu) : Tu as raison, il ne faut pas baisser les bras maintenant. Sinon on abandonne Yumi et Ulrich à leur sort, et ça il en est hors de question !
A (lui adressant un regard tendre) : D'accord, on y retourne alors.[/i]
Dix minutes plus tard, la situation n'était pas plus avancée qu'auparavant. Leurs recherches étaient toujours improductives et le moral n'y était plus, même si les deux Einsteins s'échangeaient souvent des petits regards pour se donner de l'espoir. Aelita termina par laisser son esprit divaguer à la vue des lignes de chiffres innombrables que l'ordinateur portable de Jérémie affichait. Son regard finit par se poser sur sa colocataire et son faux cousin. Elle surprit alors Odd en train de remettre correctement une couverture sur Héléna pour que celle-ci ait bien chaud. La fille de Franz Hopper eut alors un sourire en surprenant ce geste tendre. Depuis l'arrivée imprévue de leur amie rousse à l'usine, elle avait bien vu que l'attitude d'Odd avait changé. Il faisait beaucoup plus attention à ce qui pouvait arriver aux autres, et en particulier à Héléna.
La jeune DJ avait d'abord accordé ce changement au fait qu'Héléna n'était plus à l'abri par rapport au secret de Lyoko, mais elle commençait à se poser des questions sur la qualification de la relation qui liait ses deux meilleurs amis. Elle avait toujours su que sa colocataire était amoureuse du blond et l'avait mise en garde à cause du passé de Don Juan de celui-ci. Sauf qu'elle se demandait alors si elle n'avait pas fait une erreur. Après tout, Odd s'était promis de changer d'attitude par rapport à la gente féminine et en particulier envers la prochaine fille avait qui il voudrait sortir. Aelita devait reconnaître de plus que ses deux amis s'entendaient à merveille dès leur rencontre. Aelita sourit en repensant à ses dernières pensées. Cela lui ferait plaisir que Odd et Héléna soient en couple car elle savait que sa colocataire en serait plus que ravie. Seulement, cette idée de les savoir ensemble lui était aussi... étrange. Jusqu'à cet instant, elle les avait toujours vus comme de bons amis, très proches. Mais elle devait bien avouer que ses deux amis s'étaient beaucoup rapprochés depuis leurs retrouvailles la nuit précédente. Le secret de Lyoko était un barrage de plus qui s'était effacé entre eux.
L'ancienne gardienne de Lyoko se dit qu'après tout, ils n'avaient pas été les seuls à voir leur relation se renforcer depuis leur retour à l'usine. Yumi et Ulrich étaient aussi dans ce cas de figure. Aelita avait remarqué cela, même avant sa petite discussion avec l'aînée de la bande le matin même (cf : chapitre 75). Les deux pratiquants de pentchak-silat étaient déjà très proches mais ce qu'ils traversaient à ce moment-là avait encore accentué leurs sentiments - Aelita en était sûre – et leur besoin de protéger l'autre. Notre jeune DJ aux cheveux roses était heureuse de voir que, malgré tout ce qu'ils traversaient, ses quatre amis avaient trouvé certains avantages à leur situation, même s'ils ne s'en rendaient pas compte. Le regard d'Aelita finit par se poser sur Einstein qui était concentré sur les informations que lui renseignait le pupitre. La jeune fille lâcha un petit soupir de déception : elle était peut-être contente pour le reste de la bande mais elle était peinée par sa propre relation avec le petit surdoué. Ce n'était pas à ce moment-là que les choses allaient évoluer entre eux. Elle se demanda même si un jour sa situation amoureuse changerait. Après tout, après la fois où elle l'avait embrassée (cf : Mon meilleur ennemi), ni Jérémie ni elle n'avait fait quelque chose quelque chose pour clarifier leur relation. Celle-ci stagnait, à la grande déception de l'adolescente.
Lorsque Jérémie tourna la tête et posa son regard sur sa chère et tendre quelques instants plus tard, il eut la surprise de voir que celle-ci l'observait, les yeux dans le vide et un sourire quelque peu triste aux lèvres. Il l'appela alors pour savoir si tout allait bien. Mais comme elle ne lui répondit rien, Jérémie laissa de côté le Supercalculateur et leurs problèmes, inquiet pour la jeune fille. Il descendit de son fauteuil et alla s'accroupir aux côtés de l'ancienne gardienne de Lyoko. Celle-ci était toujours perdue dans ses pensées lorsqu'il posa sa main sur son épaule pour la ramener dans la réalité.
[i]J (ne voulant pas la brusquer) : Aelita ?
A (surprise en apercevant le blond près d'elle) : Jérémie ?! Qu'est-ce que...
J (voyant qu'il venait de lui faire peur) : Ne t'inquiètes pas Aelita, tout va bien...
A (ne comprenant pas pourquoi Jérémie ne travaillait plus au pupitre) : Tu as réussi à contacter Yumi et Ulrich ?
J (ayant alors du mal à cerner les pensées de son amie) : Non, pas encore...
A : Alors pourquoi est-ce que tu n'es pas en train de chercher la solution sur le Supercalculateur ?
J (ne sachant pas s'il devait prendre cela comme une question ou un reproche) : Je fais une pause, j'ai remarqué que quelque chose n'allait pas pour toi...
A (étonnée) : Qu'est-ce qu'il te fait dire ça?
J : Tu ne t'en es peut-être pas rendu compte mais tu me fixais, l'air triste, avec les yeux dans le vague. Est-ce que tu vas bien ?[/i]
Aelita rougit instantanément puis se maudit intérieurement. Comment allait-elle pouvoir se sortir de cette situation délicate ? Dire la vérité signifierait se mettre plus dans l'embarras qu'elle ne l'était déjà et discuter de leur relation, alors qu'ils n'étaient peut-être pas encore prêts à le faire. De plus, ce n'était ni le lieu, ni le moment. Malgré tout ce qu'elle avait pu penser quelques temps auparavant, Aelita n'était pas si impatiente de voir arriver le jour où Jérémie et elle clarifieraient leur relation. Elle aimait le petit génie, de tout son cœur, mais elle avait aussi peur de l'inconnu. Elle n'avait jamais été avec quelqu'un officiellement, elle ignorait ce que cela supposait vis-à-vis de l'être aimé. Aelita appréhendait aussi la réaction de Jérémie. Celui-ci avait toujours été très proche d'elle en tant qu'ami, mais qu'en serait-il s'ils venaient à être vraiment ensemble ? S'ils venaient à se séparer pour une quelconque raison, elle ne supporterait pas de le perdre aussi en tant que meilleur ami. La bande était tout pour elle depuis son retour sur Terre et la mort de son père, mais Jérémie avait une place plus importante encore dans son cœur. Lorsque Aelita émergea de ses divagations, elle s'aperçut, cette fois-ci, que c'était Jérémie qui l'observait avec un air inquiet.
[i]J : Aelita, est-ce que ça va ? Je t'ai posé une question et la seconde suivante tu étais de nouveau dans tes pensées...
A (baissant les yeux mi-honteuse, mi-gênée) : Je... Désolée, je ne m'en suis pas rendu compte...
J : Est-ce que quelque chose te tracasse ?
A : Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
J : Tu as recommencé à avoir ton air chagriné pendant que tu étais en pleine réflexion... Tu veux en parler ?[/i]
Aelita comprit alors qu'elle n'avait pas le choix. Si elle ne voulait pas dire la vérité sur ses divagations, elle devait lui mentir. Ou bien lui faire croire qu'elle avait réfléchi à autre chose. Même si elle allait s'aventurer sur un sujet qui pouvait être tout aussi gênant, elle savait qu'il ne l'était pas autant que le véritable fonds de ses pensées.
[i]A (n'osant pas croiser le regard du jeune génie) : En fait, je m'inquiète un peu pour toi...
J (quelque peu déstabilisé par cet aveu) : Que... ? Pourquoi ?
A : C'est juste que... (perdant son courage) Non, laisse tomber, c'est rien d'important...
J (lui prenant doucement sa main dans la sienne) : Eh, ne dis pas ça Aelita... (tirant un peu sur sa main pour qu'elle le regarde) Dis-moi ce qu'il ne va pas...
A (les yeux plongés dans ceux couleur océan de l'adolescent) : C'est à cause de notre présence ici...[/i]
Jérémie ne comprit pas ce qu'elle voulait dire par cela, il lui adressa donc un regard inquisiteur pour qu'elle poursuive son explication.
[i]A : Ça a été dur pour chacun d'entre nous de revenir à l'usine alors que l'on pensait ne plus jamais y mettre les pieds. Mais on s'y est habitué. Yumi et Ulrich, malgré toutes les embûches qu'ils rencontrent, ont su s'accommoder de ce qu'ils ont. Odd s'est fait peu à peu à la situation et aide encore Héléna à s'y faire depuis qu'elle nous a rejoint. (jetant un bref court d’œil vers ses deux amis, puis reportant celui-ci sur son cher et tendre) Mais toi, tu n'as rien laissé paraître de ce que cela te faisait. Depuis notre arrivée, tu es resté impassible et je n'arrive jamais à savoir si...[/i]
Jérémie afficha un sourire en comprenant que la fille de Franz Hopper s'inquiétait pour cette raison précise. Il lui coupa alors la parole, n'ayant pas besoin d'en entendre plus.
[i]J (pressant un peu plus la main de la jeune fille) : Chut, j'ai compris... (trouvant le courage de soutenir son regard dans celui de son ''amie'') Je sais que je n'ai pas l'habitude de montrer de ce que je pense ou ressens mais tu n'as pas à t'en faire. Je vais bien. Moi aussi j'ai quelque peu été pris de cours quand on s'est retrouvé obligés de revenir ici mais j'ai vite repris mes habitudes du temps où l'on combattait encore Xana...
A (affichant un maigre sourire suite au dires du petit surdoué) : Désolé d'avoir douté de toi, c'est juste que j'ai tellement peur que vous soyez blessés de quelque manière de ce soit... Vous avez déjà pris tellement de risques pour moi avec Lyoko et pour que j'ai une vie normale sur Terre.
J : Aelita, quoi qu'il se passe, je prendrai... (se rendant compte de ce qu'il venait de dire, ses joues s'empourprant) on prendra toujours des risques si c'est pour te voir heureuse...
A (ses joues tout aussi rouges que le jeune homme) : Merci.[/i]
Jérémie aimait ces petits moments où ils se retrouvaient seuls tous les deux. Ils n'avaient pas eu l'occasion d'en avoir récemment et cela manquait un peu au jeune surdoué. Après leur rencontre, il avait pu avoir de nombreuses discussions qui duraient des heures lorsque l'ancienne gardienne de Lyoko y était encore bloquée. Mais depuis son arrivée sur Terre, ces instants si précieux pour le blond s'étaient raréfiés, et cela, même depuis la mort de Xana.
Cependant Jérémie se rendit bien vite compte que quelque chose n'allait pas. Aelita était avec lui, ils étaient (presque) seuls (Odd et Héléna n'étaient pas loin) et ils partageaient un moment ensemble, sauf que son amie semblait préoccupée. Elle avait beau avoir un petit sourire aux lèvres, le blond vit bien qu'il y avait une ombre au tableau. Il s'aperçut alors qu'Aelita avait fait des remarques sur l'état dans lequel elle voyait ses amis, mais pas sur elle-même, alors qu'elle était la mieux placée pour le faire.
[i]J : Aelita ?
A : Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
J : Et toi ?
A : Et moi?
J : Comment est-ce que tu prends ce retour imprévu à l'usine ?[/i]
Aelita ne s'était pas attendue à ce que le sujet se retourne contre elle. Elle ouvrit la bouche pour répondre au jeune homme mais elle finit par la refermer, incapable de dire quoi que ce soit ou n'ayant pas le courage de le faire. Einstein, qui avait observé la réaction de sa meilleure amie, comprit qu'il avait mis le doigt sur le problème.
[i]J : Ne me mens pas, j'ai bien remarqué que quelque chose te tracassait... (voyant la jeune DJ baissant honteusement le regard, se rapprochant un peu de celle-ci) Aelita, tu peux tout me dire, tu le sais ça...
A : Je le sais, c'est seulement que je ne veux pas vous embêter avec cela...
J (plongeant de nouveau son regard dans celui de la jeune fille) : Toujours Aelita, si tu as besoin de parler, on sera toujours là.
A (rassurée par les paroles du jeune homme, s'ouvrant un peu à lui) : A propos de notre retour à l'usine, honnêtement, je ne sais pas vraiment quoi en penser... Revenir ici est dur pour moi car on y a vécu des échecs dans notre lutte contre Xana, (la voix un peu triste) j'y ai perdu mon père... Mais en même temps, l'usine et Lyoko sont des parties essentielles de mon existence, et ça, je ne peux l'oublier...
J : Je ne peux pas pas te dire que je te comprends parce que je n'ai jamais été dans ta situation mais je te promets que je serai là, quoi qu'il arrive, pour te soutenir.
A : Et tu l'as toujours été. Mais cette semaine, j'en ai bien besoin. Tu sais Jérémie, quoi que j'ai pu te dire, perdre les tours de Lyoko m'a fait mal au cœur. Elles ont pendant de longs mois ce qui ressemblait le plus à une maison, à un refuge... Alors heureusement que vous étiez là lorsque j'ai pris la décision de les sacrifier (cf : chapitre 47).[/i]
Les deux petits génies se turent alors, la discussion étant close. Le lien qui unissait leurs regards se rompit, le courage amené par la conversation n'étant plus. Ils baissèrent leurs yeux et chacun des deux planta son regard sur la seule chose qui les liait encore : leurs mains. En effet, depuis le début de leur conversation, aucun n'avait lâché la main de l'autre.
S'apercevant de cela, les deux Einsteins en herbe relevèrent leur regard, les joues cramoisies, et ce fut pour tomber sur celui de son âme sœur. Mais au lieu de détourner la tête, ils maintinrent leurs regards et s'échangèrent un sourire. Parfois, les gestes tendres valent bien plus que des mots. Mais dans le cas de nos petits surdoués, parler était inutile, de plus qu'ils en étaient alors incapables. Cependant, ils savaient parfaitement que leurs mains enlacées, que ce geste affectueux n'était pas anodin. Même s'ils n'osaient pas en discuter tous les deux, ils étaient conscients de ce que cela représentait. Ce moment complice n'avait fait que renforcer ce qui liait les deux benjamins de la bande...
***
Épuisé, il ne lui venait pas d'autres mots pour décrire son état. Cela déjà plusieurs heures qu'il tournait en rond dans ce labyrinthe de galeries creusées dans la glace. Du mois, lui semblait-il. Sans les échanges avec le laboratoire, il avait perdu la notion du temps. Ses heures ne correspondaient peut-être qu'à seulement quelques minutes sur Terre.
Mais ce qui préoccupait le plus Ulrich était, bien évidement, de ne pas savoir où était sa chère et tendre et comment elle allait. Il n'avait pas été en contact avec la jeune japonaise depuis un certain temps et il craignait le pire. A chaque carrefour de galeries dans ce labyrinthe, il espérait la retrouver pour qu'enfin l'angoisse qui le tenaillait disparaisse. Il avait cru souvent la perdre lorsqu'ils combattaient encore Xana. Mais rien que la pensée de la savoir toujours en train de se battre pour survivre, malgré leur combat contre l'Intelligence Artificielle soit maintenant derrière eux, cela l'accablait encore plus. Il avait été incapable de la protéger durant leurs dernières mésaventures. Bien sûr, personne ne pouvait rien contre les aléas de la vie, mais il aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour Yumi.
Ulrich regarda devant lui et il maudit la galerie dans laquelle il se trouvait. Celle-ci était très étroite et sinueuse, ce qui faisait qu'il ne voyait pas où ce chemin allait le mener. Cela commençait à agacer fortement le jeune samouraï qui croyait ne jamais en voir la fin. Heureusement pour lui, il trouva enfin de la nouveauté dans son environnement au bout de quelques instants. En effet, il venait d'arriver dans une nouvelle cavité d'assez grande taille. Un immense espace par rapport à la galerie exiguë qu'il avait parcourue pour parvenir jusque là. La première chose qu'il fit fut de se laisser tomber au sol et de s'allonger. Il n'avait pas pu se reposer lorsqu'il se trouvait dans l'étroit couloir alors il en profita pour souffler un bon coup. Depuis son réveil, il n'avait pas voulu faire de longues pauses ou dormir un peu de peur qu'une nouvelle dématérialisation de la Banquise ait lieu. Mais cela avait aussi pour conséquence de l'affaiblir physiquement. Ulrich savait pourtant qu'il risquait de perdre tous ses points de vie s'il ne se reposait pas régulièrement ; mais il ne se résolvait pas à perdre du temps pour lui tandis que Yumi n'était pas à ses côtés.
Finalement, emporté par la fatigue, il se laissa partir dans un sommeil réparateur. Il se réveilla un peu plus tard, incapable de savoir combien de temps il avait été dans les bras de Morphée. Il se mit en position assise puis se mit à observer plus précisément qu'auparavant, la cavité dans laquelle il se trouvait. Le sol était des plus lisses : Ulrich était sûr que s'il ne faisait pas attention, il pourrait facilement glisser et se retrouver les quatre fers en l'air. Son observation se poursuivit par le plafond, où le samouraï ne nota rien de particulier, et elle se termina par les parois délimitant la grotte. Ulrich s'aperçut alors la présence d'une deuxième entrée, en plus de celle qu'il avait empruntée.
Soudain son regard fut attiré par une tâche de couleur vive dans cet univers tout en blanc et en teintes légèrement bleutées. Intrigué, Ulrich se mit debout et se rapprocha du mur où se trouvait cette touche de rouge. Il s'aperçut bien vite que ce n'était pas une tâche. De plus que ce n'était pas un simple vermeil, mais un rouge framboise. Se rendant compte de quoi, de qui il s'agissait, il se précipita vers la paroi de glace qui, comme il l'avait comprit quelques instants plus tôt, était transparente. Derrière celle-ci se trouvait en effet la jeune fille pour laquelle Ulrich angoissait depuis leur séparation.
[i]U : Yumi ![/i]
La jeune nippone avaient ses jambes resserrées contre elle et sa tête était posée sur ses genoux. Elle était assise contre une paroi de ''sa'' grotte, à l'opposé du mur commun aux deux salles. Ulrich soupira de soulagement : il venait enfin de retrouver sa chère et tendre après avoir été séparé d'elle. Arrivé près de la paroi transparente, Ulrich se mit à appeler la geisha virtuelle en frappant la vitre glacée. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'il se souvint que tous ses appels ne changeraient rien : Yumi était sourde et ne pouvait pas l'entendre. Alors le jeune samouraï se mit à donner de violents coups dans la paroi. Il espérait pouvoir briser cette barrière de glace qui l'empêchait de la rejoindre. Les attaques à mains nues n'ayant aucun effet, Ulrich essaya par tous les moyens possibles à sa disposition de briser l'obstacle qui les séparait. Malheureusement pour lui, tous ses tentatives (coup de pied, d'épaule ou avec ses katanas) restèrent vains. Il comprit au bout que le combat était perdu d'avance. Même si le ''mur'' pouvait paraître fragile à cause de son aspect translucide, il était toutefois indestructible.
Ulrich se résigna donc à abandonner la partie. Il se réorienta alors vers une autre possibilité. Même s'il ne pouvait pas rejoindre physiquement Yumi, au moins pouvait-il essayer de communiquer avec elle. Seulement voilà, la chose n'était pas simple : la japonaise n'avait pas connaissance de la présence de son âme sœur. Depuis que le jeune samouraï s'était aperçu de la proximité de celle-ci, il n'avait pas vu Yumi faire le moindre geste. Et cela commençait à inquiéter le jeune homme. Bien sûr, elle était sourde et ne pouvait pas entendre ses appels mais cela n'expliquait en rien la longue immobilité de son ''amie''. Il espérait alors qu'il ne lui soit rien arrivé...
Priant pour que la jeune nippone soit seulement endormie, Ulrich se mit alors à réfléchir à la manière d'attirer l'attention de Yumi. Ulrich devait trouver un moyen pour faire remarquer à la jeune japonaise où elle était. Pour communiquer avec elle, le jeune homme était obligé de passer de passer par son sens de la vue, or elle ne le regardait pas. Là était tout le problème. User de ses propres sens de l’ouïe ou de la vue n'était pas une solution, Ulrich s'intéressa donc aux autres ses. Le goût ? Aucune utilité. L'odorat ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire avec ? Le toucher ? D'où il se trouvait, il n'avait pas de marges de manœuvre. Mais après quelques secondes de réflexion, il se dit qu'il avait peut-être été rapide dans ses réflexions, ou du moins qu'il n'avait pas pris le problème du bon côté.
[i]U : A moins que... (se mettant à observer le sol de glace et ses pieds) * Si ça a fonctionné une fois, cela pourrait encore marcher...*[/i]
Ulrich sut que ce soudain éclair de génie était peut-être sa seule chance de signaler sa présence à la jeune japonaise. Peu certain de la réussite de son projet, le samouraï virtuel entreprit néanmoins sa mise en œuvre. Même si le jeune homme ne pouvait pas briser la paroi transparente qui le séparait de Yumi, il s'attela à planter solidement ses katanas dans le mur de glace. Ceci fait, il s'agrippa avec fermeté à ses deux armes en soupirant d'appréhension. Cela allait être le moment où tout allait se jouer...
Les intentions d'Ulrich étaient simples. Il allait provoquer un nouveau tremblement de terre... Le premier n'ayant pas été volontaire, celui-ci le serait. L'onde de choc qui allait résonner dans la glace allait forcément parvenir jusqu'à Yumi. Cela forcerait celle-ci à s'interroger sur l'origine de ce séisme. La seule crainte du brun venait du fait que son acte pouvait possiblement les mettre en danger. Ses ondes pourraient très bien fissurer et faire céder la glace se trouvant sous eux. Corrigeant une dernière fois ses prises sur ses katanas, Ulrich poussa une nouvelle fois un soupir avant de se donner un compte à rebours.
[i]U : *Allez courage ! 3...2...1... Supersprint !*[/i]
Le jeune samouraï frappa de l'un de ses talons le sol glacé, et quelques instants plus tard, son souhait fut exaucé : le plateau de la Banquise dans lequel ils se trouvaient se mit à trembler. Ulrich avait réussi la première partie de son plan, même s'il peina vite à rester debout. Il devait maintenant attendre que l'onde de choc dont il était l'origine, se propage puis disparaisse. Finalement, au bout de deux minutes, le séisme prit fit de lui-même, au grand bonheur d'Ulrich, sans qu'il n'y ait eu de dégâts. En effet, il n'avait pas eu à utiliser ses katanas pour se suspendre à la glace dans le cas où l'onde aurait détruit le sol sur lequel il se trouvait.
Le jeune brun se remit correctement debout en s'aidant de ses katanas, puis s'attela à ôter ses deux armes enfoncées dans la glace. Après cela, les yeux du jeune homme se tournèrent tout de suite dans la direction de la deuxième grotte pour savoir s'il avait réussi la seconde partie de son plan. Et il eut la réponse à sa question quand il croisa un regard couleur ébène que jamais il ne pourrait oublier...
***
Retour quelques minutes plus tôt, dans la deuxième grotte creusée dans la glace et donc de l'autre côté de la paroi transparente. Yumi était recroquevillée sur elle depuis maintenant un certain temps. Elle s'était laissée aller à ses émotions et était en train en train de déprimer. La solitude n'avait pas fait grand bien sur les nerfs de la jeune geisha, tout comme lors de son retour sur Lyoko (cf : chapitre 45). Elle avait erré dans les galeries de la Banquise comme une âme en peine, et elle avait fini par se poser là, croyant que tout était perdu.
A chaque seconde de son errance, elle n'avait fait que chercher le seul jeune homme qui avait réussi à prendre une place importante dans son cœur. Mais au fil du temps qui s'écoulait, ses espoirs s'étaient amenuisées jusqu'à ce que la jeune japonaise finisse par abandonner. Si encore elle avait eu un contact avec ses amis restés au laboratoire, elle aurait pu avoir des nouvelles de son cher et tendre et aurait su ce qui s'était passé lors de la disparition de la Banquise. Mais le silence radio qui lui revenait du monde réel n'avait fait qu'empirer ses angoisses. Ne pas avoir de réponses à ses questions étaient le pire pour elle, surtout dans leur situation. La geisha virtuelle était en plein dans ses pensées lorsque le séisme eut lieu. Contrairement à Ulrich qui s'était préparé à ce tremblement de terre, Yumi fut déstabilisée et fut rapidement allongée face contre le sol.
[i]Y (le séisme luit paraissant sans fin) : *Oh non pitié, pas maintenant! J'en ai pas besoin après la disparition de la Banquise tout à l'heure. Pourquoi le destin s'acharne sur moi ?! J'ai déjà perdu tout contact avec les autres, je ne sais pas si je les reverrais un jour et maintenant ça ! Je ne veux pas mourir ici, toute seule...*[/i]
Elle comprit que son vœu devenait réalité lorsqu'elle s'aperçut que le tremblement de terre diminuait en intensité. Elle prit encore quelques instants après la fin du séisme pour être sûre qu'il n'y ait pas de répliques. Elle se remit alors dans une position assise plus confortable, et put jeter un regard panoramique à son environnement pour voir les potentiels dégâts qu'aurait fait le séisme. C'est alors qu'elle le vit, le jeune brun qui avait su passer outre les barrières de son cœur. Celui-ci rata un battement lorsqu'elle assimila l'identité de la personne qui se trouvait derrière le mur de glace. Mais ce fut pour battre la chamade la seconde suivante, accompagnant une joie immense qui se diffusait dans la moindre parcelle de son corps virtuel. Elle se précipita alors vers la paroi transparente, comme si sa vie entière en dépendait.
[i]Y : Ulrich ![/i]
Le jeune homme était de l'autre côté du mur et il se mit à sourire quand il rencontra le regard de sa chère et tendre. Par instinct, elle vint poser sa main sur la paroi, Ulrich comprit au bout de quelques secondes puis vint apposer sa main au main endroit mais de l'autre côté. A cet instant-là, seule la vitre de glace les séparait. La jeune nippone ne retint pas longtemps tous ses questionnements et assaillit rapidement Ulrich de ses préoccupations.
[i]Y : Comment est-ce que tu vas ? Qu'est-ce qu'il s'est passé après que l'on soit tombés lors de la disparition de la Banquise ? Où est-ce que l'on est exactement ?...[/i]
Du côté du lyokoguerrier, les retrouvailles avec Yumi lui parurent mitigées. Bien sûr, il était le plus heureux du monde de savoir qu'il n'avait pas rêvé – que Yumi était bien proche de lui – et qu'elle allait bien ; une ombre venait gâcher en partie son bonheur. Il s'était rendu compte au moment où Yumi avait voulu lui parler qu'il ne pouvait pas l'entendre. En plus de les séparer, le mur de glace retenait aussi leurs paroles de chaque côté de la glace. Quelle fut la déception du jeune samouraï qui avait en partie attendu leurs retrouvailles pour de nouveau entendre le son de la voix de la japonaise...
Yumi, en raison de sa surdité, mit plus de temps à comprendre la situation. Ce ne fut qu'en voyant l'air chagriné de son bien-aimé qu'elle s'aperçut que quelque chose n'allait pas. Elle s'arrêta donc de poser des questions et se mit à sonder le regard du brun pour essayer de trouver le problème. C'est Ulrich qui, comprenant que Yumi avait remarqué quelque chose, lui donna des explications.
[i]U (mimant) : Je ne t'entends pas.[/i]
Ulrich n'eut pas à se répéter, Yumi comprit du premier coup, sans toutefois comprendre les causes à cela. Le samouraï virtuel savait parfaitement que l'obstacle qui leur causait tous leurs problèmes était le mur de glace, mais sur le coup, il ne sut comment l'expliquer, où plutôt comment mimer cela. Néanmoins, Ulrich se rendit bien vite compte que dans leur cas, le mur n'était peut-être pas un désagrément de plus, mais qu'ils pouvaient aussi leur servir. Comme il l'avait déjà fait auparavant (cf : chapitre 45), Ulrich se mit à écrire sur le support à sa disposition (la paroi) pour communiquer avec la nippone.
[i]U : Ce mur de glace bloque toutes nos paroles.[/i]
Yumi eut alors une réaction à laquelle il ne s'attendait pas : un sourire vint se greffer sur ses lèvres et elle se mit à rire. Le jeune samouraï, ne comprenant pas, s'offusqua un peu mais ce qui se passait lui remontait, paradoxalement, aussi le moral. Voir ce sourire était un rayon de soleil dans la vie nuageuse qu'il avait alors.
[i]Y (après avoir ri, écrivant à son tour sur la paroi glacée) : Ulrich, si tu veux que je comprennes rapidement ce que tu veux me dire, écris dans le bon sens de lecture, ce serait mieux pour moi. [/i]
Le brun se sentit alors honteux. Bien sûr que Yumi pouvait se moquer de lui : il avait dessiné sur la glace dans son sens à lui, en oubliant qu'elle verrait ses lettres à l'envers ! Si Ulrich ne se savait pas sur Lyoko, il été certain qu'il serait devenu, à coup sûr, aussi rouge qu'une tomate.
[i]U (cette fois-ci faisant attention) : Pardon, j'avais oublié...
Y : Ne t'excuse pas, dis-moi plutôt comment tu vas et ce qui s'est passé pour toi depuis que nous avons été séparés...[/i]
Ulrich, heureux de savoir que sa japonaise était inquiète pour lui, répondit volontiers à la demande de celle-ci. Ils discutèrent ainsi de ce qu'Ulrich avait vécu de son côté et Yumi eut enfin des informations que l'origine du séisme. Elle n'en revenait pas que son ''ami'' ait pris tant de risques uniquement pour la contacter. Une autre fois, elle aurait pu être l'aînée de la bande et la lyokoguerrière la plus mature de la bande : elle lui aurait fait la morale en le traitant d'inconscient. Mais à ce moment-là, elle était tellement soulagée de l'avoir retrouvé en vie qu'elle ne prit pas cette peine. Puis ce fut au tour de la jeune geisha de lui raconter ce qui s'était passé de son côté. Elle passa sous silence ses petites déprimes mais finit par lui faire une sorte d'aveu.
[i]Y : … mais ça a été dur de me retrouver toute seule... sans toi...[/i]
Se rendant compte de ce qu'elle venait ''d'écrire'', la nippone virtuelle baissa instinctivement les yeux par gêne. Un sourire naquit sur les lèvres d'Ulrich suite aux paroles de la jeune femme. Lorsque celle-ci osa de nouveau le regarder, il avait toujours son sourire qui illuminait son visage.
[i]Y (d'une main un peu tremblante) : Je sais ce que j'ai dit, alors ce n'est pas la peine qu'on en reparle...
U (la ''coupant'' en pleine excuse, et s'assurant que Yumi comprenne bien) : A moi aussi tu m'as manqué...[/i]
Ulrich aussi n'eut pas à se répéter : le message était bien passé, et non pas pour déplaire à la jeune lycéenne. Laissant leurs problèmes de côté pour un court instant, mais surtout la gêne qu'ils ressentaient en la présence de l'autre, les deux amoureux transis s'abandonnèrent dans le regard de l'être aimé(e). Pas longtemps, car ils savaient parfaitement qu'ils avaient d'autres préoccupations plus pressentes, mais juste le temps de faire une pause et de simplement profiter du fait de savoir l'autre à proximité. Ils ne pouvaient pas nier l'alchimie qu'il y avait entre eux, elle était évidente et rien ne pouvait la faire disparaître. Toutefois, une fois de plus, ce n'était toujours pas le bon contexte. Ils avaient parfaitement conscience que ce n'était pas encore le moment où ils pourraient parler sérieusement. Mais sur l'instant, cela leur importait peu. Maintenant qu'ils s'étaient retrouvés, ils savaient qu'ils discuteraient plus tard. Ils étaient sûrs que leur futur serait meilleur ce tout ce qu'ils avaient pu auparavant imaginer, car ils étaient ensemble. A deux, ils pouvaient tout faire...
Ce doux moment dura quelques minutes puis Ulrich et Yumi reprirent leur sérieux, ils n'étaient pas hors de danger. Pour l'être, ils devaient sortir de ce dédale creusé dans la glace.
[i]U : Tu as réussi à apercevoir le ciel numérique de Lyoko depuis la disparition de la Banquise ?
Y (soupirant) : Non, encore et toujours de la glace à perte de vue. Je vais finir à aussi haïr ce territoire si ça continue... (cf : chapitre 52)
U : Ne perds pas confiance, on arrivera bien à sortie de ce labyrinthe (faisant alors référence à leur incapacité à contacter le laboratoire) avec ou sans l'aide des autres.
Y : En tout cas, c'est vraiment inquiétant que la liaison soit coupée avec le monde réel. On a déjà été plusieurs fois dans ce genre de situation mais je n'aime pas me retrouver sans personne sur Terre pour assurer nos arrières...
U : Ce n'est qu'une situation passagère. Pour l'instant, on est limité suite à ce souci et on ne peut rien y faire. J'ai souvent tenté de contacter Jérémie ou Aelita, mais à chaque fois, je n'ai aucun retour. C'est des grésillements ou le silence radio.
Y : De mon côté aussi. (faisait apparaître son interface) Mais je peux encore réessayer... (après l'avoir fait, regardant de nouveau Ulrich) Non, toujours rien...[/i]
Lorsque son regard se reposa sur le jeune samouraï, celui-ci fixait à tour de rôle Yumi et l'interface. La jeune fille fut déstabilisée par cela, et encore plus quand elle vit apparaître un nouveau sourire sur les lèvres d'Ulrich.
[i]Y (écrivant sur le mur de glace) : Qu'est-ce qu'il y a ?
U (restant énigmatique) : Ferme ton interface et laisse-moi faire...[/i]
Yumi, bien que déconcertée, fit ce que le jeune homme lui dit de faire. Après que la geisha virtuelle ait fait disparaître l'interface, Ulrich prit le relais et la rouvrit de son côté de la paroi. Il dicta quelque chose dans le logiciel de saisie puis referma l'interface. Il fit alors comprendre sa chère et tendre qu'elle pouvait l'ouvrir de nouveau. Yumi put alors y lire.
[i]U : Ce n'est pas mieux et plus rapide comme moyen de communication?! La paroi de glace bloque peut-être nos paroles, mais pas un transfert d'interface quand celle-ci est fermée. On a juste à l'ouvrir à tour de rôle et nos discussions redeviendront un peu plus normales...[/i]
Yumi, ayant comprit le raisonnement de son meilleur ami, se mit à sourire à son tour. Il avait vraiment fait une bonne déduction et se demanda même comme elle avait fait pour ne pas y penser. Elle se mit alors à écrire sur l'interface et la ''renvoya'' à Ulrich.
(Note de l'auteur : Considérez que les conversations suivantes se feront pas le biais de l'interface)
[i]Y : Ton idée est bonne et elle marche! Ça va vraiment nous simplifier la vie.
U : Je savais que tu dirais ça... Cela ne restaure peut-être pas encore les conditions que l'on avait auparavant, mais au moins maintenant, on pourra communiquer même lorsque l'on sera de nouveau séparés.
Y (paniquant en lisant les dires du jeune homme) : Quoi ? Pourquoi est-ce que l'on serait de nouveau isolé chacun de notre côté ?! On vient juste de se retrouver ![/i]
Ulrich comprit l'angoisse de la jeune femme lui se trouvait en face de lui, puisqu'il avait la même. Il n'avait aucune envie de la laisser, mais il savait pertinemment que pour s'en sortir, ils devaient une fois de plus être seul(e). Restés ensemble dans leurs deux grottes accolées signifierait abandonner toute chance de revenir un jour sur Terre.
[i]U : Yumi, je sais que cela ne va pas être facile, mais on va devoir se séparer. Chacun doit repartir de son côté dans le dédale pour essayer de trouver la sortie.
Y (perdant espoir) : Et si on ne la trouve pas, ou qu'il n'y en avait pas du tout ?!
U (tentant de la rassurer) : Je suis sûr qu'il y a une issue. Il y a toujours une issue à un labyrinthe.
Y : Promets-le moi. Jure-moi que l'on se retrouvera tous les deux en dehors de ces galeries de malheur...
U (malgré qu'il n'ait aucune garantie) : Je t'en fais le serment. Toi, moi, ensemble et sans paroi de glace qui nous sépare...[/i]
Il était venu le temps d'un nouveau au revoir (cf : chapitre 38). Aucun des deux lyokoguerriers ne voulait partir. Chacun se raccrochait au regard de l'autre dans l'espoir que celui-ci dise quelque chose et retarde le moment fatidique. Mais ils en profitaient aussi pour se donner de l'espoir et du courage, car ils savaient qu'ils en auraient grandement besoin pour venir à bout de ce labyrinthe glacial. Ulrich, bien que torturé par la perspective de quitter sa chère japonaise, fut celui qui les ramena à leur ''réalité''.
[i]U : Yumi, on doit y retourner...
Y : Je sais, on a déjà perdu trop de temps...
U (ayant de plus en plus la boule au ventre) : Alors on est d'accord... (après un regard pour l'interface) Tu sais ce que l'on va faire ? On va faire un roulement avec l'interface. Chacun le gardera environ cinq minutes puis l'autre le prendra à sa suite, comme ça on pourra toujours communiquer. Se mettre au courant s'il y a un problème ou si l'un de nous trouve une sortie à ce dédale.
Y : OK...
U (s'apercevant bien de la présence de peine et de doutes dans son regard, accolant une nouvelle fois sa main contre la paroi de glace) : Ce n'est pas un adieu...
Y (posant à son tour sa main sur le mur transparent qui les séparait) : … juste un revoir.
U (préférant partir avant que son cœur ne lui dise de faire machine arrière) : A tout à l'heure Yumi.(décollant sa main de la paroi, puis s'éloignant en direction de la sortie de sa grotte) Garde avec toi l'interface pour le moment, tu me ''l'enverras'' plus tard...[/i]
Yumi acquiesça en partant aussi de la paroi de glace qui délimitait les deux cavités. Lorsqu'elle fut près de sa propre sortie, elle lança un dernier regard à Ulrich. Celui-ci le vit et lui fit un sourire qui la réconforta un peu. Tout allait bien se passer, il lui avait promis.
Après avoir longtemps soupiré pour calmer ses craintes, Ulrich inspira à fond et s'engagea à nouveau dans le dédale, laissant Yumi avec elle-même. La jeune japonaise savait que le samouraï virtuel ne reviendrait pas sur ses pas. Elle était donc une nouvelle fois isolée et la solitude se faisait déjà sentir.
Elle se maudit en se souvenant qu'elle avait oublié de rappeler à son cher et tendre de faire attention pour qu'il ne lui arrive rien. Elle s'en voulait aussi de ne pas pouvoir prendre du recul comme lui. Elle se laissait aller à ses émotions et détestait cela car elle se sentait vulnérable. Elle perdait tous ses moyens et elle était consciente que cela pourrait l'amener à échouer ou se mettre en danger. Sa culpabilité n'en fut que plus grande lorsque son regard sa posa sur le dernier endroit où elle avait vu son ''meilleur ami''. Ses angoisses ne firent que s'accentuer car elle savait parfaitement que c'était peut-être la dernière fois de sa vie qu'elle voyait Ulrich. Ce fut donc pleine de remords et de culpabilité que Yumi se réengagea dans le labyrinthe de galeries.
***
Ce que notre jeune lycéenne ignorait, c'est qu'elle se trompait sur un point. Ulrich avait peut-être été le premier à rentrer dans le dédale creusé dans la Banquise, mais ce n'est pas pour autant qu'il avait su prendre de la distance vis-à-vis de ses sentiments. A peine avait-il fait dix mètres dans la nouvelle galerie qui s'offrait à lui qu'il avait déjà pensé à rebrousser chemin pour retrouver la compagnie de son âme sœur. Il ignorait comment il avait fait pour paraître aussi détaché, plus mature que d'habitude face à Yumi. Peut-être parce qu'il n'avait pas voulu se montrer pessimiste ni craintif ? Il voulait garder espoir en l'avenir mais il était surtout réaliste : il existait des chances pour que cette entrevue soit leur dernière...
C'est pour cette raison qu'il avait penser à faire marche arrière. S'il n'avait pas su le mur de glace indestructible et leur incapacité à contacter de cet endroit-là leurs amis restés sur Terre, Yumi en aurait été certain. Quoi qu'il ait pu dire, il serait revenu vers elle...
Voilà pour ce soir, j'espère que cela vous a plu. Je reviendrais la prochaine fois au mois de mai mais probablement avec un chapitre beaucoup plus court.